Phare oueST

numéro 53

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Sommaire:

Bêtes de course
Word perfect pour les cons

La saison s'est achevée, l'intérêt pour l'informatique étant quelque peu terni par le soleil et le ballon rond.

En dépit de la défection du local de MELESSE (provisoire, on l'espère), ce fut une saison fructueuse et plutôt réussie.

Jamais le club n'avait connu une telle affluence, du moins à Saint Brieuc et nous avons enregistré pas mal de nouvelles adhésions.

Si nos réunions restent toujours aussi informelles, elles n'en sont pas moins riches en enseignements et c'est chaque fois à regret qu'il faut fermer les portes de l'école de musique.

Que dis-je, il faut arracher sauvagement les prises de courant pour que les plus acharnés se décident à quitter leur écran.


Le monde de Windows domine largement, à présent, quoique le Mac fasse encore de la résistance et suscite pas mal d'intérêt de la part des utilisateurs de PC.

Quant à Atari, sur lequel s'était édifié oueST, s'il en reste bien quelques uns au fond des placards, on ne les voit plus aux réunions, si ce n'est pour de brèves émulations (à propos, la dernière version de MagicMac, parfaitement compatible avec le système 8.1, est à proprement parler époustouflante).

Nous allons donc continuer et dés à présent vous pouvez noter les dates retenues, sauf empêchement de l'école de musique) pour le prochain trimestre.


Soit, à Saint Brieuc, le vendredi soir, dans les locaux de l'école de musique:


Les 11 septembre - 16 octobre - 13 novembre et 18 décembre


Et pendant que vous y êtes, notez donc aussi qu'Apple Expo aura lieu cette année du 16 au 20 septembre. Les applemaniacs du club s'y retrouveront certainement nombreux, comme l'an passé.

Bronzez bien.

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Bêtes de course


C'est quoi ton ordinateur? un Pentium MMX 266, et moi un G3 300 On entend souvent, au club ou ailleurs, ce genre de question. Et tout à été dit, semble t'il. Mais rares sont ceux qui s'engagent plus loin dans les comparaisons. Osons un peu.

Pentium, PPC, G3 et autres sont des types de micro-processeurs: la puce principale de vos machines, celle qui calcule à votre place, à la vitesse de l'éclair.

Couplé à une horloge, le micro-processeur fait une opération à chaque tic-tac de cette horloge et en stocke le résultat dans ses mémoires internes (les registres) ou dans les différentes mémoires de la machine (RAM et autres caches) pour le réutiliser dans d'autres opérations.

Le nombre de «tic-tacs» est exprimé en méga-hertz (Mhz). Autrement dit en millions par seconde. Le Pentium 266 cité plus haut fait donc 266 millions d'opérations à la seconde. Pas plus compliqué que ça.

Il semble donc tout à fait logique de définir la puissance de sa machine par la cadence de l'horloge de son micro-processeur.
*
En fait, ce n'est pas si simple et bien des choses viennent perturber notre pauvre puce.

En premier lieu, le bus. Imaginez que le micro-processeur est relié à ses mémoires par des circuits, qui sont comme des routes, sur lesquelles passent les informations. L'idéal serait que ce réseau routier soit adapté à la circulation. Or c'est loin d'être le cas.

Alors que les micro-processeurs modernes calculent et fournissent les résultats en 64 bits (autrement dit des nombres de 64 chiffres binaires), certains bus ne laissent encore passer que 32 bits. C'est comme le passage d'une 4 voies à une route ordinaire. Il faut plus de temps pour passer.

Et ce n'est pas tout. Les bus aussi ont une horloge. Longtemps plafonnées à 40 Mhz - voire moins sur les portables - pour les liaisons entre le micro-processeur et la RAM (mémoire vive), ces horloges atteignent actuellement, sur les machines les plus performantes, la vitesse lamentable de 60, exceptionnellement 70 Mhz.

Et ça bouchonne! Le pauvre micro-processeur a beau être capable en théorie de faire 2 ou 300 millions d'opérations par seconde, il est dans la totale incapacité d'en stocker les résultats immédiatement en dehors de ses propres registres, qui sont minuscules et pas du tout faits pour ça. Moralité, il passe le plus clair de son temps à attendre que la voie soit libre et tourne à vide.

Vous comprendrez qu'il est donc plus logique de s'enorgueillir de la vitesse du bus de sa machine que de celle de son micro-processeur. Or si chacun d'entre-vous est capable de donner, immédiatement, ce second renseignement, combien savent à quelle fréquence tourne leur bus?

Et ce n'est pas tout, les mémoires aussi font obstacle, car elles acceptent souvent les données bien moins vite qu'elles n'arrivent. Un peu comme si la porte du garage était de biais et trop étroite, obligeant à des manuvres d'entrée.
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Il y a de très grosse différences de rapidité d'accès entre les différents types de barrettes susceptibles d'être utilisées dans un ordinateur. C'est encore un point qui mérite de s'y arrêter lors de l'achat d'une machine.

C'est pour tenter de remédier à tous ces goulots d'étranglement que l'on a pensé équiper les ordinateurs de mémoires à accès très rapide: les mémoires cache. Ce sont des garages à large portail. On y rentre du premier coup... et ça coûte très cher.

Alors on limite. Ces garages de grand luxe, pour ceux qui peuvent se le payer, ne dépassent que très rarement le méga octet et le processeur a été dressé pour n'y envoyer que des résultats essentiels et qui doivent être sollicités particulièrement souvent.

Ce système de «mémoire cache» peut sembler un peu arbitraire, mais ça donne de bons résultats et l'on constate que les ordinateurs ainsi équipés, à cadence de micro-processeur égale, ont des performances nettement supérieures.

Il y a toutefois des limites à ce que l'on peut faire et, dans la pratique, il apparaît qu'au delà d'une certaine taille (de l'ordre du méga octet) les caches n'apportent plus grand chose.

La grande innovation en la matière a été l'introduction des micro-processeurs dits G3, en fait des Motorola PPC 750, sur les machines Apple.

Les G3 disposent de leur propre mémoire cache à accès rapide mais au lieu d'utiliser le bus normal, la liaison entre le G3 et le cache se fait par un bus spécial à très fort débit. Le rapport de vitesse entre la cadence du micro-processeur et le cache, au lieu d'être de 1/6 ou 1/8 comme sur les autres machines, passe à 1/3, voire 1/2 ou même 1/1 sur les macintoshs les plus puissants.

Le G3 peut ainsi tourner à pleine puissance. Ce qui explique qu'un G3 à 266 Mhz arrive à dépasser en vitesse un Pentium II à 400 Mhz. À ce stade, la cadence du micro-processeur devient une donnée toute relative et secondaire.

Pour estimer la vitesse d'un ordinateur, il ne faut également pas oublier que son micro-processeur n'est jamais seul. Il est soulagé, pour les opérations les plus gourmandes en calcul, par des processeurs secondaires (qui lui sont intégrés, comme le MMX, ou non).
*
C'est ainsi que toute machine qui se respecte a son propre processeur vidéo, son propre processeur sonore, voire des processeurs spécialisés dans le calcul trigonométrique, très sollicité par la 3D (cartes 3DFX).

Il va sans dire que l'existence de coprocesseurs plus ou moins puissants peut modifier considérablement, dans certains domaines, la vitesse de machines dont les micro-processeurs sont identiques au départ.

Un dernier élément est, enfin, à prendre en compte car il rend difficile les comparaisons entre micro-processeurs. Il y a les processeurs CISC (c'est le cas du Pentium) et les processeurs RISC (comme les PPC et autres G3).

Car il y a en effet deux façons de voir les choses:
· Dans l'optique CICS, on se dit que les va et vient entre le processeur et ses mémoires étant très pénalisants, on peut souhaiter que le processeur soit capable de faire, d'un seul coup, des opérations très complexes, sans avoir à passer par les mémoires externes. Alors, de modèle en modèle, on rajoute les commandes de ce type d'opérations.

Mais ce qu'on gagne en puissance et rapidité est vite pénalisé par des composants de plus en plus gros et qui dégagent de plus en plus de chaleur.

Avec les récents Pentium II il semble que l'on ait atteint une limite. Déjà il devient presque impossible de les intégrer à des portables, difficiles à ventiler et faits de matières résistant mal à des températures supérieures à 70°. Or un Pentium II peut atteindre 80°...

· L'autre optique (la technologie RISC) part de la constatation qu'un micro-processeur, lorsqu'on en analyse finement le fonctionnement, est relativement peu souvent amené à faire des opérations très complexes, en regard d'opérations de base qui se répètent en permanence.

Franchement, le jeu de la complexité n'en vaut pas la chandelle.

Avec des micro-processeurs limités volontairement à un jeu réduit d'instructions, en dépit des lenteurs du bus, l'expérience a prouvé qu'on était largement gagnant en vitesse. Et, bien entendu, de tels composants sont petits, peu coûteux et ne chauffent guère; ce qui permet de les cadencer à de rapides vitesses d'horloge et à les intégrer sans peine aux portables.
*
Il y a quelques années, Apple (en partenariat avec IBM et Motorola) a fait le choix des processeurs RISC, du type PPC. Ça n'a pas été si simple que ça car les programmes écrits pour les processeurs CISC jusque là utilisés (famille 68xxx) n'étaient absolument pas compatibles avec les nouveaux processeurs RISC (famille PPC 60x et autres).

Apple a du écrire un nouveau système (c'était le système 7) adapté aux deux types de processeurs et comportant un émulateur, parfaitement transparent aux utilisateurs, pour continuer à faire tourner les anciens programmes à une vitesse acceptable. Formidable pari technique qui a été remarquablement bien tenu.

Ainsi donc, les processeurs RISC ayant éliminé les inconvénients propres aux processeurs CISC, sans perte de puissance, les constructeurs pouvaient porter tous leurs efforts sur l'augmentation de la vitesse du bus, qui restait le dernier point faible.
La mise au point des G3 va dans ce sens et est très convaincante. Les machines Apple équipées de G3 sont actuellement ce qui se fait de plus puissant en micro-informatique et, vu la difficulté d'introduire des processeurs CISC puissants dans les portables, les portables Apple à base de G3 sont, et de loin, les plus rapides du marché. Ceux d'entre vous qui sont venus à la dernière réunion du club, en dépit du Mondial 1 , ont pu s'en rendre compte.
*
Mon portable Mac avec son G3, bien que seulement cadencé à 216 Mhz et équipé d'un cache qui ne fait pas plus de 512 kilo-octets, avec un bus au 1/3 (pouvant, à la limite être poussé à 1/2) est impressionnant. On a pu constater que sous Windows 95, en émulation soft (!) il laissait presque sur place un PC équipé d'un Pentium 100. Là, ya pas photo.

On prête d'ailleurs à Microsoft l'intention de faire, quelques années après Apple, le même passage aux processeurs RISC; ce qui suppose une ré-écriture complète de Windows...
D'où l'intérêt que Bill porte, depuis quelques temps, aux destinées d'Apple, qui est en train de finaliser un nouveau système d'exploitation (nom de code Rapsody), lequel devrait, à brève échéance, faire parfaitement tourner Windows sur des machines équipées de processeurs RISC. Quitte à l'adapter à un RISC Intel, qui ne devrait pas trop différer de celui d'IBM-Motorola, vu la simplicité de leurs instructions.

Apple se gardant bien d'écrire un clone de Windows, ce fameux logiciel Microsoft continuerait à être obligatoire sur tout PC à processeur RISC tournant sous Rapsody. Ce qui concilie les intérêts de Bill et de Steve tout en évitant les foudres de la loi anti-trust et soulage Microsoft de l'écriture d'un nouveau système assorti de l'émulateur de l'ancien. Pourquoi ré-inventer la roue?

La cerise sur le gâteau, qui est loin de déplaire aux programmeurs, est que les logiciels écrits spécifiquement pour Rapsody tourneront aussi bien sur un PC que sur un Mac (avec le look respectif de ces machines). Ce qui en limite les frais de développement.

À mon avis, et sans trop forcer sur la divination, c'est vers une solution de ce type qu'est en train de s'acheminer la micro-informatique:
· micro-processeurs RISC généralisés;
· système d'exploitation comportant un noyau de base pour la totalité des machines (et Rapsody, qui a le mérite d'exister et d'être puissant, moderne et très stable, est bien placé pour être ce noyau);
· émulation, du moins pendant quelques années, des anciens systèmes (Windows ou MacOS suivant les cas) pour assurer la continuité avec les softs existants.

L'étape suivante (qu'Apple a déjà programmée pour la fin 99) est la ré-écriture complète et le portage, au dessus de Rapsody, de la boîte à outils Mac existante, afin que les anciennes applications (au prix de quelques légères adaptations, si nécessaire) bénéficient de tous les avantages de Rapsody.

Ce projet, déjà bien entamé chez Apple, y porte le nom de «carbon» et devrait être intégré partiellement dans MacOS 9 au printemps 99, puis totalement à MacOS X (prononcez 10) fin 99.

Dés à présent, à titre d'essai, Photoshop a été «carbonisé» rapidement et avec succès.

Les adhérents du Club, utilisateurs de PC, vont certainement trouver cet article outrageusement tendancieux, surtout venant d'un utilisateur de Mac. Mais il vaut mieux qu'ils sachent ce qui les guette car ce genre de renseignements, très bien suivi par les revues consacrées au Mac, n'est guère abordé par le monde PC.

Or, la micro-informatique n'est pas figée. Le matériel et les systèmes actuels ne sont pas définitifs, comme certains semblent le croire. Et la simple logique montre que la voie suivie par Apple va dans le bon sens et risque de s'imposer rapidement au monde Wintel.

Je ne dis pas que les solutions Apple vont nécessairement être retenues. Il y a trop de facteurs politiques et commerciaux en jeu pour pouvoir l'affirmer. Mais Apple a une fort longueur d'avance dans ce domaine, qui est sa spécialité au demeurant, et les économistes, qui sont des gens avisés, le sentent bien, qui ont presque fait tripler la valeur de l'action Apple depuis le début de l'année.

Alors: Think different!

Gérard LEFRANC

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Word perfect pour les cons


un Dialogue réel sur la hotline de WordPerfect :

- "Ridge Hall computer assistant ; que puis-je pour vous ? "
- Et bien , bonjour je m'appelle Marc Alvarez, j'ai un problème avec
WordPerfect.
- Quelle sorte de problème ?
- Et bien j'étais en train de taper et soudain tout est parti.
- Parti ?
- Ça a disparu.
- Mmmh. Et à quoi ressemble votre écran à présent ?
- À rien.
- À rien ?
- Il est vide; il se passe rien quand je tape.
- Vous êtes toujours dans WordPerfect ou vous en êtes sorti ?
- Comment je sais ?
- Pouvez-vous voir le prompt C:\ a l'écran ?
- C'est quoi un prompte-ce ?
- Laissez tomber. Pouvez-vous bouger le curseur a l'écran ?
- Y a pas de curseur. Je vous ai dit, il se passe rien quand je tape.
- Est-ce que votre moniteur est allumé ?
- C'est quoi un moniteur ?
- Le truc avec l'écran qui ressemble a une télé. Est-ce qu'il y a une petite lumière qui vous dit qu'il est allumé ?
- Je sais pas.
- Et bien regardez à l'arrière de votre moniteur et regardez ou va la prise courant. Vous pouvez voir ?
- Je pense...
- Bien! Suivez le cordon jusqu'à la prise, et dites-moi si elle est
branchée.
- Oui.
- Derrière le moniteur, avez-vous remarqué qu'il y avait deux câbles branchés à l'arrière ?
- Non.
- Et bien il y en a deux. Regardez à nouveau et trouvez le deuxième.
- ...Oui, c'est bon.
- Suivez-le et dites-moi s'il est solidement branché à l'ordina-teur.
- Je ne peux pas l'atteindre.
- Oh. Pouvez-vous le voir ?
- Non.
- Même en vous penchant ou en vous mettant à genoux ?
- Oh non, c'est juste que je n'ai pas le bon angle, il fait si sombre.
- Sombre ?
- Oui, le bureau est éteint, la seule lumière vient de la fenêtre.
- Et bien allumez la lumière.
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ! ?
- Parce qu'il y a une panne de courant.
- Une panne... Aha ! Voilà la raison. Est-ce que vous avez encore les manuels et les boîtes et l'emballage que vous avez eus avec l'ordinateur ?
- Heu... Oui, c'est dans le placard.
- Bien ! Allez les chercher, débranchez votre système, embal-lez-le comme c'était quand vous l'avez eu. Et rapportez-le au magasin ou vous l'avez acheté.
- Vraiment ? C'est si sérieux ?
- J'en ai peur.
- Et qu'est-ce que je leur dit ?
- Dites-leur que vous êtes trop con pour posséder un ordinateur."

Transmis par
Éric GUILLARD ;-))))

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