Phare oueST

numéro 36

Sommaire:


- Notez sur vos agendas
- Le dico
- Import-export Atari/mac/PC ou la quadrature des bits
- Décennie
- Impressions à chaud
- A propos du coût des matériels
- Histoires de disques durs
- D'autres astuces
- Et maintennat, bouchez le trou..

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Notez sur vos agendas


L'expérience prouve qu'on ne rappellera jamais assez souvent les dates des réunions du Club. Alors, encore une fois....

Melesse: dans la salle préfabriquée au fond de la cour de la mairie, à 14 heures 30, les samedis:
25 mars - 20 mai et 10 juin

St Brieuc: à l'École de musique, ancienne caserne Charner (au fond à droite), à partir de 19 heures les vendredis :
17 mars - 7 avril - 12 mai et 16 juin

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Le Dico


Le Phare-Ouest est habituellement une publication sérieuse. Sous la plume des meilleurs auteurs d'entre La Baroche Gondouin (53) et Caouennec Lanvezeac (22), on y trouve des conseils d'équipement, des tests de logiciels, des articles de fond et même, comme il se doit, des petites annonces, le tout sous la sévère autorité de notre vénéré Rédacteur en Chef-Directeur de la Publication-Imprimeur/Éditeur, Gérard.

Or notre revue va aujourd'hui perdre cette réputation de rigueur puisque j'ai décidé de vous entraîner séance tenante pour une petite virée au travers de mon «dico informatique» préféré, le dico de l'absurde, celui des Pierre Dac, et autres Desproges ou Allais de l'informatique. À l'origine du délit un petit «Tableau de Bord» pour Macintosh, «Maxim» (dont je reprend ici les définitions), qui m'a «inspiré» (??) d'autres items du même acabit...

Désolé!

(plaisanterie seulement accessible aux fanas des «Guignols de l'Info»).


L'ORDINATEUR

Ordinateur, n.m.
Machine censément utile aux maris mais génératrice de troubles dans les finances des ménages.
Hardware (terme anglais)
Bric à brac électronique destiné à enrichir le Technicien en Maintenance.
Software
(terme anglais)
Absconsité pour désigner des 0 et des 1; sa maîtrise peut vous aider à emballer votre secrétaire-qui-a-du-mal-avec-le-mailing-de-Word.
Footware
(néologisme informatique)
Résultat d'une utilisation sans discernement du hardware ou du software (en français: foutoir, n.m. - ex: le disque dur de René).
P.C. (abbr.)
Fruit d'amours coupables entre une Grande Bleue et un petit bleu de l'informatique; a lui-même donné naissance à une longue lignée de bâtards.
Obsolète, adj.
Se dit de tout ordinateur qui sera mis sur le marché d'ici trois mois.
Plantage, n.m.
Manifestation extérieure du stress de votre machine face à un délai impératif à respecter.

LES PÉRIPHÉRIQUES

Périphérique, n.m.
Tout type de matériel informatique capable de générer des messages d'erreur.
Modem, n.m.
Périphérique permettant de planter un ordinateur à distance.
Souris, n.f.
Périphérique d'entrée permettant de cliquer là où il ne fallait pas. Ne pas confondre avec votre secrétaire déjà citée.
Disque dur,n.m.
Périphérique de stockage permettant lorsqu'il crashe de détruire d'un seul coup toutes vos informations accumulées durant des mois voire des années; le préféré des S.A.V. (n'est-ce pas Rameur?)
Formatage, n.m.
Méthode permettant de perdre irrémédiablement ses données les plus importantes.
Sauvegarde, n.f.
Ce que vous aviez oublié de faire avant de crasher votre disque dur.
(Norton, au secours...!)

SYSTÈME D'EXPLOITATION, INTERFACE GRAPHIQUE

DOS
Astucieux système d'exploitation de millions de gogos...
Dossier, n.m.
Concept fondamental de hiérarchisation permettant d'égarer des informations de manière structurée.
Bureau, n.m.
Autre concept fondamental destiné à reproduire sur la machine la pagaille ambiante.
Menu, n.m.
Une manière plus conviviale de se tromper de commande (NB: elle n'est pas de moi, sans doute d'un nostalgique du DOS)
Multitâche, adj. ou n.m.
Permet de planter plusieurs programmes simultanément.

LES APPLICATIONS

Programme, n.m.
Lors de l'achat, outils gracieusement offerts par les Éditeurs en plus des bogues (voir ci-après ce mot).
Bug (terme anglais) ou bogue, n.m.
Erreur volontaire de programmation destinée à tester la perspicacité des utilisateurs.
Annuler, v.tr.

La seule fonction qui n'est jamais disponible quand vous en auriez le plus besoin.
Mode d'emploi, n.m.
Littérature dont on prend connaissance une fois le programme planté.
Mise à jour, n.f.
Dépenser de l'argent pour le logiciel afin d'oublier que le matériel est obsolète.
Marketing
Service de prospective des Éditeurs, qui définit conformément à vos souhaits non exprimés des fonctions dont vous n'aurez jamais besoin.

LE MONDE INFORMATIQUE

Consultant, n.m
.
Toute personne qui s'y connait plus que vous en informatique.
Novice, n.m.
Toute personne qui en sait moins que vous sur l'informatique.
Programmeur, n.m.
Toute personne capable de compter avec des lettres.
Programmeur, n.m. (autre définition)
Dresseur de puces savantes au "bogue-art" (lamentable à-peu-près).
Bill Gates
Comment faire beaucoup d'argent avec rien.
Atariste
Le nec plus ultra des mordus d'informatique.

Rameur n.m. devenu n.p.
Se dit d'un Atariste voguant dans l'univers impitoyable des S.A.V. (Service Absolument Virtuel...).

Francis LAPAUW

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Import-Export Atari/Mac/PC
ou
La quadrature des bits


Toutes les technologies nouvelles sont génératrices de "standards", bien entendu incompatibles entre eux. Avant que l'un de ceux-ci ne s'impose (plus souvent d'ailleurs pour des raisons de "marketing" que de spécifications - exemple le VHS en matière de vidéo), les échanges entre appareils se révèlent impossibles ou aléatoires, seuls quelques «bidouilleurs de génie» y parvenant.

La grande pagaille micro-informatique

La micro-informatique constitue sans doute l'archétype de ces «mondes clos» qui se côtoient sans pouvoir communiquer: ceci est vrai, vous le savez, pour les machines elles-mêmes - un PC n'exécute pas les programmes Mac -, mais aussi pour leurs applications respectives (pour l'Atari, j'ai dénombré près de 30 formats graphiques bitmat différents!).

N'en déplaise à certains qui rêvent de monopoles commerciaux (Monsieur Bill Gates, ci-devant Président-fondateur de Microsoft et «pape de la micro-informatique» n'a-t-il pas en juin dernier prédit la disparition d'Apple dans les six mois?!!), cette «grande pagaille» ne présente pas toujours que des inconvénients, en permettant à certains de «cultiver leur différence», qui privilégient tel ou tel aspect délaissé par les autres. Que serait l'informatique musicale à l'heure actuelle sans Atari et dans une moindre mesure Apple? L'interface graphique existerait-elle s'il n'y avait eu Xerox, Apple ou autre Atari? (sans doute nous "régalerions nous tous encore, à la plus grande joie du sus-nommé Bill Gates de C:\ et autres joyeusetés de ce genre).

Fort heureusement aussi, des brèches s'ouvrent dans les enceintes de ces différents mondes, qui permettent - parfois au prix de quelques «bidouilles de bon aloi» - les échanges.

Utilisateur, à la fois par goût et par nécessité de trois types de machines (Atari, Mac, PC), j'ai bien sûr été confronté à ce problème de «communication», et vous propose ici quelques «solutions» issues de cette pratique.

La grande famille des disquettes

Les disquettes constitueront le vecteur principal de l'échange des données, du moins à notre niveau d'utilisateurs particuliers - à une autre échelle, celle de l'entreprise par exemple, il y a bien entendu les «réseaux» dont l'échange est la raison d'être -. Mais se posent quelques problèmes de compatibilité...

1) Atari et PC

Lire une disquette PC sur un Atari: pas de problème, c'est prévu d'origine (les formats Atari et PC sont très proches). Ceci est valable aussi bien pour les disquettes double densité (720 K.), que haute densité (1,44Mo) pour ceux qui disposent d'un Atari «moderne» muni du lecteur adéquat (derniers TT et Falcon). Oublions les disquettes simple face des premiers ST, plus personne ne doit utiliser de telles antiquités. Cela dit la lecture en est possible de même que celle - si vous possédez le lecteur externe nécessaire - des disques 5'1/4 («standard exclusif" il y a encore quelques années, à présent en voie de disparition).

L'inverse (lire une disquette Atari sur un PC) est beaucoup moins évident si vous ne possédez pas une machine Atari parmi les plus récentes (derniers TT et Falcon, qui formatent au format PC véritable). Si votre Atari est un ST ou un STE, regardez donc la contenance d'une disquette formatée par le système (sans «formateur» comme Fastcopy ou autre): celle-ci est de 726.016 octets au lieu de 728.064 pour une disquette PC. Cette minime différence fait que ces disquettes sont illisibles pour un PC.

Fort heureusement il y a les «formateurs» spécifiques (qui formatent en lieu et place du système avec toutes sortes d'option et surtout plus rapidement). J'ai pour ma part renoncé à Fastcopy (3 ou Pro): les disquettes formatées par cet utilitaire sont rejetées par mon PC aussi bien que par mon Mac (les Mac modernes savent lire les disquettes PC, nous y reviendrons). J'utilise à présent soit Bitzcopy, soit mieux encore le formateur de notre ami J.P. RAUMER. Je ne saurais trop vous conseiller cette excellente réalisation (qui vérifie, signale les secteurs défectueux, etc...), tout à l'honneur de la haute réputation de son auteur [note pour l'illustrateur du Phare Ouest: insérer à cet endroit une brosse à reluire S.V.P.].

Ceci est valable essentiellement pour les disquettes Double Densité. Si, comme moi, vous utilisez une machine Atari à lecteur Haute-Densité, et si, toujours comme moi, vous êtes un peu paresseux (ce n'est pas douteux), optez pour les disquettes pré-formatées (on les trouve par 50 à moins de 3 F. l'unité chez InterDiscount - publicité gratuite).

2) Macintosh

C'est là que le bât blesse.. Pour d'obscures raisons, dont la meilleure est sans doute celle d'en coller le maximum dans le minimum de place, Apple a choisi, dés l'origine, son propre format de disquette. On a connu l'ancien format des Apple II, puis le nouveau (proDos) décliné en deux tailles (5'1/4 et 3'1/2), celui de Lisa et pas moins de 3 formats Mac successifs (MFS puis HFS et enfin HFS HD). À y perdre son latin!

Les Macs s'y retrouvent assez bien. Ils acceptent sans faire d'histoire les trois formats qui leur sont dédiés et, depuis le système 7.5 (ou en utilisant l'extension appropriée) ils s'accommodent également du format ProDos des Apple II.

Restent le cas des disquettes provenant d'un autre fabricant. Avec le tableau de bord Echange PC / Macintosh installé (il est même livré en standard avec le système 7.5) les disquettes formatées sur n'importe quel PC sont acceptées, tout comme les disquettes Atari qui satisfont aux conditions énumérées au chapitre précédent. Inversement, toute disquette formatée sur un Mac au format PC sera reconnue, par un PC bien sûr, mais également par un Atari. N'essayez tout de même pas de forcer un Atari équipé d'un lecteur DD à accepter une disquette HD... Tout comme n'importe quel Mac refusera une disquette HD formatée en 720 K sur un PC ou un Atari (si c'est possible).

Echange PC/Macintosh n'est pas le seul tableau de bord qui permette ce miracle. DosMounter ou AccessPC rendent exactement le même service. C'est bon à savoir, surtout pour les ataristes qui émulent le Mac avec Spectre. Echange PC/Macintosh ne fonctionne pas sous Spectre, mais AccessPC est parfait. C'est un des moyens les plus simples de communication entre un «vrai» Mac et un Atari sous Spectre que d'utiliser des disquettes au format PC (l'autre moyen étant le disque dur externe ou la cartouche Syquest, à condition qu'ils aient été formatés sur un Mac car si le Spectre accepte les disques durs Mac, l'inverse n'est pas vrai). On pourrait dire exactement la même chose pour l'émulateur Mac des Amigas (j'en ai un qui dort au fond d'un tiroir) qui utilise le même format de disquettes que le Spectre.

Seule ombre au tableau, l'expérience prouve que:

1° - EchangePC/Macintosh ne fonctionne pas toujours très bien avec CopyDoubleur, qu'il vaut mieux désactiver si l'on veut utiliser des disquettes PC

2° - Les disquettes PC utilisées sur un Mac ont tendance à se fragmenter très rapidement. Au bout de quelques écritures l'accès devient terriblement long et des plantages sont à craindre. Il vaut mieux les reformater assez souvent.

3° - Sous système 7.5 il arrive que les fenêtres des disquettes PC, lorsqu'on les ouvre, restent invisibles. Avouez que ce n'est guère pratique!

Commencé par F. LAPAUW
Achevé par G. LEFRANC

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Décennie


Je me revois il y a dix ans, à cette époque je pensais déjà depuis un moment à remplacer mon Apple II car certaines autres machines l'avait fait paraître tout à coup bien démodé.

Pas tellement le Commodore 64 qui bien qu'ayant plus de couleurs utilisait la même technologie. Pas non plus le PC d'IBM dont les exemplaires se vendaient comme des petits pains dans les petites entreprises ne connaissant strictement rien à l'informatique mais fascinées d'avoir enfin accès aux trois lettres mythiques comme les grandes.

Le PC avec son processeur 8 bits 8086 et son absence totale de graphisme représentait pour moi un retour en arrière, l'époque du standard CPM. J'en voulais aussi au PC d'avoir provoqué la faillite du SIRIUS une machine 16 bits réellement d'avant-garde mais produite par une petite société.

Un représentant vendant des compatibles PC de marque TEXAS avait d'ailleurs achevé de me convaincre en me déclarant que les processeurs 16 bits n'apportaient rien de plus, ne faisaient que compliquer le bus et n'avaient donc aucun avenir, que les souris et menus déroulants n'étaient que des gadgets qu'aucun professionnel sérieux n'utiliserait jamais. Non décidément pas les PC.

Mais cela faisait presque deux ans que j'avais assisté à la présentation d'une nouvelle machine d'Apple nommée Macintosh et elle m'avait à la fois émerveillé et déçu. J'avais été émerveillé par sa présentation (qu'on a pris l'habitude d'appeler «bureau» plus tard) tout en graphisme, tout le contraire du PC mais déçu par l'étroitesse de l'écran, le manque de couleur (surtout par rapport au Lisa précurseur du Mac mais malheureusement hors de prix) et surtout par l'impossibilité de faire quoi que ce soit d'autre que de promener les icônes sur le bureau sans disquette avec logiciel.

Cela peut paraître normal maintenant mais tous les ordinateurs jusque là avaient un basic en ROM (sauf le PC mais le BASIC était fourni sur la disquette du DOS). Ce qui permettait à la fois de faire tourner les logiciels du commerce, qui étaient donc interprétés (âge d'or du déplombage!) et faire des petits trucs soi-même; là rien!

Déception donc, renforcée encore par le vendeur annonçant fièrement Macwrite et Macdraw mais aucun, absolument aucun, langage de programmation même pas en prévision. Le coup de grâce étant le prix: 20 000 F somme avec laquelle, à l'époque, on pouvait acheter une petite voiture...

C'est pourquoi j'attendais. Apple venait de lancer le successeur de l'Apple II: l'Apple II X compatible avec son ancêtre (pour les programmes «bien écrits») mais avec beaucoup plus de possibilités. J'avoue avoir été intéressé, après tout j'avais une bibliothèque de 300 disquettes contenant (dans une pagaille épouvantable) des jeux, des utilitaires, de la bureautique et bien sûr des langages de programmation (Pascal, Lisp, Forth, Logo, pas de BASIC puisqu'il était en ROM et pas de C qui n'existait pas à l'époque sur les micros) qu'il était bête de perdre.

Mais j'hésitais quand même, de nouvelles possibilités oui, plus rapide oui, mais avec le même processeur et le même système d'exploitation donc un risque d'être rapidement dépassé.

Et puis un outsider se manifesta. Une société spécialisée dans les jeux de café avait sorti, contre toute attente, une machine fondée sur le même processeur 16 bits que le Mac, mais plus rapide, en couleur, avec un écran plus large, moins chère, vendue avec un traitement de texte et surtout (pour moi du moins) un BASIC et même un Logo en prime.

Plus d'hésitation je commandais le ST d'ATARI (vous l'aviez reconnu, non?).
Matériellement parlant j'avoue qu'il était loin d'être pratique: quelle idée de mettre un lecteur de disquette externe, une alimentation externe pour l'ordinateur et une autre pour le lecteur? Il fallait 3 prises de courant et 4 câbles de liaisons, en plus des cordons secteur pour faire fonctionner tout ça, mais ça marchait parfaitement!

J'avais conservé mon Apple II pour ses 300 disquettes mais je ne l'ai plus jamais remis en marche...

L'inconvénient de l'innovation c'est l'isolement. Il a fallu plusieurs mois pour qu'un revendeur se déclare à St Brieuc (HBN), pour qu'apparaisse un magazine nommé ST (j'ai la collection à partir du n°2 de décembre 85 si ça intéresse quelqu'un) et qu'une affichette chez HBN signée Franck Le Guen ne pose les premiers jalons de ce qui, bien plus tard, deviendrait un club.

La suite vous connaissez aussi: pendant pratiquement 5 ans l'Atari a dominé ses concurrents, techniquement uniquement car tout le monde lui mettait des bâtons dans les roues (y compris Atari lui-même), puis le Mac a élargi son écran, il s'est mis à la couleur, d'abord 16 puis de plus en plus. Le PC s'est mis au 16 bits, il a découvert la souris et les menus déroulants (une invention géniale de Microsoft pour Windows disaient ceux qui les appelaient gadgets avant), a multiplié aussi ses couleurs... et le ST est resté le même, ou à peu près, et on l'utilise encore ce qui prouve à quel point il était en avance sur son époque mais ce qui prouve aussi qu'il n'est plus du tout dans la course.

Il a bien un successeur avec beaucoup d'améliorations mais avec le même processeur et le même GEM (bien que ravalé) et qui, décidément, me rappelle beaucoup (trop?) l'Apple IIGS. D'où mon hésitation depuis deux ans.

Passer aux autres familles ? Elles souffrent toutes du même mal: la compatibilité. Les PC, les Macs et les ST traînent leur hérédité comme un boulet. Par exemple le Mac qui n'était prévu à l'origine que pour 16 couleurs (ce qui semblait beaucoup) a dû doubler ses procédures internes (la «toolbox») il en possède de nouvelles pour gérer les nouvelles possibilités graphiques mais doit conserver les anciennes par soucis de compatibilité. La complexité s'accroît encore du fait qu'un accès aux nouvelles routines, sur un ancien Mac qui ne les a pas ne doit pas produire d'effet fâcheux.

Dans le cas du ST je ne prendrais que deux exemples dans le domaine graphique. Les couleurs qui sur la palette étaient codées sur 3 bits dans l'ordre 0, 1, 2 sur les STf (soit une palette de 512 couleurs) ont été codées sur 4 bits dans l'ordre tordu 3, 0, 1, 2 sur les STe (4096 couleurs) par soucis de compatibilité (si le bit 3 est ignoré c'est la valeur la moins importante qui saute) mais cet ordre tordu complique et ralentit les programmes qui exploitent cette palette (hardcopy d'écran par exemple).

Le GEM, et notamment les ressources, codent leurs couleurs sur un octet ce qui est totalement incompatible avec le true color du Falcon, car on ne pourrait pas utiliser plus de 256 couleurs (même situation que le Mac et ses 16 couleurs). Atari a donc inventé le concept de crayons de couleur, on est prié d'en choisir 256 avant d'utiliser les ressources de façon standard.

Sur le PC c'est encore bien pire le programmeur doit commencer chacun de ses programmes par une série de tests pour savoir si les accès mémoire se font directement (à partir du 80386) ou par page, si une souris est présente ou non, s'il tourne à travers Windows ou non, quel type de carte vidéo est utilisé etc... Et selon les résultats une partie du programme sera utilisée plutôt qu'une autre ce qui donne des programmes au moins deux fois plus gros que nécessaire (sans parler du ralentissement).

Les processeurs INTEL sont ceux qui ont le plus évolués (c'est eux qui en avaient le plus besoin): des 8 bits limités à 600 Ko (environ) du 8086 du début jusqu'au pentium (ex 80586) tout en restant compatibles. Autant demander à un airbus de conserver les instruments de navigation de tous ses prédécesseurs depuis les biplans, en plus des siens. Pas étonnant que l'assembleur deviennent inextricable et que le pentium déraille, tout en servant à chauffer la pièce.

Il faudrait un bon coup de balai.

C'est alors qu'on m'annonce un outsider qui semble en avance sur son époque (voir Phare oueST précédent). Je demande des renseignements au téléphone: un processeur de la nouvelle génération (RISC), rapide, bureau type NEXT (mais moins cher), compatible avec rien (formidable!) mais capable d'importer des textes, des images et des sons d'un peu partout, livré avec un tas de logiciels dont des langages de programmation en tout genre (encore plus formidable!) une doc bien faite (ça change un peu) et un prix acceptable: j'achète. Avec un ordinateur Acorn on ne peut que foncer vers le chiffon rouge (il fallait que je la sorte celle-là).

Évidemment, pas de revendeur sur place, pas de journaux et pas de club, essuyer les plâtres peut être pénible par moment et il y a toujours un risque que «la mayonnaise ne prenne pas» (qui se souvient du Squale ? De l'Oric ?) mais Acorn est soutenu par le Royaume Uni (par le biais de l'enseignement) et son risc PC (quelle idée d'avoir mis PC dans son nom!) est d'un rapport qualité/prix bien supérieur à celui des machines Thomson que la France imposait jadis dans ses écoles... Il y a dix ans.

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Impressions à chaud


Au déballage de mon RISC PC tout neuf première déception. Évidemment ACORN est un constructeur anglais, mais ce n'est pas une raison pour le livrer avec un clavier QWERTY anglais! On a un accès très facile au symbole livre sterling mais pas de lettre accentuée... Après recherche dans le manuel j'apprends que les accents aigus sont obtenus par «alternate crochet ouvrant suivi de la voyelle», les accents graves, circonflexes et trémas par «alternate crochet fermant, apostrophe et point virgule» quand au ç on ne peut l'avoir qu'avec «alternate puis son code au clavier numérique», soit 231 car les codes ne sont pas les mêmes que pour les PC (et donc également les Ataris) ni que pour les Mac! D'après le vendeur il me «suffit» d'acheter un clavier français pour PC et d'utiliser un petit logiciel qu'il va m'envoyer.

Deuxième impression:

Des démos impressionnantes et des images de qualité irréprochable. Un son de qualité moyenne à cause de la petitesse du haut-parleur incorporé.

Troisième impression:

Le système de chargement / sauvegarde des fichiers est, parait-il, inspiré du NEXT, mais je regrette mon vieux sélectric. Il faut ici ouvrir la fenêtre du dossier où se trouve le fichier à charger puis déplacer à la souris (cliquer-déposer) le fichier vers le logiciel, comme pour une copie.

On s'y fait me dit le vendeur, mais si je veux ajouter un dessin au texte que je tape en pleine page, il me faut repousser de côté la fenêtre du traitement de texte pour voir et ouvrir les différents dossiers. Pour sauvegarder, même scénario mais dans l'autre sens: le choix sauvegarde dans le menu fait apparaître une icône qu'il faut déplacer vers son dossier destination.

Quatrième impression:

L'intégré de bureautique que j'ai acheté avec la machine (c'est d'ailleurs le seul) est plutôt faible. Si l'on souhaite voir la règle avec les tabulations ou une justification du texte, il faut le demander pour chaque nouveau texte. La sauvegarde des préférences ne sauve pas celles-là, comme par hasard

Bien sûr le correcteur orthographique est anglais et il n'y a pas moyen de choisir le format pour l'impression automatique de la date. En plus il est buggué, impossible de changer la position des tabulations ou le type de police tant que rien n'a été tapé. Un changement de taille de la fonte a une toute autre action sur un ancien texte. De plus, l'impression d'un texte avec plus de quatre fontes différentes provoque un plantage...

Le tableur n'est guère mieux. La fonction moyenne compte les cases vides comme zéro; tant pis pour mes élèves absents! On peut toujours utiliser la fonction «somme» divisé par la fonction «compte» qui ne compte pas les cases vides ... mais qui ne compte pas non plus les zéros. Tant mieux pour les cancres!

Enfin le passage des données entre les deux n'est pas plus facile que si le tableur et le traitement de texte étaient complètement étrangers l'un à l'autre. Si quelqu'un d'autre achète cet ordinateur je déconseille fortement cet intégré nommé ADVANCE.

En fait, parmi les Domaines Publics fournis sur le disque dur, il y a un traitement de texte et un tableur tout à fait convenables, un peu moins puissants mais aussi moins buggués. Points positifs: les fontes vectorielles et la gestion de l'imprimante sont pris en charge par le système d'exploitation comme aurait dû le faire dès le début un certain GDOS.

Cinquième impression:

Photodesk, le logiciel de retouche photo est vraiment épatant et il y en a un du domaine public qui est aussi très bien. Les logiciels de musique semblent plus que convenables, bien que je ne les ai pas beaucoup testés pour cause de nuisance de mon environnement. Un utilitaire du DOS permet d'importer toutes sortes d'images dont les formats Degas et IMG du Gem, pour ne parler que de l'Atari. Un autre utilitaire, très comparable à QuickTime sur Mac, permet de jouer des séquences vidéo et sonores.

Sixième impression:

Le basic intégré au système d'exploitation a un éditeur digne de l'Apple II et ne semble pas très clair. Contrairement au Gfa, il s'inspire plus du C que du Pascal. Par contre, on peut taper les programmes basic avec l'utilitaire d'édition de texte du système d'exploitation, les sauver puis double-cliquer sur leurs icônes pour les exécuter. Il est possible d'insérer dans une programme basic (entre crochets) des bouts de programme en assembleur. Du coup, on dispose pratiquement d'un assembleur interprété. Une grande partie des programmes fournis avec la machine est, au moins en partie, en basic interprété ce qui rend possible leur modification

D'une manière générale il est assez facile d'accéder aux rouages d'un programme: il suffit de double-cliquer sur son icône en maintenant «shift» enfoncé, pour voir s'ouvrir une fenêtre contenant les icônes, les textes, les ressources, les fichiers de données et le texte du programme lui-même. L'utilitaire de dessin du DOS peut éditer les icônes. Les textes et le programme peuvent être ouverts avec l'utilitaire d'édition et il y a un éditeur de ressources bien fait.

Septième impression:

Le boîtier s'ouvre très facilement. Pas de vis, pas de boîte en fer blanc (comment est-il blindé?), tout se démonte avec une grande facilité, même - et surtout - le microprocesseur. Il y a d'ailleurs deux emplacements pour processeurs.

Les emplacements libres dans la boîte sont au format standard PC, on peut y mettre des périphériques IDE directement ou SCSI si l'on y tient et que l'on achète la carte d'adaptation (1.300 francs).

Je ne parle pas des jeux, que je connais mal (beaucoup de simulateurs de vol) ni de l'interface graphique (la seule que je connaisse à utiliser, comme l'Atari, des ascenseurs de taille proportionnelle).

Conclusion (provisoire): c'est une machine pour bricoleur, parfaite pour les loisirs, pour le travail musical ou graphique mais pas pour le travail de bureau. Heureusement, il est possible pour moins de 1.000 francs de placer un 80486 comme second processeur et de faire son travail de bureau en mode PC.

Toute l'architecture de la machine est en effet conçue pour être compatible avec celle des PC (ce qui explique le faible coût de la carte). Pour ma part j'attends la carte d'émulation Mac, qui est annoncée.

JP Raumer

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À propos du coût des matériels


· Publicité de Turtle Bay vue dans ST Magazine, numéro de Mars 1995: CD Rom TooMany Typesfonts 169 F.

Il s'agit en l'occurrence d'un CD regroupant quelques centaines de fontes PostScript, TrueType, etc... du Domaine Public, compilées pour les possesseurs de PC. Maintenant que le Speedo GDos peut utiliser les fontes Type 1, cela peut être tentant pour un Atariste...

Attention toutefois car la plupart de ces fontes sont d'origine américaine c'est à dire non accentuées: elles ne pourront donc servir pour écrire dans notre belle langue, à moins que vous ne possédiez les outils - et le courage - nécessaires pour les compléter!

· Publicité du DP Tool Club dans la plupart des revues PC du même mois: CD Rom TooMany Typefonts (c'est le même): 59 F.

Variation de prix pour un même article dans un rapport de 1 à 2,8!

Autre exemple tiré des mêmes revues:

· CD Rom Gif Galore chez TechnoService 190 F.

· le même CD, qui regroupe environ 5000 images au format Gif du Domaine Public (pas très bonnes dans l'ensemble, mais sur le nombre, on peut y trouver son bonheur), toujours au DP ToolClub (2 ): 59 F. Nous en sommes maintenant à un rapport de 1 à plus de 3,2 !! Certes cela passe un peu inaperçu car il ne s'agit pas de grosses sommes mais que penseriez-vous du même scanner à plat vendu 10.000 F. chez l'un et 32.203 F. chez l'autre?

Bien loin de moi l'idée de vous infiiger ici un discours sur les droits du consommateur, l'économie de marché, la politique des «prix d'appel», etc..., vous êtes après tout bien assez grands pour pouvoir ordonnancer vous-même vos dépenses!

Mon unique propos est en fait, en temps qu'utilisateur «multi - plateformes» (Atari/Mac/PC), d'orienter votre réfiexion avant achat en mettant l'accent sur les énormes différences de prix que l'on peut trouver d'un «monde» à l'autre, pour les mêmes matériels.

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Histoires de disques durs


Le disque dur 65Mo de votre Falcon devient trop exigu et vous songez à le remplacer par un 170 Mo: 1.990 F chez Amie par exemple. Or, il faut savoir que le disque dur interne du Falcon est un IDE de petit diamètre (2"1/2): au même prix vous aurez droit à un chez 420 Mo chez PC Halle !

Et si on lui adjoignait un disque externe de 540 Mo pour l'enregistrement musical «Direct to Disk» ou le graphisme?: ...3390 F. chez Turtle Bay ou Techno-Direct, avec l'indispensable câble SCSI 2. Regardons maintenant du côté des revendeurs Mac (ce dernier utilisant également les disques SCSI): 540 Mo Quantum externe (le même donc) 1.889 F chez Mac Way! Ajoutons y le câble SCSI1/SCSI2 commandé chez Komelec 389 F. et nous voici équipés pour 2.278 F.: différence 1.112 francs soit pratiquement 1/3 moins cher, vous savez calculer comme moi...

Votre vieux ST gonfié aimerait lui aussi pouvoir s'adjoindre les services d'un disque dur: de grâce évitez ce Megafile 30 d'occasion (certes garanti 6 mois) vendu 1.990 F. par Service Computer «le spécialiste Atari, Commodore, IBM PC à Rouen» (excusez pour une fois cette contre-publicité, mais «il ne faut quand même pas charrier», demandez à Gérard ou à Patrick combien ils ont vendu le leur!) , et pour 16 F. de plus seulement, procurez vous un «Link» (interface DMA-SCSI) 590 F. chez la plupart des revendeurs Atari, et un Mac Drive 170 Mo chez CLG Informatique pour 1.416 F!

Le coût de ce 170 Mo neuf pour Atari pourra même être réduit à 1.782 F. si vous achetez le disque nu (942 F.), Éric ou Miguel pouvant sans doute vous fournir, pour quelques 250 F. le boîtier d'alimentation. En adoptant cette solution vous pourrez même pour 29F. de plus que le prix du Megafile 30 d'occasion (quelle honte!) troquer le 170 Mo contre un 340 Mo (1.179 F. nu).

De toute façon, il est indispensable de bien regarder les catalogues ou les publicités car tel ou tel article peut révéler des différences de prix importantes même chez des spécialistes du «discount»: ainsi le Syquest SCSI de 270 Mo vaut-il 3.650 F. chez PC Halle contre 2.838 F. chez Mac Way (28% de différence!).

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D'autres «astuces»


De façon générale les fournitures pour PC ne sont pas onéreuses en raison de l'importance du marché. Si certaines d'entre-elles sont totalement incompatibles avec le Mac ou l'Atari (cartes graphiques par exemple), d'autres peuvent utilement servir.

Quelques exemples: un lecteur HD pour remplacer celui, défaillant, de votre TT vaut 216 F. chez Direct Price (spécialiste PC) contre 420 F. chez Amie le Pro (Atari). Un coprocesseur pour le 68030 du même TT, 250 F. chez MacWay au lieu de 450 F. chez Service Computer. Et si vous envisagez de transformer le dit TT (ou un Falcon) en «TT Tower» (ou «Falcon Tower») sachez qu'il n'y a guère de différence entre la tour vendue 1.690 F. chez Turtle Bay et celle que vous trouverez à 840 F. avec son alimentation chez NSI!

Un petit mot des consommables pour terminer... La cartouche de toner pour SLM 804 estampillée Atari est vendue entre 600 et 750 F. suivant les fournisseurs. Sachant que la laser Atari est basée sur une mécanique Dec, achetez donc des cartouches sans marque pour ce type de mécanique, il ne vous en coûtera pas plus de 400 F!

Alors si votre budget est limité, regardez bien les catalogues!

F.LAPAUW

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Et maintenant, bouchez le trou!


Il y a quelques années, les PC équipés de lecteurs de disquettes 5 pouces 1/4 régnaient en maîtres du marché. On trouvait ces dernières à des prix tels (moins de trois francs la 360K, guère plus de 5 francs la 1,2Mo autant qu'il m'en souvienne) que le pauvre Atariste contraint d'acheter ses disquettes 3"1/2 fort cher (10 F. pièce, parfois plus) se prenait à rêver d'un lecteur externe acceptant des supports si bon marché. Certains franchirent même le pas...

Quelques années plus tard, les pécés régnaient toujours en maîtres, mais le standard était devenu la 3"1/2 double densité (720 K si vous préférez) tandis qu'une nouvelle catégorie apparaissait, fort chère bien entendu, la HD (1,4 Mo).

Alors certains astucieux ayant constaté qu'il n'y avait pas de différence notable au niveau du support magnétique proprement dit, et que l'une était munie d'un trou, l'autre de deux, se mirent... à faire des trous. Une «poinçonneuse de disquettes» fut même mise sur le marché, alors que d'autres utilisaient pour l'opération, qui un couteau suisse, qui un fer à souder, qui une perceuse (eh oui!).

Aujourd'hui, les PC règnent toujours en maîtres du marché (tristesse...) mais le standard est devenu la HD 1,4Mo. Personnellement je les achète chez Interdiscount à 125 F. les 50 préformatées PC (soit 2,50 F. pièce) et 145 F. les 50 préformatées Mac (une garantie de qualité, le Mac étant très «scrupuleux» en matière de formatage).

Quand aux DD, censées être moins performantes, elles valent maintenant plus cher que les HD (4 F pièce minimum), au point qu'il vous faut insister près du vendeur si vous voulez en acquérir...

Oui mais alors, me direz-vous, mon Atari ne lit toujours que les disquettes double densité. Eh bien bouchez le trou! (une petite bande de ruban autocollant fait parfaitement l'affaire...).

F. LAPAUW

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