Questions sans réponses

L'exécution de Charles Marie Hurel a retenu l'attention de la plupart des historiens locaux.

Aucun n'a apporté de précisions sur les causes exactes de cette mort. Plusieurs auteurs ont confondu le père prénommé Charles, le vrai régisseur de la Bourdonnaye, avec son fils Charles Marie, qui ne pouvait être en même temps le chirurgien et le gérant des biens du marquisat, comme Michel de Galzain l'a affirmé....

Cet épisode de la chouannerie a été rapporté par l'abbé Le Claire dans son intéressante histoire de la paroisse de Carentoir. Il nous apprend que Charles Marie Hurel avait encouru la disgrâce des «confédérés». Ce terme de confédéré, est inhabituel, appliqué à la Révolution. Il a été difficilement interprété. Certains ont prétendu qu'ils s'agissait de républicains, d'autres ont cru trouver une explication de ce terme à partir du mouvement fédéraliste. La preuve irréfutable de l'appartenance de ces «confédérés » à la chouannerie a été apportée en ce qui nous concerne, par le décryptage aux archives départementales du Morbihan de procès verbaux d'interrogatoires, et de différentes lettres que nous avons pu retrouver traitant de la mort de Charles Marie Hurel...

Sur aucune de ces pièces il n'est fait mention des causes de son décès.

Nous en sommes donc réduits aux hypothèses;

Des nombreux interrogatoires, on ne peut tirer que des conclusions bien fragiles. Les interrogés peu loquaces, la plupart d'origine paysanne, sont, pour leur plus grande majorité, acquis à la chouannerie. Ils ne se laissent questionner que de mauvaise grâce, ils refusent de parapher les procès verbaux, prétextant ne savoir «scigner»...

Certes, il y avait des illétrés, mais moins qu'on le pense. En témoignent plus de trente signatures dans le cahier de doléances de la petite paroisse de Tréal.

Félix Robert et la bannière de Saint Gurval:

(Cette mémorable bannière de Saint Gurval est actuellement exposée dans l'église de Guer. Mais afin d'éviter que se renouvelle sa conquête à des fins inavouables, elle a été protégée par un verre très épais provoquant des réflexions de lumière incompatibles avec la réalisation d'une photo de qualité).

La fameuse bannière

(photographie extraite du site de Marie-Hélène Blonde)

Charles Marie a connaissance de l'endroit où est remisée l'antique et respectée bannière de l'église trêviale de Monteneuf Quel beau trophée ce serait de ramener la bannière représentant Saint Gurval. Il est le patron de cette paroisse, mais aussi le symbole du fanatisme forcené et de l'obscurantisme religieux. Je vais l'apporter à mes amis républicains de Guer, se dit le «maîstre en chyrurgie», le fils de l'ancien homme de confiance de Monsieur le Marquis de la Bourdonnaye. Mais son père n'est plus là pour le dissuader de commettre cette mauvaise action.

Charles Marie passe aux actes. Il s'empare de la vénérable bannière. Il se précipite vers Guer pour l'exhiber triomphalement à ses amis patriotes.

Mais, c'est, sans compter sur la pugnacité des gars de Monteneuf, pour la plupart de vrais chouans, qui rapidement mis au courant de la situation par leur jeune chef Félix Robert qui a vu le sacrilège de la fenêtre de sa chambre donnant sur la place de l'église. Tous se lancent dans une course effrénée de près de deux lieues à la poursuite du ravisseur. Charles Marie est gêné par le poids de la bannière.

Il est bientôt rejoint «aux ponts de Guer» près de l'Oyon au lieu dit «La Métairie», près de l'actuel champ de courses. Il s'ensuit une bagarre générale, où vu le nombre de ses adversaires il a le dessous. Félix Robert et ses amis récupèrent la belle bannière et la ramènent triomphalement à Monteneuf.

De retour chez lui, Félix Robert la cache au milieu d'un tas de fagots dans son grenier d'où elle ne ressortira qu'une fois passée la tourmente révolutionnaire.

Charles Marie, dépité, jure de se venger, n'a plus qu'une idée en tête: régler son compte à Félix Robert, sa bête noire.

Félix Robert et l'affaire du «Moulin de la Grée de Callac»

Après le «Sac de Rochefort», où il n'eut pas le beau rôle, Charles Marie se mit à la tête des patriotes parcourant Carentoir, Monteneuf et Tréal dans le but de terroriser les populations.

Le 26 janvier 1794, toujours en pleine terreur, Pierre Lasnier commissaire de Roche des Trois, partit avec un détachement de cent hommes du bataillon de Seine et Oise pour se rendre au bourg de Carentoir et y exécuter des mesures de sécurité générale. Il envoya chercher les citoyens Le Blanc, Joseph Le Gall et Jean Marie Laloi qui arrivèrent aussitôt. Charles Marie HUREL était également de la partie. Ils se partagèrent la besogne pour aller inquisitionner le village de la Ville Mariée, le château de la Bourdonnaye, repaire bien connu des «brigands», autrement dit des chouans, le bourg de Tréal, son presbytère, la Villio (actuellement le Bourg), la Ville David où j'habite, le Rocher Peccadeuc, la Herbinaye et Clazeul.

Certaines de ces perquisitions se faisaient dans ce qu'appelle l'Abbé Chénorio le domaine du citoyen Hurel et affirme qu'il n'est pas douteux qu'il en fut le guide, mais se cachant le plus possible pour ne pas aggraver sa situation déjà fortement compromise.

L'abbé Chénorio pense que c'est lors d'une randonnée de perquisitions qu'il parvint un soir à la Tremblaye en Monteneuf où le jeune chouan Félix Robert de Bécihan avait son écurie à boeufs. Félix Robert faisait probablement le commerce de bestiaux ce qui lui permettait de fréquenter les marchés des alentours et d'être tenu au courant des événements. Toujours est-il qu'il était suspect à Charles Marie, «à cet homme haut en paroles et cruel»!

Charles Marie voulait se débarrasser de ce paysan qui contrariait son action et voyait clair dans sa conduite, surtout depuis l'affaire de la bannière où il avait perdu la face et dont il avait juré de se venger.

Charles Marie lui intima l'ordre d'avoir à lui de servir de guide, ainsi qu'à sa bande. Félix accepta, on ne saura jamais pour quelles raisons. Il aurait dû se méfier, se tenir sur ses gardes. Toujours est-il qu'arrivé au moulin de la Grée de Callac en Monteneuf, en guise de récompense Charles Marie lui asséna un coup de crosse sur la tête, certains historiens disent de fusil, d'autres de pistolet.

Félix Robert était étendu dans la bruyère en apparence inanimé, laissé pour mort. Il s'en remit pourtant et survécut jusqu'en 1846. Né en 1767 il avait treize ans de moins que Charles Marie.

Revenu à lui après un assez long temps, le chouan s'aperçut que «le bandit lui avait volé sa chaussure».

Félix Robert a t'il voulu se venger de Charles Marie en le dénonçant?

Faut-il voir dans ces deux épisodes de l'affaire de la Grée de Callac et de la bannière de Saint Michel de Monteneuf des raisons suffisantes pour que Félix Robert ait dénoncé Charles Marie ?

QUESTIONS sans REPONSES...

Près de cet endroit s'élevait le Moulin de la Grée de Callac»
Charles Marie y assomma le chouan Félix Robert

 

Pierre Chevalier

Ce 4 prairial de l'an Il (23 mai 1794) en pleine terreur (elle ne cessera officiellement que deux mois plus tard le 9 thermidor (27 juillet) avec l'arrestation et son exécution le lendemain du tyran Robespierre, l'émoi est considérable à Carentoir. Sur la place de l'église la guillotine a été amenée de Rennes à grand renfort de publicité. Le lendemain le couperet tranche le cou de Pierre Chevalier, jeune chef chouan de Carentoir. Désormais l'ignoble instrument inventé par le Docteur Louis et le mécanicien Schmidt, vulgarisé par le docteur Guillotin, prendra dans ce pays le surnom de Perrine Chevalier, ceci en souvenir de ce brave qui avait demandé avant de mourir une plume, de l'encre et une chemise blanche, voulant montrer par là que sa conscience était pure, qu'il mourait pour une noble cause. Une complainte célébra sa bravoure. Il était né en la paroisse du Temple. Il avait épousé Jeanne Tourtal de la paroisse de Tréal. Il exerçait la profession de menuisier et, parait-il était un fameux chouan. Sa capture fut mise au prix de 100 écus. Mais il réussit à échapper à tous les nombreux pièges qu'on lui tendit, jusqu'au jour où traversant un clos dénommé le Clisson, il fut trahi par les jappements joyeux de son petit chien, aboyant de plaisir à la vue de son maître.

Les gendarmes postés en permanence près de là se précipitant sur les pas du fugitif réussirent à l'arrêter et à s'emparer de lui. Il fut jugé militairement et condamné à mort.

Le jour de son exécution il refusa le ministère du prêtre assermenté Rubault de La Gacilly. On dit qu'un prêtre fidèle, posté à un endroit convenu d'avance put lui donner l'absolution. C'était un fort bel homme, aux larges épaules, à la figure douce et martiale. Il fut exécuté le 24 mai 1794 sur les 5 heures du soir.

Y a t'il un lien entre la date de la mort de Charles Marie (26 Mai) avec celle de Pierre Chevalier?

Les chouans de Carentoir ont-ils voulu venger leur chef par chouans interposés?

Les tueurs, travaillant «en commando» étaient étrangers au pays. Sur les neuf ou dix participants à l'action un seul, certainement leur chef, parlait le français, les autres le breton. De qui ce groupe reçut-il ses instructions ou des ordres? De quelle nature a été l'altercation que Charles Marie eut avec ses futurs tortionnaires avant de pouvoir s'esquiver et rentrer chez lui à Saire? Pour avoir été mis en joue par l'un d'eux, la dispute dut être d'une rare violence. La gâchette fut-elle pressée, la balle s'enraya-t-elle? Le pistolet était-il chargé? L'engin était-il humide?

QUESTION SANS REPONSE...

Dans un faubourg de Carentoir, Bourienne, le jeune Mathurin Hersart, 14 ans, a du vague à l'âme. Il s'ennuie. Mais lorsqu'il apprend qu'une exécution capitale va avoir lieu sur la grande place du bourg, il n'a de cesse de faire partager son enthousiasme à son entourage. Et quelle aubaine de pouvoir se distraire gratis! Il en parle à son voisin Joseph Garel qui le dissuade d'aller assister à ce triste spectacle.(Garel restera caché durant trois jours tremblant d'effroi par peur de la guillotine). Rien n'y fait ... Il ira malgré cet avertissement. Il sent qu'il a besoin d'émotions fortes. Il sera largement servi ! Son père Jean Hersart ne prend pas parti. Pour avoir acquis la maison de la Marmillière, bien national, il sera fusillé par les chouans de Savigne deux ans après.

Le gringalet se met en route persuadé d'assister à un beau et touchant spectacle. Bien placé près de l'échafaud, Mathurin ne bronche pas lorsqu'il voit la tête de Pierre Chevalier tomber dans le panier. Le bourreau ou un membre du directoire, peut-être un agent national, on ne sait, l'a repéré et a remarqué sa bonne allure. Ce serait une excellente chose, se dit ce personnage, que ce soit un adolescent qui promène au bout d'une pique la tête toute ensanglantée du supplicié: bel exemple pour les jeunes de ce pays qui en ont tant besoin. Il est fort bon de montrer à la population que la jeunesse sait elle aussi apprécier les bienfaits de la révolution, sauvée de l'obscurantisme prôné par les prêtres! Le galopin est donc fermement prié de passer à l'exécution de ce projet. Voici donc notre Mathurin transformé en porteur d'une drôle de bannière, sous l'oeil goguenard de ses copains qui le brocardent en catimini. Le freluquet doit faire le tour de Carentoir exhibant au bout de sa pique la tête du martyr.

Sinistre mascarade! Il ne se sent pas très malin dans cette posture. Il en sort tout déboussolé, guéri a jamais des affres de l'ennui. Le récit de sa prouesse est parvenu jusqu'à nous.

Sainte Guillotine! Rasoir national dont Samson est le barbier. On l'appelle aussi planche à assignats, vasistas, Petite Louison ou Louisette (référence au Docteur Louis l'inventeur), cravate à Capet. On dit de ses victimes: ils font la bascule, mettent la tête à la fenêtre, demandent l'heure au vasistas. Elle est canonisée lors des messes rouges:

« Sainte Guillotine,
Protectrice des patriotes
Priez pour nous !
Machine admirable, ayez pitié de nous!
Sainte Guillotine délivrez nous de nos ennemis! »

Et quelle production littéraire! La coquette corrigée ou la Guillotine d'amour. On joue aussi au théâtre le César de Voltaire, son buste est coiffé du bonnet rouge à cocarde tricolore. Les belles courtisanes portent souvent une coiffure «à la lucarne», ou les cheveux bouclés «à la victime». On les rencontre dans les 4 000 salles de jeu de la capitale.

La guillotine orne la tabatière des priseurs, elle s'accroche en pendentifs d'or à l'oreille des femmes. Les chères têtes blondes peuvent jouer dans la rue avec des réductions de la belle machine en ivoire ou en bois, tandis que sur les Champs Elysées, non loin de l'échafaud, Polichinelle passe lui aussi à la guillotine, à la plus grande joie des petits et des grands.

La guillotomanie fait des ravages.

Un député girondin, au dessert, sort sa guillotine miniature pour trancher la tête des flacons-poupées remplis de liqueur rouge. Charmante époque!

A Cambrai, le délégué Lebon organise une «fricassée de têtes». Il assiste lui même à toutes les décapitations pour surveiller et vérifier la qualité du travail. Il aura l'occasion d'essayer le tranchant du couperet lorsque un peu plus tard sa tête tombera elle aussi dans le panier.

En 1792 lors d'une exécution, lorsque la tête du supplicié fut exhibée à la populace toujours friande de beaux et d'attendrissants spectacles, on vit le fils de l'exécuteur trébucher, tomber de l'échafaud et se tuer ... Le bourreau fondit alors en larmes !

La tête du conventionnel Gardien, jetée à côté de celle d'un girondin mordit sauvagement cette dernière.

Le 18 juin 1847 la dynastie des Samson s'achève avec le licenciement d'Henri Clément Samson accusé d'avoir mis en gage «la veuve» chez un usurier pour régler ses dettes de jeu. Fatale imprudence!

En 1907, le Docteur Dassy de Lignières nettement inspiré tenta de faire revivre la tête de l'assassin Ménesclou en lui transfusant le sang d'un chien vigoureux.

La guillotine fut remisée en 1981 dans les caves d'un musée des «Arts et Traditions Populaires »...

Gilles Davalo

Gilles Davalo, chef chouan de la région de Carentoir, habitait au village du Rocher en Tréal. C'était un braconnier, un malin: dans son sac ne manquait jamais le lièvre désirable ni le bon tour à jouer aux bleus. Joyeux compagnon, brave type ne refusant pas la bolée mais gardant toujours assez de présence d'esprit pour pouvoir échapper à tous les piège qu'on lui tendait. Le district réclama son arrestation. Plusieurs expéditions armées contre lui au village du Rocher furent inutiles. «Un rival en amour» le dénonça alors qu'il devait aller chez le fermier du Préclos pour coucher et couper du blé noir. Les bleus cernèrent la cache de taille où ils le croyaient. Mais l'oiseau s'était envolé. Il fut pris en 1799 mais trouva le moyen de s'échapper. Les patriotes le regardaient comme très dangereux. Il distribuait les armes et les munitions les jours de rassemblement et les gardait dans un magasin quand les chouans rentraient d'expédition. En 1987, un habitant de ce village m'a montré, obturée par une grosse pierre, une cache qui avait servie à dissimuler un fusil.

Beauregard, chouan interrogé par les bleus, nie avoir été en contact avec Davalo. En réalité, celui-ci était bien chez lui mais réussit une fois de plus à s'échapper après avoir essuyé un coup de fusil. Beauregard interrogé sur les assassins de Charles Marie Hurel déclare qu'il lui a été dit que Davalo était au nombre des assassins.

Il faut noter que cette assertion par présomption vient de la part de Foulon, le nouveau beau-père de Charles Marie, celui-ci s'étant remarié le 5 juillet 1784 avec Perrine Marie Foulon après le décès de sa première épouse Jeanne Marie Françoise Cartron.

Est-ce bien Davalo qui aurait donné des indications pour la capture de Charles Marie Hurel ? Charles Marie Hurel aurait-t'il donné des informations sur Davalo ?

QUESTIONS SANS REPONSES...

Félix Robert: en voilà un qui avait de bonnes raisons d'en vouloir à notre «maistre en chyrurgie»! Charles Marie le considérait comme son ennemi personnel, dont il avait juré la perte. Félix le lui rendait bien, surtout depuis l'affaire de la Grée de Callac où Charles Marie l'assomma, le laissant pour mort.

D'autre part, la course effrénée pour récupérer la vénérable bannière de Monteneuf, expédition dans laquelle Charles Marie perdit la face, était encore dans toutes les mémoires. Félix Robert a t-il été jusqu'à le désigner à la vengeance des chouans, a t'il voulu se venger de son tortionnaire, en le désignant au commando de chouans venu exécuter une sentence. Troupe au demeurant d'assez bizarre allure. Rien ne permet de l'affirmer. Nous sommes toujours sur un terrain fluctuant, dans un monde incertain de conjectures.

Charles Marie fut-il la cible désignée du «Terrible père Savigne», son voisin de la Haute Bouexière, si proche de sa maison de Saire. Celui-ci, chouan incontrôlable et incontrôlé (peut-être «faux chouan» travaillant pour son propre compte). Après avoir fait partie de la bande du jeune de Cacqueray, sa petite troupe qui l'avait établi justicier suprême et infaillible après la mort de celui-ci. Savigne terrorisait le pays, ayant pour méthode de massacrer d'abord les suspects que l'opinion publique lui désignait comme ennemi des chouans, de s'ériger en juge ensuite. Sa cruauté était légendaire, mais bien réelle. Il fut de ceux qui discréditèrent et déshonorèrent la chouannerie en la prolongeant bien après le retour à la vie normale.

Un jour qu'un soldat républicain égaré, ayant perdu son chemin lui demanda la route à suivre, pour toute explication, Savigne l'emmena dans la prairie de Saire, donc dans la propriété de Charles Marie. Une balle entre les deux épaules envoya le malheureux rouler dans la «cruère» où son cadavre fut abandonné sur place. Choisissant cet endroit comme lieu de cette exécution Savigne tenait-il à narguer son propriétaire le chirurgien Hurel? Le terrible chouan a t'il joué un rôle dans le drame de la Porte Rouge?

Curieusement il semble qu'il n'ait pas été tellement recherché par les républicains. Toutes les recherches sont axées sur Montméjean, sur Chevalier, sur Davalo, jamais sur lui.

De là à conclure qu'il était devenu un faux chouan, certains l'ont prétendu.

Charles Marie a t'il acquis des biens nationaux? Il faudrait faire de plus amples recherches, celles entreprises jusqu'à ce jour n'ayant rien apporté de positif.

Toutefois le titre dont se parait sa fille Perrine Josèphe Hurel «de la Mollaye» et qui de tradition familiale est parvenu jusqu'à nous laisse supposer la possession d'une terre de ce vocable. Or à deux kilomètres à vol d'oiseau environ de la Maison du Doucet et où elle est née, existe toujours sur la paroisse de Réminiac, un lieu-dit de la Mollaye. Y a t'il un lien entre les deux noms? Cette terre a t'elle été achetée nationalement par son père Charles Marie ? Avait-elle appartenu à une famille d'émigrés?

Par contre, après sa mort intervenue le 7 Prairial, des héritiers Hurel, sans doute ses filles, achetèrent le 18 vendémiaire de l'an 2 (9 octobre 1794) la prairie du Tord proche de la ferme de la Mollaye. Ce bien national provenait des biens confisqués de l'abbé Robin, ancien maire de Tréal devenu suspect.

Recherches à engager...

Les chouans ont-ils voulu châtier Charles Marie pour les expéditions punitives qu'il organisait? Il a été accusé d'avoir par trahison permis la capture du chouan de Cacqueray, mais cela semble peu probable lorsque l'on connaît les circonstances de l'arrestation du jeune chef royaliste.

Charles Marie a-t-il dénoncé quelques prêtres réfractaires dont il devait certainement connaître les caches?

Rien ne permet de l'envisager. Le mystère reste entier.

QUESTIONS SANS REPONSES...

Table des matières

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