Page 1 mise à jour le 4 novembre 2018 (voir le détail des mises-à-jour récentes en fin de page)
Accès à la suite, en page 2
Accès à la page 3 (orgues gratuites et partagiciels)

Table des matières
(pour revenir à cette table des matières, utilisez la flèche "retour" de votre navigateur)

- Ouverture
- Découverte du logiciel Hauptwerk
- Autres logiciels de simulation d'orgues
- Que faire de l'ancien orgue?
- Les orgues à Saint- Brieuc
- Les banques de sons commerciales, classées par éditeur:

Mes traductions
(pour les retrouver et télécharger facilement, au format pdf)

Ouverture
L'heure de la retraite ayant sonné et comme il faut bien s'occuper à quelque chose, j'ai décidé de me remettre à l'orgue.
J'avais appris le piano dans mon jeune temps, au conservatoire municipal de Vannes d'abord avec Stanislas Frémont comme professeur, puis au conservatoire national de région de Rennes dans la classe de Monsieur Cohen. Mais faute d'avoir continué à travailler, ma technique avait considérablement régressé. Ne me restait guère qu'une certaine facilité à déchiffrer, entretenue régulièrement par des activités au sein d'une chorale. À ce propos vous trouverez tous les détails, et pas mal de bavardage,
sur cette nouvelle page.
Tout jeune, j'avais pu utiliser librement l'orgue de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Vannes, grâce à la gentillesse de l'abbé Nicolas, qui dirigeait la manécanterie de la cathédrale, dont je faisais partie. C'était un instrument récent, à traction électrique, avec de nombreuses registrations préparées, ce qui en facilitait l'usage.


l'orgue de Notre-Dame de Lourdes, curieusement mais judicieusement placé dans une
vaste tribune surplombant le chœur de l'église et pouvant également accueillir toute une chorale
(je note au passage que cette disposition est également celle adoptée dans la chapelle royale de Versailles,
mais pour d'autres raisons: le roi occupant la tribune)

Puis étant étudiant, un ami organiste m'avait facilité l'accès à l'orgue de l'église Saint-Hélier, à Rennes et m'avait donné quelques leçons; disons plutôt quelques conseils et des rudiments de registration. Cet instrument vénérable, construit par Jean-Baptiste CLAUS vers 1880, puis restauré par Othon WOLF en 1952, ayant fini par rendre l'âme et être remplacé en 1977 par un  très bel orgue de Yves SÉVERE, neuf mais inaccessible, mes velléités d'organiste en étaient restées là, faute de trouver une paroisse voulant bien accepter ma présence ou un orgue qui ne soit pas la "chasse gardée" de son titulaire, comme c'est bien trop souvent le cas.

En 1969, je me suis offert une très belle épinette, de fabrication allemande, que j'ai eue chez moi pendant longtemps, avant de la revendre, dans une période de vaches maigres et aussi un peu fatigué par ses perpétuelles exigences d'accordage (et je puis vous assurer que si les clavecins se désaccordent aussi vite qu'une guitare, les accorder c'est autrement plus long et compliqué! Avec l'informatique c'est devenu plus simple maintenant. J'avoue tout de même qu'elle me manque parfois.

Dans les années 70, la tentation de me remettre à l'orgue m'a pris et j'ai fait l'acquisition d'un orgue électronique dont je tairai la marque, car il ne m'a guère convaincu et qui a rapidement été remplacé par un instrument plus intéressant, qui m'a apporté beaucoup de plaisir. C'était un orgue analogique de marque WOOP, une petite société allemande qui n'a pas du en vendre beaucoup car ils étaient très chers et délicats à entretenir; j'ai même dans l'idée qu'il s'agissait d'un prototype)



Comme tous les instruments analogiques, cet orgue utilisait des circuits oscillants pour engendrer des signaux électriques qui, une fois correctement filtrés arrivaient à se rapprocher, plus ou moins fidèlement, des sons d'un orgue à tuyaux. Mais contrairement à tous les autres orgues analogiques que j'ai pu voir, qui n'avaient que quelques circuits oscillants dont les signaux étaient ensuite divisés et filtrés pour reproduire les différentes fréquences des notes et les timbres des jeux, le mien avait un générateur d'ondes par tuyau! Vous imaginez le monstre!



C'était donc une grosse armoire remplie à craquer de cartes portant les circuits oscillants (une carte par note), avec des résistances ajustables permettant d'accorder chaque "tuyau" et de l'harmoniser (c'est à dire d'équilibrer sa puissance par rapport aux autres).



Une batterie de filtres (un par jeu) achevait de donner leur timbre aux sons, de simuler les attaques et d'y ajouter un peu de souffle pour imiter la soufflerie d'un orgue réel.



Une grande carte, enfin, assurait (du moins je suppose) les "reprises" des mixtures, comme dans un orgue normal.


l'endroit et l'envers

L'intérêt d'un tel dispositif était d'avoir pour chaque tuyau un son bien individualisé, jamais strictement accordé (comme c'est le cas pour les autres orgues analogiques) et donc de compenser le côté "fabriqué" des sons par une grande variété de timbres et des "battements" comme dans un orgue réel. Et je dois dire que le résultat était assez bluffant; du moins à l'époque. Mais les attaques étaient peu réalistes et ça manquait cruellement de réverbération. Je lui avais bien ajouté une réverbération à ressorts, mais ça avait un côté franchement artificiel.
Tout cela aurait été parfait si ces résistances ajustables, sous l'effet des vibrations, ne se déréglaient pas continuellement. Il fallait donc régulièrement accorder l'instrument, délicatement avec un petit tournevis, tuyau par tuyau, sinon il devenait rapidement faux. Outre le travail que cela représentait, il faut savoir que les résistances ajustables sont très fragiles et ne sont pas conçues, en principe, pour être tripotées régulièrement. Même en tentant de les bloquer avec un verni, elles continuaient à bouger et à s'abîmer à chaque séance d'accordage.

L'ensemble des "jeux"
Détail d'une "note"

L'orgue a donc fini par tomber en panne, à plusieurs reprises. Des résistances ont été remplacées, mais les réparations devenaient de plus en plus problématiques. Plus personne ne voulait y toucher. En 2002 le prestant de 4 pieds, déséquilibré, est devenu définitivement muet et en 2004 c'est tout l'instrument qui s'est tu, après une panne de l'alimentation.

Découverte de Hauptwerk

Ce gros instrument restait là, à me narguer, trop lourd pour pouvoir être facilement évacué de la pièce au deuxième étage de la maison où il avait été hissé à grande peine et définitivement muet... du moins je le croyais. Car en 2005, en fouinant sur le web, j'ai fait une fantastique découverte: le logiciel Hauptwerk. Ce programme, qui à présent fonctionne aussi bien sous MacOS que sous Windows (certains affirment même avoir pu le faire tourner sous Linux Ubuntu), permet en effet l'exploitation, à l'aide de claviers à la norme MIDI, de banques de sons numérisés d'orgues à tuyaux réels, avec une qualité de reproduction qui égale, et même dépasse souvent, celle des meilleurs enregistrements sur CD.


Pour en avoir le cœur net, j'ai fait venir une version de démo du logiciel (qui est fournie avec une banque de sons, d'un orgue symphonique anglais des environs de Birmingham) et l'ai testé avec un petit clavier MIDI bas de gamme que je possédais déjà (Keystation 49 chez M-Audio). J'ai été enthousiasmé. Il est bien évident que des sons d'un orgue réel, enregistrés soigneusement tuyau par tuyau, dans l'ambiance de l'église, avec tous les bruits annexes et la réverbération naturelle des lieux, sont autrement plus réalistes que des sons fabriqués électroniquement, quelle que soit la technique utilisée. Le logiciel Hauptwerk, de plus, sait gérer très finement un grand nombre de paramètres, tels que des boucles et échantillons multiples pour varier aléatoirement la sonorité des notes et tenir compte de la vélocité pour les attaques et lâchés, les résonances internes des tuyaux non utilisés ou encore les minimes fluctuations du son engendrées par les variations de la pression de l'air en fonction de l'utilisation de la soufflerie. Il permet également la modification à la volée de l'accord et/ou du tempérament de l'instrument (l'écoute d'un instrument ancien avec son accord et son tempérament historique est une expérience très enrichissante).

Il ne m'a pas fallu longtemps pour acquérir la version complète du programme (en fait un dongle-clef USB qui supprime le léger bruit de triangle, discret mais bien présent tout de même, placé en arrière plan dans la version de démonstration et qui s'y fait entendre toutes les 5 secondes environ). Hauptwerk ne coûtait d'ailleurs pas une fortune: son prix était à l'époque très raisonnable (il a bien augmenté depuis lors, hélas). Je me suis aussitôt jeté sur les quelques banques de sons gratuites, d'orgue et de clavecin, que l'on trouve assez facilement en téléchargement. Depuis la version 3.2.3 du logiciel (qui a été cédé par son créateur britannique Martin Dyde à l'éditeur américain Milan-Digital-Audio et mis en téléchargement), Hauptwerk propose trois options au lancement si le dongle n'est pas en place: deux version complètes d'évaluation (de base et étendue, avec ce léger tintement de triangle en arrière-plan, toutes les 5 secondes environ) et une version gratuite délivrée de cet irritant bruit. Cette version gratuite, conçue à des fins publicitaires, est identique à la version de base de Hauptwerk, avec toutes ses fonctions, mais avec une polyphonie limitée à 256 "tuyaux" parlant simultanément (en comprenant tous ceux qui ne sont plus joués, mais résonnent encore) et elle ne peut charger que des banques de sons qui, une fois installées, n'occupent pas plus de 1,5 Go de mémoire vive et ne sont pas protégées par un appel au dongle ou par une licence. Cela permet tout de même, sans bourse délier, d'au moins tester Hauptwerk avec pas mal de petits instruments et de nombreuses banques de sons, gratuites ou non; cela d'autant plus que Hauptwerk étant d'une souplesse infinie, il permet de choisir les jeux à charger, la profondeur des échantillons (en bits), le nombre de boucles ou lâchés à prendre en compte, etc. En fin de comptes, en tâtonnant un peu et quitte à quelques sacrifices, on arrive pratiquement à charger dans sa version gratuite bien des banques de sons non protégées et de taille moyenne.

Je signale, à toutes fins utiles et bien que cela ne soit pas indiqué dans le manuel de l'utilisateur de Hauptwerk, que j'ai pu sans mal installer Hauptwerk 4.2.1sur un PC (sous Windows 7 Home Premium 32 bits) n'ayant seulement que 3 Go de mémoire. L'orgue de Ste Anne Moseley, chargé en 16 bits s'est ouvert en entier (de justesse) dans la version d'évaluation gratuite, ainsi qu'une vingtaine de petites banques de sons (la plupart gratuites). C'est donc une solution possible envisageable pour les tout petits budgets ou les configurations nomades.

Outre la version d'évaluation, il existe deux versions payantes de Hauptwerk (avec une assez forte différence de prix) et il vaut mieux évaluer ses besoins avant d'acheter (même si une mise à jour ultérieure est toujours possible). Toutes deux exigent le dongle (une sorte de clef USB) et permettent le chargement de banques de sons en 24 bits (contre 16 bits seulement pour la version gratuite). Elles disposent d'un support technique et sont vendues sur DVD (le logiciel étant par ailleurs exactement le même que celui pouvant être téléchargé). Soit:

- la version de base:
- la version étendue:
Il est intéressant de savoir que le dongle Hauptwerk est totalement indépendant du matériel utilisé. Il est unique, mais peut passer sans encombre d'un ordinateur à un autre (voire d'un PC à un Mac) et se trouve immédiatement opérationnel pour peu que son pilote ait été installé. C'est également le support de la licence des banques de sons protégées. Il est aussi intéressant de savoir qu'il n'existe qu'une seule et unique version du logiciel (celle mise en téléchargement) et que c'est donc la présence, ou non, du dongle et de la licence qui y est inscrite qui fait la différence.

En août 2014, une nouvelle version de Hauptwerk (en fait une mise-à-jour gratuite) est sortie, qui corrigeait certains bugs mineurs et dont certaines partie ont été ré-écrites pour être plus rapides et plus efficaces.

Il est vite apparu que cette version 4.1 de Hauptwerk était sorti un peu trop vite et comportait de nombreux bugs et des limitations, qui ont fait réagir assez vivement les utilisateurs les plus exigeants (essentiellement une politique de licence, d'utilisation gratuite mais à renouveler tous les 90 jours). La société MDA s'est donc empressée de se remettre à l'ouvrage et dans la foulée, a sorti le 24 septembre 2014 une mise-à-jour en version 4.1.1 qui, sans rien changer pour l'utilisateur est nettement plus stable et plus fiable dans toutes les conditions, même extrêmes. Dans la foulée j'ai repris ma traduction (très peu de changements en fait) et en ai profité pour y faire quelques corrections et améliorations, en réponse à des remarques de mes lecteurs. Cette nouvelle traduction a été mise en ligne par l'éditeur de Hauptwerk, sur son forum US, à la rubrique "Technical support". On en est actuellement à la version 4.2.1 (également traduite et que j'ai moi-même mise en ligne étant donné que cela ne paraissait absolument pas intéresser les éditeurs de Hauptwerk.

Hauptwerk à partir de la version 4.1 a également été prévu pour accepter directement le Novation Launchpad et le configurer aisément. De quoi s'agit-il? Comme on le voit sur la photo ci-après il s'agit d'un boîtier plat (24 x  24) équipé sur le dessus d'un damier de 64 boutons mécaniques et, sur le côté, de 16 boutons ronds de fonction. Aussitôt branché sur une prise USB de votre ordinateur, il est alimenté et reconnu automatiquement par Hauptwerk, sans nécessiter de pilote spécifique. Chacun des boutons peut être affecté, très simplement, à une commande de Hauptwerk relative à une banque de sons donnée (tirage d'un jeu, d'un accouplement, d'une combinaison préparée de jeux ou tout ce que vous voudrez) et s'éclairer d'une couleur choisie dans une palette de 5 (une version plus coûteuse propose une palette de couluers plus étendue). Pour cela il suffit de faire un clic-droit à l'écran sur la commande à utiliser, choisir le bouton et sa couleur, cliquer sur "Done"  et le tour est joué une fois pour toute, pour cette banque de sons. Cet engin, d'un coût abordable et qui semble robuste, remplace avantageusement un écran tactile, qui reste assez coûteux. Il en existe aussi un version 'mini' moins chère, identique mais plus petite: 18,5 x 18,5. Il est certes moins facile de s'y retrouver que sur un écran tactile (qui garde ses partisans) puisque les boutons ne comportent aucun texte (certains font usage de caches amovibles en papier transparent), mais ses possibilités sont plus grandes que celles d'un écran tactile dont la présentation, fixée par le concepteur de chaque banque de son, ne convient pas toujours à tout le monde et peut cacher certaines choses que l'on estime être indispensables. Le launchpad s'avère particulièrement pratique avec les démos limités à quelques jeux mais dont la console affiche la totalité des jeux de la version complète: sur le launchpad on ne conserve en effet que les jeux réellement actifs. Un peu de rigueur et de méthode dans le choix des boutons et des couleurs permet d'ailleurs vite de s'y retrouver; ensuite c'est une question d'habitude, comme sur certains orgues à tuyaux dont la disposition des jeux laisse rêveur (vous avez vu celle de l'orgue de Haringe, reproduit plus loin sur cette page, avec certains jeux placés si bas que la main ne peut les atteindre? ou encore Smecno qui a les jeux du positif dans le dos de l'organiste! ou vice-versa comme sur cette photo)




Pour qui ne souhaite pas, ou ne veut pas, faire l'acquisition de ce matériel, le logiciel Hauptwerk propose tout de même une alternative peu connue mais particulièrement intéressante et gratuite; celle d'utiliser le clavier USB de son ordinateur exactement de la même façon que le launchpad. Le paramétrage est le même et, comme pour le launchpad, vos configurations de clavier seront chargées automatiquement avec chaque banque de sons. La version 4.0 ne permettait l'utilisation que des lettres du clavier, mais depuis la version 4.1 il est possible de programmer toutes les touches, y compris celles du pavé numérique, ce qui autorise tout de même le stockage de pas mal de jeux ou combinaisons. J'ai toutefois noté que seuls les claviers USB filaires étaient reconnus et non les claviers sans fil. Pour ceux dont l'écran d'ordinateur est assez loin des claviers, ce dispositif est précieux (éventuellement en utilisant une rallonge de câble USB). Certains achètent même un second clavier USB entièrement dédié aux commandes de Hauptwerk: solution très économique.

Je signale un petit utilitaire astucieux. Il s'agit de DuetDisplay pour iOS. Cela se trouve sous ce lien ou dans App Store et ça vaut moins de 8 €. Une fois installé et lancé sur votre iPad et le petit pilote (gratuit, également sur le site) installé sur le mac ou le PC, il suffit de brancher l'iPad sur une prise USB de votre ordinateur au moyen du cordon d'alimentation standard, pour qu'il se comporte comme un petit écran tactile supplémentaire, pouvant être positionné à votre gré au moyen de la Préférence Système "Moniteurs" (au moins pour le mac, pour les PC je ne sais pas mais ça doit être à peu près la même chose). Bien entendu il faut avoir de bons yeux et des petits doigts mais c'est très réactif et ça fonctionne bien. Jugez-en vous même avec la banque de sons de Ménestérol sur mon iPad Mini (un ipad standard aurait été mieux). Parfait et pas cher pour les petites banques de sons bien présentées, avec de gros boutons, ou encore pour une utilisation nomade.


Et pour ceux qui veulent tout savoir, en particulier pour les débutants maitrisant mal l'anglais, voici en seulement 20 pages tout rond un petit manuel de survie que je me suis permis d'écrire à leur intention et mets à jour assez régulièrement. C'est un peu basique, volontairement sans aucune illustration, mais ce court texte devrait vous conduire pas à pas depuis la découverte et l'installation de Hauptwerk, jusqu'à l'utilisation de ses fonctions les plus courantes, voire les plus pointues. Des retours que j'ai pu avoir, ce petit texte a été très utile à pas mal de gens, même pensant bien connaître Hauptwerk. Et pour tous ceux qui souhaitent vraiment aller au fond des choses, j'ai également mis en ligne ma traduction du Guide de l'Utilisateur de Hauptwerk (version 4.2.1). C'est du lourd (près de 71 Mo), mais c'est l'ouvrage de référence. À réserver aux plus courageux.
Ma première console

Maintenant, un seul clavier ne me suffisait plus. Je lui ai rapidement donné un petit frère, identique, acheté sur l'Apple Store, que j'ai placé sur une petit étagère bricolée (un peu trop vite) par moi, avec un pupitre pour les partitions (je n'ai aucun talent d'ébéniste, n'ai guère fait d'efforts car j'étais pressé et reconnais que c'est assez moche). Puis, il fallait bien, je me suis acheté un petit pédalier droit MIDI de 27 marches, de marque Hoffrichter, à la société EMA qui est le correspondant Hauptwerk en France. J'ai dû l'attendre plus de 2 mois: ils sont faits, je suppose, à la demande et l'importateur travaille un peu à la petite semaine; mais bon... j'en suis pleinement satisfait: doux au toucher, robuste et agréable à jouer.  Un infâme bricolage à partir des restes d'une vieille armoire a donné un semblant de console, pour poser le tout et un banc, limite périlleux mais qui supporte ma précieuse personne.


À présent, à moi les joies de l'orgue.


Bien vite, les banques de sons gratuites ne m'ont pas satisfait pleinement, même si certaines d'entre-elles, destinées à servir de produit d'appel et de démonstration de savoir-faire, sont particulièrement soignées. Mais les instruments enregistrés sont souvent de petites taille et il arrive (de moins en moins souvent d'ailleurs) que la qualité de la numérisation ne soit pas idéale (une seule boucle par son) ou limitée (un seul échantillon pour plusieurs notes), ou encore que la réverbération ait été coupée ou pas enregistrée, pour gagner de la place en mémoire ou toute autre raison (comme la possibilité d'utilisation dans un lieu déjà réverbérant naturellement). J'ai donc été piocher dans le catalogue des banques de sons commerciales, qui s'étoffe de mois en mois, afin de trouver les instruments qui me convenaient le mieux sans trop grever mon budget. Car il y a de tout et à tous les prix, les plus chers n'étant pas nécessairement les plus beaux. Heureusement que ces banques de sons ont fait l'objet de très nombreux enregistrements, qui permettent de se faire une idée avant d'acheter. On trouve ces démos sur le sites des éditeurs mais surtout sur les sites très spécialisés de PCOrgan ou de Contrebombarde, ainsi que sur le récent site de Wolfram Syré, alias Contrabaixon, consacrés uniquement aux banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk: de vraies mines d'or! Toutes ces démos sont en MP3 (parfois .waw) et librement téléchargeables. Une astuce pour retrouver quelque chose sur Contrebombarde: allez sous l'onglet "Browse". Vous allez y trouver, classées par date, les démos les plus récentes et, sur la même page, un champ de recherche par instrument (ou lieux).

Très vite il m'a fallu tenir compte de la dure réalité des choses: à savoir que le logiciel Hauptwerk chargeant dans la mémoire de l'ordinateur la totalité de chaque banque de sons (les disques durs actuels ne sont pas encore assez rapides), il faut beaucoup de mémoire pour accéder à certains instruments. J'ai donc aussi acheté de la mémoire, puis regretté que mon ordinateur soit limité à 4 Go car cela m'interdisait l'accès à certains gros instruments, bien tentants mais qui exigent beaucoup plus (sauf à renoncer à certains jeux ou à certaines boucles). Allez, ça forçait à rester raisonnable! J'ai ensuite changé d'ordinateur pour un iMac doté de 8 Go de mémoire vive, ce qui me permet enfin de charger de plus grosses banques de sons dans toute leur splendeur. La sortie, toutefois, de la version 4 de Hauptwerk, laquelle occupe environ 500 Mo de RAM en plus, a remis un peu en cause tout cela et certaines de mes plus belles banques de sons commencaient à se trouver bien à l'étroit. Mais cette version 4, entièrement ré-écrite et dont la présentation a été totalement refaite, apporte tant d'améliorations qu'elle s'impose naturellement. Voilà pourquoi j'ai donc fini par craquer et passer la mémoire de mon iMac à 16 Go, ce qui me permet de charger presque toutes mes banques de son en 24 bits. Bien entendu, tout cela supposait que je possède la version étendue de Hauptwerk puisque, comme je l'explique plus haut, la version de base est limitée à 3 Go utilisables. La mise à jour m'a été offerte par Martin Dyde, le créateur de Hauptwerk, en remerciement des traductions que j'avais faites de son site web. Je l'en remercie vivement.

La profondeur de l'échantillonnage a en effet de l'importance: plus elle est élevée et plus la restitution est fidèle et précise. Hauptwerk permet 4 types de chargements et même un panachage jeu par jeu:

- 14 bits (recalculés): c'est le minimum, faute de mieux, mais ça peut sauver la mise ou encore gagner quelques Go en réservant cette profondeur à des jeux secondaires, comme les bruits de mécanisme, de soufflerie ou aux jeux les plus graves du pédalier pour lesquels cela a moins d'importance et peuvent même à la rigueur être chargés en mono (Hauptwerk, de toutes façons, va recalculer automatiquement la stéréo, selon une disposition dans le buffet adoptée par la plupart des facteurs d'orgue);
- 16 bits: c'est la proposition par défaut lors d'une installation et le résultat est en général assez plaisant. C'est aussi la profondeur maximum autorisée par la version gratuite de Hauptwerk. À titre indicatif, tous les CDs de musique du commerce sont en 16 bits.
- 20 bits (recalculés): cela apporte tout de suite beaucoup plus de réalisme à l'orgue. L'éditeur de Hauptwerk recommande même de charger en 20 bits les banques de sons uniquement proposées en 16 bits, à chaque fois que la mémoire ou la banque de sons l'autorise, afin d'obtenir des sons plus purs.
- 24 bits (recalculés ou non): une oreille un peu exercée entend tout de suite la différence et l'orgue y gagne un réel supplément d'âme.

Cela vaut donc la peine de prendre son temps et de tester plusieurs (très longs) chargements successifs afin de déterminer lequel utilisera au mieux votre mémoire. Il suffit parfois de peu de choses pour passer. Il arrive aussi (en particulier chez Sonus Paradisi) que certains jeux soient enregistrés sur deux voies séparées (gauche et droite); il n'est dans ce cas guère utile d'encombrer la mémoire en les chargeant en stéréo. Aussi, si on ne dispose pas d'un équipement surround, le chargement des voies arrières (rear) est inutile, voire parfois déconseillé. Mais des essais sont conseillés car même sur une installation stéréo un chargement des voies arrières, si la mémoire o'autorise, peut apporter beaucoup d'ampleur et de réalisme à un instrument (c'est presque toujours le cas chez Augustine ou chez Sygsoft).

Je me trouve donc à présent à la console d'un certain nombre d'orgues, souvent historiques et parfois prestigieuses qui sonnent remarquablement, avec un réalisme tel qu'il est parfois difficile de ne pas se croire à la tribune même de l'instrument (c'est du moins ce que m'a affirmé un ami organiste à qui je faisais tester la banque de sons du beau Cavaillé-Coll de Metz).

L'édition de nouvelles banques de sons est d'ailleurs en constante progression et leur qualité s'améliore régulièrement (quitte à devenir parfois des monstres en ce qui concerne la place nécessaire en mémoire). Il est intéressant de noter que, contrairement aux orgues électroniques que l'on trouve tout faits dans le commerce et qui sont plus ou moins l'œuvre de techniciens, les banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk sont toutes dues à des organistes professionnels ou à des amateurs éclairés, très exigeants sur leur instrument et à l'oreille impitoyable. Les critiques des utilisateurs, sur le forum (en anglais) du site de Hauptwerk ne sont pas moins directes et souvent très "pointues". Et le forum français a de plus en plus de participants. On trouve aussi de nombreuses indications intéressantes sur le forum de l'Orgue Libre, dont le ton effectivement très libre et souvent passionné est toujours très rafraîchissant, mais qui semble un peu délaissé depuis quelque temps.

Il est aussi remarquable que ces numérisations permettent de sortir des sentiers battus et des orgues passe-partout. Elles sont l'occasion de garder une trace aussi fidèle que possible, en leur état actuel, d'instruments rares et originaux, ou encore en péril, qu'aucun constructeur d'orgues électroniques ne s'aviserait de vouloir reproduire, faute de débouchés commerciaux. On a même vu produire des banques de sons d'orgues devenus parfaitement injouables mais dont une bonne partie des tuyaux était encore capable d'émettre un son à peu près correct, pour peu qu'on sache le leur demander gentiment, note par note. Nous nous trouvons ainsi en présence d'instruments dont les sonorités ont été reconstituées et qui peuvent être joués par Hauptwerk, à défaut de l'être dans la réalité. Souvent, aussi, une partie du produit de la vente de banques de sons est reversée à des organismes chargés du sauvetage ou de l'entretien des orgues en question. Au moins cela donne bonne conscience.

Pour les moins fortunés ou les allergiques, par principe, à Hauptwerk

- Pour les "radins" et les bidouilleurs, je signale également le logiciel libre et gratuit GrandOrgue (pour Windows et Mac OS X, toutes versions). À l'origine ce logiciel se nommait MyOrgan et a été assez controversé car c'était pratiquement une copie de la version 1 de Hauptwerk (qui n'est plus commercialisée maintenant et est même devenu introuvable). Il utilisait les mêmes banques de sons en 16 bits que Hauptwerk 1 (ce ne sont pas toujours les meilleures mais certaines sont très honorables et beaucoup sont gratuites ou peu coûteuses). La présentation était assez spartiate mais il offrait, en gros, les mêmes fonctions que Hauptwerk 1 avec un encombrement en mémoire un peu plus faible. Comme il ne stockait pas les caches de ses banques de sons sur le disque dur (comme le fait Hauptwerk), un petit disque dur convenait parfaitement, mais le chargement était plus long.  L'auteur de MyOrgan, qui cherchait semble-t-il à apaiser sa conscience... ou était menacé de poursuites, a retiré son produit, qui est devenu introuvable mais que j'ai retrouvé archivé sur un coin de mon disque dur: pour les curieux et les archéologues.

Le logiciel étant toutefois un logiciel libre, il a été repris par d'autre programmeurs plus prudents et des versions plus abouties sont sorties sous le nom de GrandOrgue, copie assez fidèle de la version 2 de Hauptwerk  mais moins compatible. Il peut charger quelques banques de sons gratuites et bien faites prévues pour des versions 2, 3 ou 4 de Hauptwerk (moyennant quelques adaptations de l'ODF), avec création de caches et prise en compte des lâchés multiples. Attention certaiens banques de sons de ce site s'installent par le bias d'un fichier .exe et donc prévus pour windows, mais rien n'empêche de les récupérer sur un support externe, un fois installés sous windows, pour les utiliser sous MacOS. Je me dois toutefois de signaler que la version Mac de ce logiciel est passablement buguée et, d'après ce que l'on m'a dit, inférieure à la version pour Windows.

Cela peut être une alternative intéressante, mais Hauptwerk (si on fait abstraction de son prix très "américain") donne tout de même de meilleurs résultats, à mon avis; surtout avec les banques de sons les plus récentes et - c'est très important - possède un bibliothèque autrement plus fournie. Également, la gestion des panneaux de GrandOrgue est tellement peu intuitive qu'elle relève en très grande partie de l'énigme pure et simple (c'est un utillisateur passionné qui me l'a avoué). Toutefois des tutoriels sont dispo ici. Les réglages de GrandOrgue, bien qu'en français, sont en effet moins évidents que ceux de Hauptwerk, même s'il lui emprunte à présent le si pratique clic-droit pour le paramétrage MIDI des claviers/pédalier. GrandOrgue prend donc maintenant en charge la réverbération à convolution et de nombreux fichiers "Impulse response" sont dispo ici. Le support de GrandOrgue n'est toutefois assuré que par les forums spécialisés. En outre - et je l'ai moi-même expérimenté - une moins bonne gestion de la mémoire vive et de la compressioon des données, fait que GrandOrgue a souvent besoin de beaucoup plus de mémoire que Hauptwerk, pour des banques de sons identiques, voire moins grosses: bien des instruments pouvant être chargés sans encombre dans les 1,5 Go autorisés par Hauptwerk gratuit deviennent inutilisables, sous GrandOrgue, avec un mac équipé de 4 Go de RAM, faute de mémoire (j'ignore ce qu'il en est pour windows).

L'examen attentif des plus anciennes banques de sons banques de sons proposées pour GrandOrgue (en particulier celles proposées sous ce lien) révèle que chaque jeu se compose parfois d'un nombre très limité d'échantillons: en général 6 par jeu au clavier et 4 par jeu au pédalier, voire moins que cela. Tout le reste est re-calculé par interpolation. On est très loin des banques de sons pour Hauptwerk qui, sauf rares exceptions, comportent au minimum un échantillon par tuyau (donc 61 par jeu de clavier et au moins 30 par jeu de pédalier). Les banques Hauptwerk les plus abouties peuvent même avoir 3 échantillons, voire plus, par tuyau afin de différencier les attaques et les lâchés. Même si dans la polyphonie cette pauvreté de certaines banques de sons pour GrandOrgue peut passer plus ou moins inaperçue, il suffit de monter une gamme pour entendre très nettement les reprises des échantillons.


Une de ces anciennes banques de sons, celle dite Clicquot II , pour GrandOrgue
(agréable, bien faite, mais très sèche)

Les banques de sons dérivées de banques gratuites pour Hauptwerk sont cependant mieux loties. Celles de Piotr Grabowski en particulier sont, mis à part un affichage plus simple (GrandOrgue gère mal l'affichage vectoriel), identiques en qualité avec les versions pour Hauptwerk et, il  faut le dire, les plus récentes d'entre elles sont même d'une qualité exceptionnelle. Il en est de même pour celles de Maltese Historic Pipe Organs (envoyé sur demande) ou celles figurant sur cette autre page. À considérer également le petit orgue de salon d'Onderhorst. (uniquemeng sur requête auprès de l'éditeur). Cependant, à mon humble avis, GrandOrgue a surtout pour lui sa gratuité, la qualité et la variété n'étant pas toujours au rendez-vous. Mais cette opinion n'engage que moi et GrandOrgue a de très farouches partisans... qui ne perdent d'ailleurs pas une occasion de me le faire savoir.

On trouvait naguère un petit logiciel gratuit (Organ Builder) pour en fabriquer des ODF pour Grandorgue à partir de banques de sons prévues pour Hautwerk. Cette page a été fermée mais Organ Builder a été repris sur un autre site. Un de mes lecteurs a testé et s'en dit satisfait. Il me signale également une autre page où se trouvent divers ODFs de banques de sons pour Hauptwerk adaptées au logiciel GrandOrgue. Encore faut il au préalable récupérer les "packages" Hauptwerk correspondants, avec les échantillons sonores. Pour mémoire:
- San Carlo Brescia standard multi-release: packages 369 et 371
- Kdousov: package 348
- St Michel en Thiérache démo: package 869
- Saint Maximin démo: package 843

Pour conclure: pour tous ceux qui acceptent donc de mettre la main à la pâte, GrandOrgue peut être une alternative intéressante à Hauptwerk, mais il ne s'agit pas de "Monsieur-tout-le-monde". Bien entendu il va sans dire que toute adaptation ou modification de banques de sons existantes suppose l'accord préalable de leur auteur, surtout s'il s'agit de banques de sons à caractère commercial. Certains ferment les yeux, d'autres s'y opposent; lisez les licences. Sont évidemment exclues pour les utilisateurs de GrandOrgue les banques de sons Hauptwerk cryptée (de plus en plus nombreuses), dont l'ODF ne peut être édité (sinon il sufffit d'un simple éditeur de texte comme Notepad2 pour Windows ou bien TextEdit ou mieux encore Smultron pour mac). Bref, un logiciel libre et gratuit, en constante évolution et sur lequel il est bon de garder un oeil.

- À signaler également le logiciel JOrgan, qui est open-source. Écrit en Java, il a le bon goût de fonctionner dans les environnements les plus variés: Windows, MacOS (je n'y suis toutefois pas arrivé) et même Linux (sur lequel il a été développé à l'origine). Quelques banques de sons gratuites, une fois adaptées, peuvent être utilisées par JOrgan, mais le logiciel chargeant ces banques de sons (qui sont à l'antique format Soundfonts et formées d'un nombre réduit d'échantillons) dans la carte son de l'ordinateur, n'est pas accepté par toutes les cartes sons et le résultat est tout aussi pauvre qu'avec GrandOrgue. À réserver, par conséquent, aux inconditionnels de Linux.


un bel exemple de banque de sons sous JOrgan

- Pour les linuxiens les plus intégristes (ou ceux disposant de très peu de mémoire) on me signale le logiciel (gratuit) Aeolus. Contrairement aux autres applications d'émulation d'orgue, Aeolus ne fait pas appel à des banques de sons  numérisés, mais procède par synthèse sonore (un peu de la même façon que Pianoteq et Organteq, dont il est question en fin de cette page); ce qui est un véritable tour de force quand on connaît la complexité des sons pouvant être émis par un orgue. Le résultat est assez impressionnant, même s'il reste un peu plus "électronique", assez plat et avec des attaques moins réalistes que ce que peut donner une bonne banque de sons sous Hauptwerk. Mais c'est à mon avis au moins aussi agréable à entendre que GrandOrgue ou JOrgan pilotant une médiocre banque de sons. Les démos figurant sur le site de l'éditeur se laissent écouter avec plaisir (attention elles sont au format .ogg qui n'est pas reconnu par tous les systèmes. Sur mac, utilisez Quicktime 7). Aeolus propose 48 jeux, répartis sur 3 claviers et un pédalier, 5 tempéraments, un son stéréo ou surround et de belles possibilités de réverbération. Là où ça se gâte c'est que l'installation d'aeolus est un vrai parcours du combattant. Pour qui ne maîtrise pas parfaitement linux (ce qui est mon cas) c'est mission quasi impossible. On m'a conseillé d'utiliser KXStudio, qui est une version dérivée de Ubuntu, spécialement adaptée aux logiciels musicaux et qui peut être testée (aussi bien sur un PC que sur un mac) depuis un DVD ou une clef USB, sans avoir à faire la moindre installation. Cela, je l'ai vérifié, est exact et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si l'actuelle version de KXStudio proposait Aeolus avec les autres applications audio pré-installées. Il y a heureusement un mode d'emploi en ligne qui se trouve sous ce lien. En ouvrant cette page dans Ubuntu, on a un lien de téléchargement et d'installation du logiciel Aeolus.

Après bien des tentatives je me suis heurté à l'évidence suivante: sur mac, s'il est possible et même assez simple d'installer une version d'Ubuntu sur un disque dur externe il n'est par contre pas possible (sauf tripatouillages peu recommandables de l'EFI de l'ordinateur) de démarrer sur un disque au format Linux. Ils ne sont même pas reconnus), en dehors du DVD d'installation ou d'une clef USB dédiée. On peut, bien entendu, installer Ubuntu sur le disque interne du Mac et démarrer dessus, mais alors on n'a plus de mac! Par contre on peut y installer Aeolus et s'en servir. C'est un choix, mais c'est un choix douloureux.  Bien plus, même si le démarrage sur le DVD d'installation propose de booter au choix depuis le DVD ou depuis un disque dur, cette option semble ne pas fonctionner sur mac.

Bref Aeolus, ce n'est pas pour les utilisateurs de mac. Mais aux dernières nouvelles, aeolus étant en open source, un de mes lecteurs se serait attelé à son portage sur MacOS. Les librairies étant différentes et la compatibilité ascendante de MacOS avec des librairies tierces étant mal assurée, ce sera un très gros travail. Croisons les doigts. Il semble par contre que pour les PC sous windows ce soit sans problème, mais je n'en ai pas l'expérience. Si j'ai du nouveau, je vous tiendrai au courant. Mais j'ai bien peur que cet essai ne soit pas transformé car je n'en ai jamais plus entendu parler.

- Également pour Linux on trouve le logiciel Genpo qui n'est pas à proprement parler un simulateur d'orgue mais un créateur d'ODF à partir de banques de sons au format SoundFont (.SF2). Je n'ai pas testé mais l'unique exemple sonore du site (une fuge de Bach sur un orgue de Théâtre...) est loin d'être convaincant.

- Il existe encore d'autres logiciels de simulation d'instruments de musique, sur lesquels je ne m'étendrai pas sur cette page car ce sont essentiellement des aides à la composition (sampleurs; on dit aussi échantillonneurs), même si certains s'ingénient à les détourner de leur fonction première. Le plus connu de ces logiciels est le logiciel Kontakt 5 (de Native Instruments) pour Windows et MacOS, qui utilise un très grand nombre de banques de sons d'instruments les plus variés qui soient. Ce logiciel commercial est assez couteux mais il en existe une version gratuite, Kontakt 5 player, utilisant les mêmes banques de sons, avec quelques limitations d'utilisation.

- La société Modartt, également éditrice de Pianoteq nous annonce le futur développement d'un logiciel de simulation d'orgue dont le nom sera Organteq et qui, comme Aeolus, procèdera par synthèse sonore. Pour mettre en appétit, une minuscule pré-version autonome est téléchargeable gratuitement sur le site, pour MacOS, Windows (32 ou 64 bits) et Ubuntu. Il s'agit d'un petit orgue à un clavier (mais qui peut également reconnaître un pédalier accouplé) dont l'étendue ne va hélas du Fa1 au Sol5. Deux jeux sont proposés: Flûte 8' et Flûte 4', joliment rendus et le site permet d'écouter 5 démos, dans des syles différents. Ce n'est pas Hauptwerk, mais c'est propre et assez plaisant. Les attaques sont intéressantes et la réverbération ajustable est bien faite. Une affaire à suivre, qui pourrait  amener à des développements intéressants et bien moins gourmands en mémoire que Hauptwerk ou GrandOrgue. La version mac ne fait que 4 Mo. Une version complète est annoncée courant 2018.

À tout hasard, on m'a également signalé Garitan Classic Pipe Organs: un logiciel autonome ou interfaçable à une expandeur, qui vient accompagné d'une banque de sons de 75 jeux. Je n'ai eu aucun écho et n'ai pas essayé.

- On trouve aussi des expandeurs dédiès à l'orgue, comme celui proposé sur le site de Sonus Paradisi (Cecilia). Solution hors de prix et très limitée (par rapport à Hauptwerk, par exemple) mais qui peut satisfaire les moins intrépides: on branche sur une console MIDI et une sortie audio correcte et ça marche immédiatement.

En conclusion:

Hauptwerk, depuis sa version 3 pouvant à présent fonctionner en mode gratuit, avec quelques légères limitations, l'usage de logiciels tels que GrandOrgue ou JOrgan ne se justifie absolument plus, sauf pour les bidouilleurs sachant créer leurs propres Fichiers de Définition d'Orgue (ODF); d'autant que les banques de sons pour GrandOrgue ne sont pas très nombreuses et que celles au format Hauptwerk 1 deviennent de plus en plus difficiles à dénicher. J'ajoute que sur le forum US de Hauptwerk son propriétaire, qui a la rancune tenace, supprime systématiquement toute mention de ses concurrents. Vous trouverez en fin de la page 2  une liste de banques de sons, gratuites ou commerciales, qui acceptent parfaitement d'être utilisées avec la version gratuite de Hauptwerk. Je m'efforce de la compléter à chaque fois que l'occasion se présente.


Restait un problème à résoudre: que faire de l'ancien orgue?

Il était équipé d'un système analogique parfaitement dépassé et, de toutes façons, sans doute impossible à remettre en marche; trop lourd pour être évacué facilement. D'un autre côté, c'était une console solide, avec un banc confortable, deux très beaux claviers en bois massif, de 56 notes, bien équilibrés, très agréables au toucher et un magnifique pédalier de 32 notes; le tout n'étant pas, malheureusement, à la norme MIDI.

J'ai fini par dénicher sur le net une petite société bulgare, Largonet (midi-gadgets-boutique) qui fabrique, à un coût particulièrement compétitif, du matériel électronique MIDI et assure, si nécessaire, une assistance technique aimable et empressée. Et je leur ai commandé de quoi modifier mon ancienne console pour la rendre compatible MIDI.

Heureusement, j'ai pu obtenir l'assistance d'Albert, un ami un peu plus compétent que moi car, en ce qui me concerne, le fer à souder...

Dans un premier temps il a fallu sortir la totalité de l'ancienne électronique et la majeure partie du câblage de l'ancien orgue. Il était en effet parfaitement inutile de conserver les nappes de câbles accouplant les claviers entre eux et avec le pédalier, puisque le logiciel Hauptwerk se charge à présent du travail. Ensuite, le raccordement de l'électronique MIDI à la console est, en théorie, assez simple. Mais, les schémas fournis par Midi Boutique étant peu explicites pour des profanes en électronique et plus ou moins simplifiés, ça s'est compliqué. On y est tout de même arrivé.

La norme MIDI est un codage simple de la musique qui repère chaque note par sa hauteur, sa durée, éventuellement la vitesse d'attaque, l'intensité, etc... sur 16 canaux pouvant correspondre à des instruments ou, s'agissant d'orgues, des claviers distincts); ces canaux étant eux-mêmes divisés en 16 pistes, voire 32, correspondant aux notes pouvant être émises simultanément... Il faut donc que chaque touche enfoncée renvoie un signal électrique pouvant être codé selon cette norme MIDI. Mes claviers étaient déjà équipés de contacteurs électriques; sauf à les nettoyer et redresser un peu et également à refaire quelques contacteurs du pédalier, qui sont à glissière et intégrés à la console, il n'y avait rien à modifier de ce côté là. Un fil partait de chaque contact et une barre de cuivre sous les contacts assurait la liaison à la masse lorsque la touche était enfoncée.


l'arrière de mes claviers avant modification

Les signaux électriques provenant des contacteurs d’un clavier sont des signaux tout à fait basiques: le courant passe ou il ne passe pas. Ils ne comportent aucune indication sur le nom ou la hauteur de la note. Pour pouvoir utiliser un ancien clavier, par exemple provenant d’une console analogique, il va donc être nécessaire de passer par l’intermédiaire d’une carte encodeur MIDI qui soit capable, d’une part de reconnaître le nom de la note jouée et d’autre part d’engendrer le signal MIDI correspondant à cette note, avec ses signaux annexes de début et de fin. L’encodeur utilisé par moi est celui qui est commercialisé par MidiBoutique sous le nom de hcwe. D'autres modèles lui ont succédé, mais en plus de 12 années de bons et loyaux services, cet encodeur ne m'a jamais fait défaut.

Cet encodeur possède plusieurs connecteurs (de 4 à 6 suivant le modèle choisi) dont chacun peut être relié à un clavier différent ou à un pédalier. Ce sont des connecteurs à 2 rangées de 8 broches. Chaque note peut en effet être définie par un nombre, qui est le produit de deux chiffres compris entre 1 et 8; ce qui permet 64 combinaisons au total (8 x 8). Lorsque l’encodeur reçoit un groupe de deux signaux allant de 1 à 8, il sait donc de quelle note il s’agit, sur un clavier ayant au maximum 64 touches; ce qui est amplement suffisant pour n’importe quel orgue.

Le câblage MIDI

La transformation de chaque clavier a donc consisté en un câblage des touches de façon à ce que chacune d’entre elles puisse produire deux signaux électriques distincts, repérables par un chiffre allant de 1 à 8. La combinaison de ces 2 signaux engendre un numéro allant de 1 à 64. Pour cela il y avait deux possibilités.

La première, que j'ai adoptée et qui est aussi la plus simple (mais la plus coûteuse), est de laisser le soin de cet encodage à une carte électronique dédiée qui, chez MidiBoutique, se nomme Keymux64. Cette carte comporte une série de 4 connecteurs permettant 64 branchement au maximum. Sur de nombreux claviers les contacts se font par la simple rencontre d’un élément relié à l’alimentation électrique, avec une barre servant de masse. Pour éviter les retours intempestifs de courant, lorsque plusieurs notes sont pressées simultanément, chaque contact est équipé d’une diode qui, par définition, ne laisse passer le courant que dans un seul sens. Ces diodes sont en principe inutiles lorsqu'on utilise une carte Keylux64, puisque aucune confusion ni retour ne sont possibles. Il suffit alors de relier l’élément alimenté de la touche à un des 64 branchements de la carte Keymux64, en respectant scrupuleusement l’ordre des notes et de relier la barre à la masse de cette même carte. De la carte Keymux va partir une nappe de 16 fils qui sera reliée à un des connecteurs de l’encodeur hcwe, auquel seront donc transmises des doubles impulsions électriques dont le produit codera de 1 à 64. C'est largement suffisant pour l'orgue, dont l'étendue des claviers ne dépasse pas 61 notes en principe.

Bien entendu, il faut avec ce procédé prévoir une carte Keymux64 par clavier et le montage final, avec une grande quantité de fils entre les claviers et ces cartes, risque de ne pas être très élégant. Mais c’est facile à réaliser et ça fonctionne sans problème. Et il faut aussi savoir manier un fer à souder et ne pas avoir peur d’avoir à effectuer plusieurs centaines de soudures (parfois délicates) pour une console complète.


Une carte Keymux64. On voit les 4 contacteurs, à droite, reliés aux nappes de fils multicolores venant d'un clavier
Ces fils avaient une section trop forte pour être directement enfichés dans le Keymux. Il a été nécessaire de les souder
à de fils plus fins. Le tout a été enrobé dans une résine qui, jusqu'à présent, n'a pas bougé.


à gauche le hwce (fixé sur le bâti de la pédale d'expression) - à droite un des 3 keymux64 -
entre les deux les nappes de raccord à 2 fois 8 fils

et sur le côté gauche de l'encodeur hwce, une prise MIDI-Out
à raccorder à l'interface MIDI-In branchée sur l'ordinateur

Et voilà le travail, un peu fouillis mais on essaiera d'améliorer par quelques fixations supplémentaires. Je n'ai pas de photos récentes, mais c'est déjà un peu mieux et quel gain de place!

La seconde solution possible (que je n'ai découverte que plus tardivement) était plus complexe, mais elle aurait permis des câblages plus élégants. Elle consiste à attribuer à chaque côté des contacteurs de notes du clavier, au moyen d’un câblage approprié, un numéro de 1 à 8. La combinaison de deux numéros permettant l'identification de la touche par le décodeur hwce. Le câblage consiste donc à relier chaque contact sur un même fil, de 8 notes en 8 notes (par exemple de relier do, sol#, mib, si, sol etc.) pour obtenir une première nappe de 8 fils et de scinder la barre de bus en tronçons correspondant également à huit notes, chaque tronçon ayant son fil dans une seconde nappe de 8 fils. Selon la marque de clavier il peut y avoir des astuces à trouver, qui sont souvent traitées dans la rubrique DIY organ consoles / MIDI du forum US de Hauptwerk. Il existe d'ailleurs plusieurs versions de ce câblage, dont une spécifique aux anciens claviers de marque Fatar.

Pour le pédalier, même chose: les contacts étaient encore bons mais quelques rafistolages et remplacement de lames de ressort ont été nécessaires. Pour ceux qui mettent la main sur un vieux pédalier d'orgue d'église, je signale que les meilleur contacteurs électriques sont encore les ILS (voir cette petite animation). Ce sont des composants faciles à trouver, bon marché et fiables, mais un peu délicats à régler et qui n'aiment pas trop les organistes ayant le pied un peu lourd; heureusement faciles à remplacer. Certains techniciens préfèrent toutefois pour cette raison les contacteurs à effet Hall, plus solides que les ILS, mais beaucoup plus chers et dont je n'en ai pas l'expérience.

Certains claviers, qui présentent des contacts multiples pour chaque note (à l’origine pour faciliter les accouplements) se prêtent mal à ce type de câblage mais il faut savoir que l’encodeur hcwe ne se soucie pas de savoir comment sont câblés les claviers qui y sont  branchés et que les deux types de câblages peuvent parfaitement cohabiter dans un même instrument. En fait, chaque marque de clavier a ses particularités qui peuvent obliger à trouver des adaptations à ces deux types de montages et il est des claviers ou des pédaliers qui donnent bien du fil à retordre. Dans ce cas le passage par des cartes Keymux est peut-être préférable; mais pas obligatoire si on est un peu astucieux et très habile de ses mains.

Les autres contacteurs à bascule d'une console MIDI (dominos par exemple) peuvent bénéficier du même traitement que les claviers, par câblage 8 x 8, pour peu que la carte d'encodage MIDI dispose d'assez de connecteurs pour le branchement. Rien ne s'oppose d'ailleurs à câbler, sur les mêmes nappes, quelques dominos en continuation d'un petit clavier ou, surtout, à la suite d'un pédalier (qui est loin d'utiliser les 64 combinaisons offertes par un codage 8 x 8).

Il est  un peu difficile de trouver du matériel MIDI, les fournisseurs se comptant sur les doigts d'une main; et encore... Les cartes de MidiBoutique sont parfaites, peut-être un peu chères mais très fiables. Au reste, MidiBoutique a souvent des promos et ce sont des gens particulièrement aimables. En France, le seul que je connaisse est Pascal Leray, moins cher mais dont je n'ai pas encore eu l'occasion de tester les produits. Ses encodeurs sont à présent compatibles avec plusieurs types de câblage et en particulier celui retenu par MidiBoutique. Ils semblent bien conçus et ont l'intérêt de comporter une interface MIDI-USB en interne, ce qui, sans parler de l'économie réalisée, les rend selon lui beaucoup plus rapides dans le transfert des signaux MIDI que les encodeurs de ses concurents et plus simples à programmer. J'ai aussi entendu dire que certains avaient fait appel au polonais SOWA, particulièrement compétitif mais un peu avare en détails techniques. Son dernier encodeur me semble pas mal mais je n'ai aucune expérience de ce fabricant sinon pour ses pistons au pied, qui sont très corrects et vendus pour une bouchée de pain. Des tentatives de contacts avec lui ont été infructueuses, de nombreuses adaptations s'avérant nécessaires pour pouvoir utiliser son matériel. Enfin je sais qu'un jeune organiste du sud-ouest souhaite se lancer dans l'aventure, avec des prix très compétitifs. J'ai pu tester un de ses encodeurs, prévu pour un pédalier, très propre, alimenté en USB, qui m'a semblé être très performant. J'attends de voir ceux pour claviers. Je souhaite donc bonne chance à ce nouveau venu.

Je me dois toutefois de préciser, après avoir reçu un assez grand nombre de questions de la part de personnes qui avaient lu cette page et avaient l'envie de marcher sur mes traces, que j'ai bénéficié d'une chance incroyable en arrivant à mener à bien mon entreprise de transformation d'une ancienne console d'orgue. Aux innocents les mains pleines, dit-on! Il se trouvait que les claviers et le pédalier dont je disposais s'y prêtaient bien, avec des contacteurs simples, en bon état et facilement accessibles et que, par un heureux manque d'informations, nous sommes allé droit vers la solution la moins contraignante. Je pense que si nous avions été informés du second procédé dont je parle ci-dessus, nous aurions couru à la catastrophe, par manque d'expérience. Je ne saurais donc conseiller à quiconque de marcher sur mes traces, sans prendre de sérieuses précautions et de plutôt faire appel à quelqu'un ayant acquis une bonne expertise dans ce domaine.Si vous avez un besoin dans ce domaine, vous pouvez toujours m'envoyer un email à l'adresse qui figure en haut de cette page et je m'efforcerai de vous mettre en relation, si possible, avec quelqu'un de compétent et ayant déjà à son compte nombre de belles réalisations. Mais toute personne adroite de ses mains, minutieuse et motivée doit pouvoir y arriver; ainsi un de mes correspondants en Allemagne a pu récemment "midifer" assez rapidement son ancien orgue analogique - et même y ajouter un 3è clavier - uniquement avec nos conseils donnés par mails et par téléphone. Et il est enchanté du résultat.

Pour les audacieux un peu anglophones, je leur conseille donc le forum US de Hauptwerk dont la rubrique DIY organ consoles / MIDI est entièrement consacrée à la transformation d'anciennes consoles. En fouinant un peu vous y trouverez de nombreux conseils, shémas de câblages, photos, etc. de gens qui ont tenté, et réussi, cette expérience.

Une petite parenthèse sur le choix des claviers
Maintenant, soyons net: le choix d'un bon clavier (qu'il soit adapté par vous ou acheté tout fait) est primordial. Pour peu que vous soyez habitué à jouer sur des orgues réels à transmission mécanique, ne vous attendez pas, en utilisant un clavier MIDI électrifié, à retrouver sous vos doigts les mêmes sensations que celles que vous connaissez, ni à jouir des mêmes subtilités de phrasé. Si par contre vous jouez régulièrement sur un instrument à transmission électrique, ce sera du pareil-au-même. Si vous ne le faites pas vous-même, on trouve de tout dans le commerce, depuis l'excellent jusqu'au pire. En y mettant le prix (car certains claviers peuvent être vendus fort cher) vous devriez pouvoir trouver votre bonheur. L'idéal reste le clavier à touches en bois, reposant sur des pivots à mi longueur de la touche (comme on peut le voir sur les photos des miens). Outre le plaisir du contact du bois, plus sensuel que le plastique, la touche est alors en grand partie ramenée en place par son propre poids et non par un ressort proche de l'axe. Cela change tout.

Depuis peu certains constructeurs, tel l'allemand UHT, ont commencé à équiper leurs claviers haut-de-gamme de petits aimants en queue de touches, dont l'attirance simule à la perfection la sensation du décollement de la soupape d'un orgue à transmission mécanique. C'est le nec plus ultra... et ça se ne se donne pas. Mais quand on aime on ne compte pas. Un prescriteur professionnel à Janzé (35), lui même organiste et compositeur, m'a proposé d'essayer un ce ces claviers. C'est effectivement très agréable et l'effet sous le doigt est encore renforcé, soit par le contact de touches en bois, soit par celui de touches en plastique dont la texture n'est pas lisse, mais imite celle du matériau naturel. On m'a dit, depuis, que Fatar avait également adopté ce dispositif pour certains de ses modèles. Heureusement, notre cerveau ne demande qu'à se laisser convaincre. Les banques de sons Hauptwerk enregistrant systématiquement les attaques de chaque tuyau (souvent 3 attaques de types différents), rien que le fait d'entendre une attaque correcte suffit souvent à tromper le doigt, qui arrive même à avoir l'impression de sentir la soupape. De plus, le logiciel étant capable de choisir l'attaque qui convient (si votre clavier est sensible à la vélocité), l'illusion peut être parfaite.

L'interface MIDI
La carte HCwe possède deux prises MIDI (In et Out) à relier à une prise USB de l'ordinateur au moyen d'une interface MIDI. L'interface Midi-Sport 4x4 chez M-Audio me convenait parfaitement, même s'il y a mieux (et beaucoup plus cher). J'ai toutefois constaté qu'elle était assez gourmande en énergie et qu'elle devait être branchée sur un port USB largement alimenté pour que tous ses canaux soient reconnus par Hauptwerk. Un défaut d'alimentation avait conduit à une perte de reconnaissance de mon petit pédalier Hoffrichter, que je pensais en panne. Un branchement direct sur un port USB du Mac l'a ressuscité comme par miracle. Cette interface nécessite un pilote à jour pour pouvoir être reconnue.

Comme je ne m'en servais plus guère, sinon pour maintenir en état de marche mon ancienne installation, j'ai regardé du côté des interfaces à bas prix, au moins pour pouvoir brancher le pédalier (puisque les deux claviers Keystation 49 M-Audio ont déjà une interface MIDI intégrée et que Hauptwerk gère parfaitement plusieurs interfaces MIDI simultanément). L'expérience nous a toutefois enseigné que le système avait des limites: un pédalier + 2 claviers USB ça passe sans aucun problème; avec un 3è clavier c'est limite, mais avec un 4è clavier Hauptwerk a renaclé et refusé de reconnaître simultanément 5 interfaces MIDI différentes. L'audacieux qui avait tenté l'expérience a été obligé de faire marche arrière et trouver une autre solution. Dans ce cas un "mergeur" à 4 entrées, avec une alimentation externe pourrait être la solution; tous les signaux MIDI provenant des claviers y sont mélangés et l'interface MIDI-USB n'a plus à prendre en charge qu'une seule sortie MIDI-Out, ce qui soulage son alimentation.

Pour une petite interface MIDI, j'avais le choix entre trois modèles, dont j'avais constaté que tous fonctionnaient bien sous la version Mac OS  l'époque (10.9 Mavericks): la M-Audio Uno, la petite LogiLink et la petite Prodipe. Après essais il s'est avéré que seule la Prodipe convenait, les deux autres bien que reconnues par Hauptwerk ne recevant aucun signal MIDI. Un correspondant suisse vient aussi de m'informer que la petite interface Roland UM-One convenait parfaitement à son mac sous Mac OS 10.11.4 à condition d'installer le pilote (driver) correspondant, que l'on trouve sur le site du constructeur. La M-Audio Uno a également reçue depuis un pilote qui lui a apporté une nouvelle vie.

M.D.A. (l'éditeur de Hauptwerk) conseille d'éviter, toutefois, ces petites interfaces MIDI bon marché dont le buffer est dit-il généralement insuffisant; ce qui pourrait conduire à des arrêts de son, voire à des plantages, dès que la polyphonie est un peu élevée. Mais j'ai constaté que pour la version gratuite de Hauptwerk, elles conviennent parfaitement. et que même avec les versions payantes elles se comportent très honorablement. Un de mes amis se sert de la petite M-Audio Uno, sous Windows 7, puis 8.1 et enfin 10 et il n'a rencontré aucun problème, même avec de très grosses banques de sons. Il a également testé, avec succès, la petite Prodipe avec les mêmes systèmes d'exploitation. Je suis en relation avec plusieurs personnes utilisant cette même Prodipe (proposée sur Amazon à un prix correct), qui m'ont assuré n'avoir rencontré aucune problème. Je retiendrai donc que, pour une utilisation courante de Hauptwerk, il semble inutile d'aller chercher plus loin, à condition de ne pas trop demander, sous peine de voir la latence augmenter et la polyphonie diminuer (ces deux paramètres pouvant, au demeurant, être réglés finement au sein du logiciel Hauptwerk).

Pour ma "grande console" j'utilisais une nouvelle version de l'interface M-Audio Midisport 2x2, dite "d'anniversaire", qui est meilleure, plus petite et moins chère que la 4x4. Les signaux MIDI étant déjà regroupés (mergés) à la sortie de la carte HCwe, une interface 2x2 suffit en effet amplement. Cette interface a le bon goût de ne nécessiter aucun pilote, ni pour Mac OS (y compris les versions les plus récentes), ni pour Windows.

Pour ceux qui opteraient pour une carte-son USB, je signale qu'ils pourront faire l'économie de l'interface MIDI étant donné que ces cartes-son USB sont déjà des interfaces MIDI de qualité. C'est actuellement ainsi que je suis équipé, avec une carte-son Presonus Audiobox USB qui a remplacé efficacement la M-AUDIO Midisport.

La sono

Et bien entendu, il faut une bonne sortie son car, comme il est dit sur le site de Sygsoft: «on n'écoute pas Hauptwerk avec une paire d'enceintes à 10 Euro». Mon choix s'était porté sur les enceintes Altec-Lansing FX-6021, assez chères mais dont je suis très satisfait: graves puissants, médium bien rond, aigus fins et précis. Elles sont composées d'un gros caisson pour les basses et de deux petites enceintes pour les aigus. Parfaites pour une écoute dans une petite pièce mais, probablement moins intéressantes dans un plus grand local car d'une part le caisson de basses n'est pas très gros et, d'autre part, les aigus sont très directifs: il vaut mieux se trouver entre les deux petites enceintes. Aux dernières nouvelles, ce modèle d'enceintes n'est plus disponible.

Profitant d'un promo éclair j'ai récemment craqué pour des Harman-Kardon Soundstiks III dont le design moderniste est surprenant. Particulièrement brillantes et fidèles pour les aigus (elles égalent ou même dépassent un bon casque) à condition de placer les petits satellites (extrèmement directifs) à hauteur des oreilles et tournés vers elles, dotées d'un caisson de basses très efficace, elles donnent un son moins rond mais plus précis que mes Altec-Lansing. En utilisant les deux modèles en même temps (les Altec-Lansing comme enceintes arrières), le résultat est exceptionnel.

Cependant, our éviter de sonoriser tout le quartier (et de faire aboyer mon chien) je préfère, le soir écouter au casque. Là encore il ne faut pas trop mégoter sur la qualité, sinon certaines fréquences peuvent être filtrées ou saturer. J'ai opté pour un bon casque de marque Bose et en suis très satisfait. Certains optent pour des enceintes de monitoring, avec caisson de basses; cette solution luxueuse peut être très satisfaisante mais (comme chez moi) ne convient absolument pas à la sonorisation de grands espaces.

Enfin, on ne répétera jamais assez que la qualité de la carte son est primordiale. Je connais des utilisateurs de Hauptwerk qui, malgré des réglages sophistiqués, avaient en permanence des problème sonores: saturation, brèves coupures de son, mauvaise balance des registres, distortion et craquements étranges. Il leur a suffit d'acquérir une bonne carte son pour que tout cela disparaisse comme par enchantement. MDA dit que les Macs sont tous équipés d'excellentes cartes sons, lesquelles donnent en principe toujours satisfaction, du moins si on se limite à une écoute en stéréo. Pour les PC sous Windows il y a un peu de tout et certains constructeurs ou assembleurs ont tendance à négliger le son au profit de l'image (à cause des jeux, très exigeants en vidéo). Il n'y a donc pas de règles en la matière, sinon de se dire que la carte son est trop souvent le point faible d'un équipement Hauptwerk.

J'avoue cependant que la partie son des Macs étant réputée être de qualité, j'avais un peu négligé cet aspect de mon équipement jusqu'à ce que plusieurs de mes correspondants ne se soient équipés d'une carte son relativement bon marché (mais conseillée par MDA), la Presonus AudioBox USB et s'en déclarent émerveillés. Pour en avoir le coeur net, j'en ai donc emprunté une et l'ai essayée chez moi. Je ne m'attendais pas à une telle amélioration de la qualité sonore de mon installation: tout est plus clair, plus aéré, plus précis; aussi bien sur mes enceintes qu'au casque. Les basses ont pris une belle ampleur et les timbres paraissent beaucoup plus naturels. Cerise sur le gâteau: cette carte son assurant également le rôle d'interface MIDI, cet investissement devient particulièrement rentable pour une première installation. Un de mes correspondants a préféré acheter, dans les mêmes prix mais avec une double entrée/sortie audio, une carte son Berhinger et s'en trouve également fort satisfait.

Autre maillon de la chaîne à soigner (car on ne le, dira jamais assez, c'est toujours l'élément le moins bon qui prend le pas sur les autres): l'ampli et ses câbles de branchement. Le choix des câbles est en effet loin d'être négligeable et des problèmes peuvent venir tout simplement de câbles de mauvaise qualité, dépareillés ou de longueurs différentes.

On trouve de plus en plus souvent des banques de sons au format surround (le son provenant directement des tuyaux de l'orgue peut être envoyé vers une paire de hauts-parleurs avant, tandis que le son renvoyé par l'église peut être envoyé à des enceinte arrières). Je n'ai pas eu l'occasion de tester ce dispositif (utilisable uniquement par la version Étendue de Hauptwerk), qui exige une carte son externe (parfois un peu coûteuse) à plusieurs entrées/sorties mais, de l'avis de tous ceux qui l'on essayée, le résultat est bluffant. L'encombrement en mémoire vive (pratiquement double de celui de la version stéréo) l'est tout autant. Le chargement des voies arrières, même dans un équipement strictement stéréo, peut toutefois apporter plus de réalisme à une banque de sons paraissant un peu plate. Ce n'est pas systématique, mais généralement conseillé si votre mémoire installée le permet; en particulier pour les plus récentes banques de sons d'Augustine Virtual Organs dont les versions surround sont bien plus intéressantes que les versions stéréo.

Les dominos, pistons et autres commandes

Enfin il est bon de savoir que l’encodeur hwce comporte d’autres possibilités de branchements (qui diffèrent suivant les modèles): pour des contacteurs de types différents de ceux des touches de clavier (dominos, pistons, etc.) ou des appareils de la famille des potentiomètres (pédales d’expression ou de crescendo par exemple). Les schémas du fournisseur sont assez clairs pour quiconque sait les lire. J'ai pu vérifier que les modèles de hwce plus récents que le mien (qui a tout de même une bonne douzaine d'années mais se propose encore parfois, en solde) permettent le branchement de 8 interrupteurs (dominos de jeux ou pistons réversibles) et de 8 potentiomètres (pédales d'expression, crescendo, etc.). Il semble, sauf à leur poser la question, que Midi Gadgets Boutique propose une carte additionnelle prévue pour 32 jeux. On verra plus tard.

Comme je l'ai dit un peu plus haut, une batterie de dominos, cablés de la même façon qu'un clavier (ou en continuation des marches d'un pédalier) et branchés directement sur un connecteur 8x8 de l'encodeur MIDI, peut parfaitement être utilisée une fois programmée pour une banque de sons donnée. Pour l'instant les jeux chez moi se cliquent à la souris, sur l'écran de l'ordinateur (certains utilisent des écrans tactiles, voire 2 écrans de part et d'autre de la console, si la banque de sons le permet). Avec la possibilité de combinaisons préparées que propose pratiquement toutes les banques de sons pour Hauptwerk, ça n'est pas trop gênant. Le clavier de l'ordinateur, pour peu qu'il soit filaire, peut également être utilisé (c'est une fonction peu connue mais parfaitement intégrée à Hauptwerk). Et j'utilise aussi avec plaisir une tablette Novation Launchpad (voir la photo un peu plus haut) qui me convient très bien. Pour le tirage des jeux on n'a donc que l'embarras du choix, selon ses moyens et ses habitudes.

On m'a installé en 2015 un 3ème clavier au dessus des deux d'origine. C'est un clavier récupéré et resté inemployé car les claviers de 56 notes sont peu recherchés. Bien nettoyé, câblage refait (selon la deuxième méthode) pour être compatible avec la carte HWce, il a repris du service sans broncher. La console est à présent parfaitement fonctionnelle et agréable à jouer, même si son aspect un peu pitorresque peut surprendre. On fait avec ce qu'on a et je vous assure que ces claviers, même s'ils sont de couleurs différentes, s'accouplent sans se faire prier.


ma console modifiée, avec le nouveau clavier de 56 notes, la carte-son,
les nouvelles enceintes, le launchpad et un écran de contrôle

Bien entendu on est encore loin des sensations éprouvées lorsqu'on se trouve assis sur le vrai banc d'un vrai orgue. Quelle que soit la qualité de la chaîne de reproduction il manquera toujours chez soi cette sensation, purement subjective au demeurant, de piloter une grosse et puissante machine, ainsi que l'ampleur de l'acoustique, les vibrations de l'instrument sous les fesses, le contact direct avec les tuyaux, le vent qui souffle parfois dans les cheveux, la poussière, les odeurs d'encens... et le bavardage de la dame préposée aux fleurs. Mais croyez moi, on s'en rapproche parfois de façon étonnante. Et avoir à la maison un orgue virtuel de qualité donne vraiment envie d'aller écouter des orgues "pour de vrai", comme par exemple ceux de ma ville de de Saint-Brieuc.

Mais il ne faut pas se tromper de cible. Quelle que soit la perfection technique de Hauptwerk et des banques de sons dont l'élaboration est de mieux en mieux maîtrisée par les éditeurs (avec des fonctions qui sont bien souvent ignorées par les utilisateurs), jamais Hauptwerk ne prétendra remplacer un orgue à tuyau. Ce n’est pas sa raison d’être. Son but est de pouvoir jouer chez soi des orgues auxquels presque personne n’a accès, du fait de leur éloignement ou de toute autre raison. Hauptwerk peut vous faire connaître, avec un réalisme très convaincant, des instruments que vous n’auriez jamais pu voir,  ni même approcher. Hauptwerk est également une merveilleuse opportunité d’entrainement, chez soi ou dans une école de musique, à différents styles d’instruments et d’en découvrir les particularités et les registrations. Il faut se rendre dans une église ou un auditorium pour trouver un orgue à tuyaux. Là où Hauptwerk est imbattable c’est qu’il peut avoir sa place chez vous ou dans un conservatoire.
Il existe 4 ou 5 fabricants d’orgues numérique qui, au mieux, proposent 7 ou 8 modèles, alors que le nombre de banques de sons destinées à Hauptwerk est pléthorique, avec une variété de registrations et un réalisme très supérieurs à ce que proposent les orgues numériques du commerce.
Il ne faut pas oublier non plus les aspect de préservation, de documentation et d’archivage, offerts par Hauptwerk.
Il serait parfaitement stupide de prétendre opposer Hauptwerk et les orgues réels: ils sont complémentaires et ont des buts différents.

Donc, à défaut d'un orgue à tuyaux, me voilà tout de même avec une magnifique console d'orgue (et même deux) et une belle collection d'instruments, qui ne demande qu'à grossir. On revient de loin!

Une petite liste des orgues sur lesquels je peux jouer chez moi

(ou que j'ai eu au moins l'occasion de tester... car on ne peut tout avoir)

Cette liste est loin de représenter tout ce qui existe et n'est donc pas, comme me l'a écrit un de mes lecteurs, le "Guide Michelin de l'Orgue Virtuel". Même si quelques éditeurs que j'ai aidés dans leur travail m'ont offert des banques de sons (Sygsoft, Augustine, Sonus Paradisi) ou m'ont consenti des rabais intéressants, et que j'ai pu aussi tester à droite ou à gauche des orgues que je n'aurais pu m'offrir, mes modestes moyens ne me permettent pas de tout avoir. J'ai estimé intéressant de mentionner certaines belles banques de sons que je n'avais jamais essayées, mais dont j'avais pu apprécier la qualité par des versions de démonstration, parfois assez grosses et dont il est intéressant de parler (c'est en particulier le cas de plusieurs orgues enregistrés par Sonus Paradisi, souvent très généreux dans ses démos). Vous ne trouverez pas sur cette page, par contre, certains éditeurs importants mais dont je n'ai jamais pu m'offrir les banques de sons et qui ne proposent aucune version de démonstration permettant de les tester. Il en est cependant d'excellentes. Pour ne citer que les plus importants:

- Organ Art Media: vous y trouverez un assez grand nombre de banques de sons, très soignées dans leur réalisation, essentiellement d'orgues d'Allemagne mais aussi quelques beaux instruments français, italiens et espagnols dont le beau Silbermann alsacien d'Ebersmunster, le Silberman d'Arlesheim et le Metzler de Poblet. Toutes les banques de sons de cet éditeur (sauf quelques anciennes au format Hauptwerk 1 sont sous licence et ne peuvent donc être utilisées avec une version gratuite du logiciel. Il n'y a jamais de version de démonstration.
- Voxus Virtual Organs: j'ai signalé son ravissant petit orgue de Gapinge, mais il a également enregistré l'orgue Müller de Haarlem (62/3/P - 1738) et l'orgue Van Dam de Tholen (29/3/P - 1832)
- Inspired Acoustics, dont j'ai la banque de sons de Pusztaszabolcs mais qui propose plusieurs autres  beaux instruments, hongrois pour l'essentiel, accompagnés de démos intéressantes (quoique très difficiles à télécharger du fait d'un serveur peu performant).

Il s'agit, au demeurant, d'impressions personnelles qui peuvent être très subjectives (tout le monde n'a pas les mêmes goûts, ni les mêmes exigences). Et ces impressions varient dans le temps; ce qui m'amène à de fréquentes ré-écritures ou corrections. J'ai commencé à rédiger cette page du temps de Hauptwerk version 3, il y a plus de 12 ans: ça fait un bail! Le logiciel a beaucoup évolué et, surtout, les auteurs de banques de sons ont acquis de l'expérience. Certaines banques de sons qui ont pu sembler extraordinaires en leur temps ont plus ou moins bien vieilli, les techniques d'enregistrement se sont affinées mais également la qualité du traitement des échantillons (filtrage, débruitage, etc.) a été considérablement améliorée. La baisse constante du prix de la mémoire a aussi conduit les éditeurs à proposer des banques de sons de plus en plus complexes, jusqu'à devenir de véritables monstres qui, à mon humble avis, ne doivent guère se vendre ou être très sous-employés. D'où le choix difficile entre des paramètres aussi contradictoires que la qualité sonore, les possibilités du matériel... et le prix. Il est certainement moins glorieux d'opter pour un instrument de taille moyenne (disons 30 jeux sur 2 claviers) mais que l'on peut exploiter au mieux (entièrement chargé, en 24 bits) que de craquer pour une merveille si grosse qu'on ne pourra jamais en utiliser qu'une partie, avec une qualité de restitution ne faisant pas honneur à celui qui l'a conçue.
Il ne faut d'ailleurs surtout pas prendre le coût d'une banque de sons comme étant nécessairement un critère de qualité. Le prix demandé peut dépendre de bien des choses, comme le niveau de vie du pays de l'éditeur ou des considérations d'ordre éthique ou philosophique qui n'ont strictement rien à voir avec le travail accompli (et cela est également valable à propos des protections plus ou moins élevées, contre le piratage). On trouvera donc ci-après aussi bien des banques de sons très bon marchés (voire gratuites en page 2), tout à fait capable de rivaliser avec les meilleures, que des banques de sons proposées à des prix prohibitifs mais qui ont très mal vieilli et devraient maintenant être soldées, ou même offertes.

Mais assez bavardé, le grand tour commence.

Par la société Milan Digital Audio (actuel propriétaire du logiciel Hauptwerk): à tout seigneur, tout honneur, quiconque achète ou télécharge le logiciel Hauptwerk reçoit en même temps la banque de sons de l'orgue de l'église Sainte-Anne de Moseley, près de Birmingham. Il s'agit d'un instrument de 30 jeux, sur deux claviers et pédalier, de type victorien, construit en 1907 et donné à titre de démonstration. Elle est utilisable même avec la version gratuite de Hauptwerk. Pour cela, l'éditeur s'est efforcé de résoudre la quadrature du cercle pour obtenir une banque de sons qui, à la fois, fasse appel à pratiquement toutes les fonctions du logiciel, tout en pouvant être utilisée sur n'importe quel ordinateur, même ancien et doté de seulement 2Go de mémoire; il a donc du renoncer à pas mal de choses. La banque de sons était à l'origine en 16 bits (actuellement, même si l'oreille a du mal à faire la différence, la plupart des banques de sons du commerce sont utilisables en 24 bits), les échantillons étaient assez courts et mono (le logiciel se chargeait lui-même de re-calculer la stéréo en fonction des indications spatiales données dans la banque de sons) et la réverbération très brève. J'avoue néanmoins qu'à la première écoute j'ai été impressionné... mais ça m'a un peu passé quand j'ai connu, par la suite, d'autres banques de sons.
Pour la sortie de la version 4 de Hauptwerk, l'orgue de Sainte-Anne a été entièrement ré-enregistré et une nouvelle banque de sons est proposée, en 24 bits, stéréo et tenant compte de toutes les améliorations du logiciel. C'est le jour et la nuit, croyez moi, même si l-on trouve beaucoup mieux. Cette nouvelle version de l'orgue de Sainte-Anne est également incluse dans l'installation de Hauptwerk et, à elle seule, justifierait presque son acquisition; ne serait-ce que pour s'exercer à faire la connaissance du logiciel. Mais avec 2 Go de mémoire c'est devenu un peu trop juste. On y arrive avec 3 Go mais d'extrême justesse; je ne le conseille pas.

Par le même éditeur Milan Digital Audio :

- Une des plus belles banques de sons crées pour Hauptwerk, celle du grand orgue Mutin - Cavaillé-Coll de Notre-Dame de Metz. Un gouffre pour la mémoire et le portefeuille, mais quand on aime... Et il en vaut la peine. 38 jeux sur trois claviers et pédalier, un timbre inimitable, de splendides jeux de fond: tout pour plaire. L'acoustique est riche, très riche même, avec une réverbération de plus de 5 secondes, magnifiée par une prise de sons assez éloignée des tuyaux. Il est donné en deux versions: une version conforme à l'instrument original et une version étendue où l'on a ajouté un certain nombre de mutations et deux jeux de 32 pieds (reconstitués à partir des échantillons des jeux existants), ce qui permet (au prix de quelques entorses à la réalité historique) d'interpréter un répertoire très vaste. N'espérez toutefois pas le faire tenir avec tous ses échantillons et en 24 bit si vous en disposez pas d'une quantité considérable de mémoire. Avec mes modeste 4 Go j'arrivais toutefois à charger la version étendue, en 16 bits, avec toutes ses boucles et un certain nombre de lâchés (feu James Pressler, qui était un éminent spécialiste des orgues virtuelles, conseillait dans ce cas de privilégier le chargement des attaques et lâchés, au détriment des boucles multiples, sauf pour les mixtures où il estimait que le contraire est préférable). Avec mon mac et 8 Go la version normale se charge en totalité en 16 bit. Même avec ces restrictions cet instrument reste somptueux et alabanque de sons a assez bien vieilli. Avec 16 Go tout passe en 24 bits. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk (une petite opération, très simple à faire, permet d'extraire un fichier que l'on transmet par e-mail à Hauptwerk lequel, en retour, vous envoie un petit fichier qui met à jour le dongle).

- Petit frère de celui de Notre-Dame de Metz, le Mutin - Cavaillé-Coll de Saint-Eucaire de Metz est sorti fin 2012. Cet instrument plus modeste de 24 jeux (28 jeux en mode étendu) répartis sur 2 claviers et pédalier, a été construit en 1902 par Charles Mutin peu après la mort de son maître et associé Cavaillé-Coll survenue en 1899 (substituant un orgue du 16è siècle acheté à Trèves pour remplacer un instrument baroque, détruit lors de la Révolution). L'orgue actuel a été très bien restauré de 2002 à 2007 par Bernard Aubertin.
Cette banque de sons, particulièrement soignée (Milan Digital Audio étant l'éditeur du logiciel Hauptwerk ne pouvait décevoir) a une particularité qui, lors de sa sortie, était unique en son genre (mais d'autres éditeurs, dont Sygsoft, puis Prospectum et Augustine, se sont ensuite lancés sur ce créneau) et d'autres sont en bon chemin. Le buffet étant divisé en deux parties largement séparées, de part et d'autre de la tribune, les sensations sonores sont assez différentes selon que l'auditeur se trouve dans la nef de l'église ou à la console dans la tribune. Pour que chacun puisse y trouver son compte et se retrouver à la place du public ou sur le banc de l'orgue, il y a eu deux prises de sons complètes, à ces deux emplacements. L'utilisateur de la banque de sons peut installer l'une ou l'autre ou même (si son ordinateur dispose de beaucoup de mémoire) installer les deux. Dans ce cas une  jeu de curseurs permet de choisir sa position et même de se déplacer, en temps réel, d'un endroit à un autre de l'église en dosant les deux enregistrements. Les 8 Go de RAM de mon Mac ne me permettaient pas les deux installations avec une qualité sonore correcte et j'ai choisi la prise de sons dans l'église, qui me semble plus naturelle, et en 16 bits Le passage de mon mac en 16 Go autorise à présent un chargement en 24 bits (avec les versions 4.1 et suivantes de Hauptwerk).
Cette banque de sons est idéale pour tous ceux qui se passionnent pour la musique d'orgue française et ne disposent que de deux claviers et d'un budget modeste, car son prix est très largement inférieur (et de loin) à celui de la banque de sons de Notre-Dame de Metz. Attention: cette banque de sons est également protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Le petit Silbermann de la Marienkirche de Götha (1722) a longtemps été l'un de mes préférés. C'est un modeste instrument de 11 jeux seulement, sur un seul clavier avec un 16 pieds au pédalier (et tirasse). Dans sa version étendue, l'éditeur a très intelligemment réparti les jeux sur deux claviers, de façon à permettre un plus vaste répertoire. Les timbres délicats et si particuliers des orgues construits par Silbermann sont particulièrement bien rendus, dans leur douceur et leur parfait équilibre. Un instrument idéal pour jouer le soir, chez soi, ou pour accompagner un petit ensemble et dont le prix vient de baisser, ce qui le rend particulièrement intéressant, bien que la conception ancienne de cette banque de sons, sans lâchés multiples, lui fasse perdre un peu de son intérêt. D'autant plus que d'autres orgues construits par Silbemann et de meilleure qualité sont venus, depuis lors, s'ajouter à l'offre. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Une autre très grande banque de sons est celle de l'orgue Arp-Schnitger de Cappel, C'est un des joyaux de l'Allemagne du Nord. Cet orgue avait été construit en 1680 dans un couvent de Hambourg, puis démonté sous l'occupation napoléonienne et enfin revendu, en 1816, pour une bouchée de pain, à la petite paroisse de Cappel qui n'avait pas les moyens de s'offrir un orgue neuf, ni même d'envisager une modification et s'est ainsi trouvée, sans trop l'avoir voulu et sans s'en rendre bien compte, propriétaire d'un des instruments les plus beaux au monde. C'est cet instrument que Elmuth Walcha a choisi pour enregistrer une de ses intégrales de Bach: c'est tout dire! Il est d'ailleurs bien possible que Bach, lors de son voyage à Lübeck, ait touché ses claviers Rien à ajouter, 30 jeux sur deux claviers et pédalier, des sonorités claires et puissantes, des mixtures cristallines, des timbres magnifiquement rendus. L'acoustique de cette petite église n'est toutefois pas très généreuse, pour ne pas dire sèche, et le temps de réverbération est particulièrement court. Cette banque de sons relativement ancienne ne fait pas appel aux dernières fonctions de Hauptwerk. En particulier elle n'offre pas de lâchés multiples (peu nécessaires d'ailleurs avec une courte réverbération).
Pour cette raison, mon cœur balance plutôt pour l'orgue de Leens, un peu plus tardif mais qui lui ressemble (ou encore Zwolle, conçu également par Arp Schnitger, qui est la référence en la matière). J'avoue toutefois que celui de Cappel me plaît énormément et vaut son prix. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.

- Une de mes premières acquisitions avait été l'orgue Buzard, de l'université de l'Illinois (1986). C'est un petit instrument de 12 jeux, dans le style baroque, sur deux claviers et pédalier, dans une acoustique très sèche. Les attaques sont intéressantes (de très beaux "tchouf" au bourdon) et le cromhorne "cruche" admirablement. La banque de sons, un peu ancienne, est en 16 bits et uniquement au format Hauptwerk 1. Tout à fait dépassée techniquement (pas de lâchés multiples, pas de choix du tempérament) mais parfaite pour accompagner dans une petite église ou pour travailler son phrasé (car ses attaques sont très précises). La reverbération, qui est celle d'un auditorium, est très courte. Ce n'est tout de même pas une banque de sons que je conseillerais à présent; on a fait bien mieux depuis. De toutes façons, je viens de constater que cette banque de sons a été retirée du catalogue et n'est donc plus disponible; ce n'est pas une trop grande perte.

*****


Par la société hollandaise Sygsoft dont, par ailleurs, j'assure  vaille que vaille depuis des années la traduction du site; ce qui me vaut le rare privilège de pouvoir tester la production, en avant-première (mais je vous assure que les avis qui suivent sont sans parti-pris) et aussi de me faire aimablement offrir tout le catalogue, licences comprises (merci encore Fred!):

Sygsoft s'est très tôt lancé dans la numérisation des petits instruments du nord des Pays-Bas, dans la province de Gronigue qui, à quelques kilomètres seulement les uns des autres, concentre une série de petits joyaux méconnus. Les banques de sons qu'il en a tirées sont toutes relativement anciennes et conçues pour des versions 2 ou 3 de Hauptwerk. Elles n'ont donc pas toujours bien veilli et il y a actuellement des demandes pressantes pour que ces instruments soient ré-enregistrés et traités de façon plus actuelle. Je doute que Sygsoft le fasse un jour; néanmoins ces banques de sons, telles qu'elles sont, restent ravissantes et, de surcroît, assez peu coûteuses pour qu'on puisse être tenté de les acquérir.

- Le petit Arp-Schnitger de Eenum (1704) dans la province de Groningue - Hollande. Le facteur Arp-Schnitger a souvent été surnommé le "Stradivarius" de l'orgue et c'est, sans conteste, un des constructeurs les plus talentueux de l'époque baroque. Ce modeste instrument de 10 jeux (pratiquement tous d'origine), avec un pédalier court suspendu, a des jeux doux d'une sonorité particulièrement tendre et les jeux aigus très brillants et cristallins qui sont la caractéristique de Arp-Schnitger. Une belle trompette complète l'ensemble. C'est un peu le petit frère de l'orgue de Cappel, sur un unique clavier et sans ses basses (un seul jeu de flûte de 8 pied, aucun 16 pied) mais avec, en revanche, une acoustique à la réverbération un peu plus longue, quoique modeste. Les bruits des mécanismes et de la soufflerie sont assez présents, surtout en activant le bouton "windlosser" qui augmente la pression de l'air. Une version dite "étendue" propose les mêmes jeux, au choix, sur deux claviers distincts et un pédalier normal; ce qui donne accès à un répertoire plus vaste que sur la version "originale" de l'instrument. Cette version étendue comporte également une pédale d'expression, un peu incongrue sur un instrument de cette époque. Malheureusement Sygsoft qui ne maîtrisait pas encore parfaitement toutes les subtilités de Hauptwerk a laissé quelques petits bugs et, en particulier n'a pas su faire un bouton d'annulation générale qui fonctionne. La compatibilité avec un launchpad n'est également pas parfaite. Ce sont des petits détails qui peuvent être irritants à présent mais n'enlèvent rien à la qualité de la prise de sons et à l'intérêt de cet instrument. Existe en versions 1 (sur demande) et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisée avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk.

- Le très intéressant orgue de Krewerd , qui se trouve à quelques kilomètres seulement du précédent date de 1531, par un constructeur inconnu. Il n'a que 7 jeux (tous d'origine) sur un seul clavier et un pédalier court suspendu mais, comme pour celui de Eenum, une version "étendue" en augmente les possibilités (sans accouplement toutefois). Les timbres, très typés, de ce petit instrument sont particulièrement riches (moi j'adore), surtout si l'on en joue avec le tempérament mésotonique original, assez dérangeant pour nos oreilles modernes, mais qui fait beaucoup mieux sonner cet orgue que ne le fait un tempérament égal. La réverbération, enregistrée dans une très petite église de campagne, est particulièrement courte et la mécanique un peu bruyante (vu son âge vénérable). Vous noterez les amusants panneaux peints en trompe l'œil, qui ferment le buffet. C'est un orgue un peu dérangeant, vu son âge, mais pour lequel j'ai toujours eu un faible. Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk et peut donc être également utilisée avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk

- Paru en octobre 2009, l'orgue de Wirdum, au nord de Pays-Bas. Avec ceux de Eenum, Krewerd et Oostewijwerd et à moins de 5 kilomètres d'eux, à vol d'oiseau, c'est un de ces petits instruments qui font la gloire de la partie est de la province de Groningue, non loin de la frontière allemande. L'orgue de Wirdum a été construit en 1879 par P. van Oeckelen et ne comporte que 8 jeux, de style romantique et particulièrement "chantants", sur un seul clavier et un pédalier accouplé, auxquels l'auteur de la banque de sons a ajouté un bourdon de 16' emprunté à l'orgue de Haringe. Les deux jeux de gambe en particulier sont de toute beauté. Petit instrument mais banque de sons très soignée, avec trois lâchés par note et des échantillons sonores particulièrement longs (c'était une nouveauté à l'époque où cette banque de sons a été faite). Il bénéficie en outre d'une belle prise de sons. Sa faible taille permet de la charger sur des ordinateurs peu puissants et disposant de peu de mémoire. Disponible pour les versions 1 et 3 de Hauptwerk. Le prix doux de cette belle banque de sons la rend très attractive.

- Sorti en septembre 2010, un autre petit instrument de cette collection d'orgues de la région de Groningue, celui de Midwolde. Ce délicieux petit orgue a été construit en 1640 pour un château des environs, par Levjin Eekman, puis augmenté et remonté dans l'église de Miwolde vers 1660 par Andreas de Mare. Massacré au 19è siècle par des incompétents il a été soigneusement restauré dans son état d'origine, en 1912 par la société van Oeckelen. Il ne comporte que 6 jeux, répartis en basse et aigus, basés sur une flûte très large et particulièrement douce qui contraste avec un prestant de 4' bien timbré, une doublette 2', quelques mutations et une mixture assez brillante. La coupure du clavier; ajustable entre le Do et le Do# et un pédalier accouplé à demeure, permettent d'aborder un répertoire assez étendu. Cette banque de sons a été la première à se distinguer des autres banques de sons pour Hauptwerk par un enregistrement complet des jeux avec tremblant (et non la modélisation du tremblant par interpolation, proposée par Hauptwerk), d'où le grand réalisme de ce dispositif. Peu gourmande en mémoire et également vendue à prix doux, cette ravissante banque de sons est en outre parfaitement compatible avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk.


- Paru en janvier 2010, une curiosité: l'orgue de bambou de Roeselare (Roulers) en Belgique. Cet instrument, construit en Indonésie avant d'être assemblé en Belgique, est constitué de tuyaux en bambou (à l'exception de la première octave grave du pédalier, en bois). Il est l'un des trois instruments de ce type, de taille notable, dans le monde. Ce matériau naturel et léger lui donne un timbre très agréable, à la fois doux et flûté, très oriental et qui ne ressemble à aucun autre. L'orgue comporte 3 claviers (dont un clavier sans jeux propres, ne servant qu'aux accouplements) et un pédalier. Seulement 10 jeux, car le bambou ne se prête pas à toutes les fantaisies, mais de toute beauté. Et, ce qui ne gâte rien, cette banque de sons est vendue à un prix très raisonnable. Compatible avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk.

- L'orgue de la Boezemkerk de Bolnes est un instrument contemporain, construit en 1959. C'est déjà un orgue plus important que les précédents puisqu'il comporte 18 jeux, sur deux claviers et un pédalier conformes aux normes actuelles. Cet orgue est assez typique du style des instruments hollandais actuels. Il est rare d'entendre un orgue avec une telle présence et surtout avec une telle précision. Cet orgue a un côté agressif, mais dans le sens positif du terme. Les attaques sont franches et nettes, voila un instrument pour travailler les détails dans l'ornementation. Les plans sonores sont bien distincts avec un positif très présent. Tout passe, c'est incisif et ça répond au quart de tour, avec une précision digne du toucher d'un clavecin. Bien que sa composition semble, à première vue, proche de celle des instruments baroques, son harmonisation et ses timbres le destinent plutôt à l'exécution de la musique contemporaine et, protestantisme oblige, à l'interprétation de psaumes. Écoutez un peu ce qu'en fait son talentueux jeune titulaire Jan Peter Teeuw. Il convient également parfaitement au baroque, surtout au baroque français à mon avis. L'enregistrement et la réalisation ont été particulièrement soignés, avec des lâchés multiples très réalistes. Existe en versions 1 et 2 de Hauptwerk sur le même DVD. J'ai même pu l'utiliser avec la version gratuite de Hauptwerk 4.1, mais en 14 bits et sans les lâchés multiples. Cette banque de sons vendue à un prix modeste sera une belle découverte et fort utile.

- Un des derniers venus dans la collection de Sygsoft, le splendide orgue de Leens (province de Groningue - Hollande). Il s'agit d'un des plus beaux instruments baroques du nord de l'Europe, construit en 1733/34 par Albertus Anthoni Hinsz, de Hambourg, associé puis successeur de Frans Gaspar Schnitger (de la célèbre lignée de facteurs d'orgue Schnitger). Cet orgue de 27 jeux, sur deux claviers et un pédalier, est absolument somptueux et l'enregistrement fait par Sygsoft est en tous points parfait; même si certains préfèrent des prises de son un peu plus éloignées des tuyaux, afin de privilégier la réverbération qui, dans les banques de sons faites par Sygsoft ont souvent été un peu en arrière-plan. Ici la réverbération est cependant assez longue. Avec ses sonorités cristallines et brillantes, la banque de sons de l'orgue de Leens est un must, certainement une des plus belles qui ait été faite à cette époque pour le logiciel Hauptwerk. Cette banque de sons peut être chargée sur un Mac en 16 bits dans 4 Go (et donc de ce fait compatible avec la version de base de Hauptwerk), en 20 bit dans 8 Go et en 24 bits dans 16 Go: elle est alors dans toute sa splendeur. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk. Aux dernières nouvelles, Sygsoft pourrait envisager de faire une version 2 de cette banque de sons, qui a un peu vieilli et n'est plus vraiment aux standards actuels. On verra... mais ça vaudrait le coup.

te

En même temps que le grand-orgue Hinz de Leens, Sygsoft avait enregistré l'orgue de chœur, construit en 1982 par le facteur Mense Ruiter, de Zuidwolde (Pays-Bas). Les premiers essais d'en faire une banque de sons s'étant avérés décevants, du fait d'un bruit de moteur très fort, Sygsoft avait renoncé à diffuser cet instrument, malgré ses qualités. Il a repris ses échantillons depuis, avec l'aide avisée de  Johan van der Waal van Dijk et  le résultat s'est avéré tout à fait correct et intéressant. Ce petit instrument peu gourmand et parfaitement accepté (en 16 bits) par les versions gratuite ou de base de Hauptwerk, est proposé depuis septembre 2013, à un prix modeste.  Je vous conseille toutefois, si votre logiciel l'accepte, de l'installer en 24 bits: la différence est nettement perceptible. Autre avantage: pour ceux disposant de deux installations dans le même local, ce petit orgue est livré avec un tempérament prévu pour lui donner exactement le même diapason que le grand-orgue de l'église, ce qui peut permettre l'interprétation d'œuvres écrites pour deux orgues.
Il s'agit d'un orgue de 6 jeux 1/2, sur un seul clavier partagé, avec un pédalier accroché auquel a été ajouté un bourdon de 16 pieds emprunté au grand-orgue, avec lequel il a donc été conçu pour jouer en duo (au prix d'une légère transposition, existant d'origine). C'est donc un instrument assez puissant et qui sonne bien dans la belle acoustique de l'église de Leens. Les jeux ne comportent ni quinte, ni tierce, ni jeu d'anches mais un bel ensemble 8, 4, 2 et 1 pieds bien équilibré. Le bruit du moteur reste encore assez présent, mais l'auteur de la banque de sons a prévu un bouton pour ne plus l'entendre, si on le souhaite. Écrit pour Hauptwerk 4, il fait appel à la technique des lâchés multiples; ce qui permet un jeu rapide.

- La banque de sons de l'orgue de Haringe, en Belgique a été présentée sur place. J'y étais et j'ai eu le rare privilège de pouvoir jouer un bon moment de cet instrument prestigieux. Je puis vous assurer que le fait de se trouver à la console d'un instrument aussi ancien, exactement dans l'état où il se trouvait lorsqu'il a été construit, a quelque chose de très émouvant. Le toucher des claviers est léger et précis, même si la faible longueur des touches surprend un peu au début, l'accouplement mécanique "en tiroir" (c'est une découverte pour moi) est parfait, le vénérable pédalier à la française est amusant mais peu pratique, le magnifique tremblant très bruyant à la tribune (wouf, wouf, wouf...) mais splendide d'un peu plus loin. Cela a également l'occasion de constater que les sonorités de la banque de sons (dont je disposais depuis quelque semaines déjà) sont très fidèlement reproduites même si, depuis les claviers, la perception est toujours très différente de ce que l'on entend dans la nef de l'église. Le tremblant, en particulier, tout comme les effets de la soufflerie (3 gros soufflets cunéiformes) sont d'un grand réalisme.

 La banque de sons est donc particulièrement bien faite et d'un grand intérêt. Haringe est un hameau de Flandre, non loin de Ypres, à quelques centaines de mètres de la frontière française. L'orgue, très différent des autres orgues produits par Sygsoft, est du plus pur style baroque français et, de surcroit, il n'a subi aucune modification depuis sa construction en 1778, ce qui en fait un instrument unique (la majorité des orgues classiques françaises a été, soit détruite à la révolution, soit transformée au 19me siècle). Ses 29 jeux, répartis sur 2 claviers, un petit clavier d'écho et un pédalier court suspendu (mais il y a également une version étendue, conforme à nos critères modernes) ont été remarquablement bien numérisés et l'instrument sonne merveilleusement, dans une acoustique assez sèche toutefois. L'instrument ne comportant qu'un minuscule pédalier à la française, avec un seul bourdon de 16 pieds,  Sygsoft a prévu des sortes de tirasses, non pas pour chaque clavier complet, mais jeu par jeu ce qui en rend la registration un peu compliquée, voire pénible à mon avis, mais offre de grandes possibilités. La splendeur éclatante de son plein-jeu, la douceur des jeux de flûte, le réalisme des jeux d'anche (ah, la voix humaine...), la restitution admirable de son tremblant, placent cette banque de sons au sommet des réalisation proposées par Sygsoft pour Hauptwerk. La charger en totalité dans 4 Go de RAM exige des sacrifices et des coupes sombres; elle de convient donc guère à la version de base de Hauptwerk. Avec 8 Go il n'y a plus de problème en 16 bits et, sur un mac, elle peut être entièrement chargée en 24 bits. Il est intéressant de savoir que cette banque de sons vient accompagnée d'une série de registrations préparées par son titulaire, dans le style français. Attention: cette banque de sons est protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk.


- L'orgue de Móstoles (dans la banlieue sud-ouest de Madrid) est un concentré d'Espagne. Ce n'est pas un orgue historique, mais un instrument récent construit en 2004 par le facteur néerlandais Eppo Rynko Ottes, qui s'est établi en Catalogne. Pour la première fois, je pense, dans l'histoire de Hauptwerk une banque de sons a été entièrement réalisée sous le contrôle du constructeur de l'instrument, à tous les stades de son élaboration. Une splendide prise de son, favorisée par un accès facile à l'orgue, une ambiance très calme diminuant les besoins de filtrage des échantillons sonores, un orgue en parfait état mécanique, bien accordé et bien harmonisé, ainsi qu'une acoustique exceptionnelle ont conduit à une banque de sons particulièrement claire, fidèle et précise. La composition de cet instrument de 24 jeux sur 3 claviers (le troisième clavier, sans jeux propres, n'étant que l'accouplement permanent des deux autres) est assez variée pour qu'il puisse interpréter avec autant de bonheur la musique baroque, que romantique, voire contemporaine. Les timbres restent toutefois typiquement espagnols, avec un éblouissant jeu de trompettes en chamades qui, à lui seul, vaut le déplacement (les trompettes ont des anches en bois!). Le tout à un prix relativement modéré pour une banque de sons de cette qualité et de cette taille. Contrairement aux autres grosses banque de sons de la société Sygsoft, celle-ci n'est pas protégée par un dongle et, au prix de quelques renoncements (chargement en 14 bits, lâchés uniques) elle arrive à être chargée par la version gratuite de Hauptwerk 4.1 et en 16 bits elle passe dans la version de base. Bien entendu, pour l'entendre dans toute sa splendeur, il vaut mieux l'avoir en entier et en 24 bits; ce qui ne pose pas de problème sur un mac équipé de 8 Go de RAM.

En bute à des attaques, aussi violentes qu'injustes (à mon avis), de la part de gens dénigrant la qualité de ses banques de sons et face à une concurence de plus en plus acharnée, Fred de Jong s'était résolu à jeter l'éponge, après la banque de sons de Mósteles. Devant l'insistance de deux de ses amis Christian Boogaard (lui-même excellent organiste et spécialiste du débruitage des échantillons sonores) et Johan van der Waal Dijk (spécialiste du traitement de ces échantillons et bon conseiller technique), qui se sont associés avec lui, une autre politique a été adoptée: moins de production, mais du haut de gamme, absolument irréprochable sur le plan technique; même si cela se réduit à une seule banque de sons par an... et encore...

- Cela nous a valu, en mars 2014, l'orgue moderne de l'église Eben Haëzer d'Apeldoom. Construit par la société néerlandaise Orgelmarkerij Steedam, en même temps que l'église, il a été inauguré en 1997. Il s'agit d'un instrument de style romantique sur lequel la majorité des œuvres destinées à l'orgue peut être jouée sans faute de goût, aussi bien des œuvres baroques que contemporaines (l'utilisation de tempéraments en accord avec les époques et les lieux apporte encore un supplément de véracité). Il comporte 19 jeux, sur deux claviers et pédalier. Les particularités de l'imposante banque de sons créée par Sygsoft et sa nouvelle équipe sont:

Ces deux perfectionnements donnent à cette banque de sons un réalisme exceptionnel. Mais il va sans dire que ce réalisme se paie par une consommation de mémoire impressionnante, pouvant aller jusqu'à plus de 30 Go lorsque la banque de sons est chargée en totalité et dans sa meilleure qualité. C'était je crois bien à l'époque la plus grosse banque de sons jamais réalisée pour Hauptwerk. Heureusement, ce logiciel est assez souple pour s'adapter à des configurations plus modestes, soit en se contentant de charger la banque de sons en 16 bits (au lieu de 24), soit en limitant le nombre de canaux et/ou en désactivant les tremblants pré-enregistrés pour se contenter de ceux calculés par Hauptwerk en temps réel. Le site de Sygsoft donne un tableau des options possibles, avec en regard l'encombrement approximatif en mémoire, selon les configurations informatiques. Cela va de 1,6 Go à 30,1 Go.
Pour fixer les idées, sur un iMac équipé de 8 Go de mémoire, Mac OS accorde (assez parcimonieusement) 4,9 Go à une banque de sons Hauptwerk. J'ai ainsi pu charger un seul canal (le canal moyen me semblait le mieux adapté à mes goûts personnels) en 16 bits, avec toutes ses boucles et tous ses lâchés, mais sans les tremblants enregistrés. En augmentant la mémoire au maximum, soit 16 Go pour ce type d'ordinateur, la mémoire utilisable est de 10,6 Go ce qui m'a permis de charger le même canal médian, mais cette fois en 24 bits avec tous les tremblants, en 20 bits seulement; et ça tient tout juste. C'est appréciable car les tremblants enregistrés, tuyau par tuyau, sont infiniment plus réalistes et agréables à écouter que ceux engendrés automatiquement par le logiciel Hauptwerk et la remarquable prise de sons ne donne tout son effet qu'avec un résolution élevée. La nouvelle version 4.1 de Hauptwerk accorde plus de mémoire mais ne permet tout de même pas le chargement de plus d'un canal complet, en 24 bits.
Même ainsi réduite à un seul canal, l'audition de cet instrument était impressionnante; d'autant plus qu'il s'agit d'un orgue neuf, parfaitement harmonisé et accordé: rien ne dépasse. Et le dé-bruitage des échantillons est certainement le meilleur réalisé par Sygsoft à ce jour. Mais je ne me trouvais, à vrai dire, pas tout à fait satisfait. L'orgue était, certes, irréprochable, mais il me semblait un peu froid. J'ai donc tenté d'autres modes de chargement et ai ainsi découvert qu'il était nettement plus intéressant de privilégier le chargement des plusieurs canaux, que la profondeur de l'échantillonnage. Après plusieurs essais j'ai donc adopté un chargement complet en 20 bits pour le canal médian et un en 16 bits pour les jeux du canal arrière et la plupart de ses tremblants (au moins les combinaisons de tremblants). Un équilibrage de 100% pour le canal médian et 80% pour le canal arrière me convient bien. Et c'est le jour et la nuit. L'instrument est devenu vivant, chaleureux, puissant. C'est donc ainsi que j'en conseillerais le chargement pour les ordinateurs limités à 16 Go.
Pour ceux qui apprécient ce style d'orgue, propre et précis comme un intérieur hollandais peint par Vermeer, cette banque de sons est un must qui les comblera. Attention: elle est assez coûteuse et protégée contre la copie par inscription de sa licence dans le dongle du logiciel Hauptwerk. Elle est livrée au choix en téléchargement (mais c'est du lourd!) ou, avec un petit supplément de prix, sur un clef USB de 32 Go, dans un coffret bien présenté.

- Au mois de mai 2015, Sygsoft nous a présenté la banque de sons de l'orgue Lohman de l'église Sainte-Catherine à Heusden. C'était au départ un instrument baroque se trouvant à Barneveld, puis transporté en 1824/1828 dans l'église Saint-Jean de Arnhem, où le facteur Lohman l'a restauré en s'inspirant d'une autre de ses créations. Neuf jeux sont d'origine. Plusieurs fois restauré (en 1894 puis en 1938) l'orgue a finalement été remonté, dans son état de 1828, au cours de l'année 1984 et régulièrement entretenu depuis. Cela donne un orgue de 34 jeux, à deux claviers et pédalier: 12 jeux au G.O + 2 jeux reconstitués pour Hauptwerk, 9 jeux au positif + 3 jeux reconstitués et 8 jeux au pédalier. Cela n'est pas énorme mais la taille de la banque de sons (qui est, elle, énorme) est un gage de perfection.
C'est un instrument hollandais typiquement baroque, assez proche dans ses timbres et sa composition de celui de Leens. Mais la réalisation est beaucoup plus précise. Des timbres magnifiques, très clairs, lumineux et un équilibre parfait. La gestion du vent et des tremblants a été particulièrement soignée; d'où un réalisme extraordinaire. Cette très grosse banque de sons (20 Mo de fichiers!) peut être soit téléchargée (mais ça prend un temps fou, avec des risques d'erreurs) soit livrée sur une clef USB, moyennant un léger supplément de prix; et je recommande vivement cette option. Comme toutes les grosses banques de sons de Sygsoft, elle est protégée par l'inscription de sa licence dans le dongle Hauptwerk.
Cette banque de sons a été faite en reprenant exactement les mêmes principes que celle d'Apeldoom: 3 canaux enregistrés séparément, la quasi totalité des tremblants enregistrés (lorsque c'était techniquement possible) et plusieurs combinaisons de tremblants soigneusement ajustés pour bien être en phase. L'encombrement en mémoire vive est du même ordre que celui exigé par la banque de sons d'Apeldoom (au maximum 46,9 Go!). Plusieurs belles démos permettent d'en apprécier la qualité exceptionnelle et je signale que pour les acheteurs de cette banque de sons, Sygsoft leur fournit ces mêmes démos au format MIDI; ce qui est une intéressante initiative.
Un peu moins volumineuse que celle d'Apeldoom, on peut la charger en entier (les 3 canaux) en 16 bits sur un ordinateur disposant de 16 Go de mémoire. Il est en effet très préférable de privilégier les canaux multiples à la profondeur des échantillons. L'essai d'un canal en 20 bits n'a pas été concluant et je pense à me réserver un peu de marge pour un futur 3ème clavier.

- En même temps que le grand orgue, Sygsoft avait enregistré un petit orgue de chœur, de facture moderne, des facteurs Pels et van Leeuwen. Ces deux banques de sons devraient être proposées soit séparément, soit sous forme d'un ensemble dans lequel ce petit orgue serait utilisé par un 3ème clavier; ce qui augmentera les posssibilités de l'instrument. Tout comme sa grande sœur, cette banque de sons fait appel à la technique des 3 canaux (avant, milieu et arrière) ce qui devrait permettre une parfaite intégration et un bon équilibre des deux instruments. Sygsoft a mis en ligne quelques démos de cet instrument. C'est très beau: des timbres clairs, presque cristallins, comme savent si bien en faire les facteurs de Pays-Bas et des attaques particulièrement précises, presque percutantes. Ce petit bijou devrait parfaitement se marier à son grand frère de la tribune (il a d'ailleurs été conçu pour cela). Des démos des 3 canaux isolés, pour une même œuvre, prouvent que la technique est bien au point: la prise de sons avant est nette, presque sèche, la prise de sons médium est déjà plus enveloppée, celle arrière très riche avec une splendide réverbération. Comme avec l'orgue de Heusden, chacun devrait y trouver son bonheur.
Ce petit bijou étant à présent disponible, pour le prix très doux de 75€, chacun peut à présent se faire sa petite idée. L'instrument est très agréable et correspond bien à ce que les démos laissaient entendre. J'ai également pu vérifier que cette banque de sons pouvait être chargée facilement, en entier (les 3 voies, toutes les boucles, tous les lâchés, mais bien entendu en 16 bits) dans la version gratuite de Hauptwerk. C'est à ma connaissance la seule banque de sons surround permettant cet exploit! L'extension comme 3è clavier du Grand-Orgue se fait, par contre, toujours attendre; mais si vous la demandez à Fred il se fera certainement un plaisir de vous l'envoyer, en version beta. Elle est acceptée en 16 bits surround dans 16 Go de RAM. Chaque jeu de l'orgue de choeur peut être utilisé, de façon autonome, sur le clavier III et/ou le pédalier.


les deux instruments

- Le site de Sygsoft annonce, depuis le 16 janvier 2017, la parution de la banque de sons de l'orgue Bätz de la Oude Kerk de Zeist.
Cet instrument a été construit en 1843, peu après la reconstruction de l'église. C'est un orgue de 24 jeux: 10 au grand-orgue, 9 au Positif + tremblant et 5 au pédalier, auxquels Sigsoft a ajouté pour Hauptwerk 6 jeux dérivés de l'existant, qui s'intègrent bien à l'ensemble et donnent du corps à l'instrument. La disposition et les timbres sont déjà franchement romantiques. Tout comme les banques de sons précédentes du même éditeur, celle-ci a été enregistrée sur 6 canaux (2 voies proches du buffet; 2 autres à quelque distance et les deux dernières au fond de l'église). Un jeu de 3 glissières permet un dosage personnalisé de chaque position et une 4è glissière dose la puissance générale du positif. La technique est bien rodée, c'est efficace et le déplacement virtuel de l'auditeur, dans l'église, est l'occasion d'entendre l'orgue sous des perpectives intéressantes. En plus de l'accouplement des claviers et des deux tirasses usuelles, il est possible d'accoupler chaque jeu du posif, individuellement, au pédalier. Enfin, le tremblant fort original pouvant être perturbant pour certains, Sygsoft a ajouté un second tremblant re-calculé, plus doux et moins dérangeant. L'encombrement en mémoire étant important; le chargement des 6 canaux n'est pas obligatoire mais, dans le cas où vous ne chargeriez pas les canaux arrière et/ou médians, Sygsoft conseille d'augmenter la pression du vent (voir le site web). La totalité de la banque de sons se charge toutefois aisément sur un ordinateur équipé de 16 Go de mémoire. Je n'ai pas encore essayé, mais je pense qu'une voie devrait pouvoir passer en 20 bits.
Les quelques démos déjà en ligne, sur contrebombarde et sur le site de l'éditeur - des hymes protestants avec un tremblant fort assez envahissant (on adore cela aux Pays-Bas, mais pour beaucoup de gens ça fait un peu orgue de cinéma...) - ne permettent guère de se faire une opinion générale et objective de l'instrument.
Ayant reçu la banque de sons, je vous livre mes premières impressions. C'est en quelque sorte le petit frère de l'orgue de la catbédrale d'Utrecht: même facteur, même époque, même style, même région. La banque de sons est soignée et l'acoustique généreuse. L'ensemble donne une impression de puissance; avec des jeux de fond bien diférenciés et un tutti impressionnant. Cet orgue se prête, en définitive, à un répertoire bien plus varié que ne pourrait le laisser supposer la collection de psaumes proposés en démo.
Bien que ce soit un instrument de taille moyenne, ce sont tout de même 18 Go de fichiers à télécharger (heureusement répartis en 5 éléments) ou, avec un petit supplément, à obtenir sur une clé USB. Détail intéressant, la banque de sons vient accompagné des démos sous 3 formats (wav; mp3 et MIDI). La banque de sons, comme les précédentes, est protégée par une licence à inscrire dans le dongle de Hauptwerk. après requête chez MDA.

- J'ai également la banque de sons du petit orgue de la Vloedshuur, construit en 1959 et qui se trouve actuellement dans une communauté religieuse. C'est un instrument plus banal de 16 jeux mais assez représentatif de la facture d'orgue hollandaise du 20ème siècle. Cette banque de sons n'existe qu'au format Hauptwerk 1, ce qui en explique le prix assez bas mais, en revanche, autorise son utilisation avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk.

*****


Par Johan van der Waal van Dijk

Il s'agit d'un nouvel éditeur néerlandais qui, poussé par Fred de Jong (société Sygsoft) et en suivant ses conseils, nous offre là un "galop d'essai" avec la banque de sons de l'orgue de Mijdrecht, Pays-Bas. Cet instrument a été construit en 1840 par la société J. Batz & Co (Utrecht) pour l'église réformée de cette cité. Il a ensuite été modifié en 1915, 1961 et 1972; et enfin restauré en 1998-2001 par Van Vulpen. Il comporte actuellement 16 jeux sur 2 claviers et un pédalier, auxquels l'éditeur a ajouté 7 jeux, obtenus par des emprunts, de façon à ce qu'il convienne non seulement à l'exécution de musique romantique (pour laquelle il a été construit) mais également à la musique baroque. Quoique l'éditeur semble s'excuser de n'avoir pu enregistrer l'instrument tel qu'il aurait souhaité le faire (la banque de sons est en 16 bits, alors que la plupart des éditeurs les proposent actuellement en 24 bits), le traitement rigoureux des échantillons et un filtrage qui reste discret en font une banque de sons très agréable à jouer et à entendre, dans une acoustique assez sèche qui conviendra à ceux qui cherchent plus la précision du son que le plaisir de la réverbération. Le tout pour un prix si modeste qu'il serait vraiment inexcusable de s'en priver. Souhaitons bonne chance à cet éditeur et restons à l'affut de ses nouveaux enregistrements: il promet beaucoup. Aux dernières nouvelles Johan van der Wall van Dick s'est associé à Sygsoft pour le traitement des échantillons et conseils techniques et son site a été supprimé. Je pensais donc que cette banque de sons était devenue introuvable, mais le site fonctionne à nouveau (seulement en néerlandais) et la banque de sons est proposée à 40 €.


*****


Par la société néerlandaise Voxus et pour les tout petits budgets aux oreilles exigeantes, je signale le ravissant petit orgue de Gapinge (à quelques kilomètres au nord-ouest d'Anvers) que j'ai eu récemment l'occasion de tester. C'est une des ces petits bijoux baroques qui font la fierté de Pays-Bas. Construit probablement par Ludovicus de Backer ou un de ses élèves, vers 1760, ce modeste intrument ne comporte que 7 jeux, sur un unique clavier. Deux jeux (prestant 8' et quinte) n'existent que dans l'aigu, à partir du do3 alors que le cornet, assez curieusement, n'est présent que dans le grave. Un pédalier avec tirasse permanente est également proposé dans la banque de sons. C'est peu, mais assez judicieux et bien harmonisé ce qui autorise déjà bien des registrations intéressantes. La très courte réverbération, presque imperceptible, rend cette banque de sons idéale pour l'étude chez soi ou l'utilisation dans une église. La prise de sons et la réalisation sont parfaites et le réalisme très poussé. Vendue moins de 20€ et pouvant être chargée sans encombre dans la version gratuite de Hauptwerk, cette banque de sons (non protégée par une licence) est très séduisante.

*****


Par la société tchèques Sonus Paradisi dont j'ai longtemps assuré la traduction d'une grande partie du site web en français, avant que l'éditeur n'y renonce car cela était devenu trop lourd à gérér:

- Dans le même style italien que l'orgue de Brescia, mais de la seconde moitié du XVIIIème siècle et avec une prise de son plus récent bénéficiant donc des toutes dernières techniques proposées par Hauptwerk, le petit orgue slovène d'Izola (sur la côte Adriatique, à une encablure de Trieste). C'est un instrument modeste de 7 jeux (dont 3 divisés) sur un seul clavier et pédalier accouplé en permanence. Un jeu d'anches, en façade, est particulièrement savoureux. De plus, il sonne merveilleusement, dans une prise de sons particulièrement réussie et une acoustique très généreuse. Peu exigeant en mémoire et non protégé, il peut sans problème être utilisé sans restrictions avec les versions gratuite ou de base de Hauptwerk. Existe en 3 versions: réverbérante (wet), surround (si vous disposez de l'équipement audio nécessaire) et sèche (dry, pour une utilisation dans un lieu naturellement réverbérant, comme une église). Bref, un orgue pour se faire plaisir (peu coûteux de surcroît).

- L'orgue du monastère de Zlata Koruna, (1699) avec sa réverbération impressionnante. Il s'agit d'un orgue de 20 jeux, sur deux claviers et pédalier, dans le style très caractéristiques des orgues baroques de Bohème; sans jeux d'anche, avec des fonds assez "gambés" et des mixtures fortes. Cette banque de sons étant déjà assez ancienne, l'éditeur est retourné sur les lieux pour la ré-enregistrer et la nouvelle version est enfin sortie. La seconde version de cette banque de sons, qui fait appel à toutes les ressources techniques ajoutées depuis par Hauptwerk (lâchés multiples en particulier) et dont l'enregistrement est très soigné, est tout simplement somptueuse. Les jeux y sont plus précis et plus présents que dans la version précédente et l'acoustique est toujours aussi belle (Zlata Koruna est la plus vaste église de la République Tchèque). Une version gratuite de démonstration se trouve en téléchargement sur le site de Sonus Paradisi (onglet "Free stuff") : 4 jeux du Grand-Orgue, 1 jeu du positif et 1 jeu à la pédale. La qualité du nouvel enregistrement rend cette banque de sons très attractive (au prix de multiples ajustements, la version étendue est en effet utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk avec les réglages suivants: 14 bits, toutes les boucles mais un seul lâché pour les 8 - 4 et 2 pieds, une seule boucle mais tous les lâchés pour les mutations et mixtures, les 16 pieds en mono. Bien entendu c'est sans problème et en entier dans la version de base).
La réalisation 2 existe également en version sèche (sans la moindre réverbération, mono et enregistrée au plus près de chaque tuyau) qui convient particulièrement à l'exécution dans un lieu naturellement réverbérant.


- Dans le même style mais avec des sonorités beaucoup plus tendres, le petit orgue de l'église de Peruc (1766 par Johann Ignaz Schmidt). C'est un ravissant petit instrument de 12 jeux sur deux claviers et pédalier, peu encombrant en mémoire car en 16 bits (il tient à l'aise dans 2 Go de RAM). Comme pour la précédente, la banque de sons est relativement ancienne mais, faite avec soin, elle tient encore bien la route. Son prix est, par ailleurs, modeste. Il a depuis été enregistré à nouveau et un version plus moderne avait été annoncé, mais n'est jamais sortie. Existe en version Hauptwerk 1 et 2.  Je la recommande donc chaudement à tous ceux qui ont un ordinateur un peu ancien et doté de peu de mémoire. Fonctionne sans problème avec la version gratuite de Hauptwerk. Actuellement et dans l'attente d'une nouvelle version, cette banque de sons a été retirée du catalogue; ce qui est bien dommage.

- Également retiré du catalogue (et c'est aussi bien dommage) il y avait l'orgue de Dosky-Kruh, un adorable petit instrument de 1627: 9 jeux sur un clavier + 2 jeux au pédalier. Il existait une démo de 5 jeux + tremblant, prenant très peu de place et fonctionnant parfaitement dans la version gratuite de Hauptwerk.

Qui sait, en insistant un peu auprès de Sonus Paradisi, ces deux banques de sons pourraient peut-être re-devenir accessibles. Mais l'éditeur semble de plus en plus intéressé par de gros (et même très gros) instruments.

- Arrivé plus récemment dans la collection, l'orgue dit d'Allemagne du Sud. Il s'agit en fait de celui de Notre-Dame de Tyn à Prague, auquel on a ajouté (dans une version étendue) quelques jeux d'anche empruntés à l'orgue du Klosterneuburg, près de Vienne, afin de constituer un instrument représentatif des grandes orgues baroques d'Allemagne du Sud telles qu'en a parfois connues et pratiquées Jean-Sébastien Bach. Cela donne un instrument de 30 jeux, sur deux claviers et pédalier, dont l'enregistrement est soigné, avec attaques et lâchés multiples (au prix d'un réel encombrement en mémoire et donc, avec 4 Go de RAM, l'obligation de renoncer à un certain nombre de boucles et d'utiliser une profondeur de 14 bits seulement). Les timbres sont riches et puissants, la réverbération très longue. Même 8 Go ne suffisent pas pour un chargement intégral de la version "étendue" en 24 bits (en 20 bits ça passe). Il faut en fait un ordinateur équipé de 16 Go pour l'avoir intégralement en 24 bits. Existe en version Hauptwerk 1 (sur demande) et 3.
Une nouvelle version, mieux équilibrée, est venue ensuite. Il ne s'agit pas d'un nouvel enregistrement mais d'un travail en profondeur, en studio, sur les échantillons existants (l'auteur, qui est acousticien, est particulièrement habile dans ce domaine). Pour cette version 2, les lâchés des jeux d'anches empruntés au Klosterneuburg ont été entièrement revus afin que les acoustiques des deux églises puissent se fondre en une seule (ce qui n'était pas vraiment le cas pour la version 1). De nouveaux lâchés ont été artificiellement ajoutés et une ré-harmonisation générale de l'instrument a été faite. Autant la version 1, un peu agressive et pas toujours bien équilibrée, ne me satisfaisait que moyennement autant la version 2 est admirable et sonne magnifiquement. Pour ceux qui possèdent déjà la version 1, cette mise à jour (très peu coûteuse) s'impose absolument. Pour les autres, ce sera l'occasion de découvrir un des instruments les plus prestigieux de la république Tchèque. Les 2 DVD viennent accompagnés d'une version pour Hauptwerk1 (que je n'ai pas encore testée). Il existe une version démo de cette banque de sons (onglet "Free stuff" limitée aux deux octaves médians de l'instrument et cryptée et fait appel au dongle (donc inutilisable dans la version gratuite de Hauptwerk).

- Dans la foulée, Sonus Paradisi nous a également gratifié de la très belle banque de sons de l'orgue de Forcalquier. Plutôt qu'un orgue historique, il faudrait plutôt parler d'une très belle reconstitution d'orgue de style classique français car, de l'instrument original, il ne subsiste plus que 4 jeux (sans doute fortement ré-harmonisés) sur les 37 jeux actuels, répartis sur 3 claviers et pédalier. L'instrument a en effet été très remanié aux XIX et XX siècles, par divers facteurs. Mais il ne faut pas bouder son plaisir. Autant certaines banques de sons peuvent sembler un peu trop parfaites et froides, autant celle-ci offre une présence stupéfiante. L'éditeur s'est, en particulier, appliqué à utiliser toutes les ressources du logiciel Hauptwerk pour modéliser une soufflerie à l'ancienne (3 soufflets cunéiformes non électrifiés et donc actionnés par des souffleurs) dont l'effet (au moins dans l'Édition Avancée de Hauptwerk) est saisissant.  J'ai appris que l'instrument avait été entièrement ré-harmonisé depuis le passage de Sonus-Paradisi. Un de mes amis, qui connaît bien cette banque de sons, a récemment eu le privilège de pouvoir jouer sur l'instrument réel et m'a dit qu'elle lui a paru être très réaliste (le titulaire de l'orgue semble partager cet avis). Trois mises à jour successives sont venues depuis en améliorer certains détails (claviers plus étendus, ajouts des bruits, très discrets, du mécanisme et de la soufflerie et augmentation des possibilités de registrations préparées). J'ajoute que de toutes les banques de sons préparées pour Hauptwerk celle de Forcalquier me paraît être une de celles qui a la plus grande personnalité: il suffit de 2 ou 3 note pour l'identifier sans équivoque. Tout comme pour l'orgue de Prague, cette banque de sons est très exigeante en mémoire et oblige à des sacrifices douloureux pour pouvoir être chargée entièrement dans 4 Go de RAM. Elle se charge de justesse en 24 bits 16 Go (avec la version 4.1.1 de Hauptwerk). Il n'y a pas de version démo de cette banque de sons.

- sortie fin 2009, la banque de sons de Rabštejn nad Střelou en république Tchèque. Construit en 1793, il s'agit d'un instrument de taille relativement modeste: 12 jeux, auxquels ont été ajoutés 6 jeux re-créés virtuellement par dérivation des jeux existants, sur 2 claviers et un pédalier, pour une version "étendue". Mais il a un sonorité exceptionnelle, pure et brillante, dans une acoustique très généreuse (le temps de réverbération dépasses les 4 secondes!). La composition originale de sa mixture, basée sur les tierces, ainsi qu'un salicional un peu gambé lui apportent le timbre très typique des orgues de cette région. Cet instrument revient de loin. Peu entretenu et longtemps laissé à l'abandon dans une église désaffectée, avec une soufflerie que l'on ne s'était jamais donné le mal d'électrifier, il est devenu pratiquement injouable. Mais il parle encore et ses tuyaux ont pu être numérisés, avec soin. Le résultat est somptueux, même si vous n'aimez pas les mécaniques très bruyantes (la transmission est non seulement vétuste, mais très longue étant donnée la position des deux buffets du grand-orgue, la console se trouvant au dessus du positif, face au chœur). De toutes les banques de sons que je connais c'est probablement celle qui vous donnera le plus l'impression d'être aux claviers d'un orgue historique tant son réalisme est grand; un réalisme encore accentué par un très faible débruitage puisque les souflets, faute de moteur électrique, ont été activés manuellement, ce qui les rend très discrets. C'est aussi une de celles dont les petits jeux (quintes, tierces et mixtures) sont les plus puissants, plus encore que sur certains instruments espagnols: allez y avec prudence. Bref c'est la comtesse aux pieds nus.
L'éditeur en propose plusieurs versions, sur deux DVD: une version dite "directe", qui privilégie le son propre des tuyaux tout en conservant une réverbération assez présente (c'est celle que je préfère), une version dite "diffuse" plus flatteuse, qui reproduit mieux l'ambiance entendue depuis la nef, une version "surround" à 4 voies (2 canaux avant et 2 canaux arrières) si vous êtes bien équipés, mais l'effet est saisissant et deux versions totalement sèches (pour utilisation dans un lieu naturellement réverbérant, ou avec une réverbération artificielle) dont une répartissant les tuyaux dans l'espace tels qu'ils sont entendus depuis le banc de l'organiste. Cette banque de sons, au prix relativement modeste, est un must. Chargée en 14 bits et avec une seule boucle par tuyau elle peut être utilisée avec la version gratuite de Hauptwerk sans trop perdre de son éclat, mais en 24 bits, un chargement complet exige 8Go de mémoire. Par contre, en 16 bits elle passe dans la version de base. Il n'existe aucune version de démo de cette banque de sons.

Notez que, pour ceux qui possèdent déjà les banques de sons de Forcalquier et de Rabštejn nad Střelou, l'éditeur Augustine avec l'accord de Jiri Zurek propose gratuitement une compilation de ces deux instruments sous forme d'un énorme orgue baroque de 61 jeux sur 3 claviers et pédalier. L'arrangeur s'est en effet amusé à exploiter à fond les possibilités de Hauptwerk. Il a créée de nouveaux jeux, par dérivation des jeux existants et mis en place tous les accouplements, tirasses et expressions imaginables. Au prix d'une légère perte de puissance sonore et d'une réverbération probablement très corrigée (mais assez réussie), on retrouve reproduits assez fidèlement les timbres des deux orgues: de la belle ouvrage. Bien entendu cela ne fonctionne que si les deux banques de sons originales sont préalablement installées et que si vous disposez d'assez de mémoire vive pour charger simultanément ces deux grosses banques de sons. Sur mon Mac équipé de 16 Go de RAM, cette compilation arrive à se charger en 24 bits mais au prix de quelques limitations (16 bits au pédalier, mono pour le 32 pieds et certains 16 pieds, les graves étant de toute façon peu directifs). Je n'ai pas testé mais je pense que sous Windows, moins exigeant que Mac OS dans l'attribution de la mémoire vive, il devrait pouvoir passer de justesse en 24 bits sur un PC équipé de 16 Go.

Il propose de même, et sous les mêmes conditions, une compilation des orgues de Vélésovo et Ménestérol: 64 jeux sur 3 claviers et pédalier. Le principe est le même mais le résultat est, à mon avis plus neutre et moins convaincant que la compilation Forcalquier - Rabštejn nad Střelou. L'encombrement en mémoire vive est également considérable: c'est à peine si avec 16 Go de RAM j'ai pu charger cette instrument composite en 16 bits. Bref et même si c'est un beau tour de force, je pense que les originaux pris séparément valent mieux que leur copies conjointes; mais il s'agit là d'un avis tout personnel.

- Augustine nous offre également trois belles compilations entièrement gratuites, assembléees à partir de diverses démos de Sonus Paradisi et avec sa bénédiction:

• En utilisant les démos des orgues de Utrecht, Doesburg et Cæn, il a créé une magnifique et très imposante banque de sons nommée "Great Romantic composit". Tenez-vous bien, 68 jeux sur 3 claviers et pédalier, avec toutes les options d'accouplements et tirasses! Les orgues utilisés se prêtaient bien à l'exercice. C'est parfaitement équilibré, l'acoustique est intéressante avec une longue réverbération et les timbres sont bien préservés. Mais cette banque de sons est si grosse qu'avec mes malheureux 16 Go de RAM je ne peux la charger en entier qu'en 16 bits (en travaillant bien la question on devrait pouvoir en charger une partie en 20 bits car il s'en faut de peu; mais il n'est pas certain que la différence vaille le coup).

• Avec les démos de Rotterdam, Velesovo et Menesterol, Augustine a créé la banque de sons nommée "Modern composit", à peine plus modeste: seulement 52 jeux sur 3 claviers et pédalier. Elle vaut également le détour et peut être chargée en entier en 20 bits dans 16 Go de RAM. J'ai choisi 24 bits pour les claviers et 20 bits pour le pédalier: ça passe de justesse dans mes 16 Go!.

• Il existe de même un "Great baroque" que je n'ai pas installé car avec ses 73 jeux sur 4 claviers et pédalier, il dépasse un peu mes possibilités matérielles. Augustine dit qu'il peut être chargé entièrement en 16 bits dans 16 Go mais que lui-même n'ayant pas un ordinateur mieux équipé n'a même pas pu tester cette banque de sons en 24 bits... Cette gigantesque banque de sons est faite à partir des démos de Zwolle, Dom Bédos, Saint-Maximin, Palma, Saint-Michel et Smecno; rien que ça. Les démos sonores sonnent bien.

- Construit en 2007, par le facteur Tomaš Močnik, pour l'église slovène de N.D. d'Adergas puis remonté à
Vélésovo, ce bel instrument a été fait dans le plus pur style des orgues de Thuringe à l'époque de J.S. Bach. Sa facture (mis à part l'électrification de la soufflerie) est en tous points conforme à celle des orgues sur lesquels Bach a joué toute sa vie (du moins des plus gros instruments qu'il a connus); aussi convient-il particulièrement bien à l'exécution des œuvres de ce compositeur et de ses contemporains d'Allemagne du sud. De l'avis des utilisateurs du forum de Hauptwerk, c'est une des meilleures (sinon la meilleure) banque de sons qui existe actuellement pour jouer Bach.
Harmonisé très doux, avec une pression d'air assez basse, l'orgue de Vélésovo comporte 14 jeux au grand-orgue, 14 jeux au positif et 11 jeux au pédalier (39 en tout) ce qui est fait un instrument puissant et très complet . Il a même un jeu de 32 pieds au pédalier, ce que Bach n'a probablement jamais connu de sa vie. Un bourdon et un basson de 16 pieds, ainsi qu'un trompette de 8 pieds, au grand-orgue sont des choses rares en Allemagne du sud, mais appréciables. Il comporte des tremblants à chaque division y compris au pédalier et tous les accouplements et tirasses nécessaires. La réverbération est assez longue, dans une belle acoustique. La banque de sons est proposée en versions "wet" (réverbérante) et surround pour ceux qui disposent de l'équipement nécessaire. Elle existe également en version sèche (vendue séparément).
On trouve également au téléchargement sur le site de Sonus Paradisi une version de démonstration gratuite de cet orgue, pleinement fonctionnelle (wet et surround) mais limitée à 10 jeux: au GO Principal 8', Octava 4', Octava 2', Mixture; au positif Gedackt (bourdon) 8', Salicional 4', Waldfloete 2', Quinte 1 1/3'; au pédalier Subbass 16', Octavbass 8'; tremblants pour les 3 divisions, accouplement Pos-GO. Cela suffit pour disposer d'un très intéressant petit orgue dans le style allemand du sud, très bien réalisé et particulièrement agréable à écouter... mais qui donne bigrement envie d'acquérir la version complète (pas donnée, mais tout de même abordable en comparaison des prix pratiqués par certains autres éditeurs). Une belle initiative de Sonus Paradisi, qu'il faut saluer au passage.

- Toujours chez Sonus Paradisi, nous avions depuis longtemps une ravissante démonstration de 4 jeux du petit orgue tchèque de Smecno (1587). La banque de son, au format Hauptwerk 1, était librement téléchargeable. Peu de chose, mais gratuit et les timbres étaient très beaux.
Depuis la création de cette page, la restauration de l'orgue de Smecno a été poursuivie. Puis un positif de dos néo-baroque, complètement indépendant de l'instrument ancien, a été ajouté en 2009-2010, et sponsorisé par les ventes de l'ancienne banque de sons, par Sonus Paradisi: initiative qui mérite d'être saluée bien bas. La banque de sons ré-enregistrée et entièrement refaite a ensuite été reprise pour tenir compte des nouvelles possibilités de Hauptwerk. L'ancienne démonstration a donc été retirée pour être remplacée par une autre, particulièrement étendue puisqu'elle comporte à présent l'ancien instrument tel que restauré dans sa totalité: 10 jeux sur un clavier et 3 jeux au pédalier (versions réverbérante et surround).  Les timbres de cette nouvelle version, totalement ré-équilibrée sont encore plus beaux que ceux de la version 1: un vrai régal pour la musique de la Renaissance. Cette démo gratuite, pour peu que l'on évite de charger les canaux arrières (rear), inutiles pour qui ne dispose pas d'un équipement surround, est parfaitement utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk, ce qui la rend particulièrement intéressante (et donne envie d'acheter la version complète: 2 claviers et pédalier, avec accouplement et tirasse, dans les deux versions: avant et après restauration - intéressante initiative car elle permet des comparaisons très instructives, voire le dialogue entre les deux orgues, sur deux claviers différents).
Cette version payante inclue donc, outre l'ancienne disposition et une version totalement "sèche" pour utilisation dans des lieux naturellement réverbérants, les 6 jeux du positif baroque de dos que l'on peut voir sur cette photo, devant l'ancien grand-orgue de 1587, ainsi qu'un version de l'orgue avant restauration. Le tout est réparti sur 3 claviers, avec tous les accouplements et tirasses qui n'existent pas dans les instruments originaux, mais rendent bien service. Une mise à jour récente a ajouté un savoureux jeu de régale sur le 3ème clavier (il faut bien le chercher, tout en haut à droite de l'écran).  Un grand plaisir pour un prix assez doux.

- De la même façon, Sonus Paradisi avait sorti la banque de sons du magnifique orgue Isnard de Saint-Maximin, en Provence, l'un des très rares orgues français de facture classique qui nous soit parvenu intact. Cette banque de sons, initialement au format Hauptwerk 1 puis portée sur Hauptwerk 2 avait un peu mal vieilli en comparaison de ce que la technique actuelle permet d'obtenir. Sonus Paradisi l'a donc entièrement refaite pour Hauptwerk 3/4, en surround, sur la base d'enregistrements nouveaux, après accord et ré-harmonisation de l'orgue et il faut bien avouer que c'est une réussite, même si elle s'avère être assez éloignée de la première version dite St Maximin deLuxe, plus authentique et très conforme à l'instrument original, mais à l'harmonisation un peu "brute de décoffrage". Cette première version, à ma connaissance, n'a jamais été commercialisée, mais je l'ai découverte installée sur le disque dur d'un ami récemment décédé, à qui elle avait été offerte, je crois, en prime d'un achat particulièrement important.
Il s'agit d'un gros instrument à 4 claviers, comportant de nombreux jeux d'anche qui le rendent impressionnant. L'acoustique de la basilique étant parfaite (malgré au moins 7 secondes de réverbération!), cette banque de sons est un vrai régal pour ceux qui peuvent la charger (voir les besoins en mémoire sur le site de l'auteur) et qui disposent d'une console à 4 claviers... Il faut toutefois signaler que le concepteur de cette banque de sons a estimé devoir ré-harmoniser, sous la conduite d'organistes réputés, un grand nombre de tuyaux à bouche (en particulier les mixtures) qui en avaient grand besoin nous dit-il, afin de nous restituer cet instrument tel qu'on pense qu'il devait sonner à sa création. L'initiative est louable et le résultat parfait, mais elle pourrait choquer certains puristes ou des amateurs inconditionnels de cet instrument.
La présentation de la banque de sons original ayant été trouvée particulièrement confuse, une extension plus facilement utilisable a été proposée et, au passage, quelques jeux dérivés ont été ajoutés. L'instrument complet, en version étendue wet et sans les voies arrières (rear) peut être chargé en 20 bits sur un ordinateur ayant 16 Go de mémoire.

Pour les autres ou tout simplement pour tous ceux qui voudraient au moins pouvoir y goûter, Sonus Paradisi a mis en ligne une très belle banque de sons en démonstration gratuite (à télécharger sous ce lien). Il s'agit en fait de la totalité des jeux du Positif, sur un seul clavier (sans pédalier, mais par un clic droit sur le pédalier à l'écran, votre pédalier peut être reconnu comme accouplé en permanence au clavier). Un beau cadeau qui, de plus, a le bon goût de parfaitement fonctionner avec la version gratuite de Hauptwerk, pour peu qu'on évite de charger les canaux arrières (rear) de la version surround.

- Toujours pour ceux qui ne peuvent où ne souhaitent s'offrir la (très) grosse banque de sons de l'orgue néerlandais de Zwolle (4 claviers!), il en existe sur le site de Sonus Paradisi une somptueuses version de démonstration, limitée à 11 jeux, répartis sur les 4 claviers, mais qu'il est impossible d'ouvrir avec la version gratuite de Hauptwerk, même au prix de grosses restrictions. Cette banque de sons est proposée avec réverbération-surround mais également en version sèche. Un enregistrement sans défaut et une très belle acoustique.
La version complète est vrai régal.... mais c'est du lourd! Cet orgue commandé au grand facteur allemand Arp Schnitger en 179 a été construit par ses deux fils Frans Caspar et Johann Georg et achevé en 1721. Malheureusement modifié en 1837 par Petrus van Oeckelen il a été restauré dans son état d'origine, après la guerre entre 1953 et 1955, par Dirk Andries Flentrop. En 2007 il a été proposé à Sonus Paradisi de le numériser, afin de pouvoir conserver une témoignage précis de l'instrument, en cas de futures modifications. L'instrument ayant été accordé au tempérament égal en 1837, il n'a pas été possible de le rétablir dans son tempérament original. Mais un jeu de tempéraments anciens est fourni avec la banque de sons.
Cette banque de sons est proposée en 3 versions: surround, wet et dry. Il faut tout de même près de 26 Go de mémoire libre pour en charger la version surround en 24 bits (échantillons compressés). La version wet complète extended (non surround) peut toutefois être chargée sans encombre en 24 bits sur un ordinateur ayant 16 Go de mémoire. Et c'est déjà impressionnant. Une intéressante démo de 11 jeux sur 4 claviers, avec les tremblants enregistrés est également offerte: elle vaut largement la peine d'être essayée.

- J'ai eu récemment l'occasion de tester chez un ami la banque de sons de l'orgue de l'église de la Sainte-Croix à Litomysl. C'est une banque de sons qui a déjà quelques années, mais qui a bien veilli. Cet instrument de l'est de la Bohème, baroque à l'origine (Frantisek Pavel Horakj en 1780), a été entièrement reconstruit en 1902 par Joseph Kobrle (1851 - 1919), puis à nouveau refait à neuf en 2011 par Vladimir Grygar. Autant dire que pratiquement rien ne subsiste des orgues précédents et qu'il s'agit d'un instrument moderne. Avec ses 4 claviers et ses 51 jeux, c'est déjà un monument, puissant, aux timbres très variés, parfaitement servi par une longue réverbération et une splendide acoustique. Avec une grande variété d'accouplements, expression, crescendo, tremblants, il peut attaquer n'importe quel répertoire. On y trouve aussi bien tout l'éventail des jeux baroques, qu'une grande variété de jeux de fond très romantique, ainsi qu'une véritable artillerie d'anches en chamades à faire pâlir d'envie les plus gros instruments espagnols (on y trouve même une trompette impériale de 32 pieds!). Tout cela peut-être au prix d'un certain manque de personnalité, ce qui est souvent la caractéristique des grandes orgues modernes. Mais l'instrument est très beau. La prise de sons est impeccable et cette banque de sons dispose de toutes les fonctions récentes de Hauptwerk (double écran, page d'harmonisation, crescendo programmable, accord fin des jeux "célestes", nombreuses boucles et lâchés, etc.). Il n'y a pas de version de démo pour cet instrument.


- J'ai eu l'occasion d'essayer la banque de sons de l'orgue Walcker de la Martinikerk de Doesburg, une des plus grosses banques de sons faites par Sonus Paradisi (en septembre 2013) et c'est somptueux. Cet énorme instrument romantique de 75 jeux, répartis sur 4 claviers + pédalier, a été construit entre 1914 et 1916 pour l'église de la Nieuwe Zuidekerk de Rotterdam par le facteur allemand Oscar Walker puis, après démolition de l'église en 1968, déplacé à son emplacement actuel, en remplacement d'un orgue détruit pendant la guerre. Il offre la plus grande variété de jeux de fonds qu'on puisse imaginer, ce qui permet de nuancer très finement son jeu. Il fait par contre l'impasse quasi totale sur les mutations. Bien que typiquement allememand, cet instrument est également fortement inspiré, pour les jeux d'anche, de la facture de Cavaillé-Coll et ses brillants cornets et mixtures font expressément références à ceux de Silbermann, dont Walcker a même gravé le nom sur un des tuyaux. Il vient accompagné de toute une armada d'accouplements/tirasses, de pas moins de 3 boîtes d'expression et d'un impressionnant rouleau de crescendo, à 64 pas, très bien composé et dont les transitions sont particulièrement subtiles. L'acoustique, avec sa très longue réverbération (jusqu'à 6 secondes), est splendide.
Bien entendu, tout se paye et outre le prix assez élevé de cette banque de sons elle est également particulièrement exigeante en mémoire, surtout en mode surround où ça peut vous occuper jusqu'à 38,3 Mo! Il est toutefois possible de la charger entièrement dans un ordinateur équipé de 16 Go (il vous en restera un solde de 3 Go environ) si vous l'ouvrez en 16 bits et sans les voies arrières. Il vous faudra également demander à Hauptwerk de vous accorder nettement plus de polyphonie que d'ordinaire si vous en voulez pas avoir des notes qui se perdent en route ou entendre des bruits bizarres. Une très belle démo de 20 jeux sur 2 claviers + pédalier permet de se faire une bonne idée de l'instrument. Cette démo gratuite passe en 20 bits dans 16 Go de mémoire. Il ne faudrait pas passer à côté d'un tel cadeau!

- Tous les amateurs de musique baroque française l'attendaient avec impatience. Sonus Paradisi l'a fait. Voici enfin un des rares instruments du "Grand Siècle" qui nous soit parvenu intact. L'orgue de l'abbaye Saint-Michel-en-Thiérache, construit par Jean Boizard en 1714 dans le nord de la France, a échappé à plusieurs incendies, aux démolitions de la Révolution de 1789 et aux "embellissements" plus ou moins malencontreux du 19ème siècle. Et le voici dans toute sa splendeur, magnifiquement restituée par la très belle banque de sons de cet éditeur tchèque. Il comporte 31 jeux, répartis sur 4 claviers et pédalier (dont un clavier de récit et et un d'écho ne faisant entendre chacun qu'un seul cornet). Une sonorité brillante, probablement plus "Grand Siècle" que celle de Saint-Maximin, dans une acoustique remarquable. Et ce sont tous les fastes de la cour du Roi Soleil qui vous sont offerts. Nous avions déjà d'autres banques de sons d'orgues français du XVIIIème (Saint-maximin, Forcalquier, Haringe), mais c'est pratiquement la seule jusqu'à présent qui puisse nous faire entendre les sonorités si particulières du XVIIème, dans toute leur pureté: remarquable. Cette banque de sons peut être chargée sur un Mac en 16 bits dans 8 Go et en 24 bits dans 16 Go (ce qui exclu donc toute utilisation avec la version de base de Hauptwerk)

Pour en avoir une idée, chacun peut télécharger librement la banque de sons (non surround) que Sonus Paradisi propose en démonstration: 8 jeux du clavier de grand-orgue (dont la voix-humaine et son tremblant); pas de pédalier, mais par un clic droit sur le pédalier à l'écran, votre pédalier peut être reconnu comme accouplé en permanence au clavier) qui vous feront découvrir gratuitement la beauté de cet instrument et de son plein jeu, même sur la version gratuite de Hauptwerk (attention: une version 4 de Hauptwerk est nécessaire, aussi bien pour la banque complète que pour sa démo).

- L'orgue de l'église Saint-Étienne de Caen est l'un des plus beaux instruments construits par Cavaillé-Coll. Sonus Paradisi en avait édité une très belle banque de sons qu'il a récemment retravaillée et qui vient accompagnée d'une exceptionnelle démo gratuite (elle en est à la version 2.5); certainementune des plus grosses banque de sons offertes gratuitement, pour Hauptwerk: 6 jeux du grand-orgue, 3 du positif, 5 du Récit et 3 du pédalier. Ce sont en tout 17 jeux, et des plus beaux, qui sont proposés au téléchargement pour vous constituer un remarquable instrument égalant et même surpassant bien des banques de sons coûteuses. Bien entendu il ne faut pas espérer, même en rusant, imaginer de pouvoir charger cet orgue en totalité avec la version gratuite de Hauptwerk, même en 14 bits et avec des boucles uniques:  cette démo est réservée à ceux qui possèdent déjà une version licenciée du logiciel. Ou alors ils faut en retrancher une bonne partie. Un utilisateur me signale que la version complète de cette banque de sons peut être chargée dans Hauptwerk 4.1 et suivantes en 20 bits, avec 16 Go de mémoire, avec les restrictions suivantes: les canaux arrières (rear) désactivés et les jeux enregistrés sur deux canaux (L - R) chargés en mono.
Un amateur éclairé qui publie sur le forum US de Hauptwerk sous le nom de "Soubasse" propose sur demande de belles extensions de cette démo, régulièrement améliorées et augmentées, mais qui ne sont pas tout à fait gratuites.

- Un monument de la facture d'orgue hollandaise, la banque de sons du grand orgue de l'église Saint-Laurent (Laurenskerk) de Rotterdam est sortie en 2013 chez Sonus Paradisi. Construit par Marcussen et fils en 1973 (car après la guerre il ne devait plus rester un seul tyau d'orgue debout, à Rotterdam), cet orgue de 85 jeux sur 4 claviers et pédalier, basé sur un 32 pieds, dans le style néo-baroque et à traction entièrement mécanique (probablement le plus gros instrument au monde à traction mécanique) a été remarquablement enregistré, avec sa très longue réverbération (jusqu'à 6 secondes) et en trois versions: stéréo sèche ou réverbérante et surround, avec deux prises de son séparées pour les tremblants (gauche et droite); ce qui ajoute encore au réalisme. Il est bien évident que seuls les ordinateurs très richement pourvus en mémoire peuvent exploiter cette banque de sons dans toute sa splendeur (jusqu'à 60 Go peuvent être nécessaires en surround et 24 bits). Ce n'est hélas pas le cas de ma configuration, loin de là... et le prix de vente est en conséquence. Sonus Paradisi indique toutefois sur son site comme cette banque de sons peut être chargée dans Hauptwerk en 16 bits, sur un ordinateur diposant de 16 Go de mémoire, avec les restrictions suivantes: les canaux arrières (rear) désactivés et les jeux enregistrés sur deux canaux (L - R) chargés en mono; il précise même que dans ce cas, une  partie des jeux peut être utilisée en 20 bits.
Cet orgue a la particularité presque unique d'avoir presque tous ses principaux de 16, 8 et 4 pieds formés de plusieurs tuyaux à l'unisson; ce qui leur donne une vie étonnante mais a nécessité des échantillons de 9 à 11 secondes, particulièrement délicats à boucler correctement. Une autre particularité de l'instrument est d'avoir des mixtures composées d'un nombre important et inhabituel de rangs. D'où une richesse sonore inégalée. La cimballe du Bovenwerk contient même une quarte et une sixte. Un ensemble de jeux d'anches en chamade, divisés, et une pédale d'expression apportent à cet orgue des possibilités qui dépassent, de loin, la musique strictement baroque.
Pour nous consoler de la taille gigantesque de cette banque de sons (et de son prix élevé), Sonus Paradisi a le bon goût de nous offrir gratuitement le téléchargement d'une version de démonstration de cet orgue, réduite à 24 jeux; ce qui n'est pas si mal. C'est même je crois la plus grosse démo jamais offerte par un éditeur (encore plus grosse que celle du Cavaillé-Coll de Caen). Et même ainsi il vous faudra un minimum de 16 Go pour la charger au complet en 20 bits. Avec mes 8 petits Go, j'ai dû me résoudre à rester en 16 bits (la qualité des CD du commerce tout de même) et à me passer de la plupart des jeux tremblants. Il faut bien se faire une raison. Mais en respectant les instructions de l'éditeur (Hoofdwerk + Bovenwerk réunis sur le clavier de Grand-orgue et Rugwerk + Borstwerk réunis au positif) je me trouve avec un splendide instrument à la sonorité magnifique et aux vastes possibilités. À conseiller vivement à tous ceux qui peuvent l'installer. Évidemment il n'est pas question de vouloir l'utiliser avec la version gratuite de Hauptwerk!

- l'église Saint-Laurent (Laurenskerk) de Rotterdam possède un second instrument dans son transept, de taille plus réduite (quoique tout de même 31 jeux sur 3 claviers et pédalier; ce qui n'est pas rien). Cet orgue a été construit en 1959 par Marcussen et fils (l'ancien ayant totalement disparu dans les bombardements de 1940) dans un buffet renaissance provenant de l'église St Barthélémy de Schoonhoven, qui était assez semblable d'après les peintures que nous avons de l'église avant guerre, mais auquel a été ajouté un positif de dos à l'avant de la tribune, l'octave grave du 16 pieds étant dans un petit local à l'arrière de l'orgue. Cet instrument se caractérise par une régale de 16 pieds, placée horizontalement. Sonus Paradisi nous gratifie depuis novembre 2014 de pas moins de 3 versions de cette banque de sons: une version sèche, une version réverbérante "wet" directe, sans bruits de mécanisme et sans tremblant au récit (pouvant être chargée en 24 bits dans 12 G o de mémoire) et une version surround regroupant deux prises de sons (proche et diffuse) pouvant être dosées au choix de l'organiste mais qu'il est presque impossible de charger entièrement dans 16 Go de mémoire (en 24 bits elle occupe 30 Go!). Une réalisation très soignée dont l'éditeur nous propose un avant goût avec deux démos (wet et surround) limitées cette fois à 3 jeux du Rugwerk plus un très beau tremblant, ce qui permet juste de se faire une petite idée mais laisse un petit goût de trop peu. Les deux démos, aussi bien la "wet" que la surround peuvent être chargées dans la version gratuite de Hauptwerk et une récente mise à jour autorise à présent une tirasse, et donc l'usage du pédalier.
Un amateur éclairé qui publie dans le forum français de Hauptwerk sous le pseudo de Gilles nous a concocté, à partir de cette démo, une extension où le clavier a été divisé et deux jeux ajoutés (dessus de quinte et de tierce); ce qui commence à être intéressant. L'installation de cette extension, un peu rustique, se fait en recopiant ce petit fichier dans votre dossier "Hauptwerk/HauptwerkUserData/CustomOrganDefinitions"
(sans vous tromper de dossier, comme cela m'est arrivé bêtement) puis en allant le chercher sous Hauptwerk, par le menu  Design tools / Load custom organ ... L'orgue peut alors être ouvert normalement.

- sorti en juin 2014 le très intéressant Cavaillé-Coll de Saint-Omer. C'est un des premiers orgues construits par ce facteur, en 1853-1855, sur la base d'un instrument plus ancien dont quelques jeux (ré-harmonisés et ré-accordés un ton plus haut) ont été utilisés; Mais dans la quasi totalité des jeux, dont la totalité de ceux du récit, sont de Cavaillé-Coll. Cela donne un instrument de 45 jeux sur 4 claviers et pédalier (13 au positif, 9 au Grand-Orgue, 9 au clavier de résonnance, 12 au récit et 6 au pédalier), plus une grande variété d'accouplements, tirasses, appels d'anches, tremblant. La banque de sons, très volumineuse, a été enregistrée sur 4 voies (surround) avec 3 lâchés par tuyau. Il va sans dire qu'elle est aussi très exigeante en mémoire. Mais avec ses timbres magnifiques et une belle réverbération de 4 à 5 secondes, elle vaut largement le prix demandé. Cette banque de sons est cryptée et exige l'inscription de sa licence dans le dongle Hauptrwerk
Fidèle à ses habitudes, Sonus-Paradisi nous allèche par une somptueuse démo gratuite. Elle comporte 19 jeux (les 13 du positif, 3 au Grand-Orgue et 3 au récit); dommage qu'il n'y ait pas au moins un jeu de 16 pieds au pédalier): magnifique mais demandant déjà pas mal de mémoire, et une version licenciée de Hauptwerk. Un utilisateur averti de Hauptwerk, qui publie sous le pseudo de Subass32, a mis en ligne, avec l'autorisation de Sonus Paradisi,  une très belle extension de cette démo qui étend largement les possibilités de cette banque de sons, en y ajoutant des jeux dérivés (en particulier au pédalier), des tirasses et une présentation plus facile à exploiter. Cela nous donne une magnifique instrument de 25 jeux, sur 3 claviers et pédalier et qui ne coûte rien.

Mais le site a été fermé. Alors je prends le relai et mets en ligne à mon tour les deux fichiers d'extension, que j'avais pris la précaution d'archiver:
- ici le premier
- ici le second

- En procédant de la même façon, un autre amateur ayant pour pseudo "josq" nous a concocté une très belle compilation des démos de Saint-Omer, Cæn et Rotterdam, ce qui donne un gros et très intéressant instrument dans le style Cavaillé-Coll, parfaitement gratuit, avec 52 jeux sur 3 claviers et pédalier. Pour cela il vous faudra tout d'abord télécharger sur le site de Sonus Paradisi les 3 démos en question et les installer dans Hauptwerk. Puis télécharger un tout petit fichier qui se trouve sous ce lien. Son utilisation n'est pas évidente. Il faut lui ajouter l'extension .rar puis le décompacter avec un utilitaire reconnaissant le format .rar (ils sont légion). On obtient alors un fichier dont le nom est Cavaillé-Coll composite.Organ_Hauptwerk_xml qui doit être recopié tel quel dans votre dossier Hauptwerk/HauptwerkSampleSetsAndComponents/OrganDefinitions. Notez que ce fichier de définition d'orgue est prévu pour fonctionner avec la version 4.1 et que si vous utilisez encore la 4.0 il vous faudra éditer la première ligne du fichier pour modifier le numéro de version. Même si les auteurs de Hauptwerk ne recommandent pas ce type d'opération, des utilisateurs disent dans le forum que ça fonctionne (mais d'autres s'y sont cassé les dents... et y ont laissé des plumes. Moi je n'ai pas essayé). Il n'y a plus ensuite qu'à ouvrir l'orgue, de la façon habituelle. Petite astuce: un grand nombre de jeux sont enregistrés sur deux voies indépendantes: L et R (gauche et droite). Il est parfaitement inutile de charger ces jeux en sétéréo, puisqu'ils le sont déjà. En les chargeant en mono on économise pas mal de mémoire. Pour charger le tout en 24 bits, avec l'ensemble des attaques, boucles et lâchés il vous faut tout de même un ordinateur équipé d'au moins 18 Go de RAM. Mais le résultat est paraît-il à la hauteur de la promesse; pourquoi s'en priver?
Attention: la dernière version de la démo de Cæn (version 2.5) est nécessaire; avec une version précédente (version 2.0 par exemple) l'orgue refuse de s'installer.

Fin mars 2018, JOSQ a rajouté 6 jeux à cette banque de sons composite, en faisant appel à la démo gratuite de Brasov (ou au moins le fichier 1723). cela vous permettra de passer votre banque de sons "Cavaille-Coll Composite" å 58 registres (une soubasse 32, une anche 10-2/3 une flute 4',  deux Quintes 2 2/3, un cor anglais 16' et un Clairon 4' en plus). Voici le nouveau lien obtenu grâce à l'obligeance de Louison Muller sur le forum français de Hauptwerk.

- il a été question plus haut de l'orgue de la cathédrale d'Utrecht (Domkerk) qui a servi de base à diverses compilations. La banque de sons est d'octobre 2013. Cet instrument, construit par le facteur Bätz dans la première partie du XIXè siècle, puis modifié à diverses reprises, est un orgue romantique typique des Pays-Bas; autrement dit une composition proche de la composition baroque (avec toujours de belles flûtes, très sonores et des principaux puissants) mais également avec des jeux de fonds (magnifiques) dont la sonorité s'apparente un peu (mais de loin) à ceux des orgues françaises de la même époque. Cet instrument est remarquable de clarté, malgé une très ample réverbération (la plus longue réverbération à ce jour de toutes les banques de sons de cet éditeur). Le résultat est absolument impressionnant: un must!. Plusieurs présentations des jeux sont proposées: ensemble des jeux et claviers, jambages gauche et droit et une présentation simplifiée mieux adaptée aux écrans tactiles. L'orgue a été enregistré en surround, pour ceux qui peuvent l'utiliser dans cette configuration et diposent d'assez de mémoire car, même en supprimant tous les canaux arrière, y compris les tremblants (rear) cette banque de sons ne peut être chargée en entier qu'en 16 bits sur un ordinateur dispoant de 16 Go de mémoire. Sonus Paradisi indique toutefois que, pour cette configuration, il est possible d'ouvrir quelques jeux en 20 bits, car il y a de la marge. Une démo gratuite de 12 jeux, sur 3 claviers et pédalier, est disponible sur le site de l'éditeur; c'est déjà en soi un instrument remarquable.

- l'année 2011 a été particulièrement féconde chez Sonus Paradisi puisqu'elle nous a apporté deux très beaux instruments:

L'orgue construit par Bartolomeo Fromentelli en 2007, à la demande du pape Benoît XVI pour l'église St. Domenico de Rieti (près de Rome). Cet orgue a cela de remarquable qu'il a été fait selon les plans, très précis, du fameux traité de facture d'orgue (1766 - 1770) du facteur d'orgues Dom Bedos, considéré comme une bible par tous les constructeurs d'orgues, encore de nos jours. Dom Bedos ayant peu construit et aucun des instruments faits par lui ne nous étant parvenu dans son état original, il s'agit d'un témoignage extrêmement précieux. C'est un gros instrument à 5 claviers et pédalier dont la banque de sons exige un équipement qui n'est pas donné à tout le monde (surtout en mode surround) mais dont l'organiste Frédéric Deschamps a dit: "C'est un orgue fabuleux qu'il faut avoir dans sa collection mais aussi se déplacer pour aller l'entendre et le jouer !"
Comme à son habitude, Sonus Paradisi a mis en ligne une belle démo gratuite: quatre jeux du grand-orgue (1 - 8 - 4 - 2), cinq jeux du positif ( 8- 4 - 2 - 2 2/3 et cromhorne) et la magnifique trompette de bataille en chamade du clavier de résonance. Pas de jeux au pédalier mais par un clic droit sur le pédalier à l'écran, votre pédalier peut être reconnu comme accouplé en permanence au clavier. Cette démo est libre et peut être chargée en entier avec la version gratuite de Hauptwerk 4.1.1 (ce qui n'était pas les cas avec la 4.0) .

L'orgue délicieusement baroque de Krzeszow (ça se prononce Kjechou m'a t-on dit), en Silésie polonaise, construit entre 1732 et 1737 par Michael Engler. Sa composition est caractéristique des orgues de cette partie de l'Europe, avec de nombreux jeux de fond (en particulier des jeux gambés), de riches mutations et des mixtures à base de tierces. les anches du clavier sont très douces mais il possède par contre de nombreux jeux d'anches au pédalier, dont un Posaune de 32 pieds! Il a 3 claviers et un pédalier. Autre particularité de cet instrument: le positif et 4 jeux du pédalier sont transpositeurs afin de pouvoir accompagner les ensembles accordés selon le "ton de chambre" ou "Camer Ton", plus bas que celui de l'orgue; la banque de sons vient donc avec deux séries d'accouplements qu'il ne faut pas confondre, sous peine de cacophonie. La présentation des jeux étant particulièrement confuse et difficile à lire, je vous conseille l'utilisation des extensions télé-chargeables sur cette page (en particulier la version Bodoni 72 bold, qui est très lisible). Une autre présentation très lisible se trouve sur le site d'Almorse.
Comme toujours, cet orgue vient accompagné d'une banque de sons libre, en démo, qui est utilisable avec la version gratuite de Hauptwerk (mais en 14 bits et avec des attaques uniques): quatre jeux au grand-orgue (1 - 8 - 4 et cimbel) - quatre jeux au récit (8 - 8 quinte et 2), quatre au positif (8 - 8 2 - 1) et trois jeux au pédalier (1 - 8  et trompette 8'). La transposition au "Camer Ton" est également possible. Cela constitue déjà un bel instrument. et la prise de sons est remarquable.

La petite ville de Montpon-Ménestérol (Dordogne) est un peu la capitales des orgues depuis que Francis Chapelet (1934), fils de Roger Chapelet, organiste international, y a rassemblé une collection de six orgues. Mais c'est l'orgue de la belle église romane de Saint-Pierre-aux-Liens (XIIè siècle) qui est le plus connu. Construit en 1980-82 par Gerhard Grenzing, à l'initiative de Francis Chapelet, il réutilise le buffet de l'orgue construit à Colmar, en 1842, par Valentin Rinckenbac pour le Temple Saint-Mathieu, qui tombait en ruines. Le reste est neuf, dans le style allemand du nord sur le modèle des orgues de Schnitger tels qu'on peut en trouver par exemple à Grasberg, Pellworm, Noordbroek ou Uithuizen. Il comporte 23 jeux, répartis sur deux claviers et un pédalier. C'est cet instrument, très bien équilibré, aux sonorités pleines mais sans agressivité, qui a été superbement numérisé par Sonus Paradisi, sous la direction de l'organiste Frédéric Deschamps. Sonus Paradisi en propose une belle banque de sons, à un prix défiant toute concurrence. Elle est livrée sur 3 DVDs ou en téléchargement, dans trois versions: une version mixte (réverbérante et surround,, pour ceux qui disposent de cet équipement), une version semi-sèche enregistrée depuis le banc de l'organiste, qui convient bien à une exécution chez soi et une version pratiquement sèche pour l'utilisation dans des églises ou des lieux naturellement réverbérants.
Pour peu que l'on ne charge pas les canaux surround arrières (rear) et que l'on renonce à quelques boucles ou lâchés, cette banque de sons peut sans difficulté être ouverte en 16 bits par la version gratuite de Hauptwerk; ce qui vu son prix la rend particulièrement attractive, en particulier pour les inconditionnels de Bach et de la musique allemande.
Arrivée récemment et sans fanfare, il existe une version de démo de cette banque de sons, dans ses 3 variantes (dry, moist et surround), toutes trois acceptées par la version gratuite de Hauptwerk. Elle est limitée à 6 jeux: GO montre 8", prestant 4', flûte 2' - Positif boudon 8', flûte 4' et quinte 2 3/5. Accouplement et tirasses permettent l'utilisation du pédalier. Cette démo se trouve sous l'onglet Free Stuff du site de Sonus Paradisi.


C'est également en 2011 qu'ont été présentées deux banques de sons d'orgues espagnols, que je viens seulement d'avoir l'occasion de  tester:

- en avril 2011, l'orgue de Santanyi (Majorque), un instrument de 40 jeux divisés, construit en 1762 par Jordi Bosch et restauré par Grenzing. C'est un orgue assez déroutant, je dois dire, pour qui n'est pas un peu familier avec les instruments ibériques. Il a certes deux claviers (de 49 notes dans la version Hauptwerk) et un petit pédalier mais ce sont des claviers séparés (main gauche - main droite) et le fait que les noms de jeux soient affichés en catalan ne simplifie pas les choses. Le mieux est encore de s'en remettre à leur traduction et aux commentaires proposés sur le site de Sonus Paradisi. Il est également très intéressant de consulter ce fichier, qui est ma traduction d'un article du musicologue Stuart Frankel, également pointé dans le site de Sonus Paradisi. Le pédalier est un petit truc à 10 boutons, dont deux affectés au Teratremol - tremblement de terre (qui doit être pratiquement injouable dans la réalité, sans un entrainement spécifique). Le reste est une seule octave diatonique (sans # ni b). Ce pédalier a été, de plus, transposé d'une octave pour Hauptwerk, de telle sorte que là où on s'attend à trouver un do2 on entend un do1. Bref, faut s'accrocher et se le réserver pour un répertoire très ciblé. J'ai toutefois été agréablement surpris de voir combien la musique baroque française, non seulement pouvair parfaitement s'accommoder des jeux de Santanyi mais s'y trouver mise en pleine lumière de façon surprenante.
Reste que les jeux sont magnifiques et typiquement espagnols: des flûtes douces et lumineuses, des mixtures (plé) qui "arrachent" et une véritable artillerie de jeux d'anches énergiques (la plupart en chamade) à faire trembler les murs. La réverbération est ample et l'acoustique très belle. Bref, un petit saut dans l'inconnu qui vaut largement l'effort d'adaptation qu'il exige: pour moi une merveilleuse découverte. Il n'existe pas de version de démo de cette banque de sons.

- en septembre 2011, ce fut le tour de l'orgue du couvent de la Mare de Déu del Socors, (Sant Agusti), à Palma de Majorque. Il a été construit en 1702 par les frères Caimari et très respectueusement restauré par Gerhard Grenzig en 1969-70. C'est un instrument à 3 claviers de 49 notes et un petit pédalier de deux jeux, aussi insignifiant que celui de Santanyi, accouplé au grand-orgue en permanence. Pour ne pas trop perturber les utilisateurs, Sonus Paradisi en propose deux versions:

La prise de sons est à mi chemin entre le sec et le réverbérant; ce qui permet un phrasé très précis tout en conservant une acoustique plaisante (mais beaucoup moins riche que celle de Santanyi). Les timbres de ces deux instruments ont proches, ceux de l'orgue de Palma étant peu plus variés et peut-être plus voisins de ceux des orgues du début du XVIIIè siècle français, quoique avec un équilibrage tout à fait différent. Les jeux d'anches, qui vont du 8' au 2' sont superbes et les mutations nombreuses et assez "pyramidales" comme dans les instruments italiens. L'orgue de Palma sait se faire doux et tendre mais il excelle dans le grand spectacle. Sonus Paradisi propose une petite version de démo de cette banque de sons: un seul clavier coupé (6 jeux à chaque mains), qui sonne bien et est intéressante.

Sorti en septembre 2014, toujours par Sonus Paradisi, l'imposant instrument de l'église noire de Brasov, au chœur de la Transylvanie (actuellement roumaine), construit en 1839 par le facteur berlinois Carl August Buchholz. C'est un orgue de transition, plus vraiment baroque mais pas encore tout à fait romantique. Il ne comporte pas moins de 63 jeux, répartis sur 4 claviers et pédalier! L'enregistrement a été fait en mode surround ce qui lui fait occuper une place en mémoire de 34,7 Go pour un chargement complet en 24 bits (battant sur le fil le record de poids de l'orgue d'Apeldoom); heureusement, la version stéréo conventionnelle peut être entièrement chargée dans 12,6 Go en 24 bits, ce qui est déjà assez conséquent. Une ample réverbération d'environ 5 secondes vient napper le tout. Une belle démo de 18 jeux, avec toutes les possibilités de surround, est proposée au téléchargement. Cette démo est également répartie sur 4 claviers et pédalier mais pour les petites consoles l'éditeur propose d'utiliser l'Oberverk comme clavier principal et de regrouper les 3 autres claviers (unterwerk, Hauptmanual et Rohrwerk) sur un seul: une démo gratuite qui, à elle seule, constitue un bien bel instrument et déjà complet dans sa composition (il a même un 32 pieds)


l'année 2015 a été moins féconde que les précédentes, chez Sonus Paradisi, mais nous a tout de même apporté une perle: le splendide Silbermann de la Petrikirche de Freiberg. Moins connu que celui de la cathédrale, cet orgue parfaitement entretenu et soigneusement restauré est un exemple parfait du génie de Silbermann dans la dernière partie de son existence et de ses couleurs sonores si caractéristiques. Miraculeusement épargné, avant son montage, lors de l'incendie qui a ravagé les ateliers de Silbermann, il a été (en petite partie) offert par lui à la Petrikirche, en remerciement du vœu qu'il avait fait alors. L'orgue comporte 32 jeux, sur deux claviers + pédalier, y compris de somptueux jeux d'anches et même un voix humaine au positif, ce qui n'est pas si fréquent pour les instruments d'Allemagne du sud ainsi que deux types de tremblants. On peut être un peu gêné par la sobriété des jeux du pédalier (qui comporte tout de même un jeu de 32 pieds) mais une tirasse du grand-orgue apporte un certain confort dans ce domaine. Rien n'empêche d'ailleurs l'utilisation des petites palettes de Hauptwerk pour ajouter virtuellement à cet orgue d'autres types de tirasses ou accouplements.
La prise de sons est parfaite, assez subtilement débruitée, ce qui conserve un bruit de soufflerie très présent qui pourra en gêner certains; mais là encore le réglage des bruits , proposé en standard par Sonus Paradisi, est de nature à contenter tout le monde. La banque de sons initiale (version 2) proposait deux variantes: une version réverbérante, au choix "diffuse" avec une ample réverbération, ou "direct" enregistrée assez près des tuyaux; les deux en mode surround (mais rien n'empêche de désactiver les voies arrières). Il y a également une version sèche, qui peut être utile. Une mise à jour en version 2.5 ajoute la possibilité de charger les deux voies (diffuse et direct), avec un dosage des deux au moyen de curseurs. Cette technique lourde en mémoire, mais de plus en plus souvent proposée (par exemple pour Saint-Eucaire chez MDA ou les deux dernières banques de sons de Sygsoft) permet à l'auditeur de se déplacer virtuellement dans l'église, selon ses  goûts et les œuvres jouées. Cette version 2.5 revoit également le calcul des tremblants (qui ne sont pas enregistrés, mais re-créés par Hauptwerk) et propose une présentation simplifiée de la console, pour une meilleure lisibilité.

Une démo, pas facile à trouver, se trouve sur le site de l'éditeur.
Sonus Paradisi, l'éditeur pour Hauptwerk certainement le plus piraté, a fini par se résoudre à adopter un certain niveau de protection de ses banques de sons. Celle-ci est donc entièrement cryptée, ce qui n'en autorise l'usage qu'avec une version récente de Hauptwerk (4.2.1 au minimum) accompagnée de son dongle, la version Avancée étant fortement conseillée, voire nécessaire. Alors: Zöblitz ou Freiberg? entre les deux mon cœur balance, mais pas mon porte-monnaie... Les deux sont beaux. Freiberg étant peut-être un peu plus présent que Zöblitz et, surtout, offrant une plus grande variété de jeux et donc, par conséquent, nettement plus de possibilités.


Pour les très, très gourmands, Sonus Paradisi propose depuis le début du mois d'octobre 2015 la plus grosse banque de sons - et de loin - jamais réalisée pour Hauptwerk: le "Sonnenorgel" de Goerlitz. Ce gigantesque instrument est une tentative moderne de reconstitution d'un instrument de1703 de Eugenio Casparini, confiée à la société suisse Mathis Orgelbau. L'instrument orginal, de 57 jeux, était déjà énorme, au point que J.S. Bach avait dit de lui qu'il fallait une force de cheval pour pouvoir en jouer; et on en a encore ajouté pour qu'il puisse convenir au répertoire le plus étendu. L'orgue a actuellement 87 jeux! répartis sur 4 claviers plus pédalier. Mais ce n'est pas tout. Sonus Paradisi l'a enregistré non pas sur 2 canaux stéréo, ni même sur 4 canaux surround, mais sur 6 canaux! avec une table de mixage dans un onglet dédié à cela. Vous imaginez la chose? Entièrement chargé en 24 bits, il va vous bouffer pas moins de 85 Go de mémoire...
Il est heureusement proposé en plusieurs versions: la totale de 87 jeux, une moyenne de 58 jeux (seulement)  sur 3 claviers, une petite de 31 jeux, sur claviers également. Une démo gratuite de 10 jeux sur 2 claviers est également disponible, qui est également enregistrée avec les 6 canaux. Cette démo tient à l'aise dans 16 Go de mémoire, chargée en entier avec ses 6 canaux et en 24 bits. Très propre mais un peu décevante, à mon avis, quant au choix des jeux proposés, qui ne reflètent pas la brillance de l'instrument, cette démo est tout de même intéressante par son mécanisme de balance entre les différents canaux. Les deux plus grosses versions sont cryptées et exigent l'installation d'une licence dans le dongle de Hauptwerk, les deux autres non. Les prix sont élevés mais bien étagés selon les versions. À chacun de voir selon sa gourmandise, ses besoins et ses moyens. Les démos enregistrées sont magnifiques, je dois dire.


Toujours infatigable, Sonus Paradisi a sorti à temps pour Noël 2015 la banque de sons de l'orgue de Dingelstaedt. Construit en 1932/3 par Anton Feith et récemment restauré par Karl Brode, ce gros instrument romantique allemand de 45 jeux sur 3 claviers + P. Elle arrive accompagnée d'une foule d'accouplements, tirasses, expressions, crescendo etc. qui lui apportent d'immenses possibilités. Elle est enregistré en surround sur 6 canaux. C'est un peu le pendant (en beaucoup plus cher) de l'orgue de Komárom proposé quelques jours plus tôt par Augustine.

La grosse démo gratuite qui est proposée avec (pas facile à charger sans un logiciel spécialisé, par exemple iGetter pour mac, est à elle seule une banque de sons impressionnante à côté de laquelle il serait impardonable de passer sans y jeter au moins un coup d'œil. Elle a tout de même besoin d'un ordi avec 16 Go pour un chargement complet 24 bits surround:
- Clavier I: prinzipal 8, flautamajor 8, octav 4, octav 2
- Clavier II: quintatön 8, clarinette 8
- Clavier III: flöten cornett 8, lieblich gedeckt 8, aeoline 8, vox coelestis 8, konzertflöte 4, nachthorn 2
- Pédalier: subbass 16
7 registration préparées (très bien faites, allant du pp au fff), tremolo, un grand nombre d'accouplements et tirasses. Comme sa grande soeur elle est également en surround à 6 canaux. Cette démo, contrairement à la banque de sons commerciale, n'est pas cryptée.
Et ça sonne du tonnerre de Zeus!

• Sonus Paradisi vient de sortir, ce 6 juin, la banque de sons de Rozay-en-Brie, dont de bien belles  démos se trouvaient sur Contrebombarde depuis quelques jours. On ignore qui a construit cet instrument, probablement au dernier quart du XVIIè siècle (peut-être L. A. Cliquot) mais on est à peu près certain que les trois frères Couperin, qui habitaient à proximité, en ont joué; d'où le nom "Orgue des Couperins" qu'on donne généralement à cet instrument. Restauré en 1723 par François Deslandes, puis après sa mort probablement par Louis-Alexandre Cliquot, l'orgue a été remis en état dans les années 30 par Gabriel d'Alençon, puis en 1996 et avec un grand respect par Yves Cabourdin sous la direction de Michel Chapuis. L'orgue est classé Monument Historique depuis 1957. De style français, il comporte 26 jeux (dont 3 coupés en basse et dessus) sur 3 claviers de 48 notes (60 dans la version Hauptwerk) et un pédalier de 30 notes (le clavier III de récit n'ayant qu'un seul jeu de cornet), plus divers accessoires: deux types de tremblants, vielle, rossignol.... Double affichage, vertical ou horizontal au choix et affichage simplifié. Les démos disponibles (qui augmentent chaque jour) laissent entendre un plein jeu d'une grande clarté, un magnifique principal de 8, seul avec tremblant ainsi que des jeux d'anche de toute beauté - le cromorne tout seul avec le tremblant est une révélation - le tout dans un tempérament mésotonique savoureux qui se prête parfaitement à la musique de la Renaissance. Cette banque de sons non cryptée est proposée en surround sur 6 voies (au prix d'un encombrement assez important de la mémoire vive) avec une table de mixage pour doser les différents plans sonores, mais rien n'oblige de la charger ainsi, surtout si on ne dispose pas de l'équipement correspondant. À peu près contemporaine de Saint-Michel-en-Thiérache, la comparaison entre les deux instruments est intéressante. Cette banque de sons n'est pas donnée non plus, mais il y a pire.

J'ai enfin pu l'essayer. Contrairement à ce que je pensais c’est finalement assez différent, comme banque de sons, de St-Michel-en-Thiérache. L’équilibre des jeux n’est pas du tout le même; il est plus contrasté, avec des jeux très puissants au pédalier faisant oublier l’absence de 16 pieds, un cromorne d'une grande tendresse et un cornet au clavier III à décorner les bœufs. Le tremblant doux est à damner un ange. La prise de sons est remarquable. La technique a fait bien des progrès depuis Saint-Michel.
On arrive, de justesse, à charger la totalité des voies « Front » (direct et diffuse) en 16 bits dans 16 Go de RAM. N’essayez pas d’aller au delà, si vous n’avez pas plus de mémoire.
Mais même avec cette configuration, la superposition des voies direct et diffuse (réglable au moyen de curseurs) apporte beaucoup de présence et permet vite de faire oublier qu’on est en 16 bits.
Sonus Paradisi a également mis sur son site (onglet "free stuff" comme toujours) une version de démonstration, limitée à 3 jeux du  G.O. ( 8 - 4 - 2), les deux tremblants, la vielle et le rossignol. Elle est surtout destinée à tester les fonctions surround à 6 voies et leur intéressant système de balance. Cette démo a également le grand mérite de mettre en valeur le tremblant doux, entièrement numérisé (le tremblant fort est re-calculé par Hauptwerk). Une comparaison
, pour les mêmes jeux et le tremblant doux, avec la banque de sons plus ancienne de Saint-Michel-en-Thiérache - un instrument très similaire mais qui a été numérisé sans ses tremblants - montre la grande supériorité de cette technique. En se servant judicieusement des petites palettes d'accouplement de Hauptwerk on arrive à ajouter des tirasses et des accouplements aux octaves inférieures et supérieures; ce qui permet l'usage du pédalier et une utilisation plus large de cette mini banque de sons.


Après quelques indiscrétions sur le forum US de Hauptwerk et de très belles démos sur le site de Contrebombarde, Sonus Paradisi nous propose un des plus fameux instruments baroques des Pays-Bas, l'orgue de la Walburgkerk de Zutphen. Construit en 1639 par Henrick Bader, puis restauré et déplacé par Johannes Wilhelmus Timpe en 1813, cet orgue a ensuite subi diverses modifications (dont le remplacement de certains tuyaux en 1824) avant d'être scrupleusement reconstruit, selon les plans de 1639, par le facteur Reil, en 1996. Actuellement l'essentiel du Grand-Orgue et du Positif est constitué des tuyaux originaux de Bader et presque tout le Récit provient de Timpe. Sur les 5 soufflets cunéïformes, 4 sont d'origine. Cet orgue a 38 jeux (10 à chaque clavier et 8 au pédalier), trois tremblants par clavier et un tremblant général, 2 accouplements et 3 tirasses. Il est au diapason 443 et a son propre tempérament. Le temps de réverbération de l'église est d'au moins 8 secondes.
La banque de sons, dont seule la version surround est cryptée, exige une version au moins 4.2 de Hauptwerk. Elle est proposée dans deux versions pouvant être acquises séparément: une version demi-sèche (moist) enregistrée à peu de distance du buffet mais qui laisse entendre un peu de la réverbération naturelle du lieu et une version surround à 6 canaux avec autant de curseurs pour le dosage de chacun d'entre eux. La version surround est réservée à ceux qui ont les moyens de la charger (elle ne passe pas en entier dans 16 Go de RAM et en exige plus de 60 en 24 bits!). La version semi-dry est un peu moins gourmande mais ne pourra toutefois être ouverte qu'en 16 bits avec 16 Go de RAM. Il lui en faut plus de 21 pour passer en 24 bits. Autant dire que cet orgue n'est pas donné à tout le monde. La version surround de cette banque de sons est cryptée et exige l'inscription de sa licence dans le dongle Hauptrwerk, la semi-dry n'est pas cryptée. Une petite démo de 4 jeux du positif est proposée, comme toujours sous l'onglet Free stuff. Son intérêt est essentiellement de montrer les possibilités de paramétrage du surround à 6 voies et la qualité du tremblant. Mais également de faire un peu saliver devant une acoustique somptueuse et de bien beaux timbres. Cette démo est beaucoup trop grosse pour être acceptée par la version gratuite de Hauptwerk, même en supprimant les voies arrières.


C'est un petit bijou que nous présente cet automne Sonus Paradisi: l'orgue de la basilique Saint-Denis et Saint-Valentin de Kiedrich (Rhénanie - Allemagne). Cet instrument serait, avec ceux de Rysum, Sion et Ostönnen, un des plus anciens orgues encore jouables au monde. Modifié plusieurs fois au cours des siècles, il est le plus vieil instrument de l’Hesse et est souvent décrit comme étant le plus vieil instrument d'Allemagne. Mais tout n'est pas d'époque. Les jeux les plus anciens remonteraient à environ 1500. Il s'agissait probablement d'un instrument à un seul clavier. Un positif a été ajouté en 1652-53 par  Johann Wendelin Kirchner, lors d'une restauration; puis un pédalier indépendant en 1722. Vers l'an 1800, l'orgue est muet. Il est jugé irréparable, mais, faute de moyens financiers, il ne sera pas remplacé par un nouvel instrument. Re-découvert par Sir John Sutton en 1857, ce mécène décide de le faire restaurer par le facteur belge Louis-Benoît Hooguy (entre 1858 et 1860). La dernière restauration, par la firme suisse Kuhn a été menée entre 1985 et 1987 selon l'orgue de Sir John Sutton, toute interprétation d'un état plus ancien paraissant trop hypothétique.

Sonus Paradisi nous en livre une version particulièrement soignée, enregistrée en mode surround sur 6 canaux, ce qui au passage ne rend pas la banque de sons de ce petit instrument accessible à toutes les configurations d'ordinateur. Pour un chargement complet, comptez 10,5 Go en 16 bits, 16,9 Go en 20 bits et 19,1 Go en 24 bits. Il est possible de l'utiliser avec 16Go de RAM, par exemple avec tous les jeux avant (direct) en 20 bits et le reste en 16 bits. Il n'a que 6 jeux au positif (clavier I), 8 au grand-orgue (clavier II) et 7 au pédalier, allant du bourdon de 16' à la super-octave 1' dans une disposition assez surprenante (voire dérangeante pour certains). Les tuyaux du positif et du pédalier sont effet placés à l'arrière, dans la tour, ce qui leur donne un aspect lointain et une grande différence de puissance avec ceux du clavier principal. Cela oblige à des registrations qui ne sont pas vraiment celles que l'on utilise généralement pour les instruments baroques, avec positif de dos ou en hauteur. Le beau tremblant doux, qui affecte tout l'instrument, a été intégralement enregistré. Double affichage pour les jambages droite et gauche et affichage simplfié pour les petits écrans. Accouplement I/II. Au besoin les palettes de Hauptwerk permettent d'ajouter les tirasses, qui n'existent pas sur l'instrument original.

Une petite version de démo est proposée. Elle ne comporte que 2 jeux (principal 8 et flûte 4'), mais sur 6canaux et avec leur tremblant; c'est peu mais ça donne une idée de la qualité de la réalisation et permet de jouer avec les curseurs de position. Cette démo a été prévue pour pouvoir être utillisée entièrement dans la version gratuite de Hauptwerk. Les enregistrements mis en ligne sur le site de Sonus Paradisi sont magnifiques et permettent d'apprécier les effets apportés par différents types de réglages du positionnement des canaux. La banque de sons n'est pas cryptée.

Une très belle banque de sons mais qui sort nettement des sentiers battus. L'orgue de Kiedrich, avec son tempérament ancien, ses petites mutations et mixtures perçantes ainsi que la puissance de son plein-jeu ne conviendra pas à tout le monde, mais certains auront le coup de foudre. À réserver aux connaisseurs, que la franchise un peu directe de la Renaissance n'effraie pas. On pense aux portaits de ces gens de cour du XVIè siècle, couverts d'or et de perles mais ayant la dague ou le poison aussi faciles que le sourire charmeur.

Mi-septembre 2017 c'est un orgue hollandais très romantique que nous propose Sonus Paradisi: celui de l'église Sainte Gertrude à Berg-op-Zoom, une ville se trouvant sur la frontière, à une vingtaine de kilomètres au nord d'Anvers. Cet orgue, construit en 1864 dans l'église Sainte Marie par les facteurs allemands Rudolf et Richard Ibach était à l'origine un gros instrument de 41 jeux sur 3 claviers + pédalier. Il a été profondément transformé en 1915 en un petit orgue à traction pneumatique, de 25 jeux sur 2 claviers où seul le pédalier avait conservé les tuyaux originaux. En 1988, il a été décidé de transférer cet orgue dans l'église Sainte-Gertrude où il s'est vite avéré trop petit. La mécanique étant, de plus, en très mauvais état, on a estimé préférable de reconstituer l'instrument dans sa disposition originale. Ce travail a été mené par le facteur Verschueren et le nouvel orgue a été inauguré en 2011. Il comporte actuellement 42 jeux sur 3 claviers + pédalier, dans une disposition qui est pratiquement celle d'Ibach, un peu modernisée. Il n'y a pas de tremblant

La banque de sons est proposée en 3 versions: semi-sèche, wet-distante et surround. Les versions semi-sèches et surround sont également proposées en démo, dans une composition plus limitée. La version wet -distante est librement téléchargeable, en entier et sans aucune restriction. Vous l'achetez si elle vous convient. Tout comme la version semi-sèche, elle peut être ouverte en 16 bits dans 8 Go de mémoire et en 24 bits si vous disposez de 16 Go. La versions surround, par contre exige plus de 16 Go, même en 16 bits. Une version Hauptwerk d'au moins 4.2 est nécessaire; toutefois j'ai vérigfié qu il est posssible de charger la version wet-distante dansHauptwerk 4.0 au prix de quelques manipulations (décompactage et installation manuelle du package 2083 et modifications de l'ODF: pour amateurs éclairés seulement). Le temps de réverbération (environ 7 secondes) est particulièrement long (d'où cette version semi-sèche qui conviendra mieux à certains). La réalisation, comme toujours chez Sonus Paradisi, est sans défaut.

La version wet-distante, quasiment gratuite, a immédiatement subi un feu roulant de critiques sur le forum US de Hauptwerk. Certains utilisateurs particulièrement pointilleux lui reprochent des attaques de notes un peu floues et un mauvais équilibre des jeux, due à des résonnances architecturales. Sonus Paradisi s'est pourtant bien expliqué, sur son site, des raisons qui l'ont conduit à proposer (brader) cette version. Estimant que l'acoustique particulièrement riche et complexe de l'église se prétait à un enregistrement en 3 voies stéréo (proche, arrière et d'ambiance) Sonus Paradis a donc fait son enregistrement avec 3 paires de micros; ce qui devient un standard pour les banques de sons récentes. La prise de son d'ambiance a ensuite servi d'outil de travail et a été mixée à la voie arrière, dans la verion surround. Mais l'éditeur a pensé que cette prise de son d'ambiance utilisée seule pouvait intéresser certains organistes, en particulier pour des improvisations, et servir également de support publicitaire, malgré ses (petites) faiblesses. D'où sa diffusion, dans des conditions tout à fait exeptionnelles: il faut parfois savoir ne pas bouder son plaisir et accepter les cadeaux sans s'en plaindre. Sinon, rien n'empêche d'acheter les autres versions, dont les démos prouvent qu'elles sont irréprochables.


Dans un tout autre registre, Sonus Paradisi nous annonce en ce début novembre 2017 la sortie de l'orgue d'Albertus Antoni Hinsz à Midwolda, province de Groningue, Pays-Bas. Construit en 1772 c'est, avec ses 33 jeux, le plus gros instrument et un des derniers construits aus Pays-Bas par ce facteur, associé puis successeur de Frans Gaspar Schnitger (de la célèbre lignée de facteurs d'orgue Schnitger), surpassant en taille celui de Leens de 1733 (27 jeux) qui avait fait l'objet d'une banque de sons de Sygsoft il y a déjà quelques années. Plusieurs fois restauré, il a tout de même pu conserver au moins 95% de ses tuyaux d'origine. Quelques démos publiées sur contrebombarde donnent une idée de la splendeur de cet orgue.

La comparaison entre ces deux instruments s'impose. Il me faudra bien sûr attendre d'avoir la banque de sons de Sonus Paradisi pour avoir un jugement objectif, mais dès à présent les démos publiées et la version de démonstration librement téléchargeable permettent de se faire un début d'opinion. Les deux sont magnifiques et, manifestement, très proches dans leurs sonorités. La banque de sons de Sygsoft est un peu désuète dans sa présentation et n'est proposée qu'en stéréo. Celle de Sonus Paradisi offre tout le pannel des écrans auxquels nous commençons à être habitués et après avoit été enregistrée par 6 micros, elle est présenté en surround à 4 voies, avec des curseurs pemettant le dosage avant/arrière. L'encombrement en mémoire est donc totalement différent, au point que celle de Midwolda ne peut être chargée entièrement en surround 16 bits, sur un ordinateur équipé de 16 Go de RAM, qu'en renonçant aux lâchés multiples de la voie avant. Toute cette démesure se paye et cela en fera réfléchir plus d'un. Celle de Leens est à l'aise partout. La différence de prix varie aussi pratiquement du simple au double (même en tenant compte que, pour Midwolda, il s'agit d'un prix de lancement). Les deux banques de sons sont cryptées; celle de Leens est, en plus, sous licence.

Pour nous faire saliver un peu, Sonus Paradisi nous propose une petite version de démo gratuite, surround et non cryptée, de 6 jeux sur 2 claviers (mais avec un tirasse permettant l'utilisation du pédalier). J'avoue que la comparaison des jeux de même nom, entre cette démo et la banque de sons de Leens, ne me permet pas encore de déceler une différence bien nette entre elles. Elle se télécharge sous ce lien et si vous l'ouvrez en 24 bits elle vous occupera tout de même 6,5 Go de RAM!

Les banques de sons arrivent en rafales chez Sonus Paradisi. Un mois après celle de Midwolda c'est le tour de l'orgue de l'église St. Nicolas d'Altenbruch une petite cité du nord de l'Allemagne, sur l'embouchure de l'Elbe. Cet instrument a une longue histoire. Elle remonte à un premier instrument de 6 jeux construit en 1497 par Johannes Coci, à côté du maître-autel. Un certain nombre des tuyaux originaux existent toujour. Cet orgue a été agrandi en 1647 par Hans Christoph Fritzsche. Quatre des jeux de ce second instrument se font encore entendre sur le clavier d'Oberwerk (GO). En 1698, c'est Matthias Dropa qui augmente à nouveau l'orgue, dont 7 jeux ont été conservés. Le choeur de l'église devant être refait c'est Johann Hinrich Klapmeyer qui entre 1727 et 1730 a été chargé de déplacer cet instrument sur la tribune tout en lui ajoutant quelques nouveaux jeux, portant leur nombre à 35, sur 3 claviers et pédalier.

C'est donc un orgue typique de l'Allemagne du nord qui nous est présenté: 12 jeux au Rückpositiv (dont deux anches), 9 pour l'Oberwerk (dont deux anches), 6 au Brustwerk (dont 1 anche), 8 au pédalier (dont 3 anches). Quoique postérieur à celui de Cappel et plus fourni que lui, son esthétique, ses timbres et sa courte réverbération évoquent beaucoup la banque de sons produite par Milan-Digital-Audio. Mais c'est une banque de sons faisant appel à des techniques plus récentes (multi-lâchés et surround en particulier) et qui a fait l'objet d'un soin tout particulier de la part de Jiri Zurek qui, rouge de plaisir, précise dans le forum US que plusieurs testeurs lui ont dit que c'était la meilleure banque de sons faite par Sonus Paradisi. Les démos sur le site sont effectivement de toute beauté et très convaincantes.

Chacun peut se faire également une opinion grâce aux deux grosses versions de démo (semi-dry et surround) proposées gratuitement sur le site: 5 jeux de l"oberwerk et 6 jeux du brusterk, ainsi qu'un amusant zimbelstern et accouplement des deux claviers. Ces démos n'ont aucun jeu au pédalier mais il est assez facile de profiter des petites palettes de Hauptwerk pour ajouter deux tirasses. La banque de sons elle-même est proposée en deux versions, qui peuvent être acquises séparément. La version surround de cette banque de sons est cryptée et exige l'inscription de sa licence dans le dongle Hauptrwerk, la semi-dry n'est pas cryptée.

• Il manquait un orgue anglais dans la collection de Sonus-Paradisi. Avec l'orgue Hill de Burton paru début août 2018 c'est chose faite. Cet instrument a été construit dans les années 1860 - 1870, pour l'église Saint-Paul de Burton, par William Hill, un facteur qui a profondément marqué la facture d'orgue anglaise de la seconde moitié du XIXè siècle par ses innovations (étendue des claviers augmentée, haute pression d'air pour les jeux d'anches, utilisations de jeux restés jusque là typiquement allemands). Hill souhaitait avoir un orgue brillant et qui convienne à une grande variété de styles, de J.S. Bach aux grandes compositions orchestrales tout en étant bien adapté à la liturgie anglicane et, en particulier, à l'accompagnement des choeurs d'enfants qui sont une des gloires du royaume. Après un siècle et demi de bons et loyaux services,  à Burton, l'orgue a été démonté et cédé en 2015 à l'église Saint-Afraz de Gesundbrunnen, à Berlin.

Cet  instrument très romantique a 3 claviers (11 jeux au I: Choir, 12 jeux au II: Great, 16 jeux au III: Swell et 11 au pédalier); donc 50 jeux en tout. Choir et Swell sont expressifs et ont un tremblant. Un crescendo est également proposé ainsi qu'une grande variété d'accouplements et tirasses. La réverbération est de l'ordre de 2 secondes. Une belle version de démo de 14 jeux en surroind à 6 voies est offerte (3 jeux de 8' du Great et la totalité des jeux du Choir). C'est la seule que j'ai pu tester et elle est déjà impressionnante, tous commes les démos du site. Trop grosse pour la version gratuite de Hauptwerk vous pouvez tout de même y gouter en vous limitant par exemple à la position "front diffuse" et à condition de ne pas charger les tremblants.

La banque de sons est proposée en surround à 6 canaux, avec réglage de la position d'écoute. Elle n'est ni protégée, ni cryptée, mais exige beaucoup de mémoire (sauf à se limiter à ne l'ouvrir qu'en version semi-sèche) et elle vendue à un prix qui reste encore raisonnable.


en marge de tous ces orgues, Sonus Paradisi nous a enregistré un ravissant clavecin, construit en 2008 par František Vyhnálek selon un modèle 1624 de Ruckers. Il existe aussi une démo gratuite limitée à deux jeux de 8 pieds (un sur chaque clavier) et jeu de luth, y compris les canaux arrières. Bien entendu cette démo se charge sans problème avec la version libre de Hauptwerk.

- Sonus Paradisi nous avait proposé il y a quelques années une curiosité: la numérisation d'un clavicorde, copie moderne d'un instrument datant de 1700, conservé au musée de Leipzig. L'initiative est louable et le résultat assez impressionnant, même si le jeu d'un clavicorde réel, avec son vibrato caractéristique, ne peut être reproduit faute de clavier approprié. Un clavier dynamique est souhaitable, pour pouvoir faire des nuances. Probablement à la demande d'un utilisateur, cet instrument qui avait disparu du site web y est revenu en octobre 2014. Il était proposé en partagiciel et ce n'est plus le cas. Son prix a également été augmenté, mais reste raisonnable.



*****

Je n'ai pas eu l'occasion d'essayer cette banque de sons, mais seulement une version de démo librement (mais un peu péniblement) téléchargeable sur le site de l'éditeur: 4 jeux au Swell, 3 jeux au Great et 5 à la pédale, avec tous les accouplements, tirasses, transpositeurs aux octaves graves et aigües, expressions, trembants, etc. de la version complète. Avec un courte réverbération de 2 à 3 secondes, l'instrument est moin sec que les autres orgues californiens de cet éditeur. Il n'en est pas moins très typé pour nos oreilles européennes, peu habituées à ce type de sonorités, surtout dans sa version originale qui ne comporte pratiquement que des jeux de fond et une grande variété de jeux d'anche. La banque de sons surround complète peut être utilisée en 16 bits par un ordinateur équipé de 16 Go de mémoire vive, mais il vous en faudra 32 pour l'ouvrir entièrement en 24 bits. Si vous vous limitez à 2 canaux (Direct sec ou Arrière plus réverbérant) ça peut passer dans 8 Go.

*****
***
*


Pour conclure:
Voilà. Il existe bien d'autres banques de sons pour Hauptwerk mais je me suis limité ici à celles dont je disposais ou que j'avais pu réellement tester à droite et à gauche. On ne peut pas tout avoir! Certaines sont à des prix qui dépassent largement mon budget, ou bien trop exigeantes en mémoire ou en matériel (orgues à 3 ou 4 claviers, encombrement en mémoire pouvant dépasser les 16 Go), ou encore sont des réalisations un peu anciennes et moins intéressantes sur le plan technique que les banques de sons récentes. Si je peux en acquérir et tester d'autres (ce que j'espère bien), je vous en ferai part ici même.

Je profite également de ce site pour vous engager à fréquenter les forums consacrés à l'orgue en général et à Hauptwerk en particulier. Il y bien entendu pour ceux qui maîtrisent l'anglais le forum du site officiel américain, qui est une mine de renseignements mais il ne faut pas négliger le forum français, ni celui très convivial de l'Orgue Libre, très suivi par un petit groupe de passionnés.

Et je ne puis m'empêcher, en guise de conclusion, de retranscrire ici ce délicieux pastiche, d'auteur inconnu mais qui traine sur le web depuis des lustres. J'en ai fait une traduction française du mieux que j'ai pu, mais les archaïsmes du texte anglais sont encore plus savoureux que le texte français.

Verset 29 - La Lapidation de l'Organiste


1 - Et voici, lorsque Paul était à Corinthe, que lui et certains de ses disciples virent une foule qui lapidait un organiste.
2 - Et Paul les interrogea: "Que vous a donc fait cet  homme pour que sa tête doivent être brisée?"
3 - Et le peuple hurla d'une seule voix "Il a joué trop fort"
4 - Car, alors que nous chantions les psaumes, il a fait résonner nos têtes comme s'il les battait à coups de marteau.
5 - Voyez, il est assis là haut à la tribune. Puissants sont les tuyaux, puissant est leur bruit. Et cependant nous autres, en bas, ne sommes guère nombreux. Il joue néanmoins avec tous les jeux, avec le jeu de Trompette Assyrienne et le jeu du Cor de Bouquin et le jeu qui résonne comme la pierre que l'on scie, et nous ne pouvons plus entendre les mots qui sortent de notre bouche.
6 - Il se complaît toujours dans des variations qui nous égarent. Il joue fort et discordant et toujours dans un tempo guerrier qui ne nous laisse nul temps pour respirer alors que nous chantons.
7 - Il n’est qu’une plaie pour la foi et il mérite d’être châtié.
8 - En entendant cela, même Paul avait ramassé une petite pierre et il se préparait au châtiment, mais il la reposa et demanda à l'organiste de s'approcher.
9 - C'était un homme chétif, au teint pâle, sec, aux cheveux minces et clairsemés.
10 - Et Paul s'adressa à lui en ces termes " Pourquoi donc les as tu ainsi accablés?"
11 - "C'est - répondit l'organiste - que je ne pouvait pas les entendre chanter, depuis mon banc d'orgue et qu'ainsi je leur prodiguais mon soutien en jouant plus fort. »
12 - Et Paul se retourna vers la foule et dit à voix forte "Que celui qui n'a jamais joué de l'orgue lui jette la première pierre".
13 - Et voilà qu'ils éparpillèrent les pierres jusqu'à ce que leurs bras soient fatigués et Paul proposa à l'organiste de se repentir, et cela fut.
14 - Et Paul lui dit "Tu tireras la flûte et en joueras pendant trente jours, pour nettoyer ton esprit". Et ensuite ils retournèrent à Corinthe en chantant des psaumes a capella, puis ils prirent du café et leur foi en fut raffermie.
Auteur inconnu
le texte original:
Acts 29 The Stoning of the Organist


1 - And it came to pass, when Paul was at Corinth, he and certain disciples came upon a mob that was stoning an organist.
2 - And Paul said unto them, "What then hath he done unto thee that his head should be bruised?"
3 - And the people cried with one voice, "He hath played too loud.
4 - Yea, in the singing of psalms, he maketh our heads to ring as if they were beaten with hammers.
5 - Behold, he sitteth up high in the loft, and mighty are the pipes and mighty is the noise thereof, and though there be few of us below, he nonetheless playeth with all the stops, the Assyrian trumpet stop and the stop of the ram's horn and the stop that soundeth like the sawing of stone, and we cannot hear the words that cometh out of our own mouths.
6 - He always tosseth in variations that confuse us mightily and he playeth loud and discordant and always in a militant tempo, so that we have not time to breathe as we sing.
7 - Lo, he is a plague upon the faith and should be chastised."
8 - Paul, hearing this, had himself picked up a small stone, and was about to cast it, but he set it down, and bade the organist come forward.
9 - He was a narrow man, pale of complexion, dry, flaking, thin of hair.
10 - And Paul said unto him, "Why hath thou so abused thy Brethern?"
11 - And the organist replied, "I could not hear them singing from where I sat, and therefore played the louder so as to encourage them."
12 - And Paul turned round to the mob and said loudly, "Let him who has never played an organ cast the first stone."
13 - And they cast stones for a while until their arms were tired and Paul bade the organist repent and he did.
14 - And Paul said unto him, "Thou shalt take up the flute and play it for thirty days, to cleanse thy spirit," and afterward they returned to Corinth and sang psalms unaccompanied and then had coffee and were refreshed in the faith.
Il y a aussi ce délicieux petit conte d'Alphonse Daudet, probablement inédit et qu'on vient de me faire découvrir. Je vous laisse le plaisir de sa lecture.


En marge de ces considérations sur les orgues virtuelles je voudrais aussi signaler un logiciel remarquable de piano virtuel: Pianoteq. Il ne s'agit plus cette fois de sons numérisés mais de sons calculés par informatique, en temps réel, avec une infinie variété de réglages et plusieurs instruments (pianos, pianos-forte, clavecins, modernes ou historiques) déjà pré-réglés. Cette approche du problème convient mal à l'orgue, en l'état actuel de la technique, mais convient parfaitement au piano (ainsi qu'à d'autres instruments comme le clavecin) et a le grand avantage de n'occuper qu'une place réduite sur votre disque dur. De plus le logiciel, au moins dans sa version de base (Stage), est commercialisé à un prix très abordable. Il est protégé par un enregistrement en ligne sur le site de l'éditeur et sa licence en autorise l'installation sur 3 ordinateurs (de même propriétaire et utilisés non simultanément).

Pour vous faire une idée, vous pouvez télécharger sur le site le logiciel en version de démo. Elle est limitée à 20 minutes par session, après quoi il faut relancer, et le piano a été amputé de quelques dièses dans la première octave, mais cela permet de le tester, dans de bonnes conditions, pour peu que l'on dispose d'un clavier avec des touches dynamiques, l'étendue qui convient et un toucher convenable. Bien entendu, tout comme pour Hauptwerk, il faut une une interface MIDI et si possible une sortie son et des enceintes, ou un casque, de qualité. Notez que Pianoteq ne se limite pas strictement au piano. S'il n'aborde pas l'orgue il permet, par contre et avec beaucoup de réalisme, la virtualisation d'autres instruments: clavecins, clavicordes, piano-forte, percussion diverses et, depuis peu, une magnifique harpe de concert avec toutes ses particularités de jeu (arpèges, glissandi, etc.): impressionnant. Attention: tous ces instruments ne sont pas nécessairement gratuits.

Par le même éditeur Modartt (qui contrairement à ce que son site pourrait laisser supposer n'est pas américain, mais 100% français) le développement du logiciel Organtec est à suivre avec intérêt. La première démo est très convaincante.


Pour finir, voici un petit lexique de termes relatifs aux orgues, en 5 langues. Je m'efforce de l'enrichir à chaque fois que j'en ai l'occasion.


On m'a fait remarquer que le répérage des fréquentes mises-à-jour de cette page était un vrai parcours du combattant. Je le reconnais volontiers et c'est pourquoi, dorénavant, je donnerai ici un bref résumé de ce qui a changé (j'ai essayé de reconstituer ce que je pouvais pour les dates antérieures) et j'y ai ajouté des liens internes vous conduisant directement à l'article relaté. J'ai mis à la suite une table des matières également indexée.

- 4 novembre 2018: découpage de ce site en 3 pages; il devenait trop gros et trop complexe pour être affiché correctement par tous les navigateur (en particulier FireFox)
- 8 août 2018 - ma traduction du  guide Hauptwerk facile (MIDIWorks; Canada)
- 3 juin 2018 - un peu de ménage de printemps dans le site, rétablissement de liens perdus, ajout de commentaires et réfection complète de la page concernant les orgues de Saint-Brieuc
- 15 décembre 2017 - présentation du logiciel Organteq Modart)
- 7 décembre 2017 - sortie de l'orgue d'Altenbruch (Sonus Paradisi)

Consultation des anciennes mises-à-jour