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De l'autre côté de l'Atlantique:

Par la société Prospectum

- L'orgue Adam-Herlich de Bad-Wimpfen. C'est la banque de sons, uniquement en 16 bits, déjà ancienne (probablement une des premières banques de sons pour Hauptwerk) mais très bon marché, d'un très bel orgue d'Allemagne du sud, tout à fait typique; un de ces instruments semblables à ceux sur lesquels Jean-Sébastien Bach a joué toute sa vie. Ses 23 jeux (sur deux claviers et pédalier) ont un vigueur un peu rustique qui fait plaisir à entendre, avec des bourdons et flûtes à l'attaque lente et bruyante (tchouf), des mixtures fortes et un puissant trombone de 16 pieds à la pédale. Cette banque de sons a été retirée du catalogue de l'éditeur et est donc devenue introuvable. Elle pouvait sans problème être chargée dans la version gratuite de Hauptwerk et bien entendu dans la version de base.


- Longtemps restée en sommeil, la petite société Prospectum a fini par éditer, pour une prix très serré, une belle banque de sons de l'orgue hollandais de Anloo, construit en 1717 -1719. Il s'agit d'un instrument qui sent encore son 17ème siècle. Très bonne bourgeoisie protestante, discret mais avec de somptueux détails bien mis en valeur, cet orgue est un peu comme un Rembrandt, un peu austère (tout comme sa présentation à l'écran de Hauptwerk), plein de gravité, aux sonorités parfois un peu rauques avec des fonds sont pleins de "bruits de bouche"; mais il est d'une exceptionnelle richesse vu de près, a énormément de charme et offre une composition très complète lui permettant d'aborder un large répertoire: 21 jeux sur 2 claviers et pédalier, dont une quintaton de 16' au grand-orgue, 3 jeux d'anche aux claviers et un basson de 16' au pédalier. La disposition du buffet typiquement hollandaise, avec superposition du Grand Orgue et du Positif (qui se trouve plus généralement de dos, dans d'autres pays) apporte un caractère d'écoute très spécifique, les deux claviers se trouvant de fait dans le même plan sonore. Le style est proche de celui des riches instruments du Nord de l'Allemagne. L'acoustique est très sèche et la réverbération brève. Cela en fait un instrument idéal pour l'étude et qui pourra certainement être utilisé avec bonheur dans un local déjà réverbérant, mais il supporte bien une réverbération artificielle.
La banque de sons pouvait sans problème être chargée dans la version gratuite de Hauptwerk; ce qui, outre son prix, est également un gros avantage. Il n'existe pas de version de démo.
Fin juin 2020, une version 2 de cette banque de sons est proposée, selon une optique assez révolutionnaire et très différente de la précédente, car il s'agit cette fois d'une version totalement sèche, sans la moindre trace de réverbération, ni lâchés multiples, destinée en principe à Hauptwerk 5, mais qui est accompagnée de 2 fichiers de réverbération IR (réponse impulsionnelle) enregistrées dans l'église: le premier depuis le banc d'orgue et le second à une certaine distance dans la nef. La banque de sons est toutefois compatible avec Hauptwerk 4 et Prospectum dit que ces fichiers IR peuvent être acceptées par la plupart des dispositifs de réverbération artificielle (logiciels ou matériels reconnus par Hauptwerk 4). Pour ceux qui ne sont pas équipés et qui ont déjà la version 1 de cet orgue (retirée de la vente) il est probablement souhaitable d'en rester là pour ne pas être déçus car une banque de sons parfaitement sèche est en général assez déplaisante à écouter. L'orgue n'a pas fait l'objet d'une nouvelle prise de son mais les échantillons ont été retravaillés avec toute l'expertise acquise par Prospectum depuis la sortie de sa version 1; et cela s'entend sur les démos qui sont déjà en ligne. Il a été ajouté 6 jeux en extension, ce qui porte le nombre des jeux à 26. L'étendue des claviers a été portée à 56 notes et celle du pédalier à 30. La présentation a également été améliorée, avec des écrans gauche/droite sous deux dispositions. Contrairement à la version 1, la version 2 est cryptée et il n'y a toujours pas de version d'évaluation Mais on peut l'écouter sur contrebombarde et c'est magnifique de précision et de réalisme (si on est porté sur les acoustiques presque sèches, car les réverbérations proposées par Prospectum pour Hauptwerk 5 restent très courtes et discrètes).


- Également chez Prospectum est sorti, en avril 2013, l'orgue de Zöblitz construit en 1742 par Gottfried Silbermann et soigneusement restauré en 1997, dans cette délicieuse église baroque du centre de l'Allemagne. On y retrouve les couleurs, si caractéristiques, des orgues Silbermann avec leur remarquable équilibre et leurs timbres ronds. Une réverbération courte, mais bien présente (environ 2 secondes) apporte juste ce qu'il faut de brillant à cet instrument de taille moyenne (20 jeux sur 2 claviers et pédalier). Le tempérament et l'accord d'origines sont fournis avec la banque de sons. Bref l'orgue parfait pour interpréter J.S. Bach dans toute son authenticité.
La banque de sons de l'orgue de Zöblitz existe en deux versions: une version stéréo classique conforme à l'instrument original (49 touches aux claviers, 25 au pédalier) et une version "premium" en quadriphonie avec extension (56 touches au clavier, 30 au pédalier et une tirasse du positif ajoutée); dans cette version un jeu de glissières permet de régler avec précision la balance entre les  voies avant et arrière et, par conséquent, de déplacer virtuellement l'emplacement d'écoute dans l'église. Son prix modeste, pour ne pas dire exceptionnellement bas, en fait une acquisition particulièrement intéressante pour qui dispose de la mémoire suffisante (de 1,53 à 8,32 Go suivant les versions et les options, mais la version "Classique" se charge entièrement en 24 bits sur un mac équipé de 8 Go de RAM) et en 16 bits en version de base de Hauptwerk. Pour les désargentés voulant tout de même y goûter, je signale que la version "classique" de cette banque de sons peut être utilisée en 16 bits avec la version gratuite de Hauptwerk, avec toutes ses attaques, boucles et lâchés, à condition de charger tous les 16 pieds en mono. Si je devais procéder à un classement des banques de sons d'orgues Sibermann que je connais, Zöblitz recevrait sans la moindre hésitation le "prestant d'or": c'est de loin la plus belle; quoique Freiberg... Il n'existe pas de version de démo.



- Noël étant propice à de nouvelles banques de sons, Prospectum nous a sorti en cette période la tant attendue banque de sons de l'orgue de Weissenau . Cet instrument construit par Johann Nepomuk Holzhey (1741 - 1809) est à la charnière entre les époques baroque et romantique, contemporain de Haynd et Mozart. Ses 42 jeux, répartis sur 3 claviers + pédalier reflètent bien cette ambiguïté stylistique, au demeurant fort intéressante. Cette banque de sons, qui est proposée en deux versions (standard stéréo ou premium surround à 4 canaux) est alléchante (l'interprétation échevelée de J.S. Bach. donnée en démo sur le site est peu représentative, mais il y a a de superbes sur contrebombarde). Le prix, qui tranche nettement avec ceux des précédentes banques de sons de cet éditeur, est par contre un tantinet dissuasif; mais il le vaut largement.
J'ai eu l'occasion de pouvoir la tester, dans ses deux versions (qui cohabitent sans problème sur un même ordinateur) et c'est vraiment très beau. On y trouve tout ce qu'il faut pour la musique baroque, avec un plein-jeu à damner un saint, mais également une grande variété de fonds et de jeux de détail qui préfigurent ce qui allait devenir l'orgue romantique allemand. Le système à 4 canaux (comme pour Zöblitz) est particulièrement réussi et efficace, du fait d'une belle acoustique à la réverbération très longue et homogène. Un jeu de glissières permet de doser subtilement la position virtuelle de l'auditeur entre l'orgue et le fond de la nef, clavier par clavier et plusieurs positions pré-enregistrées bien choisies sont proposées, pour les gens pressés. Le réalisme de la prise de son est exceptionnel. Bien entendu tout cela a un prix. Si la version standard stéréo se case sans trop de mal, en entier et en 24 bits, sur une ordinateur muni de 16 Go de RAM, la version Premium complète ne le peut qu'en 16 bits. Mais la perte de précision due au 16 bits est, à mon avis, très largement compensée par la richesse sonore apportée par le double enregistrement stéréo (je l'avais déjà constaté et signalé avec les récentes banques de sons de Sygsoft). Il n'existe pas de version de démo.


Le site de Prospectum est à nouveau ouvert et annonce pour 2020 une nouvelle banque de sons: celle de l'orgue d'Ansbach (J.C. Wiegleb 1736). On en reparlera.
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Chez Pipeloops.
Un éditeur dont le site est particulièrement hermétique et où la navigation n'est pas aisée (et même pratiquement impossible si vous n'y êtes pas inscrit). Les démos sont disponible sur cette page, mais seulement près inscription.
- Une curiosité (mais qui n'est pas totalement gratuite) est la banque de sons du gros Cavaillé-Coll de l'église de la Madeleine à Paris, joliment reconstituée à partir d'enregistrements anciens de 4 groupes de jeux par la société PipeLoops qui propose la sous-traitance d'échantillons sonores, pour en extraire un bouclage correct). Elle propose, sur deux claviers, l'ensemble des fonds de 8', l'ensemble des fonds de 8 et 4', le tutti et au pédalier les fonds de 16 et 32', plus deux tirasses. Le tout dans une acoustique de cathédrale fort impressionnante. C'est fort bien fait, c'est très beau.. mais ça ne sert pas à grand chose, sinon à rêver un peu. On peut en télécharger sur le site de l'éditeur une démo qui s'interrompt au bout de quelques dizaines de secondes et doit être relancée. Cette banque de son est au format Hauptwerk 2. La démo fonctionne avec la version gratuite de Hauptwerk, à partir de Hauptwerk 4.1.

 

- Du même éditeur, l'orgue de Notre-Dame de Laeken à Bruxelles, un bel instrument construit par Pierre Schyven (un collaborateur de Cavaillé-Coll), dans le plus pur style français de la seconde moitié du XIXè siècle. Cet orgue avait déjà été enregistré il y a un certain nombre d'années, très soigneusement, sur bandes magnétiques afin d'en conserver un souvenir après une restauration. Maheureusement cet enregistrement était en 16 bits (44,1 kHz) et, ce qui est plus gênant, tous les jeux n'avaient pas été enregistrés individuellement: un certain nombre d'entre-eux n'existaient que sous forme de combinaisons (un peu comme pour l'orgue de la Madeleine, mais ici une trentaine de combinaisons avaient tout de même été retenues). Les propriétaires de l'instrument s'étant montré peu favorables à une nouvel enregistrement, ils ont tout de même autorisé PipeLoops à se servir du matériel existant.
PipeLoops en a tiré une banque de sons hybride, comportant une douzaine de jeux enregistrés note par note et une cinquantaine de combinaisons, le tout sur 3 claviers et pédalier. Cette banque de sons, très bien faite mais assez déroutante pour les habitués de Hauptwerk s'est (l'éditeur l'avoue) assez mal vendue. C'est la raison par laquelle PipeLoops a fini par proposer en 2009, à prix bradé, une "Petite édition" composée uniquement des jeux enregistrés note à note, complétés par quelques jeux dérivés de ceux existants de façon à obtenir une disposition qui soit la plus proche possible des dispositions d'orgues de facture française à cette époque. Cela fait tout de même 10 jeux au grand-orgue, 11 jeux + tremblant au récit-expressif et 7 jeux au pédalier, plus une grande variété d'accouplements et tirasses. Ce qui nous donne un bien bel instrument, admirablement servi par une acoustique généreuse. Peut être utilisée avec la version d'Évaluation gratuite, à partir de Hauptwerk 4.1 mais seulement en 14 bits et sans les lâchés multiples (qui, de toutes façons, ont été créés artificiellement par PipeLoops à partir des enregistrements originaux).
Les deux versions peuvent être téléchargés et testées en démo, avec quelques limitations: ces démos exigent la présence du dongle USB de Hauptwerk (pour les versions de Hauptwerk antérieures à la 4.1), l'affichage sur écran est limité à 15 pouces, une fois par minute le son est coupé pendant 5 à 6 secondes, avant de reprendre sans avoir à relancer la banque de sons.

 
- Je souhaitais, depuis longtemps, donner un grand frère à mon petit Silbermann de Rötha, ravissant mais qui commençait à dater (techniquement parlant) et dont les possibilités restent réduites. Mon choix s'est porté sur le beau Silbermann de Grosshartmannsdorf édité également par la société PipeLoops. Cette banque de sons, un peu particulière, a été réalisée à partir d'enregistrements faits en 2001 pour la collection GigaStudio, repris et traités ensuite, très habilement par PipeLoops. Les échantillons, contrairement à ceux de la plupart de banques de sons récentes, sont en 16 bits et 44,1 MHz (la définition standard des CD audio), ce qui en fait un instrument peu encombrant en mémoire, pouvant même  à la limite être utilisé avec un ordinateur équipé de 2 Go seulement de mémoire vive (cela a été une raison décisive dans mon choix). Cette banque de sons est faite pour la version 3 de Hauptwerk mais peut être utilisée avec la version gratuite de Hauptwerk à partir de la 4.1 (elle est en effet cryptée et les versions antérieures gratuites de Hauptwerk ne l'acceptaient pas). Il s'agit d'un instrument de taille moyenne: 21 jeux, sur 2 claviers et pédalier, avec les timbres si caractéristiques et si bien équilibrés des orgues construits par Silbermann, une clarté remarquable, une grande "présence" des tuyaux et une réverbération très courte; ce qui en fait un orgue idéal pour jouer Bach et pour travailler. A noter que la licence, âprement discutée avec les propriétaires de l'instrument, n'autorise pas son utilisation pour des concerts publics. Son prix de vente a été récemment diminué de façon substantielle: une affaire, par conséquent, car même si cette banque de sons ancienne n'est plus vraiment aux standards actuels de Hauptwerk, elle soutient sans mal la comparaison avec celles de Zöblitz et de Freiberg. La banque de sons peut être obtenue en version de démo, valable 30 jours.


- Également par PipeLoops, l'orgue moderne (1979) du monastère de Riddagshausen, près de Brunswick. C'est une copie presque parfaite d'un  précédent instrument construit en 1619 par Compenius: un orgue de style baroque par conséquent, de 31 jeux sur 3 claviers + P avec de multiples possibilités d'accouplements; deux tremblants mais pas d'expression. La composition est très classique, avec des fonds très chauds et des anches particulièrement expressives, des plans sonores bien étagés mais, surtout, une réverbération extrêmement longue et, à mon avis, un peu encombrante (probablement une des plus longues réverbérations de toutes les banques de sons produites pour Hauptwerk).
PipeLoops en propose à l'essai une petite version de démonstration, limitée à 7 jeux sur 2 claviers et pédalier. C'est certes un peu court mais parfaitement fonctionnel, et gratuit. Et, bien que cryptée, elle est parfaitement acceptée par la version gratuite de Hauptwerk. Pour ceux qui voudraient tester la totalité de l'instrument, une autre version de démo existe, qui s'arrête pendant environ une seconde toutes les 45 secondes; attention, le serveur de PipeLoops est lent et il s'agit de 4 gros fichiers à charger... Notez toutefois que la banque de sons complète tient largement à l'aise dans 16 Go de mémoire. Une version pour GrandOrgue est indiquée sur le site.


- En octobre 2014, Pipeloops nous gratifie du superbe orgue de l'église Saint-Joseph de Bonn-Beuel. Cet orgue a été construit en 1981 par le facteur Oberlinger, à partir de plusieurs instruments: l'ancien orgue de 1920, de style baroque allemand, assez défiguré par des adaptations successives et un petit instrument de 20 jeux, construit en 1882 à la Chaux-de-Fonds (Suisse) par Kuhn et racheté d'occasion. Oberlinger en a tiré un splendide instrument, dans le plus pur style Cavaillé-Coll, de 61 jeux répartis à l'origine sur 3 claviers et pédalier, auquel un quatrième clavier a été ajouté en 1983, à l'instigation de Pierre Cochereau, pour une trompette et un clairon en chamades. La prise de sons est, comme il se doit de nos jours, en quadriphonie (surround) pour ceux qui ont une installation de ce type et assez de mémoire pour tout charger (il faut au moins 32 Go de RAM pour tout avoir en surround 24 bits!). Cette banque de sons, peut-être sortie un peu prématurément, a suscité quelques critiques acerbes: on lui reproche une prise de sons trop près des tuyaux, ce qui masquerait un peu la réverbération de l'église, donnerait des sons un  peu secs au positif (placé très en avant et donc proche des micros) ainsi qu'un certain déséquilibre des plans sonores. Certains ont également constaté des lâchés défectueux pour certaines notes. Il est probable qu'une mise à jour remédiera à ces défauts de jeunesse, mais il faut bien dire que certains utilisateurs de Hauptwerk ayant pris goût à la qualité exceptionnelle de certaines banques de sons récentes, ont tendance à avoir le dent dure et ne plus voir les imperfections de certaines réalisations antérieures, nettement moins bien réalisées. Cet orgue reste tout de même un bel instrument et qui tient la route.
Pipeloops nous en offre une démo assez originale mais très intéressante. Elle est librement téléchargeable, en entier (attention, c'est du lourd) et peut être installée tel-quel avec toutes ses options. Mais tant que la licence (délivrée par Hauptwerk et inscrite dans le dongle) n'a pas été obtenue, il faut se limiter à ne pas tirer plus de 5 jeux à la fois (n'importe lesquels). Si l'on dépasse cette limitation, la banque de sons continuera néanmoins à fonctionner mais vous aurez régulièrement droit à une courte interruption du son, toutes les 45 secondes environ. Ainsi, ce sont tous les jeux qui peuvent être essayés. Sympa, non?

 

- Également chez Pipeloops est sorti début avril un petit positif allemand daté de 1740. Ce bel instrument, probablement construit dans le sud de l'Allemagne se trouve actuellement dans une collection particulière privée à Brunswick (Basse-Saxe). L'instrument original n'avait que 3 jeux: flûtes de 8 et 4; plus un jeu de 2 appelé Voxhumana bien qu'il s'agisse d'un jeu à bouche. On y a ajouté un jeu de 1 pied, utilisable uniquement avec la flute de 8 et la soufflerie a été électrifiée. Les utilisateurs de la version Avancée de Hauptwerk peuvent opter entre la soufflerie manuelle ou électrique. Pour la banque de sons, Pipeloops a également ajouté de la réverbération artificielle, mais bien intégrée, dont l'intensité est régable par un curseur. Ce n'est pas un orgue de cathédrale mais c'est très bien fait et plaisant à écouter et à jouer. Comme pour les autres banques de sons de cet éditeur, une démo gratuite est disponible en téléchargement, complète mais avec de brèves interruptions du sons de temps en temps; au moins cela permet de se faire une idée avant d'acheter (pour un prix très raisonnable)

 

- Annoncé depuis un certain temps, l'orgue Furtwângler & Hammer de la cathédrale impériale (Kaiserdom) de Köningslutter est enfin sorti à la mi janvier 2019. Construit en 1892 et comportant aujourd'hui 44 jeux sur 3 claviers + pédalier, cet orgue est le grand romantique allemand par excellence; ce qui se comprend d'un instrument destiné à exalter la grandeur de l'Empire Allemand, alors à son apogée. En 1940, la mode revenant au baroque et à Jean-Sébastien Bach, l'orgue avait été un peu modifié (en particulier, remplacement de la clarinette 8' par un Cromorne). Puis en 1984 une mixture du clavier II avait été ermplacée par un Scharrf typiquement baroque. Mais il a été rétabli dans sa composition d'origine, repeint et ré-harmonisé en 1990. La transmission est mécanique, avec assistance d'une machine penumatique Barker. Les sommiers, typqiques de la facture romantique allemande ont des soupapes à cône, permettant à chaque tuyau d'avoir une pression d'air optimale.
L'orgue a été enregistré en 24 bits et 96 Hz, sur 4 canaux: une première paire de micros à environ 10 mètres des bouches des tuyaux et à leur hauteur, une seconde paire placée en retrait, à la place d'un auditeur. Un système de curseurs permet le dosage entre les positions avant et arrière. Trois lâchés par notes ont été numérisés. Pour la banque de sons, l'étendue des claviers a été portée du fa5 ou sol5 pour les claviers et du do3 au sol3 pour le pédalier. Des jambages Gauche/Droit sont proposés en plus d'un vue générale des jeux. L'orgue est livré accordé par défaut au La 443 Hz (qui est l'accord original) mais rien n'empèche de changer cela dans Hauptwerk. Cette banque de sons peut être utilisée sur un ordinateur ayant 16 Go de mémoire, soit en surroud 16 bits, soit sans les canaux arrières en 24 bits. La banque de sons est cryptée et protégée d'une manière originale, moins contraignante que la licence Hauptwerk. Tant que son utilisateur ne s'est pas fait enregistrer chez Pipeloops, une inscription en surimpression affichera le nom de l'acheteur. Cette mention disparaitra une fois l'enregistrement fait chez Pipeloops, qui vous enverra un nouvel ODF.
La banque de sons est magnifique, avec des sonorités très bien rendues, dans une acoustique sompteuse. Rien à ajouter. Les démos sur contrebombarde et la version de démo de la banque de sons permettent d'ailleurs de s'en rendre compte. Car, comme pour l'orgue de Bonn, Pipeloops nous offre une démo intéressante de la banque de sons complète, avec toutes ses options. Elle est librement téléchargeable, en entier (attention, c'est du lourd: 21,8 Go) et peut être installée tel-quel. Mais tant que vous ne l'avez pas achetée, il faut se limiter à ne pas tirer plus de 3 jeux à la fois (n'importe lesquels). Si l'on dépasse cette limitation, la banque de sons continuera néanmoins à fonctionner mais vous aurez régulièrement droit à une courte interruption du son, toutes les 45 secondes environ. Ainsi, ce sont tous les jeux qui peuvent être essayés. Le passage d'une option à l'autre est automatique et ne nécessite pas un nouveau chargement.




- Fin mai 2020, Pipeloops nous présente une autre grosse banque de sons, regroupant les deux orgues de l'église évangélique de Nagold, Allemagne. L'orgue de tribune avait été construit en 1874 par la société Weigle (Echterdingen) pour l'église nouvellement édifiée. C'était un instrument de 32 jeux, à deux claviers, de style romantique allemand. L'instrument, passablement fatigué et considéré comme démodé a été remplacé en 1971 par un orgue neuf, également commandé à la société Weigle et déplacé dans la tribune du transept droit. Ce nouvel orgue a 46 jeux, sur 3 claviers, dont 22 provenant de l'instrument précédent. L'ajout de mutations et de mixtures lui a ajouté de l'ampleur et le rend plus apte à aborder une répertoire étendu convenant mieux aux goûts de notre époque. Deux ans plus tard Weigle a construit un petit orgue de chœur de 8 jeux, pouvant être attribué au besoin à un 4è clavier de la console du Grand-Orgue. En 2017 un nettoyage et une révision de l'instrument s'imposant, les facteurs Michael Mauch et Tilman Trefz en ont profité pour midifier les 2 consoles, permettant ainsi  l'orgue de chœur de bénéficier du G.O et du pédalier de l'orgue de tribune. L'harmonisation a été revue pour mieux s'adapter aux compositeurs de la période romantique française. Pour cette même raison on a ajouté un jeu de Viola, trois jeux de flûte et une Vox Coelestis provenant de l'ancien orgue de 1874. Ce qui porte à présent  la composition de l'instrument à 59 jeux.
La banque de sons proposée par Pipeloops est donc assez grosse, d'autant plus qu'elle est en surround à 2 voies: "Direkt" (proche demi-sèche) et "Raum" (éloignée et réverbérante). Des curseurs permettent le dosage de ces deux voies. L'étendue des claviers a été augmentée jusqu'au Do6 pour les claviers et au Sol2 pour le pédalier. Deux tremblants sont proposés au choix: les tremblants réels enregistrés (avec le réalisme que cela apporte, mais les éventuels problèmes de déphasage qui vont souvent de pair avec ce procédé) et des tremblants modélisés par Hauptwerk. Le tempérament et l'accord sont par défaut ceux de l'orgue original, légèrement inégal. Un rouleau de crescendo paramétrable existe également.
L'encombrement en mémoire est assez fort mais reste abordable. D'après Pipeloops, comptez pour l'orgue complet 12,7  Go en 16 bits et 24,8 Go en 24 bits. Pour ceux qui ne disposent que de 16 Go et qui sont sous Hauptwerk 5, une bonne solution est de ne charger que la voie "Direkt" et d'utiliser la réverbération par convolution; ça passa alors aisément en 16 bits, voire en 20 bits avec un peu de chance. La banque de sons peut être obtenue pour Hauptwerk 4 ou pour Hauptwerk 5. Elle est cryptée mais n'exige pas de licence. Son prix reste relativement raisonnable pour une banque de sons de cette importance.
Pipeloops offre deux version d'essai en téléchargement gratuit (25, 5 Go tout de même...). Il s'agit de l'instrument complet, avec toutes ses possibilités, fonctionnant sans aucune restriction pour toute registration ne dépassant pas 7 jeux; au delà elle est soumise à de brèves coupures de son intervenant de façon aléatoire. Un orgue à tout faire, qui sonne bien, avec une grande clarté et beaucoup de possibilités.



l'orgue de tribune et l'orgue de chœur


On a attiré mon attention sur l'orgue Baumhoer de Bielefeld-Stieghorst et j'ai eu envie de le découvrir, grâce à sa version de démo (complète mais avec des interruptions aléatoires du son). C'est un instrument assez particulier en ce qu'il tente de reproduire l'esthétique symphonique de Cavaillé-Coll en restant toutefois de taille modeste: 11 jeux pour l'orgue original, portés à 14 pour la banque de sons, sur 2 claviers + P). Accouplement, tirasses et 2 pédales d'expression lui ajoutent de l'ampleur. Une version étendue, de 19 jeux obtenus par des emprunts à l'instrument original est également disponible. Les jeux sont judicieusement choisis et le résultat est très convaincant. Du fait de la faible réverbération cet orgue est parfait pour l'étude mais l'ajout d'un peu de réverbération IR dans HW 5/6 lui donne tout de suite une autre dimension. Il est pour HW 5/6 et sous licence mais peut être facilement accepté par des ordinateurs n'ayant pas plus de 4 Go de RAM.


- À l'automne 2020 c'est l'orgue de l'Erloeserkirche de Muenster qui nous est proposé. Construit en 1999 par le facteur Bruxellois Patrick Collon, c'est par excellence un orgue européen, qui emprunte des éléments à la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne du sud. L'acoustique assez mauvaise de l'église, dans laquelle les fréquences graves ont du mal à se faire entendre, alors que les fréquences aiguës sont sur-représentées a conduit le facteur à proposer des fonds puissants et un plenum relativement discret; tout à fait dans l'esprit et la tradition des orgues d'Allemagne du Sud au XVIIIè siècle. La composition est donc basée sur un grand plenum de 16 pieds, semblable à ceux de tradition allemande du sud ou à un plein-jeu français (voire un ripieno italien) auquel viennent s'ajouter de très français cromorne, hautbois, cornet et trompette, une voix-humaine ondulante d'inspiration très italienne et des jeux d'anche puissants tout à fait dans la tradition espagnole. Une octave courte permet, facultativement, l'interprétation d'un répertoire typiquement espagnol. Le tout sur deux claviers (celui du Grand Orgue pouvant être divisé en basse et dessus) et pédalier. La présentation est classique, avec au choix une vue d'ensemble des jeux, ou des jambages gauche/droit. Une page de réglages pemet de choisir la balance entre les canaux avant et arrière et de paramétrer les tremblants. L'encombrement en mémoire reste raisonnable.
La banque de sons, proposée sous licence, existe en deux versions: HW 4.2 et HW 5/6. Ces deux version sont proposées en démo mais sous des formes différentes: la démo pour HW 4.2 comporte tous les jeux mais au delà de 3 jeux tirés simultanément elle a des arrêts aléatoires. La démo pour HW 5/6 n'a aucune limitation mais est proposée avec une licence valable 14 jours; au delà desquels elle cesse de fonctionner: suffisant pour se faire une idée précise de ce bel instrument.



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- Par la société anglaise Lavender Audio,

- L'orgue de Haverhill (1901), plus complète que le partagiciel de Groton. Cette banque de sons n'est pas celle d'un instrument exceptionnel en soi mais sa réalisation a été particulièrement soignée (24 bits - 48 Hz, lâchés multiples). Les jeux sont remarquablement clairs et parfaitement harmonisés. La réverbération est modérée. Un utilisateur du forum de Hauptwerk a dit qu'elle était "délicieusement anglicane". Cette banque de sons est proposée en 3 versions:

- Sortie  en avril 2016 également chez Lavender Audio, la banque de sons de l'orgue de Saint-Bartholomé à Armley (Leeds). Construit par Edmond Schulze, un allemand venu en Grande-Bretagne à la demande du prince Albert, pour sonoriser le Crystal Palace en 1851, il a ensuite été agrandi  en 1869, puis mis en vente 8 ans plus tard et acheté par William Henry Eyres, un industriel fortuné de Leeds qui en a fait cadeau à la paroisse de Saint-Bartholomé en 1879. Mis à part une minutieuse restauration en 1905, l'instrument est resté intact depuis. Malgré son allure très anglaise, attendez-vous plutôt à un bel orgue romantique allemand, avec des fonds puissants
Dans l'attente d'une banque de sons complète (55 jeux sur 4 claviers + P) Lavender audio en propose actuellement deux réductions: une de 32 jeux (compatible avec la version Basic de Hauptwerk) et une de 10 jeux (compatible avec la version Free de Hauptwerk sous certaines conditions), elles mêmes présentées en deux versions différentes: une version "wet" standard avec la réverbération naturelle de l'église (au moins 3,5 secondes) et un version multicanaux avec 3 prises de sons différentes (à la tribune, dans la nef, au fond de l'église) réglables par curseurs, clavier par clavier (comme dans les récentes productions de Sygsoft) pour ceux qui diposent de la version Avancée de Hauptwerk.
La version d'évaluation de 10 jeux étant librement téléchargeable (comme partagiciel), je n'ai testé que cette version d'évaluation, dans sa version multi-canaux, qui laisse un petit goût de "revenez-y" un peu frustrant; surtout si on écoute les démos du site. Mais il n'y a rien à dire: c'est déjà très beau, très propre, fait avec soin. L'acoustique est parfaite, le système multi-canaux est très efficace. Même avec la limitation à 10 jeux on peut vraiment se faire plaisir. D'autant plus que l'éditeur a vu grand, avec des longs échantillons et des tremblants entièrement enregistrés (et bien sûr tout cela prend de la mémoire...)


- Début avril 2010 nous arrive un autre orgue anglais, celui de St. Mary-le-Bow. Il y avait autre fois dans cette église un orgue de 1802 attribué à Hugh Russel, remplacé en 1810 par un instrument neuf de J.W. Walker. Il avait été démonté et mis à l'abris  lors des bombardements de Londres de la 2è guerre mondiale, mais s'était tellement détérioré que seuls 18 jeux avaient pu être ré-utilisés. C'est la raison pour laquelle une orgue neuf a été commandé et construit en 2010 par Kenneth Tickell.
Ce facteur a voulu un instrument d'inspiration anglaise mais influencé par les orgues alsaciens de Silbermann pour les mutations et les anches, avec des gambes proches de celles de Cavaillé-Coll. Quelques tuyaux de l'ancien instrument ont également pu être ré-utilisés au pédalier, pour les notes graves du Violone et de la Soubasse. Il en résulte un orgue très (peut-être trop) polyvalent, adapté à un large répertoire.
La prise de son a été très soignée. Pour la version surround: une première paire de part et d'autre de la tribune pour les canaux proches (Front), deux paires de micros stéréo qui ont été mixés, à 5 mètres de la tribune pour les canaux ambiants (Far) et une 3è paire plus éloignée mais orientés vers le buffet de l'orgue pour les canaux arrières (Rear). Pour la version stéréo les canaux Front et Far ont été mixés. Des lâchés multiples ont été entregistrés, ainsi que les jeux tremblants (même si, pour économiser de la mémoire, il est toujours possible de choisir les tremblants re-calculés par Hauptwerk). L'acoustique, avec une belle réverbération, est intéressante.
La banque de son est proposée, à un prix décent, en trois versions:
- une version standard de 31 jeux sur 2 claviers, conforme l'instrument original,
- une version étendue à 39 jeux,
toute deux utilisables en 16 bits avec 8 Go de RAM et en 24 bits avec 16 Go
- une version gratuite d'évaluation de 9 jeux  qui passe à la rigueur en 16 bits dans Hauptwerk gratuit si on ne charge que les canaux "Ambient" et que l'on renonce aux tremblants enregistrés.


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- Par la société hongroise Inspired Acoustics
Cet éditeur, dont le site est un vrai casse-tête et impose une inscription pour pouvoir être parcouru.

- Le petit orgue de Pusztaszabolcs (prononcez Poustassabolch,) construit en 1778 par Pazicky pour l'église des franciscains d'Eszterom, pui déménagé et soigneusement restauré en 2002 est un régal. C'est un orgue de style baroque, de 17 jeux sur 2 claviers et pédalier. La prise de son, très présente, est particulièrement soignée: on entend tout, vraiment tout. Comme cet instrument a une soufflerie un peu forte et une mécanique particulièrement bruyante, cela peut déconcerter. Mais lorsqu'on en joue on se sent tout à fait sur le banc de l'orgue. Au demeurant, Hauptwerk permet de paramétrer tout ces bruits, et même de les faire taire, si on les trouve dérangeants. Un instrument très typé et plaisant à jouer, mais assez gourmand en mémoire si l'on active toutes les options d'attaques et de lâchés. Il se charge toutefois en 16 bits sur un Mac équipé de 8 Go de RAM et en 24 bits avec 16 Go de RAM. Il existe des versions de démo de cette banque de sons, aussi bien pour Hauptwerk 4 que pour Hauptwerk 5; ce sont des versions complètes mais avec des coupures de son alétoires.


- Bien loin de la Hongrie, l'orgue vénitien de Scorzè est une petite merveille. Cet instrument a été construit en 1929 par les frères Pugina, qui ont ré-utilisés une partie de l'ancien orgue qui avait été fait par Gaetano Calido en 1808. C'est typiquement un orgue italien, avec sa composition en étages par empilement des différentes mutations (avec de nombreuses reprises) formant in fine un tutti; ceci du moins pour le clavier de grand-orgue: 10 jeux (dont une voix céleste qui ne descend pas plus bas que le sol2) auxquels s'ajoute une trompette. Le positif expressif a une composition plus baroque, à l'allemande avec 6 jeux classiques et un hautbois. Le pédalier n'a que 3 jeux (dont un jeux d'anche de 16 pieds), mais des tirasses permettent de lui ajouter ceux des claviers. Les timbres sont beaux, lumineux, très vénitiens. La prise de sons est parfaite. La banque de sons et cryptée mais n'est pas sous licence. Elle peut être utilisée sur un ordinateur n'ayant que 8 Go de mémoire et est proposée de deux façons:
• une version gratuite d'évaluation (la seule que j'ai pu tester), complète mais qui doit être relancée toutes les 15 minutes et dont le son s'arrête aléatoirement (environ toutes les 10 secondes) pendant 2 ou 3 secondes: particulièrement déplaisant et insuffisant pour des tests complets. Il extait autrefois une version d'évaluation réduite, de 10 jeux seulement, qui n'est plus proposée.
• une version commerciale, avec les 20 jeux de l'orgue et sans ces arrêts intempestifs, proposée sous deux formes: "Personal" assez sèche et "Personal Performing" avec une longue réverbération.
Le téléchargement est particulièrement long et laborieux. C'est probablement pour cette raison que le prix de la livraison sur DVD est supérieur de 100 € à celui  des versions à télécharger! (ça fait beaucoup tout de même, à mon avis).


- Un instrument baroque qui sort un peu des sentiers battus est celui de Kolozsvàr, ville de Transylvanie anciennement hongroise mais roumaine de nos jours (Cluj-Napoca). Construit en 1752 par Johannes Hann et restauré en 1996 c'est, avec ses 35 jeux, un des plus gros instruments de cette région à l'histoire tourmentée, ce qui lui a épargné à plusieurs reprises d'être remplacé par un orgue plus à la mode, soit faute de moyens, soit pour des raisons purement politiques. Il comporte 3 claviers et un pédalier qui, sur l'orgue original est un pédalier court (pas très pratique à utiliser et qui a donc été normalisé pour Hauptwerk). La variété et le nombre de ses jeux lui permet d'aborder tout le répertoire baroque sans restrictions. Les fonds doux et les petits jeux aux timbres très clairs, presque cristallins, sont typiques des orgues d'Europe centrale. La mécanique est très présente dans l'enregistrement dont les échantillons, particulièrement longs, sont d'un grand réalisme. Une belle réverbération ( 4-5 secondes) sert admirablement l'orgue. L'enregistrement surround à 6 canaux, permet le dosage de l'écoute (uniquement pour la version professionnelle). La banque de sons est proposée en 3 versions:
Dans les 16 Go de RAM de mon mac la petite version peut être chargée en entier en 20 bits. Pour que tout suive sans craquements ni coupures il est nécessaire d'augmenter fortement la polyphonie. L'encombrement en mémoire de la version professionnelle, tel qu'indiqué sur le site de l'éditeur, la réserve à des configurations puissantes.
Le téléchargement est, comme toujours chez Inspired Acoustics,  particulièrement long et laborieux. C'est probablement pour cette raison que le prix de la livraison sur DVD est, comme pour Scorzè, supérieur de 100 € à celui des versions à télécharger! (ça fait beaucoup mais ça fait aussi pas mal de DVDs). Ce surcoût est en partie compensé par le fait que cette magnifique banque de sons est proposée à environ 175 € (version personnelle téléchargée): un prix nettement plus abordable que certaines de ses concurrentes.



- Pour Noël 2019 Inspired Acoustics nous propose une nouvelle banque de sons, celle de l'orgue de l'église du St Esprit à Mannheim, Allemagne. Cet instrument de 44 jeux sur 3 claviers + pédalier a été construit en 1990 par Karl Görckel dans le plus pur style des orgues romantiques français.
Soigneusement enregistré, y compris les tremblants, cet orgue est prévu pour Hauptwerk V (mais utilisable sans difficulté par Hauptwerk 4.2.1) et sa banque de sons en comporte tous les perfectionnements, y compris le fichier de réverbération impulsionnelle enregistré sur place. Elle est proposée soit en version complète, soit en version d'essai gratuite de 15 jeux (seulement, mais c'est déjà pas mal...) ayant toutes les fonctions de la version commerciale. Cette version d'essai est proposée sous deux formats d'installation: Hauptwerk 4 ou Hauptwerk V (17 Go, pas moins de 10. fichiers .rar à télécharger...) Pour la version complète une configuration musclée est préférable mais elle reste utilisable (y compris avec la réverbération artificielle) avec seulement 16 Go de RAM. La version d'essai peut être ouverte en 16 bits sur un ordinateur ayant 16 Go de RAM. La banque de sons commerciale est cryptée et sous licence (licence iLok si vous utilisez Hauptwerk V ou licence chez MDA si vous êtes resté à Hauptwerk 4.2.1)
Une partie des sommes récoltées par la vente de cette banque de sons sera affectée à l'entretien de l'instrument.
Je n'ai pu tester que la version d'essai pour Hauptwerk 4.2.1, qui s'est montrée assez capricieuse: clic-droit mal reconnu et des jeux qui cessent de parler de façon aléatoire. J'espère que cela sera rapidement corrigé après les fêtes. J'ai tout de même pu constater que la présentation était belle et que c'était un instrument qui m'a semblé très proche de ceux faits par Cavaillé-Coll. Cela sonne bien, dans une parfaite acoustique.



- en juillet 2020, c'est l'orgue de la cathédrale Urakami de Nagasaki (reconstruite à l'identique après le bombardement atomique du 09août 1945) qui nous est proposé: une grande première puisque c'est le premier orgue japonais à être porté sur Hauptwerk. Ce gros instrument de 52 jeux, sur 3 claviers + pédalier a été construit par le facteur John Mander, en 1996, dans le plus pur style romantique français et est proposé pour Hauptwerk 4 ou Hauptwerk 5. La banque de sons est en surround à 4 canaux et comporte toutes les commodités d'affichage et de paramétrage souhaitables. Il existe une version d'essai de 14 jeux, librement téléchargeable, qui permet de se faire une petite idée de l'instrument, à condition d'être rapide et patient car dans cette version le son se coupe pendant deux secondes environ, à peu près toutes les 10 secondes. Cela ne permet guère de se lancer mais seulement de constater que c'est très beau; sans plus. Les deux versions sont encodées, la version complète est sous licence. Il va sans dire que cet orgue n'est pas pour les petites configurations: pas moins de 62 Go sont nécessaires pour ouvrir l'orgue complet en 24 bits. Pour ceux qui n'ont pas autant de mémoire et qui utilisent Hauptwerk 5, Inspired Acoustics suggère de ne charger que les voies avant (Front) et de faire usage de réverbération artificielle. C'est ce que j'ai fait pour tester la version d'évaluation qui s'installe alors à l'aise en 24 bits dans mes 16 Go de RAM. Pour ceux qui sont encore sous Hauptwerk 4, il ne pourront gouter à la démo qu'en 16 bits mais à 4 canaux pour avoir l'acoustique du lieu.Une bombe, je vous dis!




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- L'éditeur Augustine's Virtual Organs est de plus en plus présent sur le marché des orgues virtuels. Non seulement ses productions sont de qualité mais aussi, de tous les éditeurs commerciaux, c'est de loin celui qui propose les prix les plus bas; et ce n'est pas négligeable. Toutes les banques de sons d'Augustine sont proposées avec une version d'évaluation gratuite de l'instrument complet, amputé de sa première octave grave, tant aux claviers qu'au pédalier. Collaborant avec Augustine, dont j'ai le privilège d'être beta-testeur, je vais m'efforcer de ne pas être trop partial.

À noter que depuis ses débuts, Augustine a également considérablement amélioré sa technique: le dé-bruitage est plus discret, le bouclage des échantillons est plus précis et le traitement des lâchés est devenu parfait. Cela l'a conduit à reprendre entièrement certaines de ses anciennes banques de sons, à partir des échantillons originaux enregistrés par lui et d'en proposer des versions 2 beaucoup plus convaincantes.

- Profitant d'une promotion de Noël, je lui ai acheté la banque de sons de l'orgue de l'abbaye cistercienne de Székesfehérvár (Hongrie), construit en 1942, détruit pendant la guerre et refait à l'identique par le même facteur en 1949 (quelques démos ici). C'est un petit instrument de 14 jeux sur 2 claviers et pédalier, de style baroque. L'éditeur en propose deux versions: la version originale et une version étendue de 32 jeux, composée à partir d'extensions des jeux originaux.
Admirablement servi par la belle acoustique d'une grande église, cet instrument aux timbres très particuliers sonne admirablement. Très brillant, il se caractérise par des jeux de fond fortement timbrés et particulièrement chantants et ces mixtures puissantes qui sont une caractéristique des orgues d'Europe centrale. Il est, hélas, très gourmand en mémoire, surtout pour la version étendue, que je n'ai pu installer en 24 bits sur mon Mac doté de 8Go de RAM (il est vrai que MacOS a une gestion particulièrement frileuse de la mémoire, qui est attribuée au compte-goutte aux applications). Avec 16 Go, aucun problème.
Une banque de sons qui donne envie de découvrir les autres les autres instruments proposés par cet éditeur.


- Du même éditeur, une autre banque de sons à prix très doux, sortie en avril 2014, celle de l'orgue de Zalalövö à l'ouest de la Hongrie De construction moderne (1981, par la société Aquincum de Budapest) mais de style purement baroque cet instrument de 15 jeux à deux claviers (56 notes) et pédalier (30 marches) est également proposé dans une version étendue de 25 jeux et des claviers/pédaliers mieux dimensionnés. C'est, en dépit de sa composition très allemande, un instrument très typique des timbres d'Europe centrale: jeux de fonds doux, un peu gambés et voilés, accompagnés par des petits jeux sonores et des mixtures brillantes; je dirai un orgue baroque allemand saupoudré de paprika... Faisant l'objet d'une prise de sons particulièrement précise et d'une agréable réverbération de 2,5 à 3 secondes, cette banque de sons dans sa  version étendue pour Hauptwerk (par des emprunts aux jeux originaux) exige 3,6 à 8 Go de RAM, selon la version et la profondeur (16 ou 24 bits). La version originale tient tout juste dans Hauptwerk gratuit, pour peu qu'elle soit chargée en 14 bits et qu'on choisisse, par exemple, le 16 pied du pédalier en mono (ce qui ne fait guère de différence, la stéréo étant re-calculée par Hauptwerk). Pour le prix, ce n'est vraiment pas la peine de se priver; d'autant plus que c'est un bel instrument, aussi agréable à jouer qu'à écouter.


- Une autre belle banque de sons proposée par Augustine est celle de l'abbaye des prémontrés (Norbertins) de Zsámbék, petite ville de 5000 habitants proche de Budapest. L'église ayant été détruite par un tremblement de terre en 1763, elle a été reconstruite en style baroque et un orgue y avait été installé en 1770. Cet instrument a disparu mais il a été reconstitué en 1999, par Albert Miklós, à partir d'éléments qui avaient été conservés. L'instrument original avait 10 jeux, sur un seul clavier et pédalier. Celui de 1999 en a 20, sur 3 claviers et pédalier. Augustine nous en propose une extension, utilisant exclusivement des jeux empruntés à l'orgue de Miklós, de 34 jeux (12 au grand-orgue, 10 au positif, 12 au pédalier) et l'étendue des claviers a été portée de 54 à 61 notes. Avec une prise de sons très vivante, des jeux aux timbres intéressants et inhabituels (la coppel major 8' du positif est un délice), des tremblants doux particulièrement agréables, cette banque de sons, admirablement accompagnée par une discrète mais très longue réverbération (suivie d'un retour en écho assez étonnant), est probablement une des plus intéressantes parmi celles que propose cet éditeur (qui cependant m'a modestement écrit que c'était sa première réalisation, avec du matériel d'enregistrement peu performant et qu'il pense avoir fait mieux depuis). Comme toujours, son prix est très doux par rapport à ceux de ses concurrents. Elle est proposée en versions sèche et réverbérante, pour Hauptwerk avec boucles et lâchés multiples. Une version pour le logiciel GrandOrgue, avec tous ces perfectionnements, était autrefois proposée mais elle a été retirée du catalogue d'Augustine (sous l'amicale pression de MDA); qui sait, peut-être en lui demandant...


- Une des premières banques de sons d'Augustine a été celle de l'orgue construit en 1793 par Franz Xaver Luber pour l'église de Császár, un magnifique édifice baroque, plein d'angelots et de peintures,  classé Monument Historique. Nous ne savons pas grand chose de ce facteur, qui a vécu à Buda et dont on sait qu'il a construit au moins 3 orgues. Il est entièrement dans son état d'origine, sauf les tuyaux de façade qui ont été fondus pendant la première guerre mondiale et remplacés, en 1925, par des tuyaux en zinc. L'instrument est resté pratiquement sans entretien depuis; ce qui a l'avantage de l'avoir conservé. dans toute son authenticité. L'orgue a été enregistré par Augustine, en stéréo et depuis la tribune, avec un matériel de qualité moyenne (Augustine est beaucoup mieux équipé à présent) captant mal la réverbération, qui a dû être ajoutée par lui artificiellement.
Malgré ces handicaps techniques, le résultat est surprenant. Ce petit orgue de 10 jeux a un charme fou et une personnalité très forte qui le rend reconnaissable entre tous, dès la première mesure. Sa sonorité très "Europe de l'Est" avec des jeux un peu gambés, vibrants, fortement timbrés et des plans sonores extrèmement contrastés en font quelque chose d'unique. Augustine nous le propose en deux versions (sous des onglets différents): une version dans son état original ( les 10 jeux, dont 3 accouplés et permanence au positif,  ni tirasses, ni tremblant) et une version (très) étendue de 30 jeux, avec de nombreuses possibilités d'accouplements, une expression (pédalier et positif) et des tremblants pour chaque division. La présentation est un peu basique , mais fonctionnelle.
Le rapport qualité / prix de cette banque de sons étant exceptionnel, pourquoi se priver? D'autant plus que la version originale est entièrement acceptée par Hauptwerk gratuit.

 

- Toujours chez le même et toujours pour une bouché de pain, un  petit bijou de facture baroque allemande: l'orgue de l'église du Calvaire, à Szombathely, dans l'ouest de la Hongrie, tout près de la frontière avec l'Autriche (Saint-Martin de Tours y serait né). Il s'agit d'un instrument construit en1987 par le facteur allemand Hermann Eule, spécialiste des orgues de Gottfried Silbermann. Il a donc conçu et réalisé un instrument dans le style et avec les techniques de ce fameux constructeur de l'époque de J.S. Bach (avec lesquel il était ami). C'est un instrument relativement modeste de 14 jeux (7 au grand-orgue, 4 au positif et 3 au pédalier) mais qui, avec ses accouplements, tirasses et tremblant est néanmoins complet et parfaitement adapté aux œuvres de l'époque baroque allemande. La banque de sons, uniquement en téléchargement, offre 4 possibilités: un version sèche (pouvant par exemple être utilisée dans une église), une version dite "simple" dont la prise de sons assez proche des tuyaux reproduit bien la réverbération, assez courte mais bien présente, de cette modeste église et deux versions surround ou étendue qui combinent l'une des deux précédentes avec une voie arrière, de façon à mieux reproduire l'acoustique de l'édifice. C'est selon son goût. Avec ses nombreuse boucles (jusqu'à 8) et se lâchés multiples, cette banque de sons est un peu gourmande en mémoire mais, si vous y tenez, la version simple peut être chargé dans Hauptwerk gratuit, en 14 bits, sans les lâchés multiples. En résumé: un instrument bien fait, en parfait état, agréable à entendre, convenant tout à fait à l'étude (par sa précision et sa discrète réverbération) et à la musique de Bach qui, toute sa vie, n'a pratiquement joué que sur des orgues semblables à celui-ci. Le tout pour moins de 50€.


- toujours aussi prolifique, Augustine nous a gratifé en août 2014 d'un joli petit instrument de style romantique, construit par le facteur Joseph Angster en 1880 pour l'église de la petite ville hongroise de Hajos. 14 jeux (19 dans sa version étendue) sur deux claviers et pédalier. Cet instrument a la particularité d'avoir une expression pour l'ensemble des jeux (la version étendue ayant des expressions séparées pour chaque clavier) et un très beau tremblant général (également séparé par clavier pour la version étendue). La réverbération de la petite église n'est pas énorme, mais suffisante (2,5 secondes) ce qui permet une articulation très claire de l'exécution. Cet instrument, avec ses fonds doux et très typés, convient particulièrement aux œuvres romantiques allemands mais est assez complet pour se prêter à d'autres époques (je pense en particulier aux tocatas de Frescobaldi que les timbres très italiens de l'instrument mettent admirablement en valeur).
Pour les configurations qui l'acceptent, il existe une version surround. L'encombrement en mémoire est assez important: difficile de charger cette banque de sons dans Hauptwerk gratuit. J'y suis tout de même arrivé pour la version originale, avec toutes les boucles et lâchés, mais en 14 bits, sans les canaux arrières (rear, inutiles pour ceux qui ne disposent pas d'une installation surround) et en optant pour des 16 pieds mono au pédalier (les grave étant très peu directifs et Hauptwerk re-calculant l'effet stéréo, cela ne se remarque pas). Ma foi, cela sonne bien. Je pense que sous Windows, moins pointilleux sur l'attribution de la mémoire que MacOS, cette petite entorse ne serait pas nécessaire. Et, comme toujours chez Augustine, s'il n'est pas gratuit il est presque donné (39€ seulement). Il serait dommage de s'en priver.


- Par le même facteur, Augustine nous propose en janvier 2015 l'orgue de la magnifique église romane de Jak, dans l'ouest de la Hongrie, non loin de la frontière autrichienne. Cet instrument à traction pneumatique a été constuit par Joseph Angster en 1902 et restauré en 2005 par Laszlo Fabo. Enregistré en stéréo (mais sans surround), avec une belle réverbération de 3 secondes, cet orgue de 18 jeux (auxquels ont été rajoutés pour Hauptwerk, par dérivation des jeux originaux, 4 autres registres) est de style romantique comme celui de Hajos (mais d'esprit plus contemporain, plus proche de Cavaillé-Coll), avec une grande variété d'accouplements et 3 pistons de combinaisons pré-programmés (piano, mezzo-forte et forte). Pas de jeux d'anche mais une belle  collection de jeux ce fonds, y compris un 16 pieds au grand-orgue. Tout comme celui de Hajos, il est également proposé au prix très attractif de 39€ et le vaut largement. Une démo gratuite et complète, mais amputée de la première octave, permet de se faire une bonne idée de cette banque de sons; cette démo se charge aisément dans la version gratuite de Hauptwerk; tout comme la version complète en 16 bits.


- Augustine tire plus vite que son ombre: un autre instrument de Joseph Angster nous arrive en février 2015. Il s'agit de l'orgue de l'église catholique Sainte Élisabeth de Körmend, petite cité de l'ouest de la Hongrie, à une encablure des frontières autrichienne et Slovène. Cet orgue à transmission pneumatique a été construit en 1911 et restauré à plusieurs reprises avant de se voir ajouter quelques jeux d'anche par Friedrich Paulus en 1996, puis une nouvelle console à transmission électrique par Laszlo Fabo en 2011. Il est donc en parfait état de marche. De style assez comparable à l'orgue de Jak mais un peu plus contemporain, avec des anches et une belle réverbération d'au moins 3 secondes, cet instrument à 2 claviers et pédalier a 23 jeux dans sa version originale, mais Augustine lui en a ajouté 3 par dérivation des jeux existants, ce qui augmente ses possibilités. Lui aussi propose 3 combinaisons préparées (piano, mezzoforte et forte) et en plus de sa pédale d'expression pour le positif, il comporte une pédale de crescendo programmable. Très bien enregistrée, avec toutes les possibilités offertes par Hautwerk 4, cette agréable banque de sons peu coûteuse et peu encombrante en mémoire convient parfaitement à de petites configurations et permet l'exécution d'un répertoire étendu. Comme pour les autres produtions d'Augustine, une démo avec tous les jeux mais amputés de la première octave est librement téléchargeable sur le site de l'éditeur.

 

- Début décembre 2014, Augustine nous gratifiait de deux intéressantes banques de sons faites à partir de deux orgues de Jehmlich (Dresde), celle du conservatoire Zoltan Kodaly de Kesckemét et celle de l'ancienne synagogue désaffectée de Szombathely actuellement transformée en salle de concerts. Pendant la période communiste les églises hongroises ont été presque toutes fermées et les orgues laissés à l'abandon, mais il s'est trouvé un secrétaire du parti, Gabor Lehotka qui, étant lui-même organiste, a favorisé la construction d'orgues dans des lieux non confessionnels. D'où ces deux beaux instruments, entre autres, qui ont été les premiers de style baroque allemand à être réalisés en Hongrie au XXème siècle:
• Szombathely, image de droite (23 jeux sur 2 claviers et pédalier) est un ravissant petit instrument de style baroque, très clair, précis et dans une acoustique un peu plus généreuse que celle de Kecsckmét, tout en restant discrète. Le positif expressif est une petite dérogation aux usages, mais il est d'origine tout comme son beau tremblant. Augustine a par contre ajouté un tremblant au grand-orgue et divers accouplements qui n'existent pas dans l'instrument original.
• Kesckemét, plus important, image de gauche (40 jeux sur 3 claviers et pédalier) est un instrument un peu plus moderne qui comporte quelques jeux qui ne sont utilisés que depuis le XIXè siècle: trompette harmonique, hautbois. Mais l'impression générale reste clairement baroque et Bach, comme Buxtehude s'y trouvent parfaitement à l'aise. À l'écoute des démos j'avais quelques préventions pour Kesckemét car l'acoustique de l'auditorium où se trouve cet instrument me paraissait un peu sèche et terne. Mais une fois la banque de sons installée chez moi j'ai été émerveillé par la richesse et la variété des timbres proposés tout comme par la qualité de la prise de sons, qui est loin d'être sèche. Je pense pouvoir dire qu'Augustine n'avait jamais fait mieux jusque là (même si ses récentes réalisations sont encore mieux maîtrisées) : un instrument dont je ne me lasse pas.
Les deux banques de sons sont toutes deux intéressantes, de même style proche et d'acoustiques semblables. C'est la raison pour laquelle Augustine en a également tiré une banque composite qui se met en place après installation de chacune des banques de sons, complète et indépendante. Elle est également possible en mode démo à partir des démos gratuites de ces deux banques de sons, mais avec les mêmes limitations que celles-ci: c'est à dire sans la première octave du pédalier et des claviers. Cela nous donne un gros instrument de 64 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier, auxquels viennent s'ajouter 11 jeux pouvant être utilisés en solo, sans être affectés à un clavier particulier (ou utilisables par un quatrième clavier); ce qui donne de grandes possibilités.

 

En juillet 2020, Augustine a repris ces deux banques de sons, à partir des mêmes échantillons mais en les retravaillant à la lumière des connaissances qu'il avait acquises en 6 ans de pratique. Les deux orgues sont proposés en version surround à 6 canaux (ou pour les petits équipements; en version stéréo). Tous les deux peuvent être chargés surround dans 16 Go de RAM ou stéréo dans 8 Go. Augustine a magnifiquement travaillé et les nombreuses démos publiées sur contrebombarde sont éloquentes. Ces deux orgues font également l'objet d'une banque de sons composite, gratuite pour qui les a achetées. Le prix de vente est attractif, avec une forte remise pour l'achat des deux orgues et un prix de mise à jour des anciennes versions presque symbolique.

- Pour Pâques 2015, Augustine nous gratifie d'une nouvelle grosse banque de sons: celle de l'orgue Walcker de Miskolc (cité industrielle, la 3ème de Hongrie par la taille). Cet instrument avait été construit en 1960 pour l'église catholique de Bad-Ems (Allemagne, Rhénanie-Palatinat) qui en a fait cadeau à l'église des aciéries de Miskolc en 1995. Il s'agit d'un grand orgue néo-baroque de style allemand, de 38 jeux sur 3 claviers de 58 touches et pédalier de 32 marches (étendus pour Hauptwerk). Certains jeux de Walcker ont malheureusement disparu et d'autres ont grand besoin d'être réaccordé. Ce n'est pas un problème pour Hauptwerk mais c'est tout de même un assez gros travail car Augustine, pressé de livrer sa banque de sons pour Pâques, nous l'a un peu rapidement fournie tel-quel; et certaines notes (voire certains jeux) étaient franchement faux. Regrettable car c'est un bien bel instrument.
Mais très rapidement et suite aux critiques concernant la justesse de l'instrument, Augustine qui est un perfectionniste nous a livré, fin avril 2015, une version 2 de cette banque de sons, très soigneusement accordée et qui sonne beaucoup mieux que la précédente. Rien à dire. Et ne vous fiez pas à l'aspect un peu lourdingue du buffet de cet orgue: c'est un très bel instrument néo-baroque qui aurait mérité d'être un peu mieux présenté dans la réalité.
Pour palier aux manques, 5 jeux ont été empruntés à d'autres instruments (en particulier à l'orgue de Kesckemét), mais ces emprunts discrets se marient parfaitement avec le reste des jeux. Très soigneusement enregistré et bien servi par une remarquable acoustique dont la réverbération, bien qu'assez longue est très homogène, cet orgue convient particulièrement à l'exécution des œuvres de J.S. Bach. Et comme toujours chez Augustine, il est à prix doux.
En mars 2021 et dans la cadre de la réfection de ses anciennes banques de sons, Augustine a entièrement récrit celle-là. Pour cette nouvelle version, il a repris ses enregistrements originaux dont la prise de sons avait déjà été faite avec 6 canaux et les a entièrement retravaillés en mettant à profit tout ce qu'il avait appris depuis 2015, en particulier dans le débruitage des échantillons et le traitement des lâchés. Il en résulte une banque de sons à mille lieues de la précédente, d'une grande clarté et en surround, pour ceux dont l'équipement le permet. Son prix reste très modéré et pour ceux qui avaient déjà cet orgue, une mise à jour est proposée à 20 €.

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- En juin 2015 nous est arrivé un nouvel orgue de Joseph Angster: celui de l'église luthérienne de Körmend. Après ceux de Székesfehérvár, Hajós, Ják et Körmend catholique, nous avons à présent une vision précise et très intéressante de l'évolution de ce facteur d'orgues. C'est, comme les précédents, un instrument de petite taille: 18 jeux + 6 jeux dérivés répartis sur 2 claviers et pédalier. C'est également un orgue très romantique, où l'influence de Cavaillé-Coll se fait nettement sentir, avec un clavier de G.O. puissant et assez classique s'opposant à un récit de jeux de fond, très doux et particulièrement chantants. Une grande variété d'accouplements et tirasses étend largement les possibilités de ce modeste instrument. La prise de son est claire et précise, avec une plaisante réverbération d'au moins 3 secondes et, bien entendu, tout ce qu'on peut attendre d'une banque de sons moderne (24 bits, boucles et lâchés multiples). La présentation est claire et bien lisible. Une démo en ligne (l'instrument complet mais privé de sa première octave) permet de se faire une idée. Le tout vendu pour le prix presque indécent de 49€.


- En août 2015, Augustine nous offre l'orgue de l'église Saint-Imre à Szekesfehervar (65 kilomètres au sud-ouest de Budapest). Bel instrument romantique, construit vers 1850 par la société autrichienne Mauracher et  soigneusement restauré en 1920 puis en 2003, cet orgue de 21 jeux + 4 (essentiellement des nazards, dérivés par Augustine des jeux originaux), sur deux claviers et pédalier sonne bien, avec une réverbération assez faible, mais d'au moins 3 secondes. Par ses timbres lumineux et sa composition il convient bien à J.S. Bach mais surtout aux compositeurs allemands de l'époque romantique ou postérieure. Les jeux de fonds dominent en effet, dont certains sont visiblement inspirés des premières réalisations de Cavaillé-Coll. Je signale en particulier un étonnant jeu d'aeolharfe (harpe aeolienne) au positif ainsi qu'un ravissant principal de 4 dans le style italien, également au positif. Mais dans le genre, le salicional du G.O. n'est pas mal non plus. Ce modeste orgue n'a, par contre, aucun jeu d'anche (pratique qui semble être assez courante en Autriche-Hongrie au XIXè). Une démo de l'instrument complet, amputé de sa première octave, est comme d'habitude disponible, mais le prix très modique de cette banque de sons (49€) ne vous mettra pas, sur la paille de toutes façons.


Leur écoute devrait définitivement fermer le bec à un autre éditeur (Virtual Pipes NL) dont les critiques acerbes dans le forum US, à propos du traitement des lâchés de cette banque de sons, tenaient plus, à mon avis, de la provocation ou de la maladresse, que de faits avérés. Augustine s'en est longuement expliqué: l'acoustique de l'église ne permettant pas un enregistrement parfait des lâchés rapides (trop brefs et trop faibles), il a préféré les re-calculer à partir des lâchés "medium", de façon à obtenir un résultat, selon lui plus proche de la réalité. Le résultat est, à mon avis, tout à fait convaincant. Très finement Augustine s'est d'ailleurs empressé de prouver son savoir faire en sortant, en seulement 3 jours, une version complètement nouvelle de la banque de sons de Wildervank (voir ci-après dans la section des banques de sons gratuites), coupant l'herbe sous les pieds de son concurrent, qui y travaillait depuis pas mal de temps, en s'aidant d'ailleurs de ses conseils. Dallas, ton univers impitoyable...

- Augustine nous a enfin sorti le 13 décembre 2015, sa nouvelle banque de sons: celle de l'orgue de l'église Saint-André à Komárom (on dit aussi Komárno ou Komorn) Cette petite ville frontalière, balottée de pays en pays au fil des guerres est actuellement slovaque, même si sa population est de langue hongroise. L'orgue avait été construit dans les années 1860-64 par Carl Friedrich Ferdinand Buckow, un prussien originaire de Dantzig mais exerçant la profession de facteur d'orgues à Vienne: difficile de trouver plus européen! Ce fut sa dernière œuvre, qu'il n'a pu achever entièrement. Il a donc été repris et quelque peu modifié par les frères Rieger en 1899 et est resté depuis pratiquement en l'état; c'est à dire en très mauvais état et particulièrement désaccordé. C'est donc presque une sauvegarde virtuelle que nous propose Augustine, mais d'un instrument qui a l'immense intérêt d'être resté "dans son jus".
C'est un orgue typiquement romantique allemand d'une grande subtilité, très loin des instruments français de la même époque (car à cette époque le style français, et pour cause, était mal venu dans les pays allemands), à 3 claviers et 59 jeux (en comptant quelques jeux dérivés des jeux originaux). Les très nombreux jeux de 8 pieds, qui chantent à merveille, forment avec les 16 et 32 pieds un fond d'orgue particulièrement impressionnant et il offre des plans sonores variés et parfaitement équilibrés. Les flûtes, en particulier sont à damner un saint. Augustine a, très intelligemment ajouté sur chaque clavier deux jeux de 8 très légèrement désaccordés, empruntés aux jeux existants, à partir desquels chacun peut se fabriquer une grande variété de jeux "ondulants" très intéressants et qui devraient plaire aux anglo-saxons qui en sont friands.
Parfait pour la musique de la fin du XIXè et du XXè siècles, mais probablement à éviter pour le baroque. Un prise de sons assez proche des tuyaux est la cause d'un effet de stéro très marqué (surtout pour une écoute au casque), mais qui est loin d'être déplaisant. La taille de l'église produit une assez longue réverbération (4 à 5 secondes) mais qui avec ce mode de prise de sons, reste discrète. Je la trouve, quant à moi, assez agréable. Quelques magnifiques démos préparées avec cette banque de sons  sont données sur le site, ainsi que sur le site de Contrebombarde. C'est remarquable et confirme mon opinion que cet instrument valait largement les gros efforts d'Augustine pour le faire revivre. Pour tous les amateurs de musique romantique allemande (et même les autres), ce devrait être un must incontournable.
L'instrument se charge en totalité, avec toutes ses boucles et lâchés, en 24 bits, sur un ordinateur équipé de 16 Go de mémoire vive. C'est aussi la première banque de sons chez Augustine, qui propose des jambages de jeux gauche et droit pour un double écran. Certains chanceux bien équipés vont apprécier.



Augustine n'étant toutefois pas entièrement satisfait de cette banque de sons et estimant avoir progressé depuis 2015, dans sa technique de traitement des échantillons, il a repris ses enregistrements bruts, les a retravaillés et nous propose en début d'avril 2020 une version 2 totalement revisitée de sa banque de sons. On ne peut que s'incliner devant le résultat. L'instrument a pris une ampleur qu'il n'avait pas dans la version 1. Les timbres sont mieux restitués et les basses, qui étaient un peu étriquées, ont trouvé toute la puissance qu'elles devaient avoir. L'état actuel de l'instrument ne permet probablement plus la comparaison, mais on peut estimer que ce gros romantique allemand doit être très proche de ce qu'il était après l'intervention de Rieger. Une sauvegarde très intéressante d'un orgue remarquable et unique en son genre.
Le revers de la médaille est que la banque de sons a doublé en taille et que sa version surround à 6 canaux exige, pour être ouverte en entier, un ordinateur équipé de 32 Go de RAM. J'ai pu toutefois, avec mes 16 Go, la charger de justesse en 16 bits en renonçant aux lâchers multiples. J'ai aussi dû pousser la polyphonie à 4000. D'autres solutions sont certainement possibles, par exemple en n'utilisant que les canaux Near et Far et en faisant appel à la réverbération de Hauptwerk 5 pour compenser l'absence de voie arrière. Un prix très intéressant est demandé pour la mise à jour de la version 1 vers la version 2, mais pour l'instrument complet et compte tenu du reversement d'une partie de son prix à la paroisse, le coût reste très modeste par raport à certaines banques de sons concurentes.


écran de la version 2

Pour Noël 2015 Augustine nous a réservé une surprise: Un orgue construit par Angster en 1938 pour l'église luthérienne de Nagyrakos, un minuscule village perdu au bout de nulle part. Pratiquement jamais joué, ni entretenu, Augustine a eu la surprise de trouver un instrument bien accordé et en parfait état, dans une petite église qui respire la propreté et l'encaustique. Et ma foi cela donne une banque de sons bien sympathique: 4 jeux au GO, 6 au positif et 2 au pédalier (+ 3 jeux dérivés par lui pour le pédalier). Deux tremblants et deux expressions. Comme d'habitude une grande variété d'accouplements et tirasses (je ne pense pas d'origine) ajoutent de belles possibilités à l'instrument. C'est propre, bien fait, agréable à jouer et on retrouve parfaitement les timbres des jeux faits par Angster, assez romantiques, avec des fonds doux mais très timbrés et de petits jeux brillants et lumineux. Il était offert gratuitement pendant les fêtes; ce n'est plus le cas. Mais pour 25 malheureux petits euro c'est à ne pas manquer.

 

- L'année 2016 commence bien chez Augustine, avec le délicieux petit orgue baroque de l'abbaye cistercienne de Szentgotthárd. Cette abbaye, dont la très vaste église est richement ornée, se trouve pratiquement à la jonction des frontières de la Hongrie, de l'Autriche et de la Slovénie. L'instrument a été construit en 1764 par le facteur Ferdinand Schwartz mais, complètement ruiné, il a été refait d'abord en 1932 par Rieger dans le style romantique avec traction romantique, puis en en 1987 par la société Aquincum, de Budapest, qui a tenté d'en conserver ou refaire la plupart des tuyaux et l'a doté d'un mécanisme neuf.
Ce n'est pas un très gros instrument puisqu'il ne comporte que 21 jeux (en incluant une trompette d'écho et un nazard ajoutés au positif par Augustine, empruntés au grand-orgue), mais c'est l'orgue baroque des pays allemands du sud comme je les aime. Il est très équilibré, avec des jeux de fond qui chantent bien, un bourdon aux attaques très réalistes et des petites mixtures spirituelles sans être envahissantes qui, je ne sais pourquoi, me font irrésistiblement penser aux soubrettes des comédies de Molière. L'acoustique est parfaite et la belle réverbération est agréable à l'oreille.
Augustine nous propose cet instrument en deux versions (dans des onglets différents): l'orgue original et une version légèrement étendue qui se distingue surtout par un assez grand nombre d'accouplements (aux octaves graves et aiguës) et deux pédales d'expression, à mon avis un peu hors sujet mais qui en augmentent les possibilités. Et en prime vous aurez droit à 3 enregistrements des cloches de l'église... Que demander de plus? d'autant plus que le prix demandé est très doux. Depuis 14 février Augustine poste régulièrement des démos intéressantes sur le site de Contrebombarde, qui confirment la qualité et l'intérêt de cette banque de sons, certainement la meilleure jamais faite à ce jour par cet éditeur qui entre ainsi de plein-pied dans la "cour des grands".
En juin 2018, sur mes conseils, Augustine a entièrement repris cette banque de sons à partir des échantillons originaux. Sa technique ayant bien progressé en deux ans, il nous en livre une admirable version 2 qui n'a plus rien à voir avec la précédente. Les échantillons ont été à nouveau débruités (remarquablement) et la banque de sons est devenue surround à 6 voies. Du coup l'orgue, un peu étriqué dans la version 1, remplit toute l'église et devient fastueux, avec des timbres qui sont certainement plus authentiques: une re-découverte qui s'impose.  L'ancienne version a été retirée du catalogue et tous les précédents acheteurs recevront gratuitement la nouvelle version Wet, avec proposition de mise à jour en surround pour un prix dérisoire. Pour les autres le prix a un peu augmenté mais reste très en dessous de ce qui se demande chez les autres éditeurs: une aubaine à ne pas laisser passer.


- Augustine nous propose pour Noël l'orgue Rieger d'Esztergom. Quoique assez peu connu car il se trouve éclipsé par le célèbrissime orgue de la cathédrale-basilique voisine dont la banque de sons se trouve chez Inspired Acoustics, c'est un bel instrument (3 claviers + P) construit en 1942 par la manufacture viennoise Rieger, dans l'église des franciscains. La version stéréo diponible est celle d'un orgue original et très typé, de style plutôt romantique mais avec des réminiscences baroques, qui le rendent apte à servir un répertoire étendu; même pour l'œuvre de J.S. Bach ou les baroques français, le facteur ayant conçu l'orgue étant très lié avec Albert Schweitzer. Un bel ensemble de jeux de fond, soutenus par l'assise d'un pédalier particulièrement étoffé, donne un grande solidité à l'instrument. Tandis que certains jeux, en particulier les jeux d'anche, doux et colorés, sortent vraiment des sentiers battus. L'acoustique, avec une longue réverbération, très homogène, est plaisante. La finition de la banque de sons est soignée. Vous pouvez dès à présent écouter quelques démos sur le site de contrebombarde. L'instrument ayant été enregistré sur 6 canaux, une version surround avec dosage des voies est également proposée. Cette version surround est également utilisable en version sèche (en fait une verion "moist" d'un enregistrement assez proche du buffet, pour laquelle la réverbération est faible mais pas totalement absente et en version wet. Cette banque de sons, en surround, est d'une grande de ampleur sonore et les réglage des voies y sont parfaitement maîtrisés (Augustine progresse). Si votre ordinateur dispose d'assez de mémoire, la version surround est nettement supérieure, à mon avis, à la version stéréo-mix. Entière, elle se charge (de justesse) sur un ordinateur équipé de 16 Go de RAM. Un beau cadeau à se faire et qui ne vous ruinera pas, comme toujours chez Augustine.

 

- Pour Pâques 2017, Augustine nous annonce sortie d'une nouvelle banque de sons. Il s'agit de l'orgue POM de l'église catholique St Étienne à Újpest (au nord de Budapest; le 4è arrondissement). C'est cette fois un instrument contemporain, construit en 2006 par la Manufacture d'orgues de Pécs (POM), un des meilleurs facteurs du pays, formé par Angster, dont la réalisation la plus importante a été l'énorme orgue du Palais des Arts de Budapest: 92 jeux!  (la banque de sons est éditée par Inspired Acoustics). Cet orgue est indubitablement d'inspiration et de composition baroque, mais avec ses fonds puissants, il reste très ouvert à d'autres époques, comme le prouvent les démos placées sur le site. L'instrument original, réparti dans deux buffets identiques de part et d'autre de la tribune de l'église, comporte 28 jeux (10 jeux au GO, 11 au Positif et 7 au pédalier), accouplement et tirasses, tremblant au Positif. Augustine y a ajouté une voix céleste au positif, une trompette au pédalier, un tremblant au GO, 2 expressions et divers accouplements n'existant pas dans l'original; ces extensions sont clairement repérées dans la présentation de la banque de sons par une couleur différente. L'église est de taille moyenne, mais son plafond est très absorbant. Le temps de réverbération y est donc assez court (guère plus de 1,5 secondes. L'acoustique est néanmoins belle et très homogène.
L'orgue a été enregistré sur 6 canaux et proposé en deux versions: une version stéréo-mix peu encombrante (elle se charge entièrement en 24 bits dans 8 Go de RAM) et une magnifique version surround (avec réglage de la position d'enregistrement par 3 curseurs très efficaces) qui peut être ouverte en entier en 20 bits, dans 16 Go de RAM et qui ajoute une grande richesse sonore par rapport à la version uniquement stéréo. Les deux sont également librement proposées à l'essai, avec tous les jeux, mais amputés de leur première octave. Le prix de vente est, comme toujours chez Augustine, très compétitif.

 

- Ce début d'octobre 2017, c'est une pièce maîtresse que nous propose Augustine . Il sagit de l'orgue de la basilique-cathédrale Saint-Martin de Szombathely. Cette grande ville de l'ouest de la Hongrie, lieu de naissance de Saint-Martin de Tours, était autrefois appelée Savaria et c'est la raison pour laquelle (afin d'éviter des confusions avec les autres orgues déjà numérisés par lui à cet endroit), Augustine a appelé sa banque de sons Savaria-Cathedral.
L'ancien orgue ayant été détruit par les bombardements de la seconde guerre, cet orgue est récent. Il s'agit d'un gros instrument (54 jeux sur 3 claviers + P), construit en 1999 par la manufacture d'orgues Aquincum, avec réemploi de quelques petits jeux d'un orgue fait en 1915 par Steinmayer pour l'église du Sacré-Cœur d'Augsbourg (Bavière, Allemagne). La composition, très complète et accompagnée de nombreuses possibilités d'accouplements, est plutôt romantique, mais l'orgue, avec ses chamades triomphantes et ses deux 32 pieds a une puissance incroyable et se prête à un très vaste répertoire allant du baroque aux romantiques allemands ou français. Les claviers II et III sont expressifs. Tremblants sur chaque clavier.
Les timbres sont clairs et une belle réverbération leur ajoute juste ce qu'il faut pour plaire à l'oreille sans poser trop de difficultés à l'organiste. La prise de sons qui, pour la première fois, a été rentièrement réalisée avec les 6 nouveaux micros d'Augustine - est parfaite. La présentation de la banque de sons est très claire et - une fois n'est pas coutume - elle comporte deux écrans de jambages gauche/droit, que certains vont apprécier.
La banque de sons est proposée en deux versions, indépendantes l'une de l'autre. La version Stéréo-Mix a un encombrement en 24 bits qui est de l'ordre de 8 Go. La version surround à 6 voies passe facilement en 16 bits dans mes16 Go de Ram et comme il y a de la marge, j'ai ouvert les jeux "far" des 3 claviers plus quelques jeux du pédalier en 20 bits: c'est magnifique et ça peut aisément être comparé à certaines banques de sons prestigieuses et dont on parle énormément. Les deux versions ne sont pas cryptées et peuvent être utilisées (comme toutes celles produites par Augustine) à partir de la la version 4.0 de Hauptwerk. Des versions d'essais, gratuites avec tous les jeux mais amputés de leur première octave, sont également disponibles sur le site. Et une fois de plus Augustine, comme St Martin, a su couper son manteau en deux pour les pauvres et la proposer, comme toujours, à des prix intéressants.




les jeux de la version surround, avec les 3 curseurs de dosage des voies

- Augustine nous propose début décembre 2017 une nouvelle banque de sons. Il s'agit de l'orgue de l'église Saint-François de la place Bakáts à Budapest. Cet instrument a été construit en 1879 par le facteur Sándor Országh pour cette vaste église néo-romane, qui venait d'être achevée. C'est un instrument de 21 jeux, sur 2 claviers + P, de style romantique. Il a été restauré en 1994 par la société Aquincum, en respectant scrupuleusement la disposition originale.
Deux version sont proposée au choix: une version stéréo-mix et une version version surround. C'est un instrument qui sonne bien, avec des fonds magnifiques et des mixtures particulièrement claires, surprenantes pour un orgue romantique. Trois jeux d'anches (posaune 16' au pédalier, trompette de 8' au GO et Oboe de 8' au positif) ajoutent encore au brillant de l'instrument. À la version surround ont été ajoutés deux jeux dérivés: voix céleste et voix humaine. Cette version surround, à mon avis, apporte beaucoup d'ampleur à l'acoustique de l'église; à conseiller fortement pour ceux qui le peuvent. Pour les configurations modestes cette banque de sons, traitée avec beaucoup de soin et un bel enregistrement; pourra être une alternative intéressante à celle de Savaria, tout en étant nettement moins coûteuse (même avec les promos de Noël).
Une version de démo, complète mais amputée de la première octave, est librement téléchargeable sur le site

 

 - Augustine vient de sortir sa première banque de sons de l'année 2018: l'orgue de Kanta, petite ville ville à l'est de la Transylvanie, majoritairement peuplée de hongrois, dans la banlieue de Készdivásárhely  (en roumain: Târgu Secuiesc). Construit en 1894 par Ottó Rieger et restauré en 1993, c'est un petit orgue de 16 jeux, sur deux claviers + pédalier, auxquels Augustine a ajouté 5 jeux par emprunts aux jeux existants. C'est un instrument de style romantique allemand, aux sonorités paisibles, un peu voilées et aux basses assez douces. La banque de sons est proposée soit dans une version stéréo-mix, soit en version surround à 6 canaux). Elle se présente sous deux formes: dans un onglet l'instrument conforme aux dispositions originales et dans un second onglet une version étendue, avec les jeux supplémentaires et une grande variété d'accouplements augmentant les possibiltés d'utilisation de l'orgue. Peu gourmande en mémoire, la version stéréo-mix conviendra parfaitement aux utilisateurs n'ayant que la licence de base de Haupwerk.
Dans la version surround, incontestablement, le mélange des 3 voies (dry, wet et arrière) apporte un grand souffle à cette banque de sons, dont la version stéréo me semblait un peu étriquée. C'est toutefois au détriment de la mémoire: dans les 16 Go de mon mac, j'ai dû opter pour une ouverture en 20 bits pour tout charger sans encombre. Une forte augmentation de la polyphonie s'impose également (comme pour toutes les grosses banques de sons, d'ailleurs) pour éviter des craquements intempestifs dans les tutti. J'ai opté pour une polyphonie > 4000 et c'est parfait chez moi. Comme toujours des versions d'essai gratuites, amputées de leur première octave, sont disponibles. Les prix demandés sont scandaleusement bas.

 

En même temps, est offerte gratuitement une extension, sous le nom de "Late Romantic Organ Composite", utilisant les jeux de l'orgue de Bakáts et ceux de Kanta, pour créer une bel instrument de 47 jeux sur 3 claviers + P avec des options d'accouplements variées. Deux versions sont également proposées: Wet et Surround qui, bien entendu, exigeront l'installation préalable des deux instruments pour lesquels Augustine propose un achat groupé à un prix avantageux. Cette extension a le bon goût de pouvoir être entièrement ouverte, en surround 16-bits, sur un ordinateur équipé de 16  Go de mémoire. Les deux orgues, pratiquement de même style et enregistrés dans des églises aux acoustiques très similaires, sont parfaitement équilibrés et harmonisés, au point qu'il est impossible, sans avoir de références, de distinguer quels sont leurs jeux respectifs. Écoutez cette magnifique démo qui devrait vous convaincre. Une intéressante initiative, qui se positionne dans un créneau à mi chemin entre le petit instrument sympathique, mais limité, et le monstre inexploitable par la majorité des utilisateurs de Hauptwerk. L'extension fonctionne avec les deux versions d'évaluation gratuites de Kanta et Bakáts; ce qui permet de la tester.

 

- Pour la Pentecôte 2018, Augustine nous propose une nouvelle banque de sons. L'orgue avait été fait par le facteur suisse Ziegler (Zürich) en 1970 pour le temple St Vincent de Montreux. Ses propriétaires estimant que l'instrument était un peu démesuré pour cette petite église, dont il gâchait l'esthétique, a été soigneusement démonté pour être remplacé par un orgue Metzler de plus petite taille et donné à l'église St George du du Christ Roi de Plébania, dans la banlieue de Sepsiszentgyörgy: une communauté de langue hongroise à l'est de la transylvanie; autrement dit au bout du monde... La reconstruction a été menée sous la conduite de Tamás Lukác.
Cet orgue de 42 jeux, répartis sur 3 claviers + pédalier est d'un style néo-baroque, proche de l'esthétique française du XVIIIè siècle. Il se distingue par ensemble très étoffé de puissants jeux d'anche, à toutes les divisions et par de vigoureux plein-jeux qui lui confèrent une brillance toute particulière, dans une acoustique certainement meilleure que celle du temple de Montreux.
La banque de sons, très soignée, a fait l'objet d'une nouvelle technique de débuitage, par passes successives, inaugurée par Augustine avec cet instrument, garantissant un meilleure respect des timbres originaux, qui sont très réalistes.
La banque de sons est proposée soit en version Stéréo-wet que vous pouvez écouter sur contrebombarde, soit en version surround à 6 canaux qui est de toute beauté et d'une grande fraîcheur: écoutez ce noël de Balbastre déjà publié sur contrebombarde et faites la différence. Sur mon iMac 16 Go j'ouvre sans problème cette version surround complète avec:
- en 20 bits les voies Far et Near
- en 16 bits la voie Rear. Ça sonne admirablement, mais d'autres solutions sont envisageables également selon vos goûts personnels. La version stéréo passe sans problème en 24 bits.
Les prix annoncés sont de 109 € pour la version wet et 129 € pour la surround: c'est vraiment très raisonnable.
Augustine propose également, en même temps que cette banque de sons, une énorme banque composite de 90 jeux, à 5 claviers, faite à partir de cet instrument et de l'orgue de Szikszó. Un prix groupé de lancement est offert pour les deux banques de sons surround, ainsi qu'une mise à jour; mais attention à la mémoire!
Comme toujours chez Augustine, des versions de démo, gratuites mais amputées de la première octave, sont disponibles sur le site.
 

l'ancien orgue à Montreux et le même remonté à Plébania

- Continuant à cadence rapide, c'est à nouveau un orgue construit par la société Rieger que nous propose Augustine. Il s'agit de celui du couvent franciscain Saint-Antoine de Padoue à Szombathely. Construit en 1938 et en parfait état, c'est par sa composition un orgue néo-baroque de style allemand, sans jeu d'anche, mais qui se prète également assez bien au romantisme. Une délicate harpe éolienne au récit apporte une petite touche orientale à l'ensemble. Rieger avait prévu trois claviers mais pour des raisons d'économie (on était à la veille de la guerre) il n'en a fait que deux, regroupant sur un même clavier les jeux du GO et ceux du positif (tout en séparant bien leurs dominos sur la console, ce qui permet de connaître son intention avec précision). L'orgue n'a que 19 jeux mais comporte d'origine des accouplements et tirasses, y compris aux octaves inférieures et supérieures. Il y a également un trémolo au récit expressif. Augustine propose une banque de sons avec les trois claviers prévus par Rieger. Pour compenser le manque de jeux d'anche, il a ajouté en extension deux jeux ondulants: une voix humaine et une voix angélique, créés à partir des jeux originaux existants, ainsi qu'un tremolo pour le positif. C’est habilement fait et ça passe bien. La présentation est classique, avec de beaux dominos basculants: rien à redire; mais certains vont déplorer l'absence des jambages gauche/droit qui tendent à devenir la norme. Cette banque de sons est proposée en deux versions: une stéréo wet poru les petites configurations et une version surround à 6 canaux dont 3 curseurs permettent de régler la puissance. La version surround peut être chargée en entier, 24 bits, dans mes 16 Go de mémoire (c’est juste mais ça passe sans mal). Cela la rend intéressante pour les petits équipements et les amateurs de timbres allemands. Une version de démo gratuite, amputée de sa première octave est, comme toujours, proposée au téléchargement sur le site. Et plus que jamais les prix de vente sont dérisoires.


- Une banque de sons romantique, d'un orgue de l'église serbe d'Ada, de 22 jeux, du milieu du XIXè siècle, va suivre: une grande première pour ce pays de religion majoritairement orthodoxe où les orgues sont rares, mais qui a partiellement fait partie de l'empire Austro-Hongrois et où subsiste dans la régions autonome de VoÏvodine une forte minorité de langue hongroise (environ le 1/3 de la population - 83% à Ada). Construit dans la première moitié du du XIXè siècle, par un facteur inconnu, cet instrument a été réparé en 1918 par la société Angster puis, après que la plupart des tuyaux aient été fondus lors de la seconde guerre mondiale pour en récupérer le métal, il a été reconstruit en 1956 par le facteur slovène Franc Jenko (Ljubljana) qui en a conservé la composition d'origine mais remplacé la traction mécanique par une traction pneumatique. Le temps de réverbération est d'environ 3 secondes. J'ai eu la primeur des premières démos avec quelques ravissantes pièces de Franck et on trouve deux belles interprétations sur Contrebombarde: de Zoltan Kodály et de César Franck.
Mi octobre la banque de sons est prête et j'ai pu la tester en avant-première. C'est très propre, très lumineux (on sent l'influence méditerranéenne) avec une grande ampleur et une composition tout à fait romantique comportant une majorité de jeux de fond et pas moins de trois 16 pieds au pédalier (plus un au GO). Quelques mutations et mixtures donnent du brillant à l'instrument. Augustine a ajouté à la disposition originale 3 jeux d'anches empruntés à l'orgue d'Újpest. Exigeant au minimum une version 4.2 de Hauptwerk, elle peut être chargée en stéréo (demi-sèche ou réverbérante) ou en surround à 6 canaux. Pour les versions stéréo comptez 6 Go en 16 bits et 12 Go en 24 bits. Pour la surround 8 Go en 16 bits et environ 20 Go en 24 bits. J'ai toutefois pu ouvrir la surround en 20 bits pour les voies Near et Far et en 16 bits pour la voie Rear: ça passe. Pour ceux qui n'ont pas de gros moyens, la version wet en 14 bits, avec relâchement simples et les 16 pieds en mono, c'est jouable. Le prix de vente prévu est, une fois encore, particulièrement modeste. Une version d'évaluation amputée de sa première octave est, comme toujours, proposée par Augustine.


- Pour le début de l'année 2019 Augustine nous propose l'orgue Stahlhuth d'Aix-la-Chapelle: un bel instrument moderne construit en 1961 par la manufacture d'orgues Stahlhuth la même que celle ayant construit en 1912 l'orgue de Dudelange édité par Voxus). C'est un instrument de composition assez classique, proche de ce qui se faisait à l'époque aux Pays-bas (Maastricht n'est qu'à quelques kilomètres), en particulier par Markussen. L'orgue, anciennement à Saint-Michel d'Aix-la-Chapelle-Burtscheid, a été transféré en Hongrie en 1999, dans l'église mémorial de l'évêque Proháska à Székesferhévár, lorsque cette église allemande a souhaité remplacer l'instrument par un orgue plus moderne du facteur Josef Weimbs. La présence d'un vaste dôme couvrant presque toute la nef et désastreux du point de vue acoustique, n'a pas facilité la prise de son et encore moins la réalisation de la banque de sons, Au point qu'Augustine a failli jeter l'éponge. Mais un sérieux équilibrage des canaux privilégiant les échantillons pris à proximité du buffet, a fini par venir à bout de ces difficultés.
C'est très clair, très propre, avec une magnifique réverbération de 4 à 5 secondes d'où toute trace d'écho déplaisant a disparu. Si la composition de 29 jeux sur 3 claviers est assez classique et convient à un répertoire étendu, les jeux de fond ont des timbres assez français. Un jeu d'anche à chaque clavier et de belles mixtures donnent beaucoup d'éclat à l'instrument. Préparez vous à casser votre tirelire s'il y reste encore quelque chose après les fêtes, d'autant plus que ce petit fils de l'orgue de Dudelange vous est proposé à un prix beaucoup plus compétitif que l'autre...

 

Le 27 janvier, Augustine nous propose également un petit orgue positif de continuo à un clavier, fait à partir de quelques uns des plus beaux jeux du Rückpositiv de l'instrument complet. Cette mini banque de sons est déclinée en plusieurs versions: originale ou étendue, sèche ou wet et surround à 4 canaux. Elle est donc particulièrement adaptée à l'usage en église. Toutes ces versions peuvent être utilisées avec la version Free de Hauptwerk, en 16 bits bien entendu mais rien ne vous empêche de la charger en 24 bits si vous avez au moins une licence de base de Hauptwerk. C'est gratuit mais une donation de 20 € est suggérée.


- Le 1er août 2016, Augustine nous gratifiait d'une très belle banque de sons de l'orgue de Szikszó (à prononcer Sikso). C'est un gros instrument néo-classique de 41 jeux, à 3 claviers, construit par le facteur allemand Klais en 1955 pour une église de Francfort-sur-le-Main, qui en a ensuite fait cadeau à une petite paroisse hongroise. Augustine dit que c'est la commune la plus pauvre, de la région la plus défavorisée d'un pays lui-même pas bien riche! Je trouve cet orgue absolument remarquable. Avec son puissant plein-jeu du Grand-orgue, un Positif bien équilibré et ses délicats jeux de fond romantiques du Récit, il se prête à un répertoire très étendu. Un 4è clavier (Bombarde ou Solo) a été ajouté à partir des jeux existants re-travaillés, avec un beau cornet et un imposant ensemble de jeux d'anches (16 + 8 + 4). La sonorité est ample et puissante, dans une belle acoustique: une réussite dont les nombreuses et intéressantes démos mises sur le site ainsi que sur Contrebombarde donnent un aperçu très varié, particulièrement dans le domaine de la musique d'orgue française contemporaine (Dupré, Langlais, etc.)
Une version surround de cette banque de sons (appelée Premium) comporte un curseur horizontal pouvant être déplacé, une fois sélectionné, au moyen de la molette de votre souris (mais actionnée dans le sens vertical!), de la position gauche (orgue) à la position droite (église), avec indication des pourcentages. Les voies arrière (rear) si elles ont été chargées restent invariantes. Bien entendu ce petit monstre à 6 canaux ne passera pas partout. Avec les 16 Go de RAM je dois me contenter de 16 bits pour les jeux "near" et "far" et désactiver les jeux "rear"; il me reste un petit excédent de mémoire d'environ 2 Go: pas beaucoup, mais ça sonne admirablement. Pour ceux que ce dosage des voies ne tente pas, Augustine propose une version "mix-stéréo" (les 3 positions d'enregistrement assemblées, sans le clavier de solo), vendue à part à prix réduit. Avec la version surround viennent une version  "wet" (far + near) et une version "semi-dry" (near + rear). Toutes trois passent sans problème, en 24 bits, dans les 16 Go et sont très belles. Les prix demandés, une fois de plus, défient toute concurrence. Que demander de plus?
Trois ans se sont écoulés et Augustine a pensé qu'il serait intéressant de récrire totalement cette banque de sons, en mettant à profit ses acquis en matière de traitement du son (qui sont considérables). Il est donc parti de son enregistrement initial brut et en a tiré une banque de sons entièrement nouvelle. Je la teste depuis quelques semaines et elle est enfin proposée par AVO depuis le 14 mai 2019. Le travail accompli est remarquable. Par rapport à la première version c'est le jour et la nuit. Les sonorités sont beaucoup plus claires et réalistes, l'ensemble a pris une belle ampleur spatiale (même si le surround est passé de 6 canaux à 4 seulement) du coup, l'encombrement en mémoire est moindre. Les démos du site ou de contrebombarde parlent d'elles-mêmes.  De quoi faire regretter aux gens de Francfort-sur-le-Main d'avoir donné cet orgue aux hongrois.
Pour tous ceux qui possèdent déjà la version 1, la mise-à-jour s'impose et pour les autres c'est l'occasion d'acquérir une remarquable banque de sons à un prix très inférieur à ses concurrents comparables.

 

Les habitants de Gazdagrét, un lotissement de Budapest sans édifice religieux datant de l'époque communiste, se sont cotisés récemment pour se faire édifier une grande église à l'architecture très contemporaine qu'ils ont souhaité doter d'un orgue. Le choix s'est porté sur une reconstitution quasiment à l'identique (sauf pour le buffet) du célèbre orgue espagnol de Tordesillas (Felipe Urarte 1716), dans le nord de la Castille, à mi chemin entre Valladolid et Salamanque. Le facteur a été la société hongroise Aeris Orgona, mais les tuyaux de l'orgue de Tordesillas ayant été recemment restaurés par l'espagnol Joaquin Lois il lui a été demandé d'en faire une copie pour l'orgue de Gazdarét. On a donc quelque chose qui sonne de façon particulièrement authentique.
C'est un instrument du plus pur style baroque Castillan, reproduisant dans les moindres détails la disposition de son modèle, jusqu'à la surprenante genouillère en fer qui remplace la pédale d'expression pour la Corneta et permet des effets d'écho. Un seul clavier coupé à hauteur du Do#: 10 jeux à la basse à partir du 8', 12 pour le dessus. Aucun pédalier mais deux petites marches produisant un effet de timbale sur le Ré et le La. Les jeux sont typiquement espagnols, avec une pyramide de mutations dont l'ajout permet (comme pour les orgues d'Italie) de se composer une mixture. Des jeux d'anche puissants, de 8 et 4 pieds, en chamade bien sûr et un Lleno sonore apportent à cet orgue toute la richesse nécessaire à l'exécution de certaines oeuvres espagnoles. Mais il y a aussi une admirable et tendre Dulzaina et pour les passages plus recueillis un très beau Tapadillo (flûte).
La banque de sons, est sortie officiellement pour la Pentecôte, après avoir déjà fait l'objet d'intéressantes démos sur le site de Contrebombarde. Elle est particulièrement soignée dans sa présentation et sa réalisation et est proposée en plusieurs versions (originale ou étendue, semi-dry, wet ou surrond à 6 canaux). Elle passe à l'aise en 24 bits dans 16 Go de RAM et la version originale wet est parfaitement acceptée par la version gratuite de Hauptwerk. Le prix demandé est particulièrement doux et ce serait dommage de se priver de ce remarquable instrument. Comme toujours une version de démonstration, complète mais amputée de sa première octave, est proposée sur le site.


- Une nouvelle banque de sons vient de pointer son nez début octobre 2019: celle de l'orgue de l'église serbe du Sacré-Coeur de Jésus à Zenta (ou Senta en serbe). Cette ville du nord de la Serbie, dans la province autonome de Voïvodine, est peuplée d'une majorité d'habitants de langue hongroise (80%). Un orgue de 12 jeux, à un seul clavier, y avait été construit par Rieger en 1896 mais était devenu injouable dans les années 1990. En 2011 la ville autrichienne de Feldbach a offert la paroisse de Zenta un orgue à 3 claviers, de 34 jeux, construit en 1941 par les facteurs Dreher & Flamm (Salzbourg). Un nouvel orgue, regroupant les deux instruments a été remonté par  László Varga et inauguré en 2012, puis modifié en 2018 par le facteur roumain Szabolcs Bartis (de Transylvanie). Cela donne un imposant instrument de 42 jeux, le plus grand de Voïvodine.
Ce bel orgue symphonique a été enregistré avec soin et la banque de sons d'Augustine est techniquement irreprochable. L'instrument, avec ses nombreux jeux de fond, convient plutôt à un répertoire moderne ou romantique (surtout les romantiques français) mais elle est assez complète pour accepter facilement les compositeurs de la fin du XVIIIè comme Mozart ou les fils de Bach. La réverbération dans cette église de taille modeste reste assez discrète, mais agréable. Les basses sont profondes. Elle est proposée en plusieurs versions: semi-sèche, stéréo à 2 ou 3 lâchés au choix (en fonction de la mémoire disponible) et surround à 4 canaux. Cette version surround passe sans encombre sur tout ordinateur équipé de 16 Go de mémoire vive. Il n'est toutefois pas possible d'utiliser cette banque de sons avec la version gratuite de Hauptwerk, même en la réduisant au minimum. Augustine y a introduit un dispositif intéressant qui est un bouton permettant le dosage avec la molette de la souris, à la volée et en temps réel, des bruits (soufflerie et traction), ce qui va faire bien plaisir à certains.



- Pour bien commencer l'année, Augustine nous propose fin janvier un orgue dans le style italien, celui de l'église de Toussaint à Farkasrét, Buda. Cette église, qui jouxte un cimetière où sont enterrées de nombreuses personnalités hongroises (un peu le Père-Lachaise de Budapest) a la particularité d'être la première construite sous le régime communiste (en 1977), dans un style contemporain très dépouillé où la rugosité des parois, leur absence de parallélisme et un plafond à profonds caissons s'opposent très efficacement à la réverbération. L'acoustique y est donc  particulièrement sèche. En 2003 la société Aquincum y a construit un orgue dans un style vénitien proche de celui de Gaetano Calido, selon des plans établis par l'organiste Péter Sirák. C'est un modeste instrument de 20 jeux à un seul clavier (61 touches) coupé entre le Do et le Do#, avec l'étagement pyramidal classique des petits jeux aux nombreuses reprises, l'habituelle voix humaine produisant un effet ondulant lorsqu'elle est utilisée avec le principal et de beaux jeux de flûte. Un pédalier plus classique de 30 marches avec 5 jeux, dont un Contrabassi  16 pieds et un Tromboni complète l'ensemble. Cette disposition est proche de celle de l'orgue d'Hermance (dont la banque de sons a également été faite par Augustine),  mais elle est un peu plus complète.
La banque de sons est en surround à 6 canaux, avec un option Wet à deux canaux Stéréo. Pour pallier au manque de réverbération, elle est proposée au choix soit sèche (acoustique originale) soit légèrement réverbérante (réverbération artificielle ajoutée) pour ceux utilisant Hauptwerk 4. Pour ceux utilisant Hauptwerk V il est conseillé d'utiliser la version sèche et d'y appliquer, une réverbération par convolution de 1,5 ou 3,5 secondes, selon ses goûts personnels. L'orgue y gagne une grande luminosité et c'est une magnifique démonstration de la qualité et du naturel de ce genre de réverbération incluse dans Hauptwerk V. Des démos sur le site permettent de comparer. Une version gratuite de démo, amputée de sa première octave est en ligne.
Le prix de vente (45 €) est purement symbolique et ne ruinera pas ceux qui succomberont à la tentation.