Page mise à jour le 18 octobre 2021 (voir le détail des mises-à-jour récentes en fin de page)

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Table des matières

- Ouverture
- Découverte du logiciel Hauptwerk
- Autres logiciels de simulation d'orgues


Ouverture
L'heure de la retraite ayant sonné et comme il faut bien s'occuper à quelque chose, j'ai décidé de me remettre à l'orgue.
J'avais appris le piano dans mon jeune temps, au conservatoire municipal de Vannes d'abord avec Stanislas Frémont comme professeur, puis au conservatoire national de région de Rennes dans la classe de Monsieur Cohen. Mais faute d'avoir continué à travailler, ma technique avait considérablement régressé. Ne me restait guère qu'une certaine facilité à déchiffrer, entretenue régulièrement par des activités au sein d'une chorale. À ce propos vous trouverez tous les détails, et pas mal de bavardage,
sur cette nouvelle page.
Tout jeune, j'avais pu utiliser librement l'orgue de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Vannes, grâce à la gentillesse de l'abbé Nicolas, qui dirigeait la manécanterie de la cathédrale, dont je faisais partie. C'était un instrument récent, à traction électrique, avec de nombreuses registrations préparées, ce qui en facilitait l'usage.


l'orgue de Notre-Dame de Lourdes, curieusement mais judicieusement placé dans une
vaste tribune surplombant le chœur de l'église et pouvant également accueillir toute une chorale
(je note au passage que cette disposition est également celle adoptée dans la chapelle royale de Versailles,
mais pour d'autres raisons: le roi occupant la tribune)

Puis étant étudiant, un ami organiste m'avait facilité l'accès à l'orgue de l'église Saint-Hélier, à Rennes et m'avait donné quelques leçons; disons plutôt quelques conseils et des rudiments de registration. Cet instrument vénérable, construit par Jean-Baptiste CLAUS vers 1880, puis restauré par Othon WOLF en 1952, ayant fini par rendre l'âme et être remplacé en 1977 par un  très bel orgue de Yves SÉVERE, neuf mais inaccessible, mes velléités d'organiste en étaient restées là, faute de trouver une paroisse voulant bien accepter ma présence ou un orgue qui ne soit pas la "chasse gardée" de son titulaire, comme c'est bien trop souvent le cas.

En 1969, je me suis offert une très belle épinette, de fabrication allemande, que j'ai eue chez moi pendant longtemps, avant de la revendre, dans une période de vaches maigres et aussi un peu fatigué par ses perpétuelles exigences d'accordage et je puis vous assurer que si les clavecins se désaccordent aussi vite qu'une guitare, les accorder c'est autrement plus long et compliqué! Avec l'informatique c'est devenu plus simple maintenant. J'avoue tout de même qu'elle me manque parfois.

Dans les années 70, la tentation de me remettre à l'orgue m'a pris et j'ai fait l'acquisition d'un orgue électronique Viscount qui ne m'a guère convaincu et qui a rapidement été remplacé par un instrument plus intéressant, qui m'a apporté beaucoup de plaisir. C'était un orgue analogique de marque WOOP, une petite société allemande qui n'a pas du en vendre beaucoup car ils étaient très chers et délicats à entretenir; j'ai même dans l'idée qu'il s'agissait d'un prototype)



Comme tous les instruments analogiques, cet orgue utilisait des circuits oscillants pour engendrer des signaux électriques qui, une fois correctement filtrés arrivaient à se rapprocher, plus ou moins fidèlement, des sons d'un orgue à tuyaux. Mais contrairement à tous les autres orgues analogiques que j'ai pu voir, qui n'avaient que quelques circuits oscillants dont les signaux étaient ensuite divisés et filtrés pour reproduire les différentes fréquences des notes et les timbres des jeux, le mien avait un générateur d'ondes par tuyau! Vous imaginez le monstre!



C'était donc une grosse armoire remplie à craquer de cartes portant les circuits oscillants (une carte par note), avec des résistances ajustables permettant d'accorder chaque "tuyau" et de l'harmoniser (c'est à dire d'équilibrer sa puissance par rapport aux autres).



Une batterie de filtres (un par jeu) achevait de donner leur timbre aux sons, de simuler les attaques et d'y ajouter un peu de souffle pour imiter la soufflerie d'un orgue réel.



Une grande carte, enfin, assurait (du moins je suppose) les "reprises" des mixtures, comme dans un orgue normal.


l'endroit et l'envers

L'intérêt d'un tel dispositif était d'avoir pour chaque tuyau un son bien individualisé, jamais strictement accordé (comme c'est le cas pour les autres orgues analogiques) et donc de compenser le côté "fabriqué" des sons par une grande variété de timbres et des "battements" comme dans un orgue réel. Et je dois dire que le résultat était assez bluffant; du moins à l'époque. Mais les attaques étaient peu réalistes et ça manquait cruellement de réverbération. Je lui avais bien ajouté une réverbération à ressorts, mais ça avait un côté franchement artificiel.
Tout cela aurait été parfait si ces résistances ajustables, sous l'effet des vibrations, ne se déréglaient pas continuellement. Il fallait donc régulièrement accorder l'instrument, délicatement avec un petit tournevis, tuyau par tuyau, sinon il devenait rapidement faux. Outre le travail que cela représentait, il faut savoir que les résistances ajustables sont très fragiles et ne sont pas conçues, en principe, pour être tripotées régulièrement. Même en tentant de les bloquer avec un verni, elles continuaient à bouger et à s'abîmer à chaque séance d'accordage.

L'ensemble des "jeux"
Détail d'une "note"

L'orgue a donc fini par tomber en panne, à plusieurs reprises. Des résistances ont été remplacées, mais les réparations devenaient de plus en plus problématiques. Plus personne ne voulait y toucher. En 2002 le prestant de 4 pieds, déséquilibré, est devenu définitivement muet et en 2004 c'est tout l'instrument qui s'est tu, après une panne de l'alimentation.

Découverte de Hauptwerk

Ce gros instrument restait là, à me narguer, trop lourd pour pouvoir être facilement évacué de la pièce au deuxième étage de la maison où il avait été hissé à grande peine et définitivement muet... du moins je le croyais. Car en 2005, en fouinant sur le web, j'ai fait une fantastique découverte: le logiciel Hauptwerk. Ce programme, qui à présent fonctionne aussi bien sous MacOS que sous Windows, permet en effet l'exploitation, à l'aide de claviers à la norme MIDI, de banques de sons numérisés d'orgues à tuyaux réels, avec une qualité de reproduction qui égale, et même dépasse souvent, celle des meilleurs enregistrements sur CD.


Pour en avoir le cœur net, j'ai fait venir une version de démo du logiciel (qui est fournie avec une banque de sons, d'un orgue symphonique anglais des environs de Birmingham) et l'ai testé avec un petit clavier MIDI bas de gamme que je possédais déjà (Keystation 49 chez M-Audio). J'ai été enthousiasmé. Il est bien évident que des sons d'un orgue réel, enregistrés soigneusement tuyau par tuyau, dans l'ambiance de l'église, avec tous les bruits annexes et la réverbération naturelle des lieux, sont autrement plus réalistes que des sons fabriqués électroniquement, quelle que soit la technique utilisée. Le logiciel Hauptwerk, de plus, sait gérer très finement un grand nombre de paramètres, tels que des boucles et échantillons multiples pour varier aléatoirement la sonorité des notes et tenir compte de la vélocité pour les attaques et lâchés, les résonances internes des tuyaux non utilisés ou encore les minimes fluctuations du son engendrées par les variations de la pression de l'air en fonction de l'utilisation de la soufflerie. Il permet également la modification à la volée de l'accord et/ou du tempérament de l'instrument (l'écoute d'un instrument ancien avec son accord et son tempérament historique est une expérience très enrichissante).

Ce logiciel a été créé en 2002 par le britannique et gallois Martin Dyde qui l'a distribué au sein de sa société Crumhorn Labs Ltd à partir de 2006. Martin Dyde l'a ensuite cédé en 2008 au tout jeune éditeur américain Brett-Milan, qui venait d'achever ses études de piano et d'orgues et avait fondé en 2002 la société Milan-Digital-Audio (MDA) pour exploiter, puis développer ce logiciel. Entièrement ré-écrit pour MDA qui en a changé la présentation et y a ajouté de nombreuses fonctions qui en facilitent l'utilisation, Hauptwerk était disponible en télé-chargement sur le site, pour Windows et pour macOS. Les versions pour Mac antérieures à Hauptwerk V ne sont toutefois plus compatible avec la récente version de MacOS 10.15.1 Catalina (sauf à y apporter quelques modifications). Hauptwerk V par contre est compatible Catalina et suivants.

Il ne m'a pas fallu longtemps pour acquérir la version complète du programme (en fait un dongle-clef USB qui supprime le léger bruit de triangle, discret mais bien présent tout de même, placé en arrière plan dans la version de démonstration et qui s'y fait entendre toutes les 5 secondes environ). Hauptwerk ne coûtait d'ailleurs pas une fortune: son prix était à l'époque très raisonnable (il a bien augmenté depuis lors, hélas). Je me suis aussitôt jeté sur les quelques banques de sons gratuites, d'orgue et de clavecin, que l'on trouve assez facilement en téléchargement (voir la page 3 de ce site).

Hauptwerk 4 qui a succédé proposait trois options au lancement si le dongle contenant la licence du logiciel n'est pas en place: deux version complètes d'évaluation (de base et étendue, avec ce léger tintement de triangle en arrière-plan, toutes les 5 secondes environ) et une version gratuite délivrée de cet irritant bruit. Cette version gratuite, conçue à des fins publicitaires, était identique à la version de base de Hauptwerk, avec toutes ses fonctions, mais avec une polyphonie limitée à 256 "tuyaux" parlant simultanément (en comprenant tous ceux qui ne sont plus joués, mais résonnent encore) et elle ne pouvait charger que des banques de sons qui, une fois installées, n'occupent pas plus de 1,5 Go de mémoire vive et ne sont pas protégées par un appel au dongle ou par une licence. Cela permettait tout de même, sans bourse délier, d'au moins tester Hauptwerk avec pas mal de petits instruments et de nombreuses banques de sons, gratuites ou non; cela d'autant plus que Hauptwerk étant d'une souplesse infinie, il permet de choisir les jeux à charger, la profondeur des échantillons (en bits), le nombre de boucles ou lâchés à prendre en compte, etc. En fin de comptes, en tâtonnant un peu et quitte à quelques sacrifices, on arrive pratiquement à charger dans sa version gratuite de Hauptwerk 4 bien des banques de sons non protégées et de taille moyenne.

Je signale, à toutes fins utiles et bien que cela ne soit pas indiqué dans le manuel de l'utilisateur de Hauptwerk, que j'ai pu sans mal installer Hauptwerk 4.2.1sur un PC (sous Windows 7 Home Premium 32 bits) n'ayant seulement que 3 Go de mémoire. L'orgue de Ste Anne Moseley, chargé en 16 bits s'est ouvert en entier (de justesse) dans la version d'évaluation gratuite, ainsi qu'une vingtaine de petites banques de sons (la plupart gratuites). C'est donc une solution possible envisageable (quoique non recommandée) pour les vraiment tout petits budgets ou les configurations nomades.

En août 2014, une nouvelle version 4.1 de Hauptwerk (en fait une mise-à-jour gratuite) est sortie, qui corrigeait certains bugs mineurs et dont certaines partie ont été ré-écrites pour être plus rapides et plus efficaces.
Il est vite apparu que cette version 4.1 de Hauptwerk était sorti un peu trop vite et comportait de nombreux bugs et des limitations, qui ont fait réagir assez vivement les utilisateurs les plus exigeants (essentiellement une politique de licence, d'utilisation gratuite mais à renouveler tous les 90 jours). La société MDA s'est donc empressée de se remettre à l'ouvrage et dans la foulée, a sorti le 24 septembre 2014 une mise-à-jour en version 4.1.1 qui, sans rien changer pour l'utilisateur était nettement plus stable et plus fiable dans toutes les conditions, même extrêmes. Dans la foulée j'ai repris la traduction que j'avais faite du Guide de l'utilisateur (très peu de changements en fait) et en ai profité pour y faire quelques corrections et améliorations, en réponse à des remarques de mes lecteurs. Cette nouvelle traduction a été mise en ligne par l'éditeur de Hauptwerk, sur son forum US, à la rubrique "Technical support".

Puis on est passé à la version 4.2.1 (également traduite et que j'ai moi-même mise en ligne étant donné que cela ne paraissait absolument pas intéresser les éditeurs de Hauptwerk. Cette version 4.2.1 n'est plus disponible et est devenue introuvable. Elle a été remplacé en décembre 2019 par une nouvelle version Hauptwerk V.

Outre la version d'évaluation de Hauptwerk 4.2.1, il existait deux versions payantes de Hauptwerk (avec une assez forte différence de prix) et il valait mieux évaluer ses besoins avant d'acheter (même si une mise à jour ultérieure était toujours possible). Toutes deux exigeaient le dongle (une sorte de clef USB) et permettent le chargement de banques de sons en 24 bits (contre 16 bits seulement pour la version gratuite). Elles disposaient d'un support technique et étaient vendues sur DVD (le logiciel étant par ailleurs exactement le même que celui pouvant être téléchargé). Soit:

- la version de base:
- la version étendue:
Depuis la version 4.2.1 de Hauptwerk, le logiciel n'avait plus évolué. Cela faisait tout de même plus de 6 ans et de nombreux utilisateurs réclamaient une nouvelle version ou, à tout le moins, la correction et l'ajout de quelques fonctions qui sont apparues souhaitables, voire indispensables, au fur et à mesure que les banques de sons devenaient de plus en plus complexes. Les éditeurs souhaitaient également une meilleure protection des banques de sons sous licence, qui commençaient à être largement piratées. Brett Milan restait désespérément muet quant aux possibilités d'évolution de son logiciel. Tout au plus avait t-il rassuré quelques éditeurs de banques de sons qui s'étaient mis en grève, début 2019, en leur disant qu'un meilleur système de protection contre le piratage était à l'étude. Il est vrai que Brett s'est fiancé en janvier 2019 et qu'on ne peut courir deux lièvres à la fois... Tous nos vœux aux futurs époux et longue vie à Hauptwerk.

Et soudain, en novembre 2019, une version Hauptwerk 5 (ou plus exactement Hauptwerk V) est sortie et présentée dans une notice que j'ai traduite de mon mieux en français. Peu de changements en fait par rapport à la version 4.2.1. Les changements significatifs sont:


- utilisation d'un nouveau système de protection des banques de sons sous licence, que MDA a sous-traité à la société iLok. Cela implique une inscription (gratuite) chez iLok et l'achat d'un dongle iLok. Lors de l'installation d'Hauptwerk V l'ancien dongle sera effacé et deviendra inutilisable. La licence Hauptwerk sera automatiquement transférée dans le dongle iLok ainsi que les licences achetées une fois le logiciel iLok Licence Manager installé sur votre disque dur et votre compte iLok activé. Ne mettez toutefois pas l'ancien dongle à la poubelle car il reste reconnu par HW4 ce qui permet encore d'ouvrir un certain nombre de banques de sons cryptées passant dans la version d'évaluation gratuite.

- disparition de la version d'Évaluation gratuite, et de son fameux triangle. Il n'est plus proposé que deux versions payantes: Lite et Avancée. La version Avancée  peut être soit achetée, soit accessible par abonnement (mensuel ou annuel) avec mises à jours automatiques pour toute la durée de l'abonnement. La version Lite n'est proposée que par abonnement. Ce système d'abonnement est assez contraignant car il nécessite une connexion permanente à internet. Il s'avère également assez rapidement plus couteux qu'un achat. Il sera toutefois possible, après ouverture d'un compte iLok, d'installer la version Lite qui fonctionnera en mode Évaluation, sans aucune restriction ni son de triangle pendant 14 jours avant de nécessiter un achat ou un abonnement pour pouvoir continuer à fonctionner.
- ajout d'un puissant et et très efficace système de réverbération artificielle.
- ajout d'une table mixage dont l'utilisation  est assez semblable à celle d'une table de mixage de studio.

- Augmentation de la polyphonie (pour la version Avancée uniquement).

- Dans les deux versions, aucune limitation de mémoire pour le chargement d'une banque de sons (à part la quantité de mémoire vive embarquée dans votre ordinateur)

- Toutes les banques de sons cryptées, même celles sans licence, devront être adaptées par les éditeurs et ré-installées pour pouvoir être ouvertes par Hauptwerk V.

Il est intéressant de savoir que le dongle Hauptwerk ou iLok est totalement indépendant du matériel utilisé. Il est unique, mais peut passer sans encombre d'un ordinateur à un autre (voire d'un PC à un Mac) et se trouve immédiatement opérationnel pour peu que son pilote ait été installé (uniquement pour Hauptwerk 4). C'est également le support de la licence des banques de sons protégées. Il est aussi intéressant de savoir qu'il n'existe qu'une seule et unique version du logiciel (celle mise en téléchargement) et que c'est donc la présence, ou non, du dongle et de la licence qui y est inscrite qui fait la différence.

Onze mois à peine après Hauptwerk V voici que nous arrive Hauptwerk VI, sans prévenir. L'existence de cette nouvelle version semble être, à première vue, plus opportuniste que nécessaire car les améliorations promises paraissent bien maigres et relever plus de détails d'ergonomie que de besoins réels. Mais elle permet à MDA de faire une opération commerciale puisqu'il était prévu de ne pas faire payer les mises à jour mineures (il n'y a jamais eu de réelle mise à jour de Hauptwerk V). Seul point positif, les banques de sons cryptées écrites pour Hauptwerk V restent utilisables par Hauptwerk VI. Le passage d'une version à l'autre exige toutefois la reconstruction de tous les caches; ce qui peut être fastidieux si on en a beaucoup.
Après quelques semaines d'utilisation, force est toutefois de reconnaître que si les changements apportés ne sont pas spectaculaires, il y a certainement eu de la part du programmeur un important travail de réécriture dont le plus gros reste transparent pour l'utilisateur. L'ajout le plus spectaculaire et celui du passage possible à une fréquence de 96 kHz, par interpolation des échantillons enregistrés nativement en 48 kHz. C'est au prix d'une forte charge du processeur (qui doit être puissant et moderne) et d'une perte de polyphonie. Mais pour ceux qui sont équipés pour se servir de cette option, le résultat obtenu est spectaculaire, tant l'ajout d'harmoniques donne du timbre aux basses et apporte de la clarté aux aigus. Un aussi beau travail de programmation que celui qui avait été fait pour HW 5 pour l'ajout de réverbération artificielle.
Pour le reste, le plus visible est un nouveau menu de favoris qui passent de 32 à 64, avec des possibilités de ré-organisation malheureusement un peu compliquées à mettre en œuvre, ainsi que des options (encore plus complexes) permettant de stocker, gérer et rappeler jusqu'à 1000 combinaisons. Cela passe par de nouveaux menus et de nouvelles palettes, grandes et petites. La lecture de la notice de présentation (Release Notice) nous apprend également qu'un assez grand nombre de bugs (peu courants) ont été corrigés et que diverses options de réglages par défaut ont été revues; mais il faut regarder de très près pour le constater.

Hauptwerk à partir de la version 4.1 a également été prévu pour accepter directement le Novation Launchpad et le configurer aisément. De quoi s'agit-il? Comme on le voit sur la photo ci-après il s'agit d'un boîtier plat (24 x  24) équipé sur le dessus d'un damier de 64 boutons mécaniques et, sur le côté, de 16 boutons ronds de fonction. Aussitôt branché sur une prise USB de votre ordinateur, il est alimenté et reconnu automatiquement par Hauptwerk, sans nécessiter de pilote spécifique. Chacun des boutons peut être affecté, très simplement, à une commande de Hauptwerk relative à une banque de sons donnée (tirage d'un jeu, d'un accouplement, d'une combinaison préparée de jeux ou tout ce que vous voudrez) et s'éclairer d'une couleur choisie dans une palette de 5 (une version plus coûteuse propose une palette de couleurs plus étendue). Pour cela il suffit de faire un clic-droit à l'écran sur la commande à utiliser, choisir le bouton et sa couleur, cliquer sur "Done"  et le tour est joué une fois pour toute, pour cette banque de sons. Cet engin, d'un coût abordable et qui semble robuste, remplace avantageusement un écran tactile, qui reste assez coûteux. Il en existe aussi un version 'mini' moins chère, identique mais plus petite: 18,5 x 18,5. Il est certes moins facile de s'y retrouver que sur un écran tactile (qui garde ses partisans) puisque les boutons ne comportent aucun texte (certains font usage de caches amovibles en papier transparent), mais ses possibilités sont plus grandes que celles d'un écran tactile dont la présentation, fixée par le concepteur de chaque banque de son, ne convient pas toujours à tout le monde et peut cacher certaines choses que l'on estime être indispensables. Le launchpad s'avère particulièrement pratique avec les démos limités à quelques jeux mais dont la console affiche la totalité des jeux de la version complète: sur le launchpad on ne conserve en effet que les jeux réellement actifs. Un peu de rigueur et de méthode dans le choix des boutons et des couleurs permet d'ailleurs vite de s'y retrouver; ensuite c'est une question d'habitude, comme sur certains orgues à tuyaux dont la disposition des jeux laisse rêveur. Vous avez vu celle de l'orgue de Haringe, reproduit plus loin sur cette page, avec certains jeux placés si bas que la main ne peut les atteindre? ou encore Smecno qui a les jeux du positif dans le dos de l'organiste! ou vice-versa comme sur cette photo)




Pour qui ne souhaite pas, ou ne veut pas, faire l'acquisition de ce matériel, le logiciel Hauptwerk propose tout de même une alternative peu connue mais particulièrement intéressante et gratuite; celle d'utiliser le clavier USB de son ordinateur exactement de la même façon que le launchpad. Le paramétrage est le même et, comme pour le launchpad, vos configurations de clavier seront chargées automatiquement avec chaque banque de sons. La version 4.0 ne permettait l'utilisation que des lettres du clavier, mais depuis la version 4.1 il est possible de programmer toutes les touches, y compris celles du pavé numérique, ce qui autorise tout de même le stockage de pas mal de jeux ou combinaisons. J'ai toutefois noté que seuls les claviers USB filaires étaient reconnus et non les claviers sans fil. Pour ceux dont l'écran d'ordinateur est assez loin des claviers, ce dispositif est précieux (éventuellement en utilisant une rallonge de câble USB). Certains achètent même un second clavier USB entièrement dédié aux commandes de Hauptwerk: solution très économique.

Je signale un petit utilitaire astucieux. Il s'agit de DuetDisplay pour iOS. Cela se trouve sous ce lien ou dans App Store et ça vaut moins de 8 €. Une fois installé et lancé sur votre iPad et le petit pilote (gratuit, également sur le site) installé sur le mac ou le PC, il suffit de brancher l'iPad sur une prise USB de votre ordinateur au moyen du cordon d'alimentation standard, pour qu'il se comporte comme un petit écran tactile supplémentaire, pouvant être positionné à votre gré au moyen de la Préférence Système "Moniteurs" (au moins pour le mac, pour les PC je ne sais pas mais ça doit être à peu près la même chose). Bien entendu il faut avoir de bons yeux et des petits doigts mais c'est très réactif et ça fonctionne bien. Jugez-en vous même avec la banque de sons de Ménestérol sur mon iPad Mini (un ipad standard aurait été mieux). Parfait et pas cher pour les petites banques de sons bien présentées, avec de gros boutons, ou encore pour une utilisation nomade.




Ma première console

Maintenant, un seul clavier ne me suffisait plus. Je lui ai rapidement donné un petit frère, identique, acheté sur l'Apple Store, que j'ai placé sur une petit étagère bricolée (un peu trop vite) par moi, avec un pupitre pour les partitions (je n'ai aucun talent d'ébéniste, n'ai guère fait d'efforts car j'étais pressé et reconnais que c'est assez moche). Puis, il fallait bien, je me suis acheté un petit pédalier droit MIDI de 27 marches, de marque Hoffrichter, à la société EMA qui est le correspondant Hauptwerk en France. J'ai dû l'attendre plus de 2 mois: ils sont faits, je suppose, à la demande et l'importateur travaille un peu à la petite semaine; mais bon... j'en suis pleinement satisfait: doux au toucher, robuste et agréable à jouer.  Un infâme bricolage à partir des restes d'une vieille armoire a donné un semblant de console, pour poser le tout et un banc, limite périlleux mais qui supporte ma précieuse personne.


À présent, à moi les joies de l'orgue.


Bien vite, les banques de sons gratuites ne m'ont pas satisfait pleinement, même si certaines d'entre-elles, destinées à servir de produit d'appel et de démonstration de savoir-faire, sont particulièrement soignées. Mais les instruments enregistrés sont souvent de petites taille et il arrive (de moins en moins souvent d'ailleurs) que la qualité de la numérisation ne soit pas idéale (une seule boucle par son) ou limitée (un seul échantillon pour plusieurs notes), ou encore que la réverbération ait été coupée ou pas enregistrée, pour gagner de la place en mémoire ou toute autre raison (comme la possibilité d'utilisation dans un lieu déjà réverbérant naturellement). J'ai donc été piocher dans le catalogue des banques de sons commerciales, qui s'étoffe de mois en mois, afin de trouver les instruments qui me convenaient le mieux sans trop grever mon budget. Car il y a de tout et à tous les prix, les plus chers n'étant pas nécessairement les plus beaux. Heureusement que ces banques de sons ont fait l'objet de très nombreux enregistrements, qui permettent de se faire une idée avant d'acheter. On trouve ces démos sur le sites des éditeurs mais surtout sur les sites très spécialisés de PCOrgan ou de Contrebombarde, ainsi que sur le récent site de Wolfram Syré, alias Contrabaixon, consacrés uniquement aux banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk: de vraies mines d'or! Toutes ces démos sont en MP3 (parfois .waw) et librement téléchargeables. Une astuce pour retrouver quelque chose sur Contrebombarde: allez sous l'onglet "Browse". Vous allez y trouver, classées par date, les démos les plus récentes et, sur la même page, un champ de recherche par instrument (ou lieux). Ne négligez pas non plus YouTube.

Très vite il m'a fallu tenir compte de la dure réalité des choses: à savoir que le logiciel Hauptwerk chargeant dans la mémoire de l'ordinateur la totalité de chaque banque de sons (les disques durs actuels ne sont pas encore assez rapides), il faut beaucoup de mémoire pour accéder à certains instruments. J'ai donc aussi acheté de la mémoire, puis regretté que mon ordinateur soit limité à 4 Go car cela m'interdisait l'accès à certains gros instruments, bien tentants mais qui exigent beaucoup plus (sauf à renoncer à certains jeux ou à certaines boucles). Allez, ça forçait à rester raisonnable! J'ai ensuite changé d'ordinateur pour un iMac doté de 8 Go de mémoire vive, ce qui me permet enfin de charger de plus grosses banques de sons dans toute leur splendeur. La sortie, toutefois, de la version 4 de Hauptwerk, laquelle occupe environ 500 Mo de RAM en plus, a remis un peu en cause tout cela et certaines de mes plus belles banques de sons commençaient à se trouver bien à l'étroit. Mais cette version 4, entièrement ré-écrite et dont la présentation a été totalement refaite, apporte tant d'améliorations qu'elle s'impose naturellement. Voilà pourquoi j'ai donc fini par craquer et passer la mémoire de mon iMac à 16 Go, ce qui me permet de charger presque toutes mes banques de son en 24 bits. Bien entendu, tout cela supposait que je possède la version étendue de Hauptwerk puisque, comme je l'explique plus haut, la version de base est limitée à 3 Go utilisables. La mise à jour m'a été offerte par Martin Dyde, le créateur de Hauptwerk, en remerciement des traductions que j'avais faites de son site web. Je l'en remercie vivement.

La profondeur de l'échantillonnage a en effet de l'importance: plus elle est élevée et plus la restitution est fidèle et précise. Hauptwerk permet 4 types de chargements et même un panachage jeu par jeu:

- 14 bits (recalculés): c'est le minimum, faute de mieux, mais ça peut sauver la mise ou encore gagner quelques Go en réservant cette profondeur à des jeux secondaires, comme les bruits de mécanisme, de soufflerie ou aux jeux les plus graves du pédalier pour lesquels cela a moins d'importance et peuvent même à la rigueur être chargés en mono (Hauptwerk, de toutes façons, va recalculer automatiquement la stéréo, selon une disposition dans le buffet adoptée par la plupart des facteurs d'orgue);
- 16 bits: c'est la proposition par défaut lors d'une installation et le résultat est en général assez plaisant. C'est aussi la profondeur maximum autorisée par la version gratuite de Hauptwerk. À titre indicatif, tous les CDs de musique du commerce sont en 16 bits.
- 20 bits (recalculés): cela apporte tout de suite beaucoup plus de réalisme à l'orgue. L'éditeur de Hauptwerk recommande même de charger en 20 bits les banques de sons uniquement proposées en 16 bits, à chaque fois que la mémoire ou la banque de sons l'autorise, afin d'obtenir des sons plus purs.
- 24 bits (recalculés ou non): une oreille un peu exercée entend tout de suite la différence et l'orgue y gagne un réel supplément d'âme.

Cela vaut donc la peine de prendre son temps et de tester plusieurs (très longs) chargements successifs afin de déterminer lequel utilisera au mieux votre mémoire. Il suffit parfois de peu de choses pour passer. Il arrive aussi (en particulier chez Sonus Paradisi) que certains jeux soient enregistrés sur deux voies séparées (gauche et droite); il n'est dans ce cas guère utile d'encombrer la mémoire en les chargeant en stéréo. Aussi, si on ne dispose pas d'un équipement surround, le chargement des voies arrières (rear) est inutile, voire parfois déconseillé. Mais des essais sont conseillés car même sur une installation stéréo un chargement des voies arrières, si la mémoire l'autorise, peut apporter beaucoup d'ampleur et de réalisme à un instrument (c'est presque toujours le cas chez Augustine ou chez Sygsoft).

Je me trouve donc à présent à la console d'un certain nombre d'orgues, souvent historiques et parfois prestigieuses qui sonnent remarquablement, avec un réalisme tel qu'il est parfois difficile de ne pas se croire à la tribune même de l'instrument (c'est du moins ce que m'a affirmé un ami organiste à qui je faisais tester la banque de sons du beau Cavaillé-Coll de Metz).

L'édition de nouvelles banques de sons est d'ailleurs en constante progression et leur qualité s'améliore régulièrement (quitte à devenir parfois des monstres en ce qui concerne la place nécessaire en mémoire). Il est intéressant de noter que, contrairement aux orgues électroniques que l'on trouve tout faits dans le commerce et qui sont plus ou moins l'œuvre de techniciens, les banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk sont toutes dues à des organistes professionnels ou à des amateurs éclairés, très exigeants sur leur instrument et à l'oreille impitoyable. Les critiques des utilisateurs, sur le forum (en anglais) du site de Hauptwerk ne sont pas moins directes et souvent très "pointues". Et le forum français a de plus en plus de participants. On trouve aussi de nombreuses indications intéressantes sur le forum de l'Orgue Libre, dont le ton effectivement très libre et souvent passionné est toujours très rafraîchissant, mais qui semble un peu délaissé depuis quelque temps.

Il est aussi remarquable que ces numérisations permettent de sortir des sentiers battus et des orgues passe-partout. Elles sont l'occasion de garder une trace aussi fidèle que possible, en leur état actuel, d'instruments rares et originaux, ou encore en péril, qu'aucun constructeur d'orgues électroniques ne s'aviserait de vouloir reproduire, faute de débouchés commerciaux. On a même vu produire des banques de sons d'orgues devenus parfaitement injouables mais dont une bonne partie des tuyaux était encore capable d'émettre un son à peu près correct, pour peu qu'on sache le leur demander gentiment, note par note. Nous nous trouvons ainsi en présence d'instruments dont les sonorités ont été reconstituées et qui peuvent être joués par Hauptwerk, à défaut de l'être dans la réalité. Souvent, aussi, une partie du produit de la vente de banques de sons est reversée à des organismes chargés du sauvetage ou de l'entretien des orgues en question. Au moins cela donne bonne conscience.

Pour les moins fortunés ou les allergiques, par principe, à Hauptwerk

- Pour les "radins" et les bidouilleurs, je signale également le logiciel libre et gratuit GrandOrgue (pour Windows et Mac OS X). À l'origine ce logiciel se nommait MyOrgan et a été assez controversé car c'était pratiquement une copie de la version 1 de Hauptwerk (qui n'est plus commercialisée maintenant et est même devenu introuvable). Il utilisait les mêmes banques de sons en 16 bits que Hauptwerk 1 (ce ne sont pas toujours les meilleures mais certaines sont très honorables et beaucoup sont gratuites ou peu coûteuses). La présentation était assez spartiate mais il offrait, en gros, les mêmes fonctions que Hauptwerk 1 avec un encombrement en mémoire un peu plus faible. Comme il ne stockait pas les caches de ses banques de sons sur le disque dur (comme le fait Hauptwerk), un petit disque dur convenait parfaitement, mais le chargement était plus long.  L'auteur de MyOrgan, qui cherchait semble-t-il à apaiser sa conscience... ou était menacé de poursuites, a vendu son produit à MDA. Il est devenu introuvable mais je l'ai retrouvé archivé sur un coin de mon disque dur: pour les curieux et les archéologues.

Le logiciel étant toutefois un logiciel libre, il a été repris par d'autre programmeurs plus prudents et des versions plus abouties sont sorties sous le nom de GrandOrgue, copie assez fidèle de la version 2 de Hauptwerk  mais moins compatible. Il peut charger quelques banques de sons gratuites et bien faites prévues pour des versions 2, 3 ou 4 de Hauptwerk (moyennant la ré-écriture de leur ODF), avec création de caches et prise en compte des lâchés multiples. Quelques vieilles banques de sons au format HW 1 sont même acceptées directement par GrandOrgue (elles deviennent rares...). Attention plusieurs banques de sons de ce site s'installent par le biais d'un fichier .exe et sont donc prévus pour Windows, mais rien n'empêche de les récupérer sur un support externe, un fois installés sous Windows, pour les utiliser sous MacOS. Je me dois toutefois de signaler que la version 2 Mac de ce logiciel est passablement buguée et, d'après ce que l'on m'a dit, inférieure à la version pour Windows; elle n'est plus compatible avec macOS Catalina et suivants. La version 3 de GrandOrgue, beaucoup plus aboutie, est par contre acceptée par macOS Catalina, mais ne l'est plus du tout par les versions antérieures de macOS.

Cela peut être une alternative intéressante, mais Hauptwerk (si on fait abstraction de son prix très "américain") donne tout de même de meilleurs résultats, à mon avis; surtout avec les banques de sons les plus récentes et - c'est très important - possède un bibliothèque autrement plus fournie. Également, la gestion des panneaux de GrandOrgue est tellement peu intuitive qu'elle relève en très grande partie de l'énigme pure et simple (c'est un utilisateur passionné qui me l'a avoué). Toutefois des tutoriels sont dispo ici. Les réglages de GrandOrgue, bien qu'en français, sont en effet moins évidents que ceux de Hauptwerk, même s'il lui emprunte à présent le si pratique clic-droit pour le paramétrage MIDI des claviers/pédalier. GrandOrgue prend donc maintenant en charge la réverbération à convolution et de nombreux fichiers "Impulse response" sont dispo ici. Le support de GrandOrgue n'est toutefois assuré que par les forums spécialisés. En outre - et je l'ai moi-même expérimenté - une moins bonne gestion de la mémoire vive et de la compression des données, fait que GrandOrgue a souvent besoin de plus de mémoire que Hauptwerk, pour des banques de sons identiques, voire moins grosses: bien des instruments pouvant être chargés sans encombre dans les 1,5 Go autorisés par Hauptwerk gratuit deviennent inutilisables, sous GrandOrgue, avec un mac équipé de 4 Go de RAM, faute de mémoire (j'ignore ce qu'il en est pour Windows). Aux dernières nouvelles, le développement de ce logiciel a été repris par Denis Roussel, Oleg Samarin et Lars Palo au sein du groupe GitHub. Une affaire à suivre de près.

L'examen attentif des plus anciennes banques de sons banques de sons proposées pour GrandOrgue (en particulier celles proposées sous ce lien) révèle que chaque jeu se compose parfois d'un nombre très limité d'échantillons: en général 6 par jeu au clavier et 4 par jeu au pédalier, voire moins que cela. Tout le reste est recalculé par interpolation. On est très loin des banques de sons pour Hauptwerk qui, sauf rares exceptions, comportent au minimum un échantillon par tuyau (donc 61 par jeu de clavier et au moins 30 par jeu de pédalier). Les banques Hauptwerk les plus abouties peuvent même avoir 3 échantillons, voire plus, par tuyau afin de différencier les attaques et les lâchés. Même si dans la polyphonie cette pauvreté de certaines banques de sons pour GrandOrgue peut passer plus ou moins inaperçue, il suffit de monter une gamme pour entendre très nettement les reprises des échantillons.


Une de ces anciennes banques de sons, celle dite Clicquot II , pour GrandOrgue
(agréable, bien faite, mais très sèche)

Les banques de sons dérivées de banques gratuites pour Hauptwerk sont cependant mieux loties. Celles de Piotr Grabowski en particulier sont, mis à part un affichage plus simple (GrandOrgue gère mal l'affichage vectoriel), identiques en qualité avec les versions pour Hauptwerk et, il  faut le dire, les plus récentes d'entre elles étaient même d'une qualité exceptionnelle. Les versions GrandOrgue de ses premiers instruments gratuits ne semblent  pas évidentes à trouver, mais si on demande en fait le téléchargement d'un de ces orgues, on reçoit automatiquement les liens pour les deux versions (HW et GrandOrgue). Depuis le 8 juin 2020 il propose à se clients des ODFs pour GrandOrgue des banques de sons d'Oloron-Sainte-Marie, Erfurt-Bußleben , Bégard et Saint-Jean-de-Luz. et semble bien décidé à continuer pour les suivantes Comme quoi tout le monde peut changer d'avis. Cela se trouve en téléchargement sur cette page et ça fonctionne aussi bien pour les démos que pour les versions complètes, qu'il est donc nécessaire d'avoir achetées préalablement (pour celles qui sont payantes). Une petite vidéo explique la marche à suivre. Les ODFs sont proposés au format .rar à décompacter, sous plusieurs variantes en fonction du tempérament et de la taille de l'écran.
Il en est de même pour celles de Maltese Historic Pipe Organs (envoyées sur demande
), ainsi que pour toute la production de Casacota dont le très beau Grenzing de l'école de musique de Barcelone. ou celles figurant sur cette autre page. À considérer également le petit orgue de salon d'Onderhorst. (uniquement sur requête auprès de l'éditeur) et tous les clavecins de Soni Musicae.

J'ai découvert récemment le site allemand de BinauralPipes qui propose plusieurs bonnes banques de sons gratuites, mais uniquement pour le logiciel GrandOrgue (l'éditeur s'oppose catégoriquement à tout portage sur un autre logiciel, et particulièrement sur Hauptwerk dont il désapprouve la politique commerciale; ce qui est fort regrettable pour les utilisateurs de Hauptwerk).


l'orgue d'Othfresen


l'orgue de Lochtum


L'orgue Sauer de Villa Seligmann


l'orgue d'Iba


l'orgue d'Obersuhl
D'autres sont en préparation. Un éditeur à suivre.

Découvert un peu par hasard sur YouTube, l'orgue de l'abbaye St Pierre et St Paul à Solignac dont une vidéo de la banque de sons pour GrandOrgue avait été publiée par son éditeur Sebastian Halas. Je lui en ai fait la demande et il me l'a fort gentiment envoyée. Cet orgue de 8 jeux de style français et d'un facteur inconnu probablement du début du XVIIè siècle, se trouvait dans un couvent des oblats de la région de Liège. Il a été donné en 1945 à l'abbaye de Solignac et très respectueusement restauré (avec ajout d'une belle voix-humaine). Une banque de sons soignée, bien présentée, d'un des très rares petits orgues anciens français à un clavier rescapés de la Révolution et des "améliorations" du XIXè siècle. Augustine, avec l'accord de Sébastian Halas en a fait le portage sur Hauptwerk.