Phare oueST

numéro 41

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- De la fiabilié des supports d'archivage

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De la fiabilité des supports d'archivage


A l'origine il y eut la bande magnétique et son insupportable lenteur (vous savez par exemple sur les machines Thomson du fameux plan «Informatique pour tous»...).

Puis vint la disquette, cinq ou trois pouces et des poussières, avec son cortège de secteurs endommagés, d'accès refusés, etc... (rappelez-vous sur votre bon vieil Atari le message «Les données du disque A pourraient être endommagées» ...). On en use pourtant encore.

Le volume des données traitées par nos machines ne cessant d'augmenter vinrent tour à tour:
· le disque dur,
· un nouveau type de bande magnétique, la D.A.T (Digital Audio Tape, d'abord conçue comme support audio-numérique), essentiellement destinée à l'archivage,
puis encore:
· le disque dur amovible (Syquest),
· le disque magnéto-optique de 128 Mo à plus de 1,3 Go à présent en passant par les 230, 600/650 Mo et 1,2Go.
· le CD Rom inscriptible - ou le réinscriptible, qui ne semble pas décoller du laboratoire...

Et puis il y a à présent la «super-disquette» de 100 Mo «Zip» et sa grande sur de 1 Go déjà vue aux Etats-Unis. On nous annonce aussi (depuis un bon moment déjà) les cartes mémoires «fiash» (l'archivage de vos précieuses données sur une carte semblable à celle qui vous permet de retirer au distributeur automatique de billets l'argent que vous n'avez plus sur votre compte...).

Quelques problèmes de disque dur (bel euphémisme pour désigner plusieurs pertes absolument complètes des données!), un retour dans les boîtes Posso bourrées jusqu'à la gueule de disquettes «Atari» , et puis aussi des refus d'accès répétés aux CD Rom gravés par notre ami Denis m'ont amené à m'interroger sur la fiabilité, notamment dans le temps, de ces différents supports et la meilleure façon de préserver l'intégrité de données souvent importantes (la photo de votre petite amie divinement nue sur une plage baignée de soleil des Maldives, et entièrement vectorisée à l'aide de Steamline...).

1) Les supports magnétiques souples déroulants

Qu'ils soient présentés sous forme de galettes (utilisées sur les super-ordinateurs de type IBM ou Cray par exemple) ou de cassettes (type audio pour les ancêtres ou D.A.T.) les supports magnétiques déroulants ont en commun deux défauts majeurs:

- leur lenteur (un fichier fragmenté nécessite des déplacements constants de la bande devant la tête de lecture)

- une fiabilité dans le temps pas évidente.

Il se produit notamment des phénomènes de «report» entre deux enroulements concentriques qui altèrent les données. J'en sais personnellement quelque chose avec des enregistrements sonores de mes «uvres (??) datant d'une trentaine d'années et devenus quasiment inexploitables...

Le D.A.T. ayant néanmoins l'avantage de pouvoir stocker des quantités tout à fait considérables de données (jusqu'à 4 giga-octets sur une seule cassette), on envisagera d'y recourir seulement pour la conservation d'archives très importantes en volume et pour une durée modérée. Ce n'est généralement pas le cas des «amateurs» que nous sommes.

2) Les supports magnétiques souples rotatifs

Il s'agit bien entendu des disquettes.

Ai-je besoin de rappeler ici les innombrables problèmes qu'elles posent dès leur formatage (secteurs défectueux, parfois même rejets pur et simple lorsqu'il s'agit d'un Mac), de leur lenteur, de leur lisibilité sur un appareil mais pas sur un autre (dans ce cas c'est l'azimutage des têtes de lecture qui est en cause et non la disquette, mais qu'importe !), de leur propension à véhiculer des hôtes indésirables baptisés virus, etc... Je vous entend d'ici pester contre ces nombreux avatars de la technologie moderne (?) ...

Par contre je croyais, comme un peu tout le monde, que la disquette pouvait constituer un bon moyen d'archivage des applications, malgré une capacité limitée et un coût de revient au Mo relativement élevé.

Que nenni mon bon monsieur !

Ayant mis le nez dans un tas de programmes Atari archivés depuis plusieurs années, je me suis rendu compte de beaucoup d'altérations (fichiers devenus illisibles, problèmes d'accès, lecture fantaisiste des répertoires - µî<·¶Ç}.Ðø«, etc...). Ces disquettes ont pourtant toujours été conservées dans des conditions optimales de température, d'hygrométrie, d'absence de magnétisme, etc... comme il est recommandé par tous les bons manuels...

Avec un Mac, les choses peuvent parfois se traduire par des rejets aussi brutaux que surprenants: j'introduis dans le lecteur la disquette 1 de Word pour réinstaller ce dernier après la perte de tout un disque dur (voir ci-après), et paf - éjection de la disquette, erreur -127 (si vous êtes curieux sachez que l'erreur -127 est selon Apple une "internal file system error", ça nous fait une belle jambe!). Toutes les autres disquettes du lot sont parfaitement lues, mais ça n'a plus aucun intérêt...

Bref, il faut se rendre à l'évidence, pour ce qui est de la conservation des données à moyen ou long terme, la disquette n'est pas la panacée...

3) Les supports magnétiques durs rotatifs

Disques durs externes ou internes, disques durs amovibles de type Syquest sont de bons outils de travail quotidien, mais sont fragiles, il faut toujours l'avoir à l'esprit.

Rapides, relativement silencieux, dotés de capacités de stockage appréciables, les disques durs modernes n'en sont pas moins toujours soumis à de nombreux aléas comme par exemple la gestion de leur répertoire («directory» pour les amateurs de PC).

Ainsi sur Mac le moindre plantage se traduit-il par une erreurs de «nuds» et de «catalogue MDB» (Merci M. Norton de nous aider à réparer au mieux tout cela!).

De ce fait le disque dur, lorsqu'il ne «scratche» pas (atterrissage non contrôlé de la tête de lecture sur les pistes) peut aussi ... disparaître! C'est ainsi qu'une première fois tout contact avec le disque interne de 540 Mo de mon LCIII «dopé aux hormones» a été perdu. Toutes les tentatives de reprise de contact que ce soit à l'aide de Norton, Mac Tools ou autres outils du même genre s'étant avéré infructueuses, il fallut en passer par le reformatage complet et la récupération des données sur deux cartouches Syquest de sauvegarde...

Quinze jours plus tard, c'était au tour du 1Go de mon nouveau «joujou» (un Power Mac 8100/100 écran 20 pouces) de disparaître corps et bien - décidément pour les disques durs, chez moi c'est pire que le Triangle des Bermudes !

Vous me direz qu'une récupération des données est parfois possible par un «formatage de bas niveau», mais cela est l'affaire d'entreprises spécialisées (la photo sus-mentionnée de votre petite amie vaut-elle vraiment une telle débauche d'efforts ?)

Conclusion pour ce qui me concerne: mêmes opérations de formatage et de réinstallation, mais avec perte de données cette fois (je n'avais pas encore effectué de sauvegarde sur cartouches Syquest).

Ces dernières ne sont pas non plus à l'abri de problèmes. Ainsi après cette réinstallation complète du Système, des applications, des documents, renvoi aux oubliettes de toutes les extensions «chatouilleuses», l'une de mes cartouches Syquest auparavant parfaitement opérationnelle n'est-elle plus du tout reconnue...

Je pourrais aussi évoquer cette cartouche que notre ami Gérard tenta toute une nuit de formater, cette tentative s'étant à l'aube soldée par la détection de 523.671 secteurs défectueux, et encore l'opération ne fut-elle pas menée à son terme!

Ces différentes mésaventures (mais je suis sûr que vous en tenez tout un tas d'autres du même genre à ma disposition) prouvent s'il en était besoin l'extrême circonspection qu'il nous faut avoir vis à vis des disques durs en matière de conservation des données (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle certains professionnels utilisent des systèmes «Raid» ou les données sont sauvegardées sur plusieurs disques en parallèle).

4) Les disques magnéto-optiques

Je n'ai pas pour l'instant d'expérience personnelle de ce genre de support (cela pourrait venir), mais il semblerait d'après différentes sources concordantes qu'il soit relativement fiable. Sa conception même (un disque enfermé dans une cassette plastique) est effectivement de nature à rassurer. Reste sa lenteur, mais ce n'est pas trop grave lorsqu'il s'agit d'archivage...

5) Les disques optiques

Les formats de disque basés sur la technologie «laser» sont à présent nombreux: Compact Disc Audio, CDI (Compact Disc Interactif), CDV (Compact Disc Video), CD Kodak pour le stockage des images, etc.., et celui qui nous intéresse au premier chef, le CD Rom que l'on voit fieurir dans nos revues d'informatique comme les taches d'acnée sur le visage d'un jeune homme pubère.

Éliminant pour l'instant le CD Rom réinscriptible, encore trop marginal, j'en distinguerai deux catégories:

. le CD Rom pressé (industriel)
. le CD Rom gravé («artisanal»).

Le CD Rom pressé est a priori fiable (à moins que vous ne vous en serviez comme «tampon» pour déplacer vos meubles!). La question de sa conservation dans le temps reste malgré tout posée.

Ainsi les tests de vieillissement accéléré donnent-ils des chiffres extrêmement contrastés, avec une «durée de vie» théorique (pour les CD audio mais c'est la même chose pour les CD Rom) allant de 3 ans (c'est peu) à 200 ans (nous serons morts).

Il semblerait en fait que la qualité du pressage et surtout des vernis soient en cause: il est vraisemblable que le CD Rom vite bricolé joint au dernier numéro de «Génération Mac» (je sais que ça n'existe pas mais ça m'amuse!), ne sera plus dans un très grand état de fraîcheur d'ici 5 ans, par contre mes premiers CD audio du milieu des années 80 (des Symphonies de Beethoven si vous voulez tout savoir) sont toujours aussi parfaits.

Reste le problème de fond, digne d'être énoncé par Gribouille, à savoir que le CD Rom pressé contient ce que l'Éditeur a bien voulu y placer et non vos (toujours aussi précieuses) données.

Prenant néanmoins en compte les indéniables avantages du CD Rom (fiabilité, capacités de stockage - un CD Rom de 650 Mo représente quand même l'équivalent de 450 disquettes HD) au regard de ses inconvénients (lenteur, nécessité de le manier avec soin), plusieurs parmi nous avaient fondé de grands espoirs dans le CD Rom inscriptible dont Denis, tel un chevalier des temps modernes tout auréolé de lumière s'est fait le preux propagateur.

A l'usage il nous faut quelque peu déchanter...

Il y a tout d'abord les pertes à la gravure (si votre disque dur servant de «master» n'est pas parfaitement défragmenté, c'est la panne, sans possibilité de récupération). Et puis il y a plus inquiétant: le même disque peut être reconnu par un lecteur et ignoré par un autre, la machine «ramant» pendant des heures pour seulement tenter d'afficher le répertoire.

Dans d'autres cas, celui-ci est correctement lu mais les données, elles, sont inaccessibles. Plus grave encore: l'accès devient fréquemment de plus en plus aléatoire après quelques utilisations (pas vrai Gérard ?).

Le problème n'est pour l'heure pas résolu: s'agit-il de défaillances de gravure, de mauvaise qualité des disques (les CD Rom en provenance d'un «distributeur» du sud-est ne posent en général pas de problème) ?

J'ai donc pour l'instant renoncé à concrétiser l'idée de transférer sur CD Rom l'ensemble de ma logithèque Atari et bien d'autres choses précieuses encore (non non, pas la photo de ma petite amie divinement nue, etc, etc...!)

Wait and see dit-on outre Manche...

6) Encore de nouveaux supports magnétiques

On ne sait actuellement pas grand chose du Zip. Pour l'instant, seul au Club notre ami Chevalier a fait récemment l'acquisition d'un matériel de ce type.

Ça a l'air intéressant mais aux dernière nouvelles il n'avait pas encore été possible d'écrire quoi que ce soit dessus pour semble-t-il des problèmes d'incompatibilité avec Windows 95 (vous savez le truc dont la réclame dit qu'il est «plug and play»).

Notre «pionnier» nous tiendra au courant...

Insertion de dernière heure:

Un appel téléphonique de notre ami Chevalier , dont je vous rend immédiatement compte m'apprend que ça y est le «Zip» est enfin installé et ça a l'air de bien marcher (1mn30 pour le transfert de 30 Mo, c'est pas mal pour une «super-disquette»).

Il ne lui aura fallu qu'une heure par jour de persévérance (depuis une semaine), deux heures trente passées en compagnie d'un technicien spécialiste aujourd'hui, un coup de téléphone au service après-vente basé en Irlande, une installation via le DOS (mais oui!), pour le rendre opérationnel...

(Remarque perfide): Décidément comme le proclame la publicité, le couple Windows 95 - Pentium de dernière génération semble vraiment «plug and play». Vive le «vaporware» signé Microsoft !

(Oui je sais je suis partial , mais quand même!).

7) Alors que faire ?

S'il faut tirer une conclusion de tout cela, c'est celle qu'aucun support n'est fiable à 100 %.

Ce serait pourtant une véritable catastrophe si je venais à perdre les centaines de fichiers Midi, de séquences, d'échantillons, de partitions qui constituent l'essentiel de mon «fond de commerce», mais aussi le courrier, les affiches, les revues, les tableaux de chiffres ou bases de données, sans oublier les applications elles-mêmes...

Alors la solution pour moi, c'est de tout garder en double ou en triple, sur différents supports...

Une sauvegarde du disque dur à intervalles réguliers, sur supports amovibles ou disque dur externe, des programmes archivés sur disquette, mais en même temps sur CD Rom ou disque dur, etc... Refaire une copie de temps en temps ne semble pas non plus inutile si l'on veut s'éviter des désagréments...

Toutefois cela prend du temps et il serait bon de pouvoir disposer d'un support d'archivage relativement fiable et de grande capacité.

Alors, le Père Noël n'ayant pas les moyens de m'offrir un «Raid», j'envisage de lui passer commande d'un disque magnéto-optique de 1,3 Go...

A moins qu'avant pour mon anniversaire ? Si le cur vous en dit, c'est le 22 juillet...!

F.Lapauw

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