Page mise à jour le 11 juillet 2017 (voir le détail des mises-à-jour récentes en fin de page)

Table des matières
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- Ouverture
- Découverte du logiciel Hauptwerk
- Autres logiciels de simulation d'orgues
- Que faire de l'ancien orgue?
- Les orgues à Saint- Brieuc
- Les banques de sons commerciales, classées par éditeur:
- Les banques de sons gratuites (ou presque)
- Banques de sons pour Hauptwerk gratuit
- La lapidation de l'organiste
- Pianoteq
- Mises à jour

Mes traductions
(pour les retrouver et télécharger facilement, au format pdf)

Ouverture
L'heure de la retraite ayant sonné et comme il faut bien s'occuper à quelque chose, j'ai décidé de me remettre à l'orgue.
J'avais appris le piano dans mon jeune temps, au conservatoire municipal de Vannes d'abord avec Stanislas Frémont comme professeur, puis au conservatoire national de région de Rennes dans la classe de Monsieur Cohen. Mais faute d'avoir continué à travailler, ma technique avait considérablement régressé. Ne me restait guère qu'une certaine facilité à déchiffrer, entretenue régulièrement par des activités au sein d'une chorale. À ce propos vous trouverez tous les détails, et pas mal de bavardage,
sur cette nouvelle page.
Tout jeune, j'avais pu utiliser librement l'orgue de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Vannes, grâce à la gentillesse de l'abbé Nicolas, qui dirigeait la manécanterie de la cathédrale, dont je faisais partie. C'était un instrument récent, à traction électrique, avec de nombreuses registrations préparées, ce qui en facilitait l'usage.


l'orgue de Notre-Dame de Lourdes, curieusement mais judicieusement placé dans une
vaste tribune surplombant le chœur de l'église et pouvant également accueillir toute une chorale
(je note au passage que cette disposition est également celle adoptée dans la chapelle royale de Versailles,
mais pour d'autres raisons: le roi occupant la tribune)

Puis étant étudiant, un ami organiste m'avait facilité l'accès à l'orgue de l'église Saint-Hélier, à Rennes et m'avait donné quelques leçons; disons plutôt quelques conseils et des rudiments de registration. Cet instrument vénérable, construit par Jean-Baptiste CLAUS vers 1880, puis restauré par Othon WOLF en 1952, ayant fini par rendre l'âme et être remplacé en 1977 par un  très bel orgue de Yves SÉVERE, neuf mais inaccessible, mes velléités d'organiste en étaient restées là, faute de trouver une paroisse voulant bien accepter ma présence ou un orgue qui ne soit pas la "chasse gardée" de son titulaire, comme c'est bien trop souvent le cas.

En 1969, je me suis offert une très belle épinette, de fabrication allemande, que j'ai eue chez moi pendant longtemps, avant de la revendre, dans une période de vaches maigres et aussi un peu fatigué par ses perpétuelles exigences d'accordage (et je puis vous assurer que si les clavecins se désaccordent aussi vite qu'une guitare, les accorder c'est autrement plus long et compliqué! avec l'informatique c'est devenu plus simple maintenant). J'avoue tout de même qu'elle me manque parfois.

Dans les années 70, la tentation de me remettre à l'orgue m'a pris et j'ai fait l'acquisition d'un orgue électronique dont je tairai la marque, car il ne m'a guère convaincu et qui a rapidement été remplacé par un instrument plus intéressant, qui m'a apporté beaucoup de plaisir. C'était un orgue analogique de marque WOOP (une petite société allemande qui n'a pas du en vendre beaucoup car ils étaient très chers et délicats à entretenir; j'ai même dans l'idée qu'il s'agissait d'un prototype).



Comme tous les instruments analogiques, cet orgue utilisait des circuits oscillants pour engendrer des signaux électriques qui, une fois correctement filtrés arrivaient à se rapprocher, plus ou moins fidèlement, des sons d'un orgue à tuyaux. Mais contrairement à tous les autres orgues analogiques que j'ai pu voir, qui n'avaient que quelques circuits oscillants dont les signaux étaient ensuite divisés et filtrés pour reproduire les différentes fréquences des notes et les timbres des jeux, le mien avait un générateur d'ondes par tuyau! Vous imaginez le monstre!



C'était donc une grosse armoire remplie à craquer de cartes portant les circuits oscillants (une carte par note), avec des résistances ajustables permettant d'accorder chaque "tuyau" et de l'harmoniser (c'est à dire d'équilibrer sa puissance par rapport aux autres).



Une batterie de filtres (un par jeu) achevait de donner leur timbre aux sons, de simuler les attaques et d'y ajouter un peu de souffle pour imiter la soufflerie d'un orgue réel.



Une grande carte, enfin, assurait (du moins je suppose) les "reprises" des mixtures, comme dans un orgue normal.


l'endroit et l'envers

L'intérêt d'un tel dispositif était d'avoir pour chaque tuyau un son bien individualisé, jamais strictement accordé (comme c'est le cas pour les autres orgues analogiques) et donc de compenser le côté "fabriqué" des sons par une grande variété de timbres et des "battements" comme dans un orgue réel. Et je dois dire que le résultat était assez bluffant; du moins à l'époque. Mais les attaques étaient peu réalistes et ça manquait cruellement de réverbération. Je lui avais bien ajouté une réverbération à ressorts, mais ça avait un côté franchement artificiel.
Tout cela aurait été parfait si ces résistances ajustables, sous l'effet des vibrations, ne se déréglaient pas continuellement. Il fallait donc régulièrement accorder l'instrument, délicatement avec un petit tournevis, tuyau par tuyau, sinon il devenait rapidement faux. Outre le travail que cela représentait, il faut savoir que les résistances ajustables sont très fragiles et ne sont pas conçues, en principe, pour être tripotées régulièrement. Même en tentant de les bloquer avec un verni, elles continuaient à bouger et à s'abîmer à chaque séance d'accordage.

L'ensemble des "jeux"
Détail d'une "note"

L'orgue a donc fini par tomber en panne, à plusieurs reprises. Des résistances ont été remplacées, mais les réparations devenaient de plus en plus problématiques. Plus personne ne voulait y toucher. En 2002 le prestant de 4 pieds, déséquilibré, est devenu définitivement muet et en 2004 c'est tout l'instrument qui s'est tu, après une panne de l'alimentation.

Découverte de Hauptwerk

Ce gros instrument restait là, à me narguer, trop lourd pour pouvoir être facilement évacué de la pièce au deuxième étage de la maison où il avait été hissé à grande peine et définitivement muet... du moins je le croyais. Car en 2005, en fouinant sur le web, j'ai fait une fantastique découverte: le logiciel Hauptwerk. Ce programme, qui à présent fonctionne aussi bien sous MacOS que sous Windows (certains affirment même avoir pu le faire tourner sous Linux Ubuntu), permet en effet l'exploitation, à l'aide de claviers à la norme MIDI, de banques de sons numérisés d'orgues à tuyaux réels, avec une qualité de reproduction qui égale, et même dépasse souvent, celle des meilleurs enregistrements sur CD.


Pour en avoir le cœur net, j'ai fait venir une version de démo du logiciel (qui est fournie avec une banque de sons, d'un orgue symphonique anglais des environs de Birmingham) et l'ai testé avec un petit clavier MIDI bas de gamme que je possédais déjà (Keystation 49 chez M-Audio). J'ai été enthousiasmé. Il est bien évident que des sons d'un orgue réel, enregistrés soigneusement tuyau par tuyau, dans l'ambiance de l'église, avec tous les bruits annexes et la réverbération naturelle des lieux, sont autrement plus réalistes que des sons fabriqués électroniquement, quelle que soit la technique utilisée. Le logiciel Hauptwerk, de plus, sait gérer très finement un grand nombre de paramètres, tels que des boucles et échantillons multiples pour varier aléatoirement la sonorité des notes et tenir compte de la vélocité pour les attaques et relâchements, les résonances internes des tuyaux non utilisés ou encore les minimes fluctuations du son engendrées par les variations de la pression de l'air en fonction de l'utilisation de la soufflerie. Il permet également la modification à la volée de l'accord et/ou du tempérament de l'instrument (l'écoute d'un instrument ancien avec son accord et son tempérament historique est une expérience très enrichissante).

Il ne m'a pas fallu longtemps pour acquérir la version complète du programme (en fait un dongle-clef USB qui supprime le léger bruit de triangle, discret mais bien présent tout de même, placé en arrière plan dans la version de démonstration et qui s'y fait entendre toutes les 5 secondes environ). Hauptwerk ne coûtait d'ailleurs pas une fortune: son prix était à l'époque très raisonnable (il a bien augmenté depuis lors, hélas). Je me suis aussitôt jeté sur les quelques banques de sons gratuites, d'orgue et de clavecin, que l'on trouve assez facilement en téléchargement. Depuis la version 3.2.3 du logiciel (qui a été cédé par son créateur britannique Martin Dyde à l'éditeur américain Milan-Digital-Audio et mis en téléchargement), Hauptwerk propose trois options au lancement si le dongle n'est pas en place: deux version complètes d'évaluation (de base et étendue, avec ce léger tintement de triangle en arrière-plan, toutes les 5 secondes environ) et une version gratuite délivrée de cet irritant bruit. Cette version gratuite, conçue à des fins publicitaires, est identique à la version de base de Hauptwerk, avec toutes ses fonctions, mais avec une polyphonie limitée à 256 "tuyaux" parlant simultanément (en comprenant tous ceux qui ne sont plus joués, mais résonnent encore) et elle ne peut charger que des banques de sons qui, une fois installées, n'occupent pas plus de 1,5 Go de mémoire vive et ne sont protégées ni par cryptage, ni par une licence. Cela permet tout de même, sans bourse délier, d'au moins tester Hauptwerk avec pas mal de petits instruments et de nombreuses banques de sons, gratuites ou non; cela d'autant plus que Hauptwerk étant d'une souplesse infinie, il permet de choisir les jeux à charger, la profondeur des échantillons (en bit), le nombre de boucles ou relâchements à prendre en compte, etc. En fin de comptes, en tâtonnant un peu et quitte à quelques sacrifices, on arrive pratiquement à charger dans sa version gratuite bien des banques de sons non protégées et de taille moyenne.

Je signale, à toutes fins utiles et bien que cela ne soit pas indiqué dans le manuel de l'utilisateur de Hauptwerk, que j'ai pu sans mal installer Hauptwerk 4.2.1sur un PC (sous Windows 7 Home Premium 32 bits) n'ayant seulement que 3 Go de mémoire. L'orgue de Ste Anne Moseley, chargé en 16 bits s'est ouvert en entier (de justesse) dans la version d'évaluation gratuite, ainsi qu'une vingtaine de petites banques de sons (la plupart gratuites). C'est donc une solution possible envisageable pour les tout petits budgets ou les configurations nomades.

Outre la version d'évaluation, il existe deux versions payantes de Hauptwerk (avec une assez forte différence de prix) et il vaut mieux évaluer ses besoins avant d'acheter (même si une mise à jour ultérieure est toujours possible). Toutes deux exigent le dongle (une sorte de clef USB) et permettent le chargement de banques de sons en 24 bits (contre 16 bits seulement pour la version gratuite). Elles disposent d'un support technique et sont vendues sur DVD (le logiciel étant par ailleurs exactement le même que celui pouvant être téléchargé). Soit:

- la version de base:
- la version étendue:
Il est intéressant de savoir que le dongle Hauptwerk est totalement indépendant du matériel utilisé. Il est unique, mais peut passer sans encombre d'un ordinateur à un autre (voire d'un PC à un Mac) et se trouve immédiatement opérationnel pour peu que son pilote ait été installé. C'est également le support de la licence des banques de sons protégées. Il est aussi intéressant de savoir qu'il n'existe qu'une seule et unique version du logiciel (celle mise en téléchargement) et que c'est donc la présence, ou non, du dongle et de la licence qui y est inscrite qui fait la différence.

En août 2014, une nouvelle version de Hauptwerk (en fait une mise-à-jour gratuite) est sortie, qui corrigeait certains bugs mineurs et dont certaines partie ont été ré-écrites pour être plus rapides et plus efficaces.

Il est vite apparu que cette version 4.1 de Hauptwerk était sorti un peu trop vite et comportait de nombreux bugs et des limitations, qui ont fait réagir assez vivement les utilisateurs les plus exigeants (essentiellement une politique de licence, d'utilisation gratuite mais à renouveler tous les 90 jours). La société MDA s'est donc empressée de se remettre à l'ouvrage et dans la foulée, a sorti le 24 septembre 2014 une mise-à-jour en version 4.1.1 qui, sans rien changer pour l'utilisateur est nettement plus stable et plus fiable dans toutes les conditions, même extrêmes. Dans la foulée j'ai repris ma traduction (très peu de changements en fait) et en ai profité pour y faire quelques corrections et améliorations, en réponse à des remarques de mes lecteurs. Cette nouvelle traduction a été mise en ligne par l'éditeur de Hauptwerk, sur son forum US, à la rubrique "Technical support". On en est actuellement à la version 4.2.1 (également traduite et que j'ai moi-même mise en ligne étant donné que cela ne paraissait absolument pas intéresser les éditeurs de Hauptwerk.

Hauptwerk à partir de la version 4.1 a également été prévu pour accepter directement le Novation Launchpad et le configurer aisément. De quoi s'agit-il? Comme on le voit sur la photo ci-dessous il s'agit d'un boîtier plat (24 x  24) équipé sur le dessus d'un damier de 64 boutons mécaniques et, sur le côté, de 16 boutons ronds de fonction. Aussitôt branché sur une prise USB de votre ordinateur, il est alimenté et reconnu automatiquement par Hauptwerk, sans nécessiter de pilote spécifique. Chacun des boutons peut être affecté, très simplement, à une commande de Hauptwerk relative à une banque de sons donnée (tirage d'un jeu, d'un accouplement, d'une combinaison préparée de jeux ou tout ce que vous voudrez) et s'éclairer d'une couleur choisie dans une palette de 5 (une version plus coûteuse propose une palette de couluers plus étendue). Pour cela il suffit de faire un clic-droit à l'écran sur la commande à utiliser, choisir le bouton et sa couleur, cliquer sur "Done"  et le tour est joué une fois pour toute, pour cette banque de sons. Cet engin, d'un coût abordable et qui semble solide, remplace avantageusement un écran tactile, qui reste assez coûteux. Il en existe aussi un version 'mini' moins chère, identique mais plus petite: 18,5 x 18,5. Il est certes moins facile de s'y retrouver que sur un écran tactile (qui garde ses partisans) puisque les boutons ne comportent aucun texte (certains font usage de caches amovibles en papier transparent), mais ses possibilités sont plus grandes que celles d'un écran tactile dont la présentation, fixée par le concepteur de chaque banque de son, ne convient pas toujours à tout le monde et peut cacher certaines choses que l'on estime être indispensables. Le launchpad s'avère particulièrement pratique avec les démos limités à quelques jeux mais dont la console affiche la totalité des jeux de la version complète: sur le launchpad on ne conserve en effet que les jeux réellement actifs. Un peu de rigueur et de méthode dans le choix des boutons et des couleurs permet d'ailleurs vite de s'y retrouver; ensuite c'est une question d'habitude, comme sur certains orgues à tuyaux dont la disposition des jeux laisse rêveur (vous avez vu celle de l'orgue de Haringe, reproduit plus loin sur cette page, avec certains jeux placés si bas que la main ne peut les atteindre? ou encore Smecno qui a les jeux du positif dans le dos de l'organiste! ou vice-versa comme sur cette photo)




Pour qui ne souhaite pas, ou ne veut pas, faire l'acquisition de ce matériel, le logiciel Hauptwerk propose tout de même une alternative peu connue mais particulièrement intéressante et gratuite; celle d'utiliser le clavier USB de son ordinateur exactement de la même façon que le launchpad. Le paramétrage est le même et, comme pour le launchpad, vos configurations de clavier seront chargées automatiquement avec chaque banque de sons. La version 4.0 ne permettait l'utilisation que des lettres du clavier, mais depuis la version 4.1 il est possible de programmer de toutes les touches, y compris celles du pavé numérique, ce qui autorise tout de même le stockage de pas mal de jeux ou combinaisons. J'ai toutefois noté que seuls les claviers USB filaires étaient reconnus et non les claviers sans fil. Pour ceux dont l'écran d'ordinateur est assez loin des claviers, ce dispositif est précieux (éventuellement en utilisant une rallonge de câble USB). Certains achètent même un second clavier USB entièrement dédié aux commandes de Hauptwerk: solution très économique.

Je signale un petit utilitaire astucieux. Il s'agit de DuetDisplay pour iOS. Cela se trouve sous ce lien ou dans App Store et ça vaut moins de 8 €. Une fois installé et lancé sur votre iPad et le petit pilote (gratuit, également sur le site) installé sur le mac ou le PC, il suffit de brancher l'iPad sur une prise USB de votre ordinateur au moyen du cordon d'alimentation standard, pour qu'il se comporte comme un petit écran tactile supplémentaire, pouvant être positionné à votre gré au moyen de la Préférence Système "Moniteurs" (au moins pour le mac, pour les PC je ne sais pas mais ça doit être à peu près la même chose). Bien entendu il faut avoir de bons yeux et des petits doigts mais c'est très réactif et ça fonctionne bien. Jugez-en vous même avec la banque de sons de Ménestérol sur mon iPad Mini (un ipad standard aurait été mieux). Parfait et pas cher pour les petites banques de sons bien présentées, avec de gros boutons, ou encore pour une utilisation nomade.


Et pour ceux qui veulent tout savoir, en particulier pour les débutants maitrisant mal l'anglais, voici en seulement 20 pages tout rond un petit manuel de survie que je me suis permis d'écrire à leur intention. C'est un peu basique, volontairement sans aucune illustration, mais ce court texte devrait vous conduire pas à pas depuis la découverte et l'installation de Hauptwerk, jusqu'à l'utilisation de ses fonctions les plus courantes, voire les plus pointues. Des retours que j'ai pu avoir, ce petit texte a été très utile à pas mal de gens, même pensant bien connaître Hauptwerk. Et pour tous ceux qui souhaitent vraiment aller au fond des choses, j'ai également mis en ligne ma traduction du Guide de l'Utilisateur de Hauptwerk (version 4.2.1). C'est du lourd (près de 71 Go), mais c'est l'ouvrage de référence. À réserver aux plus courageux.
Ma première console

Maintenant, un seul clavier ne me suffisait plus. Je lui ai rapidement donné un petit frère, identique, acheté sur l'Apple Store, que j'ai placé sur une petit étagère bricolée (un peu trop vite) par moi, avec un pupitre pour les partitions (je n'ai aucun talent d'ébéniste, n'ai guère fait d'efforts car j'étais pressé et reconnais que c'est assez moche). Puis, il fallait bien, je me suis acheté un petit pédalier droit MIDI de 27 marches, de marque Hoffrichter, à la société EMA qui est le correspondant Hauptwerk en France. J'ai dû l'attendre plus de 2 mois: ils sont faits, je suppose, à la demande et l'importateur travaille un peu à la petite semaine; mais bon... j'en suis pleinement satisfait: doux au toucher, robuste et agréable à jouer.  Un infâme bricolage à partir des restes d'une vieille armoire a donné un semblant de console, pour poser le tout et un banc, limite périlleux mais qui supporte ma précieuse personne.


À présent, à moi les joies de l'orgue.


Bien vite, les banques de sons gratuites ne m'ont pas satisfait pleinement, même si certaines d'entre-elles, destinées à servir de produit d'appel et de démonstration de savoir-faire, sont particulièrement soignées. Mais les instruments enregistrés sont souvent de petites taille et il arrive (de moins en moins souvent d'ailleurs) que la qualité de la numérisation ne soit pas idéale (une seule boucle par son) ou limitée (un seul échantillon pour plusieurs notes), ou encore que la réverbération ait été coupée ou pas enregistrée, pour gagner de la place en mémoire ou toute autre raison (comme la possibilité d'utilisation dans un lieu déjà réverbérant naturellement). J'ai donc été piocher dans le catalogue des banques de sons commerciales, qui s'étoffe de mois en mois, afin de trouver les instruments qui me convenaient le mieux sans trop grever mon budget. Car il y a de tout et à tous les prix, les plus chers n'étant pas nécessairement les plus beaux. Heureusement que ces banques de sons ont fait l'objet de très nombreux enregistrements, qui permettent de se faire une idée avant d'acheter. On trouve ces démos sur le sites des éditeurs mais surtout sur les sites très spécialisés de PCOrgan ou de Contrebombarde, ainsi que sur le récent site de Wolfram Syré, alias Contrabaixon, consacrés uniquement aux banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk: de vraies mines d'or! Toutes ces démos sont en MP3 (parfois .waw) et librement téléchargeables. Une astuce pour retrouver quelque chose sur Contrebombarde: allez sous l'onglet "Browse". Vous allez y trouver, classées par date, les démos les plus récentes et, sur la même page, un champ de recherche par instrument (ou lieux).

Très vite il m'a fallu tenir compte de la dure réalité des choses: à savoir que le logiciel Hauptwerk chargeant dans la mémoire de l'ordinateur la totalité de chaque banque de sons (les disques durs actuels ne sont pas encore assez rapides), il faut beaucoup de mémoire pour accéder à certains instruments. J'ai donc aussi acheté de la mémoire, puis regretté que mon ordinateur soit limité à 4 Go car cela m'interdisait l'accès à certains gros instruments, bien tentants mais qui exigent beaucoup plus (sauf à renoncer à certains jeux ou à certaines boucles). Allez, ça forçait à rester raisonnable! J'ai ensuite changé d'ordinateur pour un iMac doté de 8 Go de mémoire vive, ce qui me permet enfin de charger de plus grosses banques de sons dans toute leur splendeur. La sortie, toutefois, de la version 4 de Hauptwerk, laquelle occupe environ 500 Mo de RAM en plus, a remis un peu en cause tout cela et certaines de mes plus belles banques de sons commencaient à se trouver bien à l'étroit. Mais cette version 4, entièrement ré-écrite et dont la présentation a été totalement refaite, apporte tant d'améliorations qu'elle s'impose naturellement. Voilà pourquoi j'ai donc fini par craquer et passer la mémoire de mon iMac à 16 Go, ce qui me permet de charger presque toutes mes banques de son en 24 bits. Bien entendu, tout cela supposait que je possède la version étendue de Hauptwerk puisque, comme je l'explique plus haut, la version de base est limitée à 3 Go utilisables. La mise à jour m'a été offerte par Martin Dyde, le créateur de Hauptwerk, en remerciement des traductions que j'avais faites de son site web. Je l'en remercie vivement.

La profondeur de l'échantillonnage a en effet de l'importance: plus elle est élevée et plus la restitution est fidèle et précise. Hauptwerk permet 4 type de chargements et même un panachage jeu par jeu:

- 14 bits (recalculés): c'est le minimum, faute de mieux, mais ça peut sauver la mise ou encore gagner quelques Go en réservant cette profondeur à des jeux secondaires, comme les bruits de mécanisme, de soufflerie ou aux jeux les plus graves du pédalier pour lesquels cela a moins d'importance et peuvent même à la rigueur être chargés en mono (Hauptwerk, de toutes façons, va recalculer automatiquement la stéréo, selon une disposition dans le buffet adoptée par la plupart des facteurs d'orgue);
- 16 bits: c'est la proposition par défaut lors d'une installation et le résultat est en général assez plaisant. C'est aussi la profondeur maximum autorisée par la version gratuite de Hauptwerk. À titre indicatif, tous les CDs de musique du commerce sont en 16 bits.
- 20 bits (recalculés): cela apporte tout de suite beaucoup plus de réalisme à l'orgue. L'éditeur de Hauptwerk recommande même de charger en 20 bits les banques de sons uniquement proposées en 16 bits, à chaque fois que la mémoire ou la banque de sons l'autorise, afin d'obtenir des sons plus purs.
- 24 bits (recalculés ou non): une oreille un peu exercée entend tout de suite la différence et l'orgue y gagne un réel supplément d'âme.

Cela vaut donc la peine de prendre son temps et de tester plusieurs (très longs) chargements successifs afin de déterminer lequel utilisera au mieux votre mémoire. Il suffit parfois de peu de choses pour passer. Il arrive aussi que certains jeux soient enregistrés sur deux voies séparées (gauche et droite); il n'est dans ce cas guère utile d'encombrer la mémoire en les chargeant en stéréo. Aussi, si on ne dispose pas d'un équipement surround, le chargement des voies arrières (rear) est inutile, voire parfois déconseillé.

Je me trouve donc à présent à la console d'un certain nombre d'orgues, souvent historiques et parfois prestigieuses qui sonnent remarquablement, avec un réalisme tel qu'il est parfois difficile de ne pas se croire à la tribune même de l'instrument (c'est du moins ce que m'a affirmé un ami organiste à qui je faisais tester la banque de sons du beau Cavaillé-Coll de Metz).

L'édition de nouvelles banques de sons est d'ailleurs en constante progression et leur qualité s'améliore régulièrement (quitte à devenir parfois des monstres en ce qui concerne la place nécessaire en mémoire). Il est intéressant de noter que, contrairement aux orgues électroniques que l'on trouve tout faits dans le commerce et qui sont plus ou moins l'œuvre de techniciens, les banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk sont toutes dues à des organistes professionnels ou à des amateurs éclairés, très exigeants sur leur instrument et à l'oreille impitoyable. Les critiques des utilisateurs, sur le forum (en anglais) du site de Hauptwerk ne sont pas moins directes et souvent très "pointues". Et le forum français a de plus en plus de participants. On trouve aussi de nombreuses indications intéressantes sur le forum de l'Orgue Libre, dont le ton effectivement très libre et souvent passionné est toujours très rafraîchissant

Il est aussi remarquable que ces numérisations permettent de sortir des sentiers battus et des orgues passe-partout. Elles sont l'occasion de garder une trace aussi fidèle que possible, en leur état actuel, d'instruments rares et originaux, ou encore en péril, qu'aucun constructeur d'orgues électroniques ne s'aviserait de vouloir reproduire, faute de débouchés commerciaux. On a même vu produire des banques de sons d'orgues devenus parfaitement injouables mais dont une bonne partie des tuyaux était encore capable d'émettre un son à peu près correct, pour peu qu'on sache le leur demander gentiment, note par note. Nous nous trouvons ainsi en présence d'instruments dont les sonorités ont été reconstituées et qui peuvent être joués par Hauptwerk, à défaut de l'être dans la réalité. Souvent, aussi, une partie du produit de la vente de banques de sons est reversée à des organismes chargés du sauvetage ou de l'entretien des orgues en question. Au moins cela donne bonne conscience.

Pour les moins fortunés ou les allergiques, par principe, à Hauptwerk

- Pour les "radins" et les bidouilleurs, je signale également le logiciel libre et gratuit GrandOrgue (pour Windows et Mac OS X, toutes versions). À l'origine ce logiciel se nommait MyOrgan et a été assez controversé car c'était pratiquement une copie de la version 1 de Hauptwerk (qui n'est plus commercialisée maintenant et est même devenu introuvable). Il utilisait les mêmes banques de sons en 16 bits que Hauptwerk 1 (ce ne sont pas toujours les meilleures mais certaines sont très honorables et beaucoup sont gratuites ou peu coûteuses). La présentation était assez spartiate mais il offrait, en gros, les mêmes fonctions que Hauptwerk 1 avec un encombrement en mémoire un peu plus faible. Comme il ne stockait pas les caches de ses banques de sons sur le disque dur (comme le fait Hauptwerk), un petit disque dur convenait parfaitement, mais le chargement était plus long.  L'auteur de MyOrgan, qui cherchait semble-t-il à apaiser sa conscience... ou était menacé de poursuites, a retiré son produit.

Le logiciel étant toutefois un logiciel libre, il a été repris par d'autre programmeurs plus prudents et des versions plus abouties sont sorties sous le nom de GrandOrgue, qui peut charger quelques banques de sons gratuites et bien faites prévues pour des versions 2, 3 ou 4 de Hauptwerk (moyennant quelques adaptations), avec création de caches et prise en compte des relâchements multiples. Attention les fichiers de ce site sont au format .exe et donc prévus pour windows, mais rien n'empêche de les récupérer sur un support externe, un fois installés sous windows, pour les utiliser sous MacOS. Je me dois toutefois de signaler que la version Mac de ce logiciel est passablement buguée et, d'après ce que l'on m'a dit, inférieure à la version pour Windows.

Cela peut être une alternative intéressante, mais Hauptwerk (si on fait abstraction de son prix très "américain") donne tout de même de meilleurs résultats, à mon avis; surtout avec les banques de sons les plus récentes et - c'est important - possède un bibliothèque autrement plus fournie. Également, la gestion des panneaux de GrandOrgue est tellement peu intuitive qu'elle relève en très grande partie de l'énigme pure et simple (c'est un utillisateur passionné qui me l'a avoué). Toutefois des tutoriels sont dispo ici. Les réglages de GrandOrgue, bien qu'en français, sont en effet moins évidents que ceux de Hauptwerk, même s'il lui emprunte à présent le si pratique clic-droit pour le paramétrage MIDI des claviers/pédalier. GrandOrgue prend donc maintenant en charge la réverbération à convolution et de nombreux fichiers "Impulse response" sont dispo ici. Le support de GrandOrgue n'est toutefois assuré que par les forums spécialisés. En outre - et je l'ai moi-même expérimenté - une moins bonne gestion de la mémoire vive et de la compressioon des données, fait que GrandOrgue a souvent besoin de beaucoup plus de mémoire que Hauptwerk, pour des banques de sons identiques, voire moins grosses: bien des instruments pouvant être chargés sans encombre dans les 1,5 Go autorisés par Hauptwerk gratuit deviennent inutilisables, sous GrandOrgue, avec un mac équipé de 4 Go de RAM, faute de mémoire (j'ignore ce qu'il en est pour windows).

L'examen attentif des plus anciennes banques de sons banques de sons proposées pour GrandOrgue (en particulier celles proposées sous ce lien) révèle que chaque jeu se compose parfois d'un nombre très limité d'échantillons: en général 6 par jeu au clavier et 4 par jeu au pédalier, voire moins que cela. Tout le reste est re-calculé par interpolation. On est très loin des banques de sons pour Hauptwerk qui, sauf rares exceptions, comportent au minimum un échantillon par tuyau (donc 61 par jeu de clavier et au moins 30 par jeu de pédalier). Les banques Hauptwerk les plus abouties peuvent même avoir 3 échantillons, voire plus, par tuyau afin de différencier les attaques et les relâchements. Même si dans la polyphonie cette pauvreté de certaines banques de sons pour GrandOrgue peut passer plus ou moins inaperçue, il suffit de monter une gamme pour entendre très nettement les reprises des échantillons.


Une de ces anciennes banques de sons, celle dite Clicquot II , pour GrandOrgue
(agréable, bien faite, mais très sèche)

Les banques de sons dérivées de banques gratuites pour Hauptwerk sont cependant mieux loties. Celles de Piotr Grabowski en particulier sont, mis à part un affichage plus simple (GrandOrgue gère mal l'affichage vectoriel), identiques en qualité avec les versions pour Hauptwerk. Il en est de même pour celles de Maltese Historic Pipe Organs ou celles figurant sur cette autre page. Cependant, à mon humble avis, GrandOrgue a surtout pour lui sa gratuité, la qualité et la variété n'étant pas toujours au rendez-vous. Mais cette opinion n'engage que moi et GrandOrgue a de très farouches partisans... qui ne perdent pas une occasion de me le faire savoir.

Un lecteur en particulier me signale entre autres ce site (en allemand, mais traduction Google vers l'anglais est assez correcte) qui est en grande partie consacré à GrandOrgue et propose des fichiers de définition d'orgue  (ODF) pour un certain nombre de banques de sons très connues, créées pour Hauptwerk, ainsi qu'une page de téléchargement où vous trouverez un petit logiciel gratuit (Organ Builder) pour en fabriquer encore plus, à partir de banques de sons prévues pour Hautwerk. Ce lecteur a testé et s'en dit satisfait. Il me signale également une autre page où se trouvent divers ODFs de banques de sons adaptées au logiciel GrandOrgue.

Pour conclure: pour tous ceux qui acceptent donc de mettre la main à la pâte, GrandOrgue peut être une alternative intéressante à Hauptwerk, mais il ne s'agit pas de "Monsieur-tout-le-monde". Bien entendu il va sans dire que toute adaptation ou modification de banques de sons existantes suppose l'accord préalable de leur auteur, surtout s'il s'agit de banques de sons à caractère commercial. Certains ferment les yeux, d'autres s'y opposent; lisez les licences. Sont évidemment exclues pour les utilisateurs de GrandOrgue les banques de sons Hauptwerk cryptée (de plus en plus nombreuses), dont l'ODF ne peut être édité (sinon il sufffit d'un simple éditeur de texte comme Notepad2 pour Windows ou TextEdit pour mac). Bref, un logiciel libre et gratuit, en constante évolution et sur lequel il est bon de garder un oeil.

- À signaler également le logiciel JOrgan, qui est open-source. Écrit en Java, il a le bon goût de fonctionner dans les environnements les plus variés: Windows, MacOS (je n'y suis toutefois pas arrivé) et même Linux (sur lequel il a été développé à l'origine). Quelques banques de sons gratuites, une fois adaptées, peuvent être utilisées par JOrgan, mais le logiciel chargeant ces banques de sons (qui sont à l'antique format Soundfonts et formées d'un nombre réduit d'échantillons) dans la carte son de l'ordinateur, n'est pas accepté par toutes les cartes sons et le résultat est tout aussi pauvre qu'avec GrandOrgue. À réserver, par conséquent, aux inconditionnels de Linux.


un bel exemple de banque de sons sous JOrgan

- Pour les linuxiens les plus intégristes (ou ceux disposant de très peu de mémoire) on me signale le logiciel (gratuit) Aeolus. Contrairement aux autres applications d'émulation d'orgue, Aeolus ne fait pas appel à des banques de sons  numérisés, mais procède par synthèse sonore (un peu de la même façon que Pianoteq, dont il est question en fin de cette page); ce qui est un véritable tour de force quand on connaît la complexité des sons pouvant être émis par un orgue. Le résultat est assez impressionnant, même s'il reste un peu plus "électronique", assez plat et avec des attaques moins réalistes que ce que peut donner une bonne banque de sons sous Hauptwerk. Mais c'est à mon avis au moins aussi agréable à entendre que GrandOrgue ou JOrgan pilotant une médiocre banque de sons. Les démos figurant sur le site de l'éditeur se laissent écouter avec plaisir (attention elles sont au format .ogg qui n'est pas reconnu par tous les systèmes. Sur mac, utilisez Quicktime 7). Aeolus propose 48 jeux, répartis sur 3 claviers et un pédalier, 5 tempéraments, un son stéréo ou surround et de belles possibilités de réverbération. Là où ça se gâte c'est que l'installation d'aeolus est un vrai parcours du combattant. Pour qui ne maîtrise pas parfaitement linux (ce qui est mon cas) c'est mission quasi impossible. On m'a conseillé d'utiliser KXStudio, qui est une version dérivée de Ubuntu, spécialement adaptée aux logiciels musicaux et qui peut être testée (aussi bien sur un PC que sur un mac) depuis un DVD ou une clef USB, sans avoir à faire la moindre installation. Cela, je l'ai vérifié, est exact et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si l'actuelle version de KXStudio proposait Aeolus avec les autres applications audio pré-installées. Il y a heureusement un mode d'emploi en ligne qui se trouve sous ce lien. En ouvrant cette page dans Ubuntu, on a un lien de téléchargement et d'installation du logiciel Aeolus.

Après bien des tentatives je me suis heurté à l'évidence suivante: sur mac, s'il est possible et même assez simple d'installer une version d'Ubuntu sur un disque dur externe il n'est par contre pas possible (sauf tripatouillages peu recommandables de l'EFI de l'ordinateur) de démarrer sur un disque au format Linux (ils ne sont même pas reconnus), en dehors du DVD d'installation ou d'une clef USB dédiée. On peut, bien entendu, installer Ubuntu sur le disque interne du Mac et démarrer dessus, mais alors on n'a plus de mac! Par contre on peut y installer aeolus et s'en servir. C'est un choix, mais c'est un choix douloureux.  Bien plus, même si le démarrage sur le DVD d'installation propose de booter au choix depuis le DVD ou depuis un disque dur, cette option semble ne pas fonctionner sur mac.

Bref aeolus, ce n'est pas pour les utilisateurs de mac. Mais aux dernières nouvelles, aeolus étant en open source, un de mes lecteurs se serait attelé à son portage sur MacOS. Les librairies étant différentes et la compatibilité ascendante de MacOS avec des librairies tierces étant mal assurée, ce sera un très gros travail. Croisons les doigts. Il semble par contre que pour les PC sous windows ce soit sans problème, mais je n'en ai pas l'expérience. Si j'ai du nouveau, je vous tiendrai au courant.

- Il existe encore d'autres logiciels de simulation d'instruments de musique, sur lesquels je ne m'étendrai pas sur cette page car ce sont essentiellement des aides à la composition (sampleurs; on dit aussi échantillonneurs), même si certains s'ingénient à les détourner de leur fonction première. Le plus connu de ces logiciels est le logiciel Kontakt 5 (de Native Instruments) pour Windows et MacOS, qui utilise un très grand nombre de banques de sons d'instruments les plus variés qui soient. Ce logiciel commercial est assez couteux mais il en existe une version gratuite, Kontakt 5 player, utilisant les mêmes banques de sons, avec quelques limitations d'utilisation.

À tout hasard, on m'a également signalé Garitan Classic Pipe Organs: un logiciel autonome ou interfaçable à une expandeur, qui vient accompagné d'une banque de sons de 75 jeux. Je n'ai eu aucun écho et n'ai pas essayé.

- On trouve aussi des expandeurs dédiès à l'orgue, comme celui proposé sur le site de Sonus Paradisi (Cecilia). Solution hors de prix et très limitée (par rapport à Hauptwerk, par exemple) mais qui peut satisfaire les moins intrépides: on branche sur une console MIDI et une sortie audio correcte et ça marche immédiatement.

En conclusion:

Hauptwerk, depuis sa version 3 pouvant à présent fonctionner en mode gratuit, avec quelques légères limitations, l'usage de logiciels tels que GrandOrgue ou JOrgan ne se justifie absolument plus, sauf pour les bidouilleurs sachant créer leurs propres Fichiers de Définition d'Orgue (ODF); d'autant que les banques de sons pour GrandOrgue ne sont pas très nombreuses et que celles au format Hauptwerk 1 deviennent de plus en plus difficiles à dénicher. J'ajoute que sur le forum de Hauptwerk son propriétaire, qui a la rancune tenace, supprime systématiquement toute mention de ses concurrents. Vous trouverez en fin de page une liste de banques de sons, gratuites ou commerciales, qui acceptent parfaitement d'être utilisées avec la version gratuite de Hauptwerk. Je m'efforce de la compléter à chaque fois que l'occasion se présente.


Restait un problème à résoudre: que faire de l'ancien orgue?

Il était équipé d'un système analogique parfaitement dépassé et, de toutes façons, sans doute impossible à remettre en marche; trop lourd pour être évacué facilement. D'un autre côté, c'était une console solide, avec un banc confortable, deux très beaux claviers en bois massif, de 56 notes, bien équilibrés, très agréables au toucher et un magnifique pédalier de 32 notes; le tout n'étant pas, malheureusement, à la norme MIDI.


J'ai fini par dénicher sur le net une petite société bulgare, Largonet (midi-gadgets-boutique) qui fabrique, à un coût particulièrement compétitif, du matériel électronique MIDI et assure, si nécessaire, une assistance technique aimable et empressée. Et je leur ai commandé de quoi modifier mon ancienne console pour la rendre compatible MIDI.

Heureusement, j'ai pu obtenir l'assistance d'Albert, un ami un peu plus compétent que moi car, en ce qui me concerne, le fer à souder...

Dans un premier temps il a fallu sortir la totalité de l'ancienne électronique et la majeure partie du câblage de l'ancien orgue. Il était en effet parfaitement inutile de conserver les nappes de câbles accouplant les claviers entre eux et avec le pédalier, puisque le logiciel Hauptwerk se charge à présent du travail. Ensuite, le raccordement de l'électronique MIDI à la console est, en théorie, assez simple. Mais, les schémas fournis par Midi Boutique étant peu explicites pour des profanes en électronique et plus ou moins simplifiés, ça s'est compliqué. On y est tout de même arrivé.

La norme MIDI est un codage simple de la musique qui repère chaque note par sa hauteur, sa durée, éventuellement la vitesse d'attaque, l'intensité, etc... sur 16 canaux (pouvant correspondre à des instruments ou, s'agissant d'orgues, des claviers distincts); ces canaux étant eux-mêmes divisés en 16 pistes, voire 32, correspondant aux notes pouvant être émises simultanément)... Il faut donc que chaque touche enfoncée ou relâchée envoie un signal électrique pouvant être codé selon cette norme MIDI. Mes claviers étaient déjà équipés de contacteurs électriques; sauf à les nettoyer et redresser un peu et également à refaire quelques contacteurs du pédalier, il n'y avait rien à modifier de ce côté là. Un fil partait de chaque contact et une barre de cuivre sous les contacts assurait la liaison à la masse lorsque la touche était enfoncée.



l'arrière de mes claviers avant modification

Les signaux électriques provenant des contacteurs d’un clavier sont des signaux tout à fait basiques: le courant passe ou il ne passe pas. Ils ne comportent aucune indication sur le nom ou la hauteur de la note. Pour pouvoir utiliser un ancien clavier, par exemple provenant d’une console analogique, il va donc être nécessaire de passer par l’intermédiaire d’une carte encodeur MIDI qui soit capable, d’une part de reconnaître le nom de la note jouée et d’autre part d’engendrer le signal MIDI correspondant à cette note (avec ses signaux annexes de début et de fin). L’encodeur utilisé par moi est celui qui est commercialisé par MidiBoutique sous le nom de hcwe.

Cet encodeur possède plusieurs connecteurs (de 4 à 6 suivant le modèle choisi) dont chacun peut être relié à un clavier différent (ou à un pédalier). Ce sont des connecteurs à 2 rangées de 8 broches. Chaque note peut en effet être définie par un nombre, qui est le produit de deux chiffres compris entre 1 et 8; ce qui permet 64 combinaisons au total (8 x 8). Lorsque l’encodeur reçoit un groupe de deux signaux allant de 1 à 8, il sait donc de quelle note il s’agit, sur un clavier ayant au maximum 64 touches (ce qui est amplement suffisant pour n’importe quel orgue).

Le câblage MIDI

La transformation de chaque clavier a donc consisté en un câblage des touches de façon à ce que chacune d’entre elles puisse produire deux signaux électriques distincts, repérables par un chiffre allant de 1 à 8. La combinaison de ces 2 signaux engendre un numéro allant de 1 à 64. Pour cela il y avait deux possibilités.

La première, que j'ai adoptée et qui est aussi la plus simple (mais la plus coûteuse), est de laisser le soin de cet encodage à une carte électronique dédiée qui, chez MidiBoutique, se nomme Keymux64. Cette carte comporte une série de 4 connecteurs permettant 64 branchement au maximum. Sur de nombreux claviers les contacts se font par la simple rencontre d’un élément relié à l’alimentation électrique, avec une barre servant de masse. Pour éviter les retours intempestifs de courant, lorsque plusieurs notes sont pressées simultanément, chaque contact est équipé d’une diode qui, par définition, ne laisse passer le courant que dans un seul sens. Ces diodes sont inutiles lorsqu'on utilise une carte Keylux64, puisque aucune confusion ni retour ne sont possibles. Il suffit alors de relier l’élément alimenté de la touche à un des 64 branchements de la carte Keymux64, en respectant scrupuleusement l’ordre des notes et de relier la barre à la masse de cette même carte. De la carte Keymux va partir une nappe de 16 fils qui sera reliée à un des connecteurs de l’encodeur hcwe, auquel seront donc transmises des doubles impulsions électriques dont le produit codera de 1 à 64. C'est largement suffisant pour l'orgue, dont l'étendue des claviers ne dépasse pas 61 notes en principe.

Bien entendu, il faut avec ce procédé prévoir une carte Keymux64 par clavier et le montage final, avec une grande quantité de fils entre les claviers et ces cartes, risque de ne pas être très élégant. Mais c’est facile à réaliser et ça fonctionne sans problème. Et il faut aussi savoir manier un fer à souder et ne pas avoir peur d’avoir à effectuer plusieurs centaines de soudures (parfois délicates) pour une console complète.


Une carte Keymux64. On voit les 4 contacteurs, à droite, reliés aux nappes de fils multicolores venant d'un clavier
Ces fils avaient une section trop forte pour être directement enfichés dans le Keymux. Il a été nécessaire de les souder
à de fils plus fins. Le tout a été enrobé dans une résine qui, jusqu'à présent, n'a pas bougé.


à gauche le hwce (fixé sur le bâti de la pédale d'expression) - à droite un des 3 keymux64 -
entre les deux les nappes de raccord à 2 fois 8 fils

et sur le côté gauche de l'encodeur hwce, une prise MIDI-Out
à raccorder à l'interface MIDI-In branchée sur l'ordinateur

Et voilà le travail, un peu fouillis mais on essaiera d'améliorer par quelques fixations supplémentaires (je n'ai pas de photos récentes, mais c'est déjà un peu mieux):

La seconde solution possible (que je n'ai découverte que plus tardivement) était plus complexe, mais elle aurait permis des câblages plus élégants. Elle consiste à attribuer à chaque côté des contacteurs de notes du clavier, au moyen d’un câblage approprié, un numéro de 1 à 8. La combinaison de deux numéros permettant l'identification de la touche par le décodeur hwce. Le câblage consiste donc à relier chaque contact sur un même fil, de 8 notes en 8 notes (par exemple de relier do, sol#, mib etc.) pour obtenir une première nappe de  8 fils et de scinder la barre de bus en tronçons correspondant également à huit notes, chaque tronçon ayant son fil dans une seconde nappe de 8 fils. Selon la marque de clavier il peut y avoir des astuces à trouver, qui sont souvent traitées dans la rubrique DIY organ consoles / MIDI du forum US de Hauptwerk. Il existe d'ailleurs plusieurs versions de ce câblage, dont une spécifique aux claviers de marque Fatar.

Pour le pédalier, même chose: les contacts étaient encore bons mais quelques rafistolages et remplacement de lames de ressort ont été nécessaires. Pour ceux qui mettent la main sur un vieux pédalier d'orgue d'église, je signale que les meilleur contacteurs électriques sont encore les ILS (voir cette petite animation). Ce sont des composants faciles à trouver, bon marché et fiables, mais un peu délicats à régler et qui n'aiment pas trop les organistes ayant le pied un peu lourd; heureusement faciles à remplacer. Certains techniciens préfèrent toutefois pour cette raison les contacteurs à effet Hall, plus solides que les ILS, mais je n'en ai pas l'expérience.

Certains claviers, qui présentent des contacts multiples pour chaque note (à l’origine pour faciliter les accouplements) se prêtent mal à ce type de câblage mais il faut savoir que l’encodeur hcwe ne se soucie pas de savoir comment sont câblés les claviers qui y sont  branchés et que les deux types de câblages peuvent parfaitement cohabiter dans un même instrument. En fait, chaque marque de clavier a ses particularités qui peuvent obliger à trouver des adaptations à ces deux types de montages et il est des claviers ou des pédaliers qui donnent bien du fil à retordre. Dans ce cas le passage par des cartes Keymux est peut-être préférable; mais pas obligatoire si on est un peu astucieux et très habile de ses mains.

Les autres contacteurs à bascule d'une console MIDI (dominos par exemple) peuvent bénéficier du même traitement que les claviers, par câblage 8 x 8, pour peu que la carte d'encodage MIDI dispose d'assez de connecteurs pour le branchement. Rien ne s'oppose d'ailleurs à câbler, sur les mêmes nappes, quelques dominos à la suite d'un petit clavier ou, surtout, à la suite d'un pédalier (qui est loin d'utiliser les 64 combinaisons offertes par un codage 8 x 8).

Il est  un peu difficile de trouver du matériel MIDI, les fournisseurs se comptant sur les doigts d'une main; et encore... Les cartes de MidiBoutique sont parfaites, peut-être un peu chères mais très fiables. Au reste, MidiBoutique a souvent des promos et ce sont des gens particulièrement aimables. En France, le seul que je connaisse est Pascal Leray, nettement moins cher mais dont je n'ai pas encore eu l'occasion de tester les produits. Ses encodeurs sont à présent compatibles avec plusieurs types de câblage et en particulier celui retenu par MidiBoutique, semblent bien conçus et ont l'intérêt de comporter une interface MIDI-USB en interne, ce qui (sans parler de l'économie réalisée) les rend selon lui beaucoup plus rapides dans le transfert des signaux MIDI que les encodeurs de ses concurents et plus simples à programmer. J'ai aussi entendu dire que certains avaient fait appel au polonais SOWA, particulièrement compétitif mais un peu avare en détails techniques. Son dernier encodeur me semble pas mal mais je n'ai aucune expérience de ce fabricant sinon pour ses pistons au pied, qui sont très corrects et vendus pour une bouchée de pain. Des tentatives de contacts avec lui ont été infructueuses, de nombreuses adaptations s'avérant nécessaires pour pouvoir utiliser son matériel.

Je me dois toutefois de préciser, après avoir reçu un assez grand nombre de questions de la part de personnes qui avaient lu cette page et avaient l'envie de marcher sur mes traces, que j'ai bénéficié d'une chance incroyable en arrivant à mener à bien mon entreprise de transformation d'une ancienne console d'orgue. Aux innocents les mains pleines, dit-on! Il se trouvait que les claviers et le pédalier dont je disposais s'y prêtaient bien, avec des contacteurs simples, en bon état et facilement accessibles et que, par un heureux manque d'informations, nous sommes allé droit vers la solution la moins contraignante. Je pense que si nous avions été informés du second procédé dont je parle ci-dessus, nous aurions couru à la catastrophe, par manque d'expérience. Je ne saurais donc conseiller à quiconque de marcher sur mes traces, sans prendre de sérieuses précautions et de plutôt faire appel à quelqu'un ayant acquis une bonne expertise dans ce domaine. Si vous avez un besoin dans ce domaine, vous pouvez toujours m'envoyer un email à l'adresse qui figure en haut de cette page et je m'efforcerai de vous mettre en relation, si possible, avec quelqu'un de compétent.

Pour les audacieux un peu anglophones, je leur conseille donc le forum US de Hauptwerk dont la rubrique DIY organ consoles / MIDI est entièrement consacrée à la transformation d'anciennes consoles. En fouinant un peu vous y trouverez de nombreux conseils, shémas de câblages, photos, etc. de gens qui ont tenté, et réussi, cette expérience.

Une petite parenthèse sur le choix des claviers
Maintenant, soyons net: le choix d'un bon clavier (qu'il soit adapté par vous ou acheté tout fait) est primordial. Pour peu que vous soyez habitué à jouer sur des orgues réels à transmission mécanique, ne vous attendez pas, en utilisant un clavier MIDI électrifié, à retrouver sous vos doigts les mêmes sensations que celles que vous connaissez, ni à jouir des mêmes subtilités de phrasé. Si par contre vous jouez régulièrement sur un instrument à transmission électrique, ce sera du pareil-au-même. Si vous ne le faites pas vous-même, on trouve de tout dans le commerce, depuis l'excellent jusqu'au pire. En y mettant le prix (car certains claviers peuvent être vendus fort cher) vous devriez pouvoir trouver votre bonheur. L'idéal reste le clavier à touches en bois, reposant sur des pivots à mi longueur de la touche (comme on peut le deviner sur la photo arrière des miens). Outre le plaisir du contact du bois, plus sensuel que le plastique, la touche est alors en grand partie ramenée en place par son propre poids et non par un ressort proche de l'axe. Cela change tout.

Depuis peu certains constructeurs, tel l'allemand UHT, ont commencé à équiper leurs claviers haut-de-gamme de petits aimants en queue de touches, dont l'attirance simule à la perfection la sensation du décollement de la soupape d'un orgue à transmission mécanique. C'est le nec plus ultra... et ça se ne se donne pas. Mais quand on aime on ne compte pas. Un prescriteur professionnel à Janzé (35), lui même organiste et compositeur, m'a proposé d'essayer un ce ces claviers. C'est effectivement très agréable et l'effet sous le doigt est encore renforcé, soit par le contact de touches en bois, soit par celui de touches en plastique dont la texture n'est pas lisse, mais imite celle du matériau naturel. On m'a dit, depuis, que Fatar avait également adopté ce dispositif pour certains de ses modèles.

L'interface MIDI
La carte HCwe possède deux prises MIDI (In et Out) à relier à une prise USB de l'ordinateur au moyen d'une interface MIDI. L'interface Midi-Sport 4x4 chez M-Audio me convenait parfaitement, même s'il y a mieux (et beaucoup plus cher). J'ai toutefois constaté qu'elle était assez gourmande en énergie et qu'elle devait être branchée sur un port USB largement alimenté pour que tous ses canaux soient reconnus par Hauptwerk. Un défaut d'alimentation avait conduit à une perte de reconnaissance de mon petit pédalier Hoffrichter, que je pensais en panne. Un branchement direct sur un port USB du Mac l'a ressuscité comme par miracle. Cette interface nécessite un pilote à jour pour pouvoir être reconnue.

Comme je ne m'en servais plus guère, sinon pour maintenir en état de marche mon ancienne installation, j'ai regardé du côté des interfaces à bas prix, au moins pour pouvoir brancher le pédalier (puisque les deux claviersKeystation 49 M-Audio ont déjà une interface MIDI intégrée et que Hauptwerk gère parfaitement plusieurs interfaces MIDI simultanément). L'expérience nous a toutefois enseigné que le système avait des limites: un pédalier + 2 claviers USB ça passe sans aucun problème; avec un 3è clavier c'est limite, mais avec un 4è clavier Hauptwerk a renaclé et refusé de reconnaître simultanément 5 interfaces MIDI différentes. L'audacieux qui avait tenté l'expérience a été obligé de faire marche arrière et trouver une autre solution. Dans ce cas un "mergeur" à 4 entrées, avec une alimentation externe pourrait être la solution; tous les signaux MIDI provenant des claviers y sont mélangés et l'interface MIDI-USB n'a plus à prendre en charge qu'une seule sortie MIDI-OUT, ce qui soulage son alimentation.

Pour une petite interface MIDI, j'avais le choix entre trois modèles, dont j'avais constaté que tous fonctionnaient bien sous Mac OS 10.9 (Mavericks): la M-Audio Uno, la petite LogiLink et la petite Prodipe. Après essais il s'est avéré que seule la Prodipe convenait, les deux autres bien que reconnues par Hauptwerk ne recevant aucun signal MIDI. Un correspondant suisse vient aussi de m'informer que la petite interface Roland UM-One convenait parfaitement à son mac sous Mac OS 10.11.4 à condition d'installer le pilote (driver) correspondant, que l'on trouve sur le site du constructeur. La M-Audio Uno a également reçue depuis un pilote qui lui a apporté une nouvelle vie.

M.D.A. (l'éditeur de Hauptwerk) conseille d'éviter, toutefois, ces petites interfaces MIDI bon marché dont le buffer est dit-il généralement insuffisant; ce qui pourrait conduire à des arrêts de son, voire à des plantages, dès que la polyphonie est un peu élevée. Mais j'ai constaté que pour la version gratuite de Hauptwerk, elles conviennent parfaitement. et que même avec les versions payantes elles se comportent très honorablement. Un de mes amis se sert de la petite M-Audio Uno, sous Windows 7, puis 8.1 et enfin 10 et il n'a rencontré aucun problème, même avec de très grosses banques de sons. Il a également testé, avec succès, la petite Prodipe avec les mêmes systèmes d'exploitation. Je suis en relation avec plusieurs personnes utilisant cette même Prodipe (proposée sur Amazon à un prix correct), qui m'ont assuré n'avoir rencontré aucune problème. Je retiendrai donc que, pour une utilisation courante de Hauptwerk, il semble inutile d'aller chercher plus loin, à condition de ne pas trop demander, sous peine de voir la latence augmenter et la polyphonie diminuer (ces deux paramètres pouvant, au demeurant, être réglés finement au sein du logiciel Hauptwerk).

Pour ma "grande console" j'utilisais une nouvelle version de l'interface M-Audio Midisport 2x2, dite "d'anniversaire", qui est meilleure, plus petite et moins chère que la 4x4. Les signaux MIDI étant déjà regroupés (mergés) à la sortie de la carte HCwe, une interface 2x2 suffit en effet amplement. Cette interface a le bon goût de ne nécessiter aucun pilote, ni pour Mac OS (y compris le tout nouveau Sierra), ni pour Windows.

Pour ceux qui opteraient pour une carte-son USB, je signale qu'ils pourront faire l'économie de l'interface MIDI étant donné que ces cartes-son sont déjà des interfaces MIDI-USB de qualité. C'est actuellement ainsi que je suis équipé, avec une carte-son Presonus Audiobox USB qui a remplacé efficacement la M-AUDIO Midisport.

La sono

Et bien entendu, il faut une bonne sortie son car, comme il est dit sur le site de Sygsoft: «on n'écoute pas Hauptwerk avec une paire d'enceintes à 10 Euro». Mon choix s'était porté sur les enceintes Altec-Lansing FX-6021, assez chères mais dont je suis très satisfait: graves puissants, médium bien rond, aigus fins et précis. Elles sont composées d'un gros caisson pour les basses et de deux petites enceintes pour les aigus. Parfaites pour une écoute dans une petite pièce mais, probablement moins intéressantes dans un plus grand local car d'une part le caisson de basses n'est pas très gros et, d'autre part, les aigus sont très directifs: il vaut mieux se trouver entre les deux petites enceintes. Aux dernières nouvelles, ce modèle d'enceintes n'est plus disponible.

Profitant d'un promo éclair j'ai récemment craqué pour des Harman-Kardon Soundstiks III dont le design moderniste est surprenant. Particulièrement brillantes et fidèles pour les aigus (elles égalent ou même dépassent un bon casque) à condition de placer les petits satellites (extrèmement directifs) à hauteur des oreilles et tournés vers elles, dotées d'un caisson de basses très efficace, elles donnent un son moins rond mais plus précis que mes Altec-Lansing. En utilisant les deux modèles en même temps, le résultat est exceptionnel.

Cependant, our éviter de sonoriser tout le quartier (et de faire aboyer mon chien) je préfère, le soir écouter au casque. Là encore il ne faut pas trop mégoter sur la qualité, sinon certaines fréquences peuvent être filtrées ou saturer. J'ai opté pour un bon casque de marque Bose et en suis très satisfait. Certains optent pour des enceintes de monitoring, avec caisson de basses; cette solution luxueuse peut être très satisfaisante mais (comme chez moi) ne convient absolument pas à la sonorisation de grands espaces.

Enfin, on ne répétera jamais assez que la qualité de la carte son est primordiale. Je connais des utilisateurs de Hauptwerk qui, malgré des réglages sophistiqués, avaient en permanence des problème sonores: saturation, brèves coupures de son, mauvaise balance des registres, distortion et craquements étranges. Il leur a suffit d'acquérir une bonne carte son pour que tout cela disparaisse comme par enchantement. MDA dit que les Macs sont tous équipés d'excellentes cartes sons, lesquelles donnent en principe toujours satisfaction, du moins si on se limite à une écoute en stéréo. Pour les PC sous Windows il y a un peu de tout et certains constructeurs ou assembleurs ont tendance à négliger le son au profit de l'image (à cause des jeux, très exigeants en vidéo). Il n'y a donc pas de règles en la matière, sinon de se dire que la carte son est trop souvent le point faible d'un équipement Hauptwerk.

J'avoue cependant que la partie son des Macs étant réputée être de qualité, j'avais un peu négligé cet aspect de mon équipement jusqu'à ce que plusieurs de mes correspondants ne se soient équipés d'une carte son relativement bon marché (mais conseillée par MDA), la Presonus AudioBox USB et s'en déclarent émerveillés. Pour en avoir le coeur net, j'en ai donc emprunté une et l'ai essayé chez moi. Je ne m'attendais pas à une telle amélioration de la qualité sonore de mon installation: tout est plus clair, plus aéré, plus précis; aussi bien sur mes enceintes qu'au casque. Les basses ont pris une belle ampleur et les timbres paraissent beaucoup plus naturels. Cerise sur le gâteau: cette carte son assurant également le rôle d'interface MIDI, cet investissement devient particulièrement rentable pour une première installation. Un de mes correspondants a préféré acheter, dans les mêmes prix mais avec une double sortie audio, une carte son Berhinger et s'en trouve fort satisfait.

Autre maillon de la chaîne à soigner (car on ne le, dira jamais assez, c'est toujours l'élément le moins bon qui prend le pas sur les autres): l'ampli et ses câbles de branchement. Le choix des câbles est en effet loin d'être négligeable et desproblèmes peuvent venir tout simplement de câbles de mauvaise qualité, dépareillés ou de longueurs différentes.

On trouve de plus en plus souvent des banques de sons au format surround (le son provenant directement des tuyaux de l'orgue peut être envoyé vers une paire de hauts-parleurs avant, tandis que le son renvoyé par l'église peut être envoyé à des enceinte arrières). Je n'ai pas eu l'occasion de tester ce dispositif (utilisable uniquement par la version Étendue de Hauptwerk), qui exige une carte son externe (parfois un peu coûteuse) à plusieurs entrées/sorties mais, de l'avis de tous ceux qui l'on essayée, le résultat est bluffant. L'encombrement en mémoire vive (pratiquement double de celui de la version stéréo) l'est tout autant. Le chargement des voies arrières, même dans un éuipement strictement stéréo, peut toutefois apporter plus de réalisme à une banque de sons paraissant un peu plate. Ce n'est pas systématique, mais généralement conseillé si votre mémoire installée le permet.

Les dominos, pistons et autres commandes

Enfin il est bon de savoir que l’encodeur hcwe comporte d’autres possibilités de branchements (qui diffèrent suivant les modèles): pour des contacteurs de types différents de ceux des touches de clavier (dominos, pistons, etc.) ou des appareils de la famille des potentiomètres (pédales d’expression ou de crescendo par exemple). Les schémas du fournisseur sont assez clairs pour quiconque sait les lire. J'ai pu vérifier que les modèles de HWce plus récents que le mien (qui a tout de même une bonne dizaine d'années mais se propose encore parfois, en solde) permettent le branchement de 8 interrupteurs (dominos de jeux ou pistons réversibles) et de 8 potentiomètres (pédales d'expression,crescendo, etc.). Il semble, sauf à leur poser la question, que Midi Gadgets Boutique propose une carte additionnelle prévue pour 32 jeux. On verra plus tard.

Comme je l'ai dit un peu plus haut, une batterie de dominos, cablés de la même façon qu'un clavier (ou en continuation des marches d'un pédalier) et branchés directement sur un connecteur 8x8 de l'encodeur MIDI, peut parfaitement être utilisée une fois programmée pour une banque de sons donnée. Pour l'instant les jeux chez moi se cliquent à la souris, sur l'écran de l'ordinateur (certains utilisent des écrans tactiles, voire 2 écrans de part et d'autre de la console, si la banque de sons le permet). Avec la possibilité de combinaisons préparées que propose pratiquement toutes les banques de sons pour Hauptwerk, ça n'est pas trop gênant. Le clavier de l'ordinateur, pour peu qu'il soit filaire, peut également être utilisé (c'est une fonction peu connue mais parfaitement intégrée à Hauptwerk). Et j'utilise aussi avec plaisir une tablette Novation Launchpad (voir la photo un peu plus haut) qui me convient très bien. Pour le tirage des jeux on n'a donc que l'embarras du choix, selon ses moyens et ses habitudes.

On m'a installé en 2015 un 3ème clavier au dessus des deux d'origine. C'est un clavier récupéré et resté inemployé car les claviers de 56 notes sont peu recherchés. Bien nettoyé, câblage refait (selon la deuxième méthode) pour être compatible avec la carte HWce, il a repris du service sans broncher. Il ne reste plus qu'à faire quelques retouches de vernis mais la console est à présent parfaitement fonctionnelle et agréable à jouer, même si son aspect un peu pitorresque peut surprendre. On fait avec ce qu'on a et je vous assure que ces claviers, même s'ils sont de couleurs différentes, s'accouplent sans se faire prier.


ma console modifiée, avec le nouveau clavier de 56 notes, la carte-son
les 2 paires d'enceintes, le launchpad et un petit écran de contrôle

Bien entendu on est encore loin des sensations éprouvées lorsqu'on se trouve assis sur le vrai banc d'un vrai orgue. Quelle que soit la qualité de la chaîne de reproduction il manquera toujours chez soi cette sensation, purement subjective au demeurant, de piloter une grosse et puissante machine, ainsi que l'ampleur de l'acoustique, les vibrations de l'instrument sous les fesses, le contact direct avec les tuyaux, le vent qui souffle parfois dans les cheveux, la poussière, les odeurs d'encens... et le bavardage de la dame préposée aux fleurs. Mais croyez moi, on s'en rapproche parfois de façon étonnante. Et avoir à la maison un orgue virtuel de qualité donne vraiment envie d'aller écouter des orgues "pour de vrai", comme par exemple les deux splendides Cavaillé-Coll de Saint-Brieuc: celui de la cathédrale Saint-Étienne (1848)

et celui de l'église Saint-Michel. (1873)

Sans parler - toujours à Saint-Brieuc - du beau petit Debierre de la basilique Notre-Dame-de-l'Espérance

ni du très intéressant Merklin et Kuhn de l'église de Langeux, remonté en 2004, provenant de la chapelle de la communauté religieuse des Châtelets,

et de bien d'autres encore: notre ville est riche en orgues.

Saint-Yves (évêché et ancien grand séminaire de Saint-Brieuc)

À défaut d'un orgue à tuyaux, me voilà donc avec une magnifique console d'orgue (et même deux) et une belle collection d'instruments, qui ne demande qu'à grossir. On revient de loin!


Une petite liste des orgues sur lesquels je peux jouer chez moi

(ou que j'ai eu au moins l'occasion de tester... car on ne peut tout avoir)

Cette liste est loin de représenter tout ce qui existe et n'est donc pas, comme me l'a écrit un de mes lecteurs, le "Guide Michelin de l'Orgue Virtuel". Même si quelques éditeurs que j'ai aidés dans leur travail m'ont offert des banques de sons (Sygsoft, Augustine, Sonus Paradisi) ou m'ont consenti des rabais intéressants, et que j'ai pu aussi tester à droite ou à gauche des orgues que je n'aurais pu m'offrir, mes modestes moyens ne me permettent pas de tout avoir. J'ai estimé intéressant de mentionner certaines belles banques de sons que je n'avais jamais essayées, mais dont j'avais pu apprécier la qualité par des versions de démonstration, parfois assez grosses et dont il est intéressant de parler (c'est en particulier le cas de plusieurs orgues enregistrés par Sonus Paradisi, souvent très généreux dans ses démos). Vous ne trouverez pas sur cette page, par contre, certains éditeurs importants mais dont je n'ai jamais pu me payer les banques de sons et qui ne proposent aucune version de démonstration permettant de les tester. Il en est cependant d'excellents. Pour ne citer que les plus importants:

- Organ Art Media: vous y trouverez un assez grand nombre de banques de sons, très soignées dans leur réalisation, essentiellement d'orgues d'Allemagne mais aussi quelques beaux instruments français, italiens et espagnols dont le beau Silbermann alsacien d'Ebersmunster, le Silberman d'Arlesheim et le Metzler de Poblet. Toutes les banques de sons de cet éditeur (sauf quelques anciennes au format Hauptwerk 1 sont sous licence et ne peuvent donc être utilisées avec une version gratuite du logiciel.
- Voxus Virtual Organs: j'ai signalé son ravissant petit orgue de Gapinge, mais il a également enregistré l'orgue Müller de Haarlem (62/3/P - 1738) et l'orgue Van Dam de Tholen (29/3/P - 1832)
- Inspired Acoustics, dont j'ai la banque de sons de Pusztaszabolcs mais qui propose plusieurs autres  beaux instruments, hongrois pour l'essentiel, accompagnés de démos intéressantes (quoique très difficiles à télécharger du fait d'un serveur peu performant).

Il s'agit, au demeurant, d'impressions personnelles qui peuvent être très subjectives (tout le monde n'a pas les mêmes goûts, ni les mêmes exigences). Et ces impressions varient dans le temps; ce qui m'amène à de fréquentes ré-écritures ou corrections. J'ai commencé à rédiger cette page du temps de Hauptwerk version 3, il y a plus de 10 ans: ça fait un bail! Le logiciel a beaucoup évolué et, surtout, les auteurs de banques de sons ont acquis de l'expérience. Certaines banques de sons qui ont pu sembler extraordinaires en leur temps ont plus ou moins bien vieilli, les techniques d'enregistrement se sont affinées mais également la qualité du traitement des échantillons (filtrage, débruitage, etc.) a été considérablement améliorée. La baisse constante du prix de la mémoire a aussi conduit les éditeurs à proposer des banques de sons de plus en plus complexes, jusqu'à devenir de véritables monstres qui, à mon humble avis, ne doivent guère se vendre ou être très sous-employés. D'où le choix difficile entre des paramètres aussi contradictoires que la qualité sonore, les possibilités du matériel... et le prix. Il est certainement moins glorieux d'opter pour un instrument de taille moyenne (disons 30 jeux sur 2 claviers) mais que l'on peut exploiter au mieux (entièrement chargé, en 24 bits) que de craquer pour une merveille si grosse qu'on ne pourra jamais en utiliser qu'une partie, avec une qualité de restitution ne faisant pas honneur à celui qui l'a conçue.
Il ne faut d'ailleurs surtout pas prendre le coût d'une banque de sons comme étant nécessairement un critère de qualité. Le prix demandé peut dépendre de bien des choses, comme le niveau de vie du pays de l'éditeur ou des considérations d'ordre éthique ou philosophique qui n'ont strictement rien à voir avec le travail accompli (et cela est également valable à propos des protections plus ou moins élevées, contre le piratage). On trouvera donc ci-après aussi bien des banques de sons très bon marchés, voire gratuites, tout à fait capable de rivaliser avec les meilleures, que des banques de sons proposées à des prix prohibitifs mais qui ont très mal vieilli et devraient maintenant être soldées, ou même offertes.

Mais assez bavardé, le grand tour commence.

Par la société Milan Digital Audio (actuel propriétaire du logiciel Hauptwerk): à tout seigneur, tout honneur, quiconque achète ou télécharge le logiciel Hauptwerk reçoit en même temps la banque de sons de l'orgue de l'église Sainte-Anne de Moseley, près de Birmingham. Il s'agit d'un instrument de 30 jeux, sur deux claviers et pédalier, de type victorien, construit en 1907 et donné à titre de démonstration. Elle est utilisable même avec la version gratuite de Hauptwerk. Pour cela, l'éditeur s'est efforcé de résoudre la quadrature du cercle pour obtenir une banque de sons qui, à la fois, fasse appel à pratiquement toutes les fonctions du logiciel, tout en pouvant être utilisée sur n'importe quel ordinateur, même ancien et doté de seulement 2Go de mémoire; il a donc du renoncer à pas mal de choses. La banque de sons était à l'origine en 16 bits (actuellement, même si l'oreille a du mal à faire la différence, la plupart des banques de sons du commerce sont en 24 bits), les échantillons étaient assez courts et mono (le logiciel se charge lui-même de re-calculer la stéréo en fonction des indications spatiales données dans la banque de sons) et la réverbération très brève. J'avoue néanmoins qu'à la première écoute j'ai été impressionné... mais ça m'a un peu passé quand j'ai connu, par la suite, d'autres banques de sons.
Pour la sortie de la version 4 de Hauptwerk, l'orgue de Sainte-Anne a été entièrement ré-enregistré et une nouvelle banque de sons est proposée, en 24 bits, stéréo et tenant compte de toutes les améliorations du logiciel. C'est le jour et la nuit, croyez moi, même si l-on trouve beaucoup mieux. Cette nouvelle version de l'orgue de Sainte-Anne est également incluse dans l'installation de Hauptwerk et, à elle seule, justifierait presque son acquisition; ne serait-ce que pour s'exercer à faire la connaissance du logiciel. Mais avec 2 Go de mémoire c'est devenu un peu trop juste. On y arrive avec 3 Go mais d'extrême justesse; je ne le conseille pas.

Par le même éditeur Milan Digital Audio :

- Une des plus belles banques de sons crées pour Hauptwerk, celle du grand orgue Mutin - Cavaillé-Coll de Notre-Dame de Metz. Un gouffre pour la mémoire et le portefeuille, mais quand on aime... Et il en vaut la peine. 38 jeux sur trois claviers et pédalier, un timbre inimitable, de splendides jeux de fond: tout pour plaire. L'acoustique est riche, très riche même, avec une réverbération de plus de 5 secondes, magnifiée par une prise de sons assez éloignée des tuyaux. Il est donné en deux versions: une version conforme à l'instrument original et une version étendue où l'on a ajouté un certain nombre de mutations et deux jeux de 32 pieds (reconstitués à partir des échantillons des jeux existants), ce qui permet (au prix de quelques entorses à la réalité historique) d'interpréter un répertoire très vaste. N'espérez toutefois pas le faire tenir avec tous ses échantillons et en 24 bit si vous en disposez pas d'une quantité considérable de mémoire. Avec mes modeste 4 Go j'arrivais toutefois à charger la version étendue, en 16 bits, avec toutes ses boucles et un certain nombre de relâchements (feu James Pressler, qui était un éminent spécialiste des orgues virtuelles, conseillait dans ce cas de privilégier le chargement des attaques et relâchements, au détriment des boucles multiples, sauf pour les mixtures où il estimait que le contraire est préférable). Avec mon mac et 8 Go la version normale se charge en totalité en 16 bit. Même avec ces restrictions cet instrument reste somptueux. Avec 16 Go tout passe en 24 bits. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk (une petite opération, très simple à faire, permet d'extraire un fichier que l'on transmet par e-mail à Hauptwerk lequel, en retour, vous envoie un petit fichier qui met à jour le dongle).

- Petit frère de celui de Notre-Dame de Metz, le Mutin - Cavaillé-Coll de Saint-Eucaire de Metz est sorti fin 2012. Cet instrument plus modeste de 24 jeux (28 jeux en mode étendu) répartis sur 2 claviers et pédalier, a été construit en 1902 par Charles Mutin peu après la mort de son maître et associé Cavaillé-Coll survenue en 1899 (substituant un orgue du 16è siècle acheté à Trèves pour remplacer un instrument baroque, détruit lors de la Révolution). L'orgue actuel a été très bien restauré de 2002 à 2007 par Bernard Aubertin.
Cette banque de sons, particulièrement soignée (Milan Digital Audio étant l'éditeur du logiciel Hauptwerk ne pouvait décevoir) a une particularité qui, lors de sa sortie, était unique en son genre (mais d'autres éditeurs, dont Sygsoft, puis Prospectum, se sont ensuite lancés sur ce créneau) et d'autres sont en bon chemin. Le buffet étant divisé en deux parties largement séparées, de part et d'autre de la tribune, les sensations sonores sont assez différentes selon que l'auditeur se trouve dans la nef de l'église ou à la console dans la tribune. Pour que chacun puisse y trouver son compte et se retrouver à la place du public ou sur le banc de l'orgue, il y a eu deux prises de sons complètes, à ces deux emplacements. L'utilisateur de la banque de sons peut installer l'une ou l'autre ou même (si son ordinateur dispose de beaucoup de mémoire) installer les deux. Dans ce cas une  jeu de curseurs permet de choisir sa position et même de se déplacer, en temps réel, d'un endroit à un autre de l'église en dosant les deux enregistrements. Les 8 Go de RAM de mon Mac ne me permettaient pas les deux installations avec une qualité sonore correcte et j'ai choisi la prise de sons dans l'église, qui me semble plus naturelle, et en 16 bits Le passage de mon mac en 16 Go autorise à présent un chargement en 24 bits (avec les versions 4.1 et suivantes de Hauptwerk).
Cette banque de sons est idéale pour tous ceux qui se passionnent pour la musique d'orgue française et ne disposent que de deux claviers et d'un budget modeste, car son prix est très largement inférieur (et de loin) à celui de la banque de sons de Notre-Dame de Metz. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Le petit Silbermann de la Marienkirche de Götha (1722) a longtemps été l'un de mes préférés. C'est un modeste instrument de 11 jeux seulement, sur un seul clavier avec un 16 pieds au pédalier (et tirasse). Dans sa version étendue, l'éditeur a très intelligemment réparti les jeux sur deux claviers, de façon à permettre un plus vaste répertoire. Les timbres délicats et si particuliers des orgues construits par Silbermann sont particulièrement bien rendus, dans leur douceur et leur parfait équilibre. Un instrument idéal pour jouer le soir, chez soi, ou pour accompagner un petit ensemble et dont le prix vient de baisser, ce qui le rend particulièrement intéressant, bien que la conception ancienne de cette banque de sons, sans relâchements multiples, lui fasse perdre un peu de son intérêt. D'autant plus que d'autres orgues construits par Silbemann et de meilleure qualité sont venus, depuis lors, s'ajouter à l'offre. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Une autre très grande banque de sons est celle de l'orgue Arp-Schnitger de Cappel, C'est un des joyaux de l'Allemagne du Nord. Cet orgue avait été construit en 1680 dans un couvent de Hambourg, puis démonté sous l'occupation napoléonienne et enfin revendu, en 1816, pour une bouchée de pain, à la petite paroisse de Cappel qui n'avait pas les moyens de s'offrir un orgue neuf, ni même d'envisager une modification et s'est ainsi trouvée, sans trop l'avoir voulu et sans s'en rendre bien compte, propriétaire d'un des instruments les plus beaux au monde. C'est cet instrument que Elmuth Walcha a choisi pour enregistrer une de ses intégrales de Bach: c'est tout dire! Il est d'ailleurs bien possible que Bach, lors de son voyage à Lübeck, ait touché cet instrument. Rien à ajouter, 30 jeux sur deux claviers et pédalier, des sonorités claires et puissantes, des mixtures cristallines, des timbres magnifiquement rendus. L'acoustique de cette petite église n'est toutefois pas très généreuse, pour ne pas dire sèche, et le temps de réverbération est particulièrement court. Cette banque de sons relativement ancienne ne fait pas appel aux dernières fonctions de Hauptwerk. En particulier elle n'offre pas de relâchements multiples (peu nécessaires d'ailleurs avec une courte réverbération).
Pour cette raison, mon cœur balance plutôt pour l'orgue de Leens, un peu plus tardif mais qui lui ressemble (ou encore Zwolle, conçu également par Arp Schnitger, qui est la référence en la matière). J'avoue toutefois que celui de Cappel me plaît énormément et vaut son prix. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Une de mes premières acquisitions avait été l'orgue Buzard, de l'université de l'Illinois (1986). C'est un petit instrument de 12 jeux, dans le style baroque, sur deux claviers et pédalier, dans une acoustique très sèche. Les attaques sont intéressantes (de très beaux "tchouf" au bourdon) et le cromhorne "cruche" admirablement. La banque de sons, un peu ancienne, est en 16 bits et uniquement au format Hauptwerk 1. Elle peut donc être utilisée également avec GrandOrgue. Tout à fait dépassée techniquement (pas de relâchements multiples, pas de choix du tempérament) mais parfaite pour accompagner dans une petite église ou pour travailler son phrasé (car ses attaques sont très précises). La reverbération, qui est celle d'un auditorium, est très courte. Ce n'est tout de même pas une banque de sons que je conseillerais à présent; on a fait bien mieux depuis. De toutes façons, je viens de constater que cette banque de sons a été retirée du catalogue et n'est donc plus disponible; ce n'est pas une trop grande perte.

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Par la société hollandaise Sygsoft dont, par ailleurs, j'assure  vaille ue vaille depuis des années la traduction du site; ce qui me vaut le rare privilège de pouvoir tester la production, en avant-première (mais je vous assure que les avis qui suivent sont sans parti-pris) et aussi de me faire aimablement offrir tout le catalogue, licences comprises (merci Fred!):

Sygsoft s'est très tôt lancé dans la numérisation des petits instruments du nord des Pays-Bas, dans la province de Gronigue qui, à quelques kilomètres seulement les uns des autres, concentre une série de petits joyaux méconnus. Les banques de sons qu'il en a tirées sont toutes relativement anciennes et conçues pour des versions 2 ou 3 de Hauptwerk. Elles n'ont donc pas toujours bien veilli et il y a actuellement des demandes pressantes pour que ces instruments soient ré-enregistrés et traités de façon plus actuelle. Je doute que Sygsoft le fasse un jour; néanmoins ces banques de sons, telles qu'elles sont, restent ravissantes et, de surcroît, assez peu coûteuses pour qu'on puisse être tenté de les acquérir.

- Le petit Arp-Schnitger de Eenum (1704) dans la province de Groningue - Hollande. Le facteur Arp-Schnitger a souvent été surnommé le "Stradivarius" de l'orgue et c'est, sans conteste, un des constructeurs les plus talentueux de l'époque baroque. Ce modeste instrument de 10 jeux (pratiquement tous d'origine), avec un pédalier court suspendu, a des jeux doux d'une sonorité particulièrement tendre et les jeux aigus très brillants et cristallins qui sont la caractéristique de Arp-Schnitger. Une belle trompette complète l'ensemble. C'est un peu le petit frère de l'orgue de Cappel, sur un unique clavier et sans ses basses (un seul jeu de flûte de 8 pied, aucun 16 pied) mais avec, en revanche, une acoustique à la réverbération un peu plus longue, quoique modeste. Les bruits des mécanismes et de la soufflerie sont assez présents, surtout en activant le bouton "windlosser" qui augmente la pression de l'air. Une version dite "étendue" propose les mêmes jeux, au choix, sur deux claviers distincts et un pédalier normal; ce qui donne accès à un répertoire plus vaste que sur la version "originale" de l'instrument. Cette version étendue comporte également une pédale d'expression, un peu incongrue sur un instrument de cette époque. Malheureusement Sygsoft qui ne maîtrisait pas encore parfaitement toutes les subtilités de Hauptwerk a laissé quelques petits bugs et, en particulier n'a pas su faire un bouton d'annulation générale qui fonctionne. La compatibilité avec un launchpad n'est également pas parfaite. Ce sont des petits détails qui peuvent être irritants à présent mais n'enlèvent rien à la qualité de la prise de sons et à l'intérêt de cet instrument. Existe en versions 1 (sur demande) et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisée avec GrandOrgue (et les versions gratuite ou de base de Hauptwerk).

- Le très intéressant orgue de Krewerd , qui se trouve à quelques kilomètres seulement du précédent date de 1531, par un constructeur inconnu. Il n'a que 7 jeux (tous d'origine) sur un seul clavier et un pédalier court suspendu mais, comme pour celui de Eenum, une version "étendue" en augmente les possibilités (sans accouplement toutefois). Les timbres, très typés, de ce petit instrument sont particulièrement riches (moi j'adore), surtout si l'on en joue avec le tempérament mésotonique original, assez dérangeant pour nos oreilles modernes, mais qui fait beaucoup mieux sonner cet orgue que ne le fait un tempérament égal. La réverbération, enregistrée dans une très petite église de campagne, est particulièrement courte et la mécanique un peu bruyante (vu son âge vénérable). Vous noterez les amusants panneaux peints en trompe l'œil, qui ferment le buffet. C'est un orgue un peu dérangeant, vu son âge, mais pour lequel j'ai toujours eu un faible. Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisée avec GrandOrgue (et les versions gratuite ou de base de Hauptwerk).

- Paru en octobre 2009, l'orgue de Wirdum, au nord de Pays-Bas. Avec ceux de Eenum, Krewerd et Oostewijwerd et à moins de 5 kilomètres d'eux, à vol d'oiseau, c'est un de ces petits instruments qui font la gloire de la partie est de la province de Groningue, non loin de la frontière allemande. L'orgue de Wirdum a été construit en 1879 par P. van Oeckelen et ne comporte que 8 jeux, de style romantique et particulièrement "chantants", sur un seul clavier et un pédalier accouplé, auxquels l'auteur de la banque de sons a ajouté un bourdon de 16' emprunté à l'orgue de Haringe. Les deux jeux de gambe en particulier sont de toute beauté. Petit instrument mais banque de sons très soignée, avec trois relâchements par note et des échantillons sonores particulièrement longs (c'était une nouveauté à l'époque où cette banque de sons a été faite). Il bénéficie en outre d'une belle prise de sons. Sa faible taille permet de la charger sur des ordinateurs peu puissants et disposant de peu de mémoire. Disponible pour les versions 1 et 3 de Hauptwerk. Le prix doux de cette belle banque de sons la rend très attractive.

- Sorti en septembre 2010, un autre petit instrument de cette collection d'orgues de la région de Groningue, celui de Midwolde. Ce délicieux petit orgue a été construit en 1640 pour un château des environs, par Levjin Eekman, puis augmenté et remonté dans l'église de Miwolde vers 1660 par Andreas de Mare. Massacré au 19è siècle par des incompétents il a été soigneusement restauré dans son état d'origine, en 1912 par la société van Oeckelen. Il ne comporte que 6 jeux, répartis en basse et aigus, basés sur une flûte très large et particulièrement douce qui contraste avec un prestant de 4' bien timbré, une doublette 2', quelques mutations et une mixture assez brillante. La coupure du clavier; ajustable entre le Do et le Do# et un pédalier accouplé à demeure, permettent d'aborder un répertoire assez étendu. Cette banque de sons a été la première à se distinguer des autres banques de sons pour Hauptwerk par un enregistrement complet des jeux avec tremblant (et non la modélisation du tremblant par interpolation, proposée par Hauptwerk), d'où le grand réalisme de ce dispositif. Peu gourmande en mémoire et également vendue à prix doux, cette ravissante banque de sons est en outre parfaitement compatible avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk.


- Paru en janvier 2010, une curiosité: l'orgue de bambou de Roeselare (Roulers) en Belgique. Cet instrument, construit en Indonésie avant d'être assemblé en Belgique, est constitué de tuyaux en bambou (à l'exception de la première octave grave du pédalier, en bois). Il est l'un des trois instruments de ce type, de taille notable, dans le monde. Ce matériau naturel et léger lui donne un timbre très agréable, à la fois doux et flûté, très oriental et qui ne ressemble à aucun autre. L'orgue comporte 3 claviers (dont un clavier sans jeux propres, ne servant qu'aux accouplements) et un pédalier. Seulement 10 jeux, car le bambou ne se prête pas à toutes les fantaisies, mais de toute beauté. Et, ce qui ne gâte rien, cette banque de sons est vendue à un prix très raisonnable. Compatible avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk.

- L'orgue de la Boezemkerk de Bolnes est un instrument contemporain, construit en 1959. C'est déjà un orgue plus important que les précédents puisqu'il comporte 18 jeux, sur deux claviers et un pédalier conformes aux normes actuelles. Cet orgue est assez typique du style des instruments hollandais actuels. Il est rare d'entendre un orgue avec une telle présence et surtout avec une telle précision. Cet orgue a un côté agressif, mais dans le sens positif du terme. Les attaques sont franches et nettes, voila un instrument pour travailler les détails dans l'ornementation. Les plans sonores sont bien distincts avec un positif très présent. Tout passe, c'est incisif et ça répond au quart de tour, avec une précision digne du toucher d'un clavecin. Bien que sa composition semble, à première vue, proche de celle des instruments baroques, son harmonisation et ses timbres le destinent plutôt à l'exécution de la musique contemporaine et, protestantisme oblige, à l'interprétation de psaumes. Écoutez un peu ce qu'en fait son talentueux jeune titulaire Jan Peter Teeuw. Il convient également parfaitement au baroque, surtout au baroque français à mon avis. L'enregistrement et la réalisation ont été particulièrement soignés, avec des relâchements multiples très réalistes. Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk sur le même DVD et peut donc être également utilisée avec GrandOrgue. J'ai même pu l'utiliser avec la version gratuite de Hauptwerk 4.1, mais en 14 bits et sans les relâchements multiples. Cette banque de sons vendue à un prix modeste sera une belle découverte et fort utile.

- Un des derniers venus dans la collection de Sygsoft, le splendide orgue de Leens (province de Groningue - Hollande). Il s'agit d'un des plus beaux instruments baroques du nord de l'Europe, construit en 1733/34 par Albertus Anthoni Hinsz, de Hambourg, associé puis successeur de Frans Gaspar Schnitger (de la célèbre lignée de facteurs d'orgue Schnitger). Cet orgue de 27 jeux, sur deux claviers et un pédalier, est absolument somptueux et l'enregistrement fait par Sygsoft est en tous points parfait; même si certains préfèrent des prises de son un peu plus éloignées des tuyaux, afin de privilégier la réverbération qui, dans les banques de sons faites par Sygsoft ont souvent été un peu en arrière-plan. Ici la réverbération est cependant assez longue. Avec ses sonorités cristallines et brillantes, la banque de sons de l'orgue de Leens est un must, certainement une des plus belles qui ait été faite à cette époque pour le logiciel Hauptwerk. Cette banque de sons peut être chargée sur un Mac en 16 bits dans 4 Go (et donc de ce fait compatible avec la version de base de Hauptwerk), en 20 bit dans 8 Go et en 24 bits dans 16 Go: elle est alors dans toute sa splendeur. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk. Aux dernières nouvelles, Sygsoft pourrait envisager de faire une version 2 de cette banque de sons, qui a un peu vieilli et n'est plus vraiment aux standards actuels. On verra...

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En même temps que le grand-orgue Hinz de Leens, Sygsoft avait enregistré l'orgue de chœur, construit en 1982 par le facteur Mense Ruiter, de Zuidwolde (Pays-Bas). Les premiers essais d'en faire une banque de sons s'étant avérés décevants, du fait d'un bruit de moteur très fort, Sygsoft avait renoncé à diffuser cet instrument, malgré ses qualités. Il a repris ses échantillons depuis, avec l'aide avisée de  Johan van der Waal van Dijk et  le résultat s'est avéré tout à fait correct et intéressant. Ce petit instrument peu gourmand et parfaitement accepté (en 16 bits) par les versions gratuite ou de base de Hauptwerk, est proposé depuis septembre 2013, à un prix modeste.  Je vous conseille toutefois, si votre logiciel l'accepte, de l'installer en 24 bits: la différence est nettement perceptible. Autre avantage: pour ceux disposant de deux installations dans le même local, ce petit orgue est livré avec un tempérament prévu pour lui donner exactement le même diapason que le grand-orgue de l'église, ce qui peut permettre l'interprétation d'œuvres écrites pour deux orgues.
Il s'agit d'un orgue de 6 jeux 1/2, sur un seul clavier partagé, avec un pédalier accroché auquel a été ajouté un bourdon de 16 pieds emprunté au grand-orgue, avec lequel il a donc été conçu pour jouer en duo (au prix d'une légère transposition, existant d'origine). C'est donc un instrument assez puissant et qui sonne bien dans la belle acoustique de l'église de Leens. Les jeux ne comportent ni quinte, ni tierce, ni jeu d'anches mais un bel ensemble 8, 4, 2 et 1 pieds bien équilibré. Le bruit du moteur reste encore assez présent, mais l'auteur de la banque de sons a prévu un bouton pour ne plus l'entendre, si on le souhaite. Écrit pour Hauptwerk 4, il fait appel à la technique des relâchements multiples; ce qui permet un jeu rapide.

- La banque de sons de l'orgue de Haringe, en Belgique a été présentée sur place. J'y étais et j'ai eu le rare privilège de pouvoir jouer un bon moment de cet instrument prestigieux. Je puis vous assurer que le fait de se trouver à la console d'un instrument aussi ancien, exactement dans l'état où il se trouvait lorsqu'il a été construit, a quelque chose de très émouvant. Le toucher des claviers est léger et précis, même si la faible longueur des touches surprend un peu au début, l'accouplement mécanique "en tiroir" (c'est une découverte pour moi) est parfait, le vénérable pédalier à la française est amusant mais peu pratique, le magnifique tremblant très bruyant à la tribune (wouf, wouf, wouf...) mais splendide d'un peu plus loin. Cela a également l'occasion de constater que les sonorités de la banque de sons (dont je disposais depuis quelque semaines déjà) sont très fidèlement reproduites même si, depuis les claviers, la perception est toujours très différente de ce que l'on entend dans la nef de l'église. Le tremblant, en particulier, tout comme les effets de la soufflerie (3 gros soufflets cunéiformes) sont d'un grand réalisme.

 La banque de sons est donc particulièrement bien faite et d'un grand intérêt. Haringe est un hameau de Flandre, non loin de Ypres, à quelques centaines de mètres de la frontière française. L'orgue, très différent des autres orgues produits par Sygsoft, est du plus pur style baroque français et, de surcroit, il n'a subi aucune modification depuis sa construction en 1778, ce qui en fait un instrument unique (la majorité des orgues classiques françaises a été, soit détruite à la révolution, soit transformée au 19me siècle). Ses 29 jeux, répartis sur 2 claviers, un petit clavier d'écho et un pédalier court suspendu (mais il y a également une version étendue, conforme à nos critères modernes) ont été remarquablement bien numérisés et l'instrument sonne merveilleusement, dans une acoustique assez sèche toutefois. L'instrument ne comportant qu'un minuscule pédalier à la française, avec un seul bourdon de 16 pieds,  Sygsoft a prévu des sortes de tirasses, non pas pour chaque clavier complet, mais jeu par jeu ce qui en rend la registration un peu compliquée, voire pénible à mon avis, mais offre de grandes possibilités. La splendeur éclatante de son plein-jeu, la douceur des jeux de flûte, le réalisme des jeux d'anche (ah, la voix humaine...), la restitution admirable de son tremblant, placent cette banque de sons au sommet des réalisation proposées par Sygsoft pour Hauptwerk. La charger en totalité dans 4 Go de RAM exige des sacrifices et des coupes sombres; elle de convient donc guère à la version de base de Hauptwerk. Avec 8 Go il n'y a plus de problème en 16 bits et, sur un mac, elle peut être entièrement chargée en 24 bits. Il est intéressant de savoir que cette banque de sons vient accompagnée d'une série de registrations préparées par son titulaire, dans le style français. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.


- L'orgue de Móstoles (dans la banlieue sud-ouest de Madrid) est un concentré d'Espagne. Ce n'est pas un orgue historique, mais un instrument récent construit en 2004 par le facteur néerlandais Eppo Rynko Ottes, qui s'est établi en Catalogne. Pour la première fois, je pense, dans l'histoire de Hauptwerk une banque de sons a été entièrement réalisée sous le contrôle du constructeur de l'instrument, à tous les stades de son élaboration. Une splendide prise de son, favorisée par un accès facile à l'orgue, une ambiance très calme diminuant les besoins de filtrage des échantillons sonores, un orgue en parfait état mécanique, bien accordé et bien harmonisé, ainsi qu'une acoustique exceptionnelle ont conduit à une banque de sons particulièrement claire, fidèle et précise. La composition de cet instrument de 24 jeux sur 3 claviers (le troisième clavier, sans jeux propres, n'étant que l'accouplement permanent des deux autres) est assez variée pour qu'il puisse interpréter avec autant de bonheur la musique baroque, que romantique, voire contemporaine. Les timbres restent toutefois typiquement espagnols, avec un éblouissant jeu de trompettes en chamades qui, à lui seul, vaut le déplacement (les trompettes ont des anches en bois!). Le tout à un prix relativement modéré pour une banque de sons de cette qualité et de cette taille. Contrairement aux autres grosses banque de sons de la société Sygsoft, celle-ci n'est pas protégée par un dongle et, au prix de quelques renoncements (chargement en 14 bits, relâchements uniques) elle arrive à être chargée par la version gratuite de Hauptwerk 4.1 et en 16 bits elle passe dans la version de base. Bien entendu, pour l'entendre dans toute sa splendeur, il vaut mieux l'avoir en entier et en 24 bits; ce qui ne pose pas de problème sur un mac équipé de 8 Go de RAM.

En bute à des attaques, aussi violentes qu'injustes (à mon avis), de la part de gens dénigrant la qualité de ses banques de sons et face à une concurence de plus en plus acharnée, Fred de Jong s'était résolu à jeter l'éponge, après la banque de sons de Mósteles. Devant l'insistance de deux de ses amis Christian Boogaard (lui-même excellent organiste et spécialiste du débruitage des échantillons sonores) et Johan van der Waal Dijk (spécialiste du traitement de ces échantillons et bon conseiller technique), qui se sont associés avec lui, une autre politique a été adoptée: moins de production, mais du haut de gamme, absolument irréprochable sur le plan technique; même si cela se réduit à une seule banque de sons par an.

- Cela nous a valu, en mars 2014, l'orgue moderne de l'église Eben Haëzer d'Apeldoom. Construit par la société néerlandaise Orgelmarkerij Steedam, en même temps que l'église, il a été inauguré en 1997. Il s'agit d'un instrument de style romantique sur lequel la majorité des œuvres destinées à l'orgue peut être jouée sans faute de goût, aussi bien des œuvres baroques que contemporaines (l'utilisation de tempéraments en accord avec les époques et les lieux apporte encore un supplément de véracité). Il comporte 19 jeux, sur deux claviers et pédalier. Les particularités de l'imposante banque de sons créée par Sygsoft et sa nouvelle équipe sont:

Ces deux perfectionnements donnent à cette banque de sons un réalisme exceptionnel. Mais il va sans dire que ce réalisme se paie par une consommation de mémoire impressionnante, pouvant aller jusqu'à plus de 30 Go lorsque la banque de sons est chargée en totalité et dans sa meilleure qualité. C'était je crois bien à l'époque la plus grosse banque de sons jamais réalisée pour Hauptwerk. Heureusement, ce logiciel est assez souple pour s'adapter à des configurations plus modestes, soit en se contenant de charger la banque de sons en 16 bits (au lieu de 24), soit en limitant le nombre de canaux et/ou en désactivant les tremblants pré-enregistrés pour se contenter de ceux calculés par Hauptwerk en temps réel. Le site de Sygsoft donne un tableau des options possibles, avec en regard l'encombrement approximatif en mémoire, selon les configurations informatiques. Cela va de 1,6 Go à 30,1 Go.
Pour fixer les idées, sur un iMac équipé de 8 Go de mémoire, Mac OS accorde (assez parcimonieusement) 4,9 Go à une banque de sons Hauptwerk. J'ai ainsi pu charger un seul canal (le canal moyen me semblait le mieux adapté à mes goûts personnels) en 16 bits, avec toutes ses boucles et tous ses relâchements, mais sans les tremblants enregistrés. En augmentant la mémoire au maximum, soit 16 Go pour ce type d'ordinateur, la mémoire utilisable est de 10,6 Go ce qui m'a permis de charger le même canal médian, mais cette fois en 24 bits avec tous les tremblants, en 20 bits seulement; et ça tient tout juste. C'est appréciable car les tremblants enregistrés, tuyau par tuyau, sont infiniment plus réalistes et agréables à écouter que ceux engendrés automatiquement par le logiciel Hauptwerk et la remarquable prise de sons ne donne tout son effet qu'avec un résolution élevée. La nouvelle version 4.1 de Hauptwerk accorde plus de mémoire mais ne permet tout de même pas le chargement de plus d'un canal complet, en 24 bits.
Même ainsi réduite à un seul canal, l'audition de cet instrument était impressionnante; d'autant plus qu'il s'agit d'un orgue neuf, parfaitement harmonisé et accordé: rien ne dépasse. Et le dé-bruitage des échantillons est certainement le meilleur réalisé par Sygsoft à ce jour. Mais je ne me trouvais, à vrai dire, pas tout à fait satisfait. L'orgue était, certes, irréprochable, mais il me semblait un peu froid. J'ai donc tenté d'autres modes de chargement et ai ainsi découvert qu'il était nettement plus intéressant de privilégier le chargement des plusieurs canaux, que la profondeur de l'échantillonnage. Après plusieurs essais j'ai donc adopté un chargement complet en 20 bits pour le canal médian et un en 16 bits pour les jeux du canal arrière et la plupart de ses tremblants (au moins les combinaisons de tremblants). Un équilibrage de 100% pour le canal médian et 80% pour le canal arrière me convient bien. Et c'est le jour et la nuit. L'instrument est devenu vivant, chaleureux, puissant. C'est donc ainsi que j'en conseillerais le chargement pour les ordinateurs limités à 16 Go.
Pour ceux qui apprécient ce style d'orgue, propre et précis comme un intérieur hollandais peint par Vermeer, cette banque de sons est un must qui les comblera. Attention: elle est assez coûteuse et protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk. Elle est livrée au choix en téléchargement (mais c'est du lourd!) ou, avec un petit supplément de prix, sur un clef USB de 32 Go, dans un coffret bien présenté.

- Au mois de mai 2015, Sygsoft nous a présenté la banque de sons de l'orgue Lohman de l'église Sainte-Catherine à Heusden. C'était au départ un instrument baroque se trouvant à Barneveld, puis transporté en 1824/1828 dans l'église Saint-Jean de Arnhem, où le facteur Lohman l'a restauré en s'inspirant d'une autre de ses créations. Neuf jeux sont d'origine. Plusieurs fois restauré (en 1894 puis en 1938) l'orgue a finalement été remonté, dans son état de 1828, au cours de l'année 1984 et régulièrement entretenu depuis. Cela donne un orgue de 34 jeux, à deux claviers et pédalier: 12 jeux au G.O + 2 jeux reconstitués pour Hauptwerk, 9 jeux au positif + 3 jeux reconstitués et 8 jeux au pédalier. Cela n'est pas énorme mais la taille de la banque de sons (qui est, elle, énorme) est un gage de perfection.
C'est un instrument hollandais typiquement baroque, assez proche dans ses timbres et sa composition de celui de Leens. Mais la réalisation est beaucoup plus précise. Des timbres magnifiques, très clairs, lumineux et un équilibre parfait. La gestion du vent et des tremblants a été particulièrement soignée; d'où un réalisme extraordinaire. Cette très grosse banque de sons (20 Mo de fichiers!) peut être soit téléchargée (mais ça prend un temps fou, avec des risques d'erreurs) soit livrée sur une clef USB, moyennant un léger supplément de prix; et je recommande vivement cette option. Comme toutes les grosses banques de sons de Sygsoft, elle est protégée par l'inscription de sa licence dans le dongle Hauptwerk.
Cette banque de sons a été faite en reprenant exactement les mêmes principes que celle d'Apeldoom: 3 canaux enregistrés séparément, la quasi totalité des tremblants enregistrés (lorsque c'était techniquement possible) et plusieurs combinaisons de tremblants soigneusement ajustés pour bien être en phase. L'encombrement en mémoire vive est du même ordre que celui exigé par la banque de sons d'Apeldoom (au maximum 46,9 Go!). Plusieurs belles démos permettent d'en apprécier la qualité exceptionnelle et je signale que pour les acheteurs de cette banque de sons, Sygsoft leur fournit ces mêmes démos au format MIDI; ce qui est une intéressante initiative.
Un peu moins volumineuse que celle d'Apeldoom, on peut la charger en entier (les 3 canaux) en 16 bits sur un ordinateur disposant de 16 Go de mémoire. Il est en effet très préférable de privilégier les canaux multiples à la profondeur des échantillons. L'essai d'un canal en 20 bits n'a pas été concluant et je pense à me réserver un peu de marge pour un futur 3ème clavier.

- En même temps que le grand orgue, Sygsoft avait enregistré un petit orgue de chœur, de facture moderne, des facteurs Pels et van Leeuwen. Ces deux banques de sons devraient être proposées soit séparément, soit sous forme d'un ensemble dans lequel ce petit orgue serait utilisé par un 3ème clavier; ce qui augmentera les posssibilités de l'instrument. Tout comme sa grande sœur, cette banque de sons fait appel à la technique des 3 canaux (avant, milieu et arrière) ce qui devrait permettre une parfaite intégration et un bon équilibre des deux instruments. Sygsoft a mis en ligne quelques démos de cet instrument. C'est très beau: des timbres clairs, presque cristallins, comme savent si bien en faire les facteurs de Pays-Bas et des attaques particulièrement précises, presque percutantes. Ce petit bijou devrait parfaitement se marier à son grand frère de la tribune (il a d'ailleurs été conçu pour cela). Des démos des 3 canaux isolés, pour une même œuvre, prouvent que la technique est bien au point: la prise de sons avant est nette, presque sèche, la prise de sons médium est déjà plus enveloppée, celle arrière très riche avec une splendide réverbération. Comme avec l'orgue de Heusden, chacun devrait y trouver son bonheur.
Ce petit bijou étant à présent disponible, pour le prix très doux de 75€, chacun peut à présent se faire sa petite idée. L'instrument est très agréable et correspond bien à ce que les démos laissaient entendre. J'ai également pu vérifier que cette banque de sons pouvait être chargée facilement, en entier (les 3 voies, toutes les boucles, tous les relâchements, mais bien entendu en 16 bits) dans la version gratuite de Hauptwerk. C'est à ma connaissance la seule banque de sons surround permettant cet exploit! L'extension comme 3è clavier du Grand-Orgue se fait, par contre, toujours attendre.


les deux instruments

- Le site de Sygsoft annonce, depuis le 16 janvier 2017, la parution de la banque de sons de l'orgue Bätz de la Oude Kerk de Zeist.
Cet instrument a été construit en 1843, peu après la reconstruction de l'église. C'est un orgue de 24 jeux: 10 au grand-orgue, 9 au Positif + tremblant et 5 au pédalier, auxquels Sigsoft a ajouté pour Hauptwerk 6 jeux dérivés de l'existant, qui s'intègrent bien à l'ensemble et donnent du corps à l'instrument. La disposition et les timbres sont déjà franchement romantiques. Tout comme les banques de sons précédentes du même éditeur, celle-ci a été enregistrée sur 6 canaux (2 voies proches du buffet; 2 autres à quelque distance et les deux dernières au fond de l'église). Un jeu de 3 glissières permet un dosage personnalisé de chaque position et une 4è glissière dose la puissance générale du positif. La technique est bien rodée, c'est efficace et le déplacement virtuel de l'auditeur, dans l'église, est l'occasion d'entendre l'orgue sous des perpectives intéressantes. En plus de l'accouplement des claviers et des deux tirasses usuelles, il est possible d'accoupler chaque jeu du posif, individuellement, au pédalier. Enfin, le tremblant fort original pouvant être perturbant pour certains, Sygsoft a ajouté un second tremblant re-calculé, plus doux et moins dérangeant. L'encombrement en mémoire étant important; le chargement des 6 canaux n'est pas obligatoire mais, dans le cas où vous ne chargeriez pas les canaux arrière et/ou médians, Sygsoft conseille d'augmenter la pression du vent (voir le site web). La totalité de la banque de sons se charge toutefois aisément sur un ordinateur équipé de 16 Go de mémoire. Je n'ai pas encore essayé, mais je pense qu'une voie devrait pouvoir passer en 20 bits.
Les quelques démos déjà en ligne, sur contrebombarde et sur le site de l'éditeur - des hymes protestants avec un tremblant fort assez envahissant (on adore cela aux Pays-Bas, mais pour beaucoup de gens ça fait un peu orgue de cinéma...) - ne permettent guère de se faire une opinion générale et objective de l'instrument.
Ayant reçu la banque de sons, je vous livre mes premières impressions. C'est en quelque sorte le petit frère de l'orgue de la catbédrale d'Utrecht: même facteur, même époque, même style, même région. La banque de sons est soignée et l'acoustique généreuse. L'ensemble donne une impression de puissance; avec des jeux de fond bien diférenciés et un tutti impressionnant. Cet orgue se prête, en définitive, à un répertoire bien plus varié que ne pourrait le laisser supposer la collection de psaumes proposés en démo.
Bien que ce soit un instrument de taille moyenne, ce sont tout de même 18 Go de fichiers à télécharger (heureusement répartis en 5 éléments) ou, avec un petit supplément, à obtenir sur une clé USB. Détail intéressant, la banque de sons vient accompagné des démos sous 3 formats (wav; mp3 et MIDI). La banque de sons, comme les précédentes, est protégée par une licence à inscrire dans le dongle de Hauptwerk. après requête chez MDA.

- J'ai également la banque de sons du petit orgue de la Vloedshuur, construit en 1959 et qui se trouve actuellement dans une communauté religieuse. C'est un instrument plus banal de 16 jeux mais assez représentatif de la facture d'orgue hollandaise du 20ème siècle. Cette banque de sons n'existe qu'au format Hauptwerk 1, ce qui en explique le prix assez bas mais, en revanche, autorise son utilisation avec le logiciel gratuit GrandOrgue (et les versions gratuite ou de base de Hauptwerk).

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Par Johan van der Waal van Dijk

Il s'agit d'un nouvel éditeur néerlandais qui, poussé par Fred de Jong (société Sygsoft) et en suivant ses conseils, nous offre là un "galop d'essai" avec la banque de sons de l'orgue de Mijdrecht, Pays-Bas. Cet instrument a été construit en 1840 par la société J. Batz & Co (Utrecht) pour l'église réformée de cette cité. Il a ensuite été modifié en 1915, 1961 et 1972; et enfin restauré en 1998-2001 par Van Vulpen. Il comporte actuellement 16 jeux sur 2 claviers et un pédalier, auxquels l'éditeur a ajouté 7 jeux, obtenus par des emprunts, de façon à ce qu'il convienne non seulement à l'exécution de musique romantique (pour laquelle il a été construit) mais également à la musique baroque. Quoique l'éditeur semble s'excuser de n'avoir pu enregistrer l'instrument tel qu'il aurait souhaité le faire (la banque de sons est en 16 bits, alors que la plupart des éditeurs les proposent actuellement en 24 bits), le traitement rigoureux des échantillons et un filtrage qui reste très discret en font une banque de sons très agréable à jouer et à entendre, dans une acoustique assez sèche qui conviendra à ceux qui cherchent plus la précision du son que le plaisir de la réverbération. Le tout pour un prix si modeste qu'il serait vraiment inexcusable de s'en priver. Souhaitons bonne chance à cet éditeur et restons à l'affut de ses nouveaux enregistrements: il promet beaucoup. Aux dernières nouvelles Johan van der Wall van Dick s'est associé à Sygsoft pour le traitement des échantillons et conseils techniques et son site a été supprimé. Je pensais donc que cette banque de sons était devenue introuvable, mais le site fonctionne à nouveau (seulement en néerlandais) et la banque de sons est proposée à 40 €.


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Par la société néerlandaise Voxus et pour les tout petits budgets aux oreilles exigeantes, je signale le ravissant petit orgue de Gapinge (à quelques kilomètres au nord-ouest d'Anvers) que j'ai eu récemment l'occasion de tester. C'est une des ces petits bijoux baroques qui font la fierté de Pays-Bas. Construit probablement par Ludovicus de Backer ou un de ses élèves, vers 1760, ce modeste intrument ne comporte que 7 jeux, sur un unique clavier. Deux jeux (prestant 8' et quinte) n'existent que dans l'aigu, à partir du do3 alors que le cornet, assez curieusement, n'est présent que dans le grave. Un pédalier avec tirasse permanente est également proposé dans la banque de sons. C'est peu, mais assez judicieux et bien harmonisé ce qui autorise déjà bien des registrations intéressantes. La très courte réverbération, presque imperceptible, rend cette banque de sons idéale pour l'étude chez soi ou l'utilisation dans une église. La prise de sons et la réalisation sont parfaites et le réalisme très poussé. Vendue moins de 20€ et pouvant être chargée sans encombre dans la version gratuite de Hauptwerk, cette banque de sons (non protégée par une licence) est très séduisante.

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Par la société tchèques Sonus Paradisi dont j'ai longtemps assuré la traduction d'une grande partie du site web en français, avant que l'éditeur n'y renonce car cela était devenu trop lourd à gérér:

- Le petit instrument de Saint-Carlo à Brescia (vers 1600) est d'un réalisme époustouflant. Il avait d'ailleurs fait l'objet, à sa sortie, d'un concours sur le forum de Hauptwerk, où il fallait trouver pour les mêmes morceaux quels étaient les enregistrements faits à partir de l'orgue original et ceux faits à partir de la banque de sons sous Hauptwerk: personne n'avait réussi le test complet! Cette banque de sons a été longuement librement téléchargeable, comme "partagiciel" sur le site de Sonus Paradisi. Elle ne l'est plus directement, mais le reste (en shareware) depuis le serveur de Milan Digital Audio, l'éditeur de Hauptwerk, tout en restant au demeurant bon marché. L'éditeur s'est efforcé de faire une démonstration de son savoir-faire et cette démonstration est particulièrement brillante, mais au prix d'un bel encombrement en mémoire; n'envisagez pas trop de pouvoir la charger dans toute sa splendeur (et encore avec des limitations) avec moins de 4 Go de mémoire! Par contre, sur un Mac équipé de 8Go de RAM elle se charge sans difficulté. J'ai cependant pu l'ouvrir avec la version gratuite de Hauptwerk, partiellement en 16 bits (les jeux de 8 et 4 pieds) et le reste en 14 bits. La prise de sons est tellement belle que, même avec ces limitations, cette banque de sons reste magnifique. Bien entendu, elle se charge entièrement et sans problème avec 16 Go de RAM.
Il s'agit d'un instrument italien de 12 jeux, de l'époque baroque primitive, avec la disposition si particulière de son plein-jeu en "pyramide" et ses mutations aux très nombreuses reprises. La sonorité est éclatante, très riche, cuivrée, avec une longue réverbération, très présente. J'adore le petit jeu de Fiffaro, légèrement désaccordé et qui ne peut donc être utilisé qu'en même temps qu'un autre jeu de 8 pieds, si caractéristique des orgues italiennes, avec ses délicats battements. Un seul clavier et un pédalier suspendu court (mais avec 16 pied). Une autre particularité de cet orgue est la possibilité (qui existe dans l'instrument original) de préparer une combinaison de jeux à l'avance, que l'on appelle ou renvoit d'une pression du pied sur un bouton. Le mécanisme et la soufflerie sont particulièrement présents. Existe en versions 1 (sur demande) et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisé avec GrandOrgue. La version standard simple relâchement peut être chargée dans Hauptwerk 4.1 gratuit, par exemple de la façon suivante: tout en 16 bits sauf les Vigesima II, VI et IX, le pédalier et les bruits, qui seront en 14 bits.

- Dans le même style italien mais de la seconde moitié du XVIIIème siècle et avec une prise de son plus récent bénéficiant donc des toutes dernières techniques proposées par Hauptwerk, le petit orgue slovène d'Izola (sur la côte Adriatique, à une encablure de Trieste). C'est un instrument modeste de 7 jeux (dont 3 divisés) sur un seul clavier et pédalier accouplé en permanence. Un jeu d'anches, en façade, est particulièrement savoureux. De plus, il sonne merveilleusement, dans une prise de sons particulièrement réussie et une acoustique très généreuse. Peu exigeant en mémoire et non protégé, il peut sans problème être utilisé sans restrictions avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk. Existe en 3 versions: réverbérante (wet), surround (si vous disposez de l'équipement audio nécessaire) et sèche (dry, pour une utilisation dans un lieu naturellement réverbérant, comme une église). Bref, un orgue pour se faire plaisir (peu coûteux de surcroît).

- L'orgue du monastère de Zlata Koruna, (1699) avec sa réverbération impressionnante. Il s'agit d'un orgue de 20 jeux, sur deux claviers et pédalier, dans le style très caractéristiques des orgues baroques de Bohème; sans jeux d'anche, avec des fonds assez "gambés" et des mixtures fortes. Cette banque de sons étant déjà assez ancienne, l'éditeur est retourné sur les lieux pour la ré-enregistrer et la nouvelle version est enfin sortie. La seconde version de cette banque de sons, qui fait appel à toutes les ressources techniques ajoutées depuis par Hauptwerk (relâchements multiples en particulier) et dont l'enregistrement est très soigné, est tout simplement somptueuse. Les jeux y sont plus précis et plus présents que dans la version précédente et l'acoustique est toujours aussi belle (Zlata Koruna est la plus vaste église de la République Tchèque). Une version gratuite de démonstration se trouve en téléchargement sur le site de Sonus Paradisi (onglet "Free stuff") : 4 jeux du Grand-Orgue, 1 jeu du positif et 1 jeu à la pédale. La qualité du nouvel enregistrement rend cette banque de sons très attractive (au prix de multiples ajustements, la version étendue est en effet utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk avec les réglages suivants: 14 bits, toutes les boucles mais un seul relâchement pour les 8 - 4 et 2 pieds, une seule boucle mais tous les relâchements pour les mutations et mixtures, les 16 pieds en mono. Bien entendu c'est sans problème et en entier dans la version de base).
La réalisation 2 existe également en version sèche (sans la moindre réverbération, mono et enregistrée au plus près de chaque tuyau) qui convient particulièrement à l'exécution dans un lieu naturellement réverbérant.


- Dans le même style mais avec des sonorités beaucoup plus tendres, le petit orgue de l'église de Peruc (1766 par Johann Ignaz Schmidt). C'est un ravissant petit instrument de 12 jeux sur deux claviers et pédalier, peu encombrant en mémoire car en 16 bits (il tient à l'aise dans 2 Go de RAM). Comme pour la précédente, la banque de sons est relativement ancienne mais, faite avec soin, elle tient encore bien la route. Son prix est, par ailleurs, modeste. Il a depuis été enregistré à nouveau et un version plus moderne avait été annoncé, mais n'est jamais sortie. Existe en version Hauptwerk 1 et 2 et peut donc être utilisé également avec GrandOrgue. Je la recommande donc chaudement à tous ceux qui ont un ordinateur un peu ancien et doté de peu de mémoire. Fonctionne sans problème avec la version gratuite de Hauptwerk. Actuellement et dans l'attente d'une nouvelle version, cette banque de sons a été retirée du catalogue; ce qui est bien dommage.

- Également retiré du catalogue (et c'est aussi bien dommage) il y avait l'orgue de Dosky-Kruh, un adorable petit instrument de 1627: 9 jeux sur un clavier + 2 jeux au pédalier. Il existait une démo de 5 jeux + tremblant, prenant très peu de place et fonctionnant parfaitement dans la version gratuite de Hauptwerk.

Qui sait, en insistant un peu auprès de Sonus Paradisi, ces deux banques de sons pourraient peut-être re-devenir accessibles. Mais l'éditeur semble de plus en plus intéressé par de gros (et même très gros) instruments.

- Arrivé plus récemment dans la collection, l'orgue dit d'Allemagne du Sud. Il s'agit en fait de celui de Notre-Dame de Tyn à Prague, auquel on a ajouté (dans une version étendue) quelques jeux d'anche empruntés à l'orgue du Klosterneuburg, près de Vienne, afin de constituer un instrument représentatif des grandes orgues baroques d'Allemagne du Sud telles qu'en a parfois connues et pratiquées Jean-Sébastien Bach. Cela donne un instrument de 30 jeux, sur deux claviers et pédalier, dont l'enregistrement est soigné, avec attaques et relâchements multiples (au prix d'un réel encombrement en mémoire et donc, avec 4 Go de RAM, l'obligation de renoncer à un certain nombre de boucles et d'utiliser une profondeur de 14 bits seulement). Les timbres sont riches et puissants, la réverbération très longue. Même 8 Go ne suffisent pas pour un chargement intégral de la version "étendue" en 24 bits (en 20 bits ça passe). Il faut en fait un ordinateur équipé de 16 Go pour l'avoir intégralement en 24 bits. Existe en version Hauptwerk 1 (sur demande) et 3 et peut donc éventuellement être utilisé également avec GrandOrgue.
Une nouvelle version, mieux équilibrée, est venue ensuite. Il ne s'agit pas d'un nouvel enregistrement mais d'un travail en profondeur, en studio, sur les échantillons existants (l'auteur, qui est acousticien, est particulièrement habile dans ce domaine). Pour cette version 2, les relâchements des jeux d'anches empruntés au Klosterneuburg ont été entièrement revus afin que les acoustiques des deux églises puissent se fondre en une seule (ce qui n'était pas vraiment le cas pour la version 1). De nouveaux relâchements ont été artificiellement ajoutés et une ré-harmonisation générale de l'instrument a été faite. Autant la version 1, un peu agressive et pas toujours bien équilibrée, ne me satisfaisait que moyennement autant la version 2 est admirable et sonne magnifiquement. Pour ceux qui possèdent déjà la version 1, cette mise à jour (très peu coûteuse) s'impose absolument. Pour les autres, ce sera l'occasion de découvrir un des instruments les plus prestigieux de la république Tchèque. Les 2 DVD viennent accompagnés d'une version pour Hauptwerk1 (que je n'ai pas encore testée) qui devrait en principe être utilisable avec GrandOrgue. Il existe une version démo de cette banque de sons (onglet "Free stuff") limitée aux deux octaves médians de l'instrument et cryptée (donc inutilisable dans la version gratuite de Hauptwerk).

- Dans la foulée, Sonus Paradisi nous a également gratifié de la très belle banque de sons de l'orgue de Forcalquier. Plutôt qu'un orgue historique, il faudrait plutôt parler d'une très belle reconstitution d'orgue de style classique français car, de l'instrument original, il ne subsiste plus que 4 jeux (sans doute fortement ré-harmonisés) sur les 37 jeux actuels, répartis sur 3 claviers et pédalier. L'instrument a en effet été très remanié aux XIX et XX siècles, par divers facteurs. Mais il ne faut pas bouder son plaisir. Autant certaines banques de sons peuvent sembler un peu trop parfaites et froides, autant celle-ci offre une présence stupéfiante. L'éditeur s'est, en particulier, appliqué à utiliser toutes les ressources du logiciel Hauptwerk pour modéliser une soufflerie à l'ancienne (3 soufflets cunéiformes non électrifiés et donc actionnés par des souffleurs) dont l'effet (au moins dans l'Édition Avancée de Hauptwerk) est saisissant.  J'ai appris que l'instrument avait été entièrement ré-harmonisé depuis le passage de Sonus-Paradisi. Un de mes amis, qui connaît bien cette banque de sons, a récemment eu le privilège de pouvoir jouer sur l'instrument réel et m'a dit qu'elle lui a paru être très réaliste (le titulaire de l'orgue semble partager cet avis). Trois mises à jour successives sont venues depuis en améliorer certains détails (claviers plus étendus, ajouts des bruits, très discrets, du mécanisme et de la soufflerie et augmentation des possibilités de registrations préparées). J'ajoute que de toutes les banques de sons préparées pour Hauptwerk celle de Forcalquier me paraît être une de celles qui a la plus grande personnalité: il suffit de 2 ou 3 note pour l'identifier sans équivoque. Tout comme pour l'orgue de Prague, cette banque de sons est très exigeante en mémoire et oblige à des sacrifices douloureux pour pouvoir être chargée entièrement dans 4 Go de RAM. Elle se charge de justesse en 24 bits 16 Go (avec la version 4.1.1 de Hauptwerk). Il n'y a pas de version démo de cette banque de sons.

- sortie fin 2009, la banque de sons de Rabštejn nad Střelou en république Tchèque. Construit en 1793, il s'agit d'un instrument de taille relativement modeste: 12 jeux, auxquels ont été ajoutés 6 jeux re-créés virtuellement par dérivation des jeux existants, sur 2 claviers et un pédalier, pour une version "étendue". Mais il a un sonorité exceptionnelle, pure et brillante, dans une acoustique très généreuse (le temps de réverbération dépasses les 4 secondes!). La composition originale de sa mixture, basée sur les tierces, ainsi qu'un salicional un peu gambé lui apportent le timbre très typique des orgues de cette région. Cet instrument revient de loin. Peu entretenu et longtemps laissé à l'abandon dans une église désaffectée, avec une soufflerie que l'on ne s'était jamais donné le mal d'électrifier, il est devenu pratiquement injouable. Mais il parle encore et ses tuyaux ont pu être numérisés, avec soin. Le résultat est somptueux, même si vous n'aimez pas les mécaniques très bruyantes (la transmission est non seulement vétuste, mais très longue étant donnée la position des deux buffets du grand-orgue, la console se trouvant au dessus du positif, face au chœur). De toutes les banques de sons que je connais c'est probablement celle qui vous donnera le plus l'impression d'être aux claviers d'un orgue historique tant son réalisme est grand; un réalisme encore accentué par un très faible débruitage puisque les souflets, faute de moteur électrique, ont été activés manuellement, ce qui les rend très discrets. C'est aussi une de celles dont les petits jeux (quintes, tierces et mixtures) sont les plus puissants, plus encore que sur certains instruments espagnols: allez y avec prudence. Bref c'est la comtesse aux pieds nus.
L'éditeur en propose plusieurs versions, sur deux DVD: une version dite "directe", qui privilégie le son propre des tuyaux tout en conservant une réverbération assez présente (c'est celle que je préfère), une version dite "diffuse" plus flatteuse, qui reproduit mieux l'ambiance entendue depuis la nef, une version "surround" à 4 voies (2 canaux avant et 2 canaux arrières) si vous êtes bien équipés, mais l'effet est saisissant et deux versions totalement sèches (pour utilisation dans un lieu naturellement réverbérant, ou avec une réverbération artificielle) dont une répartissant les tuyaux dans l'espace tels qu'ils sont entendus depuis le banc de l'organiste. Cette banque de sons, au prix relativement modeste, est un must. Chargée en 14 bits et avec une seule boucle par tuyau elle peut être utilisée avec la version gratuite de Hauptwerk sans trop perdre de son éclat, mais en 24 bits, un chargement complet exige 8Go de mémoire. Par contre, en 16 bits elle passe dans la version de base. Il n'existe aucune version de démo de cette banque de sons.

Notez que, pour ceux qui possèdent déjà les banques de sons de Forcalquier et de Rabštejn nad Střelou, l'éditeur Augustine propose gratuitement une compilation de ces deux instruments sous forme d'un énorme orgue baroque de 61 jeux sur 3 claviers et pédalier. L'arrangeur s'est en effet amusé à exploiter à fond les possibilités de Hauptwerk. Il a créée de nouveaux jeux, par dérivation des jeux existants et mis en place tous les accouplements, tirasses et expressions imaginables. Au prix d'une légère perte de puissance sonore et d'une réverbération probablement très corrigée (mais assez réussie), on retrouve reproduits assez fidèlement les timbres des deux orgues: de la belle ouvrage. Bien entendu cela ne fonctionne que si les deux banques de sons originales sont préalablement installées et que si vous disposez d'assez de mémoire vive pour charger simultanément ces deux grosses banques de sons. Sur mon Mac équipé de 16 Go de RAM, cette compilation arrive à se charger en 24 bits mais au prix de quelques limitations (16 bits au pédalier, mono pour le 32 pieds et certains 16 pieds, les graves étant de toute façon peu directifs). Je n'ai pas testé mais je pense que sous Windows, moins exigeant que Mac OS dans l'attribution de la mémoire vive, il devrait pouvoir passer de justesse en 24 bits sur un PC équipé de 16 Go.

Il propose de même, et sous les mêmes conditions, une compilation des orgues de Vélésovo et Ménestérol: 64 jeux sur 3 claviers et pédalier. Le principe est le même mais le résultat est, à mon avis plus neutre et moins convaincant que la compilation Forcalquier - Rabštejn nad Střelou. L'encombrement en mémoire vive est également considérable: c'est à peine si avec 16 Go de RAM j'ai pu charger cette instrument composite en 16 bits. Bref et même si c'est un beau tour de force, je pense que les originaux pris séparément valent mieux que leur copies conjointes; mais il s'agit là d'un avis tout personnel.

- Augustine nous offre également trois belles compilations entièrement gratuites, assembléees à partir de diverses démos de Sonus Paradisi et avec sa bénédiction:

• En utilisant les démos des orgues de Utrecht, Doesburg et Cæn, il a créé une magnifique et très imposante banque de sons nommée "Great Romantic composit". Tenez-vous bien, 68 jeux sur 3 claviers et pédalier, avec toutes les options d'accouplements et tirasses! Les orgues utilisés se prêtaient bien à l'exercice. C'est parfaitement équilibré, l'acoustique est intéressante avec une longue réverbération et les timbres sont bien préservés. Mais cette banque de sons est si grosse qu'avec mes malheureux 16 Go de RAM je ne peux la charger en entier qu'en 16 bits (en travaillant bien la question on devrait pouvoir en charger une partie en 20 bits car il s'en faut de peu; mais il n'est pas certain que la différence vaille le coup).

• Avec les démos de Rotterdam, Velesovo et Menesterol, Augustine a créé la banque de sons nommée "Modern composit", à peine plus modeste: seulement 52 jeux sur 3 claviers et pédalier. Elle vaut également le détour et peut être chargée en entier en 20 bits dans 16 Go de RAM. J'ai choisi 24 bits pour les claviers et 20 bits pour le pédalier: ça passe de justesse dans mes 16 Go!.

• Il existe de même un "Great baroque" que je n'ai pas installé car avec ses 73 jeux sur 4 claviers et pédalier, il dépasse un peu mes possibilités matérielles. Augustine dit qu'il peut être chargé entièrement en 16 bits dans 16 Go mais que lui-même n'ayant pas un ordinateur mieux équipé n'a même pas pu tester cette banque de sons en 24 bits... Cette gigantesque banque de sons est faite à partir des démos de Zwolle, Dom Bédos, Saint-Maximin, Palma, Saint-Michel et Smecno; rien que ça. Les démos sonores sonnent bien.

- Construit en 2007, par le facteur Tomaš Močnik, pour l'église slovène de N.D. d'Adergas puis remonté à Vélésovo, ce bel instrument a été fait dans le plus pur style des orgues de Thuringe à l'époque de J.S. Bach. Sa facture (mis à part l'électrification de la soufflerie) est en tous points conforme à celle des orgues sur lesquels Bach a joué toute sa vie (du moins des plus gros instruments qu'il a connus); aussi convient-il particulièrement bien à l'exécution des œuvres de ce compositeur et de ses contemporains d'Allemagne du sud. De l'avis des utilisateurs du forum de Hauptwerk, c'est une des meilleures (sinon la meilleure) banque de sons qui existe actuellement pour jouer Bach.
Harmonisé très doux, avec une pression d'air assez basse, l'orgue de Vélésovo comporte 14 jeux au grand-orgue, 14 jeux au positif et 11 jeux au pédalier (39 en tout) ce qui est fait un instrument puissant et très complet . Il a même un jeu de 32 pieds au pédalier, ce que Bach n'a probablement jamais connu de sa vie. Un bourdon et un basson de 16 pieds, ainsi qu'un trompette de 8 pieds, au grand-orgue sont des choses rares en Allemagne du sud, mais appréciables. Il comporte des tremblants à chaque division y compris au pédalier et tous les accouplements et tirasses nécessaires. La réverbération est assez longue, dans une belle acoustique. La banque de sons est proposée en versions "wet" (réverbérante) et surround pour ceux qui disposent de l'équipement nécessaire. Elle existe également en version sèche (vendue séparément).
On trouve également au téléchargement sur le site de Sonus Paradisi une version de démonstration gratuite de cet orgue, pleinement fonctionnelle (wet et surround) mais limitée à 10 jeux: au GO Principal 8', Octava 4', Octava 2', Mixture; au positif Gedackt (bourdon) 8', Salicional 4', Waldfloete 2', Quinte 1 1/3'; au pédalier Subbass 16', Octavbass 8'; tremblants pour les 3 divisions, accouplement Pos-GO. Cela suffit pour disposer d'un très intéressant petit orgue dans le style allemand du sud, très bien réalisé et particulièrement agréable à écouter... mais qui donne bigrement envie d'acquérir la version complète (pas donnée, mais tout de même abordable en comparaison des prix pratiqués par certains autres éditeurs). Une belle initiative de Sonus Paradisi, qu'il faut saluer au passage.

- Toujours chez Sonus Paradisi, nous avions depuis longtemps une ravissante démonstration de 4 jeux du petit orgue tchèque de Smecno (1587). La banque de son, au format Hauptwerk 1, était librement téléchargeable. Peu de chose, mais gratuit et les timbres étaient très beaux.
Depuis la création de cette page, la restauration de l'orgue de Smecno a été poursuivie. Un positif de dos néo-baroque, complètement indépendant de l'instrument ancien, a été ajouté en 2009-2010, et sponsorisé par les ventes de l'ancienne banque de sons, par Sonus Paradisi: initiative qui mérite d'être saluée bien bas. La banque de sons ré-enregistrée et entièrement refaite a ensuite été ré-harmonisée pour tenir compte des nouvelles possibilités de Hauptwerk. L'ancienne démonstration a donc été retirée pour être remplacée par une autre, particulièrement étendue puisqu'elle comporte à présent l'ancien instrument dans sa totalité: 10 jeux sur un clavier et 3 jeux au pédalier (versions réverbérante et surround).  Les timbres de cette nouvelle version, totalement ré-équilibrée sont encore plus beaux que ceux de la version 1: un vrai régal pour la musique de la Renaissance. Cette démo gratuite, pour peu que l'on évite de charger les canaux arrières (rear), inutiles pour qui ne dispose pas d'un équipement surround, est parfaitement utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk, ce qui la rend particulièrement intéressante (et donne envie d'acheter la version complète: 2 claviers et pédalier, avec accouplement et tirasse, dans les deux versions: avant et après restauration - intéressante initiative car elle permet des comparaisons très instructives, voire le dialogue entre les deux orgues, sur deux claviers différents).
Cette version payante inclue donc, outre l'ancienne disposition et une version totalement "sèche" pour utilisation dans des lieux naturellement réverbérants, les 6 jeux du positif baroque de dos que l'on peut voir sur cette photo, devant l'ancien grand-orgue de 1587, ainsi qu'un version de l'orgue avant restauration. Le tout est réparti sur 3 claviers, avec tous les accouplements et tirasses qui n'existent pas dans les instruments originaux, mais rendent bien service. Une mise à jour récente a ajouté un savoureux jeu de régale sur le 3ème clavier (il faut bien le chercher, tout en haut à droite de l'écran).  Un grand plaisir pour un prix assez doux.

- De la même façon, Sonus Paradisi avait sorti la banque de sons du magnifique orgue Isnard de Saint-Maximin, en Provence, l'un des très rares orgues français de facture classique qui nous soit parvenu intact. Cette banque de sons, initialement au format Hauptwerk 1 puis portée sur Hauptwerk 2 avait mal vieilli en comparaison de ce que la technique actuelle permet d'obtenir. Sonus Paradisi l'a donc entièrement refaite sur la base d'enregistrements nouveaux et il faut bien avouer que c'est une réussite, qui n'a plus grand chose à voir avec la première version (d'ailleurs retirée du commerce). Il s'agit d'un gros instrument à 4 claviers, comportant de nombreux jeux d'anche qui le rendent impressionnant. L'acoustique de la basilique étant parfaite (malgré au moins 7 secondes de réverbération!), cette banque de sons est un vrai régal pour ceux qui peuvent la charger (voir les besoins en mémoire sur le site de l'auteur) et qui disposent d'une console à 4 claviers... Il faut toutefois signaler que le concepteur de cette banque de sons a estimé devoir ré-harmoniser, sous la conduite d'organistes réputés, un grand nombre de tuyaux à bouche (en particulier les mixtures) qui en avaient grand besoin nous dit-il, afin de nous restituer cet instrument tel qu'on pense qu'il devait sonner à sa création. L'initiative est louable et le résultat parfait, mais elle pourrait choquer certains puristes ou des amateurs inconditionnels de cet instrument. L'instrument complet, wet et sans les voies arrières (rear) peut être chargé en 20 bits sur un ordinateur ayant 16 Go de mémoire.
Pour les autres ou tout simplement pour tous ceux qui voudraient au moins pouvoir y goûter, Sonus Paradisi a mis en ligne une très belle banque de sons en démonstration gratuite (à télécharger sous ce lien). Il s'agit en fait de la totalité des jeux du Positif, sur un seul clavier (sans pédalier, mais par un clic droit sur le pédalier à l'écran, votre pédalier peut être reconnu comme accouplé en permanence au clavier). Un beau cadeau qui, de plus, a le bon goût de parfaitement fonctionner avec la version gratuite de Hauptwerk, pour peu qu'on évite de charger les canaux arrières (rear) de la version surround.

- Toujours pour ceux qui ne peuvent où ne souhaitent s'offrir la (très) grosse banque de sons de l'orgue néerlandais de Zwolle (4 claviers!), il en existe sur le site de Sonus Paradisi une somptueuses version de démonstration, limitée à 11 jeux, répartis sur les 4 claviers, mais qu'il est impossible d'ouvrir avec la version gratuite de Hauptwerk, même au prix de grosses restrictions. Cette banque de sons est proposée avec réverbération-surround mais également en version sèche. Un enregistrement sans défaut et une très belle acoustique.
La version complète est vrai régal.... mais c'est du lourd! Cet orgue commandé au grand facteur allemand Arp Schnitger en 179 a été construit par ses deux fils Frans Caspar et Johann Georg et achevé en 1721. Malheureusement modifié en 1837 par Petrus van Oeckelen il a été restauré dans son état d'origine, après la guerre entre 1953 et 1955, par Dirk Andries Flentrop. En 2007 il a été proposé à Sonus Paradisi de le numériser, afin de pouvoir conserver une témoignage précis de l'instrument, en cas de futures modifications. L'instrument ayant été accordé au tempérament égal en 1837, il n'a pas été possible de le rétablir dans son tempérament original. Mais un jeu de tempéraments anciens est fourni avec la banque de sons.
Cette banque de sons est proposée en 3 versions: surround, wet et dry. Il faut tout de même près de 26 Go de mémoire libre pour en charger la version surround en 24 bits (échantillons compressés). La version wet complète extended (non surround) peut toutefois être chargée sans encombre en 24 bits sur un ordinateur ayant 16 Go de mémoire. Et c'est déjà impressionnant. Une intéressante démo de 11 jeux sur 4 claviers, avec les tremblants enregistrés est également offerte: elle vaut largement la peine d'être essayée.

- J'ai eu récemment l'occasion de tester chez un ami la banque de sons de l'orgue de l'église de la Sainte-Croix à Litomysl. C'est une banque de sons qui a déjà quelques années, mais qui a bien veilli. Cet instrument de l'est de la Bohème, baroque à l'origine (Frantisek Pavel Horakj en 1780), a été entièrement reconstruit en 1902 par Joseph Kobrle (1851 - 1919),  puis à nouveau refait à neuf en 2011 par Vladimir Grygar. Autant dire que pratiquement rien ne subsiste des orgues précédents et qu'il s'agit d'un instrument moderne. Avec ses 4 claviers et ses 51 jeux, c'est déjà un monument, puissant, aux timbres très variés, parfaitement servi par une longue réverbération et une splendide acoustique. Avec une grande variété d'accouplements, expression, crescendo, tremblants, il peut attaquer n'importe quel répertoire. On y trouve aussi bien tout l'éventail des jeux baroques, qu'une grande variété de jeux de fond très romantique, ainsi qu'une véritable artillerie d'anches en chamades à faire pâlir d'envie les plus gros instruments espagnols (on y trouve même une trompette impériale de 32 pieds!). Tout cela peut-être au prix d'un certain manque de personnalité, ce qui est souvent la caractéristique des grandes orgues modernes. Mais l'instrument est très beau. La prise de sons est impeccable et cette banque de sons dispose de toutes les fonctions récentes de Hauptwerk (double écran, page d'harmonisation, crescendo programmable, accord fin des jeux "célestes", nombreuses boucles et relâchements, etc.). Il n'y a pas de version de démo pour cet instrument.


- J'ai eu l'occasion d'essayer la banque de sons de l'orgue Walcker de la Martinikerk de Doesburg, une des plus grosses banques de sons faites par Sonus Paradisi (en septembre 2013) et c'est somptueux. Cet énorme instrument romantique de 75 jeux, répartis sur 4 claviers + pédalier, a été construit entre 1914 et 1916 pour l'église de la Nieuwe Zuidekerk de Rotterdam par le facteur allemand Oscar Walker puis, après démolition de l'église en 1968, déplacé à son emplacement actuel, en remplacement d'un orgue détruit pendant la guerre. Il offre la plus grande variété de jeux de fonds qu'on puisse imaginer, ce qui permet de nuancer très finement son jeu. Il fait par contre l'impasse quasi totale sur les mutations. Bien que typiquement allememand, cet instrument est également fortement inspiré, pour les jeux d'anche, de la facture de Cavaillé-Coll et ses brillants cornets et mixtures font expressément références à ceux de Silbermann, dont Walcker a même gravé le nom sur un des tuyaux. Il vient accompagné de toute une armada d'accouplements/tirasses, de pas moins de 3 boîtes d'expression et d'un impressionnant rouleau de crescendo, à 64 pas, très bien composé et dont les transitions sont particulièrement subtiles. L'acoustique, avec sa très longue réverbération (jusqu'à 6 secondes), est splendide.
Bien entendu, tout se paye et outre le prix assez élevé de cette banque de sons elle est également particulièrement exigeante en mémoire, surtout en mode surround où ça peut vous occuper jusqu'à 38,3 Mo! Il est toutefois possible de la charger entièrement dans un ordinateur équipé de 16 Go (il vous en restera un solde de 3 Go environ) si vous l'ouvrez en 16 bits et sans les voies arrières. Il vous faudra également demander à Hauptwerk de vous accorder nettement plus de polyphonie que d'ordinaire si vous en voulez pas avoir des notes qui se perdent en route ou entendre des bruits bizarres. Une très belle démo de 20 jeux sur 2 claviers + pédalier permet de se faire une bonne idée de l'instrument. Cette démo gratuite passe en 20 bits dans 16 Go de mémoire. Il ne faudrait pas passer à côté d'un tel cadeau!

- Tous les amateurs de musique baroque française l'attendaient avec impatience. Sonus Paradisi l'a fait. Voici enfin un des rares instruments du "Grand Siècle" qui nous soit parvenu intact. L'orgue de l'abbaye Saint-Michel-en-Thiérache, construit par Jean Boizard en 1714 dans le nord de la France, a échappé à plusieurs incendies, aux démolitions de la Révolution de 1789 et aux "embellissements" plus ou moins malencontreux du 19ème siècle. Et le voici dans toute sa splendeur, magnifiquement restituée par la très belle banque de sons de cet éditeur tchèque. Il comporte 31 jeux, répartis sur 4 claviers et pédalier (dont un clavier de récit et et un d'écho ne faisant entendre chacun qu'un seul cornet). Une sonorité brillante, probablement plus "Grand Siècle" que celle de Saint-Maximin, dans une acoustique remarquable. Et ce sont tous les fastes de la cour du Roi Soleil qui vous sont offerts. Nous avions déjà d'autres banques de sons d'orgues français du XVIIIème (Saint-maximin, Forcalquier, Haringe), mais c'est pratiquement la seule jusqu'à présent qui puisse nous faire entendre les sonorités si particulières du XVIIème, dans toute leur pureté: remarquable. Cette banque de sons peut être chargée sur un Mac en 16 bits dans 8 Go et en 24 bits dans 16 Go (ce qui exclu donc toute utilisation avec la version de base de Hauptwerk)

Pour en avoir une idée, chacun peut télécharger librement la banque de sons (non surround) que Sonus Paradisi propose en démonstration: 8 jeux du clavier de grand-orgue (dont la voix-humaine et son tremblant); pas de pédalier, mais par un clic droit sur le pédalier à l'écran, votre pédalier peut être reconnu comme accouplé en permanence au clavier) qui vous feront découvrir gratuitement la beauté de cet instrument et de son plein jeu, même sur la version gratuite de Hauptwerk (attention: une version 4 de Hauptwerk est nécessaire, aussi bien pour la banque complète que pour sa démo).

- L'orgue de l'église Saint-Étienne de Caen est l'un des plus beaux instruments construits par Cavaillé-Coll. Sonus Paradisi en avait édité une très belle banque de sons qu'il a récemment retravaillée et qui vient accompagnée d'une exceptionnelle démo gratuite (elle en est à la version 2.5); certainementune des plus grosses banque de sons offertes gratuitement, pour Hauptwerk: 6 jeux du grand-orgue, 3 du positif, 5 du Récit et 3 du pédalier. Ce sont en tout 17 jeux, et des plus beaux, qui sont proposés au téléchargement pour vous constituer un remarquable instrument égalant et même surpassant bien des banques de sons coûteuses. Bien entendu il ne faut pas espérer, même en rusant, imaginer de pouvoir charger cet orgue en totalité avec la version gratuite de Hauptwerk, même en 14 bits et avec des boucles uniques:  cette démo est réservée à ceux qui possèdent déjà une version licenciée du logiciel. Ou alors ils faut en retrancher une bonne partie. Un utilisateur me signale que la version complète de cette banque de sons peut être chargée dans Hauptwerk 4.1 et suivantes en 20 bits, avec 16 Go de mémoire, avec les restrictions suivantes: les canaux arrières (rear) désactivés et les jeux enregistrés sur deux canaux (L - R) chargés en mono.
Un amateur éclairé qui publie sur le forum US de Hauptwerk sous le nom de "Soubasse" propose sur demande de belles extensions de cette démo, régulièrement améliorées et augmentées, mais qui ne sont pas tout à fait gratuites.

- Un monument de la facture d'orgue hollandaise, la banque de sons du grand orgue de l'église Saint-Laurent (Laurenskerk) de Rotterdam est sortie en 2013 chez Sonus Paradisi. Construit par Marcussen et fils en 1973 (car après la guerre il ne devait plus rester un seul tyau d'orgue debout, à Rotterdam), cet orgue de 85 jeux sur 4 claviers et pédalier, basé sur un 32 pieds, dans le style néo-baroque et à traction entièrement mécanique (probablement le plus gros instrument au monde à traction mécanique) a été remarquablement enregistré, avec sa très longue réverbération (jusqu'à 6 secondes) et en trois versions: stéréo sèche ou réverbérante et surround, avec deux prises de son séparées pour les tremblants (gauche et droite); ce qui ajoute encore au réalisme. Il est bien évident que seuls les ordinateurs très richement pourvus en mémoire peuvent exploiter cette banque de sons dans toute sa splendeur (jusqu'à 60 Go peuvent être nécessaires en surround et 24 bits). Ce n'est hélas pas le cas de ma configuration, loin de là... et le prix de vente est en conséquence. Sonus Paradisi indique toutefois sur son site comme cette banque de sons peut être chargée dans Hauptwerk en 16 bits, sur un ordinateur diposant de 16 Go de mémoire, avec les restrictions suivantes: les canaux arrières (rear) désactivés et les jeux enregistrés sur deux canaux (L - R) chargés en mono; il précise même que dans ce cas, une  partie des jeux peut être utilisée en 20 bits.
Cet orgue a la particularité presque unique d'avoir presque tous ses principaux de 16, 8 et 4 pieds formés de plusieurs tuyaux à l'unisson; ce qui leur donne une vie étonnante mais a nécessité des échantillons de 9 à 11 secondes, particulièrement délicats à boucler correctement. Une autre particularité de l'instrument est d'avoir des mixtures composées d'un nombre important et inhabituel de rangs. D'où une richesse sonore inégalée. La cimballe du Bovenwerk contient même une quarte et une sixte. Un ensemble de jeux d'anches en chamade, divisés, et une pédale d'expression apportent à cet orgue des possibilités qui dépassent, de loin, la musique strictement baroque.
Pour nous consoler de la taille gigantesque de cette banque de sons (et de son prix élevé), Sonus Paradisi a le bon goût de nous offrir gratuitement le téléchargement d'une version de démonstration de cet orgue, réduite à 24 jeux; ce qui n'est pas si mal. C'est même je crois la plus grosse démo jamais offerte par un éditeur (encore plus grosse que celle du Cavaillé-Coll de Caen). Et même ainsi il vous faudra un minimum de 16 Go pour la charger au complet en 20 bits. Avec mes 8 petits Go, j'ai dû me résoudre à rester en 16 bits (la qualité des CD du commerce tout de même) et à me passer de la plupart des jeux tremblants. Il faut bien se faire une raison. Mais en respectant les instructions de l'éditeur (Hoofdwerk + Bovenwerk réunis sur le clavier de Grand-orgue et Rugwerk + Borstwerk réunis au positif) je me trouve avec un splendide instrument à la sonorité magnifique et aux vastes possibilités. À conseiller vivement à tous ceux qui peuvent l'installer. Évidemment il n'est pas question de vouloir l'utiliser avec la version gratuite de Hauptwerk!

- l'église Saint-Laurent (Laurenskerk) de Rotterdam possède un second instrument dans son transept, de taille plus réduite (quoique tout de même 31 jeux sur 3 claviers et pédalier; ce qui n'est pas rien). Cet orgue a été construit en 1959 par Marcussen et fils (l'ancien ayant totalement disparu dans les bombardements de 1940) dans un buffet renaissance provenant de l'église St Barthélémy de Schoonhoven, qui était assez semblable d'après les peintures que nous avons de l'église avant guerre, mais auquel a été ajouté un positif de dos à l'avant de la tribune, l'octave grave du 16 pieds étant dans un petit local à l'arrière de l'orgue. Cet instrument se caractérise par une régale de 16 pieds, placée horizontalement. Sonus Paradisi nous gratifie depuis novembre 2014 de pas moins de 3 versions de cette banque de sons: une version sèche, une version réverbérante "wet" directe, sans bruits de mécanisme et sans tremblant au récit (pouvant être chargée en 24 bits dans 12 G o de mémoire) et une version surround regroupant deux prises de sons (proche et diffuse) pouvant être dosées au choix de l'organiste mais qu'il est presque impossible de charger entièrement dans 16 Go de mémoire (en 24 bits elle occupe 30 Go!). Une réalisation très soignée dont l'éditeur nous propose un avant goût avec deux démos (wet et surround) limitées cette fois à 3 jeux du Rugwerk plus un très beau tremblant, ce qui permet juste de se faire une petite idée mais laisse un petit goût de trop peu. Les deux démos, aussi bien la "wet" que la surround peuvent être chargées dans la version gratuite de Hauptwerk et une récente mise à jour autorise à présent une tirasse, et donc l'usage du pédalier.
Un amateur éclairé qui publie dans le forum français de Hauptwerk sous le pseudo de Gilles nous a concocté, à partir de cette démo, une extension où le clavier a été divisé et deux jeux ajoutés (dessus de quinte et de tierce); ce qui commence à être intéressant. L'installation de cette extension, un peu rustique, se fait en recopiant ce petit fichier dans votre dossier "Hauptwerk/HauptwerkUserData/CustomOrganDefinitions"
(sans vous tromper de dossier, comme cela m'est arrivé bêtement) puis en allant le chercher sous Hauptwerk, par le menu  Design tools / Load custom organ ... L'orgue peut alors être ouvert normalement.

- sorti en juin 2014 le très intéressant Cavaillé-Coll de Saint-Omer. C'est un des premiers orgues construits par ce facteur, en 1853-1855, sur la base d'un instrument plus ancien dont quelques jeux (ré-harmonisés et ré-accordés un ton plus haut) ont été utilisés; Mais dans la quasi totalité des jeux, dont la totalité de ceux du récit, sont de Cavaillé-Coll. Cela donne un instrument de 45 jeux sur 4 claviers et pédalier (13 au positif, 9 au Grand-Orgue, 9 au clavier de résonnance, 12 au récit et 6 au pédalier), plus une grande variété d'accouplements, tirasses, appels d'anches, tremblant. La banque de sons, très volumineuse, a été enregistrée sur 4 voies (surround) avec 3 relâchements par tuyau. Il va sans dire qu'elle est aussi très exigeante en mémoire. Mais avec ses timbres magnifiques et une belle réverbération de 4 à 5 secondes, elle vaut largement le prix demandé. Elle est cryptée et n'est donc utilisable que par la version avancée de Hauptwerk.
Fidèle à ses habitudes, Sonus-Paradisi nous allèche par une somptueuse démo gratuite. Elle comporte 19 jeux (les 13 du positif, 3 au Grand-Orgue et 3 au récit); dommage qu'il n'y ait pas au moins un jeu de 16 pieds au pédalier): magnifique mais demandant déjà pas mal de mémoire, et une version licenciée de Hauptwerk. Un utilisateur averti de Hauptwerk, qui publie sous le pseudo de Subass32, a mis en ligne, avec l'autorisation de Sonus Paradisi,  une très belle extension de cette démo qui étend largement les possibilités de cette banque de sons, en y ajoutant des jeux dérivés (en particulier au pédalier), des tirasses et une présentation plus facile à exploiter. Cela nous donne une magnifique instrument de 25 jeux, sur 3 claviers et pédalier et qui ne coûte rien.

Mais le site a été fermé. Alors je prends le relai et mets en ligne à mon tour les deux fichiers d'extension, que j'avais pris la précaution d'archiver:
- ici le premier
- ici le second

- En procédant de la même façon, un autre amateur ayant pour pseudo "josq" nous a concocté une très belle compilation des démos de Saint-Omer, Cæn et Rotterdam, ce qui donne un gros et très intéressant instrument dans le style Cavaillé-Coll, parfaitement gratuit, avec 52 jeux sur 3 claviers et pédalier. Pour cela il vous faudra tout d'abord télécharger sur le site de Sonus Paradisi les 3 démos en question et les installer dans Hauptwerk. Puis télécharger un tout petit fichier qui se trouve sous ce lien. Son utilisation n'est pas évidente. Il faut lui ajouter l'extension .rar puis le décompacter avec un utilitaire reconnaissant le format .rar (ils sont légion). On obtient alors un fichier dont le nom est Cavaillé-Coll composite.Organ_Hauptwerk_xml qui doit être recopié tel quel dans votre dossier Hauptwerk/HauptwerkSampleSetsAndComponents/OrganDefinitions. Notez que ce fichier de définition d'orgue est prévu pour fonctionner avec la version 4.1 et que si vous utilisez encore la 4.0 il vous faudra éditer la première ligne du fichier pour modifier le numéro de version. Même si les auteurs de Hauptwerk ne recommandent pas ce type d'opération, des utilisateurs disent dans le forum que ça fonctionne (mais d'autres s'y sont cassé les dents... et y ont laissé des plumes. Moi je n'ai pas essayé). Il n'y a plus ensuite qu'à ouvrir l'orgue, de la façon habituelle. Petite astuce: un grand nombre de jeux sont enregistrés sur deux voies indépendantes: L et R (gauche et droite). Il est parfaitement inutile de charger ces jeux en sétéréo, puisqu'ils le sont déjà. En les chargeant en mono on économise pas mal de mémoire. Pour charger le tout en 24 bits, avec l'ensemble des attaques, boucles et relâchements il vous faut tout de même un ordinateur équipé d'au moins 18 Go de RAM. Mais le résultat est paraît-il à la hauteur de la promesse; pourquoi s'en priver?
Attention: la dernière version de la démo de Cæn (version 2.5) est nécessaire; avec une version précédente (version 2.0 par exemple) l'orgue refuse de s'installer.

- il a été question plus haut de l'orgue de la cathédrale d'Utrecht (Domkerk) qui a servi de base à diverses compilations. La banque de sons est d'octobre 2013. Cet instrument, construit par le facteur Bätz dans la première partie du XIXè siècle, puis modifié à diverses reprises, est un orgue romantique typique des Pays-Bas; autrement dit une composition proche de la composition baroque (avec toujours de belles flûtes, très sonores et des principaux puissants) mais également avec des jeux de fonds (magnifiques) dont la sonorité s'apparente un peu (mais de loin) à ceux des orgues françaises de la même époque. Cet instrument est remarquable de clarté, malgé une très ample réverbération (la plus longue réverbération à ce jour de toutes les banques de sons de cet éditeur). Le résultat est absolument impressionnant: un must!. Plusieurs présentations des jeux sont proposées: ensemble des jeux et claviers, jambages gauche et droit et une présentation simplifiée mieux adaptée aux écrans tactiles. L'orgue a été enregistré en surround, pour ceux qui peuvent l'utiliser dans cette configuration et diposent d'assez de mémoire car, même en supprimant tous les canaux arrière, y compris les tremblants (rear) cette banque de sons ne peut être chargée en entier qu'en 16 bits sur un ordinateur dispoant de 16 Go de mémoire. Sonus Paradisi indique toutefois que, pour cette configuration, il est possible d'ouvrir quelques jeux en 20 bits, car il y a de la marge. Une démo gratuite de 12 jeux, sur 3 claviers et pédalier, est disponible sur le site de l'éditeur; c'est déjà en soi un instrument remarquable.

- Particulièrement bien numérisé le petit positif tchèque du facteur contemporain Prib. Il est de style baroque, avec un clavier et cinq jeux seulement, mais s'agissant ici aussi d'une démonstration de son savoir-faire, l'éditeur a été généreux: très longs échantillons, de nombreuses boucles, des relâchements multiples, tous les bruits de mécanique et de soufflerie. Il est donné en deux versions: une version avec réverbération et une autre très sèche (les enregistrements ont alors été faits à la bouche de chaque tuyau puis replacés dans l'espace). La version sèche est particulièrement indiquée pour être utilisée comme petit orgue d'accompagnement dans une église ou un lieu à l'acoustique généreuse. J'aime beaucoup les sonorités et le réalisme de ce petit instrument,vendu très bon marché. Fonctionne parfaitement avec la version gratuite de Hauptwerk.

- l'année 2011 a été particulièrement féconde chez Sonus Paradisi puisqu'elle nous a apporté deux très beaux instruments:

L'orgue construit par Bartolomeo Fromentelli en 2007, à la demande du pape Benoît XVI pour l'église St. Domenico de Rieti (près de Rome). Cet orgue a cela de remarquable qu'il a été fait selon les plans, très précis, du fameux traité de facture d'orgue (1766 - 1770) du facteur d'orgues Dom Bedos, considéré comme une bible par tous les constructeurs d'orgues, encore de nos jours. Dom Bedos ayant peu construit et aucun des instruments faits par lui ne nous étant parvenu dans son état original, il s'agit d'un témoignage extrêmement précieux. C'est un gros instrument à 5 claviers et pédalier dont la banque de sons exige un équipement qui n'est pas donné à tout le monde (surtout en mode surround) mais dont l'organiste Frédéric Deschamps a dit: "C'est un orgue fabuleux qu'il faut avoir dans sa collection mais aussi se déplacer pour aller l'entendre et le jouer !"
Comme à son habitude, Sonus Paradisi a mis en ligne une belle démo gratuite: quatre jeux du grand-orgue (1 - 8 - 4 - 2), cinq jeux du positif ( 8- 4 - 2 - 2 2/3 et cromhorne) et la magnifique trompette de bataille en chamade du clavier de résonance. Pas de jeux au pédalier mais par un clic droit sur le pédalier à l'écran, votre pédalier peut être reconnu comme accouplé en permanence au clavier. Cette démo est libre et peut être chargée en entier avec la version gratuite de Hauptwerk 4.1.1 (ce qui n'était pas les cas avec la 4.0) .

L'orgue délicieusement baroque de Krzeszow (ça se prononce Kjechou m'a t-on dit), en Silésie polonaise, construit entre 1732 et 1737 par Michael Engler. Sa composition est caractéristique des orgues de cette partie de l'Europe, avec de nombreux jeux de fond (en particulier des jeux gambés), de riches mutations et des mixtures à base de tierces. les anches du clavier sont très douces mais il possède par contre de nombreux jeux d'anches au pédalier, dont un Posaune de 32 pieds! Il a 3 claviers et un pédalier. Autre particularité de cet instrument: le positif et 4 jeux du pédalier sont transpositeurs afin de pouvoir accompagner les ensembles accordés selon le "ton de chambre" ou "Camer Ton", plus bas que celui de l'orgue; la banque de sons vient donc avec deux séries d'accouplements qu'il ne faut pas confondre, sous peine de cacophonie. La présentation des jeux étant particulièrement confuse et difficile à lire, je vous conseille l'utilisation des extensions télé-chargeables sur cette page (en particulier la version Bodoni 72 bold, qui est très lisible). Une autre présentation très lisible se trouve sur le site d'Almorse.
Comme toujours, cet orgue vient accompagné d'une banque de sons libre, en démo, qui est utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk (mais en 14 bits et avec des attaques uniques): quatre jeux au grand-orgue (1 - 8 - 4 et cimbel) - quatre jeux au récit (8 - 8 quinte et 2), quatre au positif (8 - 8 2 - 1) et trois jeux au pédalier (1 - 8  et trompette 8'). La transposition au "Camer Ton" est également possible. Cela constitue déjà un bel instrument. et la prise de sons est remarquable.

La petite ville de Montpon-Ménestérol (Dordogne) est un peu la capitales des orgues depuis que Francis Chapelet (1934), fils de Roger Chapelet, organiste international, y a rassemblé une collection de six orgues. Mais c'est l'orgue de la belle église romane de Saint-Pierre-aux-Liens (XIIè siècle) qui est le plus connu. Construit en 1980-82 par Gerhard Grenzing, à l'initiative de Francis Chapelet, il réutilise le buffet de l'orgue construit à Colmar, en 1842, par Valentin Rinckenbac pour le Temple Saint-Mathieu, qui tombait en ruines. Le reste est neuf, dans le style allemand du nord sur le modèle des orgues de Schnitger tels qu'on peut en trouver par exemple à Grasberg, Pellworm, Noordbroek ou Uithuizen. Il comporte 23 jeux, répartis sur deux claviers et un pédalier. C'est cet instrument, très bien équilibré, aux sonorités pleines mais sans agressivité, qui a été superbement numérisé par Sonus Paradisi, sous la direction de l'organiste Frédéric Deschamps. Sonus Paradisi en propose une belle banque de sons, à un prix défiant toute concurrence. Elle est livrée sur 3 DVDs ou en téléchargement, dans trois versions: une version mixte (réverbérante et surround,, pour ceux qui disposent de cet équipement), une version semi-sèche enregistrée depuis le banc de l'organiste, qui convient bien à une exécution chez soi et une version pratiquement sèche pour l'utilisation dans des églises ou des lieux naturellement réverbérants.
Pour peu que l'on ne charge pas les canaux surround arrières (rear) et que l'on renonce à quelques boucles ou relâchements, cette banque de sons peut sans difficulté être ouverte en 16 bits par la version gratuite de Hauptwerk; ce qui vu son prix la rend particulièrement attractive, en particulier pour les inconditionnels de Bach et de la musique allemande. Il n'existe pas de version de démo de cette banque de sons.


C'est également en 1911 qu'ont été présentées deux banques de sons d'orgues espagnols, que je viens seulement d'avoir l'occasion de  tester:

- en avril 2011, l'orgue de Santanyi (Majorque), un instrument de 40 jeux divisés, construit en 1762 par Jordi Bosch et restauré par Grenzing. C'est un orgue assez déroutant, je dois dire, pour qui n'est pas un peu familier avec les instruments ibériques. Il a certes deux claviers (de 49 notes dans la version Hauptwerk) et un petit pédalier mais ce sont des claviers séparés (main gauche - main droite) et le fait que les noms de jeux soient affichés en catalan ne simplifie pas les choses. Le mieux est encore de s'en remettre à leur traduction et aux commentaires proposés sur le site de Sonus Paradisi. Il est également très intéressant de consulter ce fichier, qui est ma traduction d'un article du musicologue Stuart Frankel, également pointé dans le site de Sonus Paradisi. Le pédalier est un petit truc à 10 boutons, dont deux affectés au Teratremol - tremblement de terre (qui doit être pratiquement injouable dans la réalité, sans un entrainement spécifique). Le reste est une seule octave diatonique (sans # ni b). Ce pédalier a été, de plus, transposé d'une octave pour Hauptwerk, de telle sorte que là où on s'attend à trouver un do2 on entend un do1. Bref, faut s'accrocher et se le réserver pour un répertoire très ciblé. J'ai toutefois été agréablement surpris de voir combien la musique baroque française, non seulement pouvair parfaitement s'accommoder des jeux de Santanyi mais s'y trouver mise en pleine lumière de façon surprenante.
Reste que les jeux sont magnifiques et typiquement espagnols: des flûtes douces et lumineuses, des mixtures (plé) qui "arrachent" et une véritable artillerie de jeux d'anches énergiques (la plupart en chamade) à faire trembler les murs. La réverbération est ample et l'acoustique très belle. Bref, un petit saut dans l'inconnu qui vaut largement l'effort d'adaptation qu'il exige: pour moi une merveilleuse découverte. Il n'existe pas de version de démo de cette banque de sons.

- en septembre 2011, ce fut le tour de l'orgue du couvent de la Mare de Déu del Socors, (Sant Agusti), à Palma de Majorque. Il a été construit en 1702 par les frères Caimari et très respectueusement restauré par Gerhard Grenzig en 1969-70. C'est un instrument à 3 claviers de 49 notes et un petit pédalier de deux jeux, aussi insignifiant que celui de Santanyi, accouplé au grand-orgue en permanence. Pour ne pas trop perturber les utilisateurs, Sonus Paradisi en propose deux versions:

La prise de sons est à mi chemin entre le sec et le réverbérant; ce qui permet un phrasé très précis tout en conservant une acoustique plaisante (mais beaucoup moins riche que celle de Santanyi). Les timbres de ces deux instruments ont proches, ceux de l'orgue de Palma étant peu plus variés et peut-être plus voisins de ceux des orgues du début du XVIIIè siècle français, quoique avec un équilibrage tout à fait différent. Les jeux d'anches, qui vont du 8' au 2' sont superbes et les mutations nombreuses et assez "pyramidales" comme dans les instruments italiens. L'orgue de Palma sait se faire doux et tendre mais il excelle dans le grand spectacle. Sonus Paradisi propose une petite version de démo de cette banque de sons: un seul clavier coupé (6 jeux à chaque mains), qui sonne bien et est intéressante.

Sorti en septembre 2014, toujours par Sonus Paradisi, l'imposant instrument de l'église noire de Brasov, au chœur de la Transylvanie (actuellement roumaine), construit en 1839 par le facteur berlinois Carl August Buchholz. C'est un orgue de transition, plus vraiment baroque mais pas encore tout à fait romantique. Il ne comporte pas moins de 63 jeux, répartis sur 4 claviers et pédalier! L'enregistrement a été fait en mode surround ce qui lui fait occuper une place en mémoire de 34,7 Go pour un chargement complet en 24 bits (battant sur le fil le record de poids de l'orgue d'Apeldoom); heureusement, la version stéréo conventionnelle peut être entièrement chargée dans 12,6 Go en 24 bits, ce qui est déjà assez conséquent. Une ample réverbération d'environ 5 secondes vient napper le tout. Une belle démo de 18 jeux, avec toutes les possibilités de surround, est proposée au téléchargement. Cette démo est également répartie sur 4 claviers et pédalier mais pour les petites consoles l'éditeur propose d'utiliser l'Oberverk comme clavier principal et de regrouper les 3 autres claviers (unterwerk, Hauptmanual et Rohrwerk) sur un seul: une démo gratuite qui, à elle seule, constitue un bien bel instrument et déjà complet dans sa composition (il a même un 32 pieds)


l'année 2015 a été moins féconde que les précédentes, chez Sonus Paradisi, mais nous a tout de même apporté une perle: le splendide Silbermann de la Petrikirche de Freiberg. Moins connu que celui de la cathédrale, cet orgue parfaitement entretenu et soigneusement restauré est un exemple parfait du génie de Silbermann dans la dernière partie de son existence et de ses couleurs sonores si caractéristiques. Miraculeusement épargné, avant son montage, lors de l'incendie qui a ravagé les ateliers de Silbermann, il a été (en petite partie) offert par lui à la Petrikirche, en remerciement du vœu qu'il avait fait alors. L'orgue comporte 32 jeux, sur deux claviers + pédalier, y compris de somptueux jeux d'anches et même un voix humaine au positif, ce qui n'est pas si fréquent pour les instruments d'Allemagne du sud ainsi que deux types de tremblants. On peut être un peu gêné par la sobriété des jeux du pédalier (qui comporte tout de même un jeu de 32 pieds) mais une tirasse du grand-orgue apporte un certain confort dans ce domaine. Rien n'empêche d'ailleurs l'utilisation des petites palettes de Hauptwerk pour ajouter virtuellement à cet orgue d'autres types de tirasses ou accouplements.
La prise de sons est parfaite, assez subtilement débruitée, ce qui conserve un bruit de soufflerie très présent qui pourra en gêner certains; mais là encore le réglage des bruits , proposé en standard par Sonus Paradisi, est de nature à contenter tout le monde. La banque de sons initiale (version 2) proposait deux variantes: une version réverbérante, au choix "diffuse" avec une ample réverbération, ou "direct" enregistrée assez près des tuyaux; les deux en mode surround (mais rien n'empêche de désactiver les voies arrières). Il y a également une version sèche, qui peut être utile. Une mise à jour en version 2.5 ajoute la possibilité de charger les deux voies (diffuse et direct), avec un dosage des deux au moyen de curseurs. Cette technique lourde en mémoire, mais de plus en plus souvent proposée (par exemple pour Saint-Eucaire chez MDA ou les deux dernières banques de sons de Sygsoft) permet à l'auditeur de se déplacer virtuellement dans l'église, selon ses  goûts et les œuvres jouées. Cette version 2.5 revoit également le calcul des tremblants (qui ne sont pas enregistrés, mais re-créés par Hauptwerk) et propose une présentation simplifiée de la console, pour une meilleure lisibilité.

Une démo, pas facile à trouver, se trouve sur le site de l'éditeur.
Sonus Paradisi, l'éditeur pour Hauptwerk certainement le plus piraté, a fini par se résoudre à adopter un certain niveau de protection de ses banques de sons. Celle-ci est donc entièrement cryptée, ce qui n'en autorise l'usage qu'avec une version récente de Hauptwerk (4.2.1 au minimum) accompagnée de son dongle, la version Avancée étant fortement conseillée, voire nécessaire. Alors: Zöblitz ou Freiberg? entre les deux mon cœur balance, mais pas mon porte-monnaie... Les deux sont beaux. Freiberg étant peut-être un peu plus présent que Zöblitz et, surtout, offrant une plus grande variété de jeux et donc, par conséquent, nettement plus de possibilités.


Pour les très, très gourmands, Sonus Paradisi propose depuis le début du mois d'octobre 2015 la plus grosse banque de sons - et de loin - jamais réalisée pour Hauptwerk: le "Sonnenorgel" de Goerlitz. Ce gigantesque instrument est une tentative moderne de reconstitution d'un instrument de1703 de Eugenio Casparini, confiée à la société suisse Mathis Orgelbau. L'instrument orginal, de 57 jeux, était déjà énorme, au point que J.S. Bach avait dit de lui qu'il fallait une force de cheval pour pouvoir en jouer; et on en a encore ajouté pour qu'il puisse convenir au répertoire le plus étendu. L'orgue a actuellement 87 jeux! répartis sur 4 claviers plus pédalier. Mais ce n'est pas tout. Sonus Paradisi l'a enregistré non pas sur 2 canaux stéréo, ni même sur 4 canaux surround, mais sur 6 canaux! avec une table de mixage dans un onglet dédié à cela. Vous imaginez la chose? Entièrement chargé en 24 bits, il va vous bouffer pas moins de 85 Go de mémoire...
Il est heureusement proposé en plusieurs versions: la totale de 87 jeux, une moyenne de 58 jeux (seulement)  sur 3 claviers, une petite de 31 jeux, sur claviers également. Une démo gratuite de 10 jeux sur 2 claviers est également disponible, qui est également enregistrée avec les 6 canaux. Cette démo tient à l'aise dans 16 Go de mémoire, chargée en entier avec ses 6 canaux et en 24 bits. Très propre mais un peu décevante, à mon avis, quant au choix des jeux proposés, qui ne reflètent pas la brillance de l'instrument, cette démo est tout de même intéressante par son mécanisme de balance entre les différents canaux. Les deux plus grosses versions sont cryptées et exigent l'installation d'une licence dans le dongle de Hauptwerk, les deux autres non. Les prix sont élevés mais bien étagés selon les versions. À chacun de voir selon sa gourmandise, ses besoins et ses moyens. Les démos enregistrées sont magnifiques, je dois dire.


Toujours infatigable, Sonus Paradisi a sorti à temps pour Noël 2015 la banque de sons de l'orgue de Dingelstaedt. Construit en 1932/3 par Anton Feith et récemment restauré par Karl Brode, ce gros instrument romantique allemand de 45 jeux sur 3 claviers + P. Elle arrive accompagnée d'une foule d'accouplements, tirasses, expressions, crescendo etc. qui lui apportent d'immenses possibilités. Elle est enregistré en surround sur 6 canaux. C'est un peu le pendant (en beaucoup plus cher) de l'orgue de Komárom proposé quelques jours plus tôt par Augustine.

La grosse démo gratuite qui est proposée avec (pas facile à charger sans un logiciel spécialisé, par exemple iGetter pour mac, est à elle seule une banque de sons impressionnante à côté de laquelle il serait impardonable de passer sans y jeter au moins un coup d'œil. Elle a tout de même besoin d'un ordi avec 16 Go pour un chargement complet 24 bits surround:
- Clavier I: prinzipal 8, flautamajor 8, octav 4, octav 2
- Clavier II: quintatön 8, clarinette 8
- Clavier III: flöten cornett 8, lieblich gedeckt 8, aeoline 8, vox coelestis 8, konzertflöte 4, nachthorn 2
- Pédalier: subbass 16
7 registration préparées (très bien faites, allant du pp au fff), tremolo, un grand nombre d'accouplements et tirasses. Comme sa grande soeur elle est également en surround à 6 canaux. Cette démo, contrairement à la banque de sons commerciale, n'est pas cryptée.
Et ça sonne du tonnerre de Zeus!

• Sonus Paradisi vient de sortir, ce 6 juin, la banque de sons de Rozay-en-Brie, dont de bien belles  démos se trouvaient sur Contrebombarde depuis quelques jours. On ignore qui a construit cet instrument, probablement au dernier quart du XVIIè siècle (peut-être L. A. Cliquot) mais on est à peu près certain que les trois frères Couperin, qui habitaient à proximité, en ont joué; d'où le nom "Orgue des Couperins" qu'on donne généralement à cet instrument. Restauré en 1723 par François Deslandes, puis après sa mort probablement par Louis-Alexandre Cliquot, l'orgue a été remis en état dans les années 30 par Gabriel d'Alençon, puis en 1996 et avec un grand respect par Yves Cabourdin sous la direction de Michel Chapuis. L'orgue est classé Monument Historique depuis 1957. De style français, il comporte 22 jeux (dont 3 coupés en basse et dessus) sur 3 claviers de 48 notes (60 dans la version Hauptwerk) et un pédalier de 30 notes (le clavier III de récit n'ayant qu'un seul jeu de cornet), plus divers accessoires: deux types de tremblants, vielle, rossignol.... Double affichage, vertical ou horizontal au choix et affichage simplifié. Les démos disponibles (qui augmentent chaque jour) laissent entendre un plein jeu d'une grande clarté, un magnifique principal de 8, seul avec tremblant ainsi que des jeux d'anche de toute beauté - le cromorne tout seul avec le tremblant est une révélation - le tout dans un tempérament mésotonique savoureux qui se prête parfaitement à la musique de la Renaissance. Cette banque de sons non cryptée est proposée en surround sur 6 voies (au prix d'un encombrement assez important de la mémoire vive) avec une table de mixage pour doser les différents plans sonores, mais rien n'oblige de la charger ainsi, surtout si on ne dispose pas de l'équipement correspondant. À peu près contemporaine de Saint-Michel-en-Thiérache, la comparaison entre les deux instruments est intéressante. Cette banque de sons n'est pas donnée non plus, mais il y a pire.

J'ai enfin pu l'essayer. Contrairement à ce que je pensais c’est finalement assez différent, comme banque de sons, de St-Michel-en-Thiérache. L’équilibre des jeux n’est pas du tout le même; il est plus contrasté, avec des jeux très puissants au pédalier faisant oublier l’absence de 16 pieds, un cromorne d'une grande tendresse et un cornet au clavier III à décorner les bœufs. Le tremblant doux est à damner un ange. La prise de sons est remarquable. La technique a fait bien des progrès depuis Saint-Michel.
On arrive, de justesse, à charger la totalité des voies « Front » (direct et diffuse) en 16 bits dans 16 Go de RAM. N’essayez pas d’aller au delà, si vous n’avez pas plus de mémoire.
Mais même avec cette configuration, la superposition des voies direct et diffuse (réglable au moyen de curseurs) apporte beaucoup de présence et permet vite de faire oublier qu’on est en 16 bits.
Sonus Paradisi a également mis sur son site (onglet "free stuff" comme toujours) une version de démonstration, limitée à 3 jeux du  G.O. ( 8 - 4 - 2), les deux tremblants, la vielle et le rossignol. Elle est surtout destinée à tester les fonctions surround à 6 voies et leur intéressant système de balance. Cette démo a également le grand mérite de mettre en valeur le tremblant doux, entièrement numérisé (le tremblant fort est re-calculé par Hauptwerk). Une comparaison
, pour les mêmes jeux et le tremblant doux, avec la banque de sons plus ancienne de Saint-Michel-en-Thiérache - un instrument très similaire mais qui a été numérisé sans ses tremblants - montre la grande supériorité de cette technique. En se servant judicieusement des petites palettes d'accouplement de Hauptwerk on arrive à ajouter des tirasses et des accouplements aux octaves inférieures et supérieures; ce qui permet l'usage du pédalier et une utilisation plus large de cette mini banque de sons.


Après quelques indiscrétions sur le forum US de Hauptwerk et de très belles démos sur le site de Contrebombarde, Sonus Paradisi nous propose un des plus fameux instruments baroques des Pays-Bas, l'orgue de la Walburgkerk de Zutphen. Construit en 1639 par Henrick Bader, puis restauré et déplacé par Johannes Wilhelmus Timpe en 1813, cet orgue a ensuite subi diverses modifications (dont le remplacement de certains tuyaux en 1824) avant d'être scrupleusement reconstruit, selon les plans de 1639, par le facteur Reil, en 1996. Actuellement l'essentiel du Grand-Orgue et du Positif est constitué des tuyaux originaux de Bader et presque tout le Récit provient de Timpe. Sur les 5 soufflets cunéïformes, 4 sont d'origine. Cet orgue a 38 jeux (10 à chaque clavier et 8 au pédalier), trois tremblants par clavier et un tremblant général, 2 accouplements et 3 tirasses. Il est au diapason 443 et a son propre tempérament. Le temps de réverbération de l'église est d'au moins 8 secondes.
La banque de sons, dont seule la version surround est cryptée, exige une version au moins 4.2 de Hauptwerk. Elle est proposée dans deux versions pouvant être acquises séparément: une version demi-sèche (moist) enregistrée à peu de distance du buffet mais qui laisse entendre un peu de la réverbération naturelle du lieu et une version surround à 6 canaux avec autant de curseurs pour le dosage de chacun d'entre eux. La version surround est réservée à ceux qui ont les moyens de la charger (elle ne passe pas en entier dans 16 Go de RAM et en exige plus de 60 en 24 bits!). La version semi-dry est un peu moins gourmande mais ne pourra toutefois être ouverte qu'en 16 bits avec 16 Go de RAM. Il lui en faut plus de 21 pour passer en 24 bits. Autant dire que cet orgue n'est pas donné à tout le monde. Il bénéficie toutefois actuellement d'un prix de lancement,  réduit de 7% environ. Une petite démo de 4 jeux du positif est proposée, comme toujours sous l'onglet Free stuff. Son intérêt est essentiellement de montrer les possibilités de paramétrage du surround à 6 voies et la qualité du tremblant. Mais également de faire un peu saliver devant une acoustique somptueuse et de bien beaux timbres. Cette démo est beaucoup trop grosse pour être acceptée par la version gratuite de Hauptwerk, même en supprimant les voies arrières.


C'est un petit bijou que nous présente cet automne Sonus Paradisi: l'orgue de la basilique Saint-Denis et Saint-Valentin de Kiedrich (Rhénanie - Allemagne). Cet instrument serait, avec ceux de Rysum, Sion et Ostönnen, un des plus anciens orgues encore jouables au monde. Modifié plusieurs fois au cours des siècles, il est le plus vieil instrument de l’Hesse et est souvent décrit comme étant le plus vieil instrument d'Allemagne. Mais tout n'est pas d'époque. Les jeux les plus anciens remonteraient à environ 1500. Il s'agissait probablement d'un instrument à un seul clavier. Un positif a été ajouté en 1652-53 par  Johann Wendelin Kirchner, lors d'une restauration; puis un pédalier indépendant en 1722. Vers l'an 1800, l'orgue est muet. Il est jugé irréparable, mais, faute de moyens financiers, il ne sera pas remplacé par un nouvel instrument. Re-découvert par Sir John Sutton en 1857, ce mécène décide de le faire restaurer par le facteur belge Louis-Benoît Hooguy (entre 1858 et 1860). La dernière restauration, par la firme suisse Kuhn a été menée entre 1985 et 1987 selon l'orgue de Sir John Sutton, toute interprétation d'un état plus ancien paraissant trop hypothétique.

Sonus Paradisi nous en livre une version particulièrement soignée, enregistrée en mode surround sur 6 canaux, ce qui au passage ne rend pas la banque de sons de ce petit instrument accessible à toutes les configurations d'ordinateur. Pour un chargement complet, comptez 10,5 Go en 16 bits, 16,9 Go en 20 bits et 19,1 Go en 24 bits. Il est possible de l'utiliser avec 16Go de RAM, par exemple avec tous les jeux avant (direct) en 20 bits et le reste en 16 bits. Il n'a que 6 jeux au positif (clavier I), 8 au grand-orgue (clavier II) et 7 au pédalier, allant du bourdon de 16' à la super-octave 1' dans une disposition assez surprenante (voire dérangeante pour certains). Les tuyaux du positif et du pédalier sont effet placés à l'arrière, dans la tour, ce qui leur donne un aspect lointain et une grande différence de puissance avec ceux du clavier principal. Cela oblige à des registrations qui ne sont pas vraiment celles que l'on utilise généralement pour les instruments baroques, avec positif de dos ou en hauteur. Le beau tremblant doux, qui affecte tout l'instrument, a été intégralement enregistré. Double affichage pour les jambages droite et gauche et affichage simplfié pour les petits écrans. Accouplement I/II. Au besoin les palettes de Hauptwerk permettent d'ajouter les tirasses, qui n'existent pas sur l'instrument original.

Une petite version de démo est proposée. Elle ne comporte que 2 jeux (principal 8 et flûte 4'), mais sur 6canaux et avec leur tremblant; c'est peu mais ça donne une idée de la qualité de la réalisation et permet de jouer avec les curseurs de position. Cette démo a été prévue pour pouvoir être utillisée entièrement dans la version gratuite de Hauptwerk. Les enregistrements mis en ligne sur le site de Sonus Paradisi sont magnifiques et permettent d'apprécier les effets apportés par différents types de réglages du positionnement des canaux. La banque de sons n'est pas cryptée.

Une très belle banque de sons mais qui sort nettement des sentiers battus. L'orgue de Kiedrich, avec son tempérament ancien, ses petites mutations et mixtures perçantes ainsi que la puissance de son plein-jeu ne conviendra pas à tout le monde, mais certains auront le coup de foudre. À réserver aux connaisseurs, que la franchise un peu directe de la Renaissance n'effraie pas. On pense aux portaits de ces gens de cour du XVIè siècle, couverts d'or et de perles mais ayant la dague ou le poison aussi faciles que le sourire charmeur.

À la mi-février 2017, Jiri Zurek nous ramène de son séjour aux USA un autre très gros instrument: l'orgue Rosales le la cathédrale épiscopale de Portland, Orégon. Cet instrument a été fait en 1984-1987 par Manuel Rosales qui dit s'être inspiré de l'orgue de Saint-Sulpice de Paris (d'assez loin à mon avis). Disons que c'est un instrument très américain, de facture néo-baroque mais assez écletique pour s'adapter à tous les répertoires. La banque de sons a été supervisée par le facteur (ce qui est assez rare pour mériter d'être mentionné). C'est un orgue d'une rare puissance. Sonus Paradis dit avoir mesuré depuis le transept un niveau sonore de 109 dB pour le tutti! Ses jeux d'anches, en particulier sont impressionnants. Cela est tempéré par une acoustique assez sèche, comme l'aiment les américains. Le temps de réverbération est de l'ordre de 2 secondes. Il comporte 54 jeux, répartis sur 3 claviers et pédalier. Deux expressions et un rouleau de crescendo. Des jambages gauche-droit et une présentation simplifée des jeux pour ceux qui le souhaitent. Avec ses 4 jeux de 32 pieds (!), ses 8 jeux de 16 pieds et au moins un principal de 8 à chaque clavier, cet orgue se fait entendre. L'enregistrement a été fait sur 6 voies, en surround, avec des réglages de balance, comme cela se généralise pour les banques de sons récentes.

Je n'ai pas eu l'occasion de tester cette banque de sons, qui exige un énorme quantité de mémoire pour être chargée en entier, mais Sonus Paradis nous offre une bien belle démo gratuite de 10 jeux (7 au grand-orgue et 3 au positif), sur 6 voies, avec les tremblants enregistrés, un tutti et un tutti reforcé, auxquels d'ajoutent un carillon et un rossignol. Cette démo n'a pas de jeux propre au pédalier mais des tirasses fonctionnelles. Pour le prix, c'est tout de même une banque de sons intéressante, surtout pour les amateurs de banques de sons assez sèches. Elle se télécharge sur cette page. Il lui faut tout de même environ 11 Go de mémoire vive pour être chargée en entier en 24 bits.

L'orgue Reuter Opus 227 est, à ma connaissance, le premier instrument se trouvant dans une synagogue faisant l'objet d'une banque de sons. Cet orgue, construit en 1927-1928 par le société Reuter (Lawrence, Kansas) , pour la synagogue de Portland, Oregon est un gros instrument symphonique dans le style de la fin du romantisme américain. Il comporte essentiellement des jeux de fonds (un très grand nombre de jeux de 8') et des anches variées et puissantes. Il n'a, par contre, que très peu de petits jeux et juste une minuscule mixture à 3 rangs. La pression d'air est assez faible. Cette abondance de jeux de fonds, combinés à un crescendo particulièrement bien étagé autorise des nuances variées, du tendre pianissimo au tutti éclatant. Il ne comporte pas moins de 80 jeux répartis sur 4 claviers et pédalier complétés par une grande variétés d'accouplements (à l'unisson, à l'octave inférieure, à l'octave supérieur) et 5 pédales d'expression. À noter un puissant jeu d'anches très caractéristique, le Sofar Horn, qui ne fait qu'une octave et est traditionnellement utilisé dans la liturgie juive. Le temps de réverbération est assez court: de l'ordre de 2 secondes (un peu plus pour les basses fréqences)

La banque de sons, qui est cryptée mais n'est pas protégée par une licence, est proposée en surround à 6 canaux, avec réglage et dosage de la puissance de chaque clavier au moyen de curseurs. Cela en fait une dévoreuse de mémoire: en 24 bits surround comptez 45,7 Go! En ne chargeant que 2 canaux (wet) elle tient dans 15,8 Go en 24 bits et 8,9 Go en 16 bits. L'encombrement de cette version en 20 bits n'est pas précisé mais je pense que c'est la solution à adopter pour ceux qui sont limités à 16 Go de RAM et veulent une restitution correcte.

Pour les autres, ou les curieux, Sonus Paradisi offre au téléchargement une très belle version de démo, surround à 6 voies, qui est à elle seule une banque de sons intéressante et qui n'est pas cryptée. Vous y trouverez 13 jeux du positif (swell), dont 4 jeux d'anche et 4 jeux au pédalier, dont un jeu d'anche. Tous les réglages de la version complète sont accessible, y compris les accouplements et tirasses. De quoi faire déjà bien plaisir à tous les organistes férus de romantisme.

en marge de tous ces orgues, Sonus Paradisi nous a enregistré un ravissant clavecin, construit en 2008 par František Vyhnálek selon un modèle 1624 de Ruckers. Il existe aussi une démo gratuite limitée à deux jeux de 8 pieds (un sur chaque clavier) et jeu de luth, y compris les canaux arrières. Bien entendu cette démo se charge sans problème avec la version libre de Hauptwerk.

- Sonus Paradisi nous avait proposé il y a quelques années une curiosité: la numérisation d'un clavicorde, copie moderne d'un instrument datant de 1700, conservé au musée de Leipzig. L'initiative est louable et le résultat assez impressionnant, même si le jeu d'un clavicorde réel, avec son vibrato caractéristique, ne peut être reproduit faute de clavier approprié. Un clavier dynamique est souhaitable, pour pouvoir faire des nuances. Probablement à la demande d'un utilisateur, cet instrument qui avait disparu du site web y est revenu en octobre 2014. Il était proposé en partagiciel et ce n'est plus le cas. Son prix a également été augmenté, mais reste raisonnable.



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Par la société Prospectum

- L'orgue Adam-Herlich de Bad-Wimpfen
C'est la banque de sons, uniquement en 16 bits, déjà ancienne (probablement une des premières banques de sons pour Hauptwerk) mais très bon marché, d'un très bel orgue d'Allemagne du sud, tout à fait typique; un de ces instruments semblables à ceux sur lesquels Jean-Sébastien Bach a joué toute sa vie. Ses 23 jeux (sur deux claviers et pédalier) ont un vigueur un peu rustique qui fait plaisir à entendre, avec des bourdons et flûtes à l'attaque lente et bruyante (tchouf), des mixtures fortes et un puissant trombone de 16 pieds à la pédale. Cette banque de sons
a été retirée du catalogue de l'éditeur et est donc devenue introuvable. Elle pouvait sans problème être chargée dans la version gratuite de Hauptwerk et bien entendu dans la version de base.

- Longtemps restée en sommeil, la petite société Prospectum a fini par éditer, pour une prix très serré, une belle banque de sons de l'orgue hollandais de Anloo, construit en 1717 -1719. Il s'agit d'un instrument qui sent encore son 17ème siècle. Très bonne bourgeoisie protestante, discret mais avec de somptueux détails bien mis en valeur, cet orgue est un peu comme un Rembrandt, un peu austère (tout comme sa présentation à l'écran de Hauptwerk), plein de gravité, aux sonorités parfois un peu rauques avec des fonds sont pleins de "bruits de bouche"; mais il est d'une exceptionnelle richesse vu de près, a énormément de charme et offre une composition très complète lui permettant d'aborder un large répertoire: 21 jeux sur 2 claviers et pédalier, dont une quintaton de 16' au grand-orgue, 3 jeux d'anche aux claviers et un basson de 16' au pédalier. La disposition du buffet typiquement hollandaise, ave superposition du Grand Orgue et du Positif (qui se trouve plus généralement de dos, dans d'autres pays) apporte un caractère d'écoute très spécifique, les deux claviers se trouvant de fait dans le même plan sonore. Le style est proche de celui des riches instruments du Nord de l'Allemagne. L'acoustique est très sèche et la réverbération brève. Cela en fait un instrument idéal pour l'étude et qui pourra certainement être utilisé avec bonheur dans un local déjà réverbérant, mais il supporte bien une réverbération artificielle. Pour ma part, en cas de manque, j'utilise avec mon mac le logiciel Audio Hijack, facile à paramétrer et qui se comporte très honorablement , surtout depuis sa plus récente version (3.05) qui corrige très efficacement des problèmes de latence. La plupart des cartes sons pour PC peuvent utiliser le pilote Realtek pour le même effet. Mais je préfère Anloo sans ajout de réverbération.
La banque de sons peut sans problème être chargée dans la version gratuite de Hauptwerk; ce qui, outre son prix, est également un gros avantage. Il n'existe pas de version de démo.

- Également chez Prospectum est sorti, en avril 2013, l'orgue de Zöblitz construit en 1742 par Gottfried Silbermann et soigneusement restauré en 1997, dans cette délicieuse église baroque du centre de l'Allemagne. On y retrouve les couleurs, si caractéristiques, des orgues Silbermann avec leur remarquable équilibre et leurs timbres ronds. Une réverbération courte, mais bien présente (environ 2 secondes) apporte juste ce qu'il faut de brillant à cet instrument de taille moyenne (20 jeux sur 2 claviers et pédalier). Le tempérament et l'accord d'origines sont fournis avec la banque de sons. Bref l'orgue parfait pour interpréter J.S. Bach dans toute son authenticité.
La banque de sons de l'orgue de Zöblitz existe en deux versions: une version stéréo classique conforme à l'instrument original (49 touches aux claviers, 25 au pédalier) et une version "premium" en quadriphonie avec extension (56 touches au clavier, 30 au pédalier et une tirasse du positif ajoutée); dans cette version un jeu de glissières permet de régler avec précision la balance entre les  voies avant et arrière et, par conséquent, de déplacer virtuellement l'emplacement d'écoute dans l'église. Son prix modeste, pour ne pas dire exceptionnellement bas, en fait une acquisition particulièrement intéressante pour qui dispose de la mémoire suffisante (de 1,53 à 8,32 Go suivant les versions et les options, mais la version "Classique" se charge entièrement en 24 bits sur un mac équipé de 8 Go de RAM) et en 16 bits en version de base de Hauptwerk. Pour les désargentés voulant tout de même y goûter, je signale que la version "classique" de cette banque de sons peut être utilisée en 16 bits avec la version gratuite de Hauptwerk, avec toutes ses attaques, boucles et relâchements, à condition de charger tous les 16 pieds en mono. Si je devais procéder à un classement des banques de sons d'orgues Sibermann que je connais, Zöblitz recevrait sans la moindre hésitation le "prestant d'or": c'est de loin la plus belle; quoique Freiberg... Il n'existe pas de version de démo.


- Noël étant propice à de nouvelles banques de sons, Prospectum nous a sorti cette année la tant attendue banque de sons de l'orgue de Weissenau . Cet instrument construit par Johann Nepomuk Holzhey (1741 - 1809) est à la charnière entre les époques baroque et romantique, contemporain de Haynd et Mozart. Ses 42 jeux, répartis sur 3 claviers + pédalier reflètent bien cette ambiguïté stylistique, au demeurant fort intéressante. Cette banque de sons, qui est proposée en deux versions (standard stéréo ou premium surround à 4 canaux) est alléchante (l'interprétation échevelée de J.S. Bach. donnée en démo sur le site est peu représentative, mais il y a a de superbes sur contrebombarde). Le prix, qui tranche nettement avec ceux des précédentes banques de sons de cet éditeur, est par contre un tantinet dissuasif; mais il le vaut largement.
J'ai eu l'occasion de pouvoir la tester, dans ses deux versions (qui cohabitent sans problème sur un même ordinateur) et c'est vraiment très beau. On y trouve tout ce qu'il faut pour la musique baroque, avec un plein-jeu à damner un saint, mais également une grande variété de fonds et de jeux de détail qui préfigurent ce qui allait devenir l'orgue romantique allemand. Le système à 4 canaux (comme pour Zöblitz) est particulièrement réussi et efficace, du fait d'une belle acoustique à la réverbération très longue et homogène. Un jeu de glissières permet de doser subtilement la position virtuelle de l'auditeur entre l'orgue et le fond de la nef, clavier par clavier et plusieurs positions pré-enregistrées bien choisies sont proposées, pour les gens pressés. Le réalisme de la prise de son est exceptionnel. Bien entendu tout cela a un prix. Si la version standard stéréo se case sans trop de mal, en entier et en 24 bits, sur une ordinateur muni de 16 Go de RAM, la version Premium complète ne le peut qu'en 16 bits. Mais la perte de précision due au 16 bits est, à mon avis, très largement compensée par la richesse sonore apportée par le double enregistrement stéréo (je l'avais déjà constaté et signalé avec les récentes banques de sons de Sygsoft). Il n'existe pas de version de démo.

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Chez Pipeloops.
- Une curiosité (mais qui n'est pas totalement gratuite) est la banque de sons du gros Cavaillé-Coll de l'église de la Madeleine à Paris, joliment reconstituée à partir d'enregistrements anciens de 4 groupes de jeux par la société PipeLoops qui propose la sous-traitance d'échantillons sonores, pour en extraire un bouclage correct). Elle propose, sur deux claviers, l'ensemble des fonds de 8', l'ensemble des fonds de 8 et 4', le tutti et au pédalier les fonds de 16 et 32', plus deux tirasses. Le tout dans une acoustique de cathédrale fort impressionnante. C'est fort bien fait, c'est très beau.. mais ça ne sert pas à grand chose, sinon à rêver un peu. On peut en télécharger sur le site de l'éditeur une démo qui s'interrompt au bout de quelques dizaines de secondes et doit être relancée. Cette banque de son est au format Hauptwerk 2. La démo fonctionne avec la version gratuite de Hauptwerk, à partir de Hauptwerk 4.1.



- Du même éditeur, l'orgue de Notre-Dame de Laeken à Bruxelles, un bel instrument construit par Pierre Schyven (un collaborateur de Cavaillé-Coll), dans le plus pur style français de la seconde moitié du XIXè siècle. Cet orgue avait déjà été enregistré il y a un certain nombre d'années, très soigneusement, sur bandes magnétiques afin d'en conserver un souvenir après une restauration. Maheureusement cet enregistrement était en 16 bits (44,1 kHz) et, ce qui est plus gênant, tous les jeux n'avaient pas été enregistrés individuellement: un certain nombre d'entre-eux n'existaient que sous forme de combinaisons (un peu comme pour l'orgue de la Madeleine, mais ici une trentaine de combinaisons avaient tout de même été retenues). Les propriétaires de l'instrument s'étant montré peu favorables à une nouvel enregistrement, ils ont tout de même autorisé PipeLoops à se servir du matériel existant.
PipeLoops en a tiré une banque de sons hybride, comportant une douzaine de jeux enregistrés note par note et une cinquantaine de combinaisons, le tout sur 3 claviers et pédalier. Cette banque de sons, très bien faite mais assez déroutante pour les habitués de Hauptwerk s'est (l'éditeur l'avoue) assez mal vendue. C'est la raison par laquelle PipeLoops a fini par proposer en 2009, à prix bradé, une "Petite édition" composée uniquement des jeux enregistrés note à note, complétés par quelques jeux dérivés de ceux existants de façon à obtenir une disposition qui soit la plus proche possible des dispositions d'orgues de facture française à cette époque. Cela fait tout de même 10 jeux au grand-orgue, 11 jeux + tremblant au récit-expressif et 7 jeux au pédalier, plus une grande variété d'accouplements et tirasses. Ce qui nous donne un bien bel instrument, admirablement servi par une acoustique généreuse. Peut être utilisée avec la version d'Évaluation gratuite, à partir de Hauptwerk 4.1 mais seulement en 14 bits et sans les relâchements multiples (qui, de toutes façons, ont été créés artificiellement par PipeLoops à partir des enregistrements originaux).
Les deux versions peuvent être téléchargés et testées en démo, avec quelques limitations: ces démos exigent la présence du dongle USB de Hauptwerk (pour les versions de Hauptwerk antérieures à la 4.1), l'affichage sur écran est limité à 15 pouces, une fois par minute le son est coupé pendant 5 à 6 secondes, avant de reprendre sans avoir à relancer la banque de sons.


- Je souhaitais, depuis longtemps, donner un grand frère à mon petit Silbermann de Rötha, ravissant mais qui commençait à dater (techniquement parlant) et dont les possibilités restent réduites. Mon choix s'est porté sur le beau Silbermann de Grosshartmannsdorf édité également par la société PipeLoops. Cette banque de sons, un peu particulière, a été réalisée à partir d'enregistrements faits en 2001 pour la collection GigaStudio, repris et traités ensuite, très habilement par PipeLoops. Les échantillons, contrairement à ceux de la plupart de banques de sons récentes, sont en 16 bits et 44,1 MHz (la définition standard des CD audio), ce qui en fait un instrument peu encombrant en mémoire, pouvant même  à la limite être utilisé avec un ordinateur équipé de 2 Go seulement de mémoire vive (cela a été une raison décisive dans mon choix). Cette banque de sons est faite pour la version 3 de Hauptwerk mais peut être utilisée avec la version gratuite de Hauptwerk à partir de la 4.1 (elle est en effet cryptée et les versions antérieures gratuites de Hauptwerk ne l'acceptaient pas). Il s'agit d'un instrument de taille moyenne: 21 jeux, sur 2 claviers et pédalier, avec les timbres si caractéristiques et si bien équilibrés des orgues construits par Silbermann, une clarté remarquable, une grande "présence" des tuyaux et une réverbération très courte; ce qui en fait un orgue idéal pour jouer Bach et pour travailler. A noter que la licence, âprement discutée avec les propriétaires de l'instrument, n'autorise pas son utilisation pour des concerts publics. Son prix de vente a été récemment diminué de façon substantielle: une affaire, par conséquent, car même si cette banque de sons ancienne n'est plus vraiment aux standards actuels de Hauptwerk, elle soutient sans mal la comparaison avec celles de Zöblitz et de Freiberg. La banque de sons peut être obtenue en version de démo, valable 30 jours.



- Également par PipeLoops, l'orgue moderne (1979) du monastère de Riddagshausen, près de Brunswick. C'est une copie presque parfaite d'un  précédent instrument construit en 1619 par Compenius: un orgue de style baroque par conséquent, de 31 jeux sur 3 claviers + P avec de multiples possibilités d'accouplements; deux tremblants mais pas d'expression. La composition est très classique, avec des fonds très chauds et des anches particulièrement expressives, des plans sonores bien étagés mais, surtout, une réverbération extrêmement longue et, à mon avis, un peu encombrante (probablement une des plus longues réverbérations de toutes les banques de sons produites pour Hauptwerk).

PipeLoops en propose à l'essai une petite version de démonstration, limitée à 7 jeux sur 2 claviers et pédalier. C'est certes un peu court mais parfaitement fonctionnel, et gratuit. Et, bien que cryptée, elle est parfaitement acceptée par la version gratuite de Hauptwerk. Pour ceux qui voudraient tester la totalité de l'instrument, une autre version de démo existe, qui s'arrête pendant environ une seconde toutes les 45 secondes; attention, le serveur de PipeLoops est lent et il s'agit de 4 gros fichiers à charger... Notez toutefois que la banque de sons complète tient largement à l'aise dans 16 Go de mémoire.



- En octobre 2014, Pipeloops nous gratifie du superbe orgue de l'église Saint-Joseph de Bonn-Beuel. Cet orgue a été construit en 1981 par le facteur Oberlinger, à partir de plusieurs instruments: l'ancien orgue de 1920, de style baroque allemand, assez défiguré par des adaptations successives et un petit instrument de 20 jeux, construit en 1882 à la Chaux-de-Fonds (Suisse) par Kuhn et racheté d'occasion. Oberlinger en a tiré un splendide instrument, dans le plus pur style Cavaillé-Coll, de 61 jeux répartis à l'origine sur 3 claviers et pédalier, auquel un quatrième clavier a été ajouté en 1983, à l'instigation de Pierre Cochereau, pour une trompette et un clairon en chamades. La prise de sons est, comme il se doit de nos jours, en quadriphonie (surround) pour ceux qui ont une installation de ce type et assez de mémoire pour tout charger (il faut au moins 32 Go de RAM pour tout avoir en surround 24 bits!). Cette banque de sons, peut-être sortie un peu prématurément, a suscité quelques critiques acerbes: on lui reproche une prise de sons trop près des tuyaux, ce qui masquerait un peu la réverbération de l'église, donnerait des sons un  peu secs au positif (placé très en avant et donc proche des micros) ainsi qu'un certain déséquilibre des plans sonores. Certains ont également constaté des relâchements défectueux pour certaines notes. Il est probable qu'une mise à jour remédiera à ces défauts de jeunesse, mais il faut bien dire que certains utilisateurs de Hauptwerk ayant pris goût à la qualité exceptionnelle de certaines banques de sons récentes, ont tendance à avoir le dent dure et ne plus voir les imperfections de certaines réalisations antérieures, nettement moins bien réalisées. Cet orgue reste tout de même un bel instrument et qui tient la route.
Pipeloops nous en offre une démo assez originale mais très intéressante. Elle est librement téléchargeable, en entier (attention, c'est du lourd) et peut être installée tel-quel avec toutes ses options. Mais tant que la licence (délivrée par Hauptwerk et inscrite dans le dongle) n'a pas été obtenue, il faut se limiter à ne pas tirer plus de 5 jeux à la fois (n'importe lesquels). Si l'on dépasse cette limitation, la banque de sons continuera néanmoins à fonctionner mais vous aurez régulièrement droit à une courte interruption du son, toutes les 45 secondes environ. Ainsi, ce sont tous les jeux qui peuvent être essayés. Sympa, non?



- Également chez Pipeloops est sorti début avril un petit positif allemand daté de 1740. Ce bel instrument, probablement construit dans le sud de l'Allemagne se trouve actuellement dans une collection particulière privée à Brunswick (Basse-Saxe). L'instrument original n'avait que 3 jeux: flûtes de 8 et 4; plus un jeu de 2 appelé Voxhumana bien qu'il s'agisse d'un jeu à bouche. On y a ajouté un jeu de 1 pied, utilisable uniquement avec la flute de 8 et la soufflerie a été électrifiée. Les utilisateurs de la version Avancée de Hauptwerk peuvent opter entre la soufflerie manuelle ou électrique. Pour la banque de sons, Pipeloops a également ajouté de la réverbération artificielle, mais bien intégrée, dont l'intensité est régable par un curseur. Ce n'est pas un orgue de cathédrale mais c'est très bien fait et plaisant à écouter et à jouer. Comme pour les autres banques de sons de cet éditeur, une démo gratuite est diponible en téléchargement, complète mais avec de brèves interruptions du sons de temps en temps; au moins cela permet de se faire une idée avant d'acheter (pour un prix assez raisonnable)



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- Par la société anglaise Lavender Audio

- L'orgue de Haverhill (1901), plus complète que les deux partagiciels précédents de Groton et Haverhill, dont il sera question plus loin, cette banque de sons n'est pas celle d'un instrument exceptionnel en soi mais sa réalisation a été particulièrement soignée (24 bits - 48 Hz, relâchements multiples). Les jeux sont remarquablement clairs et parfaitement harmonisés. La réverbération est modérée. Un utilisateur du forum de Hauptwerk a dit qu'elle était "délicieusement anglicane". Cette banque de sons est proposée en 3 versions:


- Sortie  en avril 2016 également chez Lavender Audio, la banque de sons de l'orgue de Saint-Bartholomé à Armley (Leeds). Construit par Edmond Schulze, un allemand venu en Grande-Bretagne à la demande du prince Albert, pour sonoriser le Crystal Palace en 1851, il a ensuite été agrandi  en 1869, puis mis en vente 8 ans plus tard et acheté par William Henry Eyres, un industriel fortuné de Leeds qui en a fait cadeau à la paroisse de Saint-Bartholomé en 1879. Mis à part une minutieuse restauration en 1905, l'instrument est resté intact depuis. Malgré son allure très anglaise, attendez-vous plutôt à un bel orgue romantique allemand, avec des fonds puissants
Dans l'attente d'une banque de sons complète (55 jeux sur 4 claviers + P) Lavender audio en propose actuellement deux réductions: une de 32 jeux (compatible avec la version Basic de Hauptwerk) et une de 10 jeux (compatible avec la version Free de Hauptwerk sous certaines conditions), elles mêmes présentées en deux versions différentes: une version "wet" standard avec la réverbération naturelle de l'église (au moins 3,5 secondes) et un version multicanaux avec 3 prises de sons différentes (à la tribune, dans la nef, au fond de l'église) réglables par curseurs, clavier par clavier (comme dans les récentes productions de Sygsoft) pour ceux qui diposent de la version Avancée de Hauptwerk.
La version d'évaluation de 10 jeux étant librement téléchargeable (comme partagiciel), je n'ai testé que cette version d'évaluation, dans sa version multi-canaux, qui laisse un petit goût de "revenez-y" un peu frustrant; surtout si on écoute les démos du site. Mais il n'y a rien à dire: c'est déjà très beau, très propre, fait avec soin. L'acoustique est parfaite, le système multi-canaux est très efficace. Même avec la limitation à 10 jeux on peut vraiment se faire plaisir. D'autant plus que l'éditeur a vu grand, avec des longs échantillons et des tremblants entièrement enregistrés (et bien sûr tout cela prend de la mémoire...)



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- Par la société hongroise Inspired Acoustics

- Le petit orgue de Pusztaszabolcs (prononcez Poustassabolch,) construit en 1778 par Pazicky pour l'église des franciscains d'Eszterom, pui déménagé et soigneusement restauré en 2002 est un régal. C'est un orgue de style baroque, de 17 jeux sur 2 claviers et pédalier. La prise de son, très présente, est particulièrement soignée: on entend tout, vraiment tout. Comme cet instrument a une soufflerie un peu forte et une mécanique particulièrement bruyante, cela peut déconcerter. Mais lorsqu'on en joue on se sent tout à fait sur le banc de l'orgue. Au demeurant, Hauptwerk permet de paramétrer tout ces bruits, et même de les faire taire, si on les trouve dérangeants. Un instrument très typé et plaisant à jouer, mais assez gourmand en mémoire si l'on active toutes les options d'attaques et de relâchements. Il se charge toutefois en 16 bits sur un Mac équipé de 8 Go de RAM et en 24 bits avec 16 Go de RAM. Il n'y a aucune version de démo de cette banque de sons.

- Bien loin de la Hongrie, l'orgue vénitien de Scorzè est une petite merveille. Cet instrument a été construit en 1929 par les frères Pugina, qui ont ré-utilisés une partie de l'ancien orgue qui avait été fait par Gaetano Calido en 1808. C'est typiquement un orgue italien, avec sa composition en étages par empilement des différentes mutations (avec des nombreuses reprises) formant in fine un tutti; ceci du moins pour le clavier de grand-orgue: 10 jeux auxquels s'ajoute une trompette. Le positif expressif a une composition plus baroque à l'allemande avec 6 jeux classiques et un hautbois. Le pédalier n'a que 3 jeux (dont deux de 16 pieds), mais des tirasses permettent de lui ajouter ceux des claviers. Les timbres sont beaux et très clairs. La banque de sons (qui peut être utilisée sur un ordinateur n'ayant que 8 Go de mémoire) est proposée en 2 versions:
• une version gratuite d'évaluation (la seule que j'ai pu tester), qui ne comporte que 10 jeux, qui doit être relancée toutes les 15 minutes et dont le son s'arrête aléatoirement (environ toutes les 10 secondes) pendant 2 ou 3 secondes: particulièrement déplaisant et insuffisant pour des tests complets.
• une version personnelle, avec les 20 jeux de l'orgue et sans ces arrêts intempestifs.
Le téléchargement est particulièrement long et laborieux. C'est probablement pour cette raison que le prix de la livraison sur DVD est supérieur de 100 € à celui  des versions à télécharger! (ça fait beaucoup tout de même, à mon avis).

- Un instrument baroque qui sort un peu des sentiers battus est celui de Kolozsvàr, ville de Transylvanie anciennement hongroise mais roumaine de nos jours (Cluj-Napoca). Construit en 1752 par Johannes Hann et restauré en 1996 c'est, avec ses 35 jeux, un des plus gros instruments de cette région à l'histoire tourmentée, ce qui lui a épargné à plusieurs reprises d'être remplacé par un orgue plus à la mode, soit faute de moyens, soit pour des raisons purement politiques. Il comporte 3 claviers et un pédalier qui, sur l'orgue original est un pédalier court (pas très pratique à utiliser et qui a donc été normalisé pour Hauptwerk). La variété et le nombre de ses jeux lui permet d'aborder tout le répertoire baroque sans restrictions. Les timbres très clairs, presque cristallins, sont typiques des orgues d'Europe centrale. La réverbération est relativement courte, du fait de la taille modeste de l'église et d'une prise de sons probablement assez proche des tuyaux. L'enregistrement surround à 6 canaux, permet le dosage de l'écoute (uniquement pour la version professionnelle). La banque de sons est proposée en 3 versions:
• une version gratuite d'évaluation (la seule que j'ai pu tester), qui est complète, avec les 35 jeux, mais qui doit être relancée toutes les 15 minutes et dont le son s'arrête aléatoirement (environ toutes les 10 secondes) pendant environ une seconde: déplaisant mais suffisant pour des tests complets.
• une version personnelle, qui est la même  que celle d'évaluation, mais sans ces arrêts intempestifs.
• une version professionnelle, qui ne diffère de la précédente que par son mode surround (ce qui la rend deux fois plus grosse) et certaines conditions de licence.
Le téléchargement est, comme toujours chez Inspired Acoustics,  particulièrement long et laborieux. C'est probablement pour cette raison que le prix de la livraison sur DVD est, comme pour Scorzè, supérieur de 100 € à celui  des versions à télécharger! (ça fait beaucoup).

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- L'éditeur Augustine's Virtual Organs est de plus en plus présent sur le marché des orgues virtuels. Non seulement ses productions sont de qualité mais aussi, de tous les éditeurs, c'est de loin celui qui propose les prix les plus bas; et ce n'est pas négligeable. Toutes les banques de sons d'Augustine sont proposées avec une version d'évaluation gratuite de l'instrument complet, amputé de sa première octave grave, tant aux claviers qu'au pédalier.

Je me suis demandé comment Augustine pouvait arriver à produire des banques de sons aussi bien faites, à une cadence impressionnante. La réponse est clairement indiquée sur son site web. Ce qui prend le plus de temps dans la construction d'une banque de sons, ce n'est pas tant l'enregistrement de l'orgue (en général deux ou trois jours suffisent), ni même le traitement des échantillons (bouclage et débruitage) qui peut être largement automatisé par des logiciels dédiés tels que Autoloop et Noise Reduce que l'on trouve sur le site australien de Nick Appleton (mais qui demandent tout de même à être configurés avec finesse, surtout pour le débruitage qui est tout un art). Ce qui est très long et fastidieux est, en fait, la rédaction des très longs et très verbeux fichiers de définition d'orgue (ODF), qui peut prendre des mois. Augustine crée ses ODFs de façon semi automatique avec le logiciel MYCO (sous Windows) qui, une fois maîtrisé, permet de réduire considérablement le temps de rédaction de ces fichiers, qu'il génère tout seul. Cela se fait au prix d'une présentation un peu standardisé, mais complète et finalement assez agréable à l'œil. À présent, après avoir fait un premier "dégrossi" avec MYCO, Augustine re-travaille ses ODF en profondeur, ce qui lui permet de nous proposer des banques de sons plus complètes et plus variées que celles des premières années. J'ignore comment il travaille - chacun a ses petits secrets de fabrication - mais je suppoe qu'il doit utiliser AECHO (par le même éditeur): un logiciel gratuit et très puissant d'édition d'ODF pour Hauptwerk, que sa complexité réserve toutefois à des gens ayant un minimum de connaissance des orgues et des langages informatiques.

- Profitant d'une promotion de Noël, je lui ai acheté la banque de sons de l'orgue de l'abbaye cistercienne de Székesfehérvár (Hongrie), construit en 1942, détruit pendant la guerre et refait à l'identique par le même facteur en 1949 (quelques démos ici). C'est un petit instrument de 14 jeux sur 2 claviers et pédalier, de style baroque. L'éditeur en propose deux versions: la version originale et une version étendue de 32 jeux, composée à partir d'extensions des jeux originaux.
Admirablement servi par la belle acoustique d'une grande église, cet instrument aux timbres très particuliers sonne admirablement. Très brillant, il se caractérise par des jeux de fond fortement timbrés et particulièrement chantants et ces mixtures puissantes qui sont une caractéristique des orgues d'Europe centrale. Il est, hélas, très gourmand en mémoire, surtout pour la version étendue, que je n'ai pu installer en 24 bits sur mon Mac doté de 8Go de RAM (il est vrai que MacOS a une gestion particulièrement frileuse de la mémoire, qui est attribuée au compte-goutte aux applications). Avec 16 Go, aucun problème.
Une banque de sons qui donne envie de découvrir les autres les autres instruments proposés par cet éditeur.

- Du même éditeur, une autre banque de sons à prix très doux (39€ en temps normal), sortie en avril 2014, celle de l'orgue de Zalalövö à l'ouest de la Hongrie De construction moderne (1981, par la société Aquincum de Budapest) mais de style purement baroque cet instrument de 15 jeux à deux claviers (56 notes) et pédalier (30 marches) est également proposé dans une version étendue de 25 jeux et des claviers/pédaliers mieux dimensionnés. C'est, en dépit de sa composition très allemande, un instrument très typique des timbres d'Europe centrale: jeux de fonds doux, un peu gambés et voilés, accompagnés par des petits jeux sonores et des mixtures brillantes; je dirai un orgue baroque allemand saupoudré de paprika... Faisant l'objet d'une prise de sons particulièrement précise et d'une agréable réverbération de 2,5 à 3 secondes, cette banque de sons dans sa  version étendue pour Hauptwerk (par des emprunts aux jeux originaux) exige 3,6 à 8 Go de RAM, selon la version et la profondeur (16 ou 24 bits). La version originale tient tout juste dans Hauptwerk gratuit, pour peu qu'elle soit chargée en 14 bits et qu'on choisisse, par exemple, le 16 pied du pédalier en mono (ce qui ne fait guère de différence, la stéréo étant re-calculée par Hauptwerk). Pour le prix, ce n'est vraiment pas la peine de se priver; d'autant plus que c'est un bel instrument, aussi agréable à jouer qu'à écouter.

- Une autre belle banque de sons proposée par Augustine est celle de l'abbaye des prémontrés (Norbertins) de Zsámbék, petite ville de 5000 habitants proche de Budapest. L'église ayant été détruite par un tremblement de terre en 1763, elle a été reconstruite en style baroque et un orgue y avait été installé en 1770. Cet instrument a disparu mais il a été reconstitué en 1999, par Albert Miklós, à partir d'éléments qui avaient été conservés. L'instrument original avait 10 jeux, sur un seul clavier et pédalier. Celui de 1999 en a 20, sur 3 claviers et pédalier. Augustine nous en propose une extension, utilisant exclusivement des jeux empruntés à l'orgue de Miklós, de 34 jeux (12 au grand-orgue, 10 au positif, 12 au pédalier) et l'étendue des claviers a été portée de 54 à 61 notes. Avec une prise de sons très vivante, des jeux aux timbres intéressants et inhabituels (la coppel major 8' du positif est un délice), des tremblants doux particulièrement agréables, cette banque de sons, admirablement accompagnée par une discrète mais très longue réverbération (suivie d'un retour en écho assez étonnant), est probablement une des plus intéressantes parmi celles que propose cet éditeur (qui cependant m'a modestement écrit que c'était sa première réalisation, avec du matériel d'enregistrement peu performant et qu'il pense avoir fait mieux depuis). Comme toujours, son prix est très doux par rapport à ceux de ses concurrents. Elle est proposée en versions sèche et réverbérante, pour Hauptwerk avec boucles et relâchements multiples. Une version pour le logiciel GrandOrgue, avec tous ces perfectionnements, était autrefois proposée mais elle a été retirée du catalogue d'Augustine; qui sait, peut-être en lui demandant...


- Une des premières banques de sons d'Augustine a été celle de l'orgue construit en 1793 par Franz Xaver Luber pour l'église de Császár, un magnifique édifice baroque, plein d'angelots et de peintures,  classé Monument Historique. Nous ne savons pas grand chose de ce facteur, qui a vécu à Buda et dont on sait qu'il a construit au moins 3 orgues. Il est entièrement dans son état d'origine, sauf les tuyaux de façade qui ont été fondus pendant la première guerre mondiale et remplacés, en 1925, par des tuyaux en zinc. L'instrument est resté pratiquement sans entretien depuis; ce qui a l'avantage de l'avoir conservé. dans toute son authenticité. L'orgue a été enregistré par Augustine, en stéréo et depuis la tribune, avec un matériel de qualité moyenne (Augustine est beaucoup mieux équipé à présent) captant mal la réverbération, qui a dû être ajoutée par lui artificiellement.
Malgré ces handicaps techniques, le résultat est surprenant. Ce petit orgue de 10 jeux a un charme fou et une personnalité très forte qui le rend reconnaissable entre tous, dès la première mesure. Sa sonorité très "Europe de l'Est" avec des jeux un peu gambés, vibrants, fortement timbrés et des plans sonores extrèmement contrastés en font quelque chose d'unique. Augustine nous le propose en deux versions (sous des onglets différents): une version dans son état original ( les 10 jeux, dont 3 accouplés et permanence au positif,  ni tirasses, ni tremblant) et une version (très) étendue de 30 jeux, avec de nombreuses possibilités d'accouplements, une expression (pédalier et positif) et des tremblants pour chaque division. La présentation est un peu basique , mais fonctionnelle.
Le rapport qualité / prix de cette banque de sons étant exceptionnel, pourquoi se priver? D'autant plus que la version originale est entièrement acceptée par Hauptwerk gratuit.



- Toujours chez le même et toujours pour une bouché de pain, un  petit bijou de facture baroque allemande: l'orgue de l'église du Calvaire, à Szombathely, dans l'ouest de la Hongrie, tout près de la frontière avec l'Autriche (Saint-Martin de Tours y serait né). Il s'agit d'un instrument construit en1987 par le facteur allemand Hermann Eule, spécialiste des orgues de Gottfried Silbermann. Il a donc conçu et réalisé un instrument dans le style et avec les techniques de ce fameux constructeur de l'époque de J.S. Bach (avec lesquel il était ami). C'est un instrument relativement modeste de 14 jeux (7 au grand-orgue, 4 au positif et 3 au pédalier) mais qui, avec ses accouplements, tirasses et tremblant est néanmoins complet et parfaitement adapté aux œuvres de l'époque baroque allemande. La banque de sons, uniquement en téléchargement, offre 4 possibilités: un version sèche (pouvant par exemple être utilisée dans une église), une version dite "simple" dont la prise de sons assez proche des tuyaux reproduit bien la réverbération, assez courte mais bien présente, de cette modeste église et deux versions surround ou étendue qui combinent l'une des deux précédentes avec une voie arrière, de façon à mieux reproduire l'acoustique de l'édifice. C'est selon son goût. Avec ses nombreuse boucles (jusqu'à 8) et se relâchements multiples, cette banque de sons est un peu gourmande en mémoire mais, si vous y tenez, la version simple peut être chargé dans Hauptwerk gratuit, en 14 bits, sans les relâchements multiples. En résumé: un instrument bien fait, en parfait état, agréable à entendre, convenant tout à fait à l'étude (par sa précision et sa discrète réverbération) et à la musique de Bach qui, toute sa vie, n'a pratiquement joué que sur des orgues semblables à celui-ci. Le tout pour moins de 50€.

- toujours aussi prolifique, Augustine nous a gratifé en août 2014 d'un joli petit instrument de style romantique, construit par le facteur Joseph Angster en 1880 pour l'église de la petite ville hongroise de Hajos. 14 jeux (19 dans sa version étendue) sur deux claviers et pédalier. Cet instrument a la particularité d'avoir une expression pour l'ensemble des jeux (la version étendue ayant des expressions séparées pour chaque clavier) et un très beau tremblant général (également séparé par clavier pour la version étendue). La réverbération de la petite église n'est pas énorme, mais suffisante (2,5 secondes) ce qui permet une articulation très claire de l'exécution. Cet instrument, avec ses fonds doux et très typés, convient particulièrement aux œuvres romantiques allemands mais est assez complet pour se prêter à d'autres époques (je pense en particulier aux tocatas de Frescobaldi que les timbres très italiens de l'instrument mettent admirablement en valeur).
Pour les configurations qui l'acceptent, il existe une version surround. L'encombrement en mémoire est assez important: difficile de charger cette banque de sons dans Hauptwerk gratuit. J'y suis tout de même arrivé pour la version originale, avec toutes les boucles et relâchements, mais en 14 bits, sans les canaux arrières (rear, inutiles pour ceux qui ne disposent pas d'une installation surround) et en optant pour des 16 pieds mono au pédalier (les grave étant très peu directifs et Hauptwerk re-calculant l'effet stéréo, cela ne se remarque pas). Ma foi, cela sonne bien. Je pense que sous Windows, moins pointilleux sur l'attribution de la mémoire que MacOS, cette petite entorse ne serait pas nécessaire. Et, comme toujours chez Augustine, s'il n'est pas gratuit il est presque donné (39€ seulement). Il serait dommage de s'en priver.


- Par le même facteur, Augustine nous propose en janvier 2015 l'orgue de la magnifique église romane de Jak, dans l'ouest de la Hongrie, non loin de la frontière autrichienne. Cet instrument à traction pneumatique a été constuit par Joseph Angster en 1902 et restauré en 2005 par Laszlo Fabo. Enregistré en stéréo (mais sans surround), avec une belle réverbération de 3 secondes, cet orgue de 18 jeux (auxquels ont été rajoutés pour Hauptwerk, par dérivation des jeux originaux, 4 autres registres) est de style romantique comme celui de Hajos (mais d'esprit plus contemporain, plus proche de Cavaillé-Coll), avec une grande variété d'accouplements et 3 pistons de combinaisons pré-programmés (piano, mezzo-forte et forte). Pas de jeux d'anche mais une belle  collection de jeux ce fonds, y compris un 16 pieds au grand-orgue. Tout comme celui de Hajos, il est également proposé au prix très attractif de 39€ et le vaut largement. Une démo gratuite et complète, mais amputée de la première octave, permet de se faire une bonne idée de cette banque de sons; cette démo se charge aisément dans la version gratuite de Hauptwerk; tout comme la version complète en 16 bits.


- Augustine tire plus vite que son ombre: un autre instrument de Joseph Angster nous arrive en février 2015. Il s'agit de l'orgue de l'église catholique Sainte Élisabeth de Körmend, petite cité de l'ouest de la Hongrie, à une encablure des frontières autrichienne et Slovène. Cet orgue à transmission pneumatique a été construit en 1911 et restauré à plusieurs reprises avant de se voir ajouter quelques jeux d'anche par Friedrich Paulus en 1996, puis une nouvelle console à transmission électrique par Laszlo Fabo en 2011. Il est donc en parfait état de marche. De style assez comparable à l'orgue de Jak mais un peu plus contemporain, avec des anches et une belle réverbération d'au moins 3 secondes, cet instrument à 2 claviers et pédalier a 23 jeux dans sa version originale, mais Augustine lui en a ajouté 3 par dérivation des jeux existants, ce qui augmente ses possibilités. Lui aussi propose 3 combinaisons préparées (piano, mezzoforte et forte) et en plus de sa pédale d'expression pour le positif, il comporte une pédale de crescendo programmable. Très bien enregistrée, avec toutes les possibilités offertes par Hautwerk 4, cette agréable banque de sons peu coûteuse et peu encombrante en mémoire convient parfaitement à de petites configurations et permet l'exécution d'un répertoire étendu. Comme pour les autres produtions d'Augustine, une démo avec tous les jeux mais amputés de la première octave est librement téléchargeable sur le site de l'éditeur.



- Pas tout à fait gratuit puisqu'il s'agit d'un partagiciel (téléchargement libre, mais une participation - 40€ conseillés - est demandée si la banque de sons vous convient après 15 jours d'essai; et j'estime qu'elle le vaut bien), l'orgue de l'église luthérienne de Buda est proposé par Augustine depuis le mois d'octobre 2014. C'est un instrument de taille moyenne (17 jeux sur 2 claviers et pédalier) dans un style du XVIIIème légèrement inspiré d'instruments français, construit en 2002 par Miklós Gálo (facteur chez Pécs). Une certaine gravité, toute luthérienne, fait que cet orgue convient non seulement à la musique française mais est également parfait pour jouer Bach. La réverbération de cette petite église n'est pas très longue (2,5 secondes environ) mais agréable.
Un instrument qui sonne bien, très équilibré, avec des basses puissantes, de beaux jeux d'anches et des mixtures brillantes. Il a été enregistré en surround et l'éditeur conseille de charger les canaux arrières pour ceux qui ont assez de mémoire, même s'ils ne disposent pas de l'équipement audio nécessaire. Une version de Hauptwerk 4 ou supérieure est nécessaire. Il peut être ouvert par la version gratuite de Hauptwerk, en 14 bits, à condition de désactiver les vois arrières (rear). Le téléchargement passant, comme pour les autres banques de sons de cet éditeur, par le serveur de Mega tous les navigateurs ne conviennent pas (un FireFox ou un Chrome récent sont conseillés)



- Début décembre 2014, Augustine nous gratifiait d'une intéressante banque de sons composite faite à partir de celles de deux orgues de Jehmlich (Dresde), celle du conservatoire Zoltan Kodaly de Kesckemét et celle de l'ancienne synagogue désaffectée de Szombathely actuellement transformée en salle de concerts. Pendant la période communiste les églises hongroises ont été presque toutes fermées et les orgues laissés à l'abandon, mais il s'est trouvé un secrétaire du parti, Gabor Lehotka qui, étant lui-même organiste, a favorisé la construction d'orgues dans des lieux non confessionnels. D'où ces deux beaux instruments, entre autres, qui ont été les premiers de style baroque allemand à être réalisés en Hongrie au XXème siècle.
Cette banque composite se met en place après installation de chacune des banques de sons, complète et indépendante. Elle est également possible en mode démo à partir des démos gratuites de ces deux banques de sons, mais avec les mêmes limitations que celles-ci: c'est à dire sans la première octave du pédalier et des claviers. Cela nous donne une grosse banque de sons comportant 64 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier, auxquels viennent s'ajouter 11 jeux pouvant être utilisés en solo, sans être affectés à un clavier particulier (ou utilisables par un quatrième clavier); ce qui donne de grandes possibilités. Cette banque de son composite demande au moins 10 Go disponibles pour être chargée en entier en 16 bits et 18 Go en 24 bits (elle peut se charger en 20 bits avec 16 Go de RAM).


Bien entendu, on peut aussi se contenter de l'une ou l'autre de ces banques de sons: celle de Szombathely, image de droite (23 jeux sur 2 claviers et pédalier) ou celle, plus grosse, de Kesckemét, image de gauche (40 jeux sur 3 claviers et pédalier). Elles sont toutes deux intéressantes, de même style néo-baroque et d'acoustiques proches. Elles peuvent être acquises séparément ou en groupe (avec un rabais intéressant) et chacune peut se charger entièrement et en surround 24 bits sur un ordinateur équipé de 16 Go de mémoire.
• Pour Kecsckmét, utilisé seul, nous nous retrouvons avec un  instrument plus moderne que vraiment baroque car il comporte quelques jeux qui ne sont utilisés que depuis le XIXè siècle: trompette harmonique, hautbois. Mais l'impression générale reste clairement baroque et Bach, comme Buxtehude s'y trouvent parfaitement à l'aise.
À l'écoute des démos j'avais quelques préventions car l'acoustique de l'auditorium où se trouve cet instrument me paraissait un peu sèche et terne. Mais une fois la banque de sons installée chez moi j'ai été émerveillé par la richesse et la variété des timbres proposés tout comme par la qualité de la prise de sons, qui est loin d'être sèche. Je pense pouvoir dire qu'Augustine n'avait jamais fait mieux jusque là (même si ses récentes réalisations sont encore mieux maîtrisées) : un instrument dont je ne me lasse pas.
Quelqu'un m'a interrogé pour savoir comment pouvoir utiliser
Kesckemét avec la version de Base de Hauptwerk (limitée à 3 Go). Après quelques essais j'ai pu y arriver en choisissant un chargement en 14 bits et relâchement unique pour tous les jeux (la réverbération étant assez courte, ce n'est pas trop perceptible). Il y a probablement d'autres configurations possibles (feu James Pressler, qui était un éminent spécialiste des orgues virtuelles, conseillait dans ce cas de privilégier le chargement des attaques et relâchements, au détriment des boucles multiples, sauf pour les mixtures où il estimait que le contraire est préférable). Il faut faire des essais mais il est bon de savoir que Kesckemét n'est pas uniquement réservé aux possesseurs d'une licence Avancée.
• Pour Szombathely utilisé seul, cela donne une ravissant petit instrument de style baroque, très clair, précis et dans une acoustique un peu plus généreuse que celle de
Kecsckmét, tout en restant discrète. Le positif expressif est une petite dérogation aux usages, mais il est d'origine tout comme son beau tremblant. Augustine a par contre ajouté un tremblant au grand-orgue et divers accouplements qui n'existent pas dans l'instrument original.

- Pour Pâques 2015, Augustine nous gratifie d'une nouvelle grosse banque de sons: celle de l'orgue Walcker de Miskolc (cité industrielle, la 3ème de Hongrie par la taille). Cet instrument avait été construit en 1960 pour l'église catholique de Bad-Ems (Allemagne, Rhénanie-Palatinat) qui en a fait cadeau à l'église des aciéries de Miskolc en 1995. Il s'agit d'un grand orgue néo-baroque de style allemand, de 38 jeux sur 3 claviers de 58 touches et pédalier de 32 marches (étendus pour Hauptwerk). Certains jeux de Walcker ont malheureusement disparu et d'autres ont grand besoin d'être réaccordé. Ce n'est pas un problème pour Hauptwerk mais c'est tout de même un assez gros travail car Augustine, pressé de livrer sa banque de sons pour Pâques, nous l'a un peu rapidement fournie tel-quel; et certaines notes (voire certains jeux) étaient franchement faux. Regrettable car c'est un bien bel instrument.
Mais très rapidement et suite aux critiques concernant la justesse de l'instrument, Augustine qui est un perfectionniste nous a livré, fin avril 2015, une version 2 de cette banque de sons, très soigneusement accordée et qui sonne beaucoup mieux que la précédente. Rien à dire. Et ne vous fiez pas à l'aspect un peu lourdingue du buffet de cet orgue: c'est un très bel instrument néo-baroque qui aurait mérité d'être un peu mieux présenté dans la réalité.
Pour palier aux manques, 5 jeux ont été empruntés à d'autres instruments (en particulier à l'orgue de Kesckemét), mais ces emprunts discrets se marient parfaitement avec le reste des jeux. Très soigneusement enregistré et bien servi par une remarquable acoustique dont la réverbération, bien qu'assez longue est très homogène, cet orgue convient particulièrement à l'exécution des œuvres de J.S. Bach. Et comme toujours chez Augustine, il est à prix doux.


- En juin 2015 nous est arrivé un nouvel orgue de Joseph Angster: celui de l'église luthérienne de Körmend. Après ceux de Székesfehérvár, Hajós, Ják et Körmend catholique, nous avons à présent une vision précise et très intéressante de l'évolution de ce facteur d'orgues. C'est, comme les précédents, un instrument de petite taille: 18 jeux + 6 jeux dérivés répartis sur 2 claviers et pédalier. C'est également un orgue très romantique, où l'influence de Cavaillé-Coll se fait nettement sentir, avec un clavier de G.O. puissant et assez classique s'opposant à un récit de jeux de fond, très doux et particulièrement chantants. Une grande variété d'accouplements et tirasses étend largement les possibilités de ce modeste instrument. La prise de son est claire et précise, avec une plaisante réverbération d'au moins 3 secondes et, bien entendu, tout ce qu'on peut attendre d'une banque de sons moderne (24 bits, boucles et relâchements multiples). La présentation est claire et bien lisible. Une démo en ligne (l'instrument complet mais privé de sa première octave) permet de se faire une idée. Le tout vendu pour le prix presque indécent de 49€.


- En août 2015, Augustine nous offre l'orgue de l'église Saint-Imre à Szekesfehervar(65 kilomètres au sud-ouest de Budapest). Bel instrument romantique, construit vers 1850 par la société autrichienne Mauracher et  soigneusement restauré en 1920 puis en 2003, cet orgue de 21 jeux + 4 (essentiellement des nazards, dérivés par Augustine des jeux originaux), sur deux claviers et pédalier sonne bien, avec une réverbération assez faible, mais d'au moins 3 secondes. Par ses timbres lumineux et sa composition il convient bien à J.S. Bach mais surtout aux compositeurs allemands de l'époque romantique ou postérieure. Les jeux de fonds dominent en effet, dont certains sont visiblement inspirés des premières réalisations de Cavaillé-Coll. Je signale en particulier un étonnant jeu d'aeolharfe (harpe aeolienne) au positif ainsi qu'un ravissant principal de 4 dans le style italien, également au positif. Mais dans le genre, le salicional du G.O. n'est pas mal non plus. Ce modeste orgue n'a, par contre, aucun jeu d'anche (pratique qui semble être assez courante en Autriche-Hongrie au XIXè). Une démo de l'instrument complet, amputé de sa première octave, est comme d'habitude disponible, mais le prix très modique de cette banque de sons (49€) ne vous mettra pas, sur la paille de toutes façons.


Leur écoute devrait définitivement fermer le bec à un autre éditeur (Virtual Pipes NL) dont les critiques acerbes dans le forum US, à propos du traitement des relâchements de cette banque de sons, tenaient plus, à mon avis, de la provocation ou de la maladresse, que de faits avérés. Augustine s'en est longuement expliqué: l'acoustique de l'église ne permettant pas un enregistrement parfait des relâchements rapides (trop brefs et trop faibles), il a préféré les re-calculer à partir des relâchements "medium", de façon à obtenir un résultat, selon lui plus proche de la réalité. Le résultat est, à mon avis, tout à fait convaincant. Au demeurant, Augustine n'est pas le seul à revoir si nécessaire ses enregistrements pour en améliorer l'écoute; certains s'en sont même faits une marque de fabrique... mais ils ne s'en vantent pas, en général. Les photographes usant de Photoshop ™ ne font pas autrement. Très finement Augustine s'est d'ailleurs empressé de prouver son savoir faire en sortant, en seulement 3 jours, une version complètement nouvelle de la banque de sons de Wildervank (voir ci-après dans la section des banques de sons gratuites), coupant l'herbe sous les pieds de son concurrent, qui y travaillait depuis pas mal de temps, en s'aidant d'ailleurs de ses conseils. Dallas, ton univers impitoyable...

- Augustine nous a enfin sorti le 13 décembre 2015, sa nouvelle banque de sons: celle de l'orgue de l'église Saint-André à Komárom (on dit aussi Komárno ou Komorn) Cette petite ville frontalière, balottée de pays en pays au fil des guerres est actuellement slovaque, même si sa population est de langue hongroise. L'orgue avait été construit dans les années 1860-64 par Carl Friedrich Ferdinand Buckow, un prussien originaire de Dantzig mais exerçant la profession de facteur d'orgues à Vienne: difficile de trouver plus européen! Ce fut sa dernière œuvre, qu'il n'a pu achever entièrement. Il a donc été repris et quelque peu modifié par les frères Rieger en 1899 et est resté depuis pratiquement en l'état; c'est à dire en très mauvais état et particulièrement désaccordé. C'est donc presque une sauvegarde virtuelle que nous propose Augustine, mais d'un instrument qui a l'immense intérêt d'être resté "dans son jus".
C'est un orgue typiquement romantique allemand d'une grande subtilité, très loin des instruments français de la même époque (car à cette époque le style français, et pour cause, était mal venu dans les pays allemands), à 3 claviers et 59 jeux (en comptant quelques jeux dérivés des jeux originaux). Les très nombreux jeux de 8 pieds, qui chantent à merveille, forment avec les 16 et 32 pieds un fond d'orgue particulièrement impressionnant et il offre des plans sonores variés et parfaitement équilibrés. Les flûtes, en particulier sont à damner un saint. Augustine a, très intelligemment ajouté sur chaque clavier deux jeux de 8 très légèrement désaccordés, empruntés aux jeux existants, à partir desquels chacun peut se fabriquer une grande variété de jeux "ondulants" très intéressants et qui devraient plaire aux anglo-saxons qui en sont friands.
Parfait pour la musique de la fin du XIXè et du XXè siècles, mais probablement à éviter pour le baroque. Un prise de sons assez proche des tuyaux est la cause d'un effet de stéro très marqué (surtout pour une écoute au casque), mais qui est loin d'être déplaisant. La taille de l'église produit une assez longue réverbération (4 à 5 secondes) mais qui avec ce mode de prise de sons, reste discrète. Je la trouve, quant à moi, assez agréable. Quelques magnifiques démos préparées avec cette banque de sons  sont données sur le site, ainsi que sur le site de Contrebombarde. C'est remarquable et confirme mon opinion que cet instrument valait largement les gros efforts d'Augustine pour le faire revivre. Pour tous les amateurs de musique romantique allemande (et même les autres), ce devrait être un must incontournable.
L'instrument se charge en totalité, avec toutes ses boucles et relâchements, en 24 bits, sur un ordinateur équipé de 16 Go de mémoire vive. C'est aussi la première banque de sons chez Augustine, qui propose des jambages de jeux gauche et droit pour un double écran. Certains chanceux bien équipés vont apprécier.


Pour Noël 2015 Augustine nous a réservé une surprise: Un orgue construit par Angster en 1938 pour l'église luthérienne de Nagyrakos, un minuscule village perdu au bout de nulle part. Pratiquement jamais joué, ni entretenu, Augustine a eu la surprise de trouver un instrument bien accordé et en parfait état, dans une petite église qui respire la propreté et l'encaustique. Et ma foi cela donne une banque de sons bien sympathique: 4 jeux au GO, 6 au positif et 2 au pédalier (+ 3 jeux dérivés par lui pour le pédalier). Deux tremblants et deux expressions. Comme d'habitude une grande variété d'accouplements et tirasses (je ne pense pas d'origine) ajoutent de belles possibilités à l'instrument. C'est propre, bien fait, agréable à jouer et on retrouve parfaitement les timbres des jeux faits par Angster, assez romantiques, avec des fonds doux mais très timbrés et de petits jeux brillants et lumineux. Il était offert gratuitement pendant les fêtes; ce n'est plus le cas. Mais pour 25 malheureux petits euro c'est à ne pas manquer.


- L'année 2016 commence bien chez Augustine, avec le délicieux petit orgue baroque de l'abbaye cistercienne de Szentgotthárd. Cette abbaye, dont l'église est richement ornée, se trouve pratiquement à la jonction des frontières de la Hongrie, de l'Autriche et de la Slovénie. L'instrument a été construit en 1764 par le facteur Ferdinand Schwartz mais, complètement ruiné, il a été refait d'abord en 1932 par Rieger dans le style romantique avec traction romantique, puis en en 1987 par la société Aquincum, de Budapest, qui a tenté d'en conserver ou refaire la plupart des tuyaux et l'a doté d'un mécanisme neuf.
Ce n'est pas un très gros instrument puisqu'il ne comporte que 21 jeux (en incluant une trompette d'écho et un nazard ajoutés au positif par Augustine, empruntés au grand-orgue), mais c'est l'orgue baroque des pays allemands du sud comme je les aime. Il est très équilibré, avec des jeux de fond qui chantent bien, un bourdon aux attaques très réalistes et des petites mixtures spirituelles sans être envahissantes qui, je ne sais pourquoi, me font irrésistiblement penser aux soubrettes des comédies de Molière. L'acoustique est parfaite et la réverbération, pas trop longue, est agréable à l'oreille.
Augustine nous propose cet instrument en deux versions (dans des onglets différents): l'orgue original et une version légèrement étendue qui se distingue surtout par un assez grand nombre d'accouplements (aux octaves graves et aiguës) et deux pédales d'expression, à mon avis un peu hors sujet mais qui en augmentent les possibilités. Et en prime vous aurez droit à 3 enregistrements des cloches de l'église... Que demander de plus? d'autant plus que le prix demandé (59€) est très doux. Je signale que cette banque de sons peut, à la rigueur, être ouverte par la version gratuite de Hauptwerk avec les limitations suivantes (en 14 bits, la soubasse en mono et si possible sans les cloches car sinon ça passe, mais c'est un peu juste). Depuis 14 février Augustine poste régulièrement des démos intéressantes sur le site de Contrebombarde, qui confirment la qualité et l'intérêt de cette banque de sons, certainement la meilleure jamais faite à ce jour par cet éditeur qui entre ainsi de plein-pied dans la "cour des grands".


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Le 1er août 2016, Augustine nous gratifie d'une très belle banque de sons de l'orgue de Szikszó (à prononcer Sikso). C'est un gros instrument néo-classique de 41 jeux, à 3 claviers, construit par le facteur allemand Klais en 1955 pour une église de Francfort-sur-le-Main, qui en a ensuite fait cadeau à une petite paroisse hongroise. Augustine dit que c'est la commune la plus pauvre, de la région la plus défavorisée d'un pays lui-même pas bien riche! Je trouve cet orgue absolument remarquable. Avec son puissant plein-jeu du Grand-orgue, un Positif bien équilibré et ses délicats jeux de fond romantiques du Récit, il se prête à un répertoire très étendu. Un 4è clavier (Bombarde ou Solo) a été ajouté à partir des jeux existants re-travaillés, avec un beau cornet et un imposant ensemble de jeux d'anches (16 + 8 + 4). La sonorité est ample et puissante, dans une belle acoustique: une réussite dont les nombreuses et intéressantes démos mises sur le site ainsi que sur Contrebombarde donnent un aperçu très varié, particulièrement dans le domaine de la musique d'orgue française contemporaine (Dupré, Langlais, etc.)
Une version surround de cette banque de sons (appelée Premium) comporte un curseur horizontal pouvant être déplacé, une fois sélectionné, au moyen de la molette de votre souris (mais actionnée dans le sens vertical!), de la position gauche (orgue) à la position droite (église), avec indication des pourcentages. Les voies arrière (rear) si elles ont été chargées restent invariantes. Bien entendu ce petit monstre à 6 canaux ne passera pas partout. Avec les 16 Go de RAM je dois me contenter de 16 bits pour les jeux "near" et "far" et désactiver les jeux "rear"; il me reste un petit excédent de mémoire d'environ 2 Go: pas beaucoup, mais ça sonne admirablement. Pour ceux que ce dosage des voies ne tente pas, Augustine propose une version "mix-stéréo" (les 3 positions d'enregistrement assemblées, sans le clavier de solo), vendue à part à prix réduit. Avec la version surround viennent une version  "wet" (far + near) et une version "semi-dry" (near + rear). Toutes trois passent sans problème, en 24 bits, dans les 16 Go et sont très belles.
Les prix demandés, une fois de plus, défient toute concurrence. Que demander de plus?



- Augustine nous propose pour Noël l'orgue Rieger d'Esztergom. Quoique assez peu connu car il se trouve éclipsé par le célèbrissime orgue de la cathédrale-basilique voisine dont la banque de sons se trouve chez Inspired Acoustics, c'est un bel instrument (3 claviers + P) construit en 1942 par la manufacture viennoise Rieger, dans l'église des franciscains. La version stéréo diponible est celle d'un orgue original et très typé, de style plutôt romantique mais avec des réminiscences baroques, qui le rendent apte à servir un répertoire étendu; même pour l'œuvre de J.S. Bach ou les baroques français, le facteur ayant conçu l'orgue étant très lié avec Albert Schweitzer. Un bel ensemble de jeux de fond, soutenus par l'assise d'un pédalier particulièrement étoffé, donne un grande solidité à l'instrument. Tandis que certains jeux, en particulier les jeux d'anche, doux et colorés, sortent vraiment des sentiers battus. L'acoustique, avec une longue réverbération, très homogène, est plaisante. La finition de la banque de sons est soignée. Vous pouvez dès à présent écouter quelques démos sur le site de contrebombarde. L'instrument ayant été enregistré sur 6 canaux, une version surround avec dosage des voies est également proposée. Cette version surround est également utilisable en version sèche (en fait une verion "moist" d'un enregistrement assez proche du buffet, pour laquelle la réverbération est faible mais pas totalement absente et en version wet. Cette banque de sons, en surround, est d'une grande de ampleur sonore et les réglage des voies y sont parfaitement maîtrisés (Augustine progresse). Si votre ordinateur dispose d'assez de mémoire, la version surround est nettement supérieure, à mon avis, à la version stéréo-mix. Entière, elle se charge (de justesse) sur un ordinateur équipé de 16 Go de RAM. Un beau cadeau à se faire et qui ne vous ruinera pas, comme toujours chez Augustine.



- Pour Pâques 2017, Augustine nous annonce sortie d'une nouvelle banque de sons. Il s'agit de l'orgue POM de l'église catholique St Étienne à Újpest (au nord de Budapest; le 4è arrondissement). C'est cette fois un instrument contemporain, construit en 2006 par la Manufacture d'orgues de Pécs (POM), un des meilleurs facteurs du pays, formé par Angster, dont la réalisation la plus importante a été l'énorme orgue du Palais des Arts de Budapest: 92 jeux!  (la banque de sons est éditée par Inspired Acoustics). Cet orgue est indubitablement d'inspiration et de composition baroque, mais avec ses fonds puissants, il reste très ouvert à d'autres époques, comme le prouvent les démos placées sur le site. L'instrument original, réparti dans deux buffets identiques de part et d'autre de la tribune de l'église, comporte 28 jeux (10 jeux au GO, 11 au Positif et 7 au pédalier), accouplement et tirasses, tremblant au Positif. Augustine y a ajouté une voix céleste au positif, une trompette au pédalier, un tremblant au GO, 2 expressions et divers accouplements n'existant pas dans l'original; ces extensions sont clairement repérées dans la présentation de la banque de sons par une couleur différente. L'église est de taille moyenne, mais son plafond est très absorbant. Le temps de réverbération y est donc assez court (guère plus de 1,5 secondes. L'acoustique est néanmoins belle et très homogène.
L'orgue a été enregistré sur 6 canaux et proposé en deux versions: une version stéréo-mix peu encombrante (elle se charge entièrement en 24 bits dans 8 Go de RAM) et une magnifique
version surround (avec réglage de la position d'enregistrement par 3 curseurs très efficaces) qui peut être ouverte en entier en 20 bits, dans 16 Go de RAM et qui ajoute une grande richesse sonore par rapport à la version uniquement stéréo. Les deux sont également librement proposées à l'essai, avec tous les jeux, mais amputés de leur première octave. Le prix de vente est, comme toujours chez Augustine, très compétitif.



- Je ne voudrais pas non plus quitter Augustine sans vous faire connaître son fils, Márton dont l'enregistrement d'un récital de piano pour l'anniversaire de la mort de Bartok en 2012 m'a profondément ému. Écoutez également le concert qu'il a donné au printemps 2016, pour l'obtention de son diplôme.

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éditée par Musicreprints:
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l'ancienne banque de sons, au format Hauptwerk 1, celle de l'orgue de Pibrac (non loin de Toulouse). Cette banque de sons, conçue en 2008 pour le logiciel MyOrgan (devenu GrandOrgue depuis) est celle d'un instrument construit par Puget en 1863. L'instrument comporte 16 jeux sur 2 claviers et pédalier, dans un style classique mais qui évoque déjà le romantisme. Il a la particularité d'avoir été enregistré soufflerie arrêtée, le vent étant produit manuellement comme à l'époque de sa construction. Cette initiative rare et intéressante permet pratiquement de se passer de la phase de débruitage des échantillons et nous apporte donc un son très authentique. La prise de sons faite à seulement 4/5 mètres des embouchures des tuyaux accentue encore ce réalisme, au prix d'une réverbération relativement faible. La banque de sons peut sans problème être importée dans Hauptwerk 4.1 mais la présentation reste très basique. Le tremblant a été intégralement enregistré.
Il est probablement préférable de ne pas trop prêter attention aux commentaires très personnels, parfois amusant, souvent acides (et même, à la limite, diffamatoires) que l'éditeur profère sur son blog vis à vis d'un peu tout le monde de l'orgue et notamment des nouveaux propriétaires américains de Hauptwerk ou d'éditeurs dont il fustige la politique commerciale; à chacun ses opinions et ses raisons. Le produit de la vente (40€) revient intégralement à l'Association des Amis de l'Orgue de Pibrac. Une version de démo, gratuite mais limitée à 3 jeux (le bourdon 8 basse et dessus au G.O., le hautbois au positif et la soubbasse de 16 au pédalier, plus accouplement, tirasse et tremblant) vous permet d'apprécier la qualité des échantillons sans encombrer votre mémoire puisque cette démo fait moins de 150 Mo. N'ayant pas commandé la banque de sons complète, j'ignore si elle est encore disponible, car aucune des mises-à-jours annoncées sur le site ne semble avoir été faite et les mentions du logiciel Hauptwerk se rapportent toutes aux versions 2 et 3; mieux vaut se renseigner avant.


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Par le nouvel éditeur néerlandais, Vandenakker
, nous venons d'avoir, en novembre 2014, la banque de sons de l'orgue de l'église réformée de Mariënberg. Cet instrument a été construit en 1982 par les frères Hoogendoorm Enschede, dans le plus pur style néerlandais de la première motié du XIXè siècle, en remplacement d'un instrument de 1928 à traction pneumatique qui, trop petit pour l'église, a été offert à une paroisse de Roumanie. Il comporte 19 jeux sur 2 claviers et pédalier, avec des timbres assez doux et une réverbération modeste de façon à bien s'adapter à cette petite église. C'est cependant un instrument très complet qui, avec son bourdon de 16' au G.O. des nazards très chantants, de beaux jeux d'anches et un cornet très timbré, peut convenir à une vaste répertoire, classique ou moderne.
Une démo gratuite limitée à quelques jeux sur chaque clavier et la sous-basse du pédalier, permet de se donner une bonne idée de cette banque de sons, à la réalisation soignée. La banque de sons complète se décline en deux versions, de prix différents mais très raisonnables: pour la plus chère les tremblants du positif et du G.O. ont été intégralement enregistrés (4 Go avec les échantillons compressés, en 24 bits - 2,3 Go en 16 bits); pour la moins chère, spécialement adaptée pour pouvoir être chargée sans encombre dans la version gratuite d'évaluation de Hauptwerk, les tremblants sont re-calculés par le logiciel; cela fait d'ailleurs peu de différence à l'oreille car ces tremblants sont particulièrement doux. Pour les utilisateurs de mac, il n'est pas conseillé, du moins tant que rien ne sera fait, de se hasarder sur le site de l'éditeur avec Safari. Toutes mes tentatives se sont soldées par un magnifique plantage du mac. Mais ce site est parfaitement accessible sous Firefox ou Chrome.
Cet éditeur nous avait proposé, courant 2014, une petite banque de sons gratuite d'un cornet à piston. C'était d'un intérêt limité mais après avoir re-travaillé ses échantillons sonores, il en a tiré un nouveau jeu de cornet (d'orgue) s'ajoutant à ceux de son instrument. C'est très bien fait et le résultat est, je dois dire, assez convaincant. La mise à jour de la version pour Hauptwerk gratuit reste utilisable sans encombre; mais pour les utilisateurs de Mac, le site web de cet éditeur reste inutilisable sous Safari (il fige le finder) et oblige à un re-démarrage.


- Chez Jeux d'Orgues - Joseph Basquin, voici à présent "jeux d'orgues 3": une magnifique banque de sons de l'orgue construit en 1745 par Jean André Silbermann (fils d'André et neveu de Gotfried) pour le couvent des dominicains de Guebwiller en Alsace, puis démonté à la Révolution et remonté dans l'église luthérienne de Wasselonne en 1792.
Un vrai bijou! non seulement l'instrument, soigneusement restauré dans son état d'origine est en lui-même une merveille d'équilibre (et cela n'est guère surprenant s'agissant de la grande famille des Silbermann) mais le travail effectué sur cet enregistrement est remarquable par sa clarté et sa précision. L'acoustique de l'église est parfaite, avec une belle réverbération et la composition de l'instrument convient aussi bien à la musique baroque française qu'à celle de Bach, que la famille Silbermann a côtoyé lorsqu'il vivait encore en Saxe. Rien de manque.
C'est également une relative rareté pour Hauptwerk car, hormis la banque de sons de l'orgue d'Arlesheim (Suisse), construit par André aidé de son fils Jean André
et celle de l'orgue d'Ebersmunster (Alsace) qui est dû à André (banques de sons éditées par Organ Art Media, très belles mais assez coûteuses), toutes les autres banques de sons d'orgues Silbermann, actuellement disponibles pour Hauptwerk, concernent des instruments construits par Gotfried Silbermann en Allemagne.
12 jeux au grand-orgue, 8 jeux au positif de dos, 4 jeux au clavier d'écho (sur la partie supérieure du clavier seulement) et 6 jeux au pédalier. Accouplement des claviers, tirasse du positif, tremblant doux. Un instrument à avoir absolument dans sa collection, d'autant plus qu'il est proposé en téléchargement à un prix d'ami (mais on peut donner plus, si on aime). Cette banque de sons peut être utilisée avec la version gratuite de Hauptwerk, en 16 bits avec toutes les boucles pour l'ensemble des jeux et en limitant les relâchements aux 8 - 4 - 2 pieds, quintes, tierces et mixtures; autrement dit l'instrument presque complet, ce qui rend cette banque de sons très attractive. Elle peut être chargée avec toutes ses options en 16 bit sur un mac équipé de 8 Go de RAM et en 24 bits s'il possède 16 Go. Attention, le clavier de Grand-Orgue étant en deuxième position, dans l'instrument original, la tirasse II >P est bien une tirasse du Grand-Orgue et non du pédalier.


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Chez Virtual Pipes NL

Au mois de janvier 2016 la version de Virtual Pipes de Wildervank est sortie et la comparaison est enfin possible, même si cette banque de sons n'est pas encore tout à fait achevée (pas de gestion du vent, pas de bruits de traction; mais ça devrait venir). Nous avons droit cette fois aux échantillons 24 bits, à de "vrais" relâchements multiples, un crescendo éditable et surtout à une double prise de sons, avant/arrière ajustable par des curseurs par clavier; cela tend à devenir une nouvelle norme et il est vrai que ça apporte beaucoup au réalisme. IL s'agit d'une version "étendue" par quelques emprunts. La version proposée est une version "étendue": quelques jeux sont obtenus par dérivation des jeux existants et une viole de gambe pour le GO et une mixture pour le positif proviennent d'un orgue Walcker de Huihuitzen (1878). Quelques exemples sur le site de Contrebombarde font bonne impression: c'est du travail soigné. Bien entendu, contrairement à la version d'Augustine, cette banque de son est loin d'être gratuite. Elle est crypté et sous licence à inscrire dans le dongle de Hauptwerk. La controverse reste ouverte.

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Etcetera Pipe Organs
Le site de Etcetera Pipe Organs propose trois banques de sons. Ce sont des compilations de plusieurs instruments dont les auteurs ne précisent pas le nom, faites à partir d'échantillons secs soigneusement choisis, auxquels une réverbération artificielle a été ensuite ajoutée (la version sèche étant toutefois également disponible), ainsi que divers types de relâchements calculés par l'éditeur. Ce procédé à l'opposé des habitudes de Hauptwerk est loin de faire l'unanimité, mais il faut reconnaître que les démos du sites sont agréables à écouter et que le travail semble très soigné, avec une présentation au chois plein écran ou sur deux jambages. Soit:
- Major I: un orgue classique américain de 70 jeux, sur 3 claviers + pédalier
- Minor I: le même en version réduite de 30 jeux, sur 2 claviers + pédalier
- Major II: une compilation d'orgues modernes de cathédrales de l'Europe du nord de 76 jeux, sur 4 claviers + pédalier (sortie en mai 2016)
Ces banques de sons n'ont eu droit à pratiquement aucun commentaire, dans les forums spécialisés. Il est donc difficile de s'en faire une opinion



aH Pipe Organs
- La banque de sons de l'orgue des facteurs danois Marcussen & Søn de la St. Stefanuskerk de
Moerdijk a une longue histoire. Cétait au départ une banque de sons au format Soundfont enregistrée, je pense, par la société PMI (Post Musical Instruments) et destinée à divers logiciels séquenceurs tels que GigaStudio, Kontakt, Halion ou EXS au moyen d'une carte son compatible avec ce format très particulier. C'était avant la parution de Hauptwerk. Lorsque Hauptwerk et JOrgan ont été disponibles (début 2003), la société aH Pipe Organs (qui succède à PMI) a repris les échantillons pour en faire une banque de sons au format HW1, également utilisable par JOrgan, puis par son successeur GrandOrgue. Il semble que cette banque de sons ait été une des premières à être distribuée sous forme commerciale. En septembre 2006 la banque de sons a été refaite dans un format Hauptwerk plus récent (je pense Hauptwerk 2). Il n'y a pas eu de nouvelle prise de sons: les enregistrements originaux faits par la société Toccata Records (qui a disparu depuis) ont été utilisés; la nouvelle banque de sons est donc entièrement échantillonnée tuyau par tuyau, certes, mais en 16 bits et sans relâchements multiples. Elle semble être toujours disponible sur le site de l'éditeur, aux formats HW1, HW2 et suivants et Soundfont. En 2013, l'église de Moerdijk ayant été fermée; l'orgue a été remonté dans l'église Saint-Je   n-Baptiste de Klundert.
Ce bel orgue néo-baroque à 3 claviers + P, construit en 1964, a 8 jeux au G.O., 8 jeux au positif (+ tremblant), 5 jeux au récit (+ tremblant) et 7 jeux au pédalier: soit 28 jeux en tout. Peu encombrante en mémoire, du fait d'échantillons en 16 bits, relativement secs et sans relâchements multiples (qui seraient d'ailleurs inutiles dans cette acoustique) cette banque de sons passe donc aisément dans la version gratuite de Hauptwerk. C'est même une des très rares banques de sons d'orgue à 3claviers offrant cette possibilité. C'est propre, clair, agréable à entendre et l'instrument en soi est intéressant, même s'il reste sans prétention.
En 2016, Markus Sigg en a développé une version pour iPad, en vente sur l'Apple store.



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De l'autre côté de l'Atlantique:

- Par la société canadienne Exemplum Organum:

En versions Hauptwerk 1 et 2 et en 16 bits seulement, les banques de sons du grand orgue de Saint Georges à Oshawa ont été réalisées avec beaucoup de soin par le titulaire de l'instrument. (plusieurs mises à jour apportent quelques améliorations; on en est à la 1.3). L'orgue est un gros instrument de 45 jeux, à trois claviers et pédalier, construit en 1966 par les frères Casavant, dans un style néo-classique; autrement dit c'est "l'orgue à tout faire". Il est aussi bien à l'aise dans la musique ancienne ou baroque, que dans les grandes œuvres du répertoire français des 19 et 20ème siècles. Il s'agit de banques de sons assez particulières toutefois car, bien qu'ayant été enregistrées depuis un point fixe à quelques mètres des tuyaux (comme le sont toutes les banques de sons faisant entendre la réverbération naturelle du lieu), le temps de réverbération a été très fortement diminué au montage pour être limité à environ 1/2 seconde. Il en résulte un son presque sec, et une banque facile à charger en entier dans 2 Go de mémoire et convenant bien à une utilisation dans une église, ou avec une réverbération artificielle.
Certains utilisateurs puristes de Hauptwerk ont toutefois critiqué le procédé, qui laisse entendre la réverbération naturelle pendant toute la durée de l'émission des son, mais au fil des mises-à-jour, l'éditeur a apporté quelques corrections et, personnellement, je dois dire que cela ne me gêne pas particulièrement et que je trouve cet orgue, très riche et agréable à jouer, surtout en y ajoutant une réverbération artificielle. L'éditeur recommande fortement le module externe de réverbération Lexikon MX200. C'est un équipement un peu cher pour moi mais j'obtiens un résultat très satisfaisant avec le logiciel Audio Hijack Pro et le plugin AUMAtrixRever proposé en standard par Apple (ce logiciel avait de gros problèmes de latence qui ont été très correctement suprimés dans sa dernière version 3.05. Il fonctionne à présent très bien, une fois correctement paramétré, ce qui est relativement simple).
Cette banque de sons peu encombrante est utilisable avec
les versions gratuite ou de base de Hauptwerk.


Peu connue dans le monde de Hauptwerk la société californienne CLR Resources propose 2 banques de sons: l'orgue Casavant de l'Université Concordia et, plus récemment l'orgue Skinner de la First Congregational Church à Los Angeles).

- Parlons donc du Casavant de l'Université de Concordia. Construit en 1988 par la société Québecquoise Casavant-Frères (dont nous avons déjà mentionné la très belle, mais aussi très sèche, banque de sons de l'église Saint-Georges) ce gros instrument de 59 jeux se veut inspiré de deux facteurs français: Clicquot et Cavaillé-Coll (!) C'est un peu le mariage de la carpe et du lapin et, avouons le, c'est un mariage assez peu convaincant (pour un prix qui flirte tout de même avec les 200€). Je n'y retrouve ni la fraîcheur de Clicquot, ni le moelleux de Cavaillé. Mais ça reste une bel instrument à tout faire, très américain. Pour Hauptwerk, l'éditeur a rajouté un 4ème clavier de Solo donnant encore plus d'éclat et de possibilités à l'instrument, qui en a déjà beaucoup. Contrairement à Saint-Georges, la réverbération, sans être totalement absente, est assez courte, mais l'éditeur dit que c'est celle de l'église. Il s'agit d'une banque de sons protégée par une licence Hauptwerk. On peut s'en faire une bonne idée en téléchargeant la démo gratuite (23 jeux tout de même, sur 3 claviers) qui se trouve sur le site. Armez-vous de patience, le téléchargement des deux fichiers nécessaires est particulièrement lent et aléatoire à certaines heures. Ne comptez toutefois pas utiliser cette démo avec la version gratuite de Hauptwerk: elle exige la présence du dongle.

- L'orgue Skinner de Los Angeles est un monstrueux intrument de 118 jeux, répartis sur 5 claviers et pédalier! Seuls un petit nombre de ces jeux sont ceux de l'orgue construit par Skinner (1931) qui ne comportait (que) 55 jeux. L'orgue actuel a également, en plus, des jeux numériques qui ne figurent pas dans la banque de sons. Trois versions sont proposées: une version complète de 118 jeux sur 5 claviers, une version de base de 53 jeux sur 4 claviers (qui correspond plus ou moins à ce que Skinner avait construit) et une démo gratuite de 18 jeux sur 4 claviers. Ces trois versions sont sèches, sans la moindre réverbération et c'est probablement pour cette raison qu'elle a été assez mal accueillie par la critique aiguisée des participants aux forum de Hauptwerk car, bien évidemment, les jeux se font entendre dans toute leur cruelle nudité. Mais les orgues ne sont pas faits pour être écoutés ainsi et un minimum de réverbération, naturelle ou artificielle, permet de les apprécier à leur juste valeur. Et effectivement, une fois un peu de réverbération ajoutée, cet orgue typiquement américain s'avère agréable à jouer et entendre. Le bourdon de 8' au G .O. est même génial. Contrairement au précédent, la démo se charge sans aucun problème dans la version gratuite de Hauptwerk. Le téléchargement est tout aussi pénible que pour le Casavant, mais la banque de sons peut être envoyée sur demande, sur une clef USB.

- L'Orgue Aeolian Skinner de la Covenant Presbyterian Church de Long Beach est sorti fin juillet 2016. C'est lui aussi un très gros instrument; typiquement américain, construit par la société Aeolian Skinner en 1966 avec quelques emprunts à l'ancien orgue de Murray Harris (les deux paroisses ayant également fusionné). Il comporte 5 divisions: Great 11jeux, Swell 14 jeux, Choir 11 jeux et Pedal 18 jeux (dont deux 32 pieds numériques), avec les tuyaux placés derrière l'autel, séparés de de l'église par un vitrage; s'y ajoute une division Antiphonal de 5 jeux avec un bourdon de 16 au pédalier, dans une petite tribune latérale, en hauteur; diposition intéressante permettant des effets d'écho. Soixante jeux en tout, par conséquent, avec tous les accouplements, expressions et tremblants nécessaires. La composition néo-classique convient à un vaste répertoire. Cette banque de sons, qui exige au minimum une version 4.1.1 de Hauptwerk, n'est pas trop exigeante en mémoire et peut être entièrement chargée en 24 bits sur un ordinateur ayant 16 Go de RAM. Le prix américain est toutefois un peu dissuasif.

Une version gratuite de démo, comportant 14 jeux (GO 5, Positif 5, Choir 1, Pedal 3 dans une diposition plutôt romantique) peut être téléchargée sur le site. Cette démo est parfaitement acceptée par la version gratuite de Hauptwerk et sonne agréablement.

- Par le même éditeur, un autre orgue Aeolian-Skinnner: celui de la Chrystal Cathedral de Beverly Hills. Cet orgue gigantesque se trouvait initialement dans la First Church of Christ Scientist in Beverly Hills (1948). Cette église ayant été fortement endommagée par le tremblement de terre de 1993, l'orgue a été déplacé en 1996 dans cette cathédrale largement vitrée, donnant sur un arboretum. C'est un instrument à 6 divisions et, si j'ai bien compté, de 91 jeux; excusez du peu. Rien que le buffet, qui s'étend sur toute la largeur de la vaste nef, est impressionnant. La banque de sons n'est toutefois pas aussi gigantesque qu'on pourrait le croire (elle n'est pas surround) et peut être utilisée en entier avec un ordinateur ayant au moins 16 Go de mémoire et une version 4.1 de Hauptwerk au minimum. Comme tous ces gros instruments de la côte ouest des USA c'est un orgue dont le style nous paraît (à nous européens) un peu impersonnel et l'acoustique feutrée un peu trop sage. Il n'est d'ailleurs qu'à voir les photos de cette vaste église qui tient plus du hall d'embarquement d'un aéroport international que des édifices religieux qui nous sont familiers pour avoir une idée de ce qu'on peut y entendre. Bref, vous l'aurez compris, j'ai du mal à être séduit. Mais il en faut pour tous les goûts et la possibilité de pouvoir disposer d'un aussi grand nombre de timbres sans avoir à investir dans un équipement démesuré, peut effectivement être tentante.

Je n'ai toutefois pas testé cette banque de sons et ne souhaite pas trop m'engager, mais une version gratuite de démo permet de tester 12 jeux, bien choisis, de l'instrument (GO - Positif - Echo et Pédalier), avec un nombre impressionant d'accouplements, qui en augmentent les possibilités. C'est propre et bien équilibré. Cette démo a en outre le bon gout de pouvoir être utilisée avec la version gratuite de Hauptwerk (en 16 bits bien entendu).


Par Sonus Paradisi

- Sortie à la mi décembre 2015, une autre banque de sons d'un orgue Aeolian-Skinner est celle de la First Covenant Church d'Oakland, Californie. Cet orgue, construit en 1956-57 pour l'église presbytérienne Saint-Georges de Berkley, se veut inspiré par le baroque allemand, avec une basse pression du vent et des anches éclatantes. Mais est avant tout un instrument américain moderne, à tout jouer, dont l'esthétique reste assez éloignée de nos critères européens. Avec sa grande clarté et son acoustique très neutre (pas plus de 2 secondes de réverbération) il devrait par contre combler nos amis américains. Aucun tuyau n'est visible: ils sont enfermés dans deux buffets expressifs séparés. L'instrument comporte 45 jeux, à traction électrique, répartis sur 3 claviers + P avec de nombreuses possibilités d'accouplements, une pédale de crescendo et des tremblants pour le positif et le récit. La banque de sons, cryptée et exigeant au minimum une version 4.20 de Hauptwerk, est proposée au choix en stéréo ou en surround.

Je n'ai pas eu l'occasionde la tester mais, cette fois ci, Sonus Paradisi nous a gratifié d'une grosse version de démonstration (non cryptée) regroupant 10 jeux du positif et 4 de la pédale, en mode surround. Cela permet de se faire une assez bonne opinion de la qualité et de l'esthétique de cette production. Cette démo, un peu difficile à dénicher, se trouve sous ce lien de la page de commande.

Un amateur (Jake de Custom Hauptwerk Organs) propose une extension qui ajoute 30 nouveaux jeux dérivés des jeux existants. Cette extension est diffusée sur demande, par email, à partir de la page "Update" du site.

- Chez Evensong. Cet éditeur avait autrefois fait une banque pour Hauptwerk version 2. C'était en 2004: l'orgue Schantz de la First Baptist Church de Riverside, Californie. Bel instrument à 3 claviers: 14 au Grand-Orgue, 13 au positif, 9 au choeur, 13 au pédalier avec un grand choix d'accouplements, deux expressions et un rouleau de crescendo bien composé. Le style est néo-classique, très américain, dans une acoustique feutrée (le temps de réverbération est au mieux d'une seconde). Bien entendu, à cette époque il n'était pas encore question de relâchements multiples, d'ailleurs sans grande utilité pour une banque de sons presque sèche. Et les échantillons sont relativement courts. J'ai toutefois été assez agréablement surpris par cette banque de sons, qui est bien enregistrée, très complete et qui ne sonne pas si mal que ça pour son âge. Elle a de plus le grand avantage d'occuper très peu de place en mémoire, si bien que c'est un des rares orgues à 3 claviers à pouvoir être utilisé avec la version gratuite de Hauptwerk. Evensong annonce son prochain retrait, définitif, de son catalogue mais elle semble être encore proposée sur le site. Je n'ai pas trouvé de phortos de l'orgue, mais voici ce que ça donne sur Hauptwerk.




En Afrique du Sud

La société Melotone Sound Production nous propose en ce début d'année 2016 la première banque de de sons d'un orgue situé sur le continent africain: celui de l'église réformée de tradition hollandaise du Linden Park à Johannesburg. Cet instrument de 1963 est, comme on peut l'imaginer, de style hollandais contemporain avec une touche d'influence française dans la composition de ses mixtures. Il offre, sur deux claviers + pédalier, 30 jeux avec une grande variété de tirasses et accouplements lui donnant la possibilité d'aborder un répertoire très vaste, même si sa vocation première est de faire entendre des chorals (d'où des compositions assez proches pour le grand-orgue et le positif, qui forment deux plans sonores parallèles mais d'intensité différente). Je n'ai à ce jour entendu que les démos figurant sur le site de contrebombarde. L'enregistrement est très propre, cela sonne bien, les mixtures et les anches sont brillantes. La réverbération est relativement courte mais bien servie par des relâchements multiples.
La banque de sons est proposée en 2 versions: sèche, réverbérante avec un prix spécial pour les deux. La nouveauté n'attirant guère les foules, l'éditeur a choisi de la diffuser en shareware (partagiciel), laissant à chacun la possibilité de s'acquitter du prix proposé, au demeurant fort modeste pour une banque de sons de cette taille. N'ayant pu trouver une photo de l'orgue, voici la console Hauptwerk, qui serait très réaliste selon l'éditeur.


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Les banques de sons gratuites (ou presque)

Un certain nombre de  banques de sons gratuites sont accessibles sur le site de Hauptwerk, par ce lien. (les orgues proposés défilent par pages de 6 instruments, en cliquant sur les petites flèches au bout de la rangée d'icônes). Certaines sont des démos limitées (soit dans le temps comme chez Pipeloops où elles doivent être relancées à intervalle régulier, soit dans le nombre de jeux); d'autres ne fonctionnent que avec une version licenciée de Hauptwerk. Il est préférable de se renseigner avant des les télécharger. Mais toutes sont librement téléchargeables.
Rappelons toutefois que la source la plus riche (et de loin) en banques de sons gratuites, et de qualité, reste encore le site de Sonus Paradisi qui propose sous ce lien une grande variété de démos, parfaitement fonctionnelles mais avec un nombre plus ou moins réduit de jeux, de ses banques de sons commerciales. Je les ai signalées dans la section de cette page consacrée à cet éditeur, mais ça ne fait pas de mal de le redire.
Dans la catégorie "gratuit ou presque" on peut aller faire un tour sur le site organ.monespace.net qui propose plusieurs banques de sons faites avec le logiciel Myco pour des prix allant de 12 à 20€, certaines étant même totalement gratuites. Il y a un peu de tout, du bon et du moins bon, mais chacun doit pouvoir y trouver son bonheur sans se ruiner.
Pour les aficionados du logiciel GrandOrgue, il y a un assez grand nombre de banques de sons gratuites et intéressantes sur le site ODFgrandorgue, dédié à cette application: une mine d'or, avec des instruments n'existant pas pour Hauptwerk, et non des moindres. On trouve sur ce même site des banques de sons de clavecins, harmonium, pianos, accordéons, percussions, cordes,etc. Mais les meilleures restent, de loin, celles proposées par Piotr Grabowski, qui sont les seules à bénéficier d'un échantillonnage complet. La version GrandOrgue petit orgue maltais de Balzan est également très bien faite.

- toujours chez Jeux d'orgues - Joseph Basquin

- Une belle banque de son gratuite et peu exigeante se trouve sur le site de Joseph Basquin. Sortie bien avant "Jeux d'Orgues 3", il s'agit de l'orgue alsacien Stiehr-Mockers de l'église protestante de Romanswiller, sous le nom de "Jeux d'orgues 2". Il comporte 21 jeux sur 2 claviers et un pédalier, dans le style néo-baroque. Cette banque de sons avait été faite, à l'origine (sous le nom de "Jeux d'orgues"), à partir d'une banque plus ancienne, au format SoundFont qui n'avait que quelques échantillons par jeu et qui était donc moins réaliste que les autres banques de sons faites pour Hauptwerk. Mais le travail avait été bien fait et cela ne se perçevait pas trop. L'éditeur, avec l'aide d'un passionné sud-africain, a ré-enregistré en 2000 une nouvelle version de cette banque de sons dite "jeux d'orgues 2", toujours aussi gratuite et téléchargeable sur le site de l'éditeur, pour Hauptwerk 3. Une étonnante re-découverte de l'instrument, parfaitement harmonisé, mis en stéréo et dans une agréable acoustique. Ça se charge à l'aise dans la version gratuite de Hauptwerk.

Je signale qu'il existe, par Markus Sigg,
  deux versions de cette banque de sons (sous forme d'une application complète), l'une payante mais bon marché pour iPad, l'autre gratuite et limitée à 10 jeux, pour iPad, iPod, iPhone. Cela peut rendre service lors de vos déplacements et le résultat est tout à fait correct avec de bons haut-parleurs ou au casque (prévoir tout de même une bonne amplification car le volume de sortie est très faible).

Cette banque de sons peut également être utilisée sur une tablette Androïd, avec le logiciel Opus #1, dans lequel elle est intégrée sous 3 versions:
- une version gratuite de 9 jeux sur un seul clavier
- une version "Pro" payante de 15 jeux, pour 1clavier et pédalier
- une version "Ultimate" également payante, pour 2 claviers et pédalier

Et on en trouve aussi des versions pour GrandOrgue, ainsi que pour jOrgan: un autre logiciel du domaine public, assez évolué, écrit en java et qui fonctionne aussi bien sous Linux que sous Windows; au prix toutefois d'une installation complexe et plutôt réservée aux spécialistes.

Chez Sygsoft

- Disponible gratuitement au téléchargement sur le site de MDA (en page 4), le petit orgue de Oosterwijtwerd proposé par Sygsoft; à l'origine un orgue de salon construit en 1744 par le célèbre facteur d'Amsterdam Christian Müller, puis transformé en 1895 en orgue d'église. Il est particulièrement bien enregistré, avec des relâchements multiples, et 5 de ses 6 jeux sont d'origine mais leur accord a été perdu. C'est un instrument très doux, dans une minuscule église de campagne, avec des timbres qui évoquent déjà le romantisme. Comme les deux précédents, il dispose d'une version étendue dans laquelle a été ajoutée un bourdon de 16 pieds au pédalier (emprunté à un autre instrument). Offert gratuitement par l'éditeur en démonstration de son savoir-faire, il existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk (1 sur demande uniquement) et peut donc être également utilisé avec GrandOrgue (et les versions gratuite ou de base de Hauptwerk).


- À la demande de certains, qui auraient aimé disposer d'un petit instrument de continuo mariant l'orgue et le clavecin, Augustine's Virtual organs nous a rapidement arrangé un habile mariage de l'orgue de Oosterwijtwerd (gratuit) et du clavecin Miekte de Sonus Paradisi (partagiciel). Une fois ces deux instruments installés, il suffit de télécharger et mettre en place ce petit fichier et le tour est joué. Vous aurez alors un instrument mixte orgue/clavecin sur 2 claviers et pédalier, propre à tous les types d'accompagnements. Ainsi un soliste peut, par exemple, être accompagné par une basse continue composée d'un clavecin à la main droite et d'une viole de gambe d'orgue à la main gauche ou au pédalier. Ça ne passe pas dans la version gratuite de Hauptwerk.  Avec un Hauptwerk licencié et au moins 4 Go de RAM, c'est sans problème.



- Toujours chez Sygsoft, un très beau clavecin moderne, construit en 1981. Il existe trois version de la banque de sons: versions pour Hauptwerk 1 et pour Hauptwerk 2 (48 Hz), qui sont gratuites au téléchargement sur le site de l'éditeur et une version payante pour Hauptwerk 2 (96 Hz ce qui est unique en son genre, mais probablement peu perceptible, même pour une oreille très exercée). Bel instrument, très réaliste, avec des sonorités particulièrement riches et amples dans les graves. Un artifice de la version à 96 Hz permet l'utilisation d'un pédalier.

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- L'orgue positif du facteur Ott (2003) est un joli petit instrument de 5 jeux sur un clavier et pédalier suspendu, de style baroque, dont les banques de sons aux formats Hauptwerk 1 et 2 sont librement téléchargeable chez Datzko ou sur le site de Hauptwerk. Elles sont très agréables et correctement réalisées. Il s'agit de banques de sons pratiquement sèches, qui conviennent bien à l'étude ou comme accompagnement dans une église. Je signale que cette banque de sons existe également
chez Markus Sigg pour iPad, iPod, iPhone équipés d'une interface MIDI, sous forme d'un logiciel complet. J'ai testé et ça fonctionne très bien. Peut rendre service lors de déplacements.

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- La banque de son gratuite de l'orgue australien de Penrith (1877) est librement téléchargeable sur le site de Nick Appleton . Il s'agit d'un orgue de 15 jeux sur 2 claviers et pédalier, dans le style romantique anglais. La banque de sons est au format Hauptwerk 1 et peu gourmande en mémoire. Elle peut également être utilisée avec GrandOrgue (et la version gratuite de Hauptwerk). Une version pour Hauptwerk 2 est sortie, qui améliore quelques points de détail et la présentation.

- Par le même éditeur et toujours aussi gratuite, la banque de sons d'un autre orgue australien, celui de St. Augustine's Neutral Bay, construit en 1929. Elle est au format Hauptwerk 3 et bénéficie des derniers perfectionnements du logiciel. A télécharger sur le site de l'auteur. Convient à la version gratuite de Hauptwerk


- La société Melotone Sound Production s'est ingéniée à modéliser un orgue de 28 jeux, sur 2 claviers et pédalier, à partir d'échantillons numérisés de plusieurs orgues distribuées gratuitement. La banque de sons proposée est au format 3 de Hauptwerk, en 16 bits et mono, avec une réverbération très courte. Dans l'ensemble, chaque jeu est moins intéressant que celui de l'orgue dont il a été extrait car il a fallu sacrifier bien des choses pour arriver à obtenir un ensemble correctement harmonisé, mais cet orgue, dit "Brut-Leuchten" tient tout de même pas la route et comme son encombrement en mémoire est faible c'est, avec l'orgue de Sainte-Anne-Moseley, le seul instruments complet pouvant être joué en principe, avec Hauptwerk 2 ou 3, avec seulement 1 Go de RAM; ce qui est tout de même appréciable et peut rendre service. De toutes façons, vu le prix... 

- Par le même éditeur, l'orgue de l'église méthodiste de Prudhoe. C'est un petit instrument du début du XXè siècle, de 9 jeux sur 2 claviers et pédalier, avec de beaux jeux de fond, très doux, tremblants et expression aux deux claviers, accouplement et tirasse. Très peu encombrant en mémoire, vu sa petite taille et l'absence de relâchements multiples, il est très à l'aise dans la version gratuite de Hauptwerk.


- dans le même genre mais uniquement pour iPad, iPod, iPhone, l'orgue Strand de l'église suédoise de Kalvträsk, construit en 1839 à Burträsk et déplacé vers 1903. C'est également une application gratuite et elle fonctionne très bien. Sept jeux seulement (dont 3 divisés) avec pédalier accouplé de façon permanente et une belle acoustique réverbérante. Que demander de plus en voyage, sinon un clavier MIDI souple... (si, si ça existe pour moins de 100 €, mais je n'ai pas testé). Une version béta pour Hauptwerk se trouve sous ce lien.

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- Gratuite également, la première banque de sons d'un étudiant polonais en acoustique, Piotr Grabowski, qui après quelques essais je dois dire peu convaincants et qui ont été retirés de la circulation, (à l'époque Hauptwerk.pl) s'est fait la main sur l'orgue de la petite ville de l'orgue de Skrzatusz en Pologne. Et le moins que l'on puisse dire c'est que c'était prometteur. Construit probablement en 1696, cet instrument avait beaucoup souffert au cours ces siècles et a été refait entièrement par Wilhem Sauer (Frankfurt/Oder) en 1876. Il a été remonté par la même société en 2004/5. Cette banque de sons, enregistrée en 2012 pour Hauptwerk, avec beaucoup de soins comporte 20 jeux répartis sur 2 claviers et pédalier et une belle sonorité. Il serait dommage de passer à côté de cet orgue à mi chemin entre le baroque et le romantique, bel exemple de facture d'Europe centrale qui, déjà, évoque ce que va faire Cavaillé-Coll quelques années plus tard. Il a la particularité d'avoir une assez forte différence de puissance sonore entre les deux claviers (ce qui peut s'atténuer dans Hauptwerk Avancé, pour ceux qui n'aiment pas ce type d'harmonisation). Pour s'exprimer dans toute sa beauté il exige la version 4 de Hauptwerk, même gratuite, et 3,5 Mo (bien entendu, pour la version libre de Hauptwerk, il faudra limiter ses exigences. Par exemple on peut charger tout l'instrument en 14 bits avec une seule boucle par note). Il existe également une version pour GrandOrgue de cette banque de sons, qui ne diffère de celle pour Hauptwerk que par un affichage simplifié et un peu plus petit.

- Toujours gratuite (mais les dons sont les bienvenus) le même nous propose en avril 2014 l'orgue de Długa Kościelna (prononcez Diouga Kochielna)-, enregistré par lui en 2013 avec les mêmes soucis de perfection. Cet instrument de style néo romantique de 22 jeux (dont de nombreux jeux de fond) sur 2 claviers et un pédalier, a été construit en 2012 par la société Kamiński. La prise de sons est assez différente de ce qui se fait habituellement. Certains disent que les micros ont été placés assez loin de l'orgue, mais l'auteur conteste et dit que cet effet est surtout apporté par l'acoustique très riche de l'église; ce qui donne une grande présence à la réverbération. À l'écoute on a plus l'impression d'écouter un très bon  enregistrement de CD que d'être sur le banc de l'orgue.
Je pense, quant à moi que, vu le rendu exceptionnel des attaques et des petits bruits transitoires, les échantillons qui composent cette banque de sons ont été "débruités" au minimum, la rançon étant non seulement la préservation de tous ces bruits intéressants, mais également une certaine amplification de tous les échos. C'est l'éternel dilemme des auteurs de banques de sons: ou bien ils nettoient soigneusement leurs échantillons de façon à obtenir un son très propre mais un peu dénué d'âme, ou bien ils débruitent peu pour gagner en réalisme, au risque de se trouver submergés par des phénomènes qui auraient intérêt à rester plus discrets.
Pour régler définitivement la question, un participant du forum de Hauptwerk rappelle opportunément que ce logiciel permet de réduire plus ou moins, au chargement, la durée de réverbération d'une banque de sons, depuis une réduction légère jusqu'à l'obtention d'une banque de sons presque sèche. Il semblerait qu'un léger raccourcissement de la réverbération de cet orgue le rendrait plus conforme aux désirs de certains utilisateurs. J'ai essayé et m'en trouve bien; d'autant plus que le gain de place m'a permis de charger en 24 bits les attaques/sustain de tous les jeux de 8, 4 et 2 pieds. D'une façon générale j'estime surtout que cette banque de sons gagne énormément à ne pas être écoutée trop fort: baissez un peu le son et je vous promet que vous allez être séduit.
Elle est téléchargeable sous forme de deux fichiers respectivement de 2,69 (version de base) et 3,8 Go (les attaques et sustains multiples). Encore plus exigeante en mémoire que la précédente (du fait de très nombreuses boucles et relâchements, dans une acoustique plus généreuse) elle tient à l'aise, en 16 bits sur un ordinateur équipé de 8 Go de RAM et en 24 bits s'il a 16 Go (du moins sous Windows, car sous MacOS qui est un système plus exigeant j'ai dû renoncer à charger les attaques/sustains multiples pour les jeux autres que les fonds et je n'ai chargé les bruits qu'en 16 bits). Pour ceux n'ayant pas les moyens de s'offrir une licence Hauptwerk, et même si c'est un peu faire offense à cette magnifique banque de sons, je signale que le fichier de base (celui sans les attaques multiples) est utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk avec les restictions suivantes: tous les jeux en 14 bits, une seule boucle, un seul relâchement et les jeux du pédalier en mono (ce qui n'est pas bien grave, les basses étant peu directives). Comme quoi la souplesse de Hauptwerk est étonnante.

Une version pour GrandOrgue est également proposée, indentique à la version Hauptwerk mais avec un affichage simplifié et un peu plus petit.

- Dans la foulée, le même éditeur nous propose l'orgue de l'auditorium "Melcer"  du conservatoire Frédéric Chopin à Varsovie. Construit en 1973 par la société allemande Walcker, cet instrument de 15 jeux (auxquels ont été rajoutés 3 jeux d'anche empruntés à un autre orgue) sur deux claviers et pédalier. Il est, lui aussi, gratuit (les dons sont acceptés) et aussi difficile à télécharger que les deux précédents (du fait d'un serveur peu puissant). Il faut s'armer de beaucoup de patience et relancer le téléchargement à chaque (très nombreuses) fois que la connexion au réseau est perdue. Il est utilisable avec toutes ses boucles et relâchements dans la version gratuite de Hauptwerk.
Un agréable petit instrument, avec des jeux très "chantant", en particulier ceux du positif qui sont, par ailleurs, placés dans une boîte d'expression et il a un tremblant entièrement numérisé (ce n'est pas la simulation de tremblant qui aurait été re-calculé par Hauptwerk). Placé non pas dans une église, mais dans un petit auditorium à l'acoustique assez sèche, il ne possède pratiquement pas de réverbération: redoutable pour l'étude mais, je pense, particulièrement indiqué pour une petite église (j'ai eu l'occasion récemment de l'entendre lors d'un mariage, dans une grande église et avec une bonne sono: l'illusion d'un instrument à tuyaux était parfaite). Rien n'empêche d'ailleurs d'y ajouter un peu de réverbération artificielle pour le rendre plus chatoyant (sur Mac j'utilise le logiciel Audio Hijack Pro et le plugin AUMatrixReverb fourni par Apple, qui remplissent parfaitement cet effet et sont relativement faciles à configurer).

Une version pour GrandOrgue est également proposée, avec un affichage plus simple et plus petit mais avec les mêmes caractéristiques que celles de la version Hauptwerk.

Ces deux remarquables banques de sons font partie du travail effectué par l'auteur pour sa thèse de fin d'études.

- En septembre 2015, Piotr Grabowski nous offre, gratuitement, une nouvelle banque de sons particulièrement belle. Il s'agit de l'orgue de l'église Saint-Jean Cantius de Cracovie. Ce bel instrument moderne, de 40 jeux sur 3 claviers et pédalier, construit en 2004 par le facteur Jacek Siedlar, est un orgue symphonique dans le style français. C'est probablement la plus grosse banque de sons gratuite proposée pour Hauptwerk. Très riche en jeux de fonds (pas moins de 14 jeux de 8 pieds!) elle devrait ravir tous les inconditionnels de la musique fin XIXè - début XXè mais sait aussi s'adapter à un très large répertoire. L'acoustique assez médiocre de l'église a posé des problèmes de mise au point de cette banque de sons, qui en ont retardé la sortie d'environ deux mois, mais Piotr Grabowski s'en est remarquablement bien tiré et, dans son état final, la très longue réverbération s'avère homogène et plutôt agréable. Une démo d'extraits d'œuvres se trouve sur le site. Bien entendu, cette banque de sons comporte tous les perfectionnements offerts à présent par Hauptwerk (sauf la présentation sur 2 écrans, mais l'affichage est très clair). Il lui faut pas moins de 11,6 Go pour être entièrement chargée en 24 bits et 5,4 Go en 16 bits; ce qui exclu formellement son utilisation avec la version gratuite de Hauptwerk. Son téléchargement, sur un serveur peu puissant, est difficile voire impossible à partir d'un navigateur classique. Piotr conseille l'utilisation d'applications dédiées qui sont les seules à accepter sans broncher les déconnexions et la reprise du chargement à l'endroit où il s'est interrompu, tout en vérifiant l'intégrité du fichier (iGetter est parfait pour ce genre de choses). Attention: contrairement à ce qui est écrit sur le site web de Piotr Grabowski, cette banque de sons n'est utilisable que pour des versions de Hauptwerk 4.2 ou supérieures (ce qui exclu les 4.0 et 4.1). Pour ceux qui ont différé les mises à jour, il faudra y penser.

Une version pour Grand-Orgue a suivi celle pour Hauptwerk. Les deux sont identiques à l'exception de l'affichage, plus simple et et plus petit sur GrandOrgue, à cause des limitations graphiques du logiciel. Mais les échantillons (et la taille de la banque de sons) sont les mêmes pour les deux versions et les résultats pratiquement indentiques, si ce n'est (au moins sur un mac) une certaine latence qui est probablement réglable, mais par un moyen que je n'ai pu trouver à ce jour. Je rencontre d'ailleurs ce même problème de latence sur mon mac avec les autres banques pour GrandOrgue. Quoi qu'il en soit les version GrandOrgue des banques de sons de Piotr Grabowski dépassent largement en qualité toutes les autres faites pour ce logiciel et peuvent constituer une alternative intéressante pour ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir une licence Hauptwerk mais souhaitent tout de même utiliser des instruments de belle taille et bien faits.

- début octobre 2015, Piotr Grabowki à sorti de ses archives, après l'avoir entièrement reprise retravaillée, et une ancienne banque de 2006, qu'il n'avait jamais publiée: l'orgue de Saint-Clément de Lędziny (prononcez Laindziné). Ce petit instrument romantique, construit en 1888 par Carl Volkmann et soigneusement restauré en 1999-2000, ne comporte que 11 jeux sur 1 clavier/pédalier, avec traction mécanique, mais il est loin d'être négligeable. Piotr Grabowski regrette que ce soit un enregistrement un peu ancien, fait avec des moyens techniques de prise de  sons moins avancés que ceux dont il dispose à présent et sans relâchements multiples. Le temps de réverbération de l'église étant assez court, cette absence de relâchements multiples est finalement sans grande  importance. Même si l'éditeur estime que le réalisme est moins parfait que sur ses autres banques de sons, le travail effectué par lui n'en est pas moins remarquable et cet orgue, qui sonne bien et est agréable à entendre, vaut largement de figurer dans la collection de tout musicien un peu curieux; d'autant plus qu'à l'instar des autres banques de sons du même éditeur, elle est totalement gratuite et acceptée sans problème par la version "free" de Hauptwerk. On trouve aussi sur le site une version pour GrandOrgue.



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début février 2016 c'est au tour de l'orgue de Szczecinek (quelque chose comme Chétsinèk) d'être présenté. C'est un splendide instrument de 35 jeux, sur 2 claviers et pédalier construit par le facteur allemand Voekner (Bromberg) en 1908; à l'époque la Poméranie où se trouve Szczecinek était allemande (la Pologne, partagée entre la Prusse, l'Autriche et la Russie n'a retrouvée son indépendance qu'en 1918). Soigneusement restauré en 2015 par la société Zdzislaw Mollin, qui a remplacé des tuyaux endommagés, refait la soufflerie, déplacé la console sur le côté de la tribune et ajouté un tremblant, cet orgue à traction entièrement pneumatique est un exemple parfait de l'orgue romantique allemand (à comparer avec l'orgue de Komárom chez Augustine, dont l'esthétique est très proche), avec un magnifique ensemble de fonds puissants (pas moins de huit jeux de 16 pieds et de 15 jeux de 8 pieds!). L'acoustique de l'église, beaucoup mieux maîtrisée que pour les précédentes banques de sons de Piotr Grabowski, s'avère très agréable. L'éditeur nous le livre avec un grand souci d'authenticité, mais a toutefois pour Hauptwerk augmenté l'étendue des claviers (qui passent du do5 au sol5) et du pédalier (qui passe du do3 au fa3) par extension des jeux existants. On trouve également un crescendo (qui n'est pas coupé par le bouton d'annulation générale, ce qui est assez astucieux), une pédale de piano automatique, un système d'appel d'anches, 4 combinaisons fixes et 2 combinaisons programmables pour lesquelles chaque jeu peut être entré ou quitté individuellement au moyen de petits boutons placés au dessus des dominos, plus les tirasses et accouplement usuels. Comme pour les autres banques de sons de cet éditeur, deux versions sont proposées: pour Hauptwerk et pour GrandOrgue, très semblables en qualité (la version GrandOrgue ne comporte toutefois ni combinaisons préparée, ni pédale de piano, ni crescendo, ni appel d'anches et l'affichage de la console a été volontairement réduit de 70% afin de s'adapter à tous les écrans). Une bien belle réalisation.


- Fin octobre 2016, Piotr Grabowsky nous offre une nouvelle banque de sons, tout aussi gratuite que les précédentes, celle de l'église Saint-Augustin de Lipiny. Cet instrument a été construit dans la ville silésienne de Świętochłowice (actuellement ratachée Lipiny) , en 1898 par Adolf Volkmann qui exerçait à Gleiwitz (actuellement Gliwice) et qui est également l'auteur de l'orgue de Saint-Clément de Lędziny (déjà numérisé par Piotr Grabowski avec lequel il a de grandes parentés). L'instrument a été restauré en 2006 - 2008 par Mieczysław Klonowski, de Katowice. Il est à traction mécanique et ne comporte pas de boîte expressive. La tirasse ne concerne que le clavier de Grand-Orgue. Pour autoriser un plus vaste répertoire, l'étendue de claviers a été portée du Ré5 au Fa5; celle du pédalier du Do3 au  Fa3. L'orgue, de style romantique allemand, dispose de 25 jeux sur 2 claviers et pédalier. On y trouve un ensemble de fonds puissants et bien étagés, mais peu de petits jeux (le positif n'a même que des 8 et 4 pieds, alors que le pédalier n'a pas moins de quatre 16 pieds). La banque de sons est de taille relativement modeste puisqu'elle peut être ouverte sans encombre en 24 bits dans 6,4 Go de mémoire et en 16 bits dans 3,3 Go. Elle est destinée à Hauptwerk, version 4 ou supérieure, mais une version pour GrandOrgue devrait suivre très prochainement.

- début juin 2017 et après nous avoir longtemps fait attendre, Piotr Grabowski nous fait la surprise d'un petit orgue-coffre construit en 2008 par Stanisław Pielczyk, sous le nom de Green Positiv . Au départ seulement 3 jeux sur un unique clavier (sans pédalier: bourdon de 8', boudon de 4' et principal de 2'. Piotr y a ajouté, par emprunt à ces jeux, un principal de 4' et une quinte de 1 1/3.
C'est propre, sec et fort comme un verre de vodka polonaise, mais c'est la banque de sons idéale pour servir de continuo à un petit ensemble dans une église. Pas de rlâchements multiples bien entendu, mais 5 niveaux d'attaques, pour ceux qui utilisent un clavier sensible à la vélocité. Peu encombrante, cette banque de sons gratuite tient à l'aise dans la version free de Hauptwerk.

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- La société Virtual-Organs avait autrefois numérisé l'orgue hollandais Walcker de Wildervank pour le logiciel gratuit GrandOrgue et en avait mis en ligne une version pour Hauptwerk, reprise actuellement
sous ce lien (en hollandais)
. Il s'agit d'un petit instrument néo-romantique de 29 jeux, sur 2 claviers et pédalier, construit en 1913 par le facteur allemand Walker. Vous n'y trouverez pas tous les raffinements propres à Hauptwerk (pas de multi-relâchements, en particulier, ni de bruits de mécanique ou de soufflerie) et la présentation reste assez spartiate. Mais il sonne agréablement et dans la mesure où il est gratuit, l'orgue de méritait d'être essayé; d'autant plus qu'il est très à l'aise dans la version libre de Hauptwerk.

Le site néerlandais Virtual Pipes avait annoncé un nouvel enregistrement de cette banque de sons, pour Hauptwerk 4, avec tout ce qui manquait: nombreuses boucles, relâchements multiples, surround, crescendo, un nouveau positif (portant les jeux à 33), prise en compte des vents, écrans multiples. Ce 25 août 2015 Augustine (voir plus haut), après s'être un peu accroché avec Virtual Pipes, annonce que la société Virtual Organs NL ayant cessé son activité et la banque de sons originale étant donc tombé dans le domaine public, il l'a reprise à son compte après l'avoir un peu dépoussiérée avec beaucoup d'habileté, en lui ajoutant les relâchements multiples et autres améliorations qui manquaient, et un peu plus de réverbération, puis l'a placée sur son propre serveur. Une version 2 corrigeant la justesse de quelques notes et améliorant la pédale d'expression a été publiée dans la foulée par Augustine, le 1er septembre 2015. Vous la trouverez donc en téléchargement sous ce lien. Les deux banques de sons (l'ancienne et la nouvelle) ayant des ID différentes peuvent parfaitement cohabiter sur votre disque dur. Cette nouvelle banque de sons est toutefois devenue trop grosse pour passer dans la version gratuite de Hauptwerk, sauf à consentir à quelques sacrifices (par exemple 14 bits, les jeux de 16 et 32' en mono et quelques boucles ou relâchements en moins). Elle est en 16 bits uniquement et probablement avec beaucoup d'emprunts, l'échantillonnage d'origine ne devant pas être complet; mais Augustine a travaillé avec habileté et cet orgue tient bien la route.
La version de Virtual Pipes étant toutefois à présent disponible (mas pas gratuite du tout), une intéressante comparaison est devenue possible. Voir plus haut.

- Des mêmes auteurs que le premier Wildervank et au même emplacement la banque de sons de l'orgue de Pekela (1865) par Van Oeckelen, également gratuite (site en néerlandais). C'est à présent un bel instrument romantique au format Hauptwerk 4, également dérivé d'une version pour GrandOrgue et avec les mêmes limitations et la même gratuité. Cette banque de sons, très légère est uniquement en 16 bits et ne comporte aucun relâchements multiples. Elle est toutefois agréable et le fait qu'elle puisse se charger entièrement dans la version gratuite de Hauptwek la rend intéressante. Il n'en est pas moins vrai que la comparaison avec des banques de sons de même style mais plus récentes et exploitant toutes les possibilités de Hauptwerk est un peu cruelle. Un nouvel enregistrement de ce bel instrument serait souhaitable.

- Enfin toujours par les mêmes, également gratuite, dans une présentation plus basique mais pour Hauptwerk 4 et avec les mêmes limitations (16 bits, pas de relâchements multiples), se trouve la banque de sons de l'orgue de Veendam, d'un style plus contemporain. Cette banque de sons est également très à l'aise dans la version gratuite de Hauptwerk mais mériterait également d'être ré-enregistrée.

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Chez Lavender-Audio:
En partagiciel, deux banques de sons d'orgues de paroisses anglaises du Suffolk, toutes deux téléchargeables sur le le site de l'éditeur pour les versions 2 et suivantes de Hauptwerk). Ces banques de sons sont en 16 bits mais bien réalisées et de qualité:


- L'orgue de Little Waldingfield (1809), déjà très romantique (and so british!). 20 jeux sur deux claviers et pédalier. Un peu déroutant au début à cause de jeux coupés ou partagés qui obligent à bien connaître l'instrument pour en tirer pleinement partie.


- L'orgue de Groton (1888). Petit instrument sans prétention de 8 jeux, sur deux claviers et pédalier, comme en trouve dans les campagnes anglaises, avec des timbres gambés qui évoquent ceux de l'harmonium.

L'éditeur propose une compilation de ces deux instruments (sur commande uniquement) formant une banque de sons plus complète et donnant accès à un répertoire moins spécialisé. Un utilisateur de Hauptwerk a également mis en téléchargement un fichier de définition d'orgues créant un instrument composite à partir de ces deux orgues et de celui de Sainte-Anne, Moseley.

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- pour le 1er mai 2016, Virtual Pipes nous propose le petit orgue de la Blasiuskerk de Beckum. Construit en 1887 par Gradussen et restauré en 1981 par Kaat & Tijuuis, ce modeste instrument de 7 jeux à traction mécanique (dont un cornet limité à la partie supérieure du clavier), sur 1 clavier et un pédalier accouplé en permanence, est l'archétype des orgues de paroisses hollandaises, faits pour accompagner les chants des fidèles et jouer des psaumes. Il nous offre donc des jeux de fond sonores (dont trois de 8 pieds) et un cornet très chantant, mais pas de 16 pieds. L'acoustique de l'église est assez sèches (2,6 secondes maximum) de réverbération. Il est impératif d'utiliser le tempérament original de l'instrument, sinon le cornet sonnera étrangement et terriblement  faux (dans Hauptwerk, le menu Pitch).
La réalisation de la banque de sons (en stéréo uniquement) est soignée et conforme aux exigences actuelles de Hauptwerk (8 boucles et 2 relâchements par échantillon). Piotr Grabowski aurait donné un coup de main à sa réalisation. Bien que cryptée, elle a l'avantage d'être acceptée sans problème par la version gratuite de Hauptwerk. Elle est distribuée gratuitement, après envoi du lien de téléchargement par email (comptez 48 heures pour l'obtenir). Une contribution financière est souhaitée, mais non obligatoire.



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Jean-Paul Verpeaux, avec le concours de l'organiste Eric Dalest, a mis en téléchargement gratuit sous ce lien une banque de sons nommée "Monaster" (appelée au départ "Ottobeuren" mais rien à voir avec l'orgue historique du même nom). Cette banque de sons a été créée en démonstration d'un nouveau logiciel appelé "Basilica" qui permet (sous Windows uniquement) de fabriquer ses propres banques de sons, sans connaissance spéciales de programmation, en puisant dans une petite centaine de jeux fournis avec le programme. Ce logiciel (Windows uniquement) peut être utilisé gratuitement pour composer une banque de sons allant jusqu'à 12 jeux, plus tous les accouplements, tirasses, tremblants etc.. nécessaires; un enregistrement payant autorisant le dépassement de cette limite.
La banque de sons Monaster a été conçue de façon à tenir dans la version gratuite de Hauptwerk. Il s'agit d'un gros instrument "à tout faire" de 66 jeux répartis sur 5 claviers (!) et pédalier. Dans ces conditions, ne vous attendez pas à monts et merveilles, les timbres sont un peu anonymes et la présentation, bien que complète, reste assez spartiate. Le résultat est toutefois plaisant à entendre, dans une belle acoustique. De quoi se faire une petit plaisir chez soi sans bourse délier.



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Par Augustine's Virtual Organs déjà cité ci-dessus et proposé gratuitement pour Noël 2013 (il est resté gratuit depuis) un harmonium hollandais, de facteur inconnu, arrivé dans la petite paroisse protestante hongroise de Kézdimártonfalva, en don d'une paroisse hollandaise pour remplacer un petit orgue détruit pendant la guerre. Ce petit instrument, très touchant, n'a qu'un seul clavier mais qui est divisé: 6 jeux aigus et 6 jeux de basse. Lui aussi est également proposé en version étendue, sur 2 claviers divisés et pédalier. En version de base, 16 bits, il peut être utilisé sans problème avec la version gratuite de Hauptwerk. Mais la version étendue est très gourmande en mémoire, surtout en 24 bits.



- Toujours chez Augustine's Virtual Organs il est proposé gratuitement au téléchargement 3 banques de sons hongroises que l'éditeur n'a pas voulu commercialiser car elles avaient été faites à partir d'instruments en très mauvais état, voire injouables, mais qu'on arrivait tout de même à faire parler, au moins tuyau par tuyau ce qui a permis de les échantillonner. Ces banques de sons servent essentiellement à attirer l'attention du grand public sur des orgues qui, une fois restaurées proprement, auraient un intérêt certain. L'éditeur s'excuse pour le côté parfois un peu "rustique" de certains jeux mais ces banques de sons sont bien faites et ne manquent pas d'intérêt, quoique particulièrement sèches (je pense que le très mauvais état de ces instruments a nécessité une prise de son très près des tuyaux pour ne pas trop avoir à dé-bruiter les échantillons). La présentation est belle mais, pour de vieux yeux comme les miens, les noms de jeux sont vraiment écrits trop petit!

Attention: toutes les trois sont trop grosses pour pouvoir être installées dans la version gratuite de Hauptwerk, même en 14 bits et en renonçant aux boucles et/ou aux relâchements multiples. Le téléchargement, qui passe par le site néo-zélandais de partages "Mega" ne fonctionne pratiquement qu'avec la dernière version (27.0) de Firefox (presque tous les autres navigateurs étant refusés et en particulier Safari) et il ne faut surtout pas couper le téléchargement avant qu'il ne rende la main, même s'il dit être fait à 100%, sous peine de tout perdre. Ces banques ne figurent plus, depuis quelque temps, sur le site et les liens de téléchargement ne fonctionnent plus.


Il y a tout d'abord l'orgue de l'église Saint-Louis dans la banlieue de Budapest. Refait en 1900 par le facteur Angster, ce petit instrument historique de 12 jeux sur un clavier et pédalier n'a jamais été restauré depuis; laissé à l'abandon il a fini par être remplacé par un orgue électronique. L'éditeur en propose une version "étendue" de 26 jeux sur 2 claviers et pédalier, tous dérivés de jeux d'origine (à l'exception d'une voix humaine empruntée à un autre instrument).



Vient ensuite l'orgue de la petite ville de Monor, non loin de Budapest. L'instrument ancien ayant été détruit, un nouvel instrument a été fait en 1901 pat Alexander Országh, restauré en 1927 par Joseph Angster, puis en 1985 par Laszlo Kult. Non entretenu depuis il est devenu pratiquement injouable, à l'exception de quelques jeux (et encore incomplets) sur un des claviers. L'éditeur a fait ce qu'il a pu avec ce qui était encore récupérable (et pas trop faux...). Il en a tiré une banque de sons de 26 jeux, sur 2 claviers et pédalier qui, ma foi, ne sonne pas si mal que ça.



Le troisième instrument proposé est celui de l'église Minorite (un ancien ordre "mendiant") de Miskolc, ville de de 182.000 habitants à 182 km de Budapest. Cet orgue, qui devait avoir 3 claviers, avait été commencé en 1950 par Joseph Angster pour remplacer l'instrument ancien qui avait été détruit. Le régime communiste ayant fait fermer l'atelier et emprisonné le facteur (qui en est sorti depuis et a repris son activité), l'orgue n'a jamais été achevé. L'éditeur en a tiré une banque de sons assez conforme à l'existant, en tentant d'améliorer le son de tuyaux cabossés et de mixtures presque inaudibles. Il en résulte un instrument de 27 jeux sur deux claviers et pédalier.



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Pour Noël 2014, Augustine nous offre en cadeau une nouvelle banque de sons, totalement gratuite. Il s'agit d'une compilation de deux petits instruments de villages hongrois: un orgue de la province de Transdanubia construit par Janos Sachs au milieu du XIXème siècle et actuellement en très mauvais état (7 jeux qui sont utilisés pour le clavier de Grand-orgue) et un orgue de Transylvanie, de la même époque, construit par Istvan Kolinics (6 jeux qui sont utilisés au Positif et 2 jeux au pédalier). Bien enregistrée, avec boucles et relâchements multiples, cette modeste banque de sons est très agréable à jouer et à entendre. Elle est un peu trop grosse pour être acceptée en 16 bits dans la version d'évaluation gratuite de Hauptwerk, mais passe par exemple en 14 bits avec une seule boucle par tuyau. La présentation, un peu spartiate, aurait gagné à être un peu plus soignée mais, vu le prix...




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Pour Noël 2015 nous avons eu en cadeau un carillon dérivé des 2 cloches de l'église de Komárom: 2 jeux sur 2 claviers de 61 notes! C'est en fait plus un glockenspiel qu'un carillon. Amusant mais ça ne pisse pas loin, c'est terriblement faux, mais ça peut amuser les enfants le soir de Noël ou servir pour sonoriser une petit film de famille.



Augustine a réalisé une autre ravissante banque de sons, celle de l'orgue du Temple des Eaux-Vives à Genève, qui lui a donné bien du fil à retordre car l'église donne sur une des rues les plus bruyantes de cette ville, ailleurs plus paisible et que la prise de sons n'a pu être faite par lui-même. Mais son travail d'horloger suisse est remarquable et sa banque de sons s'avère être particulièrement fidèle à l'original.
Il s’agit d’un instrument néo-baroque allemand de 26 jeux (13 au G.O. 8 au Positif avec tremblant et 5 au pédalier), construit par le facteur Gerhard Grenzing en 2002, avec de belles flûtes, des mixtures sonores, des jeux d’anches bien affirmés et un splendide cornet. Les tremblants du positif, intégralement enregistrés, sont parfaitement restitués. Une particularité de l’instrument est d’avoir, à la mode espagnole, le clavier du positif pouvant être coupé avec choix de l’emplacement de la coupure entre Do et Do#. Cette disposition a été scrupuleusement respectée par Augustine.
La traction mécanique est précise, les attaques bien franches, la soufflerie discrète. Pour ces raisons, cet orgue bien entretenu a été choisi par le Conservatoire de Genève pour y faire passer ses examens et on y donne de nombreux concerts. La très petite taille et les matériaux de l’église limitant la réverbération naturelle, cette banque de sons relativement sèche correspond parfaitement à ce qu’on entend de l’instrument réel. La banque de sons est proposée dans deux versions: une version stéréo-mix conforme à l'instrument original et pour ceux qui ont assez de mémoire, une version surround à 4 canaux, avec réglages distincts du dosage des positions avant et arrière. Cette version surround peut être ouverte entièrement en 20 bits sur un ordinateur équipé de 16 Go de RAM (mais d'autres configurations sont possibles, par exemple les voies avant en 24 bits et les voies arrières en 16), Un fichier du tempérament original (fait par moi) est proposé. Des démos très intéressantes se trouvent sur le site de contrebombarde.
Le facteur ayant conditionné son autorisation de numériser l'instrument à l'exigence qu'aucun profit commercial n'en soit tiré, la banque de sons est proposée par une association suisse sans but lucratif (AOEV) crée spécialement à cette intention. Il s'agit d'un partagiciel (shareware), les dons volontaires n'étant destinés qu'à couvrir les frais de réalisation et la maintenance de l'orgue. Je vous engage à jouer le jeu: cet orgue le mérite... et Augustine également.

Plus de précisions sur la page de l'Association de l'Orgue Virtuel des Eaux-Vives dont je suis le porte-parole.

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Le 24 juin 2017 l'équipe de l'AOEV et Augustine vous offrent le petit orgue néo-baroque de Luins (canton de Vaud - Suisse), grâce à l'aide financière précieuse de nos donateurs, que nous remercions sincèrement. Ce modeste instrument de 12 jeux (sur 2 claviers et pédalier) se trouve dans une minuscule et très ancienne église, dans un site  calme et splendide, au milieu des vignobles dominant le Léman. Il a été construit en 1974 par les facteurs Armagni et Mingot (Lausanne). La précision de son mécanisme manuel, parfaitement entrenu ainsi qu'une acoustique modeste mais parfaite font merveille. Comme pour l'orgue Grenzing des Eaux-Vives, Augustine nous a aimablement offert de réaliser la banque de sons. La banque de sons est proposée comme celle des Eaux-Vives, sous forme partagiciel à 45 € et sous deux versions complètes: stéréo-mix et surround à 6 canaux ajustables. La version surround apporte beaucoup d'ampleur et de richesse sonore: une très intéressante banque de sons.
Pour tenir compte des souhaits émis par certains, Augustine a ajouté aux 12 jeux originaux, 9 autres jeux dérivés de ceux existants. L'instrument s'en trouve mieux équilibré et ouvert à un plus vaste répertoire. Les sonorités de l'orgue original sont parfaitement respectées et les extensions proposées par Augustine se fondent parfaitement avec les jeux originaux: de la belle ouvrage.
L'encombrement en mémoire de cette version stéréo-mix est de 4 Go en 16 bits et de 7 Go en 24 bits; il est toutefois possible de l'utiliser avec la version gratuite de Hauptwerk, en 16 bits, en ne chargeant que les 12 jeux d'origine (éventuellement avec ajout du principal de 4' au GO). Pour la version surround, comptez 17 Go en 24 bits ou 10 Go en 16 bits. C'est beaucoup, mais la version surround, même en 16 bits sonne mieux que la stéréo en 24 bits.  J'ai toutefois pu l'installer au complet avec les voies "near" et "far" en 20 bits et le reste en 16 bits: magnifique.





- On trouvait autrefois une banque de sons assez ancienne, encore plus difficile à dénicher: celle de l'église suédoise de Burea. Un instrument de 33 jeux sur 3 claviers et pédalier. La prise de sons était bonne mais cette banque de sons ne comportait aucune des fonctions récentes de Hauptwerk (relâchements et attaques multiples) et sa durée de réverbération était très courte (elle est pratiquement sèche). Par contre, outre son intérêt d'être gratuite, elle se logeait très facilement dans la version gratuite de Hauptwerk. Le lien a été supprimé, mais Augustine a repris les échantillons de cet orgue pour son "Large Swedish composite set" qui regroupe en une seule banque de sons les 3 orgues de Burea (le grand-orgue, l'orgue de  chœur et celui de la chapelle funèbre), ainsi que celui de l'église de Pitea;  chacun pouvant être installé séparément.




Il en existe aussi un version mini de l'orgue de Pitea pour iPhone équipé d'une interface MIDI, chez Markus Sigg; mais elle est payante (27,99€). Je ne l'ai pas testée.

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- N'oublions pas non plus les compilations de démos gratuites de Sonus Paradisi dont cet éditeur s'est fait une spécialité et qui ont été décrites plus haut, avec les banques de sons de Sonus Paradisi. Elles sont l'occasion, pour qui dispose de mémoire suffisante et si possible d'au moins 3 claviers, d'avoir sans bourse délier des banques de sons somptueuses et fort bien faites. Mais il y a également chez Sonus Paradisi quelques belles banques de sons proposées en partagiciel:

Sorti en mars 2014 par Sonus Paradisi, toujours aussi productif, la banque de sons de Kdousov, un modeste instrument attribué à Joseph Silberbauer vers 1787. Très proche dans sa disposition et ses sonorités de l'orgue de Rabštejn nad Střelou, cet orgue de 17 jeux, sur 2 claviers et pédalier, est typique des orgues de Bohème du XVIIIè siècle, avec des fonds doux et bien timbrés, presque romantiques, et des mixtures très brillantes. Sonus Paradisi dit, dans le forum de Hauptwerk, qu'il s'est efforcé de re-travailler le moins possible les échantillons enregistrés par lui, afin de conserver à l'instrument toute son authenticité et même ses imperfections; il a voulu, dit-il, qu'il sonne comme un vieil orgue. Faisant fi des modes, l'éditeur ne propose cette banque de sons qu'en mode réverbérant (wet) et à la résolution de 16 bits (mais il conseille toutefois de la charger en 20 bits pour un meilleur résultat).
Cette banque de sons ne comporte ni accouplement, ni tirasse. Il est toutefois facile de lui en ajouter en utilisant les possibilités offertes par Hauptwerk. Il suffit d'afficher les mini-palettes correspondantes pour disposer aussitôt de toute une variété d'accouplements.
Il est distribué de façon originale: librement téléchargeable, dans sa version complète, il affiche à l'écran, au dessus des claviers, un petit avertissement assez discret rappelant que cette banque de sons est en démonstration et n'a pas été achetée. Le payement, au demeurant assez modeste, permet le téléchargement d'un petit fichier qui fait disparaître cette mention. Sans être aussi importante que pour Rabštejn nad Střelou, sa réverbération est belle. La disposition des 3 buffets, assez éloignés de la console, engendre des effets de stéréo intéressants, au prix d'un mécanisme un peu bruyant. Il faut repérer la disposition des jeux, qui n'est pas évidente à première vue. Disposés de part et d'autre du clavier: les jeux du pédalier sont en bas, ceux du grand-orge au milieu et ceux du positif au dessus. Cette banque de sons est un peu trop grosse pour la version gratuite de Hauptwerk, sauf en renonçant à quelque chose. Je l'ai par exemple chargée entièrement sans problème, en 16 bits, avec une seule boucle et tous les relâchements (mais d'autres choix sont possibles). Ça passe mieux avec la version de base de Hauptwerk. Avec 16 Go, aucun problème pour un chargement intégral en 24 bits. Bref, une sympathique petite banque de sons à essayer absolument.

En 2015 et pour les amoureux des orgues d'Italie, nous avons eu droit à la petite et peu coûteuse banque de sons de l'orgue de Greccio (petite cité connue pour avoir inventé, au XIIIè siècle, la première crèche de Noël vivante). Ce minuscule instrument à un seul clavier de 15 jeux (certains divisés ou limités à la partie aigüe du clavier) + une contrebasse de 16' au pédalier (accouplé en permanence) a été construit en 1831 par la société Alderano C. Spada e Figli puis restauré en 1985 par Piccinelli. La réverbération est brève mais suffisante et la banque de sons comporte 3 niveaux de relâchements. La banque de sons est proposée dans une version étendue, plus conforme aux exigences actuelles que l'instrument original. C'est simple, frais, agréable à entendre et (n'étant pas crypté) peut être chargé sans problème dans la version gratuite de Hauptwerk. Tout comme pour Kdousov, Sonus Paradisi a mis cette banque de sons en téléchargement gratuit, avec usage non limité dans le temps. Seul un petit panneau en haut de la console vous proposera l'achat, tant que vous ne l'aurez pas fait.

début mars 2016 voici venir un joli petit orgue baroque de Bohème, celui de l'église de l'Assomption de Hradec Králové. Construit en 1765 par Josef Streussel puis restauré en 1999 par Ivan Červenka qui y a ajouté une gambe et un salicional, cet orgue de 22 jeux est très plaisant à jouer et entendre, avec ses beaux fonds bien timbrés, ses mixtures particulièrement brillantes (pas toujours très justes, mais Jiri Zurek dit qu'il a voulu préserver l'authenticité des timbres) et un pédalier puissant, quoique un peu court. L'orgue peut être utilisé par la version gratuite de Hauptwerk, mais uniquement s'il est chargé en 14 bits.
Comme les banques de sons précédentes de Kdousov et Greccio, celle-ci est proposée en partagiciel: le téléchargement complet est gratuit, l'utilisation est sans limite, mais il est conseillé de l'acheter (65€) si on en est satisfait. Une petite mise à jour fera alors disparaître la mention incitant à l'achat.


- Sonus Paradisi propose un splendide clavecin, copie moderne d'un instrument fait par le facteur Miekte à Berlin, vers 1710. Pour reproduire fidèlement les retards d'attaque des cordes placées au dessus des cordes principales, toutes les combinaisons ont fait l'objet d'enregistrements séparés, ce qui apporte un très grand réalisme. La démo qui était proposée à une certaine époque a été retirée, mais la banque de sons est toujours en vente et on peut la télécharger librement depuis le site web de MDA (c'est deuxième page en faisant défiler les instruments à l'aide des flèches). De tous le clavecins proposés pour Hauptwerk, j'estime que c'est le plus réussi. Mais n'espérez pas trop l'installer sur un ordinateur ayant moins de 4 Go de RAM! (quoique, en forçant un peu, on arrive à le faire avec 2 Go). En faisant bien attention, ce clavecin peut être chargé dans la version gratuite de Hauptwerk.

J'ai signalé plus haut l'arrangement fait par Augustine, de ce clavecin et de l'orgue de Oosterwijtwerd (chez Sygsoft), pour obtenir un instrument d'accompagnement ou de continuo.

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Pas facile à dénicher: chez Etcetera Pipe Organs un instrument  composite créé à partir de  d’enregistrements faits dans 3 églises de Norvège: celle d’Afjord pour l’essentiel, complété par les orgues de Hommelvik et Alesund. C’est un instrument de style romantique de 30 jeux (dont un amusant glockenspiel) sur 2 claviers et pédalier, avec pas mal de possibilités mais une acoustique assez sèche. Du coup cette banque de sons est très bien acceptée par la version gratuite de Hauptwerk. Elle est gratuite mais une donation de 50$ est suggérée.




- Cadeau de Noël 2012 de l'éditeur Prospectum, un petit instrument portatif de 4 jeux divisés, pour un clavier de 56 notes mais sans pédalier, offert gratuitement au téléchargement: l'orgue Stocking Stuffer de Sainte Marie de Nordheim (Norvège). Cet orgue avait été numérisé par Prospectum pour faire des essais et, de ce fait, il est très proprement enregistré et réalisé. C'est une banque de sons qui peut avoir son utilité pour un accompagnement ou un continuo, voir en solo, car il sonne bien, est très peu réverbérant et fonctionne parfaitement avec la version gratuite de Hauptwerk.



- Plusieurs amateurs éclairés, en Grèce et à Malte, sous la houlette de celui connu sous le pseudo "Montre8" (hélas décédé en octobre 2015) se sont lancés dans la numérisation des orgues maltais, au début pour divers logiciels de simulation tels que JOrgan, Kontakt 5, GrandOrgue et Aria, puis devant la demande ils ont tenté un essai pour Hauptwerk, avec l'orgue de l'église de l'Annonciation de Balzan. Ne maîtrisant pas encore bien les versions récentes de Hauptwerk, ils ont commencé par une banque de sons pour Hauptwerk 1, pouvant être importée dans Hauptwerk 4, mais déjà en 24 bits Une version plus moderne de cette banque de sons a suivi, cette fois spécifiquement pour Hauptwerk 4 et avec des relâchements multiples.
Il s'agit d'un petit instrument, typiquement italien, construit en 1827 par le facteur sicilien Felice Platana. Une douzaine de jeux (dont certains ne sont pas complets dans le grave) sur un clavier et un pédalier d'une octave et demi. Un ripieno doté d'une commande séparée peut être attribué à un second clavier, ce qui étend les possibilités de l'instrument en autorisant des dialogues piano/forte. La longue réverbération de l'église a été volontairement réduite de façon à obtenir une banque de sons presque sèche, mais qui sonne bien; elle a été rétablie dans la version pour Hauptwerk 4. La présentation, conforme aux standards de Hauptwerk 1, est spartiate mais suffisante. L'encombrement en mémoire étant très faible, cette petite banque de sons est utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk (tout comme les deux versions, sèche et réverbérante, pour Hauptwerk 4). Attention, le téléchargement nécessite un compte Google et passe par un formulaire d'inscription et la réception d'un lien par email.
Dernières nouvelles: la version sèche pour Hauptwerk 4 est proposée au téléchargement depuis septembre 2014 et la version réverbérante depuis novembre 2014. Une belle prise de son dans une acoustique agréable mais, contrairement à la version pour JOrgan, cette banque de sons n'a pas été étendue; elle reste donc strictement conforme à l'instrument original.



Comme promis, une version étendue de l'orgue de Balzan vient d'être achevée, mais elle est réservée à quelques privilégiés et généreux (ou modestes) donateurs, dont je suis. Huit jeux au grand-orgue, six au positif et trois au pédalier. Cela reste limité mais offre beaucoup plus de possibilités que la version originale; d'autant plus que l'étendue des claviers a été portée à 61 notes et que celle du pédalier normalisée également. Deux pédales d'expression ont été rajoutées. Les noms de jeux originaux, typiquement italiens, ont été re-baptisés de façon plus conventionnelle (ce qui n'est pas grave en soi). Les tremblants automatiquement re-calculés par hauptwerk, ne sont pas exceptionnels, mais rien n'oblige. Plusieurs mois après sa réalisation, le site web indique que cette version étendue reste réservée à ceux qui ont fait un don: ils recevront en retour un lien de téléchargement. À bon entendeur... d'autant plus que cette version étendue de l'orgue de Balzan vaut très largement les quelques euro que vous pourriez y consacrer.
Ce petit instrument très réaliste, avec sa mécanique bruyante, ses timbres riches en aigus et son harmonisation parfois un peu approximative est un condensé d'Italie populaire: moi, il me fait penser aux films de Fellini. Il y a même la cloche de l'église! À découvrir absolument. Contrairement à la version originale, la version étendue ne passe pas en 16 bits dans Hauptwerk gratuit. Si vous y tenez, en 14 bits et le 16 pieds en mono, par exemple, c'est sans problème.



- Son éditeur, Panos K. Ghekas étant décédé prématurément en 2015, ses collaborateurs ont décidé d'achever la banque de son de l'orgue de Fontana (dans l'île de Gozo) qui était en préparation. La banque de sons de ce petit instrument de 10 jeux sur un clavier + P, construit en 1908 par l'atelier Laudani & Guidici (Palerme) est proposée, accompagnée d'une version étendue portée à 34 jeux, par interpolation des jeux existants, sur 2 claviers de 61 notes + pédalier de 30 notes. Elle existe au choix en version sèche ou réverbérante, soit pour GrandOrgue, soit pour Hauptwerk. Il y a même des versions JOrgan et Kontakt 5. Elle est proposée comme pour Balzan, soit en version originale gratuite, dont le lien est envoyé sur demande par email, soit pour les donateurs en version étendue de 34 jeux.
Comme la précédente c'est un concentré d'Italie populaire. Un instrument sonore, un peu approximatif, terriblement romantique et qui ne fait l'impasse ni sur une soufflerie bien présente (qui peut être désactivée), ni sur des bruits de traction un peu excessifs (çà se règle dans Hauptwerk). Mais le réalisme est au rendez-vous. La version originale, avec ses beaux jeux de fond (y compris l'invitable jeu ondulant) et une puissante trompette, tient à l'aise dans la version gratuite de Hauptwerk.
La version étendue est intéressante. Tout en conservant le côté typiquement italien de l'orgue ses échantillons bien re-travaillés et ré-harmonisés ont été débarassés de leur côté un peu aléatoire et l'instrument a pris une belle ampleur (j'ai d'ailleurs l'impression que l'acoustique a été revue en ce sens et que la réverbération est plus longue que dans l'original). Du coup les bruits de traction et de soufflerie passent mieux. L'orgue a toutefois conservé ses timbres et attaques très caractéristiques, qui font un peu penser à celles d'un clavecin,  et les jeux d'anches, toujours aussi puissants sont impressionnants. L'ajout de petits jeux (mutations et mixtures) permet d'aborder la musique baroque, qui passe bien. Bref l'instrument idéal (beaucoup plus que Balzan) pour la musique italienne, depuis Frescobaldi jusqu'aux grands romantiques. Ça vaut largement la petite donation suggérée.



- Le début de l'année nous apporte l'orgue de
la basilique Saint-Pierre et Saint-Paul à Nadur (Gozo, Malte). Cet orgue a été construit en 1897 par le facteur Cav. Inzoli-Crema et restauré en 2002-2003 par Robert Buhagiar. En dépit d'une façade relativement étroite (car la place manquait) c'est déjà un bel instrument de style romantique mais qui, à la mode italienne, n'a qu'un seul clavier coupé: 12 jeux à la basse et 12 jeux (totalement différents) à l'aigu; plus
3 jeux au pédalier. Tirasse, tremblant, 5 combinaisons préparées, expression pour le jeu de Voix-humaine, octave pour l'aigu. Cela donne pas mal de possibilités.
La banque de sons, comme les précédentes est distribuée
sur donations, dont le montant est laissé libre. Elle n'est disponible actuellement que pour GrandOrgue, mais une version pour Hauptwerk devrait suivre; aucune date n'est annoncée.




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pour Noël 2014 l'éditeur Silver Octopus nous offre également sa petite banque de sons gratuite: 7 jeux sur un clavier et un bourdon de 16 au pédalier. Il s'agit en fait d'une démo de sa série "Georgian" qui regroupe plusieurs banques de sons construites à partir d'échantillons sonores de provenances diverses (et non précisées). Ce petit instrument est d'une acoustique parfaitement sèche mais sonne bien et peut s'avérer utile pour l'étude ou l'accompagnement. La banque de son peut être obtenue en envoyant un email à l'éditeur. Son installation est un peu complexe: le fichier .rar s'installe sans problème mais l'orgue refuse de se charger, une fois installé. Il faut pour cela décompacter ledit fichier .rar à l'intérieur duquel se trouve un fichier de définition d'orgue (ODF) Georgian Series8 Dry.Organ_Hauptwerk_xml à recopier dans votre dossier "HauptwerkUserData/CustomOrganDefinitions" puis ouvrir avec le menu de Hauptwerk Design tools / Load custom organ ... Un fichier ODF définitif sera alors créé au bon endroit, permettant à l'avenir d'ouvrir la banque de sons, qui tient à l'aise dans la version gratuite de Hauptwerk. Un autre ODF autorise, selon le même procédé, l'accès à un clavier partagé. C'est un peu du bricolage, mais bon...



- À toutes fins utiles, je signale une banque de sons composite, concoctée par Anton Heger et quelques uns de ses amis et qui a fait l'objet de cette publication dans le forum US de Hauptwerk. Elle fait appel aux démos gratuites de Rotterdam, Saint-Maximin, Kreszkow, Zwolle et une ancienne démo (V. 2.0) de Freiberg qui n'est plus proposée mais dont Sonus Paradis a autorisé la mise en ligne sur un compte Méga. Ce sont 61 jeux répartis sur 4 claviers + pédalier, avec effet surround pour ceux qui le peuvent. Il fait à cette banque de sons beaucoup de mémoire (8go minimum en 16 bits, stéréo, une seule boucle; c'est le strict minimum). Je n'ai pas eu l'occasion de la tester mais un correspondant me dit qu'elle est intéressante.

- Toujours à partir de démos gratuites de Sonus Paradisi, mais cette fois celles de Rotterdam et de Saint-Omer, nous trouvons une autre compilation gratuite appelée Romer: 46 jeux sur 3 claviers et pédalier. Cette page du forum de PCOrgan est en néerlandais et les lien de téléchargement sont presque en bas de la page. Je ne l'ai pas testée mais un correspondant me dit qu'elle est très difficile à mettre en place et qu'il a fini par y renoncer.

- Le site vannetais de Jean-Yves Garet - Soni Musicæ (pas facile non plus à dénicher car, farouche partisan du logiciel GrandOrgue, c'est un peu un dissident du système Hauptwerk, qui fait tout pour qu'il ne soit jamais mentionné) vous avez plusieurs petites banques de sons gratuites de clavecins et épinettes et aussi un petit orgue d'études (et même le carillon de Gand!) qui sont loin d'être sans intérêt. Ce sont des banques de sons au format Hauptwerk 1 (qui peuvent donc être utilisée également avec GrandOrgue), bien faites et de qualité. Intéressant pour qui veut comparer les sonorités de clavecins de différentes écoles. Sur le site  Il s'agit pour l'essentiel de clavecins, de styles divers, intéressants à comparer. Mais vous y trouverez aussi pèle-mèle un orgue de salon, un carillon et même un accordéon diatonique! Ce sont des banques de sons déjà un peu anciennes, au format HW1 pouvant sans problème être importées dans Hauptwerk 4 où elles seront très à l'aise, même dans sa version gratuite. Vous  n'aurez pas la possibilité de modifier le tempérament, sauf à faire des conversions avec un utilitaire comme PipeTune, mais le réglage du diapason est possible. Plusieurs fichiers de définition sont offerts, selon votre configuration.




- Gratuit également, cet agréable petit instrument de 10 jeux, sur 2 claviers (le clavier supérieur étant divisé) et pédalier, construit en 2002 par Gerhard Grenzing pour l'École Supérieure de Musique de Catalogne. Typiquement catalan mais sans les trompettes des orgues ibériques. Il a tout de même un hautbois expressif au positif. Le tremblant (probablement re-calculé par Hauptwerk)  est, à mon avis, un peu pénible. Cette banque de sons étant au format HW 1 elle n'a pas de relâchements multiples; ce qui n'est guère gênant dans la mesure où la prise de sons, faite en auditorium, est pratiquement sèche (mais elle supporte parfaitement une réverbération artificielle). Elle est indiquée, au demeurant, comme étant une version  béta et il est donc possible qu'une version définitive soit prévue pour Hauptwerk 4. Le téléchargement produit un fichier avec l'extension .rar qui doit être préalablement dé-compacté pour y trouver les fichiers d'importation .organ (pour HW et GO respectivement). S'ouvre sans le moindre problème dans la version gratuite de Hauptwerk.
Voulant faire bénéficier les organistes du monde entier de l'annonce de cette petite banque de sons, j'en avais signalé l'existence sur le forum du site US de Hauptwerk. Mon intervention a immédiatement été censurée et a disparu dans l'heure. Les éditeurs de Hauptwerk n'acceptent en effet dans leur forum aucune mention, même en passant, d'un autre logiciel que le leur. Mon texte était cependant très mesuré et ne mentionnait pas l'utilisation possible pour un logiciel concurrent, mais le fichier téléchargé comportant les installations pour Hauptwerk et GrandOrgue, sa simple existence a probablement été estimée insupportable par les modérateurs du forum.



- Également au Musée de la Musique de Barcelone nous avons depuis la fin janvier 2016 un petit orgue portatif de processions aragonais. Cet instrument ancien (mais la date n'est pas précisée) et au coffre richement décoré, a la composition très typique des orgues espagnols et italiens: clavier divisé et jeux "pyramidaux", c'est à dire à partir d'une base, qui est ici un bourdon de 4 pieds, un étagement de mutations grâce auxquelles il est possible de construire une sorte de mixture plus ou moins complexe et fournie, en même temps qu'un crescendo de plus en plus brillant (et même agressif). Ce qui signifie que cet orgue s'adresse à un répertoire très ciblé, mais qu'il fait merveille dans les anciennes compositions espagnoles de la Renaissance. Étant destiné aux processions et, par conséquent, à être joué en plein air on l'a doté d'une pression du vent inhabituellement élevée; ce qui lui confère une grande puissance sonore (96,5 dB à 1 mètre et jusqu'à 110 dB à la place de l'organiste! un truc à devenir sourd très rapidement).
Cet instrument n'a, bien entendu qu'un seul clavier: 6 jeux à la main gauche et 7 à la main droite, plus de chaque côté un jeu appelé Xivarri qui ajoute du bruit aigu. Un bouton active le tutti. Le clavier a une disposition dite "courte"; autrement dit, il va du fa1 au mi 4 et les premières touches mi1, fa#1, sol#1 font entendre respectivement le do1, le ré1 et le mi1. Le format HW1 ne permetant pas le changement de tempérament, trois fichiers différents sont proposés au téléchargement: tempérament égal à 440; mésotonique à 440 (l'accord original de l'instrument) et mésotonique à 415. La banque de sons est malheureusement au format HW1, enregistrée en 16 bits et en mono très sec ce qui, même si la prise de sons est soignée, en limite tout de même un peu l'intérêt. C'est donc plus une intéressante curiosité pour connaisseurs et passionnés, qu'un orgue à utiliser tous les jours.




- Toujours par Casacota, un petit orgue de cabinet construit par Josep Pujol vers 1765. 4 jeux seulement: un tapadet de 4 pied (activé en permanence, octace 2', dotzeba 1 2/3' et dissetena 1 3/5'. Cet orgue est couplé à un psaltérion (ça c'est original). Le site précise toutefois que les jeux de cette banque de sons sont reconstitués, l'instrument original étant muet actuellement. Les sons de l’orgue sont ceux du ClaviOrganum également publié par Casacota. Ceux du psaltérion proviennent de divers instruments du musée de Barcelone. Une restauration est envisagée.



- Début 2017, Casacota nous propose un nouvel instrument du Museu de la Música de Barcelona: le petit orgue construit en 1719, à Ségovie, par le facteur Manuel Perez Molero. C'est un modeste instrument à un clavier de 45 touches, coupé en basse et dessus. II s'agit d'un clavier dit "court"; autrement dit certaines touches noires peu usitées de la première octave sont remlplacées pr des notes plus graves: asses dérourant pour qui n'a pas l'habitude. À la basse 6 jeux auxquels a été ajouté par interpolation un Violón de 8 pieds et pour le dessus 7 jeux. C'est frais, précis, très espagnol et agréable à entendre. La réverbération est très courte, presque sèche. Comme les précédentes, cette banque de sons est proposée gratuitement au téléchargement, aux fomats MyOrgan, GrandOrgue et Hauptwerk 1; dans 3 tempéraments différents: original, mésotonique 415 Hz avec le 8 pieds supplémentaire, égal 440 Hz avec également ce 8 pieds.



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Banques de sons utilisables avec la version gratuite d'évaluation de Hauptwerk
Peu d'utilisateurs de Hauptewerk en ont conscience, mais il existe un assez grand nombre de banques de sons pouvant être utilisées, sans la moindre adaptation, avec la version d'évaluation gratuite de Hauptwerk. Étant assez souvent interrogé sur ce point, j'ai pensé qu'il serait utile d'en donner ici une liste, non exhaustive, à l'intention de toux ceux qui souhaiteraient se faire une opinion du logiciel avant l'achat éventuel d'une licence, en testant des instruments de meilleures qualité et plus variés que l'orgue de Ste Anne-Moseley.

Les banques de sons gratuites:
Tout d'abord l'ancêtre, chez Joseph Basquin: l'orgue de Romanwiller, dit "Jeux d'orgue 2". Basique mais efficace.
Puis chez Sigsoft, le petit orgue d'Oosterwijtwerd et un clavecin moderne.
Chez Datzo, le petit orgue positif de Ott
Chez Nick Appleton, l'orgue australien de St Augustine's Neutral Bay, furieusement anglais
Par Melotone Sound Production, l'orgue composite dit "Brut-Leuchten" aussi basique que St Anne-Moseley mais assez complet et le petit orgue de l'église méthodiste de Prudhoe
Chez Virtual Organs NL, les orgues de Pekela et de Veendam ainsi que l'ancienne version de Wildervank
Chez Piotr Grabowsi il y a l'orgue de Walcker de l'auditorium Melcer, assez sec mais c'est un bel instrument néo-baroque, également l'orgue-coffre green-positiv et le joli petit romantique de Ledziny
Chez CLR Resources, la grosse démo de l'orgue Aeolian Skinner de Long Beach et celle de Beverly-Hills.
Autrefois chez Virtual Pipes NL mais tojours disponibles, les orgues de Pekela et de Veendam
Chez Cascota mais au format HW1 n'oubliez pas le Grenzing de l'école de musique de Catalogne. Ni d'ailleurs ses autres banques de sons, en particulier le petit orgue de Molero.
Enfin, vous avez un certain nombre de banques de sons limitées, proposées en démos par Sonus-Paradisi. Elles sont toutes de grande qualité et se trouvent généralement sous l'onglet "free stuff" du site (sinon voyez sur cette page, au chapitre correspondant à l'instrument qui vous intéresse). Elles ne passent toutes dans Hauptwerk gratuit - certaines sont énormes - mais vous pouvez essayer sans crainte: Smecno (un tres bel intrument de la fin de la Renaissance complet dans sa version originale, avant adjonction d'un positif néo-baroque moderne), le Dom Bedos de Rieti, Vélésovo, Saint-Maximin, Saint-Michel en Thièrache, Kiedrich et le clavecin Ruckers.

Les banques de sons distribuées en partagiciel (shareware):
Chez Virtual Pipes vous trouverez l'orgue romantique de la Blasisukerk de Beckum
Chez Sonus Paradisi le joli petit italien de Greccio et San-Carlo de Brescia
Chez Etcetera, le composite Jörgensen d'Afjord
Chez Maltese Historic Pipes Organs, les versions originales de Balzan et de Fontana

Les banques de sons commerciales (généralement à bas prix)
Il y a d'abord tous les petits instruments de Sygsoft: Eenum, Wirdum, Krewerd, Midwolde, Roeselare, l'orgue de choeur de Heusden
Chez Voxus, le petit bijou baroque de Gapinge
Chez Prospectum, le magnifique instrument d'Anloo (sec mais très complet)
Chez Augustine,
l'orgue Luber de Császár (en version originale uniquement))
Chez Sonus Paradisi, l'orgue italo-slovène d'Izola et l'orgue de chambre Prib
Chez Exemplum Organum, l'orgue très inspiré par Cavaillé-Coll mais particulièrement sec, de Saint-Georges d'Oshawa
Chez aH Pipe Organs, le très beau Marcussen de Moerdijk qui, avec le précédent a l'intérêt d'être un instrument à 3 claviers.
Chez Pipeloops, le Cavaillé-Coll de la Madeleine et le splendide Silbermann de Grosshartmannsdorf (Pipeloops  recommande de ne pas charger les relâchements multiples mais ce n'est pas une obligation)
Chez Evensong, le Schantz de Riverside.

D'autres banques de sons peuvent, au prix de quelques ajustements ou limitations être utilisées par la version gratuite de Hauptwerk; je vous laisse les découvrir, avec leurs réglages testés par moi, en feuilletant cette page. Mais parmi les meilleures ne nécessitant que peu de renoncements, je signale:
Chez Sonus Paradisi,
Brescia (tout en 16 bits sauf les Vigesima II, VI et IX, le pédalier et les bruits, qui seront en 14 bits), Menestérol (pour peu que l'on ne charge pas les canaux surround arrières (rear) et que l'on renonce à quelques boucles ou relâchements). Il y a également Kdousov (par exemple en 16 bits, avec une seule boucle et tous les relâchements). Voir aussi Hradec Kralove, qui passe en entier, mais uniquement en 14 bits.
Chez Prospectum, le splendide Silbermann de Zöblitz (en version "classique" avec toutes ses attaques, boucles et relâchements, à condition de charger tous les 16 pieds en mono)
Chez Augustine, l'orgue luthérien de Buda (en 14 bits, à condition de désactiver les vois arrières)
Chez Joseph Basquin, l'orgue J.A. Silbermann de Wasselonne "Jeux d'orgues 3" complet mais en limitant les relâchements aux 8 - 4 - 2 pieds, quintes, tierces et mixtures

 


Pour conclure:
Voilà. Il existe bien d'autres banques de sons pour Hauptwerk mais je me suis limité ici à celles dont je disposais ou que j'avais pu réellement tester à droite et à gauche. On ne peut pas tout avoir! Certaines sont à des prix qui dépassent largement mon budget, ou bien trop exigeantes en mémoire ou en matériel (orgues à 3 ou 4 claviers, encombrement en mémoire pouvant dépasser les 16 Go), ou encore sont des réalisations un peu anciennes et moins intéressantes sur le plan technique que les banques de sons récentes. Si je peux en acquérir et tester d'autres (ce que j'espère bien), je vous en ferai part ici même.

Je profite également de ce site pour vous engager à fréquenter les forums consacrés à l'orgue en général et à Hauptwerk en particulier. Il y bien entendu pour ceux qui maîtrisent l'anglais le forum du site officiel américain, qui est une mine de renseignements mais il ne faut pas négliger le forum français, ni celui très convivial de l'Orgue Libre, très suivi par un petit groupe de passionnés.

Et je ne puis m'empêcher, en guise de conclusion, de retranscrire ici ce délicieux pastiche, d'auteur inconnu mais qui traine sur le web depuis des lustres. J'en ai fait une traduction française du mieux que j'ai pu, mais les archaïsmes du texte anglais sont encore plus savoureux que le texte français.

Verset 29 - La Lapidation de l'Organiste


1 - Et voici, lorsque Paul était à Corinthe, que lui et certains de ses disciples virent une foule qui lapidait un organiste.
2 - Et Paul les interrogea: "Que vous a donc fait cet  homme pour que sa tête doivent être brisée?"
3 - Et le peuple hurla d'une seule voix "Il a joué trop fort"
4 - Car, alors que nous chantions les psaumes, il a fait résonner nos têtes comme s'il les battait à coups de marteau.
5 - Voyez, il est assis là haut à la tribune. Puissants sont les tuyaux, puissant est leur bruit. Et cependant nous autres, en bas, ne sommes guère nombreux. Il joue néanmoins avec tous les jeux, avec le jeu de Trompette Assyrienne et le jeu du Cor de Bouquin et le jeu qui résonne comme la pierre que l'on scie, et nous ne pouvons plus entendre les mots qui sortent de notre bouche.
6 - Il se complaît toujours dans des variations qui nous égarent. Il joue fort et discordant et toujours dans un tempo guerrier qui ne nous laisse nul temps pour respirer alors que nous chantons.
7 - Il n’est qu’une plaie pour la foi et il mérite d’être châtié.
8 - En entendant cela, même Paul avait ramassé une petite pierre et il se préparait au châtiment, mais il la reposa et demanda à l'organiste de s'approcher.
9 - C'était un homme chétif, au teint pâle, sec, aux cheveux minces et clairsemés.
10 - Et Paul s'adressa à lui en ces termes " Pourquoi donc les as tu ainsi accablés?"
11 - "C'est - répondit l'organiste - que je ne pouvait pas les entendre chanter, depuis mon banc d'orgue et qu'ainsi je leur prodiguais mon soutien en jouant plus fort. »
12 - Et Paul se retourna vers la foule et dit à voix forte "Que celui qui n'a jamais joué de l'orgue lui jette la première pierre".
13 - Et voilà qu'ils éparpillèrent les pierres jusqu'à ce que leurs bras soient fatigués et Paul proposa à l'organiste de se repentir, et cela fut.
14 - Et Paul lui dit "Tu tireras la flûte et en joueras pendant trente jours, pour nettoyer ton esprit". Et ensuite ils retournèrent à Corinthe en chantant des psaumes a capella, puis ils prirent du café et leur foi en fut raffermie.
Auteur inconnu
le texte original:
Acts 29 The Stoning of the Organist


1 - And it came to pass, when Paul was at Corinth, he and certain disciples came upon a mob that was stoning an organist.
2 - And Paul said unto them, "What then hath he done unto thee that his head should be bruised?"
3 - And the people cried with one voice, "He hath played too loud.
4 - Yea, in the singing of psalms, he maketh our heads to ring as if they were beaten with hammers.
5 - Behold, he sitteth up high in the loft, and mighty are the pipes and mighty is the noise thereof, and though there be few of us below, he nonetheless playeth with all the stops, the Assyrian trumpet stop and the stop of the ram's horn and the stop that soundeth like the sawing of stone, and we cannot hear the words that cometh out of our own mouths.
6 - He always tosseth in variations that confuse us mightily and he playeth loud and discordant and always in a militant tempo, so that we have not time to breathe as we sing.
7 - Lo, he is a plague upon the faith and should be chastised."
8 - Paul, hearing this, had himself picked up a small stone, and was about to cast it, but he set it down, and bade the organist come forward.
9 - He was a narrow man, pale of complexion, dry, flaking, thin of hair.
10 - And Paul said unto him, "Why hath thou so abused thy Brethern?"
11 - And the organist replied, "I could not hear them singing from where I sat, and therefore played the louder so as to encourage them."
12 - And Paul turned round to the mob and said loudly, "Let him who has never played an organ cast the first stone."
13 - And they cast stones for a while until their arms were tired and Paul bade the organist repent and he did.
14 - And Paul said unto him, "Thou shalt take up the flute and play it for thirty days, to cleanse thy spirit," and afterward they returned to Corinth and sang psalms unaccompanied and then had coffee and were refreshed in the faith.
Author Unknown
Il y a aussi ce délicieux petit conte d'Alphonse Daudet, probablement inédit et qu'on vient de me faire découvrir. Je vous laisse le plaisir de sa lecture.


En marge de ces considérations sur les orgues virtuelles je voudrais aussi signaler un logiciel remarquable de piano virtuel: Pianoteq. Il ne s'agit plus cette fois de sons numérisés mais de sons calculés par informatique, en temps réel, avec une infinie variété de réglages et plusieurs instruments (pianos, pianos-forte, clavecins, modernes ou historiques) déjà pré-réglés. Cette approche du problème convient mal à l'orgue, en l'état actuel de la technique, mais convient parfaitement au piano (ainsi qu'à d'autres instruments comme le clavecin) et a le grand avantage de n'occuper qu'une place réduite sur votre disque dur. De plus le logiciel, au moins dans sa version de base (Stage), est commercialisé à un prix très abordable. Il est protégé par un enregistrement en ligne sur le site de l'éditeur et sa licence en autorise l'installation sur 3 ordinateurs (de même propriétaire et utilisés non simultanément).

Pour vous faire une idée, vous pouvez télécharger sur le site le logiciel en version de démo. Elle est limitée à 20 minutes par session, après quoi il faut relancer, et le piano a été amputé de quelques dièses dans la première octave, mais cela permet de le tester, dans de bonnes conditions, pour peu que l'on dispose d'un clavier avec des touches dynamiques, l'étendue qui convient et un toucher convenable. Bien entendu, tout comme pour Hauptwerk, il faut une une interface MIDI et si possible une sortie son et des enceintes, ou un casque, de qualité. Notez que Pianoteq ne se limite pas strictement au piano. S'il n'aborde pas l'orgue il permet, par contre et avec beaucoup de réalisme, la virtualisation d'autres instruments: clavecins, clavicordes, piano-forte, percussion diverses et, depuis peu, une magnifique harpe de concert avec toutes ses particularités de jeu (arpèges, glissandi, etc.): impressionnant. Attention: tous ces instruments ne sont pas nécessairement gratuits.



Pour finir, voici un petit lexique de termes relatifs aux orgues, en 5 langues. Je m'efforce de l'enrichir à chaque fois que j'en ai l'occasion.


On m'a fait remarquer que le répérage des fréquentes mises-à-jour de cette page était un vrai parcours du combattant. Je le reconnais volontier et c'est pourquoi, dorénavant, je donnerai ici un bref résumé de ce qui a changé (j'ai essayé de reconstituer ce que je pouvais pour les dates antérieures) et j'y ai ajouté des liens internes vous conduisant directement à l'article relaté. J'ai mis à la suite une table des matières également indexée.

- 11 juillet 2017 - sortie de l'orgue Reuter de la synagogue de Portland (Sonus Paradisi)
- 4 juillet 2017 - supression des liens de téléchargement pour les 3 banques de sons expérimentales d'Augustine.
- 9 juin 2017 - sortie du Green Positiv (Piotr Grabowski)
- 16 mai 2017 -
présentation de l'orgue Luber de Császár (1793)
- 24 juin - numérisation de l'orgue de Luins (AOEV
- 17 avril 2017 - sortie de l'orgue POM de l'église St Étienne à Újpest (Augustine).
- 5 avril 2017 - quelques mises à jour des informations concernant le logiciel GrandOrgue
- 20 mars 2017 - quelques considérations sur les claviers et l'utilisation d'une carte-son comme interface MIDI.
- 7 mars 2017 - ajout du Schantz de Riverside. Sortie de l'orgue Rosales de Portland (Sonus Paradisi)
- 25 et 28 février 2017 - sortie de l'orgue Manuel Perez Molero de Ségovie (Casacota).
- 29 janvier 2017 - l'orgue Rieger d'Esztergom est diponible en version surround (Augustine)
- 23 janvier 2017 - essai de l'orgue Marcussen de Moerdijk. Quelques révisions de commentaires. Ajout de banques de sons utilisables facilement dans la version gratuite de Hauptwerk.

- 20 janvier 2017 - test des orgues de Scorzè et de Kolozvar (Inspired acoustics)
- 17 janvier - sortie de
l'orgue Bätz de Zeist (Sygsoft)

- 7 janvier 2017 - quelques précisions à propos de Pekela et Veendam
- 4 janvier 2017 - Sortie de la banque de sons de l'orgue maltais de la basilique de Nadur à Gozo- 27 et 28 décembre 2016 - révision de quelques liens et plus de précisions sur les versions de démo de plusieurs éditeurs. Lien vers le logiciel AECHO d'édition d'ODF.

Voir les mises à jour précédentes.