Le dur calvaire de
Charles-Marie HUREL

A deux ou trois jours près, un an après le sac de Rochefort, le 30 Ventôse de l'année, (20 mars 1794), deux mois avant la mort de Charles Marie Hurel, le comité de surveillance de Carentoir est réuni. Il a reçu le 28 de ce mois un rapport (délation?) selon lequel l'officier de santé Hurel aurait été vu à l'auberge de la citoyenne Hersart de ce bourg en compagnie d'un habitant de Rochefort et qu'il était au courant de la présence du chef chouan Montméjean dans le canton.

Charles Marie est requis d'avoir à comparaître le lendemain 1er germinal à deux heures de l'après-midi, pour donner les renseignements qu'il peut avoir sur le chef chouan si recherché. Le lendemain le chirurgien ne se présente pas à la convocation. Il est rappelé à l'ordre. Il lui est intimé d'avoir à se représenter le jour même. D'après le commissionnaire chargé d'aller le prévenir chez lui il est à Sérent, dépendant du district de Ploermel.

Il est donc convoqué une deuxième fois pour le surlendemain 3 germinal. Il sera averti cette fois par un certain Savigne (il ne s'agit pas du terrible chef chouan) qui revient de sa mission en déclarant qu'Hurel n'est pas revenu de son voyage. En conséquence il sera une troisième fois enquis d'avoir à venir donner des explications le 5 germinal à onze heures. Il lui est stipulé que le procès verbal de ses déclarations sera communiqué au district. Enfin Charles Marie se présente devant le comité. Il déclare que dans le commencement du mois de pluviôse, revenant de Roche-des-Trois au passage de l'Oust au Gueslain, le batelier Potier lui dit avoir passé de la troupe régulière qui allait en garnison à Carentoir et que Montméjean s'était présenté a lui, pour passer lui aussi la rivière, en couchant en joue un particulier que le passeur ne connaît pas mais qu'ayant été reconnu comme aristocrate il ne lui fut fait aucun mal.

C'est tout ce que rapporta et signa Charles Marie Hurel et qui fut dûment consigné par procès verbal sur le registre des délibérations du comité de surveillance de Carentoir par Hoëo et Jolys.

L'attitude de Charles Marie qui ne met aucun, empressement à se présenter devant le comité de surveillance, la nette mauvaise volonté qu'il montre, est, peut-être à rapprocher de celle de Jousselin, capitaine de la Garde Nationale qui menait double jeu en étant affilié à une organisation de chouannerie.

Le 14 Moréal de l'an II, c'est à dire le 3 mai 1794, l'officier public de Tréal adresse aux citoyens du district de Roche des Trois une lettre pour les tenir au courant des événements qui semblent se préparer du côté de la forêt de Paimpont. E tient ses informations d'une lettre qu'il vient de recevoir. Cette lettre est signée Broussais juge de Paix à Plélan le Grand. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit de Pierre Marie Broussais (cinquante quatre ans), ci-devant Noble Homme et qu'il est bien l'époux de Marie Louise Hurel, la soeur de Charles Marie, épousée le 23 février 1772, après la célébration de la cérémonie de fiançailles le 14 du même mois.

Cette lettre parvenue à Méhaut par courrier extraordinaire tend à le mettre au courant des événements extrêmement graves qui se produisent du côté de Montfort, de Plélan et de la forêt de Paimpont. Un bruit se répand dans Plélan, par des personnes qui sont d'ailleurs immédiatement arrêtées, qu'un rassemblement de douze à quinze mille «brigands» se dirigerait sur Roche des Trois ci devant Rochefort.

Les gens de Plélan sont extraordinairement épouvantés, surtout après la cruelle alarme de «samedy dernier» .Il veut parler du fameux combat de Beignon, sur les landes du Pont du Secret, qui vit la déroute des bleus.

Les chouans avertis de l'arrivée de la colonne de 322 jeunes gens pris par la conscription furent l'attendre à la lisière de la forêt de Paimpont. Le combat fût rude, les chouans harcelèrent si bien les républicains qu'ils arrivèrent à libérer une grande partie des réquisitionnés de force. Seulement 85 d'entre eux arrivèrent à Rennes. Plusieurs centaines de chouans défilèrent en bon ordre dans le bourg de Beignon avant de prendre la direction de Guer. C'était le 17 Mars 1794, deux mois avant la disparition de Charles Marie HUREL.

Pour cette raison l'officier public de Tréal tient à avertir Broussais de suite et d'autre part demander des précisions et des instructions. Broussais a eu bien du mal à trouver un courrier pour porter la dépêche. Dans l'affolement du moment il n'a pas eu le temps d'établir un passeport pour le «guide», mais affirme t'il, c'est un bon citoyen et j'ai mis mon «vu» sur son courrier.

Ce coursier a l'ordre de se rendre à Plélan de très bonne heure, il convient de ne pas le retarder, précise Méhaut. L'officier public termine sa lettre «avec des sentiments vraiment républicains».

On sent dans le ton de la lettre passablement embrouillée l'embarras et l'état de panique dans lesquels se trouvent les notables patriotes et le manque d'informations dans lequel ils sont tenus.

On a, de nos jours, de grandes difficultés à se représenter le paysage de la campagne bretonne telle qu'il était à cette époque. La plus importante transformation étant le remembrement des années 1960/1970 qui a définitivement oblitéré la vision de ce pays: le fameux damier breton.

L'amélioration des routes a été aussi un facteur d'importance, reléguant aux oubliettes les vieux chemins défoncés par de gigantesques ornières dans lesquels tentaient de se désembourber des charrettes brimbalantes, la plupart du temps tirées par de mauvais attelages de bufs...

... et un autre poète ne disait-il pas ?

«les chemins bretons sont faits pour empêcher les gens de passer» !

C'est dans un climat de guerre civile que va se dérouler le drame de la «Porte Rouge». La terreur sévit toujours, elle ne prendra fin qu'au mois de juillet 1794, dans un mois et demi. Cette tragédie va coûter la vie à Charles Marie Hurel victime de ses convictions républicaines. Il se retrouve face à ses parents, ses soeurs, ses beaux-frères, ses amis d'enfance de la Haute Bouexière où il est né, face aux prêtres restés fidèles, n'ayant pas accepté le serment de la constitution civile de clergé, face aux nobles n'ayant pas émigré, face à ce milieu aristocratique dans lequel il est né, dans lequel il a vécu jusqu'à son adolescence. Enfant du pays, il a parcouru avec les galopins de son âge tous les chemins plus ou moins creux, toutes les landes. Aucun hallier ne lui est étranger. Il connaît admirablement bien tous les raccourcis, toutes les maisons, les fermes, une quantité d'animaux, tous les paysans pour avoir exercé son art parmi eux. Il connaît tout le monde, il connaît tous ceux qui sont soupçonnés de chouannerie, amis, parents, il connaît les caches des prêtres insoumis. Il n'ignore rien des activités plus ou moins clandestines des habitants de la Haute Bouexière et des regroupements de chouans à la Bourdonnaye, jusqu'à 1500 certains jours: la Bourdonnaye haut lieu de la résistance. La position de Charles Marie devient de jour en jour de plus en plus inconfortable.

Vers 1793/94 Charles Marie Hurel «cet homme haut en paroles et cruel» se met à la tête des patriotes dans le but de terroriser les habitants des campagnes, relate l'abbé Chénorio. Ceux-ci ne l'entendent pas de la même façon et de la manière dont ils ont été tyrannisés. Tant pis pour ceux qui les auront persécutés, à leur tour ils seront impitoyables!

Pour avoir participé à des expéditions punitives Charles Marie ne se croyait plus en sécurité, il se sentait menacé. Il fut soupçonné, lui et ses partisans, de s'être débarrassé par trahison et assassinat du jeune chef chouan de Cacqueray, tandis que celui-ci de son côté avait formé des disciples, des justiciers, dans la région de la Haute Bouexière et de Tréal dont Charles Savigne devint le chef.

Le jeune de Cacqueray a été tué dans une action provoquée par son imprudence. S'étant éloigné, seul de son groupe, malgré les objurgations de ses fidèles, il fut fusillé par des gendarmes postés en embuscade.

En rendre responsable Charles Marie me semble de la plus haute fantaisie.

Depuis quelques mois Charles Marie est un homme traqué. Il a trahi son camp, ses incursions dans les villages a la tête des révolutionnaires lui ont valu la rancune des paysans.

Tous les historiens locaux ont relaté la fin tragique de Charles Marie. Aucun n'a su apporter d'explications précises sur les raisons de son exécution.

Nous en sommes donc réduits aux hypothèses. Dès l'annonce du meurtre, l'émotion est considérable dans le camp républicain. Les enquêtes, les interrogatoires vont se succéder: sur place dans sa maison à Saire, certains au Comité de Surveillance de Carentoir, d'autres au district de Roche des Trois.

Les recherches de ses assassins se poursuivront conjointement avec celles des déserteurs à la conscription et surtout à la traque des chefs chouans qui sont la bête noire des administrateurs civils et des membres de la police Générale.

Les autorités de Carentoir dès le 14 prairial, soit une semaine après la mort de Charles Marie se défaussent du dossier et le font porter à Roche des Trois:

«Citoyens administrateurs

Nous vous annonçons à l'égard de l'assassinat commis sur la personne du citoyen Hurel est finie, nous ignorons quand le greffier la portera au tribunal pour la faire sousigner..

... autres choses que ce que nous avons marqué par d'autres précédentes ces sélérats le rencontrères sur les landes de Fenhouet en Tréal et ils voulures ce tirer de parts et d'autres il s'échapats passa à travers une petitte rivières pour prendre un chemin détourné, pour se rendre chez luy qu'il y arivèrent qlq temps après, luy demandère ses armes de la part du Roy l'en mener et l'assassiner à qelq 'pas de chez luy.

Salut et Fraternité
Les membres composant la municipalité

JOGAREL ORPHAND, BARBIER, BRENUGAT officiers municipaux»

Dès le 8 prairial, quelques heures après l'exécution de Charles Marie Hurel les membres du comité de Carentoir adressent les premières informations aux citoyens administrateurs du district de Roche des Trois.

La lettre est signée de Brenugat, de Barbier officiers municipaux, de Rocher agent national et de Jogarel. En voici de larges extraits:

«Nous recevons à l'instant la nouvelle que le chirurgien Hurel de Serres, fût assassiné hier au soir peu après soleil couché ayant été pillé auparavant. Les scélérats auteurs de ces crimes étaient au nombre de neuf ou dix, armés, habillés comme les bas-bretons et parlant leur langue. Ils ont du rencontrer HUREL au village du Rocher en Tréal. Louis POTHIER passager du Gueslin qui se trouve ici, nous rapporte que ceux de son village virent arriver l'après midi, le même nombre de personnes pareillement habillées, armées, passer à leur gué et prendre cette route. Le bruit se répand que du côté de Saint Méen en Montauban qu'il y a de grands mouvements. Vous n'ignorez pas non plus que sur la rivière d'aoust, il y a depuis Malestroit jusqu'au Gueslin beaucoup de gués. Les malintentionnés qui voudraient se joindre aux autres brigands doivent passer par Saint Martin Ruffiac Tréal et Réminiac Près de ce dernier endroit il y a encore des bois considérables nommés les bois de la Grée de Calac.

C'est à vous, Citoyens, à décider si dans ces parages il ne doit pas y avoir une force armée importante et en quel endroit elle doit être placée. Le degré de crainte que cet assassinat et ces circonstances doivent inspirer, nous ajouterons qu'il vient de nous être rapporté que dimanche dernier on aperçut dans la forêt de la Bourdonnaye quelques hommes armés de fusils et de bayonnettes ayant des bonnets rouges. Nous nous transportons à Serre et si les informations qui vont être faites nous donnent quelques autres connaissances, nous vous les transmettront aussitôt Nous sommes obligés d'avancer les frais de voyages, vous verrez s'il ne serait pas utile pour plus grande expédition d'autoriser notre procureur des impots à en faire l'avance, car le paiement actuel fait sur les gens une toute autre impression que celui qu'ils n'ont qu'en expérience. D'ailleurs nos charges l'acablent.»

C'est le juge de paix de Carentoir qui va ouvrir le feu, commencer les interrogatoires:

Avant de passer à l'audition des témoins du drame de la Porte Rouge, quelques lettres et documents divers nous permettront de comprendre l'ambiance et les circonstances particulières de cette malheureuse époque de guerre civile.

Tandis que les autorités de Carentoir se font tirer l'oreille, tergiversent sur l'opportunité de remettre aux autorités de Roche-des-Trois la belle croix processionnelle, celles-ci s'impatientent et réclament la croix d'argent qui ne leur a pas été encore apportée:

«il est teins enfin de se défaire de tous les signes de la superstition cependant vous ne nous avez point remis la croix d'argent de votre ci-devant église et vous ne voyez pas que votre obstination à la garder devient pour nous matière à suspicion, j'ose néanmoins croire que le fanatisme n'a point de partisans parmi vous et que vous céderez sans peine aux lois de la raison»

Le lendemain 16 Messidor, autres récriminations: l'armée manque singulièrement de divers métaux, pour les besoins de l'artillerie plus particulièrement. Aussi les réquisitions se font plus pressantes et les Tréalais reçoivent l'injonction suivante:

«Vous voudrez bien Citoyens, faire conduire de suite à Vannes tous les plombs provenant de vos églises, chapelles et maisons nationales de votre commune, faire conduire à Roche-des-Trois sous le plus court délai tous vos cuivres, fers et ornements d'église des quels le citoyen Boisgestin vous avait chargé ... Accuser l'envoi des plombs à Vannes... apporter un reçu à l'administration»

Le même jour ils reçoivent une autre mise en demeure. Mais cette fois c est une affaire de subsistance. Les ordres précédents n'ont guère eu de succès:

«nous vous avons fait en vain la demande du nombre des cochons qui sont dans votre commune, nous vous prévenons pour la dernière fois que si ne nous envoyez pas demain l'état nous enverrons la gendarmerie le chercher à vos frais».

La plupart des paroisses du Morbihan ont chouanné. A Tréal la résistance à la conscription a été importante. Dans neuf villages des jeunes ont refusé de partir défendre une république qu'ils abhorraient. Ce fut d'ailleurs une des principales causes de la rébellion. Ces insoumis étaient activement recherchés, leurs parents lourdement taxés, leurs bêtes réquisitionnées pour alimenter la troupe.

A Tréal la liste des déserteurs est parvenue jusqu'à nous:

Pierre Réminiac du Rocher, Jean Hazard de la Ruée, Charles Houeix de la Biardais, Jean Noël de la Ville Jeanne, Julien Réminiac de Fanhouet, Annel Robin du Préclos, Allain Borgat du Plessis, Joseph Glain du Rocher, Jean Laurent du Rots Brun, Jacques Houeix du Plessis et Laurent Thomas de Coiquencuc.

Pour compléter le tableau des difficultés devant lesquelles se trouvaient aussi bien les officiels que les particuliers, quelques prix de différentes denrées en 1790 et au 27 septembre 1795 (6 vendémiaire An VI) donneront une idée de l'inflation fantastique provoquée par toutes les mesures impopulaires du moment, malgré l'espérance de la fin des réquisitions, suite à la réaction de Thermidor, à l'arrêt de la terreur, mais qui continuèrent et contribuèrent à la poursuite de la guerre civile:

   en 1790  en 1795
 le quintal de froment  14 livres  700 livres
 le quintal de "bled" noir  71.10 sols  375 livres
 le couple de poulets  16 sous  40 livres
 la livre de beurre  10 sous  25 livres
 le cent de fagots  6 livres  300 livres
 le millier de foin  20 livres  2000 livres.

Les documents existants permettent de reconstituer une grande partie de la dernière journée de la vie de Charles Marie Hurel mon ancêtre.

La journée du 7 prairial de l'an Il va être bien longue pour lui. Ce 26 mai 1794 le printemps explose de toutes parts. Dans l'air légèrement parfumé des senteurs des guérets de la Charbonnière Charles Marie se sent étrangement léger. Il presse le pas. Il doit se rendre au village de Fanhouet en Tréal.

Il allonge l'allure. Tout d'un coup il devient inquiet, il sent peser sur lui comme une menace indéterminée. Il se trouve néanmoins de taille à affronter lé moindre adversaire. Il avance à grandes enjambées dans ce pays qu'il aime tant, qu'il connaît si bien pour l'avoir parcouru en tous sens. Il se revoit petit garçon se chamaillant avec tous les galopins de son âge de la Haute Bouexière: les Houeix, les Hoëo, les Fontaine, les Duglue, se mesurant dans des parties infernales de gendarmes et voleurs avec ceux qui quelques années plus tard deviendront ses adversaires: des chouans affirmés alors que lui rompant avec la tradition familiale royaliste et profondément croyante recherchera dans les idées révolutionnaires des réponses a ses questions, aidé en cela par son parrain Jacques Rigon. Mais pour l'instant il est urgent d'arriver à Fanhouet. Il y arrive vers midi, mais il ne peut préciser l'heure: l'angélus ne retentit plus, le son des cloches déposées, fondues pour les besoins de la guerre, n'est plus pour lui qu'un souvenir. D'autre part il a laissé chez lui sa montre en or.

Charles Marie se présente chez son ami Guillaume Laurent qui tient une auberge. Les deux hommes se séparent quelque temps après, non sans avoir liquidé un ou deux pots de cidre.

Charles Marie se rend ensuite chez un certain Favraud pour acheter du bois pour faire des barriques. En s'en retournant il repasse chez son ami Guillaume qui comme lui est acquis aux idées nouvelles, ce qui ne l'empêche pas de cultiver la dive bouteille. Ayant bu plus que de raison celui-ci va se coucher, sans doute pour cuver son cidre en toute quiétude. C'est tout au moins ce qu'il affirma, comme nous le verrons au cours des interrogatoires auxquels il fut soumis...

Charles Marie continuant sa tournée des cabarets arrive chez Ambroise Borgard où il retrouve deux vieilles connaissances républicaines en la personne de Ricaud et de Louis Noël tous deux officiers municipaux.

Vers deux heures de l'après-midi, dix hommes se présentent au Rocher à l'auberge tenue par Reine Badoux femme de Malo Guérin. Sans doute sont-ils déjà à la recherche de Charles Marie. Malo GUERIN croit qu'ils prirent la route de Saint Nicolas du Tertre. Il est persuadé avoir affaire à de bons républicains.

Quelques heures s'écoulent et l'on retrouve Charles Marie qui vient de passer près de la croix de Joigne érigée en 1606, vers le Cleu en Tréal. Une demi-heure s'est écoulée depuis soleil couché. Il avance sur les landes de Fanhouet lorsqu'il est subitement entouré et pris à partie par une petite bande armée...

Il s'agit très certainement du petit groupe qui se trouvait au début de l'après midi dans l'auberge de Malo Guérin au Rocher. Charles Marie leur tient tête obstinément, seul l'officier commandant la bande comprend ce qu'il leur dit, les autres ne parlent que le breton. Cependant le ton monte dangereusement. Il finit par être couché en joue mais le coup de feu ne part pas. Mauvaises munitions, humidité, canon de l'arme encrassé, on ne sait pas. Profitant de cet incident qui aurait pu lui être fatal, Charles Marie réussit à s'esquiver, s'enfuyant par des chemins détournés qu'il a tant de fois parcourus. Il traverse la rivière du Rabun au pont du Bousset, et les pâtures en dessous du chêne tord pour se retrouver enfin chez lui à Saire s'y croyant en sûreté.

Mais les autres lancés à sa poursuite ont su le localiser. Sans doute étaient-ils bien renseignés. Ils ne vont pas tarder à le rejoindre. Quelques temps après ses futurs tortionnaires déferlent dans sa maison. Le dur calvaire du «Maistre en chyrurgie» commence.

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