Mes orgues

L'heure de la retraite ayant sonné et comme il faut bien s'occuper à quelque chose, j'ai décidé de me remettre à l'orgue.


J'avais appris le piano dans mon jeune temps, au conservatoire municipal de Vannes d'abord avec Monsieur Frémont comme professeur, puis au conservatoire national de région de Rennes dans la classe de Monsieur Cohen. Mais faute d'avoir continué à travailler, ma technique avait considérablement régressé. Ne me restait guère qu'une certaine facilité à déchiffrer, entretenue régulièrement par des activités au sein d'une chorale.


Tout jeune, j'avais pu utiliser librement l'orgue de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Vannes, grâce à la gentillesse de l'Abbé Nicolas, qui dirigeait la manécanterie de la cathédrale, dont je faisais partie. Puis étant étudiant, un ami organiste m'avait facilité l'accès à l'orgue de l'église St Hélier, à Rennes et m'avait donné quelques leçons; disons plutôt quelques conseils. Cet instrument vénérable ayant fini par rendre l'âme, mes velléités d'organiste en étaient restées là.


En 1969, je me suis offert une très belle épinette, de fabrication allemande, que j'ai eue chez moi pendant longtemps, avant de la revendre, dans une période de vaches maigres et aussi un peu fatigué par ses perpétuelles exigences d'accordage (et je puis vous assurer que si les clavecins se désaccordent aussi vite qu'une guitare, les accorder c'est autrement plus long et compliqué!).


Dans les années 70, la tentation de me remettre à l'orgue m'a pris et j'ai fait l'acquisition d'un orgue électronique dont je tairai la marque, car il ne m'a guère convaincu et qui a rapidement été remplacé par un instrument plus intéressant, qui m'a apporté beaucoup de plaisir. C'était un orgue analogique de marque WOOP (une petite société allemande qui n'a pas du en vendre beaucoup car ils étaient très chers et délicats à entretenir).

Comme tous les instruments analogiques, cet orgue utilisait des circuits oscillants pour engendrer des signaux électriques qui, une fois correctement filtrés arrivaient à se rapprocher, plus ou moins fidèlement, des sons d'un orgue à tuyaux. Mais contrairement à tous les autres orgues analogiques que j'ai pu voir, qui n'avaient que quelques circuits oscillants dont les signaux étaient ensuite divisés pour reproduire les différentes fréquences des notes, le mien avait un générateur d'ondes par tuyau. Vous imaginez le monstre!


C'était donc une grosse armoire remplie à craquer de cartes portant les circuits oscillants (une carte par note), avec des résistances ajustables permettant d'accorder chaque "tuyau" et de l'harmoniser (c'est à dire d'équilibrer sa puissance par rapport aux autres).

Une batterie de filtres (un par jeu) achevait de donner leur timbre aux sons et d'y ajouter un peu de souffle pour simuler la soufflerie d'un orgue réel.

Une grande carte, enfin, assurait les "reprises" des mixtures, comme dans un orgue normal.


L'intérêt d'un tel dispositif était d'avoir pour chaque tuyau un son bien individualisé, jamais strictement accordé (comme c'est le cas pour les autres orgues analogiques) et donc de compenser le côté "fabriqué" des sons par une grande variété de timbres et des "battements" comme dans un orgue réel. Et je dois dire que le résultat était assez bluffant; du moins à l'époque.


Tout cela aurait été parfait si ces résistances ajustables, sous l'effet des vibrations, ne se déréglaient pas continuellement. Il fallait donc régulièrement accorder l'instrument, délicatement avec un petit tournevis, tuyau par tuyau, sinon il devenait rapidement faux. Outre le travail que cela représentait, il faut savoir que les résistances ajustables sont très fragiles et ne sont pas conçues, en principe, pour être ajustées régulièrement. Même en tentant de les bloquer avec un verni, elles continuaient à bouger et à s'abîmer à chaque séance d'accordage.


L'ensemble des "jeux"
Détail d'une "note"

L'orgue a donc fini par tomber en panne, à plusieurs reprises. Des résistances ont été remplacées, mais les réparations devenaient de plus en plus problématiques. Plus personne ne voulait y toucher. En 2002 le prestant de 4 pieds, déséquilibré, est devenu définitivement muet et en 2004 c'est tout l'instrument qui s'est tu, après une panne de l'alimentation.


Ce gros instrument restait là, à me narguer, trop lourd pour pouvoir être facilement évacué de la pièce au deuxième étage de la maison où il avait été hissé à grande peine et définitivement muet... du moins je le croyais.


Car en 2006, en fouinant sur le web, j'ai fait une fantastique découverte: le logiciel Hauptwerk. Ce programme, qui à présent fonctionne aussi bien sous MacOS X que sous Windows (certains affirmement même avoir pu le faire tourner sous Linux Ubuntu), permet en effet l'exploitation, à l'aide de claviers à la norme MIDI, de banques de sons numérisés d'orgues à tuyaux réels, avec une qualité de reproduction qui égale, et même dépasse souvent, celle des meilleurs enregistrements sur CD.


Pour en avoir le cœur net, j'ai fait venir une version de démo du logiciel (qui est fournie avec une belle banque de sons, d'un orgue symphonique anglais des environs de Birmingham) et l'ai testé avec un petit clavier MIDI bas de gamme que je possédais déjà (Keystation 49 chez M-Audio). Et j'ai été enthousiasmé. Il est bien évident que des sons d'un orgue réel, enregistrés soigneusement tuyau par tuyau, dans l'ambiance de l'église, avec tous les bruits annexes et la réverbération naturelle des lieux, sont autrement plus réalistes que des sons fabriqués électroniquement, quelle que soit la technique utilisée. Le logiciel Hauptwerk, de plus, sait gérer très finement un grand nombre de paramètres, tels que des boucles et échantillons multiples pour varier aléatoirement la sonorité des notes et tenir compte de la vélocité pour les attaques et relâchements, ou encore les minimes fluctuations du son engendrées par les variations de la pression de l'air en fonction de l'utilisation de la soufflerie. Il permet également la modification à la volée de l'accord et/ou du tempérament de l'instrument (l'écoute d'un instrument ancien avec son accord et son tempérament historique est une expérience très enrichissante).


Il ne m'a pas fallu longtemps pour acquérir la version complète du programme (en fait un dongle qui supprime le léger bruit d'un métronome, discret mais bien présent tout de même, placé en arrière plan dans la version de démonstration et qui se fait entendre toutes les 5 secondes environ). Hauptwerk ne coûte d'ailleurs pas une fortune: son prix reste très raisonnable. Je me suis aussi jeté sur les quelques banques de son gratuites, d'orgue et de clavecin, que l'on trouve en téléchargement sur le site de Hauptwerk. Depuis la version 3.2.3 du logiciel, il propose trois options au lancement si le dongle n'est pas en place: deux version complètes d'évaluation (de base et étendue, avec le bruit de métronome en arrière-plan) et une version gratuite délivrée de cet irritant bruit. Cette version gratuite, conçue à des fins pubicitaires, est identique à la version de base de Hauptwerk, avec toutes ses fonctions, mais avec une polyphonie limitée à 256 "tuyaux" parlant simultanément et elle ne peut charger que des banques de sons qui, une fois installées, n'occupent pas plus de 1,5 Go de mémoire vive. Cela permet tout de même, sans bourse délier, d'au moins tester Hauptwerk avec de nombreux petits instruments et la plupart des banques de sons gratuites.


Maintenant, un seul clavier ne me suffisait plus. Je lui ai rapidement donné un petit frère, identique, acheté sur le site "création musicale " de l'Apple Store. Puis, il fallait bien, je me suis acheté un petit pédalier MIDI Hoffrichter à la société EMA. J'ai dû l'attendre plus de 2 mois: ils sont faits, je suppose, à la demande et l'importateur travaille un peu à la petite semaine; mais bon...

Un infâme bricolage à partir des restes d'une vieille armoire a donné un semblant de console, pour poser le tout et un banc, limite périlleux mais qui supporte ma précieuse personne.


À présent, à moi les joies de l'orgue.


Bien vite, les banques de sons gratuites ne m'ont pas satisfait pleinement, même si certaines d'entre-elles, destinées à servir de produit d'appel et de démonstration de savoir-faire, sont particulièrement soignées. Mais les instruments enregistrés sont souvent de petites taille et il arrive que la qualité de la numérisation ne soit pas idéale (une seule boucle par son) ou limitée (un seul échantillon pour plusieurs notes), ou encore que la réverbération ait été coupée ou pas enregistrée, pour gagner de la place en mémoire ou toute autre raison (comme la possibilité d'utilisation dans un lieu déjà réverbérant naturellement). J'ai donc été piocher dans le catalogue des banques de sons commerciales, qui s'étoffe de mois en mois, afin de trouver les instruments qui me convenaient le mieux sans trop grever mon budget. Car il y a de tout et à tous les prix, les plus chers n'étant pas nécessairement les plus beaux. Heureusement que ces banques de sons ont fait l'objet de très nombreux enregistrements, qui permettent de se faire une idée avant d'acheter. On trouve ces démos sur le sites des éditeurs mais surtout sur le site très spécialisé de James Pressler, consacré uniquement à la diffusion d'enregistrements d'orgues virtuels avec le logiciel Hauptwerk: une mine d'or! Vous trouverez également d'intéressantes démos sur site hollandais de PCorgan. Enfin la société Hauptwerk a ouvert un site, appelé "contrebombarde" où tout un chacun peut venir déposer ses interprétations. Toutes ces démos sont en MP3 (parfois .waw) et librement téléchargeables.


Très vite il m'a fallu tenir compte de la dure réalité des choses: à savoir que le logiciel Hauptwerk chargeant dans la mémoire de l'ordinateur la totalité de chaque banque de sons, il faut beaucoup de mémoire pour accéder à certains instruments. J'ai donc aussi acheté de la mémoire, puis regretté que mon ordinateur soit limité à 4 Go car cela m'interdisait l'accès à certains gros instruments, bien tentants mais qui exigent beaucoup plus (sauf à renoncer à certains jeux ou à certaines boucles, ce que le logiciel Hauptwerk sait faire avec une grande souplesse). Allez, ça forçait à rester raisonnable! J'ai depuis changé d'ordinateur pour un iMac doté de 8 Go de mémoire vive, ce qui me permet enfin de charger de grosses banques de sons dans toute leur splendeur. La sortie récente, toutefois, de la version 4 de Hauptwerk, laquelle occupe environ 500 Mo de RAM en plus, remet un peu en cause tout cela et certaines de mes plus belles banques de sons commencent à se trouver bien à l'étroit. Mais cette version 4, entièrement ré-écrite et dont la présentation a été totalement refaite, apporte tant d'améliorations qu'elle s'impose naturellement.


Je me trouve donc à présent à la console d'un certain nombre d'orgues, souvent historiques et parfois prestigieuses qui sonnent remarquablement, avec un réalisme tel qu'il est parfois difficile de ne pas se croire à la tribune même de l'instrument (c'est du moins ce que m'a affirmé un ami organiste à qui je faisais tester la banque de sons du beau Cavaillé-Coll de Metz.


L'édition de nouvelles banques de sons est d'ailleurs en constante progression et leur qualité s'améliore régulièrement (quite à devenir parfois des monstres en ce qui concerne la place nécessaire en mémoire). Il est intéressant de noter que, contrairement aux orgues électroniques que l'on trouve tout faits dans le commerce et qui sont plus ou moins l'œuvre de techniciens, les banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk sont toutes dues à des organistes professionnels ou à des amateurs éclairés, très exigeants sur leur instrument et à l'oreille impitoyable. Les critiques des utilisateurs, sur le forum (en anglais) du site de Hauptwerk ne sont pas moins directes et souvent très "pointues".

Il est aussi remarquable que ces numérisations permettent de sortir des sentiers battus et des orgues passe-partout. Elles sont l'occasion de garder une trace aussi fidèle que possible, en leur état actuel, d'instruments rares et originaux, ou encore en péril, qu'aucun constructeur d'orgues électroniques ne s'aviserait de vouloir reproduire, faute de débouchés commerciaux. Souvent, d'ailleurs, une partie du produit de la vente de banques de sons est reversée à des organismes chargés du sauvetage ou de l'entretien des orgues en question. Au moins cela donne bonne conscience.

Pour les "radins", je signale également le logiciel libre et gratuit MyOrgan (uniquement pour Windows). MyOrgan, assez controversé par ailleurs, car c'est pratiquement une copie de la version 1 de Hauptwerk (qui n'est plus commercialisée maintenant) qui utilise les mêmes banques de sons en 16 bits que Hauptwerk 1 (ce ne sont pas toujours les meilleures mais certaines sont très honorables et beaucoup sont gratuites ou peu coûteuses). La présentation est assez spartiate mais il offre, en gros, les mêmes fonctions que Hauptwerk 1 avec un encombrement en mémoire un peu plus faible. Comme il ne stocke pas les caches de ses banques de sons sur le disque dur (comme le fait Hauptwerk), un petit disque dur convient parfaitement, mais le chargement est plus long. MyOrgan peut être une alternative intéressante, mais les versions 2 et 3 de Hauptwerk et les banques de sons créées spécifiquement pour ces versions, donnent tout de même de bien meilleurs résultats; surtout avec les banques de sons les plus récentes. Aux dernières nouvelles, l'auteur de MyOrgan, qui cherchait semble-t-il à appaiser sa conscience, a retiré son produit. Le logiciel étant toutefois un logiciel libre, il a été repris par un autre programmeur, sous le nom de de GrandOrgue et une version plus aboutie, compatible avec Hauptwerk 2 et 3 est envisagée sous le nom de Praelude. Plus de détails ici.

Hauptwerk, depuis sa version 3 pouvant à présent fonctionner en mode gratuit, avec quelques légères limitations, l'usage de logiciels tels que MyOrgan ou GrandOrgue ne se justifient absolument plus; d'autant que les banques de sons au format Hauptwerk 1 devienne de plus en plus difficiles à dénicher.

Restait un problème à résoudre: que faire de l'ancien orgue?


Il était équipé d'un système analogique parfaitement dépassé et, de toutes façons, sans doute impossible à remettre en marche; trop lourd pour être évacué facilement. D'un autre côté, c'était une console solide, avec un banc confortable, deux très beaux claviers en bois massif, de 56 notes, bien équilibrés, très agréables au toucher et un magnifique pédalier de 32 notes; le tout n'étant pas, malheureusement, à la norme MIDI.


J'ai fini par dénicher sur le net une petite société bulgare, Largonet (midi-gadgets-boutique) qui fabrique, à un coût particulièrement compétitif, du matériel électronique MIDI et assure, si nécessaire, une assistance technique aimable et empressée. Et je leur ai commandé de quoi modifier mon ancienne console pour la rendre compatible MIDI. Heureusement, j'ai pu obtenir l'assistance d'Albert, un ami un peu plus compétent que moi car, en ce qui me concerne, le fer à souder...


Dans un premier temps il a fallu sortir la totalité de l'ancienne électronique et la majeure partie du câblage de l'ancien orgue. Il était en effet parfaitement inutile de conserver les nappes de câbles accouplant les claviers entre eux et avec le pédalier, puisque le logiciel Hauptwerk se charge à présent du travail. Ensuite, le raccordement de l'électronique MIDI à la console est, en théorie, assez simple. Mais, les schémas fournis par Midi Boutique étant peu explicites pour des profanes en électronique et plus ou moins simplifiés, ça s'est compliqué.


La norme MIDI est un codage de la musique qui repère chaque note par sa hauteur, sa durée, la vitesse d'attaque, son intensité, etc... sur une piste (de 1 à 16, voire 32) et un canal (de 1 à 16)... Il faut donc que chaque touche enfoncée ou relâchée envoie un signal électrique pouvant être codé selon cette norme MIDI. Mes claviers étaient déjà équipés de contacteurs électriques; sauf à les nettoyer et redresser un peu et également à refaire quelques contacteurs du pédalier, il n'y avait rien à modifier de ce côté là. Un fil partait de chaque contact et une barre de cuivre sous les contacts assurait la liaison à la masse lorsque la touche était enfoncée. Les fils venant des claviers étaient regroupée par nappes de 12 fils. Or selon la norme MIDI, les notes sont repérées par un nombre allant de 1 à 64, qui peut être défini comme le croisement d'un tableau de 8 cases par 8 cases.


Des cartes, qui chez Midi Gadgets Boutique répondent au doux nom de "Keymux 64" se chargent de faire correspondre chaque note du clavier à un nombre de cette matrice 8 x 8. Il fallait donc, dans un premier temps relier chaque fil venant d'un contacteur de touche à cette carte, qui possède 4 prises de 16 broches comme entrées. En procédant méticuleusement, pour tout brancher bien dans l'ordre, cela n'aurait pas dû présenter de difficultés, sauf que les fils des nappes existantes avaient une section trop grosse pour rentrer dans les prises à 16 broches classiques. Le pauvre Albert a donc été obligé de souder chaque fil à un autre fil de plus faible section pour faire ses raccords. Une fois solidement consolidées par une résine, les raccords semblent devoir tenir le coup longtemps, s'ils ne sont pas trop chahutés (mais il n'y a aucune raison).

Une carte Keymux64. On voit les 4 contacteurs, à droite, reliés aux nappes de fils multicolores venant d'un clavier

Chaque carte Keymux64 (il y en a une par clavier et une pour le pédalier) étant également reliée à la masse du clavier correspondant, il n'y avait plus qu'à les brancher sur une autre carte, celle du contrôleur MIDI qui, chez Midi Gadgets Boutique se nomme "hwce". Dans la mesure où l'on ne se trompe pas de sens dans le raccordement de cette carte au transfo d'alimentation 12 V fourni par Midi Gadgets Boutique (ce qui a été le cas, hélas, et nous a grillé un Keymux 64) la mise en place du contrôleur est presque sans problème. Midi Gadgets Boutique fournit des nappes de 8 câbles, chacune prévue pour relier un Keymux64 au hwce (les prises sont sur les cartes, il n'y a qu'à enficher). Reste à relier le hwce à chaque carte, pour les alimenter en courant électrique et à mettre à la masse quelques broches inutilisées sur la carte hwce (sinon ça marche mal).

à gauche le hwce - à droite un keymux64 - entre les deux les nappes de raccord
sur le côté gauche du hwce, une prise MIDI à raccorder à l'interface MIDI de l'ordinateur

Et voilà le travail, un peu fouilli mais on essaiera d'améliorer par quelques fixations supplémentaires:

Le hcwe possède deux prises MIDI (In et Out) à relier à une prise USB de l'ordinateur au moyen d'une interface MIDI. L'interface Midi-Sport 4x4 chez M-Audio me convient parfaitement, même s'il y a mieux. Une nouvelle version de cette interface, dite "d'anniversaire", est meilleure et moins chère. les signaux MIDI étant déjà regroupés (mergés) à la sortie de la carte hcwe une interface 2x2 suffit amplement. À éviter toutefois les petites interfaces MIDI bas de gamme dont le buffer est généralement insuffisant; ce qui conduit à des arrêts de son, voire à des plantages, dès que la polyphonie est un peu élevée. (mais je pense que pour la version gratuite de Hauptwerk, elles doivent convenir)

Et bien entendu, il faut une bonne sortie son car, comme il est dit sur le site de Sygsoft: «on n'écoute pas Hauptwerk avec une paire d'enceintes à 10 Euro». Mon choix s'est porté sur les enceintes Altec-Lansing FX-6021, assez chères mais dont je suis très satisfait: graves puissants, medium bien rond, aigus fins et précis. Elles sont composées d'un gros caisson pour les basses et de deux petites enceintes pour les aigus. On trouve depuis peu, chez Sonus Paradisi, des banques de sons au format surround (le son provenant directement des tuyaux de l'orgue peut être envoyé vers une paire de hauts-parleurs avant, tandis que le son renvoyé par l'église peut être envoyé à des enceinte arrières). Je n'ai pas eu l'occasion de tester ce dispositif, qui exige une carte son (un peu coûteuse) à plusieurs entrées/sorties mais, de l'avis des spécialistes, le résultat est bluffant.


Dans l'avenir (mais pour l'instant Albert s'en est tenu là) on pourra également relier au contrôleur 3 dominos de la console (sans doute on choisira les accouplements et la tirasse), ainsi que la pédale d'expression. Si on repère bien les masses cela ne devrait pas poser de problème majeur car il s'agit de simples fiches déjà prévues sur la carte. Le hwce ne donne pas la possibilité de relier directement les dominos des jeux. Il semble, sauf à leur poser la question, que Midi Gadgets Boutique propose une carte additionnelle prévue pour 32 jeux. On verra plus tard. Pour l'instant les jeux se cliquent à la souris, sur l'écran de l'ordinateur (certains utilisent des écrans tactiles, voir 2 écrans de part et d'autre de la console, si la banque de sons le permet). Avec la possibilité de combinaisons préparées que propose pratiquement toutes les banques de sons pour Hauptwerk, ça n'est pas trop gênant.

Bien entendu on est encore loin des sensations éprouvées lorsqu'on se trouve assis sur le vrai banc d'un vrai orgue. Quelle que soit la qualité de la chaîne de reproduction il manquera toujours chez soi l'ampleur de l'acoustique d'une église, les vibrations de l'instrument, le contact direct avec les tuyaux. Mais croyez moi, on s'en rapproche parfois de façon étonnante. Et avoir à la maison un orgue virtuel de qualité donne vraiment envie d'aller écouter des orgues "pour de vrai", comme par exemple les deux splendides Cavaillé-Coll de St Brieuc: celui de la cathédrale St Etienne et celui de l'église St Michel dont je vous donne à écouter ici un enregistrement inédit fait par moi en 1976, avant sa restauration, lors d'un concert donné par Michel Gesquière.


Me voilà donc avec une magnifique console d'orgue (et même deux) et une belle collection d'instruments, qui ne demande qu'à grossir. On revient de loin!


Et voici à présent une petite liste des orgues dont je peux jouer chez moi:

Par la société Milan Digital Audio: à tout seigneur, tout honneur, quiconque achète ou télécharge le logiciel Hauptwerk reçoit en même temps la banque de sons de l'orgue de l'église Ste Anne de Moseley, près de Birmingham. Il s'agit d'un instrument de 30 jeux, sur deux claviers et pédalier, de type victorien, construit en 1907 et donné à titre de démonstration. Pour cela, l'éditeur s'est efforcé de résoudre la quadrature du cercle pour obtenir une banque de sons qui, à la fois, fasse appel à pratiquement toutes les fonctions du logiciel, tout en pouvant être utilisée sur n'importe quel ordinateur, même ancien et doté de seulement 1Go de mémoire; il a donc du renoncer à pas mal de choses. La banque de sons est en 16 bits (actuellement, même si l'oreille a du mal à faire la différence, la plupart des banques de sons du commerce sont en 24 bits), les échantillons sont assez courts et mono (le logiciel se charge lui-même de re-calculer la stéréo en fonction des indications spaciales données dans la banque de sons) et la réverbération est très brève. J'avoue néanmoins qu'à la première écoute j'ai été impressionné... mais ça m'a un peu passé quand j'ai connu, par la suite, d'autres banques de sons.

Pour la sortie de la version 4 de Hauptwerk, l'orgue de Ste Anne a été entièrement ré-enregistré et une nouvelle banque de sons est proposée, tenant compte de toutes les améliorations du logiciel. C'est le jour et la nuit, croyez moi. Cette nouvelle version de l'orgue de Ste Anne est également incluse dans l'installation de Hauptwerk et, à elle seule, justifierait presque son acquisition.


Par la société hollandaise Sygsoft dont, par ailleurs, j'assure la traduction du site; ce qui me vaut le rare privilège de pouvoir tester la production, en avant-première (mais je vous assure que les avis qui suivent sont sans parti-pris):

- Le petit Arp-Schnitger de Eenum (1704) dans la province de Groningue - Hollande. Le facteur Arp-Schnitger a souvent été surnommé le "Stradivarius" de l'orgue et c'est, sans conteste, un des constructeurs les plus talentueux de l'époque baroque. Ce modeste instrument de 10 jeux (pratiquement tous d'origine), avec un pédalier court suspendu, a des jeux doux d'une sonorité particulièrement tendre et de jeux aigus très brillants. L'acoustique est celle de la petite église où il se trouve. Les bruits des mécanismes et de la soufflerie sont donc assez présents. Une version dite "étendue" autorise le choix de chaque jeu sur deux claviers et un pédalier normal; ce qui donne accès à un répertoire plus étendu que sur la version "originale" de l'instrument. Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisé avec MyOrgan (et la version gratuite de Hauptwerk).

- Le très interessant orgue de Krewerd , (démos de l'éditeur) qui se trouve à quelques kilomètres seulement du précédent date de 1531, par un constructeur inconnu. Il n'a que 7 jeux (tous d'origine) sur un seul clavier et un pédalier court suspendu mais, comme pour celui de Eenum, une version "étendue" en augmente les possibilité. Le timbre de ce petit instrument est particulièrement riche, surtout si l'on en joue avec le tempérament original, assez dérangeant pour nos oreilles modernes, mais qui fait beaucoup mieux sonner cet orgue que ne le fait un tempérament égal. La réverbération, enregistrée dans une très petite église de campagne, est particulièrement courte et la mécanique un peu bruyante (vu son âge vénérable). Vous noterez les amusants panneaux peints en trompe l'oeil, qui ferment le buffet. Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisé avec MyOrgan (et la version gratuite de Hauptwerk).

- Disponible gratuitement au téléchargement sur le site de crumhorn-labs, le petit orgue de Oosterwijtwerd; à l'origine un orgue de salon construit en 1744 par le célèbre facteur d'Amsterdam Christian Müller, puis transformé en 1895 en orgue d'église. Il est particulièrement bien enregistré, avec des relâchements multiples, et 5 de ses 6 jeux sont d'origine mais leur accord a été perdu. C'est un instrument très doux, dans une minuscule église de campagne, avec des timbres qui évoquent déjà le romantisme. Comme les deux précédents, il dispose d'une version étendue dans laquelle a été ajoutée un bourdon de 16 pieds au pédalier (emprunté à un autre instrument). Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk (1 sur demande uniquement) et peut donc être également utilisé avec MyOrgan (et la version gratuite de Hauptwerk).

- Paru en octobre 2009, l'orgue de Wirdum, au nord de Pays-Bas. Avec ceux de Eenum, Krewerd et Oostewijwerd et à moins de 5 kilomètres d'eux, à vol d'oiseau, c'est un de ces petits instruments qui font la gloire de la partie est de la province de Groningue, non loin de la frontière allemande. L'orgue de Wirdum a été construit en 1879 par P. van Oeckelen et ne comporte que 8 jeux, de style romantique et particulièrement "chantants", sur un seul clavier et un pédalier accouplé, auxquels l'auteur de la banque de sons a ajouté un bourdon de 16' emprunté à l'orgue de Haringe. Petit instrument mais banque de sons très soignée, avec trois relâchements par note et des échantillons sonores particulièrement longs. Il bénéficie en outre d'une prise de sons exceptionnelle. Sa faible taille permet de la charger sur des ordinateurs peu puissants et disposant de peu de mémoire. Disponible pour les versions 1 et 3 de Hauptwerk, seule sa version 1 peut (pour le moment) être importée dans le module gratuit de Hauptwerk 3. Le prix doux de cette belle banque de sons la rend très attractive.

- À sortir en septembre 2010 (mais j'ai déjà eu le privilège de le tester) un autre petit instrument de cette collection d'orgues de la région de Groningue, celui de Midwolde. Ce délicieux petit orgue a été construit en 1640 pour un chateau des environs, par Levjin Eekman, puis augmenté et remonté dans l'église de Miwolde vers 1660 par Andreas de Mare. Massacré au 19è siècle par des incompétents il a été soigneusement restauré dans son état d'origine, en 1912 par la société van Oeckelen. Il ne comporte que 6 jeux, répartis en basse et aigus, basés sur une flûte très large et particulièrement douce qui contraste avec un prestant de 4' bien timbré, une doublette 2', quelques mutations et une mixture assez brillantes. La coupure du clavier entre le Do et le Do# et un pédalier accouplé à demeure, permettent d'aborder un répertoire assez étendu. Cette banque de sons se distingue des autres banques de sons pour Hauptwerk par un enregistrement complet des jeux avec tremblant (et non la modélisation du tremblant par interpolation, proposée par Hauptwerk), d'où le grand réalisme de ce dispositif. Peu gourmande en mémoire et également vendue à prix doux, cette ravissante banque de sons est en outre parfaitement compatible avec la version gratuite de Hauptwerk.


- Paru en janvier 2010, une curiosité: l'orgue de bambou de Roeselare (Roulers) en Belgique. Cet instrument, construit en Indonésie avant d'être assemblé en Belgique, est constitué de tuyaux en bambou (à l'exception de la première octave grave du pédalier, en bois). Il est l'un des trois instruments de ce type, de taille notable, dans le monde. Ce matériau naturel et léger lui donne un timbre très agréable, à la fois doux et flûté, qui ne ressemble à aucun autre. L'orgue comporte 3 claviers (dont un clavier sans jeux propres, ne servant qu'aux accouplements) et un pédalier. Seulement 10 jeux, mais de toute beauté. Et, ce qui ne gâte rien, cette banque de sons est vendue à un prix très raisonnable.

- L'orgue de la Boezemkerk de Bolnes (démo de l'éditeur) est un instrument contemporain, puisque construit en 1959. C'est déjà un orgue plus important que les précédents puisqu'il comporte 18 jeux, sur deux claviers et un pédalier conformes aux normes actuelles. Cet orgue est assez typique du style des instruments hollandais actuels, avec de beaux jeux de fond, qui chantent admirablement, et des mutations et mixtures assez agressives. Bien que sa composition soit, à première vue, proche de celle des instruments baroques, son harmonisation et ses timbres le destinent plutôt à l'exécution de la musique contemporaine. Écoutez un peu ce qu'en fait son talentueux jeune titulaire Jan Peter Teeuw. Mais j'avoue que devant cet instrument, dont j'aime beaucoup la sonorité, je suis un peu comme une poule qui a trouvé un couteau. L'enregistrement et la réalisation ont été particulièrement soignés, avec des relâchements multiples très réalistes. Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk sur le même DVD et peut donc être également utilisé avec MyOrgan.

- Un des derniers venus dans la collection de Sygsoft, le splendide orgue de Leens (province de Groningue - Hollande). Il s'agit d'un des plus beaux instruments baroques du nord de l'Europe, construit en 1733/34 par Albertus Anthoni Hinsz, de Hambourg, associé puis successeur de Frans Gaspar Schnitger (de la célèbre lignée de facteurs d'orgue Schnitger). Cet orgue de 27 jeux, sur deux claviers et un pédalier, est absolument sompteux et l'enregistrement fait par Sygsoft est en tous points parfait; même si certains préfèrent des prises de son un peu plus éloignées des tuyaux, afin de privilégier la réverbération qui, dans les banques de sons faites par Sygsoft est toujours un peu en arrière-plan. Ici la réverbération est cependant assez longue. Avec ses sonorités cristalines et brillantes, la banque de sons de l'orgue de Leens est un must, certainement une des plus belles qui ait été faite pour le logiciel Hauptwerk. Pour la charger dans toute sa splendeur, 8 Go de RAM sont nécessaires, mais en 16 bits elle tient dans 4 Go. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- La banque de sons de l'orgue de Haringe, en Belgique a été présentée sur place le 19 septembre. J'y étais et j'ai eu le rare privilège de pouvoir jouer un bon moment de cet instrument prestigieux. Je puis vous assurer que le fait de se trouver à la console d'un instrument aussi ancien, exactement dans l'état où il se trouvait lorsqu'il a été construit, a quelque chose de très émouvant. Le toucher des claviers est léger et précis, même si la faible longueur des touches surprend un peu au début, l'accouplement mécanique (c'est une découverte pour moi) est parfait, le vénérable pédalier amusant mais peu pratique, le magnifique tremblant très bruyant à la tribune (wouf, wouf, wouf...) mais splendide d'un peu plus loin. Cela a également l'occasion de constater que les sonorités de la banque de sons (dont je disposais depuis quelque semaines déjà) sont très fidèlement reproduites même si, depuis les claviers, la perception est toujours très différente de ce que l'on entend dans la nef de l'église. Le tremblant, en particulier, tout comme les effets de la soufflerie (3 gros soufflets cunéiformes) sont d'un grand réalisme.

 

La banque de sons est donc particulièrement bien faite et d'un grand intérêt. Haringe est un hameau de Flandre, non loin de Ypres, à quelques centaines de mètres de la frontière française. L'orgue, très différent des autres orgues produits par Sygsoft, est du plus pur style baroque français et, de surcroit, il n'a subi aucune modification depuis sa construction en 1778, ce qui en fait un instrument unique (la majorité des orgues classiques françaises a été, soit détruite à la révolution, soit transformée au 19me siècle). Ses 29 jeux, répartis sur 2 claviers, un petit clavier d'écho et un pédalier court suspendu (mais il y a également une version étendue, conforme à nos critères modernes) ont été remarquablement bien numérisés et l'instrument sonne merveilleusement, dans une acoustique assez sèche toutefoiss. La splendeur éclatante de son plein-jeu, la douceur des jeux de flûte, le réalisme des jeux d'anche (ah, la voix humaine...), la restitution admirable de son tremblant, placent cette banque de sons au sommet des réalisation proposées pour Hauptwerk. La charger en totalité dans 4 Go de RAM exige des sacrifices. Avec 8 Go il n'y a plus de problème. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.



- L'orgue de Móstoles (dans la banlieue sud-ouest de Madrid) est un concentré d'Espagne. Ce n'est pas un orgue historique, mais un instrument récent construit en 2004 par le facteur néerlandais Eppo Rynko Ottes. Pour la première fois, je pense, dans l'histoire de Hauptwerk une banque de sons a été entièrement réalisée sous le contrôle du constructeur de l'instrument, à tous les stades de son élaboration. Une splendide prise de son, favorisée par un accès facile à l'orgue, une ambiance très calme diminuant les besoins de filtrage des échantillons sonores, un orgue en parfait état mécanique, bien accordé et bien harmonisé, ainsi qu'une acoustique exceptionnelle ont conduit à une banque de sons particulièrement claire, fidèle et précise. La composition de cet instrument de 24 jeux sur 3 claviers (le troisième clavier, sans jeux propres, n'étant que l'accouplement permanent des deux autres) est assez variée pour qu'il puisse interpréter avec autant de bonheur la musique baroque, que romantique, voire contemporaine. Les timbres restent toutefois typiquement espagnols, avec un ébouissant jeu de trompettes en chamades qui, à lui seul, vaut le déplacement. Le tout à un prix relativement modéré pour une banque de sons de cette qualité et de cette taille. Contrairement aux autres grosses banque de sons de la société Sygsoft, celle-ci n'est pas protégée par un dongle et, au prix de quelques renoncements (chargement en 14 bits, boucle et relâchement uniques) elle arrive à être chargée par la version gratuite de Hauptwerk. Bien entendu, pour l'entendre dans toute sa splendeur, il vaut mieux l'avoir en entier et en 24 bits.



- Toujours chez Sygsoft, un très beau clavecin moderne, construit en 1981. Il existe trois version de la banque de sons: versions pour Hauptewerk 1 et pour Hauptwerk 2 (48 Hz), qui sont gratuites au téléchargement sur le site de crumhorn-labs. et version pour Hauptwerk 2 (96 Hz) qui est payante. Bel instrument, très réaliste, avec des sonorités particulièrement riches et amples dans les graves. Un artifice de la version à 96 Hz permet l'utilisation d'un pédalier.

- J'ai également la banque de sons du petit orgue de la Vloedshuur, construit en 1959 et qui se trouve actuellement dans une communauté religieuse. C'est un instrument plus banal de 16 jeux mais assez représentatif de la facture d'orgue hollandaise du 20ème siècle. Cette banque de sons n'existe qu'au format Hauptwerk 1, ce qui en explique le prix assez modeste mais, en revanche, autorise son utilisation avec le logiciel gratuit MyOrgan (et la version gratuite de Hauptwerk).

Par la société tchèques Sonus Paradisi dont j'assure également la traduction d'une grande partie du site web en français:

- Le petit instrument de St Carlo à Brescia (vers 1600) est d'un réalisme époustoufflant (démo de l'éditeur). Cette banque de sons est librement téléchargeable sur le site de crumhorn-labs. Mais elle n'est pas gratuite: il s'agit d'un "partagiciel" (au demeurant bon marché). L'éditeur s'est efforcé de faire une démonstration de son savoir-faire et cette démonstration est particulièrement brillante, mais au prix d'un énorme encombrement en mémoire; n'envisagez pas de pouvoir la charger (et encore avec des limitations) avec moins de 4 Go de mémoire! Il s'agit d'un instrument italien de 12 jeux, de l'époque baroque primitive, avec la disposition si particulière de son plein-jeu en "pyramide" et ses mutations aux très nombreuses reprises. La sonorité est éclatante, très riche, cuivrée, avec une longue réverbération, très présente. J'adore le petit jeu de Fiffaro, si caractéristique des orgues italiennes, aves ses délicats battements. Un seul clavier et un pédalier suspendu court (mais avec 16 pied). Un mécanisme et une soufflerie particulièrement présents. Existe en versions 1 (sur demande) et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisé avec MyOrgan (mais trop gros pour Hauptwerk gratuit).

- Dans le même style italien mais de la seconde moitié du 18ème siècle et avec une prise de son plus récent bénéficiant donc des toutes dernières techniques proposées par Hauptwerk, le petit orgue slovène d'Izola (sur la côte adriatique, à une encablure de Trieste). C'est un instrument modeste de 7 jeux (dont 3 divisés) sur un seul clavier et pédalier accouplé en permanence. Un jeu d'anches, en façade, est particulièrement savoureux. De plus, il sonne merveilleusement, dans une prise de sons particulièrement réussie et une acoustique très généreuse. Peu exigeant en mémoire et non protégé, il peut sans problème et contrairement au précédent, être utilisé avec la version gratuite de Hauptwerk. Existe en 3 versions: réverbérante (wet), surround (si vous disposez de l'équipement audio nécessaire) et sèche (dry, pour une utilisation dans un lieu naturellement réverbérant, comme une église). Bref, un orgue pour se faire plaisir (peu coûteux de surcroît).

- L'orgue fastueux du monastère de Zlata Koruna, (1699) avec sa réverbération impressionnante (démo du site de James Pressler). Cette banque de sons est déjà assez ancienne (l'éditeur est retourné sur les lieux pour la refaire et la nouvelle version vient tout juste de sortir) mais reste, toutefois, très belle. Il s'agit d'un orgue de 20 jeux, sur deux claviers et pédalier, dans le style très caractéristiques des orgues baroques de Bohème; sans jeux d'anche, avec des fonds assez "gambés" et des mixtures fortes. Une version gratuite de démonstration, ne comportant que cinq jeux du positif, permet de se faire une bonne idée de l'instrument. Elle se trouve en téléchargement sur le site de crumhorn-labs. Cette banque de sons existe en version Hauptwerk 1 et 2 et peut donc être utilisée également avec MyOrgan (et la version gratuite de Hauptwerk). Elle a été récemment remplacée par une meilleure démonstration: 4 jeux du Grand-Orgue, 1 jeu du positif et 1 jeu à la pédale. La qualité du nouvel enregistrement rend cette banque de sons très attractive (elle est utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk)

La nouvelle et récente version de cette banque de sons, qui fait appel à toutes les ressources techniques ajoutées depuis par Hauptwerk (relâchements multiples en particulier) et dont l'enregistrement est très soigné, est tout simplement sompteuse. Les jeux y sont plus précis et plus présents que dans la version précédente et l'acoustique est toujours aussi belle (Zlata Koruna est la plus vaste église de la République Tchèque). Cette version 2 prend aussi plus de place en mémoire, mais j'ai constaté que l'orgue original, chargé en 16 bits, avec une seule boucle par tuyau (mais avec tous les relâchements) était accepté par la version gratuite de Hauptwerk, ce qui en fait une acquisition très intéressante. La réalisation 2, de plus, est également livrée avec une version sèche (sans la moindre réverbération, mono et enregistrée au plus près de chaque tuyau) qui convient particulièrement à l'exécution dans un lieu naturellement réverbérant.


- Dans le même style mais avec des sonorités beaucoup plus tendres, le petit orgue de l'église de Peruc. C'est un ravissant petit instrument de 12 jeux sur deux claviers et pédalier, peu encombrant en mémoire car en 16 bits (il tient à l'aise dans 2 Go de RAM). Comme pour la précédente, la banque de sons est relativement ancienne mais, faite avec soin, elle tient encore bien la route. Son prix est, par ailleurs, modeste. Il a depuis été enregistré à nouveau et un version plus moderne ne devrait pas tarder. Existe en version Hauptwerk 1 et 2 et peut donc être utilisé également avec MyOrgan. Je la recommande donc chaudement à tous ceux qui ont un ordinateur un peu ancien et doté de peu de mémoire. Fonctionne sans problème avec la version gratuite de Hauptwerk.

- Arrivé plus récemment dans la collection, l'orgue dit d'Allemagne du Sud. Il s'agit en fait de celui de Notre-Dame de Tyn à Prague, auquel on a ajouté (dans une version étendue) quelques jeux d'anche empruntés à l'orgue du Klosterneuburg, près de Vienne, afin de constituer un instrument représentatif des grandes orgues baroques d'Allemagne du Sud telles qu'en a connues et pratiquées Jean-Sébastien Bach. Cela donne un instrument de 30 jeux, sur deux claviers et pédalier, dont l'enregistrement a été particulièrement soigné, avec attaques et relâchements multiples (au prix d'un réel encombrement en mémoire et donc, avec 4 Go de RAM, l'obligation de renoncer à un certain nombre de boucles et d'utiliser une profondeur de 14 bits seulement). Les timbres sont riches et puissants, la réverbération très longue. Même 8 Go ne suffisent pas pour un chargement intégral de la version "étendue" en 24 bit (en 20 bit ça passe). Un autre must pour les utilisateurs de Hauptwerk. Existe en version Hauptwerk 1 (sur demande) et 3 et peut donc éventuellement être utilisé également avec MyOrgan.

Une nouvelle version, mieux équilibrée, vient de sortir. Il ne s'agit pas d'un nouvel enregistrement mais d'un travail en profondeur, en studio, sur les échantillons existants (l'auteur, qui est acousticien, est particulièrement habile dans ce domaine). Pour cette version 2, les relâchements des jeux d'anches empruntés au Klosterneuburg ont été entièrement revus afin que les acoustiques des deux églises puissent se fondre en une seule (ce qui n'était pas vraiment le cas pour la version 1). De nouveaux relâchements ont été ajoutés et une ré-harmonisation générale de l'instrument a été faite. Autant la version 1, un peu agressive et pas toujours bien équilibrée, ne me satisfaisait que moyennement autant la version 2 est admirable et sonne magnifiquement. Pour ceux qui possèdent déjà la version 1, cette mise à jour (très peu coûteuse) s'impose absolument. Pour les autres, ce sera l'occasion de découvrir un des instruments les plus prestigieux de la république Tchèque. Les 2 DVD viennent accompagnés d'une version pour Hauptwerk1 (que je n'ai pas encore testée) qui devrait en principe être utilisable avec MyOrgan.

- Dans la foulée, Sonus Paradisi nous a également gratifié de la très belle banque de sons de l'orgue de Forcalquier. Plutôt qu'un orgue historique, il faudrait plutôt parler d'une très belle reconstitution d'orgue de style classique français car, de l'instrument original, il ne subsiste plus que 4 jeux (sans doute fortement ré-harmonisés) sur les 37 jeux actuels, répartis sur 3 claviers et pédalier. L'instrument a en effet été très remanié aux 19 et 20 siècles, par divers facteurs. Mais il ne faut pas bouder son plaisir. Autant certaines banques de sons peuvent sembler un peu trop parfaites et froides, autant celle-ci offre une présence stupéfiante. L'éditeur s'est, en particulier, appliqué à utiliser toutes les ressources du logiciel Hauptwerk pour modéliser une soufflerie à l'ancienne (3 soufflets cunéiformes non électrifiés et donc actionnés par des souffleurs) dont l'effet (au moins dans l'Édition Avancée de Hauptewerk) est saissant. Mais, tout comme pour l'orgue de Prague, cette banque de sons est très exigeante en mémoire et oblige à des sacrifices douloureux pour pouvoir être chargée entièrement dans 4 Go de RAM. Elle se charge par contre très bien dans 8 Go.

- sortie fin 2009, la banque de sons de Rabštejn nad Střelou en république Tchèque. Construit en 1793, il s'agit d'un instument de taille relativement modeste (12 jeux, auxquels ont été ajoutés 6 jeux re-créés virtuellement par dérivation des jeux existants, sur 2 claviers et un pédalier, pour une version "étendue". Mais il a un sonorité exceptionnelle, pure et brillante, dans une acoustique très généreuse (le temps de réverbération dépasses les 4 secondes!). La composition originale de sa mixture, basée sur les tierces, ainsi qu'un salicional un peu gambé lui apportent le timbre très typique des orgues de cette région. Cet instrument revient de loin. Peu entretenu et longtemps laissé à l'abandon dans une église désaffectée, avec une soufflerie que l'on ne s'était jamais donné le mal d'électrifier, il est devenu pratiquement injouable. Mais il parle encore et ses tuyaux ont pu être numérisés, avec soin. Le résultat est somptueux, même si vous n'aimez pas les mécaniques bruyantes (la transmission est non seulement vétuste, mais très longue étant donnée la position des deux buffets du grand-orgue, la console se trouvant au dessus du positif, face au choeur). L'éditeur en propose plusieurs versions, sur deux DVD: une version dite "directe", qui prévilégie le son propre des tuyaux tout en conservant une réverbération assez présente (c'est celle que je préfère), une version dite "diffuse" qui reproduit mieux l'ambiance entendue depuis la nef, une version "surround" à 4 voies (2 canaux avant et 2 canaux arrières) si vous êtes bien équipés, mais l'effet est saisissant et deux versions totalement sèches (pour utilisation dans un lieu naturellement réverbérant, ou avec une réverbération artificielle) dont une répartissant les tuyaux dans l'espace tels qu'ils sont entendus depuis le banc de l'organiste. Cette banque de sons, au prix relativement modeste, est un must. Chargée en 14 bits et avec une seule boucle par tuyau elle peut être utilisée avec la version gratuite de Hauptwerk sans trop perdre de son éclat.

- Construit en 2007, par le facteur Tomaš Močnik, pour l'église slovène de N.D. d'Adergas, ce bel instrument a été fait dans le plus pur style des orgues de Thuringe à l'époque de J.S. Bach. Sa facture (mis à part l'électrification de la soufflerie) est en tous points conforme à celle des orgues sur lesquels Bach a joué toute sa vie; aussi convient-il particulièrement bien à l'exécution des œuvres de ce compositeur et de ses contemporains d'Allemagne du sud. Harmonisé très doux, avec une pression d'air assez basse, l'orgue de Velesovo comporte 14 jeux au grand-orgue, 14 jeux au positif et 11 jeux au pédalier (39 en tout) ce qui est fait un instrument puissant et complet. Il comporte des tremblants à chaque division et tous les accouplements et tirasses nécessaires. La réverbération est assez longue, dans une belle acoustique. La banque de sons est proposée en versions "wet" (réverbérante) et surround pour ceux qui disposent de l'équipement nécessaire.
On trouve également au téléchargement sur le site de Sonus Paradisii une version de démonstration gratuite de cet orgue, pleinement fonctionnelle (wet et surround) mais limitée à 10 jeux: au GO Principal 8', Octava 4', Octava 2', Mixture; au positif Gedackt (bourdon) 8', Salicional 4', Waldfloete 2', Quinte 1 1/3'; au pédalier Subbass 16', Octavbass 8'; tremblants pour les 3 divisions, accouplement Pos-GO. Cela suffit pour disposer d'un très intéressant petit orgue dans le style allemand du sud, très bien réalisé et particulièrement agréable à écouter... mais qui donne bigrement envie d'acquérir la version complète. Une belle initiative de Sonus Paradisii, qu'il faut saluer au passage.



- Toujours chez Sonus Paradisi, nous avions une ravissante démonstration de 4 jeux du petit orgue tchèque de Smecno (1587). La banque de son, au format Hauptwerk 1, était librement téléchargeable. Peu de chose, mais gratuit et les timbres étaient très beaux.
Depuis la création de cette page, la restauration de l'orgue de Smecno a été poursuivie. Un positif de dos baroque a été ajouté en 2009-2010, et sponsorisé par les ventes de l'ancienne banque de sons, par Sonus Paradisi: inititiative qui mérite d'être saluée bien bas. La banque de sons ré-enregistrée et entièrement refaite a ensuite été ré-harmonisée pour tenir compte des nouvelles possibilités de Hauptwerk.L'ancienne démonstration a donc été retirée pour être remplacée par une autre, particulièrement étendue puisqu'elle comporte à présent 10 jeux sur un clavier et 3 jeux au pédalier (versions réverbérante et surround).  Les timbres de cette nouvelle version, totalement ré-équilibrée sont encore plus beaux que ceux de la version 1: un vrai régal pour la musique de la Renaissance. Cette démo, pour peu que l'on évite de charger les canaux arrières (rear), inutiles pour qui ne dispose pas d'un équipement surround, est parfaitement utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk, ce qui la rend particulièrement intéressante (et donne envie d'acher la version complète: 2 claviers et pédalier, avec accouplement et tirasse, dans les deux versions: avant et après restauration - interessante initiative car elle permet des comparaisons très instructives)
 Cette version payante inclu donc, outre l'ancienne disposition et une version totalement "sèche" pour utilisation dans des lieux naturellement réverbérants, les 6 jeux du positif baroque de dos que l'on peut voir sur cette photo, devant l'ancien grand-orgue de 1587, placés sur le second clavier avec tous les accouplements et tirasses qui n'existent pas dans l'instrument original mais rendent bien service. Un grand plaisir pour un prix assez doux.

- De la même façon, Sonus Paradisi avait sorti la banque de sons du magnifique orgue Isnard de St Maximin, enProvence, l'un des très rares orgues français de facture classique qui nous soit parvenu intact. Cette banque de sons, initialement au format Hauptwerk 1 puis portée sur Hauptwerk 2 avait mal vieilli et comparaison de ce que la technique actuelle permet d'obtenir. Sonus Paradisi l'a donc entièrement refaite sur la base d'enregistrements nouveaux et il faut bien avouer que c'est une réussite, qui n'a plus grand chose à voir avec la première version (d'ailleurs retirée du commerce). Il s'agit d'un gros instrument à 4 claviers, comportant de nombreux jeux d'anche qui le rendent impressionnant. L'acoustique de la basilique étant parfaite (malgré au moins 7 secondes de réverbération!), cette banque de sons est un vrai régal pour ceux qui peuvent la charger (voir les besoins en mémoire sur le site de l'auteur) et qui disposent d'une console à 4 claviers... Il faut toutefois signaler que le concepteur de cette banque de sons a estimé devoir ré-harmoniser, sous la conduite d'organistes réputés, un grand nombre de tuyaux à bouche (en particulier les mixtures) qui en avaient grand besoin nous dit-il, afin de nous restituer cet instrument tel qu'on pense qu'il devait sonner à sa création. L'initiative est louable et le résultat parfait, mais elle pourrait choquer certains puristes ou des amateurs inconditionnels de cet instrument.

Pour les autres ou tout simplement pour tous ceux qui voudraient au moins pouvoir y goûter, Sonus Paradisi a mis en ligne une très belle banque de sons en démonstration gratuite (à télécharger sous ce lien). Il s'agit en fait de la totalité des jeux du Positif, sur un seul clavier (sans pédalier). Un beau cadeau qui, de plus, a le bon goût de parfaitement fonctionner avec la version gratuite de Hauptewerk, pour peu qu'on évite de charger les canaux arrières (rear) de la version surround.


- Toujours pour ceux qui ne peuvent où ne souhaitent s'offrir la (très) grosse banque de sons de l'orgue néerlandais de Zwolle (4 claviers!), il en existe sur le site de Sonus Paradisi une sompteuses version de démonstration, limitée à 11 jeux, répartis sur les 4 claviers, utilisable sans problème avec la version gratuite de Hauptwerk. Un enregistrement sans défaut et une très belle acoustique. Un vrai régal.


- Tous les amateurs de musique baroque française l'attendaient avec impatience. Sonus Paradisi l'a fait. Voici enfin un des rares instruments du "Grand Siècle" qui nous soit parvenu intact. L'orgue de l'abbaye Saint-Michel-en-Thiérache, construit par Jean Boizard en 1714 dans le nord de la France, a échappé à plusieurs incendies, aux démolitions de la Révolution de 1789 et aux "embellissements" plus ou moins malencontreux du 19ème siècle. Et le voici dans toute sa splendeur, magnifiquement restituée par la très belle banque de sons de cet éditeur tchèque. Il comporte 31 jeux, répartis sur 4 claviers et pédalier (dont un clavier de récit et et un d'écho ne faisant entendre chacun qu'un seul cornet). Une sonorité brillante, dans une acoustique remarquable. Et ce sont tous les fastes de la cour du Roi Soleil qui vous sont offerts. Nous avions déjà d'autres banques de sons d'orgues français du 18ème, mais c'est le seul jusqu'à présent qui puisse nous faire entendre les sonorités si particulières du 17ème, dans toute leur pureté: remarquable.



Pour en avoir une idée, chacun peut télécharger librement la banque de sons que Sonus Paradisi propose en démonstration: 8 jeux du clavier de grand-orgue (dont la voix-humaine et son tremblant) qui vous feront découvrir gratuitement la beauté de cet instrument et de son plein jeu, même sur la version gartuite de Hauptwerk (attention: une version 4 de Hauptwerk est nécessaire, aussi bien pour la banque complète que pous sa démo).

- L'orgue de l'église Saint Etienne de Caen est l'un des plus beaux instruments construits par Cavaillé-Coll. Sonus Paradisi en avait édité une très belle banque de sons qu'il a récemment retravaillée et qui vient accompagnée d'une exceptionnelle démo gratuite; certainement la plus grosse banque de sons offerte gratuitement, pour Hauptwerk: 6 jeux du grand-orgue, 3 du positif, 5 du Récit et 3 du pédalier. Ce sont en tout 17 jeux, et des plus beaux, qui sont proposés au téléchargement pour vous constituer un remarquable instrument égalant et même surpassant bien des banques de sons coûteuses. Bien entendu il ne faut pas espérer, même en rusant, imaginer de pouvoir charger cet orgue en totalité avec la version gratuite de Hauptwerk, même en 14 bits et avec des boucles uniques:  cette démo est réservée à ceux qui possèdent déjà une version licenciée du logiciel. Ou alors ils faut en retrancher une bonne partie.


- Particulièrement bien numérisé le petit positif tchèque du facteur contemporain Prib, en partagiciel chez Sonus-Paradisi (démos chez l'éditeur) en téléchargement (pour essai, car il n'est pas gratuit) sur le site de crumhorn-labs (versions 1 et 2 de Hauptwerk). Il est de style baroque, avec un clavier et cinq jeux seulement, mais s'agissant ici aussi d'une démonstration de son savoir-faire, l'éditeur a été généreux: très longs échantillons, de nombreuses boucles, des relâchements multiples, tous les bruits de mécanique et de soufflerie. Il est donné en deux versions: une version avec réverbération et une autre très sèche (les enregistrements ont alors été faits à la bouche de chaque tuyau puis replacés dans l'espace). La version sèche est particulièrement indiquée pour être utilisée comme petit orgue d'accompagnement dans une église ou un lieu à l'acoustique généreuse. J'aime beaucoup les sonorités et le réalisme de ce petit instrument. Fonctionne parfaitement avec la version gratuite de Hauptwerk.

- l'année 2011 a été particulièrement féconde chez Sonus Paradisi puisqu'elle nous a apporté deux très beaux instruments:

• L'orgue construit par Bartolomeo Fromentelli en 2007, à la demande du pape Benoît XVI pour l'église St. Domenico de Rieti (près de Rome). Cet orgue a cela de remarquable qu'il a été fait selon les plans, très précis, du fameux traité de facture d'orgue (1766 - 1770) du facteur d'orgues Dom Bedos, considéré comme une bible par tous les constructeurs d'orgues, encore de nos jours. Dom Bedos ayant peu construit et aucun des instruments faits par lui ne nous étant parvenu dans son état original, il s'agit d'un témoignage extrêmement précieux. C'est un gros instrument à 5 claviers et pédalier dont la banque de sons exige un équipement qui n'est pas donné à tout le monde (surtout en mode surround) mais dont l'organiste Frédéric Deschamps a dit: "C'est un orgue fabuleux qu'il faut avoir dans sa collection mais aussi se déplacer pour aller l'entendre et le jouer !"

Comme à son habitude, Sonus Paradisi a mis en ligne une belle démo gratuite: quatre jeux du grand-orgue (1 - 8 - 4 - 2), cinq jeux du positif ( 8- 4 - 2 - 2 2/3 et cromhorne) et la magnifique trompette de bataille en chamade du clavier de résonnance. Cette démo, qui comporte également une tirasse au pédalier, est libre mais trop grosse pour pouvoir être chargée en entier avec la version gratuite de Hauptwerk.


• L'orgue délicieusement baroque de Krzeszow, en Silésie, construit entre 1732 et 1737 par Michael Engler. Sa composition est caractéristique des orgues de cette partie de l'Europe, avec de nombreux jeux de fond (en particulier des jeux gambés), de riches mutations et des mixtures à base de tierces. les anches du clavier sont très douces mais il possède par contre de nombreux jeux d'anches au pédalier, dont un Posaune de 32 pieds! Il a 3 claviers et un pédalier.

Comme toujours, cet orgue vient accompagné d'une banque de sons libre, en démo, qui est utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk: quatre jeux au grand-orgue (1 - 8 - 4 et cimbel) - quatre jeux au récit (8 - 8 quinte et 2), quatre au positif (8 - 8 2 - 1) et trois jeux au pédalier (1 - 8  et trompette 8'). Cela constitue déjà un bel instrument. et la prise de sons est remarquable.


• en prime, Sonus Paradisi nous a enregistré un ravissant clavecin, construit en 2008 par František Vyhnálek selon un modèle 1624 de Ruckers. Je vous ai donné le lien car il n'est pas facile à dénicher. Il est téléchargeable pour un prix assez modique en cliquant sur le bouton "download", ainsi qu'une démo gratuite limitée à deux jeux de 8 pieds (un sur chaque clavier) et jeu de luth (contrairement à ce que dit le site, qui n'annonce en démo qu'un seul jeu de 8 pieds, sans jeu de luth). Bien entendu cette démo gratuite se charge sans problème avec la version libre de Hauptwerk.


- Sonus Paradisi propose également en partagiciel un splendide clavecin, copie moderne d'un instrument fait par le facteur Miekte à Berlin, vers 1710. Pour reproduire fidèlement les retards d'attaque des cordes placées au dessus des cordes principales, toutes les combinaisons ont fait l'objet d'enregistrements séparés, ce qui apporte un très grand réalisme. De tous le clavecins proposés pour Hauptwerk, j'estime que c'est le plus réussi. Mais n'espérez pas trop l'installer sur un ordinateur ayant moins de 4 Go de RAM! (quoique, en forçant un peu, on arrive à le faire avec 2 Go)

- Toujours en partagiciel et en téléchargement, une curiosité: la tentative de numérisation d'un clavicorde, copie moderne d'un instrument datant de 1700. L'intiative est louable et le résultat assez impressionnant, même si le jeu d'un clavicorde réel, avec son vibrato caractéristique, ne peut être reproduit faute de clavier approprié. Un clavier dynamique est souhaitable, pour pouvoir faire des nuances. Une curiosité, par conséquent.

Par l'éditeur Milan Digital Audio (actuellement propriétaire de Hauptwerk):

- Une des plus belles banques de sons crées pour Hauptwerk, celle du grand orgue Mutin - Cavaillé-Coll de Notre-Dame de Metz (page de démo de l'éditeur). Un gouffre pour la mémoire et le portefeuille, mais quand on aime... Et il en vaut la peine. 38 jeux sur trois claviers et pédalier, un timbre inimitable, de splendides jeux de fond: tout pour plaire. L'acoustique est riche, très riche même, avec une réverbération de plus de 5 secondes, magnifiée par une prise de sons assez éloignée des tuyaux. Il est donné en deux versions: une version conforme à l'instrument original et une version étendue où l'on a ajouté un certain nombre de mutations et deux jeux de 32 pieds (reconstitués à partir des échantillons des jeux existants), ce qui permet (au prix de quelques entorses à la réalité historique) d'interpréter un répertoitre très vaste. N'espérez toutefois pas le faire tenir avec tous ses échantillons et en 24 bit si vous en disposez pas d'une quantité considérable de mémoire. Avec mes modeste 4 Go j'arrivait toutefois à charger la version étendue, en 16 bits, avec toutes ses boucles et un certain nombre de relâchements (James Pressler, qui est un éminent spécialiste des orgues virtuelles, conseille dans ce cas de privilégier le chargement des attaques et relâchements, au détriment des boucles multiples, sauf pour les mixtures où il estime que le contraire est préférable). Avec mes 8 Go actuels la version normale se charge en totalité. Même avec ces restrictions cet instrument reste somptueux. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Le petit Silbermann de la Marienkirche de Götha (1722) est l'un de mes préférés (démo de l'éditeur). C'est un modeste instrument de 11 jeux seulement, sur un seul clavier avec un 16 pieds au pédalier (et tirasse). Dans sa version étendue, l'éditeur a très intelligemment réparti les jeux sur deux claviers, de façon à permettre un plus vaste répertoire. Les timbres délicats et si particuliers des orgues construits par Silbermann sont particulièrement bien rendus, dans leur douceur et leur parfait équilibre. Un instrument idéal pour jouer le soir, chez soi, ou pour accompagner un petit ensemble et dont le prix vient de baisser, ce qui le rend particulièrement intéressant. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

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- Une autre très grande banque de sons est celle de l'orgue Arp-Schnitger de Cappel, C'est un des joyaux de l'Allemagne du Nord. Cet orgue avait été construit en 1680 dans un couvent de Hambourg, puis démonté sous l'occupation napoléonienne et enfin revendu, en 1816, pour une bouchée de pain, à la petite paroisse de Cappel qui n'avait pas les moyens de s'offrir un orgue neuf, ni même d'envisager une modification et s'est ainsi trouvée, sans trop l'avoir voulu et sans s'en rendre bien compte, propriétaire d'un des instruments les plus beaux au monde. C'est cet instrument que Emuth Walcha a choisi pour enregistrer une de ses intégrales de Bach: c'est tout dire! Il est d'ailleurs bien possible que Bach, lors de son voyage à Lübeck, ait touché cet instrument. Rien à ajouter, 30 jeux sur deux claviers et pédalier, des sonorités claires et puissantes, des timbres magnifiquement rendus. Même si mon coeur balance plutôt pour l'orgue de Leens, j'avoue que celui de Cappel me plaît aussi énormément. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Une de mes premières acquisitions a été l'orgue Buzard, de l'université de l'Illinois (1986). C'est un petit instrument de 12 jeux, dans le style baroque, sur deux claviers et pédalier, dans une acoustique très sèche. Les attaques sont intéressantes (de très beaux "tchouf" au bourdon) et le cromhorne "cruche" admirablement. La banque de sons, un peu ancienne, est en 16 bits et uniquement au format Hauptwerk 1. Elle peut donc être utilisée galement avec MyOrgan. Un peu dépassée techniquement mais parfaite pour accompagner dans une petite église ou pour travailler son phrasé (car ses attaques sont très précises).

- Par la société Prospectum

- L'orgue Adam-Herlich de Bad-Wimpfen, (démo du site de James Pressler). C'est la banque de sons, relativement ancienne mais de qualité (et très bon marché), d'un très bel orgue d'Allemagne du sud, tout à fait typique; un de ces instruments semblable à ceux sur lesquels Jean-Sébastien Bach a joué toute sa vie. Ses 23 jeux (sur deux claviers et pédalier) ont un vigueur un peu rustique qui fait plaisir à entendre, avec des bourdons et flûtes à l'attaque lente et bruyante (tchouf), des mixtures fortes et un puissant trombone de 16 pieds à la pédale. Il en existe deux versions, toutes deux en 16 bits et utilisant les mêmes échantillons. La version pour Hauptwerk 1 (qui peut donc être utilisée également avec MyOrgan) est, à mon avis, suffisante car la version pour Hauptwerk 2 n'apporte pas grand chose de plus, sinon une meilleure présentation et elle a, par contre, un peu de mal à accepter certains tempéraments (les mixtures tendent à "saturer" pour plusieurs d'entre-eux). Cette banque de sons peut sans problème être chargée dans la version gratuite de Hauptwerk.

- Longtemps restée en sommeil, la société Prospectum vient d'éditer, pour une prix très serré, une belle banque de sons de l'orgue hollandais de Anloo, construit en 1717 -1719. Il s'agit d'un instrument qui sent encore son 17ème siècle, dans le style de l"Allemagne du sud, un peu austère (tout comme sa présentation à l'écran), plein de gravité, aux sonorités parfois un peu rauques et dont les fonds sont pleins de "bruits de bouche"; mais il a beaucoup de charme et offre une composition très complète lui permettant d'aborder un large répertoire, y compris celui de la musique baroque française: 21 jeux sur 2 claviers et pédalier, dont une quintaton de 16' au grand-orgue, 3 jeux d'anche aux claviers et un basson de 16' au pédalier. L'acoustique est très sèche et la réverbération brève. Cet orgue pourra certainement être utilisé facilement dans un local déjà réverbérant mais il supporte bien une réverbération artificielle (pour ma part, j'utilise avec mon mac le logiciel Audio Hijack Pro, facile à paramétrer et qui se comporte très honorablement). La banque de sons peut sans problème être chargée dans la version gratuite de Hauptwerk.

- Par la société anglaise Lavender Audio, deux banques de sons en partagiciel, d'orgues de paroisses anglaises du Suffolk, toutes deux téléchargeables sur le le site de crumhorn-labs (versions 2 de Hauptwerk), dongle Hauptwerk obligatoire (ne fonctionnent donc pas avec la version gratuite de Hauptwerk). Ces banques de sons sont en 16 bit mais très bien réalisées et de qualité:

- L'orgue de Little Waldingfield (1809), déjà très romantique (and so british!). 20 jeux sur deux claviers et pédalier. Un peu déroutant au début à cause de jeux coupés ou partagés qui obligent à bien connaître l'instrument pour en tirer pleinement partie.

- L'orgue de Groton (1888). Petit instrument sans prétention de 8 jeux, sur deux claviers et pédalier, comme en trouve dans les campagnes anglaises, avec des timbres qui évoquent ceux de l'harmonium.

L'éditeur propose une compilation de ces deux instruments (sur commande uniquement) formant une banque de sons plus complète et donnant accès à un répertoire moins spécialisé. Un utilisateur de Hauptwerk a également mis en téléchargement un fichier de définition d'orgues créant un instrument composite à partir de ces deux orgues et de celui de Ste Anne, Moseley; vous la trouverez ici.

Lavender Audio vient également de sortir l'orgue de Haverhill (1901), plus complet que les précédents. Cette banque de sons n'est pas celle d'un instrument exceptionnel en soi mais sa réalisation a été particulièrement soignée (24 bits - 48 Hz, relâchements multiples). Les jeux sont remarquablement clairs et parfaitement harmonisés. La réverbération est modérée. Un utilisateur du forum de Hauptwerk a dit qu'elle était "délicieusement anglicane". Cette banque de sons est proposée en 3 versions:

- Par la société hongroise Inspired Acoustics

Le petit orgue de Pusztaszabolcs, construit en 1778 par Pazicky et soigneusement restauré en 2002 est un régal. C'est un orgue de style baroque, de 17 jeux sur 2 claviers et pédalier. La prise de son, très présente, est particulièrement soignée: on entend tout. Comme cet instrument a une soufflerie un peu forte et une mécanique particulièrement bruyante, cela peut déconcerter. Mais lorsqu'on en joue on se sent vraiment sur le banc de l'orgue. Au demeurant, Hauptwerk permet de paramétrer tout ces bruits, et même de les faire taire, si on les trouve dérangeants. Un instrument très typé et plaisant à jouer, mais assez gourmand en mémoire si l'on active toutes les options d'attaques et de relâchements.

- Par la société canadienne Exemplum Organum:

En versions Hauptwerk 1 et 2 et en 16 bits seulement, les banques de sons du grand orgue de Saint Georges à Oshawa ont été réalisées avec beaucoup de soin par le titulaire de l'instrument. (une mise à jour récente apporte quelques améliorations). L'orgue est un gros instrument de 45 jeux, à trois claviers et pédalier, construit en 1966 par les frères Casavant, dans un style néo-classique; autrement dit c'est "l'orgue à tout faire". Il est aussi bien à l'aise dans la musique ancienne ou baroque, que dans les grandes œuvres du répertoire français des 19 et 20ème siècles. Il s'agit de banques de sons assez particulières toutefois car, bien qu'ayant été enregistrées depuis un point fixe à quelques mètres des tuyaux (comme le sont toutes les banques de sons faisant entendre la réverbération naturelle du lieu), le temps de réverbération a été très fortement diminué au montage pour être limité à environ 1/2 seconde. Il en résulte un son presque sec, et une banque facile à charger en entier dans 2 Go de mémoire et convenant bien à une utilisation dans une église, ou avec une réverbération artificielle. Certains utilisateurs puristes de Hauptwerk ont toutefois critiqué le procédé, qui laisse entendre la réverbération naturelle pendant toute la durée de l'émission des sons. Personnellement, je dois dire que cela ne me gêne pas particulièrement et que je trouve cet orgue, très riche et agréable à jouer, surtout en y ajoutant une réverbération artificielle. Utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk.

- Par Johan van der Waal van Dijk

Il s'agit d'un tout nouvel éditeur néerlandais qui, poussé par Fred de Jong (société Sygsoft) et en suivant ses conseils, nous offre là un "galop d'essai" avec la banque de sons de l'orgue de Mijdrecht, Pays-Bas. Cet instrument a été construit en 1840 par la société J. Batz & Co (Utrecht) pour l'église réformée de cette cité. Il a ensuite été modifié en 1915, 1961 et 1972; et enfin restauré en 1998-2001 par Van Vulpen. Il comporte actuellement 16 jeux sur 2 claviers et un pédalier, auxquels l'éditeur a ajouté 7 jeux, obtenus par des emprunts, de façon à ce qu'il convienne non seulement à l'exécution de musique romantique (pour laquelle il a été construit) mais également à la musique baroque. Quoique l'éditeur semble s'excuser de n'avoir pu enregistrer l'instrument tel qu'il aurait souhaité le faire (la banque de sons est en 16 bit, alors que la plupart des éditeurs les proposent actuellement en 24 bit), le traitement rigoureux des échantillons et un filtrage qui reste très discret en font une banque de sons très agréable à jouer et à entendre, dans une acoustique assez sèche qui conviendra à ceux qui cherchent plus la précision du son que le plaisir de la réverbération. Le tout pour un prix si modeste qu'il serait vaiment inexcusable de s'en priver. Souhaitons bonne chance à cet éditeur et restons à l'affut de ses nouveaux enregistrements: il promet beaucoup.


- Les autres banques de sons

- L'orgue positif du facteur Ott (2003) est un joli petit instrument de 5 jeux sur un clavier et pédalier suspendu, de style baroque, dont les banques de sons aux formats Hauptwerk 1 et 2 sont librement téléchargeable sur le site de crumhorn-labs. Elles sont agréables et correctement réalisées. Il s'agit de banques de sons pratiquement sèches, qui conviennent bien à l'étude ou comme accompagnement dans une église.

- Pour mémoire. J'avais acheté (pas cher) une banque de sons de la société polonaise Virtuelle Pfeifen: l'orgue de Saint Stanislas Kosta, qui a été retiré depuis du catalogue (il serait question, paraît-il, d'en faire une nouvelle version). Il s'agit d'un petit instrument moderne allemand, de style baroque, construit pour une église suédoise puis revendu à un paroisse polonaise. La banque de sons est en 16 bits, au format Hauptwerk 1. J'avoue ne pas avoir été emballé ni par cette banque de sons, techniquement peu fiable, ni par l'instrument lui-même dont les jeux de fonds sont imperceptibles et les mixtures criardes. Virtuelle Pfeifen propose beaucoup mieux depuis.

- Le site vannetais de Jean-Yve Garet propose une panoplie intéressante de banques de sons gratuites de clavecins et épinettes et aussi un petit orgue d'études (et même le carillon de Gand!). Ce sont des banques de sons au format Hauptwerk 1 (qui peuvent donc être utilisée également avec MyOrgan), bien faites et de qualité. Intéressant pour qui veut comparer les sonorités de clavecins de différentes écoles.

- La banque de son gratuite de l'orgue australien de Penrith (1877) est librement téléchargeable sur le site de crumhorn-labs. Il s'agit d'un orgue de 15 jeux sur 2 claviers et pédalier, dans le style romantique anglais. La banque de sons est au format Hauptwerk 1 et peu gourmande en mémoire. Elle peut également être utilisée avec MyOrgan (et la version gratuite de Hauptwerk). Une version pour Hauptwerk 2 vient récemment de sortir, qui améliore quelques points de détail et la présentation.

- Par le même éditeur et toujours aussi gratuite, la banque de sons d'un autre orgue australien, celui de St. Augustine's Neutral Bay, construit en 1929. Elle est au format Hauptwerk 3 et bénéficie des derniers perfecionnements du logiciel. A télécharger sur le site de l'auteur. Convient à la version gratuite de Hauptwerk

- La société Zion Organ s'est ingéniée à modéliser un orgue de 28 jeux, sur 2 claviers et pédalier, à partir d'échantillons numérisés de plusieurs orgues distribuées gratuitement. La banque de sons proposée est au format 3 de Hauptwerk, en 16 bits et mono, avec une réverbération très courte. Dans l'ensemble, chaque jeu est moins interessant que celui de l'orgue dont il a été extrait car il a fallu sacrifier bien des choses pour arriver à obtenir un ensemble correctement harmonisé, mais cet orgue, dit "Brut-Leuchten" tient tout de même pas la route et comme son encombrement en mémoire est faible c'est, avec l'orgue de Ste Anne-Moseley, le seul instruments complet pouvant être joué en principe, avec Hauptwerk 2 ou 3, avec seulement 1 Go de RAM; ce qui est tout de même appréciable et peut rendre service. De toutes façons, vu le prix... La banque de son est téléchargeable sur le site de l'éditeur.

- Une autre banque de son gratuite et peu exigeante se trouve sur le site de Joseph Basquin. Il s'agit de l'orgue alsacien de l'église protestante de Romanswiller. Il comporte 21 jeux sur 2 claviers et un pédalier, dans le style néo-baroque. Cette banque de sons a été faite à partir d'une banque plus ancienne, au format SoundFont qui n'avait que quelques échantillons par jeu et est donc moins réaliste que les autres banques de sons faites pour Hauptwertk. Mais le travail a été bien fait et cela ne se perçoit pratiquement pas. Comme la précédente, elle est en mono et presque sèche, mais au format Hauptwerk 1, ce qui la rend également utillisable avec MyOrgan. La banque de son est téléchargeable sur le site de l'éditeur. L'éditeur, avec l'aide d'un sud-africain, a sorti une nouvelle version de cette banque de sons, toujours aussi gratuite, mais re-travaillée pour Hauptwerk 3. Une étonnante re-découverte de l'instrument, parfaitement harmonisé, mis en stéréo et dans une agréable acoustique.

- toujours gratuite (pourquoi se priver?) est la banque de sons Enigma-York, crée par un utilisateur de Hauptwerk qui se fait connaît sous le pseudo de "Morse" et que vous trouverez à télécharger ici pour la version réverbérante et pour la version sèche (de nouvelles versions, de plus en plus riches, se succèdent régulièrement). Cet orgue est fait à partir d'échantillons empruntés à deux banques de sons gratuites: celle de Penrith (voir plus haut) et celle dite "Happy Birthday", chez Prospectum, téléchargeable ici. Les échantillons ont été fortement ré-harmonisés et, comme ils étaient assez secs (très secs même pour ceux de "Happy Birthday"), l'auteur y a ajouté une forte réverbération artificielle, proche de celle de la cathédrale de York. Le résultat est plaisant: sans atteindre la perfection et la caractère de certaines banques de sons d'orgues historique, c'est néanmoins un bel instrument néo-classique, bien enregistré, disposant de toutes les possibilités offertes par la version 3 de Hauptwerk (relâchements multiples en particulier) et qui sonne agréablement. Si la version réverbérante est somptueuse à l'écoute, la version sèche est par contre "sèche comme un coup de trique" et même pénible à entendre chez soi; elle devrait toutefois être très appréciable pour tous ceux qui souhaitent jouer de l'orgue dans une église à l'acoustique naturellement généreuse. Les deux versions, peu exigeantes en mémoire, conviennent à la version gratuite de Hauptwerk; c'est même le plus gros et le plus complet instrument qui le permette.

- Une autre curiosité (mais qui n'est pas gratuite) est la banque de sons du gros Cavaillé-Coll de l'église de la Madeleine à Paris, joliment reconstituée à partir d'enregistrements anciens de 4 groupes de jeux par la société PipeLoops (qui se consacre essentiellement par ailleurs à l'écriture et la commercialisation de logiciels de traitement du son et qui propose la sous-traitance d'échantillons sonores, pour en extraire un bouclage correct). Elle propose, sur deux claviers, l'ensemble des fonds de 8', l'ensemble des fonds de 8 et 4', le tutti et au pédalier les fonds de 16 et 32', plus deux tirasses. Le tout dans une acoustique de cathédrale fort impressionnante. C'est fort bien fait, c'est très beau.. mais ça ne sert pas à grand chose. On peut en télécharger sur le site de l'éditeur une démo qui s'interrompt au bout de quelques dizaines de secondes et doit être relancée. Cette banque de son est au format Hauptwerk 2. Elle fonctionne avec la version gratuite de Hauptwerk.

- Je souhaitais, depuis longtemps, donner un grand frère à mon petit Silbermann de Rötha, ravisssant mais qui commençait à dater (techniquement parlant) et dont les possibilités restent réduites. Mon choix s'est porté sur le beau Silbermann de Grosshartmannsdorf édité également par la société PipeLoops. Cette banque de sons, un peu particulière, a été réalisée à partir d'enregistrements faits en 2001 pour la collection GigaStudio, repris et traités ensuite, très habilement par PipeLoops. Les échantillons, contrairement à ceux de la plupart de banques de sons récentes, sont en 16 bits et 44,1 MHz (la définition standard des CD audio), ce qui en fait un instrument peu encombrant en mémoire, pouvant même  à la limite être utilisé avec un ordinateur équipé de 2 Go seulement de mémoire vive (cela a été une raison décisive dans mon choix). Cette banque de sons est faite pour la version 3 de Hauptwerk et ne peut être utilisée avec les versions de démonstration ou gratuite de ce logiciel. Il s'agit d'un instrument de taille moyenne: 21 jeux, sur 2 claviers et pédalier, avec les timbres si caractéristiques et si bien équilibrés des orgues construits par Silbermann, une clarté remarquable, une grande "présence" des tuyaux et une réverbération pas trop longue; ce qui en fait un orgue idéal pour jouer Bach et pour travailler. A noter que la licence n'autorise pas son utilisation pour des concerts publics. Son prix de vente a été récemment diminué de façon substancielle: une affaire, par conséquent.


- Également par PipeLoops, l'orgue moderne (1979) du monastère de Riddagshausen, près de Brunswick. C'est une copie presque parfaire d'un  précédent instrument de 31 jeux, construit en 1619 par Compenius: un orgue de style baroque par conséquent. Des fonds très chauds et des anches parrticulièrement extressives mais, surtout, une révebération extrèmement longue (probablement la plus longue réverbération de toutes les banques de sons produites pour Hauptwerk).
PipeLoops en propose à l'essai une petite version de démonstration, limitée à 7 jeux sur 2 claviers et pédalier. C'est certes un peu court mais parfaitement fonctionnel, et gratuit. Et elle est parfaitement acceptée par la version gratuite de Hauptwerk. Pour ceux qui voudraient tester la totalité de l'instrument, une autre version de démo existe, qui s'arrête pendant environ une seconde toutes les 45 secondes; attention, le serveur de PipeLoops est lent et il s'agit de 4 gros fichiers à charger...


- Un amateur a numérisé l'orgue hollandais de Wildervank pour le logiciel gratuit GrandOrgue (mais parfaitement utilisable avec Hauptwerk, même en version gratuite) et en a mis en ligne une première démo que vous trouverez ici. Il s'agit d'un petit instrument néo-romantique de 12 jeux, sur 2 claviers et pédalier. Vous n'y trouverez pas tous les raffinements propres à Hauptwerk (pas de multi-relâchements, en particulier, ni de bruits de mécanique ou de soufflerie) et une présentation assez spartiate. Mais il sonne agréablement et dans la mesure où il est gratuit et qu'il n'existe guère de banques de sons d'orgues de ce style, l'orgue de Wilderwank mérite d'être essayé.


Voilà. Il existe bien d'autres banques de sons pour Hauptwerk mais je me suis limité ici à celles dont je disposais ou que j'avais pu réellement tester. On ne peut pas tout avoir! Certaines sont à des prix qui dépassent largement mon budget, ou bien trop exigeantes en mémoire ou en matériel (orgues à 3 ou 4 claviers, encombrement en mémoire pouvant dépasser les 8 Go), ou encore sont des réalisations un peu anciennes et moins intéressantes sur le plan technique que les banques de sons récentes. Si je peux en acquérir et tester d'autres (ce que j'espère bien), je vous en ferai part ici même.


En marge de ces considérations sur les orgues virtuelles je voudrais aussi signaler un logiciel remarquable de piano virtuel: Pianoteq. Il ne s'agit plus cette fois de sons numérisés mais de sons calculés par informatique, en temps réel, avec une infinie variété de réglages et plusieurs instruments (pianos, pianos-forte, clavecins, modernes ou historiques) déjà pré-réglés. Cette approche du problème convient mal à l'orgue, en l'état actuel de la technique, mais convient parfaitement au piano (ainsi qu'à d'autres instruments comme le clavecin) et a le grand avantage de n'occuper qu'une place réduite sur votre disque dur. De plus le logiciel, au moins dans sa version de base, est commercialisé à un prix très abordable. Il est protégé par un dongle. Pour vous faire une idée, vous pouvez télécharger sur le site le logiciel en version de démo. Elle est limitée à 20 minutes par session, après quoi il faut relancer, et le piano a été amputé de quelques dièzes dans la première octave, mais cela permet de le tester, dans de bonnes conditions, pour peu que l'on dispose d'un clavier avec des touches dynamiques et un toucher convenable. Bien entendu, tout comme pour Hauptwerk, il faut une une interface MIDI et si possible une sortie son et des enceintes, ou un casque, de qualité.



Pour finir, voici un petit lexique de termes relatifs aux orgues, en 5 langues. Je m'efforce de l'enrichir à chaque fois que j'en ai l'occasion.