Phare oueST

numéro 35

Sommaire:


- La vie du Club
- Mon coeur balance...
- Comment s'offrir un Jaguar pour le prix d'une Ford fiesta...
- Convsersion Atari/Mac/PC: quelques trucs

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La vie du Club


Bonne année à tous! Elle a commencé en fanfare, avec la petite bouffe de Saint Brieuc et que ceux qui se sont abstenus sachent qu'ils ont perdu gros: car ce ne fut pas triste.

Le discret petit restau, bien caché dans une rue grise d'un quartier paumé, abritait une bien jolie salle et une bien bonne cuisine.

Bref, si vous avez vu les photos, vous avez pu constater que le contenu des assiettes était appétissant, l'ambiance au beau fixe et l'accueil aimable. Nos deux rois: Franck et Miguel on bien bu, comme il se doit et quand est venue l'heure de souffier dans le ballon... ça aurait pu être pire.

On recommencera; c'est promis. C'est au tour des Rennais cette fois d'inviter les briochins, mais si le cur vous dit d'un petit tour au bord de la mer, cet été..

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Mon coeur balance...


Dur, dur d'être atariste par les temps qui courent. Faut-il résister, contre vents et marées, fidèle au poste jusqu'au martyr? Ou bien ne serait-il pas plus raisonnable de rentrer dans le rang et se laisser séduire par les sirènes Mac... ou PC? Ce dilemme est d'autant plus cruel qu'il s'y mêle un bon zeste de passion, parfaitement gratuite, qui empêche souvent d'ouvrir les yeux. Regardons un peu les choses en face:

Première solution: Atari for ever!

C'est un choix hasardeux mais qui se défend; ne serait-ce que pour rentabiliser le matériel et les softs déjà acquis. Le matériel Atari est simple, relativement fiable, facile à bidouiller. C'est la deudeuche des ordinateurs: pas rapide, rapide, mais qui roule sans discuter, hyper facile à conduire et pardonnant à peu près tout.

Il y a, maintenant, de très bons softs pour Atari; mais le choix est limité et tous les domaines sont loins d'être couverts.

Traitement de texte: parfait. On ne trouve pratiquement pas mieux sur Mac ou PC.

Tableur: faiblard. Entre l'extrême simplicité du module d'AtariWorks, l'austérité quasi médiévale de LDW et la monstruosité (efficace d'ailleurs) de K-Spread on se prend à rêver d'un petit Excel atariste.

Base de données: à la traîne. SuperBase et Adimens, avec leur petit air rétro sont certes puissants mais guère folichons. Quant à AtariWorks, c'est très bien mais un peu simplet.

Dessin: des softs remarquables en bitmap, à condition d'avoir un Falcon, ou un TT avec carte graphique car le nombre réduit de couleurs sur les autres machines enlève bien du plaisir. En vectoriel, à part DynaCAD, indigeste et fiamboyant, c'est le désert à perte de vue.

Traitement d'images: ça se défend pas mal... sur un Falcon (raisons couleurs: voir ci-dessus). Et ça progresse de jours en jours. Avec un lecteur de CD Rom et un logiciel comme Studio Photo, Atari tient bien la route.

Musique: c'est le point fort et le fond de commerce d'Atari. Si l'on continue à vendre le Falcon c'est bien à cause des musiciens qui après s'être laissé tenter un moment par des machines plus dans le goût de l'époque comprennent que, dans le domaine musical, n'en déplaise aux joueurs d'autres binious, c'est encore Atari le meilleur.

Programmation: quiconque s'est essayé aux joies de la programmation sous Windows (et je ne parle pas du Mac...) garde un reconnaissance éternelle à la simplicité du GEM. Devant la complexité du monde moderne, Atari est encore la seule plate-forme où un programmeur amateur puisse se faire vraiment plaisir. Demandez donc un peu à notre ami RAUMER ce qu'il en pense. Il fallait le dire.

Jeux: ça eu payé... mais les coups de boutoir successifs apportés d'abord par les consoles, ensuite par le CD Rom, ont achevé Atari et découragé les programmeurs. Requiem. Peut-être un jour, sait-on jamais? Atari vient du jeu et reste ludique.
Le reste, tout ce qui est plus ou moins pointu: ya pas grand chose, mais faut voir. Quelques bonnes solutions de gestion médicale, ZZ volume pour les architectes, gestion d'artisans, etc... En cherchant bien on peut encore trouver son bonheur. Mais quid de l'avenir? Car tout cela a cessé d'être développé, soutenu et les auteurs/éditeurs ont bien souvent disparu dans la tourmente.

Car c'est bien là ce qui peut faire hésiter à investir, actuellement, dans le monde Atari. Acheter à bas prix un ST d'occasion pour faire du traitement de texte ou de la musique peut être une bonne affaire 1. Faire durer le matériel déjà acquis n'est pas si sot que ça; d'autant plus que les passerelles entre Atari et les autres ordinateurs se multiplient et deviennent de plus en plus faciles à utiliser.

Mais, bien franchement, casser sa tirelire pour un Falcon, aux prix où se bradent des Macs et des PC aussi puissants et bien mieux ouverts sur le monde actuel, à moins d'être franchement amoureux d'Atari, ça n'est pas sérieux.

Pour les possesseurs d'Atari il y a aussi la solution de l'émulation. Le Spectre émule très correctement un Mac + et reconnaît sans difficulté les périphériques Atari (sauf les disques SCSI des TT et Falcon: il faut un Link) mais reste limité au système 6.7 et au monochrome. Cela étant, il fait encore la joie de nombreux Ataristes qui découvrent avec ravissement que même des softs récents tels que Photoshop, WordPerfect ou Excel tournent sans encombre sur leur bécane.
Il y a également de bonnes cartes d'émulation PC, mais qui valent presque le prix d'un PC de base. Le jeu en vaut-il la chandelle?

Enfin je signale qu'un gars de Pordic (à côté de St Brieuc) a dans son ST un émulateur du QL Sinclair, acheté en Angleterre, dont il est fort satisfait. Et ce n'est pas un poisson d'avril.

Souhaitons donc longue vie encore à Atari et, qui sait, peut-être qu'une nouvelle machine à base de PowerPC viendra remettre les pendules à l'heure et donner une nouvelle jeunesse à cette marque qui nous a donné tant de joies par le passé.

Deuxième solution: Pom-Pom-Pom Mac.

Bien attirant pour un atariste, le Mac. D'abord, dans son utilisation, le système Mac est ce qui ressemble le plus au GEM de l'Atari. Qui sait se servir d'un ST sait, pratiquement d'instinct, se servir d'un Mac. Les quelques petits subtilités de la machine se découvrent ensuite rapidement. On ne peut guère en dire autant de Windows!

Et puis, pour bon nombre d'adhérents de notre club, le passage s'est fait via le Spectre. Émuler le Mac c'est déjà l'adopter, même si Dave nous a un peu laissé en route, sans nous fournir les joies de la couleur et du système 7.

Côté logiciel, il y a tout ce qu'on peut rêver. Et rien que du premier choix, ma bonne dame. Certains esprits critiques argueront que la logithèque PC est autrement plus vaste que celle de la Pomme.
C'est tout à fait vrai. Mais on ne peut ni tout acheter, ni tout tester aussi, à moins d'avoir besoin d'un soft particulièrement pointu (et encore...) tout ce que l'on peut désirer se trouve sur le Mac; n'est-ce pas Denis?

Oh, oui.

Certes, pour beaucoup qui travaillent dans un environnement PC ou sont en contact avec des partenaires du monde PC, le Mac paraît être un monde bien éloigné. Il ne l'est, en fait, que pour certaines applications bien spécifiques ou pour ceux dont les besoins de communication sont journaliers. Car:

- le Mac lit et écrit les disquettes PC (et le contraire est, maintenant, vrai paraît-il);

- le Mac utilise sans la moindre préparation les fichiers issus de la plupart des grands logiciels phare et multi-plateformes du commerce (Word, Excel, WordPerfect, tous les Claris, etc...)

- le Mac récupère immédiatement les fichiers issus de la majeure partie des logiciels PC (et même Atari), avec lesquels il partage une foule de formats communs.
Et pour ceux que cette cuisine rebute, surtout si elle doit être journalière, il reste l'émulation. Il existe d'excellentes cartes PC à placer dans un Mac: vous disposez alors de deux machines dans la même boîte, qui peuvent travailler en parallèle. Ce n'est peut-être pas un gain financier (car le prix de ces cartes reste relativement élevé) mais c'est, à coup sûr, un gain de place... Dernière heure, Apple vient de sortir une machine hybride, mi PowerMac - mi PC à base de 486, qui conciliera tout le monde.

Sinon, il y a l'émulation soft. SoftWindows sur toute la gamme de PowerMac émule parfaitement les PC, à une vitesse qui sans être foudroyante reste très acceptable. La compatibilité est parfaite et même les CD Roms PC sont exploitables.

Depuis quelques semaines, il existe également un version de SoftWindows pour les Mac équipés d'un 68040, qui serait paraît-il assez performante. Avantage: pas trop cher, deux machines en une, possibilité de copier/coller d'une application Mac à une application Windows (et inversement). Inconvénient: c'est un 286 qui est émulé et, par conséquent les softs qui exigent au minimum un 386 (par exemple toute la gamme Claris) refusent de tourner.

Troisième solution: le conformisme PC

Là, pas de problème, vous rentrez dans le rang. Des PC il y en a à tous les prix et le bas de gamme reste encore un peu moins cher que les premiers prix Apple. Mais il faut y regarder à deux fois, car si un petit Mac vous arrive tout complet (quoique un peu juste en mémoire, la plupart du temps), un petit PC tout nu, ma foi, c'est vraiment tout nu! Et une fois que vous vous serez offert quelques belles cartes pour en meubler le vaste coffret, l'addition risque de ne plus être aussi souriante. Bref, il est préférable de faire ses calculs avant d'acheter. D'autant plus que l'offre est très vaste.

Mais à part ça, Madame la Marquise, tout va très bien avec un PC. Il dispose de logiciels à la pelle, de bien plus de titres sur CD Rom que le pauvre Mac (ne parlons pas d'Atari...) et d'un maximum d'interlocuteurs.

Certes, Windows est encore bien loin d'avoir l'élégance et la simplicité d'utilisation du système 7. Son apprentissage (sans parler de celui du DOS) reste un tantinet laborieux et, soyons francs, sa parfaite maîtrise n'est pas à la portée du premier bidouilleur venu.

Mais à vrai dire, pour celui que la petite bidouille ne passionne pas franchement, ou au contraire pour celui qui adore se mettre les mains dans le cambouis, le PC c'est très bien. Une fois vos logiciels installés (car vous n'y couperez pas de l'installation) vous pourrez oublier totalement la mécanique et constater que se servir d'un soft Mac ou d'un soft PC, en fin de comptes, c'est du pareil au même; ni mieux, ni moins bien. Tout dépend de la classe du programmeur et il y a des virtuoses pour les deux machines (se sont d'ailleurs souvent les mêmes...)

Et l'émulation? Voyons, voyons, un honnête PC n'émule pas, Monsieur. Sauf, sauf... Atari. Ce n'est pas de la blague et notre ami Jean-Pierre GICQUEL qui émule tous les jours un ST sur son 486 pourra vous le confirmer.

Une carte pas trop cher avec les Roms Atari, un soft à installer et son soft maison en Gfa (merci RAUMER) tourne sur son PC sans se poser de question, tout comme Script ou n'importe quoi fait pour Atari. Certains Falcons ne peuvent pas en dire autant, n'est-ce pas Miguel, qui rejettent le Gfa comme un programme malpropre. Seuls la plupart de jeux renâclent, mais ça les ataristes y sont habitués: chaque type d'Atari a ses jeux propres. C'est comme ça.

Au dernier salon Atari à PARIS (Denis-Serge y était) on pouvait même voir des émulateurs de TT pour PC. Un peu chers, mais quand on aime...

Alors, que faut-il acheter?

Vous n'imaginez tout de même pas qu'on allait vous donner la solution, comme ça, toute cuite. Selon vos possibilités financières, votre environnement professionnel, vos goûts personnels, c'est à vous de faire le choix. De toutes façons, vous pourrez être sûr d'une chose: à peine achetée, votre nouvelle machine sera démodée, remplacée par un modèle plus performant et moins cher et, pour tout dire, invendable. Alors, faut jouer comme on aime.

Gérard LEFRANC

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... à moins que:
quatrième solution

Comment s'offrir une Jaguar
pour le prix d'une Ford fiesta ...


Avant d'entrer dans le vif du sujet (je vous rassure, il ne s'agit pas d'automobile).

Permettez-moi d'abord de vous présenter mes meilleurs vux pour l'année 1995 et mes souhaits de longue vie au Phare OUEST.

Comme un certain nombre d'ataristes, je suis heureux de ma 2CV turbo (un 1040 STE avec 2,5 MO de RAM), mais je ne peux pas m'empêcher de rêver - pour les avoir eu un peu entre les mains ou avoir longuement médité sur leurs caractéristiques - d'une Rolls (Next?) ou d'une Ferrari (station Alpha, ou Silicon Graphics), posée sur mon bureau.

Notre ami Gérard - qu'il en soit vivement remercié - est toujours là pour prêter main-forte à celui qui ignore tout des derniers logiciels sortis sur notre belle machine, mais je reste contrarié de devoir renoncer à POV (entre autres) à cause de la lenteur du calcul.

J'ai travaillé l'hiver dernier sur les problèmes posés par les langages d'auteur (création de document multimédias), en particulier dans le monde Mac. Certes le Power PC va vite, mais QuickTime avait bien du mal à suivre le rythme du monde vidéo (25 images/s); et le Power PC (sur les autres Mac, inutile de rêver au vrai multimédia) reste cher. Trop cher (je fais actuellement mon service national... 504F/mois!).

Déçu, je commençai à lorgner du côté du monde PC (Pitié, ne me frappez plus! C'est promis, je ne recommencerai pas!), tout en me jurant bien de ne jamais travailler sous MS-DOS+Windows (cette sainte horreur de l'abomination MS-DOS m'est restée des quelques cours de SE dispensés par mes chers enseignants). OS/2 ou Windows NT, soit; MS-DOS, jamais! Mais soyons lucides: un 486dx2-66 est très juste pour qui veut avoir réellement accès au multimédia et à la vidéo en particulier. Et comme le Pentium plante de temps en temps... quand il n'est pas buggué!

Mais le Falcon, me direz-vous, le Falcon! En effet, c'est d'abord à ce bel oiseau que j'avais pensé en constatant tristement que mon ST «faisait de l'huile».

Mais la politique commerciale d'Atari n'augure rien de bon (non seulement les dates de sortie des nouvelles machines ne sont jamais respectées, mais le développement matériel et logiciel actuel est surtout orienté Jaguar) et j'ai donc fini par jeter l'éponge, bien à regret.

Bref, de déception en déception, il ne me restait plus qu'un éventuel miracle Power PC «Prep» d'IBM... pour fin 95! C'est alors que j'entrai chez RedWood2 (nouveau revendeur à Lyon), attiré par un ou deux articles (SVM et ST Mag, je crois) sur une machine inconnue: le Risc PC, comparée à une Silicon Graphics dans l'un desdits articles. Ce fut une révélation: une heure et demi de bonheur sans ombrage devant une machine rapide, performante, munie d'un système génial, d'une interface extrêmement intuitive (elle vaut celle du Next) et capable de produire du vrai multimédia (enfin!). Et ce à un prix tout à fait abordable (10 à 15 kF l'unité centrale suivant le modèle), d'où le titre de cet article.

Au cur de cette machine de la firme anglaise ACORN (qui n'exportait pas jusqu'ici, mais qui a déjà 7 ans d'expérience dans le domaine des processeurs RISC), un processeur RISC 32 bits cadencé à 33 MHz, l'ARM 610, une ROM (ça ne vous rappelle rien?) contenant le système d'exploitation RISC OS 3.5, et un bus développé conjointement avec Apple et VLSI: l'Open Bus. Pourquoi «Open»? Parce qu'il peut recevoir d'autres processeurs que ceux de la famille ARM: un 486, par exemple...
Le système RISC OS 3.5 est en effet un système multiprocesseurs (jusqu'à 12 processeurs, je crois) et multitâche (plusieurs applications s'exécutent en parallèle). Certes, la version actuelle n'est pas encore préemptive (ce sont les applications qui donnent la main, pas le système qui la prend pour allouer le temps CPU), mais on ne s'en rend vraiment pas compte (contrairement à ce qui se passe avec Mac OS et Windows): j'ai vu tourner simultanément et sans ralentissement notable de la machine un logiciel de vérification du disque dur, un film, un logiciel de retouche d'images (avec une dizaine d'images en 16,7 millions de couleurs), un logiciel de PAO, POV, et DA's Picture. Pas mal, non? Et quand on sait que la vidéo est traitée en 64 bits et que l'on a 8 canaux sonores en standard, on comprend pourquoi «multimédia» veut dire quelque chose sur le Risc PC.


J'ai parlé tout à l'heure de l'ergonomie exceptionnelle du système d'exploitation. On dispose au bas de son écran d'une bande qui contient (à partir de la gauche) les icônes des disques et (à partir de la droite) les icônes des applications lancées. Pour visualiser un film, par exemple, on prend l'icône du film et on la pose sur l'icône de l'application (c'est le système «tirer-lâcher» que la plupart des éditeurs essaient de mettre au point dans leurs nouveaux SE).
Les données des fichiers peuvent facilement passer d'un logiciel à l'autre (ex: on prend une image d'un film et on la pose dans la page du traitement de texte). De leur côté, les fenêtres se déplacent dans leur plan et disposent d'un bouton pour les envoyer en arrière-plan.

Enfin, les barres de menus, qui obligent à toujours ramener les fenêtres en premier-plan, ont disparu: un clic droit au dessus d'une fenêtre (même cachée en partie par d'autres applications), et les menus hiérarchiques de l'application apparaissent sous la souris.

Il serait trop long de tout expliquer, de tout décrire dans cet article; d'ailleurs, tel n'est pas son but: il n'a la prétention que de faire partager une découverte réjouissante. Voici donc quelques informations supplémentaires, en vrac, retenues de cette heure et demi de démo:

- on peut modifier en dynamique la mémoire allouée à chaque application;

- on peut modifier la résolution de l'écran sans avoir à «rebooter» et il y a un mode 1600 x 1200 pour les 17"

- le traitement des images statiques est fait en 24 bits (true color: 16,7 millions de couleurs) 6 fois plus vite que sur un 486 dx2 66MHz;

- zoom en temps réel sur les images 24 bits;

- on a accès aux ressources de tous les logiciels (même commerciaux): traduction, modifications diverses sont possibles;


Le boîtier est composé d'une base sur laquelle on pose des tranches. Chaque tranche dispose d'une baie 5,25", d'une baie 3,5" et de la place pour mettre 2 cartes sur l'Open Bus. Le modèle bas de gamme (± 10 kF) comprend 1 tranche, le haut de gamme (± 15 kF) en comprend 2; mais on peut aller jusqu'à 7.

- pas de vis: on démonte en 2 minutes la machine. Et on peut l'ouvrir à volonté sans perdre la garantie!

Acorn garantit que le prix de l'échange de carte-mère (pour passer au processeur suivant) coûtera moins de 1000 F. On peut aussi rajouter un autre processeur ARM; le système répartira les tâches au mieux.

Une extension (la carte Eagle) à 3 500 F gère les E/S vidéo aux standards usuels (VHS, PAL...) et les E/S midi. Une autre carte (à 1 500 F seulement!) permet - pour ceux qui ne peuvent s'en passer - d'ajouter un 486 sx 33 (fourni avec DR-DOS et Windows) dans la machine; on peut ainsi avoir une application Windows dans une fenêtre et des applications Acorn dans les autres... et j'en oublie sûrement...

Tout cela est bien beau, me direz-vous, mais qu'en est-il des logiciels? Il faut d'abord savoir qu'Acorn dispose d'environ 1 000 000 d'utilisateurs (c'est peu vis-à-vis du monde PC, mais c'est déjà une bonne base), principalement en Angleterre, où elle approvisionne, entre autres, l'Éducation Nationale et la plupart des grands comptes.

Le nombre d'utilisateurs, en Allemagne en particulier, monte sérieusement depuis la sortie de cette machine (Avril 94), et les Allemands ont déjà tous les logiciels traduits. Les Français, toujours plus frileux, suivent lentement: il y a actuellement 15 revendeurs Acorn dans le pays (distributeur: Ashiv3).

Mais rien qu'avec le marché anglais, on a la garanti que la gamme des logiciels est étendue et bien fournie. J'ai eu en main un catalogue de 1,5 cm d'épaisseur qui en donnait la liste et une brève description.

De plus, ils ont une parenté avec les logiciels Atari: ils sont assez peu chers et sont compacts. Pour rassurer les amateurs de jeu, j'ai vu deux ou trois des derniers jeux PC sur le Risc PC de démo.
Enfin, un certain nombre de logiciels sont fournis gratuitement avec la machine, et Redwood, dans un souci de promotion du Risc PC, en ajoute encore tellement d'autres qu'il n'a pas vendu un seul logiciel à ses clients!

J'ignore si j'aurai réussi à vous faire comprendre comment passer d'une 2CV (mais je la garde quand même) à une Jaguar bon teint pour le prix d'une fiesta (bref, un bête Pentium «buggé»), car il faut le voir pour le croire. Quoi qu'il en soit, je ne vous aurais pas laissé dans l'ignorance! Et il ne passera pas beaucoup d'eau sous les ponts avant que cette superbe machine ne trône sur mon bureau...

Xavier de MONNERON

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Conversions Atari / Mac / PC, quelques trucs


Bon allez! il faut s'y mettre puisque j'ai promis un article à Gérard et que si je ne lui donne pas je serai privé de filtres Photoshop (...!).

Certes je manque toujours de temps, mais au fond c'est bien agréable de préparer une petite bafouille pour les amis du Club Ouest !

Laissez-moi d'abord vous dire: j'avais presque terminé durant les vacances un bon et bel (?) article qui vous aurait remplis d'aise (???), sur toutes les conversions possibles et imaginables entre les mondes Atari, Mac et PC, qu'en plus j'avais appelé ça "la quadrature des bits" (drôle non?)... Mais le gredin m'a en grande partie brûlé la politesse dans l'avant-dernier Phare-Ouest (les grands esprits se rencontrent?). Bref, il ne reste plus que des miettes, il faudra s'en contenter...

Les vecteurs

Les principaux formats vectoriels sont:
- sur PC les formats .WMF (Windows Metafile), .CGM (Computer Graphic Metafiles) et .DRW (CorelDraw);
- sur Mac les formats Illustrator (Postscript) et Freehand,
- sur Atari les formats .GEM et CVG (Calamus Vektor Graphik).

Comment passer des uns aux autres? Du Mac au PC, guère de problèmes puisque pas mal de logiciels, et notamment CorelDraw, savent lire le Postscript; attention cependant car il existe plusieurs spécifications successives d'Adobe...

Du PC au Mac, c'est déjà plus difficile; plusieurs solutions peuvent être envisagées: soit vous sauvez en Postscript avec Corel Draw (il sait le faire), soit sur le Mac vous lisez et transformez (en EPS) les formats .WMF ou .CGM avec Graphic Converter. A noter cependant que Graphic Converter ne reconnaissant pas tous les .WMF, il vaut mieux utiliser le format .CGM qui ne pose pratiquement jamais de problème.

Utiliser des fichiers vectoriels provenant de machines PC ou Mac sur un Atari demande parfois de la patience mais on peut y arriver. S'il s'agit de Postcript sans informations couleurs (Postscript 1), le logiciel Avant Vektor peut les lire et les transformer en .GEM ou .CVG. Da's Vektor sait aussi en principe lire le Postscript mais les problèmes sont nombreux. Mieux vaut passer par un convertisseur du type EPS-CVG de DMC (l'éditeur de Calamus).

Aucun logiciel Atari ne sait lire les formats vectoriels PC. Une solution un peu longue certes, mais qui marche est de se servir du Mac comme intermédiaire : les fichiers en provenance du PC sont transformés en EPS puis convertis pour l'Atari . S'il ne s'agit que de fichiers sans couleur le format .GEM est bien pratique puisque pas mal de logiciels PC savent sauver à ce format (souvenez-vous que l'interface GEM de l'Atari existait naguère aussi pour le PC!).


Mais que fait la police?

Les polices vectorielles ont d'abord fait leur apparition sur le Mac avant d'envahir les PC sous Windows (3.0): toutes répondent à un même schéma de description mais des variantes existent d'où les différents formats suivants.

D'abord les formats Postscript créés par Adobe (Type 1, Type 3). Le plus répandu est le «Type 1» utilisable sur Mac et sur PC avec ATM et depuis la dernière version du SpeedoGDos sur Atari. On dénombre à l'heure actuelle plus de 15.000 de ces polices de caractères, qu'elles soient le fait de grands «fondeurs» comme Compugraphic, Monotype, Bitstream etc... ou du Domaine Public.

Le format Truetype a été défini conjointement par Apple et Microsoft pour contrer le monopole d'Adobe. Celui-ci est utilisé par les Mac et par les PC mais curieusement les Truetype PC ou Mac ne sont pas compatibles: un convertisseur s'avère nécessaire.

Enfin sur l'Atari le logiciel de P.A.O. Calamus (mon préféré!) utilise son propre format .CFN (Calamus Font).

Comment utiliser sur un PC des polices Mac ou inversement, ou étendre sa typothèque pour Calamus en ayant recours aux «Type 1»?

Pour le Mac et le PC, des convertisseurs existent notamment Alltype sur PC; dans le monde Mac, Font Monger est un bon outil pour convertir entre Postscript et True Type (à noter que si vous devez confier vos travaux à un flasheur ou à un imprimeur le format Postscript demeure de rigueur).
Pour l'Atari et le logiciel Calamus voici le truc pour transformer les «Type 1» au format .CFN. Le logiciel DidotLineart est capable de lire les fontes Postscript Type 1 (pas de les sauver, c'est dommage), et de les transformer au format CFN. Mais si vous essayez vous constaterez que cela ne marche pas, Calamus refusant de les charger : une limitation voulue par l'auteur de Calamus afin de défendre son format propriétaire mais que l'on peut détourner de la façon suivante (encore Merci à A.L.M. qui m'a naguère indiqué l'astuce). Dans le panneau d'infos de la fonte, enlevez le mot "Postscript" et remplacez-le par ... ce que vous voulez (ou même rien). Sauvez en CFN, et voilà toutes vos fontes Postcript vont pouvoir devenir des fontes pour Calamus (j'en ai pour ma part récupéré ... plus de 1500!). Il arrive parfois que cela ne marche pas malgré tout (un bug dans DidotLineart): il faut alors charger et sauver (sans aucune autre opération) dans Didot version 1.0 ou 1.4, puis recharger et resauver dans DidotLineart (cette seconde opération est indispensable). C'est assez long, mais efficace (utilisez un Atari "puissant" TT ou Falcon de préférence à votre vieux 520ST qui pourrait vous faire attraper une crise de nerfs tant il vous fera attendre). A noter enfin que les police de "Type 1" générées par CorelDraw font bomber DidotLineart. On peut contourner le problème en retransformant en «vraies» Type 1 les fontes fautives à l'aide de Fontographer (sur Mac).

Quelques mots de bitmap

Il n'y a plus guère de problème à présent pour passer des images d'un format à l'autre, d'une machine à une autre. Pour le Mac je vous conseille Graphic Converter (Hein Gérard, Denis et tous les autres qui ont du la récupérer qu'elle est pas mal ma traduc!); pour l'Atari, Gemview est une bonne base, quant au PC il y a notamment GraphicWorkshop dans sa dernière version (sous Windows s'il vous plaît!). Les trois sont des "Domaine Public", ne vous privez pas! Il faut vraiment être vicieux comme moi à vouloir passer sur Mac une image exécutée sur Atari avec Colombia (au fait vous connaissez ça vous? si vous voulez j'ai aussi dans le même genre Andromède, Art ST, Seurat, Retro Tool, etc...), pour éprouver quelques problèmes... Cela dit avec un outil comme Graphic Converter qui lit 51 formats (dont Degas, Neochrome, Spectrum, .IMG, Stad, ça vous dit quelque chose à vous, vieux ataristes!), et écrit 19 formats parmi les plus répandus presque tous les cas peuvent être résolus.


Bienheureux musiciens!

Comme en matière de graphisme, il existe sur les différentes machines des quantités de formats de fichiers son.

Mais les musiciens sont les bienheureux de l'informatique (c'est là que je subodore que Gérard va encore me coller une illustration "de derrière les fagots") car ils sont les seuls à disposer d'un format véritablement universel : le MIDI (qui n'est d'ailleurs pas à l'origine un format pour l'ordinateur).

À nous l'écoute et le travail éventuel avec notre Système Atari de tous ces fichiers récupérés sur un CD Rom Mac, sans aucun problème! Qui dit mieux?

F.Lapauw

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