Mémoires de mon arrière-arrière grand oncle

Ces mémoires sont celles, conservées dans la famille, de Pierre-Joseph SECHEZ qui, après sa captivité en Russie s'est établi comme tailleur à NANTES, quartier Graslin. Il est le père de Charles-Louis SECHEZ, également tailleur à NANTES, rue de l'Arche Sèche, qui épousa le 10 avril 1849 mon arrière grand-tante Marie-Louise DESBOIS, soeur de mon arrière grand'mère Anne-Marie DESBOIS, que l'on voit sur cette photographie datant environ de 1872, en compagnie de mon arrière-grand père Louis-Marie LEFRANC et de ses enfants (mon grand père Emile étant le plus jeune).

Ce témoignage émouvant, dont j'aì scrupuleusement respecté l'orthographe et les tournures si particulières traite de la période que Pierre-Joseph SECHEZ a passé comme militaire dans les armées napoléoniennes et, plus particulièrement de la campagne et de la retraite de Russie. Les notes en italique sont celles de monsieur Michel HERBERT et c'est le commandant Georges VAILHEN (un lointain cousin de la branche DESBOIS), de concert avec mon cousin le docteur Victor LEFRANC, qui a identifié formellement l'auteur de ce document.

Voir la première page du manuscrit.

 

Tristes souvenirs d'un "Jeune homme" natif de la Vendée

 

J'étais encore. jeune lorsque je vis commencer la révolution de 1787. Mes parents étaient bons citoyens et vivaient dans une honnête aisance. Leur résidence était dans un petit bourg appellez la Chapelle Basse Mer a cinq lieues de Nantes mais tout ce qu'il pocédoit, marchandises et mobillier fut mis au pillage dans la journée du 12 mars 1794; mon père, ma mère furent tous les deux massacré et victimes, comme tant d'autres, d'une mort terrible que sans doute il n'avoit point mérité. Mon Père eut les deux coupez et son corps étoit couvert de blessures... , ma mère dont les coups étoit un peu moindres quoiqu'elle avoit un poignoit coupez s'arma... pour pouvoir soulager son pauvre mari laissez dans cet état trois à quatre heures. D'autres scélérats vinrent achever mes pauvres parents; quand à moi, âgé de... ans, resté sous la tutelle d'une vieille tante qui avait à peu près 70 ans et protégé par elle jusqu'au moment que j'eus atteint ma vingtièmes année ou il fallut satisfaire à la conscription. Je tombe soldat sans fortune et sans aucune ressource; il fallait se résoudre au sort qui m'attendait. Je partit donc le 15 janvier 1806.

Nous arrivâmes à Strabourg le 4 février, même année. Nous restâmes dans cette grande ville six jours entiers. Jus la satisfaction d'y voir Napoléon, Josephine impératrice et toute la suite brillantes qui les accompagnoit. La fête dura trois jours; jamais illumination ne fut plus belle tous les petits bateaux qui étaient sur le canal pavoisoit. L'illumination était si complète. A la cathédrale les l'empions aussi raprochoit comme ils étoient ne formoit qu'une masse de feu. Tous les corps d'états étoient réunis et chacun avec son costume différent. Je me rappelle avoir été logé chez un tonnelier marchand de vin; son fils était en costume de velours violet, gilet rouge et toque pareille. Le 20 février l'on nous fis partir pour VERONE en Italie, malheureusement conduit par des officiers holandais qui n'urent pour nous aucune considération. Nous traversâmes la vilène province des Thiroliens. Avant de traverser les gorges de ce pays l'on nous fit faire séjour à insbrouc (INNSBRUCK, capitale du Tyrol) et nous persûmes dès ce moment qu'il falloit s'aprivoiser à l'état de soldat. Nous fûmes tous munit d'un fusil et d'un sabre, deux paquets de cartouches, tout ce qui étoit nécessaire pour nous maintenir en cas de rebellion ou autres cas imprévu. La traversez ne fut pas très désagréable. En nous tenant sur nos gardes ces brigands n'osèrent pas bouger. Nous arrivâmes à Trente (Trente ville venitienne de l'Italie continentale, chef lieu de la province homonyme dans les Alpes du Tyrol et sur l'Adige, ancienne ville libre qui resta jusqu'en 1802 sous la suzeraineté de son évêque; sous NAPOLEON 1er, chef-lieu du département du Haut-Adige), montagne du Tirol et frontière d'Italie; le peuple y est très affable et je n'ais jamais vu dans les deux sexe de figure plus fraîche et plus jolie.

Nous quitons cette belle cité et nous arrivons, deux jours après à VERONE, belle et grande ville. Le froid ce faisoit terriblement sentir quoique déjà au printemps (Cela nous amenerait donc à la fin mars 1806).

Nous étions au porte de la ville attendant la décision ou nous irions loger quand un sous officier vint nous dire que la ville ne pouvait nous loger ny nous faire aucune distribution d'ici deux jours. Allez jusqu'à St-Mîchel, petit village à trois quard de lieux d'ici sur la route de Palmanovo (PALMA-NOVA, ville vénitienne de l'Italie continentale, province d'Udi actuellement peuplée de 5.000 habitants) là où il est possible que l'on puisse soulager nos besoin. A l'instant nous commençâmes à murmurer et l'idé de la désertion vint nous tourmenter, mais comment faire à trois cents lieus de son pays et les bourses presque vides. Avant de terminer nos dessins nous nous mimes six en délibération. Pour former le complot l'avis le plus juste fut prit et nous convînmes de nous réfugier au fort qui nous attendoit. L'on nous conduit dans une grosse ferme à loger et l'on nous met à coucher au grenier. Ne dormant point et tourmentez par la faim jugé quel terrible désespoir et plus terrible encore à nos disposition eurent etez mise à exécution. Tous malheureux ensemble il nous vint à l'idé d'incendier la ferme que nous occupion; les briquets et l'amadou étai déjà tout prêt lorsqu'un bonheur inatendue détourna notre projet. Au moment de commetre notre crime le patron en chef arriva; aprenant que nous étions sans pain, nous distribu tout ce qu'il en possédoit et nous fit donner du vin à discrétion. Le vin qui donne de la gaité nous fit passer une nuit agréable avec ce respectable vieillard. Deux jours après l'on nous distribua des vivres et nous nous mimes en route pour palmanovo. A cette ville les portes nous furent fermés comme à celle dont je viens de vous parler. Dans celle-ci le cas était bien différent; tout avez étez ravagé et la ville venez de subir un siège affreux. Nous ne fûmes pas long tems à nous mettre à la raison et à prendre part au sort de ces malheureux. L'on nous conduisit dans des villages ou des sous officiers du régiment ou j'aî eu l'honneur d'appartenir nous attendais; l'on nous incorpore, et nous nous sommes. mis en route pou la d'Almathié (DALMATIE).

Nous embarquâmes dans un petit port de mer que ma mémoire ne me permet pas de vous nommer. Nous étions sur un petit bâtiment ongrois (hongrois) et le lendemain nous arrivâmes à Capodistri (CAPO d'Istria, ville d'Italie, province de Trieste dans une île de l'Adriatique jointe au contient par une jetée). Nous restons dans cette petite ville de montagne (?) huit jours et l'on nous fit partir pour la d'almathie (DALMATIE). L'on nous fit traverser fioume (FIUME. Ville et port d'Italie. Vénitie Julienne, chef lieu de province sur la mer Adriatique), port de mer autrichien sans tambour ny trompete vu que l'ennemie l'occupoit. Nous traversâmes donc les tristes pays de la ongrie (HONGRIE) lillerie (l'ILLYRIE) et la croisie (CROATIE).

A mois d'Avril nous arrivons à Saint Cenico (?) En arrivant je tombe malade et l'hôpital me servit de cazerne le tems que nous y avons resté. L'ordre arrive de partir pour ZARA (Ville d'Italie, ancienne capitale de la Dalmatie) ville capital de la dalmathie.

Mes forces ne me permetais guère de voyager mais l'envie de ne point abandonner mes camarades me fit, quoique sans force, entreprendre ce pénible voyage. La route n'etez pas de longue durée puisqu'elle n'étez que de deux jours de marche, mais de douze lieux de pays chaque jour. Le lendemain de mon arrivez dans cette capitale les fièvres qui m'avais quittez me reprirent et un billet d'hôpital me fut délîvré. Ma maladie fut affreuse et je suis resté trois mois sans désemparer, mais sous la protection d'un respectable médecin du 5è de ligne à qui je dut ma guérison. Je fut sauvé.

Ma convalaisance fut très longue et je fut à la suite de cette maladie deux mois prêt à perdre mon oeil droit. Je n'y voyoit du tout mais le ciel en qui je metais tout espoir ne m'a jamais abandonné me rendit la vue aussi parfaite qu'elle l'était auparavant.

La campagne des monpelegrain (S'agirait-il du Montenegro et des Monténégrains ?) étez prête à s'ouvrir lorsque le maréchal Marmot (Marmont. Auguste Louis Frédéric VIESSE de 1774-1858. D'ancienne noblesse, fils unique, il passa son enfance au château familial de Bourgogne, En Avril 1798 il épousa la fille du banquier Petrégaux. Bonaparte lui constitue une dot de 500.000 f.- environ 600 millions anciens - Duc de Raguse le 29 juin 1808. On voit par là que ces souvenirs ont été rédigés longtemps après puisque en septembre 1806 Marmont n'était pas duc; par contre Napoléon l'avait nommé gouverneur militaire de Dalmatie le 7 juillet.), gouverneur du pays et duc de Ragus vint nous visiter il me passa en revue et ne jugea pas convenable de me faire voyager. Je fut donc porté sur les contrôles des convalaisants et des ordres furent donnez pour nous faire retrograder. Nous nous rembarquâmes sur un petit bâtiment, au nombre de soixante, presque tous sous offïcier à l'exception de cinq ou six soldat comme moi qui tous ensemble n'avaient pas une pipe de tabac.

Nous arrivons à Monfalcon (Monfalcone. Ville d'Italie. Istre, province de Gorizia, non loin de la côte de Trieste) au mois de septembre; nous revoyons pour la seconde fois ce joli pays d'Italie, belle Italie et paradis de l'Urope ; quitons donc ce port de mer pour arriver à FELTRE (Feltre : ville d'Italie. Vénétie, province de Bellune. Feltre occupe une importante position stratégique au pied des Alpes Cadoriques. Elle fut érigée en duché par Napoléon I pour Henry Jacques CLARKE en 1809, fait maréchal de France par Louis XVIII) petite ville à 60 lieux de l'endroit que nous allons quitter.

Nous arrivons dans cette petite ville mieux portant que nous l'avions été jusqu'alors, l'air et le climat montagneux est toujours favorable à la santé. Comme l'état que je professoit jusqu'alors était celui de tailleur mes chefs en furent instruit; les ouvriers étais rare et je fut forcé d'entrer au magazin, bien contre mon gré mais il fallut obéir. Je me rappelle que l'on nous mis à travailler dans un vieux magazin qui n'avez pas été habité depuis longs tems. Les scorpions étais en si grand nombre dans cette vieille mazure que j'en eut un renfermé dans ma guêtre un jour entier. Je ne sais s'il ne se trouva pas gêné ou que je n'avais pas mérité sa vengence, il ne me piqua pas. Je parle d'un animal que tout le monde sans doute ne connaît pas mais il est au moins gros comme un aneton et a la forme a peu près de cette bête que nous appellons assez ordinairement perce oreille. Cet animal est très dangereux, la piqûre est capable de vous faire mourir dans les 24 heures ci l'on ne cherche pas à rétablir sa guérison. Cependant l'animal porte son onguent, il faut tâcher de le prendre, l'écraser sur la plaie ou la brûler ou ci non Ion ais empoisonné. Me voilà donc à la besogne comme un déchainé. Mon caractaire gai et très liant à cette époque me fit estimer de mon patron; l'ouvrage ne me manquait jamais; puisqu'il avait pour moi tant d'affection, j'étais heureux. Je gangnai de l'argent autant que je pouvais le désirer et je m'amusoit de même. Bonheur du présent, il faudra donc te quitter.

Laisson FELTRE de côté et portons nous à cette belle ville de VENISE, riche, agréable et entouré de ces mers. Nous nous somme embarqué à... , nous avons arrivé à VENISE dans la nuit. Tout étez ouvert quoique très tard. Les cafés ne sont jamais fermé et l'on trouve facilement ce qu'on peut désirer. VENISE est une ville charmante; nous y avons resté 16 mois et 16 mois dans la gaité. Le vin n'y ais pas cher et très bon. Nous fumes détaché au fort de lideau (Lido) trois mois. Dans ce fort le temps n'était pas agréable, ny bien couché ny bien facile à se procurer des vivres; quand la mer étoit mauvaise nous étions quelque fois quatre jours sans distribution, la barque de service ne pouvant voyager dans la tempête. Les marsouins était si abondant qu'il auroit presque débarqué dans notre fort. Je n'en finiroit point de vous entretenir de Venise et des environs mais la route que nous allons faire me flate tellement qu'il faut terminer mais avant il faut cependant vous donner encore quelque petit détail. A VENISE l'eau douce n'est pas commune. La ville s'aprovisionne d'eau au quatre fontaine; fort mon mare l'on va la chercher en barque et on la conserve dans des citerne pour la consommation des habitants. Pour la seconde fois, nous revoyons l'empereur, le prince Ugène (Eugène de B., né le 3.9-1781 - 21 février 1824, prince français 1.2.1805 vice roi d'Italie 7.6.1805, prince de Venise en 1807, épousa la fille du roi Maximilien de Bavière, qui le fit duc de Leuchtenberg et prince d'Eichstätt le 14 novembre 1817; la maison de B. est originaire de l'Orléanais et remonte à Guillaume de B., seigneur de Miramion en 1398), son épouse, le roi de Bavière, son beau-père et la princesse, sa fille. Les fêtes dans les huit jours qu'ils y sont resté ont étez des plus brillante. L'empereur fut si satisfait des honneurs qui lui furent rendu qu'il fit onze décret en faveur de cette capital. A son arrivée 400 gondolles était à sa suite; huit de ses gondolles étais à considérer. Elle furent visible au peuple huit jours; elles furent construites dans l'arsenal; celle de l'empereur était peinte en vert clair, une chambre charmante au milieu et toute garnie en velours cramoisie, des gland en or de six pouce en six pouce.

Après la fête l'ordre fut donné et nous nous metons en route pour Genève, ville au bord de la Savoie, le Rhône (plus exactement, le Rhône sort du glacier de la Furka, dans le massif du St Gothard, à environ 1750 m d'altitude) prend sa source dans le lac qui touche à ce pays. Dans notre voyage nous passons à PADOUX (Padoue) Trévise, Cogliano et Vicence. Je ne puis vous en nommer d'autres vu que le détaille en seroit trop longs cependant il est impossible de laisser dans l'oubli cette belle et grande ville de Milan. Nous y vimes une fête des plus agréable. En l'honneur du mardi gras un cortège de 150 voitures au moins faisait l'apanage de cette belle réunion. Le Prince Ugène était à la tête masqué, à sa suite était dans une voiture en forme de tombereau mais très bien décorez une tour d'a peu près vingt pieds ce trouvait au milieu des petites fenêtres de distence en distence autour de cette tourelle ou des têtes masqué ce fesoit apercevoir: c'étoit tous généraux et colonel qui la conduisoit. Par malheur, une roux vint à manquer et un colonel d'état majord eut la cuisse cassez. Ce malheur ne dérangea rien à la fête commencez. La nuit suivante il y eut au palais grand bal paré masqué. Quitons donc ces milanais et entrons en Piemont et voyons comme cette belle ville de Thurin (TURIN) est bâtie. Thurin est superbe. La Rivière du Peau (Pô) bats les rempard qui renferme cette capitale. Le Palais du Roi de Sardaigne ce trouve au milieu de la place Saint-Germain. Dessus cette place vous voyez quatre belle rue tiré au cordeau et des arcades de chaque cotez qui en font tout lagrément. Voyons d'autre pays le tems nous presse.

Arrivons à Suse, petite ville au bas de moncenis (Mont Cenis) et trouvons des jambes pour gravir cette montagne. Nous marchâmes cinq heures avant d'arriver au couvent. Nous trouvons dans ce monastère deux moine très vieux ou leur bonne figure portoit l'emprunte d'une divinité pieux, solitaire que les ferveurs que vous rendez sont méritez. Il faut donner un petit détail de la construction des appartements. Les bâtiments sont très simple, deux chambre pour les aumoniers, deux grandes casernes et deux écuries, une petite cour et un jardin, un lac devant la maison a peu près d'une lieu et demie de tour ou les glaces ne disparaissent jamais. Descendons la montagne et entrons en Savoie. Lansbourg (Il s'agit de LANSLEBOURG, chef de lieu de canton à 53km de St-Jean de Maurienne, sur l'Arc, vieux bourg ayant conservé un aspect médiéval) est la première ville de cette province. Les femmes dans ce triste pays ont la figure assez fraiche; elles sont toutes des goîtes à la gorge d'une grosseur énorme qui ne sont pas du tout à leur avantage. Passons à St Jean de la Maurienne et arrivons à Chambéry, ne nous y arrêtons pas, filons jusqu'à Aix (Aix les Bains) à deux lieu plus en avençant. Cette petite ville est assez jolie.On y prend les eau au bas d'un rocher, une eau salutaire que l'on voit couler, a pour la santé toute les vertus. Nous fûmes tous étonnez de voir deux clefs très raproché, l'on y recois d'une de l'eau très froide et l'autre très chaude. Nous voyons des femmes a decrasser des hardes et d'autre lavais la veisselle. Voyons pour la première fois Genève mais avant rafraichissons nous au beaux vilage de Karouge (CAROUGE actuellement faubourg de GENEVE. PLAIN-PALAIS quartier résidentiel de GENEVE) et venons faire halte au Plain Palais. Belle promenade garnie d'acacia tout autour.

La ville de Genève est une fille de République. Elle n'est pas jolie mais l'union entre les habitants et son ensemble est charmant; ils sont presque tous protestant, une ceulle petite église catolique apelé St Gervais existe dans tout l'endroit; c'étoit avant la Revolution la ville ou il se fesoit le plus d'affaire en horlogerie. Le joli bourg de Fernais (Ferney) en est éloïgné de deux lieux. Ce petit village est l'endroit ou Voltaire est mort. Je vu son petit château. Je me suis promenez dans ces jardins. Le Partaire en sortant de sa maison étoit charmant, au milieu un très jolie réservoir ou des poissons de tous les genres et de toutes les couleurs se promenoit. Un Labirenthe en sortant d'une grandeur au moins de trois quard de lieux de tours son billard était tout petit, son lit était tout simple, les rideau était en damas vert clair, la simplicité de sa petite habitation n'anoncoit pas le logement d'un ci grand génie.

L'ordre nous arrive du ministre de faire partir les cadres de trois compagnies du quatrième bataillon ceulement. J'en fesoit partie et nous nous metons en route pour la provence. Nous passons par Grenoble, Gape (GAP), Sisteron et nimes, en linge (ORANGE ? ) Grace (GRASSE), entibe (ANTIBES) et Cane (CANNES), petit port de mer ou nous nous sommes embarqué pour l'ile Sainte-Marguerite, petit fort éloigné en mer de deux lieux. Là nous trouvons cinq cent réfractaire à qui nous avons apri l'exercice. Il nous sembloit avec ces animaux être au milieu des enfers. Il nous aurait fallu pour maintenir cette canaille des cages de fers. Nous croyons que cette clique infernale nous auroit fait tourner la cervelle. Nous étions nous autres sous officiers et caporaux obligé de faire faction. Encore ne pouvions nous réussir à les maîtriser. Je me rappelle par un triste acoir étez un soir en faction ou quatre de ces déchaîné se sont mis en tête de déserter. Ils ont descendu les rempards avec des cordes au moins de 50 à 60 pieds de longueur, ont pri des barques de pêcheurs et se sont enfuie, ils ont descendue tout à l'oposé de l'endroit où j'étais; les nuit d'été sont ordinairement assez calme. J'entendis le bruit de leur avirons avec lesquelle il travailloit. Je cris "qui vive ?" il ne me répondirent point. Je lache mon coups de fusil et je donne l'éveuille à toute la garnison. Des barques se sont mise à leur poursuite mais sens aucun bon résultat. Il ce sont sauvé de leur captivité et m'on plongé dans leur chaines. Le Commandant de place qui punisoit sens réflexion me fit relever de mon poste aussitôt. Il me fit plonger pour un mois au cachaut. Ce n'étoit point, de sur, un cachaud ordinaire ou j'étais renfermé, c'étoit ou l'on metoit les prisonniers d'état. Je ne voyoit le jour d'aucun côté. Pour arriver à mon lieux de repos il falloit ouvrir trois portes garnie de deux serrures et deux verrous; d'autre nouriture qu'une demi livre de pain et une bouteille d'eau. Mes camarades qui, tout les jours me tourmentoit pour écrire a cette original pour soliciter mon pardon. Je leur savais bon gré de toute leur considération et des soins qu'il me prodiguoit, mais je ne pouvais consentir à leur être agréable. Tant de soumission pour un chef inconsidérez me révoltais. L'homme qu'il fallait flaté n'était ny bon père ny bon marie, il était divorcé; sa femme il l'avait rendue extrêmement malheureuse, sa fille veuve agé de trente ans étoit obligé pour vivre d'avoir une petite boutique dans le fort, qu'elle nous vendoit soit, ariquot, rit, sel, poivre, enfin tout ce qui nous étoit nececaire pour vivre et pour notre utilité. Enfin, écoutant l'avis de nos camarades et écrivons ma lettre qui fut présenté par Madame Latour sa fille. Je ne sai ci ce malheureux fut repentant ou s'il reconnu que je ne meritois pas un pareille chatiment. Ma lettre fit effets et je fut délivré. Trois mois se sont écolez dans ce malheureux fort, mal couché, mal nourit et mal commendez. Nous couchions au boivac (bivouac ?) renfermé dans de mauvaises baraques que nous nous étions nous mem construits, couché sur la terre puisque dans cette isle la paille était plus rare que le pain. L'on nous fesoit esperer de jour en jour des tentes mais nous ne les vîmes jamais arriver. Quand la nuit il venoit à tomber de la pluie l'eau couroit sous nous comme un ruisseau. Chacun cherche de son côté un lieux plus commodde et l'on finisoit par ne pas du tout reposer. L'ordre arrive de partir. La joie fut à son comble, nous ne savions de quelle expression nous servir pour ce prouver à chacun le plaisir que nous éprouvions. Des bâtiments nous arrive de Fréjus et nous conduise à Gene (GENES).

Le temps fut terrible dans notre trajet. Nous fumes obligés de re-lacher trois jours dans le petit port de mer de Villefranche à trois lieux de NICE en Provence. Le temps se calme, nous repartons et deux jours après nous arrivons à Gene surnomé la Superbe. Nous n'y fumes qu'un jour entier vu que nous étions a jour nomme pour le lieu de notre destinati-on.

En partant de Gene chacun de nos jeune rebele ce croyait déjà dans leur pays. Le premier jour de notre départ 35 se sont évadé. Nous voyons encore l'Italie mais d'autre que celle que nous avions déjà vu. Nous passons à FLORENCE et GOURISIA (GORIZIA ou GORITZ, ville d'Italie, province d'Udine, sur l'Isonzo), presque tous juifs et protestants. Arrivant à notre destination qui, était Lebac (Après recherche il s'agit de Liubliana, actuellement, en allemand Laybach ou Laibach - d'où Lebac -, à quelques 65 kms de Gorizia, actuellement ville de Yougoslavie qui fut depuis le XVIIIè siècle capitale de la CARNIOLE et chef-lieu de 1809 à 1814 des provinces Illyriennes. A Laibach se tint, en 1821, un congrès de la Ste Alliance), capitale de l'ilerie (l'Illyrie). Nous y trouvons notre régiment qui ce disposoit à-la campagne de Russie. Nous leur deposoit cette clique infernale et leur laissons à leur disposition. Cette capitale borde l'Almagne. Les usages pour les commerçants ne sont pas à dedaigné. Tout vendeurs ouvre son magazin le matin à six heures et reste à leur affaire jusqu'à midi, il referme et ne sont visible que deux heures après. L'habitant qui a des besoins a soins de remarquer l'heure pour ce procurer son necesaire. Le vendeur dine tranquille et n'est jamais interrompue. Les jeunes gens incorporé dans notre régiment le colonel nous donne l'ordre à nous autres sous officiers et caporaux de retourner en France rejoindre notre 5è bataillon qui n'avait point encore desemparoit. Nous rentrâmes donc en France pour la troisième fois.

Nous revoyons encore l'hitalie mais à l'autre extrémité des pays que nous avions déjà vu. Nous voyons la petite ville de Murina. Nous traversons ce beau lac Majord (Majeur), l'unique dans ce genre, il a soit disant vingt lieu de tourd, du milieu une ilole ou plusieurs personnes riche se font un plaisir de l'habité. Ce lac est à deux jours de Saint Plombs (SIMPLON) . Nous arrivons au bas de cette montagne qui est plus difficile à traverser que le Moncenis. Nous trouvons sur le sommet un petit vilage habité par une cinquantaine de personnes qui fait le nombre de la population de ce petit hameau. Nous couchâmes au couvent qui est l'étape éloigné de 3/4 de lieux du bourg que nous venons de parler.

Nous y fûmes reçu comme au moncenis. Deux moins chargé de la direction s'occupe journellement des besoins du voyageurs, deux gros chiens dogue ce trouve au couvent très bien instruit. S'il ce trouve des malheureux surprie par la tourmente et que les neiges auroit empechoit de voyager ses animaux célence dans la montagne pour aller secourir ces infortuné, les charge sur leur dos et les raporte au couvent. Tout ces cas sont extraordinaire et narive que rarement. Ce n'est quand cas que la tourmente arrive à l'impromtu ou l'on a pas le temps de faire les maneuvres ordinaires card ordinairement citot que l'on appercoit l'orage l'on tire le canon pour prévenir le voyageur de ne pas espérer de monter. J'avais oubliot de dire qu'au Moncenis les mêmes surveillances sont mise à exécution. Citot arrivé à Genève des ordres vinrent du ministre de faire partir pour la RUSSIE tout ce qui étoit disponible au dépot.

Je fut du nombre de soixante et onze qui firent partie du détachement, un officier, deux sergants et quatre caporaux, des ordres furent donnés pour nous rendre à Mayence. En nous y rendant nous passons pour la première fois dans la Franche Comtez, la ville de Salin, Bezançon, Lons Sonier et Strasbourg. Nous arrivons au mois d'Avril au lieu de notre destination. Mayence fut le dépot général de tout les régiments. Nous fumes organisoit en bataillon de marche et nous nous trouvons réunis de soixante quinze régiment différent. Nous umes le bonheur d'être commandé par un nommé HERSANT gros majort du 37è régiment de ligne. Cette homme était bon, doux, respectable par ses talents militaires et toutes ces autres bonnes qualités. Le respect que nous avions pour un ci vaillant militaire et un ci bon commandant nous fesoit croire notre vie hors de danger. Tout bien organisez l'on nous délivre chaussures et autres effets, tout ce qui étoit nécessaire pour l'utilité de la campagne que nous allions commencoit.

Nous traversons le Rhin, nous passons à Francfort et anneau (HANAU. Ville d'Allemagne, HESSE, sur la Kinzig ; annexée en 1809 au grand duché de Francfort par Napoléon, fut rendue à la Hesse en 1815); nous arrivames à Magdebourg au mois de Juin 1811. Nous restons trois mois dans cette capitale, nous fesions dans cette forteresse le service de la place. Nous touchions des lots de vivres de campagne: pain de munition, pain blanc, viande, bière, eau de vie et légume tout les jour. Quinze à vingt rations restoit à ma disposition vu qu'à cette époque je fesoit les fonction de fourier. Mon camarade et moi tout les deux ne caisions de nous amusoit. Ce qu'il y avait de malheureux, cé que les fournisseur ne reinboursoit rien en argant. La ville de Magdebourg est charmante et agréable; les habitants wesphalien sont assez gratieux et de très bonne sotietez, les cafés sont baux est assez nombreux, les buvette sont dans les caves ainsi que les restaurants. Ce qui nous tracassoit beaucoup cé que nous étions six heures par jour à l'exercice, aussi notre bon commandant étoit très satisfait. Je me rappelle qu'un jour à l'ordre,il nous disoit

"Braves soldats, mes veux sont accomplie; le commencement au milieu de vous me fesoit esperer un ensemble un peu douteux vu qu'il est presque impossible que 75 régiment différent puisse être bien tout dacord. Ma tâche ce remplie chaque jour et la bonne harmonie que vous metez entre vous, braves soldats me fait espérer le plus brillant succès. Encore un mois à vous exercer. Je me flate que vous pouront rivaliser avec le premier régiment de l'empire. Satisfait de vous, braves militaire. La campagne fini je revairais l'empereur. Je lui tiendrait un compte exacte de vous. Je lui demanderais pour les services que j'ai rendue à l'état qu'il me laisse pour toujours au milieu de vous".

Nous vivions touts en bon camarade et l'ennemi tremblera en venant nous ataquer. Tranquille à Magdebourg comme nous l'étions nous ussions désirer ne jamais le quiter mais pouvait ton nous laisser dans l'oubli et voir nos frères d'armes tous les jours à la barbe de l'ennemi. Déjà l'on ce battoit en plusieurs endroit. Witepts (Probablement VITEBSK, ville de Russie blanche, aux confins de la Lettonie et de la Russie Blanche) avait vu alors les deux armées par lesquelles tout avez été pillé et ravagoit. Le deuxième corps commandez par le maréchal d'Avoust (La graphie semble bonne Louis Nicolas d'Avot, d'Avout ou d'Avost dit Davout descendait d'une des plus illustres familles de Bourgogne dont les origines remontent au XlIème siècle. Il fut nommé le 1.1.1810 commandant en chef de l'armée d'Allemagne; c'est le 10 janvier 1812 qu'il reçut le commandement du premier des quatre corps Français que devait comprendre la grande armée. Les cavaliers de Davout furent les premie à franchir le Niemen - le 23 juin à minuit. - Commandant du 1er corps d'observation de l'Elbe le 15 février1812 devenu 1er corps de la Grande Armée le 1er avril 1812), prince d'Eckmulh ne cessais d'un moment de faire des sortie épouvantable pour chasser l'armée russe des positions qu'elle occupoit. Un grand nombre de nos braves n'existait plus. Quand nous reçumes l'ordre d'avancer nous marchons sur Berlin, ville capital de Prusse. Là ont nous organise et l'on nous enmalgame en plusieurs régiments qui tout ensemble formions le 9è corps d'armée commandez par le Maréchal VICTOR (Claude Victor PERRIN, dit Victor, duc de Belline, fils d'un notaire royal lorrain, né en 1764, mort à Paris. en 1841. Fut en effet nommé Commandant du 9è corps - Réserve - en Allemagne le 3 avril 1812 et appelé en RUSSIE en Juillet. Victor était à Smolensk en Octobre puis il fut envoyé au secours d'Oudinot vers Vitbesk, fut vainqueur à Smoliany lie 14 novembre; commandait l'arrière garde à la Beresina les 27 et 28 novembre, puis repassa les ponts et commanda à la place d'Oudinot le 2è Corps de la Grande Armée en Russie le 8.12.1812 puis en Allemagne le 12 mars 1813)

Nous partons pour THORN (Il est en effet difficile de situer TORUN ou THORN : ville de Pologne chef lieu du palatinat de Poméranie. sur la Vistule qui appartint à la Prusse de 1793 à 1920), Pologne alemagne, nous y restons huit jours et l'on nous fit embarquer sur la Vistule pour aller à Elbingue (ELBING, ville et pont d'Allemagne - Prusse occidentale - sur le fleuve côtier Elbing, près de la Baltique. Ville transcatique très prospère, Elbing devint au XV une république sous protectorat polonais. Les partages de la Pologne la donnèrent à la Prusse). L'eau était très basse dans cette rivière que nous avions peine à voyager. Nous mîmes un temps infinie à nous rendre à notre destination. Enfin arrivant à Elbingue nous y restâmes deux jours. La moitié ce rembarquèrent pour Quenisbert (Koenigsberg) et l'autre moitié fit la route par terre vu que les barques que nous avions ne pouvais contenir la totalité. La Route n'était pas très longue puisqu'elle n'était que de trente lieu. Nous nous rejoignimes quatre jours après. Déjà aux environs de Quenisbert des cozaques avoit étez aperçu, l'on nous avoit même fait quelques prisonnier. Nous fûmes détaché trois semaine dans les environs pour le sureté des habitants. L'ennemi disparue et nous rentrâmes dans notre garnison. Nous ne pouvions rester plus longs tems éloigné de la grande armée vu qu'elle alloit toujour en avançant. Notre bon commandant tombe malade et un autre mauvais sujets vint le remplacer. La ville de Quenisbert à cette époque étoit surchargez de troupes; tout y abondoit infanterie, cavalerie, train d'artillerie, cantinier et corps d'ouvrier (probablement le Génie). Déjà tout étoit presque en desordre. L'on prévoyoit, dès ce moment le malheur qui nous attendoit. Point de bontez, point d'humanité.

Dix jeune gence furent fusillait sur la place pour s'être écartez, de deux lieux de l'armée. Nous continuons notre route sur Tilsitt. C'est une petite ville assez jolie. La rivière de niemen passe à côté; cés la où les trois empereurs (Deux empereurs auxquels il faut ajouter le roi et la reine de Prusse. Le traité de Tilsitt fut signé le 8.7.1807 et non en 1809) firent la paix en 1809. Une barque sur le milieu de la rivière étoit décoré, tout trois se serrant dans leur bras se jurer amitié fraternel et ce promirent de ne jamais ce trahir.

Nous avançons jusqu'à Coveno (KAUNAS ou KOWNO, capitale de la Lithuanie, sise à une quinzaine de kilomètres de la frontière de la Prusse orientale, au confluent du Wilija et du Niemen, prise en 1812 par les Français et en 1918 par les allemands). Il y avait eu une affaire terrible sur le bord de la rivière qui est encore le Niemen; c'est la que nos baux jours ont tout a fait finis. Nous commençons défînitivement à coucher au bivaque. Coveno est la première ville de Pologne, place forte petite et très vilaine. Nous continuons de marcher et nous arrivons à Minsgu (Minsk, capitale de la Russie blanche, polonaise jusqu'en 1793, sise à environ 40 km de la frontière de 1939) y revoyons dans cette ville plusieurs soldats de notre régiment qui étois à l'hôpital pour ce rétablir des blessures qu'il avais eut le malheur d'atraper. Nous quittons cette ville et deux jours après nous entrons dans Borisose (Borisov est à peu près au tiers de la distance de Minsk à Smolensk). La Bérezina passe à côté, rivière qui a fait le malheur de tant de français; de là nous allons à Smolensqui (Victor entra à Smolensk en Octobre, mais ce furent les corps de NEY, DAVOUT, PONATIOWSKI et MURAT qui, après un corps à corps sanglant l'occupèrent au soir du 17 août 1812) grande ville et très commerçante. Notre grande armée a subit un siège des plus affreux. Nous voyons encore nos pauvres français étandue sur la poussière dans cette cité Les habitants qui n'avais point desemparoit étais tous juifs et ils étais trop lâche pour les enterrer, chose épouvantable pour des français. A une lieue de l'autre côté de Smolinsqui un malheureux tomba de fatigue sur le gazon, il souffloit encore lorsqu'un de ces camarades lui ôte ses souliers et sa capote et le laisse tout nu avant d'avoir expiré. Nous nous mîmes tous à crier sur lui, il nous répondit qu'il n'avait pas le tems de l'attendre à mourir et qu'il était sur qu'il n'en reviendrait pas, qu'il avait besoin de chaussures, qu'il étoit plus juste qu'il en eut profitez que tout autre soldat qui ne l'avait jamais connu. Nous pousuivâmes notre route; a deux lieues nous nous trouvons (Cela doit être à VALOUTINA où 40.000 Russes livrèrent un sanglant combat retardateur; c'est à 25 kms de Smolensk et non à trois lieues) au bas d'une montagne ou les Russe avais conservé leur position très longs tems. Nous avions gagnoit la bataille mais nous savions ce qu'elle nous avoit couté. Les corps mort couvrait la terre une demie lieue de chemin. Les cadavres était tout corompu et nous empestiferoit. A peu de distence nous trouvâmes quelque maison brulez, nous pensâmes que c'étoit autrefois une poste. Nous y voyons l'endroit des râteliers et des anneau ou l'on ataché les chevaux mais nous ny trouvâmes personne. Tout s'étoit enfui au passage de l'armée. Depuis huit jours nous n'avions eut aucune distrtbution, nous avions le ventre creu et il fallait aller à la maraude; 150 furent commandoit card déjà nous craignons l'ennemi et les maraudes se fesoit en ordre. Nous nous éloignâmes du lieu de notre position. Près de quatre lieux dans des petits villages à l'écard mais sans aucun bon succès. Nous rencontrâmes un marais qui nous coupoit notre route et nous ne savions comment faire pour joindre un petit village qui ce trouvoit à l'autre extrêmité. Nous voyons quelque cochons qui se promenoit dans les jardains. Ces animaux nous flatais tellement que nous nous mîmes en devoir de traverser. Nous sondions de distance en distance la profondeur pour éviter le plus que nous pouvions tous les dangers, mais des fossés de quatre à cinq pieds de largeur nous coupais notre route. A force de tatonner nous parvinmes à joindre le lieu si désiré. Citôt rendu nous fîmes la chasse et nous réussîmes à joindre une douzaine de ces animaux, trois à quatre cent livres de pain, des choux et des betrave furent le paiement des peines que nous nous étions donnés. Un vieillard au moins de 70 ans n'avait pu s'enfuir vu ces infirmités, nous fit connaître pour retourner à notre position une route très belle et très commode qui ne nous fit point regretter celle du matin. Vénérable vieillard que les services que tu nous a rendu sont à considérer.

Nous, nous mimes à marcher à grande journée sur MOSCOU mais l'ordre nous arrive à six lieux de MOZAIC d'arraiter, que la grande armée alloit retrograder. Nous arraitames dans une petit ville connu sous le nom de la Ville aux Chous (?). Six jours après nous reçumes l'ordre de retourner en arrière; l'empereur arrivé avec son état majord et les premiers régiments de sa garde ordonne à tous ces maréchaux et généraux de faire conduire toutes leur voitures au camp. Il leur fit une proclamation et lieur dit-que les hôpiteaux étais plains et qu'il étoit impossible de laisser au pouvoir de l'ennemi des braves soldats qui avai combatue pour la défence de la Patrie, qu'il falloit de toute nececité les enlever. Une seule voiture vous sufit à chacun pour vous transporter vous et vos effets. Faite comme moi et suivé mon exemple. L'empereur quite sa voiture, monte à cheval. Tous les généraux le suive et les voitures restèrent à la disposition des malheureux

Nous partons et l'ordre du carnage fut donnez. Des ordres ci terrible répugnoit de vrais français. Il fallait tout brûler : maison, foinds et fourage ces à dire tout ce qui étoit en plus de nos premiers besoins mais Dieu qui, puni le crime nous reservoit de cruels chatiments. Depuis ce moment aucune distribution ne nous fut faite. Ne trouvant aucun magazin nous vivions donc de betrave, choux et quelque poignoit de son que nous trouvions ça et là. A mesure que les chevaux s'afeblisoit et tombais sur la route chacun se précipitait sur l'animal ; on lui ouvroit le ventre et chacun cherchoit à en atraper un morceau. Je m'acheminais et je marchais à toutes jambes pour atraper Smolensqui ayant espoir que cette grande ville les magazin ne serais pas degarnie. L'on marchoit des cette époque a volonté vu que l'armée commençoit sa débâcle. J'arrive au faux bourg, des soldats sortais d'une maison. Je sentais la ribote qu'il avait fait. J'entre d'où ils sortais et j'aperçois deux juifs dans la maison qui vendoit de l'eau de vie. J'en prie un ver, a, quel bonheur. L'on m'en sert un second, a, quelle plaisir. Plus je buvoit plus mon bonheur augmentoit. Par malheur j'en avale un troisième et je continu mon chemin. Je vais jusqu'au porte de la ville. Défense d'entrer, trois fonctionnaires étais plaçoit et ne laissais aucun penetrer la porte ce trouvoit au nord et le vent me glacoit. Je persistois toujours a rester pour trouver le moment de me faufilé. Mon opiniâtreté me fit éprouver les plus grands dangers. Mes trois verres d'eau de vie qui sembloit m'avoir réchaufé m'avoit au contraire glacoit. Je tombe étendu sur la neige sans connaissance et je dus mon salut a des canonier qui n'avais point desemparée; ils étaient logé dans un faubourg de la ville. Ll m'emporter dans leur maison. Je n'en eut aucune connaisence, il me chaufèrent et me donner à manger. Je passai la nuit avec eux. Grâce a leur bon soins je fut sauvé.

L'armée française croyoit conserver la ligne sur les bords de cette rivière et passer son quartier d'hiver dans les campagnes touchant Smolinski. Les magazins étais plain et nous avions des vivres au moins pour six mois.

Mais nous fumes forcé par la circonstence à renoncer à nos projets. L'armée Russe s'ogmentoit tous les jours; des forces leur arrivoit de tous cotés et les notres diminuoit de plus en pluce. Les Russes ayant fait la paix avec la Turquie tous furent pret à rentrer dans leur pays et nous fit perdre tous l'espoir que nous avions eut jusqua lors. Il fallut donc partir sens retard et aller chercher notre salut plus loin. Les magasins furent mis au pillage et chacun fit sa petite provision. Nous étions une douzene de soldats du régiment réunit. La totalité de nos vivres ce bornais a peu près a 30 livres de farine avec laquelle nous fesions tous les soirs de la bouillie. Après deux jours de marche de cette capital jus le malheur de perdre mon meilleur ami. Je m'étais arretez un instant à ôter quelque chose qui me genoit dans mon soulier. Je suivi ma route. Jus beau courir et chercher je n'ai jamais revue celui qui metoit ci ataché. Des ce moment je me disois "Je suis le plus malheureux des hommes", comme en effet a mil lieux de sa patrie perdre au milieu de si grands malheur un veritable camarade c'était perdre avec son soutien et son ami car les disgraces que nous éprouvions, la faim qui nous dévoroit, la fatigue qui nous écrasoit ébranloit tellement nos sentiments qua tout heure lon voyait des soldats ce sucidez. Deux gendarmes en arrivant à ORCHAT (ORCHA, ville de la Russi Blanche, sur le Dmieper) ont finit leur vie malheureuse en ce plongeant sous la glace dans une eau qui ne leur a pas donnez le temps de respirer. Devrait ton leur en vouloir ? Quel est l'homme qui pue ce flater être plus courageux en traitant ces malheureux de lâches et de mauvais soldats est celui qui n'aura jamais abandonné ses foyers et qui n'aura jamais éprouvé que quelque revers de fortune et quelque peine de ménage. Il ny a nulle peine de menage, revers de fortune ou maladie qui puisse égaler de ce grand malheur; non , il faut avoir fait cette malheureuse campagne pour savoir aprécier le bonheur de celui qui a pu se sauver. Il est même extraordinaire d'avoir pu survivre a de pareille fatigue. Une route ci longue, marcher sens vivres et les pieds dans la neige, navoir d'autre nouriture pour ce soutenir que la chair des chevaux qui tombais sur la route. Point d'autre tenture pour passer les nuits que le baux ciel qui nous éclairoit et qui ce vengoit des offence que nous lui avions fait. Point d'autre lumière que la lune et les étoiles qui nous éclairais et les feux qui nous rechoffoit, les sapins que nous abations nous chauffais, et nous asseyoit ; la neige sous nous de la hauteur de deux pieds fondoit et nous inondoit et nous nous trouvions dans l'eau jusqu'au genoux ; chacun de nous dans des réflexions qui les fesoit trembler, un silence qui annonce les malheurs les plus sinistres et les plus alarmants ; chacun ce penchoit la tête sur l'épaule de son plus près voizin et ne disoit pas un mot; de ci cruels moment l'on ne connaisoit que son courage et ses forces et l'on ne pensoit nulement au malheur d'autrie. Je ne dîroit point à notre éloge le peu d'humanité que nous avions des malheureux ne pouvant à peine marcher, s'approchais de nos feux et nous priot de les laisser se chauffer; nous autres qui dans ce moment oublions que nous étions français nous leur répondions :

"Retire toi, lâche, tu n'as pas le courage de couper du bois. Nous n'avons du feu que pour nous et non pour toi".

Au malheureux que nous étions le reproche que nous adressions étais peu être apliqué à des hommes qui avais rendue les plus grands services à la patrie et navais peu être jamais redoutez aucun dangers . Ces hommes finisoit par ce retirer, ramasoit du bois telle que leur force leur permetoit, leur feu duroit deux heures; le froid les saisisoit et ce trouvais le lendemain tous gelé ce tenant quelque fois par la main ce qui nous donnoit la preuve qu'ils avais voulut ce soulager. Nous étions encore à cette époque une dizène du régiment: mon lieutenant nommé RUBLET : alzacien, vieux militaire, homme estimable et vaillant soldat, notre officier payeur nommé SAUVAGE, né Dophinois, jeune mais homme d'un grand mérite et excellent garçon, un sous-officier et moi et six chasseur; nous avions juroit ne point nous quiter que contre la force.

Nous arrivons à Borisov (c'est à Borisov que les armées Russes attendaient que Napoléon fit franchir la Bérésina à son armée ; en fait, l'empereur rëussit à donner l'illusion qu'il veut passer à Borisov, alors qu'il dirige ses forces beaucoup plus en amont vers le gué de STUDIANKA, à 30 kilomètres. Couvert sur les deux rives par la résistance opiniâtre des soldats d'Oudinot et de Victor - dont notre narrateur fait partie - le passage s'effectuera dans les moins mauvaises conditions possibies. A Borisov se tenait la division PARTOUNEAUX) et nous entrons dans une vieille maison qui n'avoit point étez incendié; il est bon de vous dire que notre officier payeur avoit les pieds gelé et ne pouvoit du tout marcher. Etant à nous réchaufer dans la maison ou nous étions entré, le cheval de l'officier étoit ataché à la porte, la bride était dans l'appartement et l'animal étoit en dehors; des soldats aussi à plaindre que nous saisir l'instant où nous étions préoccupez, ont enlevé le cheval et ont laissez notre malheureux à se tourmenter. Le pauvre diable nous fesoit pleurer. II nous disoit : "cher camarade, vous connaisoit ma position. Pencez au serment que nous nous sommes juroit, me laisserié vous au pouvoir de ces malheureux qui ni ont jamais connu que le crime et la barbarie. Je suis perdue, les tourment les plus terrible me sont reservez. N'aurais-je pas été plus heureux d'avoir eu la tête emportez à l'affaire de VIASMA comme mon ami Ramouleur, mon ancien camarade, plutôt que de souffrir tant de cruauté"(l'empereur quitte Moscou le -19 octobre, Kutusov s'abstient de lui courir sus mais le généralissime envoie le fougueux MILORADOVITCH sur VIAZMA - ville sise à mi-chemin de MOSCOU et SMOLENSK. Le 1er novembre, le choc a lieu à Viazma même. L'armée d'Italie est surprise par l'assaillant; réduite à moins de 14.000 hommes, elle serait sur le point de succomber, si DAVOUT ne venait pas à temps la dégager. Finalement, Ney entrant dans la bataille, le prince d'ECKMUHL poursuit sa contre-attaque, enlève l'artillerie russe et au prix de lourdes pertes force MILORADOVITCH à se retirer) .

Ces lamentations nous touchèrent tellement que nous ne savions ce que nous étions. Tous ensemble nous nous mimes à parcourir l'endroit et lui jurons de ne point le quiter, que les peines qu'il s'imaginoit dejà souffrir seroit partagoit, que nous allions tacher de lui trouver un autre quagnaque (canasson ? ) ; en effet nous réusime: 300 francs furent le paiement d'un animal qui valait à peine cent sols. Nous lui amenâmes et tout fut a son entière satisfaction; nous nous remîmes en route, l'animal sans être chargé marchoit encore mais notre infortune montez dessus il ne pouvoit plus bouger. Nous voilà donc encore dans la désolation. A coop de sabre, a coup de bâtons nous frapions dessus pour le faire avancer et tacher de nous rendre au point qui était a peu de distance (Il s'agit, ne l'oublions pas de franchir la BERESINA, ce qui eut lieu les 27-28 et 29 novembre. Notre hypothèse de l'appartenance du narrateur à, la division PARTOUNEAUX s'appuie sur de solides bases. Ce corps resta le dernier à Borisov, il faisait partie du corps de VICTOR et cette division restée le 27 à l'est de la rivière fut assaillie par une colonne de Wittgenstein, ainsi que par RATOV et MILORADOVITCH. Encerclée et passée de 4.000 à 400 hommes elle se rend le 28 au matin. Les régiments de VICTOR continuent le combat jusqu'au moment où ils réussissent le 29 novembre, à décrocher de Wittgenstein, à passer la Bérésina et à brûler les deux derniers ponts derrière eux).

Descendu dans un ravin il étoit a propos de faire halte un instant pour racommoder les sangles et les courois des etriers qui étais cassoit. Assis sous un gros chaîne a nous reposer un instant nous entendîmes : "Houra, houra" C'étoit une troupe de cozaques que l'on avait détaché d'un corp d'armé qui étoit campé sur la petite montagne a une demie lieue de où nous étions. Nous nous réunimes en carré a peu près 80. Nous étions loin de nous attendre à cet assaut card nous n'avions nul connaissance du corp d'armé qui nous cernai. Tous nos efforts furent inutile. Trois hommes furent tués. Pour ma part je reçus un coup de lance à la main dont les suites furent terribles.

Rendu au village de NORDA (?) tous réunit ensemble dans une grange sans aucun commandement que d'être à la discrétion des soldats russe et des méprisable paysans. Dix fois dans la nuit nous fûmes fouillez et quand ces malheureux nous trouvait sens argant, il nous tretais de la manière la plus indigne et la plus barbare. Le lendemain nous fume dans un esclavage complet, confondu, permis nos ennemis sans aucun soutien et sans apuis. Mon Iieutement et moi et un autre colecte nous fumes fouroit dans une vieille maison occupoit par une trentène de soldats Russe qui tous avais étez blessoit. Plus ces malheureux souffroit, plus ils nous maudissoit. Nous ne savions dans cette ci'rconstance ce que nous étions. Nous croyons dans leur colère et leur emportement qu'il alloit nous assasinez. Un capitaine du 13è de ligne, troupe française, à qui l'on avoit coupé la cuisse quelque
jours avant ce trouvoit sur un banc de la baraque que nous habition, ce lamentoit et ce desesperoit. Touché de compation je m'aproche de lui, dit:
- "Capitaine, pourquoi pleuroit vous ? Le mal sans doute que vous soufroit?"
- "Non, mon ami. Le mal ne m'a jamais fait pleurer. C'est de ne pouvoir me venger des mauvais traitements et des atrocitoit que l'on nous fait."
- "Rien autre chose ne peut vous tourmenter ?"
- "Non, me dit-il, si je craignais la mort mes peines seroit encore plus grande. De me voir relegué dans une mauvaise masure, sans un sous pas même une mauvaise chemise pour de la charpie, pour pancer ma plaie qui peu être sous peu de jour, les vers le rongeront et l'odeur m'enpestera."
Ses plaintes me touchèrent jusqu'au larmes. Mon coeur toujour compatissant je m'aproche et lui dit : "Mon amî, ne vous a-tristoit pas. Le hasard m'a servie et ces barbares ne m'ont pas tout dévalisé : une pièce de 48 F m'est encore restoit, elle sera partageoit entre vous et moi. Comme en effet citot que nous pumes sortir avec mon argent, nous fimes de manière à nou procurer quelque vivre qui grâce à Dieu nous fit prolonger et attendre un sort plus doux. Huit jours se passèrent et l'on nous conduisit à BORISOV et ma blessure qui chaque jours fesoit des progrès me mie dans un état désespérant. Dans le principe elle n'étoit pas à craindre mais les suites fure ci désagréable que j'en suis resté estropié. Un oficier du train d'artillerie mourut à côté de moi à la suite du dévoument qui fesoit craindre pour tous ceux qui l'entouroit. Une peste en quelque sorte ne nous auroit pas plu allarmé.

Je n'avais rien pour couvrir cette main que le froid glaçoit. Cette officier avoit une roupe en peau de mouton dans laquelle il avoit tout fait et lavoit en quelque sorte empoisonnée, cette roupe resta à la disposition de tout ceux qui en vouloit ; ne reflechissant point au malheur qui pouvoit en survenir j'en prie un morceau avec lequel j'en fit un gand pour couvrir ma main que l'air déjà endedomagoit. La nuit a passé et le lendemain je prouvais des douleurs auquelle je ne pouvoit resister. Les fièvres me prirent et je fus trois mois sans pouvoir bouger, mais nous étions à cette époque contonné à la petite ville de Colopiniste (ville non repérée; il est probable que sa graphie réelle doit approcher de KOLOPINISK) a 15 lieux de Borisov. Ma maladie fut afreuse. Nous étions une vingtaine de prisonniers français, espagnol et italien qui n'avait pour moi aucune considération. Ma plaie avoit tant d'odeur qu'il ne purent jamais me souffrir ; alors ils tinrent conseil entreux et dire que sens étoit fait de moi et que le lendemain je feroit graisser les terres des Polonais. Il manquer de ce batre dans leur discution vu que j'avais pour le meilleur de mon butin une paire de soulier qui les flatoit tous et pretendoit quelle leur apartenoit. Un sergant du 13è de ligne fut destiné a en être l'héritier moyenant vingt sols qu'il donneroit au autres. La délibération fini: point de resource; il falloit filé mais ou me mette, il n'en savais rien. Une petite chambre ce trouvoit à côté de celle que j'avais occupé jusqu'alors, mais les croisés étoit toute rompue et pas un caraux de vitre n'existoit. Je fut forcé malgré ou bon gré d'accepter le lieu que l'on me destiné. A chaque instant je me disposais à paraitre devant le tout puissant. Quand des besoins pressant me forcer de sortir je me trainais sur les pieds et les mains à la porte; je trouvais la terre couverte de neige, regardant le ciel je priais.

"Grand Dieu, le moment est venu de subir vos chatiments n'es pas éloigné. Prenez pitié de moi. Je suis bien malheureux et bien pêcheur mais votre infinie bonté est ci étendue que vous pouvez encore éloigner ce moment fatal."

Il est vrai je devais bien craindre, je n'étais guère digne de paraître devant lui. Je priais avec tant de ferveur la Ste Vierge que je formais des veux : voulut bien encore me laisser sur la terre pour voir ci je vivrais à l'avenir avec de meilleur sentiments.

J'étais donc comme Jobe couché dans ma petite chambre sur un tas de fumier, les poux sur moi, étais par milliers et tout les militaire qui me connaissais s'éloignoit. Par hazard un jour je me permi d'apeler un brestoit "mon pays" qui etez fils de boucher. Je pencais par ce mot de Pays attirer pour moi quelque considération. Mon espoir fut dessue et cet homme furieu me repondit par des jurements et des menace qui me firent trembler. Me disoit-il avec emportement:

"Moi ! ton pays ! je me croirai desonoré ci j'avais une charogne comme toi dans notre beau port de mer, s'il t'arive de repeter ces paroles je t'entere tout vif !"

Ma demande n'été cependant pas bien dificile à remplir puisque je ne lui demandais qu'un verre d'eau; en lui demandoit c'etoit avec la plus grande douceur et lui repetant : "Ce sera la dernière fois que je vous en demanderoit, pas davantage; dans un instant je n'existeroit plus."

Jusqu'à la fin il fut incensible. Je caisse de demander et je mis tout entre les main de la divine Providence et je priais : "Grand Dieu,Vierge Sainte, refuge assuré des malheureux, âme toute divine, que l'être suprême a choisie pour sa mère et le soutient des malheureux, dans ce moment et toujours je reclame votre assistence, ne m'abandonnez pas sens amies et éloigné de Ma Patrie, des lieux où je reçu le jour; elevez par des parents pieu et devot l'on m'apprie des mon jeune âge a vous invoquer. Vous êtes si bonne que jamais vous ne refusé rien à vos enfants. O, divine Marie, que votre nom soie benit et la volonté de Dieu soie faite. Metez je vous en suplie dans le coeur de mes camarade cette humanité, cette douceur dont j'ai tant besoin; puisque celui que je croyoit avoir pour ami me rebute, repandez sur les autres une goute de vos graces et par cette onction salutaire il resente ce que l'on doit à son prochain.

Cette cene passez, quelques jours s'écoule. La maladie diminue, forces revienne et je me voie convalaissant, car dans cette circonstence ou ma foi et ma religion prirent de la force je fit un veu à Dieu qui m'avez sauvez. Je promie qu'a ma rentré en France je ferai dire pendant dix ans une messe en l'honneur de St Pierre mon Patron. A cette promesse je resenti au fond de mon coeur une joie qu'il me seroit impossible et de définir. Mon coeur éprouvé tant de satisfaction que malgré toute la misère que j'éprouvais, jamais je n'avais eut de bonheur plus véritable. A la vérité, tout en moi étez changé, ma pencez etez toute en Jesus Chris. J'avais cette ferme croyance qui fait revivre l'homme dans l'adversité et dans les peines de cette vie; c'es là, que l'on connais qu'un homme sans religion est à plaindre. L'homme ne doit jamais s'abandonner. Il n'a pas été jetez sur cette terre pour jouir de toutes les satisfactions de la vie. Ce n'est point ici ou l'on doit ce fixer ces au ciel que nous devons prétendre et rien autre chose.

Mon rétablissement parfait l'on nous fit partir pour MINSKI (MINSK) pour rejoindre d'autres prisonniers et partir ensuite pour SARADOSE ville sur le bord de l'ASIE et au bord du Volga (Il faut croire que la marche plaisait aux uns et aux autres. Il s'agit de SARATOV, chef lieu du gouvernement de Saratov, sur la rive droite de la Volga - à proximité du STALINGRAD actuel).

Pour faire cette route jus le bonheur. Je fus protegez du commandant. Il me nomma pour aller en avant faire les logements et toujours en voiture avec un soldat russe; en route je retrouve mon bouchez qui m'avez si mal servie. Ma position avez changez. Je n'étoient cet homme couché sur la paille et remplie de poux, aussi son l'engage n'étoit plus le même. Cette rencontre pour moi fut très agréable de voir un personnage doux et rempant qui deux mois plutôt me renoncoit pour son pays et m'avoit refusoit un ver d'eau, que s'il eut cru sa rage il m'auroit étoufé. Sa première parole en me voyant:

"Vous voilà, mon ami. Je suis bien satisfait de vous voir. je sai à l'avence tout ce que vous allez me. dire. Je vous en suplie, oublioit tout. Oui, j'avais tort et grandement tort. Je ne cherche point à m'excuser mais serai je assez heureux et serez vous assez bon, je n'en doute pas, pour vous entendre dire que tout est fini. Les sotises que je vous ais ait étais involontaire. Comme moi vous le savez que cette époque tous les égards étoit meconnue. Point d'humanité les uns pour les autres, aucun sentiments français ne venez nous animer".

Ma réponse étoit toute prête. Je lui dit:

"Mon ami, l'homme bon et sensible ne doit jamais se souvenir du mal qu'on na pue lui faire. Le bien quand on le peut ses toujour la meilleur manière de se venger. "Etes-vous heureux ?" lui demandai je. "Fumez vous toujours ? Avez vous de l'argent ? Avez vous du tabac ? Si vous n'en avez pas voilà- dix Pétaque (Kopek). Cette somme n'est pas bien forte mais je vous donne la moitié de ce que je possède."

Le pauvre diable étoit bien repantant; son coeur ses attendri et il pleuroit. Pauvre ami peu être plus tard a-t-il étez bien malheureux. Je ne l'ai plus revue. De cette petite ville nous allons à VERONIX (VERONIX doit pouvoir s'interpréter. Il doit s'agir de VORONEJ, à mi distance de Borisov et Saratov, chef lieu de la région centrale de Terre Noire, un peu en amont du confluent de la rivière homonyme dans le DON. Voronej enlevée aux Tatars en 1586, a été le chef lieu de l'ancien gouvernement homonyme jusqu'en 1928). Je trouve dans cette ville un homme assez généreux. Pour sa position il étez de Vannes, il s'appeloit Duperon. Il me fit tout le bien que sa position pouvoit lui permettre. Il tenoit un rang élevé pour le pays. Son épouse etez de Strasbourg. Il m'invita à déjeuner. J'acceptois et il me dcnna de l'argent. Je me permis de lui demander si son intention étez de toujour rester en Russie. Il me dit non mais les circonstances l'avoit amenez en Russie, il falloit attendre que les circonstances le renmenne en France. J'ai cru pencer qu'il étez émigré; il fit tout son possible pour me conserver près de lui et me placer dans quelque emploi ou chez quelque barons mais les états étais fait et il ne pue pas réusir à faire changer les dispositions du gouverneur; les ordres étoit donnez; il fallut donc partir. Se brave homme me demanda si j'étais bien chosez. Je n'avoit qu'une paire d'espadrille au pieds. Je ne pouvoit sans faire un mensonge lui dire que oui. Je lui fit voir mes pieds que sans doute il avait déjà vu. Il me dit:

"Vous être à la vérité bien mal chosez, il faut acheter des bottes".,

Je me mis à rire, "et avec quoi ? lui dis-je. A ma réponse il vu bien que j'étois sans le sols. "Eh. bien, - me dit-il - Je vous donneroi de quoi avoir une paire. Tenez voilà quatre rouble. Vous iroit, sur la place vous choisiroit la grandeur qui peut vous aller."

Je fus donc de suite à l'endroit ou il m'avait indiqué et je fit mon choix. Une action aussi généreuse pour sa position na pas peut être sans récompense. Dieu sans doute lui aura accordez de grande grâce card je crois qu'il n'étoit pas riche. Peut être que lui et sa pauvre petite famille en aurons souffert.

Nous partons donc pour SARADOSSE (SARATOV), c'étoit le lieu de notre destination. Saradosse est sur le bord du Volga, mais en route les ordres vinrent que la paix étez faite, que Louis XVIII étoit sur le throne et l'on nou fit arreter à balachoux (BALACHOV, ville sise à mi chemin de VORONEJ à SARATOV. Un calcul rapide sur le kilométrage effectué en Russie par notre narateur me donne approximativement 3200 kms). Nous y restames six semaines a attendre le tour de notre détachement card les détachement étoit formé de deux cent. Nous nous mires en route le 8 juin 1814 pour revenir en France. Nous arrivons à bieleshetote (probablement Brest-Litosk) à peu près au mois de Sep-cembre. Jusqualors les officiers qui nous conduisoit étoit Russe. Il nous mirent donc entre les mains des officiers français. Nous umes pour nous conduire un vieu sot de capitaine normand qui ne savoit ny a ny b, bête comme une cruche qui ne savoit aucunement disserner le bien du mal et ne voulant écouter que ses sots préjugés. Cet homme dont je vous parle étoit cependant decoroit; il m'afectionnez beaucoup et je lui en savais bon gré mais sa conduite dépravé et sans respect meut bientôt attiroit par lui tout le mépris que l'on doit a ces espèces de gence. Je continuoit toujour d'aller en avant. Un jour dans une petite ville il ne se trouve pas assez de vivre pour tout le détachement. Le bourg de mexe nous proposa de prendre le reste en argent. Noté bien que moi et un autre sous officier des lanciers nétions pas les chefs puisque avec nous nous avions un sous lieutenant du 29è de ligne a qui, comme de juste nous devionsobéir, le lendemain, au petit vilage ou nous fesions séjour, les habitans dans leur langage se plaignoit de nous nourir vu que l'on avoit reçu les vivres en argant. Le capitaine fit venir son entreprete et se fit expliquer dont il s'agissoit, aussitôt sans reflechir il fit rapeller pour reunir le détachement pour nous faire administrer la savate.

Je demande a mon camarade . "Avoits nous l'intention de vous laisser assomer?"

- "Non, sans doute", me dit- il "Et bien, partons dans les bois. Nous partirons devand le détachement ou nous resterons en erriere". Chose qui fut dit fut fait. Nous partons donc de suite à l'écard de la route a 4 ou 5 lieux dans les forêts sans craindre les bêtes féroces et bravant tout. Il est bon de vous dire que mon camarade étoit flamand, connaissant l'allemand et un peu le polonais. Cela nous favorisoit. Nous marchons donc toute la nuit par des routes dieu sait comme; elle étais dans la boue jusqu'au molet. Le lendemain nous arrivons à Calix, ville d Pologne (CALIX devrait être KALISZ, ville de Pologne, voïvodie de Lodz, sur la Prosan, affluent de la Warta, non loin de la frontière allemande de Silésie). Nous nous informons si le détachement étoit passé. L'on nous dit que non, qu'il arrivez le soir même ; alors mon camarade demanda au patron s'il vouloit bien nous loger pour quelque jour. Il y consentie sans repugance se fesant même un plaisir de tems en tems de s'entretenir avec nous. Nous restons donc quatre a cinq jours pour laisser filer le détachement. Enfin, nous prenons donc la hardiesse et nous sortons de notre prison et allons nous presenter à un chef de détachement nommé Delese. Nous lui comptons notre compte plus ayants faits un petit mensonge que nous manquation de vivre, que nous nous étions écarté de la route pour aller dans quelque baronnerie, que nous avions perdu notre détachement, que nous le prions de nous prendre avec lui. Il ne fit aucune difficulté, il nous accepte et nous ramène jusqu'à Landeau.(LANDEAU, restée française au premier traité de PARIS. Ville d'Allemagne sur la Queich - Assiégée ou défendue par les français au cours du XVIIIè elle passa définitivement à la Bavière en 1815).

FIN